De Tarnac à Poitiers…Dans l’autonomie du journalisme nébuleux.

Lu sur Relectures : “Le Monde consacre la une de son édition datée d’aujourd’hui à un dossier intitulé « De Tarnac à Poitiers, dans la nébuleuse autonome ». Rédigée par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot, cette enquête revient, entre autres, sur le phénomène des « black-blocs », la menace de l’ultra-gauche et l’affaire Julien Coupat. En lisant cet article, nous avons de sérieuses raisons de penser qu’il marque une nouvelle étape dans la confusion que fait depuis longtemps Le Monde entre ses lecteurs et des pigeons.

« Ce sont des silhouettes entraperçues au milieu de bris de vitrines, lors d’une manifestation à Poitiers, de heurts et de barricades enflammées, au sommet anti-OTAN de Strasbourg, ou d’opérations policières, comme à Tarnac, un dossier dans lequel, depuis un an, neuf personnes sont poursuivies, suspectées par la justice de sabotages de voies ferrées. Ils surgissent de manière sporadique à la “une” des journaux, le plus souvent à la façon “Black Bloc”, vêtus de noir. Des autonomes, dit-on ? Les autonomes n’existent pas. C’est en tout cas ce qu’ils opposent lorsqu’on les rencontre : les étiqueter, c’est déjà un “travail de flicage”, contestent-ils. Ils n’existent pas, et pourtant comme le dit l’un d’entre eux : “On va nous voir de plus en plus. En face, il y a des gens trop sûrs d’eux et qui n’ont de prise sur rien.” »

Ce n’est pas tous les jours que des journalistes annoncent dès l’introduction de leur article qu’ils vont informer leurs lecteurs sur un phénomène qui, selon les principaux intéressés, n’existe pas. L’aveu mérite d’être relevé : nous, le journal Le Monde, inexplicable fer de lance de la presse française de qualité, nous informons notre aimable clientèle que nous tenons pour un sujet de première importance, digne de faire la « une » de notre édition du week-end, “quelques silhouettes entraperçues”, à savoir des “autonomes qui n’existent pas”, mais que pourtant, on va “voir de plus en plus”. Ah bon ? Comment ? Par quel miracle, des fantômes indéfinis et sans nom vont-ils devenir plus visibles ? L’article a le mérite de fournir (probablement involontairement) un début de réponse : où va-t-on les voir, ces inexistants invisibles ? Eh bien ! ils vont surgir “de manière sporadique à la “une” des journaux”.

C’est rassurant, à deux titres. D’abord, parce que cela confère à ces fantômes un trait qui permet de les identifier. Ensuite, parce que tant que les autonomes déclareront être ceux qui n’existent pas, ils représenteront effectivement un danger majeur pour toute la population. Qu’on en juge ! La police débarque chez vous un matin, pour vous arrêter, parce qu’ils pensent que vous êtes un autonome. Pour vous défendre, vous dites : “Mais non, enfin, je ne suis pas un autonome !” –––– “Ah Ah ! répondra l’inspecteur : vous venez de passer aux aveux ! Car c’est justement à ça qu’on vous reconnaît : les autonomes sont ceux qui disent qu’ils ne le sont pas !” –––– Grâce à la finesse d’analyses comme celles d’Isabelle Mandraud et Caroline Monnot, il devient presque légitime d’arrêter toute la population, puisque :

- soit vous dites que vous êtes un autonome, donc vous revendiquez que vous l’êtes.

- soit vous dites que nous n’êtes pas un autonome, donc c’est bien la preuve que vous l’êtes.

La police et les médias viennent de découvrir (certes avec 2700 ans de retard), tous les usages répressifs que l’on pouvait faire du célèbre paradoxe du menteur (parfois attribué à Épiménide le Crétois : “Un homme disait qu’il était en train de mentir. Ce que l’homme disait est-il vrai ou faux ?”)
“Les “totos” sont loin d’être d’accord sur tout.”

À un tel degré de performance, le travail de terrorisme journalistique pourrait s’arrêter. Mais nous n’en sommes pourtant qu’au tout début. Faute d’essayer de comprendre qui sont ces autonomes qui n’existent pas, on va désormais prouver aux braves lecteurs du Monde pourquoi ils n’existent pas –––– ou plutôt, prouver que l’on a conscience au moins de ne pas savoir de quoi l’on parle :

« Tous les casseurs ne sont pas des autonomes et tous les autonomes ne sont pas des casseurs, mais certains le revendiquent (…) Les autonomes, les “totos”, sont loin d’être d’accord sur tout et de former un ensemble homogène. Cette nébuleuse compterait un millier de personnes en France. Impossible de les rattacher à une organisation structurée, de type parti ou syndicat, c’est une forme qu’ils rejettent. Difficile de les situer : ils haïssent la droite, la gauche et méprisent l’extrême gauche, ils refusent le label “ultragauche” qui pourrait leur correspondre le mieux. »

Mais pour définir une chose, pour conclure à la choséité de ce dont on parle, il faut trouver un point nécessairement commun à tous les objets que l’on classe dans un même ensemble. Quel est donc le point commun de nos autonomes ? Merveilleux syllogisme de nos journalistes : le point commun des autonomes, c’est qu’ils n’ont pas de point commun ! Ce qui donne, en quelques lignes, une liste d’attributs que l’on peut s’amuser à dresser ainsi :

- Les autonomes ne sont pas des casseurs.

- Les casseurs ne sont pas des autonomes.

- Les autonomes ne forment pas un ensemble, on ne peut les rattacher à aucune caractéristique précise.

- On ne saurait non plus les rattacher à un quelconque discours politique précis.

