Le Maoïsme, un pur produit de la contre-révolution

    Suite à de nombreuses, inutiles et stériles, « provocations staliniennes » (Ay, Carmela), nous proposons le texte qui suit. Il est écrit par un militant du CCI (Courant Communiste International), organisation marxiste « orthodoxe », antistalinienne (et donc antimaoïste)et pas trotskiste non plus.

    Malgré tout, en tant qu’anarchistes, nous ne nous reconnaissons pas dans leurs idées. Nous n’avons pas les mêmes objectifs, car nous ne voulons pas cette fameuse « période transitoire ». Mais il est intéressant de voir une critique du maoïsme et du stalinisme par des communistes (pas trotskos en plus). Mais quand même, Ni Dieu, ni Maître !

 

 

Il y a trente ans mourait Mao Zedong. Pour ce trentième anniversaire de la mort du « Grand Timonier », pas de grandes pompes organisées par le gouvernement chinois. Tout au contraire, c’est la discrétion qui est de mise pour les caciques de l’Empire du Milieu. Et, paradoxalement, ce sont surtout les médias occidentaux qui ne manquent pas de rappeler l’existence du leader de la « Longue Marche » et « père de la nation chinoise ». Mais bien évidemment, ce rappel sert deux objectifs : celui d’alimenter le mesonge selon lequel Mao serait un authentique combattant du prolétariat révolutionnaire et celui de lier son itinéraire politique prétendument prolétarien avec les dizaines de millions de morts dont il est responsable, que ce soit du fait de la répression ou encore de l’exploitation éhontée ou des famines qu’il a fait supporter à la classe ouvrière et à la population durant son règne. Nous publions ci-dessous un article paru dans le n° 269 de juin 1997 de Révolution Internationale qui dénonçait une fois encore ce genre de campagne que la classe dominante ne cesse de sortir de son chapeau pour amalgamer stalinisme et lutte prolétarienne. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la stalinisation du Parti Communiste Chinois dont Mao fut un des plus forts artisans, ils peuvent se référer à trois articles du Courant Communiste International parus dans les numéros 83, 84 et 85 de notre Revue Internationale à lire sur www.internationalism.org

La bourgeoisie ne rate jamais une occasion de perpétuer et semer le mensonge énorme de l’amalgame entre stalinisme et communisme. Elle veut ainsi nous faire croire que, mal­gré l’effondrement de l’URSS, il reste encore certains pays « communistes », dont la Chine, patrie de ce prétendu « grand révolutionnaire », Mao Zedong. Cette classe de menteurs est passée maître dans l’art de falsifier l’histoire et voudrait inculquer aux prolétaires que, comme le stalinisme, le maoïsme est un produit du mou­vement ouvrier. Une telle mystifica­tion est un véritable poison contre la conscience prolétarienne. Pour les révolutionnaires, le maoïsme n’a jamais cessé d’être un courant idéo­logique et politique bourgeois, né de l’écrasement du mouvement ouvrier en Chine, nourri de la contre-révolu­tion stalinienne et des plus sordides intérêts impérialistes.

Le PCC à sa création : une expression du mouvement révolutionnaire international

Le Parti Communiste Chinois (PCC) fut créé en 1920 et 1921, à partir de petits groupes marxistes, anarchistes et socialistes, sympathi­sants de la Russie soviétique. Comme d’autres partis, le PCC naquit direc­tement en tant que composante de l’Internationale Communiste (IC) et sa croissance fut liée au développe­ment international des luttes ouvriè­res, produit de la période historique qui avait elle-même donné naissance à la Révolution russe et aux mouve­ments insurrectionnels en Europe centrale et occidentale. De 1921 à 1925, le PCC passa de 4000 membres à 60 000, exprimant ainsi la volonté et la détermination du prolétariat qui menait un combat acharné contre la bourgeoisie chinoise depuis 1919, principalement dans les zones les plus industrialisées. Certes, dans ce grand pays colonisé à dominante agraire, le prolétariat constituait une très petite minorité. Il subissait en outre des influences idéologiques particulièrement archaïques et arrié­rées, n’avait qu’une expérience très réduite de la lutte de classe et possé­dait de ce fait une conscience faible et extrêmement hétérogène. Mais il était très concentré, ce qui lui permet­tait de développer une com­bativité d’une rare vitalité. Ses luttes tendaient dans cette période à se situer de plus en plus sur le terrain de la défense de ses intérêts propres et à sortir des pièges bourgeois telle la résistance aux différentes puissances impérialistes installées en Chine ou aux « seigneurs de la guerre » chinois, derrière lesquels s’efforçaient de l’enfermer et de l’entraîner la bour­geoisie. Aussi, il tendait de plus en plus à diriger ses luttes contre le Guomindang (incarné par le général Tchiang-Kai-shek), qui incarnait l’aile « progressiste » de la bourgeoisie chinoise, et poussait à l’édification d’un Etat unifié depuis 1910 sous l’impulsion de Sun-Yat-Sen.