Mais alors, au juste, de qui et de quoi nous parle-t-on ? Patience ! Un début de réponse se trouve dans le paragraphe qui suit :

« La plupart des autonomes sont jeunes, très souvent étudiants. “Ils étaient lycéens en 2006 au moment du mouvement contre le CPE, puis, en 2007, lors de la LRU, ce qui a favorisé une radicalité”, souligne Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo de Poitiers et animateur d’un collectif antirépression, qui a pu observer dans sa ville le parcours de quelques-uns de ses élèves. »

Stupéfiante découverte : cette mouvance qui menace l’ordre public en France, ce serait donc les élèves de Jean-François Chazerans, prof de philo dans un lycée de Poitiers ? Sérieusement ? S’il en faut aussi peu pour menacer les bases de la république qu’une année d’initiation en Terminale aux textes les plus simplissimes de Platon, Descartes, Rousseau, Sartre et Freud, on est saisi d’effroi devant les pieds d’argile de ladite république…

Bref, les autonomes ne sont pas structurés, nous a-t-on dit plus haut. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît. Ils ne sont pas structurés et ils n’ont pas un discours politique facile à identifier. Mais, à présent, l’article fait un virage à 180 degrés, et on lit avec étonnement :

« Ceux-là se sont structurés pendant les années Sarkozy, d’abord contre un ministre de l’intérieur honni, puis contre le même, devenu président de la République, qui, pour eux, incarne plus que d’autres l’ordre policier. Dans les jours qui ont suivi son élection, plusieurs voitures ont été incendiées, dont l’une devant le Fouquet’s, le restaurant où le chef de l’État avait fêté sa victoire… “La clique au pouvoir est en train de foutre en l’air tout ce qui peut faire encore la matière d’une existence digne d’être vécue”, justifie Barnabé. “Tant que la droite sera au pouvoir, ça ne peut que monter”, juge de son côté Sébastien Schifres, doctorant en sciences politiques et militant. »

Mais alors, ils sont donc structurés ? Et leur discours politique est identifiable (ils n’aiment pas Sarkozy !) –––– le lecteur est un peu perdu, et ce n’est pas la déclaration de Sébastien Schifres qui va le rassurer : “ça ne peut que monter” — ah bon ? ça ne peut que monter, mais quoi, ça  ?
“Pour rédiger un communiqué,
ils se mettent à trente.”

Quelques éclaircissements vont pourtant nous être donnés. Si l’on ne comprend rien à cet article, à ces autonomes, à qui ils sont, à ce qu’ils font, à ce qu’ils pensent… c’est peut-être tout simplement lié à leur méthode de travail. En effet, la teneur assez hermétique de leurs revendications trouve peut-être son origine dans la façon dont ils écrivent leurs communiqués :

« Le père d’un militant autonome de Montreuil confirme : “La rhétorique est très importante. Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente. Et puis ils votent.” »

Ici, tout s’éclaire –––– en une phrase, les journalistes ont trahi l’identité de leurs autonomes. Relisez bien : “Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente.” La clé de l’énigme ne vous saute pas aux yeux ? Le chiffre 30, cela ne vous dit rien ? Réfléchissez…

Mais enfin, 30, c’est le nombre moyen d’élèves dans une classe de lycée ! J’avais donc mille fois raison de supposer que ces dangereux terroristes étaient bel et bien les élèves de Monsieur Chazerans, prof de philo dans un lycée de Poitiers !

Chazerans ou pas, essayez tout de même d’écrire un communiqué à trente. Si vous arrivez encore à faire entendre un discours cohérent, vous êtes assurément assez doué pour renverser le vieux monde. Ensuite, votez votre texte (mais votez sur quoi ? Le contenu du communiqué ? Mais alors, cela veut dire qu’on le rédige à nouveau –––– c’est peut-être cette procédure compliquée qui explique que Le Monde n’ait pas pu se procurer un seul communiqué pour étayer son enquête…)
“Une forme d’encerclement des villes
par les campagnes.”

« A sa façon, Tarnac est un autre îlot. C’est une ferme - et non un squat - en zone rurale, comme il en existe dans les Cévennes et en Ariège, où l’on s’écarte de la société marchande en faisant de l’autoproduction. “Une forme d’encerclement des villes par les campagnes”, s’amuse un ancien mao qui les fréquente. Une “utopie pirate”, une de ces “zones d’autonomie temporaire” échappant aux “arpenteurs de l’État”, comme le théorisait Hakim Bey, très lu à la fin des années 1990 dans le milieu. »

S’il est surprenant de lire que les campagnes de France ne sont désormais plus sous l’autorité de l’État, il est amusant d’apprendre que le militantisme radical consiste aujourd’hui à encercler les villes par les campagnes. Car, jusqu’à preuve du contraire, toutes les villes du monde ayant toujours été encerclées par des campagnes (à l’exception de quelques rares exemples de campagnes encerclées par les villes –––– à savoir les jardins publics !), on se demande pourquoi l’insurrection tarde tant à venir.

Cela étant dit, que les fermiers et tous ceux qui vivent à la campagne pardonnent au Monde, les voici transformés par nos journalistes apprentis-sorciers en pirates, corsaires, flibustiers écumeurs des réseaux de subversion rhizomique ! Mais enfin, nous aurons au moins appris quelque chose, le concept de “Zone Autonome Temporaire”, qui intriguait nombre d’esprits rationnels pour la bonne raison qu’il ne signifiait rien de précis, vient de nous être expliqué avec précision, les T.A.Z, ce sont en fait les Zones de revitalisation rurale, ces ensembles de communes reconnues comme fragiles et bénéficiant à ce titre d’aides fiscales ! [1]
“Le collectif n’en pense rien.”

Ici, il faut marquer une pause et se demander : par quelles méthodes, sans doute fort élaborées, par quelles techniques d’infiltration et d’investigation dont elles doivent avoir le secret, Isabelle Mandraud et Caroline Monnot ont pu se procurer autant d’informations sensibles ? Nos journalistes du Monde lèvent un coin de voile :

« On demande à discuter avec un autonome, il vient rarement seul. A Poitiers, après deux mois de négociations et plusieurs intermédiaires, Le Monde en rencontrera six autour d’une table, après qu’ils ont débattu entre eux du principe du rendez-vous. A une question sur la signification de tags, la réponse fusera : “Le collectif n’en pense rien.” »

Ce qui a du donner, concrètement, quelque chose comme ça :

— Allô, je suis bien chez les autonomes ?

— Non, nous n’existons pas.

— Ah ! parfait, c’est bien vous que je cherchais ! Nous voudrions faire une enquête sur vous pour le journal Le Monde…

— Attendez, je dois consulter mes 29 collègues et demander à mon ancien prof de philo ce qu’il en pense et je vous rappelle, d’accord ?

Deux mois plus tard :

— Allô ? Oui, c’est nous les autonomes, euh… vous nous aviez téléphoné il y a deux mois pour faire une enquête…

— Ah, euh… ah oui, ça y est ! Alors vous êtes d’accord pour répondre à nos questions ?

— Non, nous acceptons de vous rencontrer mais nous ne répondrons pas à vos questions. Nos conditions sont les suivantes — et pas d’embrouilles, sinon on disparaitra dans la nature sans laisser de traces — donc on veut…

— Quoi ? Un hélicoptère ? –––– des armes ? –––– de l’argent ?

— Euh, non, le collectif veut qu’on discute autour d’une table. Vous entendez, pas d’embrouilles, hein ? Pas de canapé, pas de bar, pas de resto, pas de pique-nique, on exige d’être assis autour d’une table !

— Bon… bon… c’est louche de s’asseoir à une table pour une interview, mais enfin, puisque ce sont vos conditions, on accepte.

Bref, après cette rencontre si difficilement négociée, les journalistes repartiront avec des précieuses révélations pour alimenter leur article. Notamment :

« Les “insurrectionnalistes” mettent l’accent sur la théorie du chaos et les vertus de l’émeute. “Moi, je vis là-dedans, dans l’insurrection permanente”, explique Pascal qui était, entre autres, présent à Poitiers et à Strasbourg. “Nous, ce qu’on veut, c’est qu’il y ait un mouvement unitaire, que les gens viennent et que cela débouche sur une révolte.” »

Ici, une explication s’impose pour les non-scientifiques. En effet, nous venons d’apprendre que les insurrectionnalistes (ceux qui disaient plus haut collectivement qu’ils “ne pensaient rien”) ont du goût pour la théorie du chaos. Tout le monde n’étant pas familier avec cette complexe théorie physique, nous nous permettons de renvoyer nos lecteurs vers l’article de Wikipédia sur le sujet [2]. Après s’être dégrossi, notre lecteur se demandera sans doute quel est le rapport entre la théorie du chaos et les vertus de l’émeute ? Cela reste un mystère cabalistique dont on trouvera peut-être la clé dans une formule hébraïque ou latine :

« A l’intérieur de ces deux grandes familles, certains sont plutôt “lutte de classes”, d’autres plutôt “autonomie désirante”. Des nuances difficiles à saisir pour le non-initié. (…) Le tag latin “Onmnia sunt communia” (“Tout est commun”) remarqué sur le baptistère de Poitiers, entraîne ce commentaire amusé d’un autonome : “C’est forcément un tiqqunien pour écrire un truc comme ça !” La citation est érudite : elle se réfère à… Thomas Müntzer, un dissident luthérien qui guida sous cette bannière la révolte des paysans allemands au XVIe siècle. »

Astrophysiciens, latinistes, philosophes… ces autonomes sont des génies prodigieusement doués. Des intelligences supérieures. C’est peut-être ce qui leur permet de faire de telles actions-commando dignes des meilleurs services secrets, et de disparaitre ensuite dans la nature sans laisser de traces (alors que quiconque a un peu fréquenté les anarchistes savent qu’ils seraient relativement mal à l’aise dans ce genre d’opération militaire. Et ils risqueraient de laisser des traces : papier à cigarettes OCB, autocollants ou tracts…). C’est sans doute leur grande polyvalence dans les exercices de haut-vol scientifiques qui explique que nos autonomes n’ont pas besoin de beaucoup se préparer pour leurs opérations coup-de-poing :

« Il y a un minimum de préparation lors de certaines manifestations. Mais il n’y a pas de concertation globale : “Ça, c’est un fantasme de flic.” “T’apprends que tel groupe va bouger, bon, tu te dis qu’il va y avoir du monde, mais on ne sait jamais ce que font les autres, raconte-t-il. Chacun vient avec son truc, on prévient ou pas.” Son truc ? Du matériel, tels que des fumigènes, des cocktails, des barres, que chacun a pris soin de disposer à l’avance dans des caches le long de l’itinéraire prévu. “Il sert, ou pas. Ça dépend de l’ambiance. Il y a un côté adrénaline. C’est politique, mais il faut être honnête, on y trouve un certain charme.” Pascal a fait du Black Bloc, qui est une technique et non un groupe constitué de manière permanente comme souvent on le pense. “C’est appropriable par tout le monde”, souligne Barnabé, militant parisien. (…) Depuis Poitiers, où elle a été vivement critiquée, la police est à l’affût du moindre événement qui pourrait donner lieu à des actions d’éclat des autonomes. A ce titre, elle a porté une grande attention à la manifestation anticarcérale qui devait être organisée dimanche 8 novembre à Paris. »

Prêtez une attention toute particulière au paragraphe ci-dessus. Nous allons enfin savoir qui sont les autonomes, comment ils communiquent entre eux, comment ils se donnent des rendez-vous, se renseignent pour s’équiper, etc. Tous ceux qui s’intéressent à l’espionnage connaissent la fameuse technique dite “boîte aux lettres morte” : il s’agit d’un emplacement permettant à des agents secrets d’échanger des messages ou des objets sans avoir besoin de se rencontrer physiquement. Eh bien, voici dévoilé où se trouve la boîte aux lettres morte des autonomes : c’est tout simplement la « une » du quotidien Le Monde ! Qu’est-ce qu’ils sont forts, ces services secrets autonomes : ils ont infiltré les colonnes du plus grand quotidien de France. Ils y font passer en douce leurs messages (rendez-vous à la manif anticarcérale organisée demain dimanche 8 novembre à Paris ; apportez le matériel — des fumigènes, des cocktails, des barres —, chacun amène son truc, ça servira ou pas, mais n’oubliez pas de bien planquer votre matos dans des caches le long de l’itinéraire prévu. C’est appropriable par tout le monde : les nouveaux-venus sont invités à participer à la fiesta ! il va y avoir de l’adrénaline !)

Vraiment, avec des autonomes services secrets aussi farceurs, on n’a pas fini de s’amuser, et l’on se dit que finalement, cette société de surveillance et de criminalisation a tout de même ses bons côtés.