L’opportunisme montant de l’IC, en lien avec ses conceptions erronées sur le « droit des nations à disposer d’el­les mêmes » l’amena à lancer, en 1922, un mot d’ordre aux conséquences dramatiques pour le prolétariat : réa­liser un « front unique anti-impéria­liste entre le PCC et le Guomindang ». En 1923, le PCC est pratiquement absorbé au sein d’un Guomindang qui est ensuite accepté comme membre sympathisant de l’IC, en 1926, à la veille même de la sanglante répres­sion de la Commune de Shanghaï. Prise dans une implacable dynamique de dégénérescence, l’IC, sous la férule d’un Exécutif à la botte de Staline, devient l’instrument direct de la poli­tique impérialiste de l’URSS. Fort de son alliance avec l’IC, le Guomindang, avec la complicité tacite des impérialismes occidentaux, se lance alors dans une répression féroce contre le prolétariat durant les grandes grèves de l’été 1925, assassi­nant et harcelant les meilleurs mili­tants du PCC qu’il avait auparavant chassés de son organisation. Sourd aux critiques des éléments révolu­tionnaires du PCC et malgré les exactions anti-ouvrières de Tchiang-Kai-shek, l’Exécutif de l’IC ne renon­çait pourtant pas à son alliance avec un Guomindang dont l’unique objectif était de prendre le pouvoir et d’écra­ser son ennemi mortel, le prolétariat. Le massacre de la Commune de Shanghaï en 1927, mené par Chiang-Kai-shek (avec l’aide précieuse et active des puissantes sociétés secrè­tes implantées dans le prolétariat comme la Bande Verte), l’écrasement des insurrections de Nanchang puis de Canton, sonna le glas du combat prolétarien et du PCC comme Parti du prolétariat.

Le PCC dans la contre-révolution : une des pires caricatures de parti stalinien

Alors que les meilleurs éléments révolutionnaires du PCC étaient pourchassés et exécutés, sa fraction la plus stalinisée, à laquelle appartenait Mao Zedong, chargé spécialement des liens entre le PCC et le Guomindang, soutenait et justifiait ce bain de sang par la politique de col­laboration avec la bourgeoisie « progressiste » qui correspondait aux besoins de l’Etat russe.

Vidé de sa base prolétarienne, le PCC, tout en poursuivant la politique anti-prolétarienne prônée par le Komintern dans les centres ouvriers, se mit à théoriser, en particulier sous la plume de Mao, le « rôle révolution­naire » de la paysannerie, exprimant ainsi la transformation radicale de sa nature de classe. Il se fit alors le défenseur des paysans, mais aussi des couches de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie hostiles à l’autorita­risme du nouveau maître de la Chine, Chiang-Kai-shek. Les nouveaux ca­dres du Parti étaient soigneusement choisis par Staline, qui utilisait le PCC comme instrument de l’expan­sion impérialiste russe et comme moyen de pression et de tractations avec le Guomindang. L’affluence massive d’éléments contre-révolu­tionnaires, d’aventuriers de toutes sortes, de petits bourgeois et bour­geois en rupture avec Chiang-Kai-shek, transforma le PCC en un véri­table cloaque d’intrigues et de ma­noeuvres, où s’opposaient violemment pour le contrôle du Parti différentes cliques adverses.

L’épisode de la « Longue Marche », loin d’être l’épisode héroïque de « résistance communiste » sous la direction du « grand timonier » Mao, eut comme objectif essentiel d’unifier les nom­breux foyers de guérilla existant en Chine sous un commandement unique et centralisé, afin de constituer une armée bour­geoise digne de ce nom, pour le compte du grand frère stalinien qui contrôlait étroitement ses cadres. Les appétits impérialistes russes deve­naient en effet de plus en plus pres­sants et avaient de ce fait provoqué un refroidissement de son alliance avec le Guomindang. Dans ce but, les masses des paysans pauvres furent embrigadées et utilisées comme chair à canon : la « Glorieuse Longue Marche », qui dura d’octobre 1935 à octobre 1936, fit plusieurs centaines de milliers de morts parmi eux. Et si ce fut la ligne du « grandiose com­mandant en chef » Mao qui l’emporta durant cette campagne, ce n’est même pas grâce à ses talents de stratège militaire, réputés être particulièrement médiocres. C’est surtout grâce à sa capacité de jouer et profiter des discordes existantes, et de celles que lui même attisait, pour asseoir son pouvoir au sein d’une Armée rouge chinoise où se mêlaient, aux côtés de combattants sincères, bureaucrates staliniens et arrivistes de tous poils.

Mais au moins une chose était sûre, c’est que toutes ces cliques, que ce soient celles du PCC ou celles du Guomindang, étaient unies sur l’es­sentiel : la défense du capitalisme chinois. C’est ainsi que lors du conflit sino-japonais de 1936, le PCC, allié à nouveau au Guomindang, se distin­gua encore comme le principal four­nisseur de chair à canon de la guerre impérialiste. En 1941, alors que l’ar­mée allemande entrait en URSS, Staline, menacé sur deux fronts, signa un pacte de non- agression avec le Japon. La conséquence immédiate fut la rupture du PCC avec Moscou et la victoire de la ligne maoïste contre la ligne pro-russe. Le PCC va donc collaborer d’autant plus, les Etats-Unis entrant en guerre contre le Japon en 1942, à une alliance avec le Guomindang aux ordres de l’oncle Sam. Au sein du Parti, de 1943 à 1945, les grandes purges anti-stali­niennes atteignirent alors leur apo­gée, le maoïsme devenant dès lors la doctrine officielle du Parti.

Le maoïsme : une doctrine capitaliste d’Etat

Les historiens et intellectuels bour­geois entretiennent tout un mythe autour du maoïsme, « communisme à la sauce chinoise »,  porté par Mao Zedong, prôné mensongèrement comme un des fonda­teurs du PCC, celui qui allait instaurer le « socialisme » dans ce grand pays. Les idéologues de la bourgeoisie présentent l’arrivée du « grand timo­nier » à la tête de la Chine comme le produit d’une « révolution populaire, paysanne et ouvrière », mais la réalité est radicalement différente : le PCC est arrivé au pouvoir à la suite de sordides tractations impérialistes. En effet, c’est en monnayant son retour dans le giron de Moscou, contre les Etats-Unis et après les accords de Yalta, que le PCC va pouvoir défini­tivement éliminer son rival direct, le Guomintang, en 1949, et fonder la « République populaire chinoise ».