Arsène Lupin




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Les Identitaires sautent sur Orange

Les néo-croisés de l'Occident chrétien sont en convention dans la ville de Bompard. Et ce n'est pas un hasard 

Le Vlaams Belang flamand, comme d'autres partis européens classés à l'extrême-droite, participe ce week-end à la Convention identitaire accueillie par la ville d'Orange.

Identitaires. Derrière ce néologisme-là, utilisé depuis une dizaine d'années, se cache (à peine) une nébuleuse qu'on peut sans hésiter classer à l'extrême-droite. Voire un peu plus loin, car les références à une vision ethnique de l'identité ou à la défense de la “blanchitude” abondent dans la phraséologie des Identitaires. Les différents groupes qui composent le Bloc identitaire organisent régulièrement une convention aux allures de vitrine officielle, dont sont tenus à l'écart les éléments les plus violents, skin head et groupuscules néonazis.

Après Beaune en 2007, c'est en Vaucluse que se tient à partir d'aujourd'hui et jusqu'à demain la convention 2009, au palais des princes d'Orange, loué pour l'occasion à la municipalité. Et ce n'est pas tout à fait par hasard que les Identitaires se réunissent, à quelques mois des élections régionales, dans la ville de Jacques Bompard.

Car le maire d'Orange, ancien d'Occident et d'Ordre nouveau, a longtemps été élu du Front national. Au purgatoire républicain depuis qu'il a rejoint le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, il vient d'annoncer qu'il conduira aux régionales une liste baptisée la Ligue du Sud. Et le clin d'oeil à la Ligue du Nord, parti italien fédéraliste et xénophobe, est trop appuyé pour être innocent.

Lorsqu'on l'interroge sur la présence des Identitaires dans ses murs, le maire d'Orange botte pourtant en touche. “Ces mouvements sont légaux, pour quel motif refuserais-je de leur louer la salle qu'ils demandent,s'interroge-t-il avec une candeur feinte ? Si le PC me demandait la même chose, je ne refuserais pas davantage parce que je n'en ai pas le droit, ça ne va pas plus loin…”

Jacques Bompard n'interviendra pas ce week-end à la convention et assure qu'il ne s'y montrera pas en personne. Mais il ne dément pas que des Identitaires pourraient se retrouver bientôt sur sa liste… Après s'être racheté un semblant de respectabilité républicaine en rejoignant les villiéristes, pourquoi s'acoquiner, même par la bande,avec cette mouvance sulfureuse ? “Pour soutirer quelques points au Front national et l'empêcher de se retrouver au second tour des régionales, répond Roger Martin, écrivain et essayiste spécialiste de l'extrême-droite. Il ne faut pas oublier que Bompard et Le Pen s'en veulent absolument à mort… S'il y a moyen de faire un dernier croc-en-jambe au vieux chef frontiste dans son ultime bataille, c'est Bompard qui le fera. Mais il reste prudent parce qu'il sait que renouer profondément avec ces gens-là serait une grosse erreur politique”.

Le MPF, qui a rejoint le comité de liaison de la majorité présidentielle, fait par ailleurs preuve d'une discrétion très étonnante dans cette affaire. Alors, instrumentalisés par le maire d'Orange, les Identitaires ? “Peut-être que cette convention participe aussi d'une tentative de faire émerger en France une nouvelle force d'extrême-droite” avance Frédéric Meyer, conseiller régional communiste.

Au Front national, la guerre de succession est de fait imminente et la lutte sera sans merci entre les partisans de Marine Le Pen et les tenants d'une ligne plus radicale encore. Et l'enjeu n'est sans doute pas étranger à la présence à Orange de nombreux partis d'extrême-droite européens, invités par le Bloc identitaire mais présents à leurs frais.

Par Joël Rumello ( jrumello@laprovence-presse.fr )

Abats l’OMC

A la fin de cette année se tiendra à Genève la septième session de la  conférence ministérielle de l’OMC.

 

Dix ans après Seattle qui avait vu  naître le mouvement antiglobalisation, ce sera l’occasion pour les  puissants de ce monde de réengager les négociations sur le cycle de Doha pour essayer de recoller les morceaux d’un capitalisme affaibli  par le séisme financier d’octobre 2008.

 L’objectif est toujours le  même, il s’agit de favoriser le libre-échange, d’activer la  circulation des marchandises avec toutes les conséquences délétères  que nous connaissons : délocalisations, mise au ban des personnes et collectivités pas assez rentables, enrichissement des plus riches, pollution accrue, destruction massive des matières premières non  renouvelables et de la nature.

A cette occasion, tout ce que produit le militantisme aux quatre coins  de la planète va converger pour le traditionnel parcours des  lamentations. Le folklore protestataire va tenter tant bien que mal de  se réunir pour prononcer ses traditionnelles doléances. Après ces dix  ans d’altermondialisme le tableau n’est pas reluisant, en quatre mots  : la paralysie est totale.

Pourtant ces dix dernières années ont vu éclore une accumulation de  raisons de se révolter, mais la désolation militante est suivie d’un  désert intellectuel. Regardons les choses en face : l’« alternativisme  » ne peut répondre à la misère. Aucune alternative n’existe dans le  capitalisme ; seule sa destruction a une perspective. En plus d’intégrer les critères de gestion des responsables du désastre, les altermondialistes ne sont pas, à proprement parler, opposés à la  gouvernance mondiale. Une organisation mondiale du commerce à visage  humain ne leur poserait pas de problèmes fondamentaux. Ils agissent  comme une force de conciliation au sein de la société actuelle.

Les secteurs syndicaux participent à l’apaisement social ; les secteurs  politiques sont la caution démocratique du système, la « saine  opposition ».Les syndicats, les partis de gauche et les milieux associatifs ont ce  qu’on peut appeler un partenariat social avec l’État. Les prestations  sociales et autres subventions que consentent les nantis font partie  des mesures d’apaisement social qui ont détruit tout forme de  contestation. Nous sommes bien dressés pour mener notre petite vie  anesthésiée. La « gauche » se fait directement co-gestionnaires de la  crise, c’est en somme une sorte de contre-révolution permanente contre  toute possibilité d’émancipation !