Une fois les rênes de l’Etat en mains, il pourra donc, avec Mao à sa tête, donner libre cours à une exploi­tation féroce des ouvriers et des paysans pour tenter de reconstruire ce pays immense, totalement exsangue après des décennies de guerre civile et de guerres impérialistes.

En son sein, la lutte à mort entre les différentes fractions rivales va plus que jamais s’exacerber. C’est encore sur le dos des couches exploitées, de la classe ouvrière et de la paysanne­rie, que vont se régler de la façon la plus sanglante les féroces luttes pour le pouvoir auxquelles s’adonnent Mao et consorts. Et alors que tous les historiens bourgeois nous présentent toutes ces étapes comme un renfor­cement du « socialisme », elles n’ont au contraire fait que montrer la même férocité et la même impuissance du capitalisme d’Etat façon « maoïste ».

Le célèbre discours de Mao Zedong de 1957 proclamant la « Révolution des Cent Fleurs » représenta une première tentative de la part de celui-ci pour consolider son emprise idéo­logique sur les masses et tenter de les mobiliser contre ses rivaux dans le Parti. Dans sa continuité, et sous couvert de libérer de « nouvelles for­ces productives », le lancement du « Grand bond en avant », moins d’un an plus tard, avait pour but de prouver que le « leader suprême » était in­faillible dans le gouvernement du pays. Ce « Grand bond » fut un bond extraordinaire dans la catastrophe économique (catastrophe annoncée par les dirigeants du Parti eux-mê­mes). Le seul résultat économique fut une famine effroyable, faisant des dizaines de milliers de morts en à peine plus d’un an, et, à travers la constitution de « Communes populai­res », la mise au pas de la paysanne­rie, puis l’accentuation de l’exploita­tion de la classe ouvrière par la nais­sance embryonnaire d’une industrie lourde au service de l’économie de guerre. Mais il précipita aussi la mise à l’écart de Mao par l’ensemble du Parti en 1959.

Cependant, ce dernier, que ces ri­vaux comme le nouveau président Liu Shao-qi pensaient avoir neutra­lisé, oeuvra patiemment durant sept ans dans l’ombre pour provoquer en 1966 le vaste mouvement de la pré­tendue « Révolution culturelle ». Cet événement donna lieu à une des pires falsifications de l’Histoire, à laquelle participèrent avec une rare ferveur les idéologues bourgeois de tous bords. Animé d’une incroyable soif du pou­voir, Mao va jouer sur deux tableaux. D’un côté, en fonction du coup d’Etat prévu, il s’appuiera sur les cadres d’une armée habilement réorganisée par le ministre de la Défense pro-maoïste, Lin Biao, et abondamment abreuvée du « Petit Livre Rouge » ; de l’autre côté, il appellera à la forma­tion des fameux « Gardes rouges », recrutés dans les couches de la petite-bourgeoise estudiantine, excitée et appâtée par des postes dans l’Etat. Ces deux forces se trouveront de plus en plus face à face, entraînant de larges fractions du prolétariat, plon­geant tout le pays dans la guerre civile et la misère, dans un chaos indescriptible, ce qui était justement le but recherché par Mao afin d’en rejeter la faute aux dirigeants et en tirer tout le bénéfice. C’est ce qu’il fera d’ailleurs au bout de trois ans d’horreurs sous la direction du « grand timonier », de massacres dans la popu­lation, de purges massives dans le PCC, jusqu’après son retour au pou­voir en 1968 qui signera l’arrêt de mort physique de ces « Gardes rouges » qui s’étaient fait berner par son mot d’ordre « N’oubliez pas la lutte des classes ». Le nombre de morts résul­tant des combats et de la famine est incalculable. Mais, des centaines de milliers avancés comme chiffre par les médias occidentaux, Mao, avec un cynisme achevé, dira lui-même à la fin de sa vie qu’ils étaient bien en deçà de la réalité !

Alors que le maoïsme poursuivait sans relâche son oeuvre destructrice sur le sol national chinois, son action impérialiste ne connaissait pas non plus de repos. C’est pour cette raison que l’Etat chinois, marchant sur les plates-bandes russes en Mongolie par exemple, rompait vers 1960 avec l’URSS. L’invasion du Tibet, sa par­ticipation active dans la guerre du Viêt-Nam, son soutien de premier plan aux Khmers rouges de Pol Pot au Cambodge avec la bénédiction des Etats-Unis, la création de multiples groupes armés tel le Sentier Lumineux jusqu’en Amérique du Sud, sous prétexte de soutenir les « luttes de libération nationale », ont émaillé la montée de la Chine impérialiste « reconnue » par les « Grands ». Et si le mensonge du caractère « révolutionnaire » de l’Etat chinois maoïste (qui avait applaudi la ré­pression de l’insurrection ouvrière de 1956 en Hongrie par les troupes rus­ses) a été perpétué et amplifié à grands coups de trompettes par toutes les fractions de la bourgeoisie occi­dentale, c’est parce qu’il a été un puissant facteur de mystification et de confusion dans les luttes ouvrières au coeur du capitalisme et à sa périphé­rie.

Aujourd’hui, la bourgeoisie continue à présenter Mao et ses successeurs comme de véritables et inflexibles représentants du communisme. En perpétuant un tel mensonge, la classe dominante ne vise qu’un seul objec­tif : pourrir la conscience des prolé­taires et dénaturer la perspective historique de leurs combats de classe

AK

 

9 commentaires à “Le Maoïsme, un pur produit de la contre-révolution”


  1. 0 Khlane 18 sept 2010 à 12:33

    Le CCI n’a rien de communiste.Il est une organisation petite-bourgeoise révisioniste. Je m’éxplique.

    Leurs position de base paraissant au mot près sur leurs tracte son :

    «  »"Toutes les idéologies nationalistes, d’ « indépendance nationale », de « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », quel que soit leur prétexte, ethnique, histo­ri­que, religieux, etc., sont un véritable poison pour les ou­vriers. »" »

    de part ce fait le CCI est anti-internationaliste car elle definit les frontière etablie par la bourgeoisie de juste et ne reconnait pas la nation. La france, comme beaucou d’autres pays est pourtant un aglomerat de nations regroupé au fil de l’histoire.
    De part ce fait, en tant qu’internationaliste nous devons soutenir les peuples en luttes.

    «  »Toutes les fractions de la bourgeoisie sont également réactionnaires.Toutes les tactiques de « front populaire », « front anti-fasciste » ou « front unique », mêlant les intérêts du prolétariat à ceux d’une fraction de la bour­geoisie, ne servent qu’à contenir et détourner la lutte du proléta­riat. »" »

    Le CCI est donc une organisation ne reconnaissant pas l’antifascisme, il est donc l’allier de celui-ci. comme tu le dit ils sont antisaliniste, ce qui n’est pas etonant car STALINE etais le plus grand antifasciste.

    « Le terrorisme n’est en rien un moyen de lutte de la classe ouvrière. »

    Le CCI emploie le même language que l’etat bourgeois pour designer les groupes révolutionnaires oeuvrant pour le prolétariat. De par ce fait il est notre ennemis.

    Cela nous prouve encore une fois que vous aller rechercher vos textes chez les revisioniste et les detraqueurs de l’histoire vous n’etes que des anti-communiste oeuvrant pour la bourgeoisie. Les barricades n’ont que deux cotés vous n’etes pas du notre, en tant que révolutionnaire il est de notre devoir de combatre les ennemies du peuple que vous etes.

    L’ANTICOMMUNISTE NE PASSERA PAS ! VIVE STALINE !

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  2. 1 bloody 18 sept 2010 à 13:06

    Klane ,il est inutile de perdre du temps avec ces contres révolutionnaires qui accompagne cet état , ils n’ont qu’un seul et véritable but ….celui de te scotcher derrière ton écran , il est même rapporter que certains sont payés pour !
    Vous n’aurez de cesse que de nous insulter ,de remettre en cause notre idéologie car votre but n’est pas de détruire le capitalisme et l’impérialisme ,mais de le soutenir et le proteger, en nous combattant !
    Quand on lit dans vos derniers articles que vous ne participerez pas à la manif car pas envie d’etre pris pour des moutons ,on peut voir là que maintenant que les masses se lèvent ,vous desertez , donc ,continuez à croire que vous pourrez contenir la classe prolétarienne , celle -ci et nous en sommes heureux à compris que vous n’étiez que les bouffons du roi !
    Klane on ne discute pas avec l’ennemi , on le combat !
    Regarde les liens que je t’ai passé et leurs accords avec le npa et le ps ,c’est la preuve qu’ils sont là pour controler et proteger la bourgeoisie , tu les a vus chez nous , ils travaillent tous à la mairie et mis a part faire une réunion pour décider d’une futur réunion pour mettre au point une réunion , ils ne font rien d’autre que de brasser du vent , et n’oublie pas la bac qui débarque a la sortie d’une de leurs réunion ,étrange ,c’est gens là sont les indics à la solde de vos mairies et du bras armé de l’état !

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  3. 2 Anarsixtrois 18 sept 2010 à 14:19

    On participe aux manifs, mais dans ces cas là on est des collabos non?

    Pis lutter contre les anarchistes c’est pas être bourgeois?? Non bien sûr.

    Et puis c’est vrai que tout ce qui n’aime pas Staline ou Mao est fasciste ou bourgeois, c’est facile.

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  4. 3 Bruce Wayne 18 sept 2010 à 17:52

    Faut arrêter de répondre à ces cons, ça leur donne une vitrine.
    z’on qu’à aller sur leur blog pour exposer leurs thèses nauséabondes .

    Capitalistes, stalinien(e)s ou fachos une balle justice sociale !

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  5. 4 bloody 18 sept 2010 à 18:57

    Et batman (bruce ) , va voler ailleurs on discute avec ton pote ,va voire ta darone elle t’as fait un flan , c’est tout ce que t’es capable d’avaler , t’es déjà pas foutu de respirer sans nous , alors laches nous , on est pas ton oxygène , respires un grand coup tu verras c’est facile , hydrocéphale que tu es !

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  6. 5 Bruce Wayne 18 sept 2010 à 20:13

    bien ton com, con et machiste ….ce que la « lobotomisation » stalinienne peu produire de plus caricatural.

    tu t’améliore pas pauvre nul pathétique.

    continu à nous montrer les tares que produit votre mode de pensée, ça nous évitera de le faire.