A l’opposé, un spectre hante l’Europe : l’autonome. Un constat  s’impose : depuis Gêne, Rostock et Strasbourg, l’altermondialisme  s’essouffle et la mouvance radicale est en plein essor. C’est que nous  ne cherchons pas, épisodiquement, à faire des interventions  spectaculaires qui nous serviraient dans une négociation. Au  contraire, nous sommes partie prenante de la guerre généralisée et constante que l’État et le Capital mènent contre les pauvres et les  exploité-e-s. Nous évoluons tous les jours dans un environnement en guerre, une guerre diffuse où chaque individu en est un acteur et une  victime. Accepter la pacification menée par les co-gestionnaires, par la gauche, c’est accepter notre impuissance. Nous devons marquer la rupture avec l’ordre établi : aucun dialogue, aucune revendication. Du  vieux monde nous ne pouvons faire que table rase. Le combattre pour ne  pas tomber ; ne pas le fuir, mais lui faire face pour ne plus le subir.

 

Nous vous appelons à participer massivement à la grande manifestation  du 28 novembre à Genève et nous essaierons d’enrayer la machine de  l’OMC.

 

Un centre de convergence sera aménagé à partir du 27 novembre  jusqu’au 2 décembre, ainsi que de l’hébergement, un service médical,  un centre de media indépendant et un support légal.

Au-delà de l’immédiatisme, cette convergence doit esquisser de  nouveaux rapports de force à l’échelle internationale. Dans l’esprit  d?une organisation accrue des groupes radicaux en Europe et ailleurs  et pour gommer la séparation effective entre théorie et pratique, nous  vous invitons à venir partager vos connaissances, réseaux et contacts  aux seins d?un forum pour l?autonomie, le dimanche 29 novembre.

Samedi 28 novembre: Manifestation internationale, départ 14h00, Place Neuve Dimanche 29 novembre: Discussions, projections et forum

Lundi 30 novembre au 2 décembre: Journée d'actions et de blocages 

(Thématiques: lundi: alimentaire, mardi: crise, mercredi: climat)

 

Source Dissent

 

Plus d'information sur www.revolutionnaire.ch




Samedi 17 octobre 2009 Communiqué du comité anti-repression

Ce samedi 17 octobre 2009 s’est tenu un rassemblement de soutien aux inculpé-e-s de la journée anti-carcérale du 10 octobre  à Poitiers. A la fin de ce rassemblement, nous avons eu l’occasion d’assister à une énième démonstration de force de la part des représentants del’ordre. Malgré une ambiance qui ne prétait aucunement à quelconque intervention, les forces de l’ordre ont procédé à trois interpellations, interpellations dont l’origine est une provocation policière. Nous pouvons désormais vous informer de la libération des trois interpellés. Des flash-balls en position de tir tendu à la fermeture et au quadrillage d’un parc public, cette manifestation n’est qu’un préambule aux diverses provocations et répressions qui s’ensuivront, comme l’a indiqué le commissaire Papineau : « Aujourd’hui c’était une mise en bouche, lundi on veut des têtes ».  

En effet, ce lundi se tiendra un nouveau rassemblement de soutien aux inculpé-e-s du 10 octobre, à 17h30 Place d’Armes. Une soirée de soutien est également organisée jeudi 22 octobre, à partir de 19h à la Maison de Quartier des 3 Cités, avec concert, bouffe et discussion.

Pour tout don solidaire, adresser un chèque à l’Acratie (CAR), à l’adresse : ACRATIE 86310 LA BUSSIERE. Pensez à annoter « Solidarité Poitiers » au dos de ce chèque.

Lundi 19 octobre : Rassemblement de soutien à tou-te-s les inculpé-e-s 17h30 Place d’Armes

Jeudi 22 octobre : Soirée de soutien, 19h Maison de Quartier des Trois Cités

 

Venez nombreux et nombreuses !

Solidarité avec tou-te-s les inculpé-e-s

Par collectif contre la prison de Vivonne

Retour sur la funeste journée du 12 octobre

      A 14h le 12 octobre sur la place du Palais de Justice de Poitiers, les renseignements généraux se mêlent  maladroitement aux jeunes et moins jeunes qui se rassemblent. Certains sont là pour des cas particuliers, d’autre pour un soutien général. Personne n’arrive vraiment à se faire une idée précise de ce qui les attend. Alors que les forces de police arrivent par petits groupes, une ligne de CRS barre l’accès aux marches du palais, dans un but d’intimidation pur, puisque l’audience est ouverte au public. Beaucoup de gens veulent assister à ce procès spectaculaire et la salle d’audience bondée sera vidée une fois  pour une pseudo vérification de sécurité. Les consignes qui suivent sont éloquentes « rentrent en priorité les parties civiles, les témoins et les étudiants en droit (environ une cinquantaine)». Comme rien n’est vérifié, quelques amis et les familles arrivent à se faire une petite place. Malgré tout de simples badauds se sont également assis dans la salle et prennent la place de ceux qui meurent d’inquiétude pour leurs proches. Les soutiens ne sont pas les bienvenus.  

A 16h45 le premier prévenu entre et débute alors ce que l’on pourrait qualifier de farce si ça n’était pas aussi tragique. Les parties civiles en pleine démesure réclament des sommes impayables ou absurdes, inventées sur le moment, sans toujours se fendre d’un rapport de conclusion, comptant beaucoup sur le Parquet pour obtenir réparation de ces dangereux casseurs. Le parquet lui-même prononce des réquisitions allant au-delà du supportable et du crédible si ce n’est que le contexte politique les conditionne. Dans la bouche du Procureur, c’est la voix d’Hortefeux qui raisonne sous la coupole du Tribunal : plus de 5 ans de prison ferme et 3 ans de sursis sont réclamés en tout pour ces huit prévenus qui n’ont même pas causé d’égratignure. On en accuse de jets de pierre, en oubliant qu’aucune n’a atteint la cible qu’on lui prête. On soupçonne les témoins de complicité sans leur laisser le moindre crédit et l’on glorifie le courage et la bravoure des fonctionnaires de police (surtout les gradés…) qui sont installés sur un piédestal. L’Etat policier félicite ses troupes (massivement présentes dans la salle !) par la voix d’un procureur qui semble vouloir dire « vous manifestiez contre la prison de Vivonne, eh bien vous allez savoir de quoi vous parlez » qui fait écho aux « vous vous êtes bien amusé, à nous maintenant ! » lancés par les représentants de l’ordre lors des multiples arrestations en marge de la manifestation. Sous couvert d’une remise en contexte on nous rabâche que sous l’action collective se cache des décisions individuelles et donc des responsabilités individuelles à la terreur qui ébranla le centre-ville de Poitiers alors animé par la liesse pacifique des Expressifs et on nous parle de traumatisme et des enfants qui pleurent, en oubliant bien sur que ce sont les policiers et personne d’autre qui ont lancé trois grenades lacrymogènes dans la foule, irritant la gorge et les yeux des passants. A l’entendre, c’était la guerre civile. Après de telles réquisitions les avocats suffoquent d’énervement et de fatigue tant les dossiers sont mal ficelés et que certaines incohérences pourraient prêter à rire si la liberté de l’individu n’était pas mise en balance. Il est prouvé par la bonne foi, la logique et des témoins que certaines déclarations policières sont erronées, parfois mensongères, affirmant « de manière tout à fait convaincante », à écouter le Mr. le procureur, avoir identifié tel ou tel individu à une distance défiant les capacités visuelles des rapaces, avec une exactitude inhumaine, et faisant état d’éléments qui n’existent pas (par exemple des buissons dans une rue qui n’en comporte pas…).

Lorsque la police et l’Etat veulent la peau de certains contrevenants à l’ordre établit, ils l’obtiennent d’une justice qui porte mal son nom. La fierté de la République en a pris un coup il lui faut couper des têtes, et vite. Après huit heures et demie d’une caricature de procès biaisé, à 01h15, les sanctions implacables écrasent tout espoir d’une quelconque humanité. Trois camarades sont déférés sous mandat de dépôt et passeront le reste de leur nuit en prison. Ainsi soit-il, amen, la messe est dite et justice est faite. Nous pleurons ceux qui partent, poussés loin des fourgons de la mort où l’on presse nos trois camarades par une cinquantaine de CRS et de policiers de toutes fonctions, empêchant même une mère de voir son fils partir. Triste république que la leur. Tous sont condamnés de délit de militance.

Aux dernières nouvelles, le Procureur de la République a fait appel pour les cas de Jean Salvy, Samuel, Patrick (tous trois déjà condamnés, respectivement à 1 mois, 1 mois et 4 mois fermes entre autre.) et Charles (2mois de sursis simple), estimant les peines trop faibles.

Le collectif contre la prison de Vivonne et A.L. 63 réaffirment leur entier soutien à tous les inculpés et particulièrement aux incarcérés et à leurs proches.

LA REVOUTION N’EST PAS UN DINER DE GALA…(messages aux orgas libertaires “officielles”)

(Commencer par une citation de Mao, putain 'fallait oser!! Vive la dictature du prolétariat! Pardon on s'égare un peu)

 

Il y a quelque jours, à Poitiers, a donc eu lieu cette fameuse manif anti-prisons, dans le cadre d'une campagne complète (conférence, concerts). On apprendra rien quant au déroulement de cette manif… Des vitrines de Bouygues Télécom et Groupama ont été brisées, des fumigènes lancés… Concert du soir annulé, bref, encore un coup de la “Mouvance Anarcho Autonome Francilienne” au moins, sinon de l'”Ultra Gauche”…!??

 

Mais voilà. Une manif libertaire, radicalement contre les prisons, monstruosité (une de plus) du système capitaliste. Une manif violente. Plusieurs personnes parquées après la manif par les CRS suite aux violences. Et condamné-e-s. Et là? Rien. De la part d'aucune organisation anarchiste reconnue. Solidarité entre libertaires?? Mon cul. La FA? Silence complet, déjà que pour soutenir Action Directe c'est dur… La CGA? Rien. AL? Toujours rien. La CNT? Quedale, alors que eux pronent l'action directe contre le capital… Certes, la FA et AL sont pacifistes. Nous aussi, on est contre la guerre impérialiste, antimilitaristes. Mais pas contre la guerre des classes. Toutes ces orgas aussi veulent en finir avec les prisons. Mais si c'est pas par l'action directe, c'est comment? Pour rappel, Bouygues Télécom a reconstrui le Centre de Rétention de Vincennes qui avait flambé… Et Groupama, comme toutes les banques et autres assurances pemettent de maintenir la pression dans un système carceral, le système capitaliste. Qu'on éclate les vitrines de valets du capital, tant mieux! Pour ceux qui nous traite de “terroristes”, faut-il leur rappeler que la violence est engendrée par le système capitaliste? Enfermer des étranger-e-s puis les expulser de force en charters, exploiter son prochain pour l'argent, participer à l'extermination des populations du “Tiers Monde”, toujours faire la guerre contre ceux qui ne marchent pas droit et j'en passe… C'est pas du terrorisme?

 

Alors oui, le Groupe Cheïtanov est heureux de ce qui s'est passé à Poitiers, même si on y était pas. L'Organisation Communiste Libertaire de Poitiers l'est beaucoup moins. Tant pis. La révolution anarchiste, passe, faut-il le rappeler, par la destruction de tous les symboles du capitalisme. Sans effusion de sang si possible, on est pas des fanatiques du chaos. Mais alors que des camarades s'en sont pris avec rage et joie aux symboles du capitalisme, voir le silence des fédés des orgas anars, ça fait mal, et ça fait peur. Oui, nous approuvons tout ce qui s'est passé à Poitiers. Non ne voulons pas créer de divisions entre anarchistes, simplement rappeler aux camarades de la FA, d'AL et autres que c'est dans ces moments-là que leur soutien, en tant qu'oganisations officielles, est importante…

 

SABOTONS L'ANTI TERRORISME AVEC RAGE ET AVEC JOIE !!

FEU A TOUTES LES PRISONS !!

SOLIDARITE ACTIVE AVEC LES CAMARADES CONDAMNE-E-S DE POITIERS !!