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  7. 6 bloody 18 sept 2010 à 21:06

    bon batman il faut que l’on parle , je ne peux etre machiste, ni nul mais féministe et nulle me convient et j’accepte tes compliments qui me prouvent une fois de plus que je peux etre au dessus de toi , que veux tu batman , la femme est supérieure à l’homme , ne sois pas jaloux l’hydrocéphale , tu sais bien qu’un homme avec un cerveau cela s’appelle une FEMME !
    ou alors batman as-tu de serieux problèmes avec les femmes ? pour cela vois avec ta maman ,perso je n’y peux rien et je n’ai pas envie de gerer ta crise d’adolescence !

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  8. 7 Crevette 19 sept 2010 à 17:31

    « que veux tu batman , la femme est supérieure à l’homme , ne sois pas jaloux l’hydrocéphale , tu sais bien qu’un homme avec un cerveau cela s’appelle une FEMME ! »

    Et moi qui pensais que le féminisme c’était œuvrer pour les droits des femmes et l’EGALITE homme-femme… me serais-je trompée ?

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  9. 8 PRCF 20 sept 2010 à 11:38

    Je ne vais pas debattre sur le fait de la divergeance entre J.STALINE et MAO pour amener le Socialisme dans leur patrie respectives puisque Staline la fait par le développement industriel , alors que Mao est passé par le développement de la paysannerie , l’essentiel est que tout deux aient réussi .

    En revanche , nous ne pouvons llaissé l’anti comunisme primaire se réferer à Robert Conquest , qui fut , qui est la  » référence des pro capitalistes petits bourgeois , ou bien sur sont inclus les  » anarchistes  »

    La majorité des hommes et des femmes sont contraints de vivre sous le capitalisme. En raison du rapport de force qui lui est défavorable sous le capitalisme, le prolétariat est contraint à ne penser sa libération qu’à travers ses conditions immédiates d’existence. À vrai dire, le prolétariat est prisonnier d’un système qui ne lui laisse que peu d’occasions de s’échapper.

    En finir avec le capitalisme est la principale tâche du prolétariat. Mais pour éliminer un système aussi puissant qui se défendra avec acharnement et qui ne laissera pas les exploitéEs s’organiser, il faut plus que de bonnes intentions : il faut établir une nette séparation à tous les niveaux (théorique – pratique – organisationnelle) avec la bourgeoisie. Tant que domine la bourgeoisie, cette séparation est toujours à recommencer. Elle n’est ni spontanée, ni innée au sein du prolétariat ; elle nécessite de revenir plus d’une fois sur des questions qui semblaient résolues, de revoir, de refaire.

    Dès ses débuts comme théorie révolutionnaire du prolétariat, le marxisme s’est distingué du socialisme utopique, en particulier celui des adeptes de Proudhon (1809-1865) puis plus tard ceux de Bakounine (communistes libertaires et anarcho-syndicalistes), sur les questions centrales des buts, des moyens et des objectifs de la révolution. Cette démarcation entre anarchistes et communistes, entre socialisme utopique et socialisme scientifique se poursuit encore de nos jours, bien que sous des formes différentes.

    Dans l’histoire du prolétariat et de la lutte pour le communisme, dans l’histoire du mouvement révolutionnaire prolétarien en général, peu de questions ont fait l’objet d’autant de débats que celle qui touche le contenu de la période qui devrait suivre le capitalisme pour nous mener au communisme. Tout en s’opposant sur cette question, anarchistes et communistes ont au moins une chose en commun : l’objectif d’une société libre, égalitaire débarrassée de toutes formes d’exploitation, sans État. Mais de ce but, les anarchistes en ont fait une utopie ; les communistes, un projet révolutionnaire. C’est là une différence fondamentale qui se répercute dans tous les sphères de l’activité révolutionnaire.

    Contrairement aux anarchistes, les marxistes ont toujours bien pris soin de distinguer la lutte revendicative des masses (menée pour conserver ou arracher un gain, une amélioration à la bourgeoisie, donc pour la contraindre à agir en contradiction avec ses intérêts immédiats) et la lutte révolutionnaire menée par les communistes et le prolétariat afin de conquérir le pouvoir politique, éliminer la bourgeoisie et son État, instaurer la dictature du prolétariat pour ensuite avancer vers le communisme. Entre ces deux formes de luttes, il existe un saut qualitatif que le mouvement libertaire ignore complètement, se refuse à faire ou s’avère incapable de faire.

    Pour le mouvement anarchiste, il suffit que les luttes revendicatives dépassent le cadre imposé par le pouvoir des classes dominantes et soient de moins en moins compatibles avec le capitalisme, pour que surgissent spontanément des « contre-pouvoirs » à la base qui vont contester l’État. Pourtant, toute l’expérience historique de la lutte pour le communisme a montré, en nous le faisant payer cher par la mort de milliers et de milliers de révolutionnaires, que la révolution ne surgit pas de la multiplication des luttes revendicatives, aussi radicales soient-elles (on a qu’à penser à l’Argentine), mais qu’elle nécessite l’unification de différents facteurs objectifs :

    1) une crise économique et politique qui touche toutes les classes ;
    2) l’incapacité de la bourgeoisie de conserver intacte sa domination ;
    3) l’incapacité pour le prolétariat et les masses populaires de vivre comme avant ; et d’un facteur subjectif :
    4) l’existence d’une direction politique révolutionnaire, d’un parti communiste.