 




Le chien de Nicolas Sarkozy nommé à la tête de la S.P.A

Une nouvelle tempête médiatique s'abat sur le clan Sarkozy suite à l'annonce de la probable nomination à la tête de la Société Protectrice des Animaux de Galouzeau, le chien du président. Après la polémique Jean Sarkozy, l'opposition n'a pas manqué de railler cette nouvelle preuve de “népotisme“. Ce qui fait dire à Arnaud Montebourg : «Il n’y a plus aucune limite, on peut tout se permettre, il n’y a plus de principes ni de règles. Ca n’a aucun sens, c’est la destruction de l’esprit de la République».
 


Galouzeau, un chien à l'image de son maître


Il faut dire que le profil de Galouzeau détonne dans le petit monde de la politique. Teckel à poil ras de 4 ans, il est adopté par Nicolas Sarkozy après son triomphe du congrès de Versailles lors duquel il prend la tête de l'UMP. Malicieusement prénommé Galouzeau par son maître (”Couché Galouzeau!” déclenche l'hilarité des proches du président), il développe très jeune un instinct politique fort en mordant des militants chiraquiens. Alors qu'il venait de commencer une formation de chien policier (il a redoublé sa première année), son arrivée surprise à la tête de la S.P.A constitue un tournant dans sa carrière.

Jean Sarkozy s'est dit choqué par la polémique


L'UMP s'est bien sûr précipité pour défendre l'animal domestique des Sarkozy et répondre au procès en incompétence et en favoritisme qui lui est fait. Frédéric Lefebvre est ainsi monté au créneau : «Le procès d’intention qui est fait aujourd’hui à Nicolas…à Galouzeau Sarkozy est détestable. Ce débat sur sa soi disant inexpérience est tronqué, biaisé par une gauche haineuse. Je vous rappelle qu'il faut multiplier par 7 l'âge des chiens pour avoir une équivalence. Ce qui lui fait 28 ans et non 4. Je suis fier que mon pays fasse confiance aux jeunes.» Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois-Perret et ami du Président, est pour sa part enthousiaste : «Moi qui ai connu Nicolas Sarkozy à 22 ans, il avait déjà beaucoup de talent. Et je peux vous dire que Galouzeau Sarkozy, à 28 ans, a peut-être encore plus de talent que n’en avait son maître à son âge. Il est affectueux, ramène la balle, surveille parfaitement la maison, tend la patte. N'est il pas prêt à devenir député de la majorité?» Xavier Bertrand quant à lui a qualifié de “ridicule” les accusations de népotisme : “Galouzeau Sarkozy ne doit sa promotion qu'à ses seuls talents. Quoi de plus légitime que d'être un chien pour prendre la tête de la S.P.A? Depuis la mort de Mabrouk, personne n'a plus de compétences que Galouzeau. Le gouvernement aurait aussi pu choisir un enfant de l'assistance. Jean-Luc Lahaye, vous auriez préféré?“. Effectivement. Dominique Paillé a lui estimé que la politique était un « domaine dans lequel on reconnaît les talents indépendamment des règles habituelles que sont les diplômes. Et puis pour l'avoir un peu fréquenté, Galouzeau a un flair terrible! ». Brice Hortefeux a tenu à donner de hauteur au débat et sortir de ces querelles politiciennes : “L'important c'est que la race de Galouzeau soit pure. Et croyez-moi, ce n'est pas un batard. Ce n'est pas comme les rotweillers de banlieue qui font régner la terreur. Les rotweillers, quand y'en a un ça va, c'est quand y'en a plusieurs que ça pose des problèmes“.

La meute UMP attendant un lâcher de pauvres.


Malgré cette levée de boucliers de la majorité, la polémique a enflammé la presse du monde entier. Et une question taraude l'ensemble des commentateurs. Après Jean Sarkozy à L'EPAD, Galouzeau à la S.P.A, où s'arrêtera le clan Sarkozy? Doit on s'attendre à voir Carla Bruni-Sarkozy atterrir à la direction de l'Association des Sourds et Malentendants?

Soutien aux camarades de Poitiers

Concernant les procès des personnes inculpées à la suite des évènements du 10 octobre dernier, un point rapide sur la situation. Sur les dix-huit personnes interpellées samedi, huit sont passées en comparution immédiate lundi, et nous sommes toujours dans l’attente du procès d’une mineure qui aura lieu le 5 janvier prochain (rebellion et refus de prélèvement ADN). Le 23 février se déroulera également le procès de deux personnes pour refus de prélèvement d’ADN, ainsi que refus des photos et empreintes pour l’une d’entre elles.

Delibéré à 1h15, le mardi 13 octobre :
- Nathalie : Déclarée coupable de détention de feux d’artifice ; 2 mois avec sursis
- Charles : Déclaré coupable de détention de feux d’artifice ; 2 mois avec sursis
- Patrick : Déclaré coupable de violence sur commissaire (jet de pile) ; 8 mois dont 4 avec sursis ; 800 euros d’amendes
- Serge : Déclaré coupable de dégradations volontaires sur bien privé ; 6 mois avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve (obligation de soin, d’activité et de dédommagement) ; 2850 euros d’amendes
- Samuel : Déclaré coupable de violence sur commissaire ; 6 mois dont 5 avec sursis
- Jean Salvy : Déclaré coupable de violence sur officier de police ; 6 mois dont 5 avec sursis
- Leo : Déclaré coupable de dégradations volontaires par incendie et jets de pierre ; 6 mois avec sursis
- Candice : Déclarée coupable de dégradations volontaires sur un bien d’utilité publique ; 6 mois avec sursis et mise à l’épreuve ; 300 euros d’amendes pour refus d’ADN et 650 euros pour la Mairie de Poitiers

Après huit heures et demie de ce procès absurde et grotesque, des faux témoignages des policiers au zèle démesuré du procureur à faire tomber les condamnations , il faudrait être aveugle pour ne pas déceler la manipulation médiatico-politique qui s’est tramée ce lundi 12 octobre 2009. Plus qu’éreinté-e-s et attristé-e-s après cette journée qui sent la mascarade, nous remettons à très vite la rédaction d’un communiqué plus complet et réitérons notre soutien aux incarcérés.


Le Collectif contre la Prison de Vivonne et A.L. 63

“Indect” relègue Orwell dans la Bibliothèque Rose


 

Le programme européen Indect vise à développer un système de surveillance des informations d’internet. But avoué : détecter automatiquement les menaces, les comportements anormaux ou la violence. 

Pas un jour ne passe sans que l’on apprenne l’existence, ici ou là, de projets bureaucratiques visant à contrôler Internet, cet espace de liberté qui provoque des poussées de fièvre aphteuse chez tous les tyrans et autres aspirants dictateurs de la planète.

La démarche, somme toute assez logique de la part des démocrates éclairés régnant par exemple en Birmanie, en Corée du Nord, en Chine, en Iran ou en Tchétchénie, est plus surprenante de la part des dirigeants australiens ; quoique…On oublie un peu vite que les prix Nobel de lancer de boomerang participent activement à un super Big Brother d’inspiration yankee, ayant pour objectif d’intercepter les communications téléphoniques mondiales, publiques et privées : le célèbre réseau « Echelon ». Outre les Australiens, participent à ce club très fermé de « grandes oreilles » le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande.

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En Europe, creuset de la démocratie, pour ne pas dire de la civilisation que l’humanité nous envie, nos dirigeants ne caressent pas de si noirs desseins ; contrôler Internet ? Allons donc ! Et pourquoi pas des caméras de surveillance à chaque coin de rue pendant que vous y êtes ? Ou bien l’accès à votre dossier médical par votre employeur en cas d’arrêt de travail consécutif à une petite grippe H1N1 ? Non mais franchement. D’ailleurs Echelon n’a pas empêché la tragédie du 11 septembre, alors …

Alors, au nom de la sacro-sainte sécurité, le plus porteur des thèmes électoraux de l’ère moderne, nos dirigeants européens n’ont pas tardé à trouver une bien meilleure recette qui laisse craindre hélas, que la ‘Police de la Pensée’ Orwellienne ne soit plus très loin…

Détection automatique des menaces

Cette meilleure recette a pour nom « Indect » ; d’après ses concepteurs, il s’agit « d’un système intelligent d’information permettant l’observation, la recherche et la détection en vue d’assurer la sécurité des citoyens dans un environnement urbain ». Froid dans le dos rien qu’à lire l’étiquette sur l’emballage…

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« Indect » [1] a été lancé très confidentiellement le 1er janvier 2009 grâce au soutien financier de la Commission européenne qui a déjà investi plus de 10 millions d’euros dans l’affaire prévue pour s’étaler sur 5 ans : le délai nécessaire au consortium « Indect » pour réaliser le développement de programmes informatiques de surveillance, de collecte et d’analyse automatique des informations du Web. Rien de moins. Le but ultime de l’entreprise tient en peu de mots : « la détection automatique des menaces, des comportements anormaux ou de la violence ».

Le préambule du cahier des charges ne laisse planer aucun doute sur les raisons qui ont motivé ce projet européen :

…La sécurité devient le maillon faible des infrastructures énergétiques et de communication, des centres commerciaux, des centres de conférence, des aéroports et plus généralement des sites fréquentés par un grand nombre de personnes.”

“En pratique, tout lieu public est vulnérable et les risques qu’il supporte doivent être contrôlés et réduits autant que possible. Un contrôle d’accès et une réponse rapide à toute menace potentielle sont des propriétés que tout système de sécurité de tels sites doit absolument posséder.”

“Le projet Indect est destiné à développer de nouveaux outils et de nouvelles techniques qui permettront à leurs utilisateurs finaux d’améliorer leurs capacités de détection et de prévention des actes criminels, améliorant ainsi la sécurité des citoyens européens… ».

Surveiller les échanges

Le « club Indect » comprend d’ailleurs du très beau linge en matière de prévention des méga-menaces : la police d’Irlande du Nord, le quartier général de la police polonaise, les universités et pôles universitaires de technologie les plus pointus en intelligence artificielle, tels ceux de Grenoble, Madrid, Vienne, Wuppertal et York, auxquels se sont joints des représentants de régimes récemment convertis aux principes démocratiques comme ceux de Gdansk, Kosice, Ostrava et Poznan. C’est vrai que les anciens fichiers de la Stasi restent très « vintage » dans les ex-républiques soviétiques…

Le but avoué des développeurs d’Indect, est de surveiller de très près les sites Web, les serveurs de fichiers, les forums de discussion, les réseaux sociaux et de peer to peer et même les ordinateurs individuels ! Si la moisson s’avère bonne, les informations collectées seront traitées par des programmes capables de comprendre et d’enregistrer les relations entre les individus et les organisations diverses auxquelles ils semblent rattachés sur le Web. Le bonus, c’est la constitution automatique de dossiers sur les individus et les organisations avec lesquelles ils communiquent sur le Web, la nouvelle arme de destruction massive…

Minority Report

C’est la CNIL qui va être contente ! On ne saurait trop suggérer à ses dirigeants d’ouvrir sans tarder des cellules de recrutement directement intégrées aux Pôles Emploi ; ça ira plus vite pour recruter les « traqueurs de fichiers sauvages » constitués « automatiquement » par les exploitants de Indect… Tout ça dans le but déclaré de déjouer les actions criminelles avant qu’elles ne surviennent…

Et dire que le téléchargement sauvage de musique par des gamins boutonneux a failli déclencher une guerre civile dans ce pays ! Pendant ce temps là, sans faire de vagues, « Super-Méga-Big Brother » tisse sournoisement sa toile sur la Toile dans l’indifférence générale et le silence assourdissant des prétendues élites et de tous les contribuables européens qui casquent sans broncher pour la fabrication du garrot qui va les étouffer.

Si l’on considère qu’une arme aussi létale qu’une possible privatisation de la Poste justifie un référendum national, est-ce qu’un projet potentiellement aussi liberticide et attentatoire à la sphère privée qu’Indect ne mériterait pas une vaste consultation européenne ?

 

[1] (Intelligent Information System Supporting Observation, Searching and Detection for Security of Citizens in Urban Environment)

Voir en ligne : Le projet Indect (en anglais)