    En ne distinguant pas la lutte révolutionnaire de la lutte revendicative, le mouvement anarchiste est amené à osciller entre les actions directes (propagande par le fait) et une stratégie anarcho-syndicaliste articulée autour d’un suivisme du mouvement ouvrier organisé et d’une exaltation de toutes les luttes menées par les syndicats. Cette alternance se reproduit significativement dans toute l’histoire de l’anarchisme (de la Bande à Bonnot au syndicalisme révolutionnaire en France, des attentats à l’anarcho-syndicalisme en Espagne, etc.).

    Un petit détour historique nécessaire :

    Selon les communistes libertaires, la lutte revendicative et sociale débouche sur la socialisation des moyens de production, qui ne serait pas la concentration de ceux-ci aux mains de l’État, mais possession collective par l’ensemble de la société, autogestion de la production dans sa globalité, et autogestion de chaque unité par ceux et celles qui s’y emploient. Sur papier tout est beau, mais une question essentielle demeure : si le gouvernement était aboli, l’économie collectivisée, autogérée, est-ce que l’exploitation et le capitalisme seraient éliminés ?

    Répondre à cette question est primordial car c’est la base de toute la conception du monde des communistes libertaires depuis Proudhon qui revendiquait que la société pouvait se développer sur la base des rapports entre producteurs et entre producteurs et consommateurs, indépendamment de l’État. Prenant appui sur cette notion, Bakounine a ensuite développé l’idée d’un fédéralisme se développant sue la base de compagnies ou d’associations ouvrières, liées les unes aux autres, mais libres et indépendantes de leurs décisions, la propriété y étant gérée sur une base collectiviste.

    Pour répondre à notre questionnement, il faut trouver dans l’histoire un exemple suffisamment complet pour en tirer des enseignements. Cet exemple existe-t-il ? Oui, il existe dans la guerre civile espagnole (1936-1939) qui a fourni l’exemple le plus poussé de communes anarchistes autogérées, qui touchèrent à la fois l’agriculture et l’industrie, la campagne et la ville, sur une échelle de masse. Malgré toutes les précautions à prendre devant la courte durée de cette expérience, beaucoup d’enseignements peuvent en être tirés d’autant plus que les anarchistes l’utilisent comme exemple et en ont fait quelque chose à eux, « leur révolution ». Pourtant, comme on va le voir, l’ironie de l’histoire a voulu – comme toujours quand des doctrinaires arrivent au pouvoir – que les anarchistes en Espagne fassent le contraire de ce que leur prescrivait leur doctrine d’école ; par le fait même, ils se sont avérés incapables d’offrir une direction capable de mobiliser les masses lorsque qu’ils ont été confrontés aux principaux problèmes de la transformation du capitalisme en communisme.

    En Espagne, juste avant l’attaque de la bourgeoisie dirigée par Franco ( je reste sur l’idéologie bafouée sans y ajouter la traitrise par les armes a l’encontre de nos ainés Communistes ! ) , les anarchistes étaient à la direction du plus important syndicat de masse (la CNT comptait plus d’un million de membres) et ils disposaient d’un appareil politique, malgré ce qu’ils peuvent prétendre, avec la Federacion Anarquista Ibérica (FAI). En position dominante, les anarchistes avaient la capacité organisationnelle et la possibilité de diriger les masses prolétariennes et paysannes à l’assaut de l’État bourgeois, ce qu’ils ont refusé de faire conformément à leur apolitisme doctrinaire. La guerre civile espagnole a donc été imposée par la bourgeoisie, privant le prolétariat et la paysannerie de l’initiative.

    Dès les premiers jours de la guerre civile, le vide laissé en terrain républicain par la fuite des autorités patronales et administratives a permis au prolétariat et à la paysannerie de s’emparer facilement du pouvoir économique ; mais une fois cela acquis, il restait à résoudre le problème de sa défense et le maintien de la nouvelle société. Qui dépendaient de la construction d’un réel pouvoir prolétarien capable à la fois de consolider les avancées et de battre les ennemis !

    Avec l’autogestion, la production a-t-elle échappé aux lois du capitalisme ?
    Les anarchistes espagnols croyaient, comme les « libertaires » d’aujourd’hui, qu’un système de communes autonomes autogérées, faiblement liées les unes aux autres, était l’alternative au capitalisme et au marxisme. Ainsi, ils et elles croyaient que dès qu’ils auraient collectivisé les villages à la campagne et les lieux de travail dans les villes, ils auraient, pour ainsi dire, supprimé les inégalités, le capitalisme, l’argent, le gouvernement, l’État. Mais ceci s’est avéré inexact.

    Les anarchistes auraient dû pourtant savoir que lorsque la production est le fruit de petites (ou grosses) entreprises indépendantes, qu’elles soient dirigées par un/une capitaliste ou par un collectif de travailleurs et de travailleuses, cette production ne mène pas à plus de liberté, mais au contraire est la base la plus ferme du développement de l’exploitation et du capitalisme. L’autogestion dans le cadre du fédéralisme prônée par les anarchistes, c’est permettre que des milliers d’entreprises, usines et prolétaires soient liéEs, non pas par un plan consciemment décidé et discuté, mais par les seules forces du marché qui à travers les résultats de milliers de transactions entre ces petits groupes régénèrent constamment le capitalisme, la division entre pauvres et riches et finalement aboutissent aux monopoles.

    Ce que nous tenterons de mettre en lumière, c’est que malgré l’incroyable héroïsme des militants et militantes libertaires, le projet anarchiste a échoué en Espagne parce que les bases matérielles qui ont donné naissance au capitalisme, aux classes sociales, à l’État des capitalistes, sont compatibles avec la production, même collectivisée. L’anarchisme a échoué parce qu’il voyait dans les petits groupes affinitaires ou de production (assemblées de base) des unités auto-suffisantes, alors que seul le prolétariat dans sa totalité – en construisant son parti et en menant la lutte révolutionnaire – peut en arriver à contrôler et diriger l’économie, restreindre le droit bourgeois et par le fait même surmonter sa propre exploitation (ce qui est le contenu de la dictature du prolétariat). Finalement, l’anarchisme a échoué parce qu’il n’a pas réussi à comprendre la liaison entre la liberté et l’activité révolutionnaire des masses ; par le fait même, il est le reflet de l’idéologie bourgeoise du « chacun pour soi » , puisque ces …… anarchistes demontrent que c’est leur propre philosophie !

    Plus particulièrement, les forces du capitalisme (les lois du marché) se sont rapidement affirmées dans les communes dirigées par les anarchistes. Ces forces n’étaient pas principalement liées aux difficultés de la guerre civile espagnole, mais aux relations économiques (ou l’absence de relations économiques) entre les communes. L’incapacité des communes à surmonter les inégalités, tout comme d’autres problèmes, a été notée par tous les commentateurs sérieux, de diverses tendances, de la guerre civile et même par certains dirigeants de la CNT. Cela ne peut être nié, sauf par ceux et celles qui transforment l’Espagne en un Eldorado de la révolution mais qui se refusent à étudier ce qui s’est réellement produit.

    Cette incapacité de surmonter les inégalités ne veut pas dire que les communes furent un échec. Certaines ont bien fonctionné, d’autres pas ; positivement, elles permettaient aux masses de prendre en charge les choses en démontrant que les prolétaires pouvaient continuer la production sans les patrons. Mais cela ne demeure à cette étape qu’un moyen de lutte, rien d’autre.

    Abolir l’État ?

    Prendre le contrôle des usines et des différents lieux de travail est une étape incontournable dans un processus révolutionnaire. Mais s’y arrêter signifie nécessairement que l’on ne comprend pas les exigences de la révolution et les tâches à accomplir pour réellement abolir le capitalisme. Comme l’expliquait Lénine, ce qu’il s’agit de faire, c’est de « passer de la tâche la plus simple, qui est de poursuivre l’expropriation des capitalistes, à une tâche beaucoup plus complexe et plus ardue : créer des conditions dans lesquelles la bourgeoisie ne puisse ni exister, ni se reformer à nouveau

    ».

    Pour le prolétariat, il est nécessaire de réprimer la bourgeoisie et la contre-révolution, d’exproprier la grande bourgeoisie, notamment les banques, les grandes industries et les réseaux de communication ; de nationaliser les richesses immobilières et mobilières, la terre, le sous-sol et les eaux ; de développer la propriété sociale et collective des principaux moyens de production ; de constituer, dans toutes les unités de production, une direction qui agira dans l’intérêt général du prolétariat, i.e. dans le but de satisfaire les besoins collectifs et de servir la révolution mondiale ; de gérer les entreprises selon un plan national et des plans locaux qui assignent les tâches à accomplir, allouent les ressources et déterminent la destination des produits.

    Cela exige un État prolétarien, puisque les rapports de production ne pourront être transformés complètement et à tous les niveaux du premier coup ; par conséquent, les classes subsisteront. Il va aussi subsister des formes de petite production (pensons aux milliers de PME), tout comme il y aura maintien de la répartition selon le travail, et non selon les besoins. Des inégalités persisteront, par exemple entre celles et ceux qui dirigent et celles et ceux qui exécutent.

    La théorie anarchiste lors de la guerre civile, comme aujourd’hui, était allergique à toute forme d’État, de centralisme et à la planification centrale. Pour l’anarchisme, le centralisme et la démocratie à la base sont incompatibles. Placés devant la nécessité de faire fonctionner les communes entre elles, les anarchistes n’ont pas vu que la révolution exigeait dans un premier temps une centralisation stratégique reposant sur l’initiative à la base. Au lieu de prendre en main directement (d’autorité, dirions-nous) et de façon globale l’ensemble des forces productives, ils et elles ont préféré laisser aller les choses en espérant que la coordination si nécessaire entre communes serait facilement établie grâce à « l’aide mutuelle » ou « la coopération volontaire » ou, au pire, par un fédéralisme le plus faible possible.

    L’État capitaliste peut bien être un monstre, mais c’est un monstre qui n’est pas simplement apparu comme par magie. L’État apparaît lorsque la société se divise en classes aux intérêts irréconciliables, et il est toujours l’État de la classe dominante, i.e. la bourgeoisie sous le capitalisme. Cette division entre classes antagoniques est elle-même le fruit du développement de la production ; cette production et les forces qui la permettent sont sous le contrôle d’une classe, celle des capitalistes.

    Les révolutions du siècle dernier nous ont enseigné que le prolétariat ne peut espérer renverser la situation qu’en s’érigeant en classe dominante. En se refusant d’appuyer l’État du prolétariat et la démocratie prolétarienne (dictature du prolétariat) dans la phase de transition au communisme, tout simplement en niant la nécessité même de cette transition, le mouvement anarchiste a été par la force des choses amené à participer, défendre et ménager l’État capitaliste. Confronté au besoin de coordination et de planification touchant tout le prolétariat et la paysannerie, les anarchistes ont peu à peu été dans l’obligation d’adopter les plans de leurs adversaires, entre autres ceux de la bourgeoisie libérale. Il ne s’agissait pas ici d’un repli tactique pour favoriser des alliances avec d’autres forces afin de battre l’armée bourgeoise (ce qui est admissible et même dans ce cadre nécessaire), c’est que tout simplement les anarchistes n’avaient aucune idée indépendante au sujet de la façon d’accomplir la centralisation nécessaire.

    On pourrait nous opposer que les communes en Espagne ont eu peu de temps pour se développer. Pourtant, pendant plus d’une année, les anarchistes ont eu à peu de choses près les mains libres pour construire et développer les communes dans les régions d’Aragon et Levant et dans le bastion industriel de Barcelone et dès le début, les difficultés reliées à la planification et à la centralisation se sont fait sentir. Il y a de bonnes raisons de croire que le problème se serait seulement amplifié si l’expérience avait perduré.

    Éliminer les inégalités ?

    Dans son manifeste, Alternative libertaire affirme que le fédéralisme conduit à une « structuration stabilisée de la société ». La coordination de la production est assurée par des fédérations et des branches. Justement, lors de la guerre civile espagnole, un des objectifs des communes, fixé par les anarchistes eux-mêmes, était d’assurer l’égalité des participants et participantes ; et un des instruments privilégiés pour atteindre cet objectif était les fédérations et branches. Les militants et militantes anarchistes croyaient que les conditions de vie entre les communes s’égaliseraient rapidement sur la base de « l’aide mutuelle ». Encore ici, il faut admettre que cela ne s’est pas produit.

    Dans les campagnes, les communes se sont organisées de manières très différentes. Dans certains cas, les marchandises de la commune étaient centralisées dans un entrepôt ; dans d’autres, ce n’était pas le cas. Très rapidement, des disparités se sont établies de commune en commune, d’usine en usine. Certaines communes pouvaient compter sur un revenu nettement supérieur aux communes plus pauvres.

    Mais où donc était passée « l’aide mutuelle » que devaient se porter entre elles les communes ? La réponse est simple : les communes, de crainte de voir revenir les propriétaires fonciers récupérer leurs terres, étaient plutôt enclines à envoyer les excédents vers les villes et au front plutôt qu’une à l’autre. Pour assurer le ravitaillement du front et des villes, les colonnes de miliciens anarchistes ont été utilisées (petit détail, ces colonnes de miliciens chargées d’assurer le ravitaillement des villes et dont les membres ne faisaient pas partie des communautés, n’étaient-elles pas comme une sorte de force armée séparée de la population – et n’est-il pas vrai que cette séparation d’une force armée d’avec le peuple est à la base de… l’État ?). Mais quand le temps est venu de s’attaquer aux disparités entre communes – tâche trop fastidieuse, trop sensible et trop complexe pour être accomplie par les colonnes mobiles de milice – très peu a été fait. C’est précisément ce qui est arrivé en Aragon et en Levant, les deux régions où la collectivisation des terres avait été poussée le plus loin et cela, même si les fédérations régionales avaient pris très au sérieux (c’était même vu comme étant une tâche principale) la redistribution entre communes. Les variations entre communes reflétaient probablement des inégalités historiques, mais elles reflétaient aussi le rôle mineur joué par la redistribution organisée par les fédérations.

    Le même phénomène s’est produit dans les usines collectivisées de Barcelone, qui était le centre principal des communes industrielles anarchistes. Les prolétaires avaient le contrôle des usines, mais sur la base des mêmes principes anarchistes appliqués à la campagne, il a été impossible d’établir une coopération durable.

    Plus concrètement, la théorie anarchiste a amené les prolétaires à considérer leur usine comme étant la possession de ceux et celles qui y travaillaient au lieu de la considérer comme la propriété de l’ensemble du prolétariat. Alors que le chômage était élevé, les prolétaires des usines collectivisées ont plus souvent qu’autrement procédé à améliorer leurs propres conditions de travail (meilleurs salaires, programmes sociaux) plutôt de répartir leurs avantages avec les autres prolétaires. Tout comme dans les communes agraires, une grande disparité s’est maintenue entre prolétaires avec un emploi et prolétaires sans-emploi, entre prolétaires des secteurs névralgiques (donc mieux payéEs) et ceux et celles des secteurs secondaires.

    Devant la difficulté d’organiser la coopération durable entre les usines collectivisées à Barcelone, comment les anarchistes ont-ils réagi ? En dépit de leurs déclarations contre l’argent, ils se sont servis des mêmes outils que le capitalisme, notamment une banque centrale du travail, un conseil économique, le crédit, les achats en espèces, la demande, etc. Non seulement ils ne pouvaient éliminer la comptabilité, l’argent, ils ont aussi dû organiser des formes d’opérations bancaires et financières.

    Un des effets les plus marquants de la polarisation croissante entre les lieux de travail collectivisés a été la perte d’indépendance pour un bon nombre d’entre eux. Les lieux de travail collectivisés les plus pauvres n’ayant pas les fonds nécessaires pour payer les salaires, ceux-ci ont obtenu ces fonds en hypothéquant l’équipement de leur lieu de travail ainsi que le matériel qui y était entreposé au gouvernement catalan bourgeois. Un à un, les lieux de travail sont ainsi passés des mains des prolétaires aux mains de la bourgeoisie sans que celle-ci n’ait à jouer aucun rôle, sauf celui de prêteur sur gage.

    La classe prolétarienne voulant un projet de réel , et dans la durée , ne peut se tourner vers l’anarchisme , puisque les demonstrations historiques ont prouvé l »echec d’avance de leur projet !

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