AG à la fac de lettres

A la fac de lettres de Clermont (Clermont 2) s’est déroulée une AG hier midi.

Tout d’abord, un peu d’historique. En fin d’année scolaire dernière, s’est crée un « collectif jeune »: UNEF, SUD Étudiant-e, MJS, Jeune Vert, JC, NPA Jeunes et AL Branche Jeunesse (qui est parti depuis). Lors de leur dernière réunion, a été acté que même si un comité de mobilisation se crée à la fac, le collectif continuera, car les « organisations » ont un boulot à faire dans les luttes. A vomir. Une première « réu d’info » avait eu lieu, une 30aine de personnes.

A l’AG (organisée par le collectif), une bonne centaine de personnes, ce qui est plutôt beaucoup au vue des dernières tentatives. Des étudiants anarchosyndicalistes ont participé. A la tribune se succédèrent NPA (beaucoup), UNEF (aussi), JC, MJS et même JCML (Jeunesse Communiste Marxiste Léniniste). FO ensuite. Ainsi que les gens du MéT (droite sarkozyste, du bon nauséabond). Pendant les interventions (limitées à 4m), on a pris des notes. L’un d’entre nous s’est ensuite rendu à la tribune. Première chose: les interventions CNT-AIT se sont faites au nom de personne, mais du militant qui a pris la parole. A part un autre, on était les seuls… Le discours de la droite fut rapidement déconstruit. Ensuite on a précisé que Sarko on s’en fout un peu, c’est le capitalisme et l’État qu’il faut abattre. Que le mal c’est le salariat, pas les retraites. Ont été évoquées les grèves générales, polonaises, espagnoles, grecques et portugaises. Conclusion « Guerre sociale contre l’État ». Tout le monde était d’accord que ce fut l’intervention la plus applaudie…

Puis, ce fut le tour des « modalités ». Comme à chaque fois, NPA, JC et compagnie ont appelé à taxer le capital. Et les orgas ont donc jouer leur rôle: apporter leurs revendications (60 ans, 37,5 annuités, taxer le capital…). Le NPA Jeune sur Sarko « Qu’il cède ou qu’il cède sa place ! ». On est à nouveau intervenu : 60 ans c’est déjà trop. Taxer le capital est inutile (avec des exemples concrets donnés). L’unité c’est les exploité-e-s, pas les orgas. Les syndicats nous baladent, ils veulent juste signer. On a demandé la dissolution du collectif jeune. Conclusion « L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-même ». Là, ça a moins marché…

Le vote. Sur les revendications, on n’a pas prit part au vote. Sur les moyens, chacun a fait ce qu’il voulait. On a rappelé à la tribune notre demande de dissolution du collectif. Refus de le soumettre au vote… Puis un comité de mobilisation s’est crée. Il est piloté par les orgas. On est resté deux minutes. Une militante FA  a pété un plomb et s’est barré avec nous…

 De très bonnes réactions sur nos interventions, surtout de la part des personnels: « Marre que des jeunes de partis politiques nous disent quoi faire ».

Vive la Résistance Populaire Autonome

Des étudiants anarchosyndicalistes clermontois

4 commentaires à “AG à la fac de lettres”


  1. 0 SPARTACUS 9 oct 2010 à 16:50

    super content de cette analyse. L’avant garde anarcho-syndicaliste a tout compris, il est dommage que la réalité est tout autre et que cet article ressemble beaucoup aux réfléxions du PC de Thorez. En espérant que vous n’êtes pas à la cnt-ait seulement pour vos études.

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  2. 1 L. 10 oct 2010 à 22:20

    « Une militante FA a pété un plomb et s’est barré avec nous… »
    Normal. T’aurais aussi pu écrire « et elle est toujours pas calmée »! ^^

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  3. 2 CNT AIT 63 13 oct 2010 à 10:33

    On est pas une avant garde, pour info d’autres orgas « jeunes » ont ça dans leur statut. On dit ce qu’on pense en AG, et même pas au nom de la CNT-AIT. On veut que les gens s’organisent d’eux/elles même. Après si toi tu penses que le réformisme, le NPA et l’UNEF c’est bien, tant mieux. La réalité, on le sait, est que bien plus que l’anarchisme, et même que le marxisme, c’est le réformisme qui domine aujourd’hui quant au socialisme. On a un travail de longue haleine. Et pour info, il y a eu une intervention marxiste-léniniste à l’AG, donc pour Thorez c’est déjà pris.

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  4. 3 Rosa. 3 nov 2010 à 0:11

    Bonjour tout le monde, voilà un petit texte produit à Caen, sur le même genre de problématique (cartel d’orga, discours jeuniste, voie de garage…).
    Je note toutefois dans les interventions de la néo-gauche post-marxiste un certain repli générationnel: curieux retournement de la part de ceux qui accusent la CNT-AIT d’être coupée des « masses prolétariennes », de se comporter en « petits bourgeois », alors que ces-mêmes orgas portent un discours strictement inter-classiste et, qui-plus-est, innopérent à massifier la mobilisation sur le front de jeunesse!
    N’avoir pas compris la stratégie des états-majors du corps politico-syndical, en jouant le fractionnement, c’est à rebours du matérialisme historique: doublement curieux pour des sois-disant marxiste!
    Nan franchement les gars, retournez à la bibliothèque potasser marx un bon coup, parceque vouloir ramener sa science quand on en a pas (en plus sur blog anar), ça fait déplacé.
    Bonsoir anarchosyndicaliste.

    « Le mythe de la « jeunesse » : comment ils te draguent !

    La rentrée universitaire s’est effectuée en plein mouvement de lutte contre la nouvelle réforme des retraites et la politique d’austérité du gouvernement. Quelques assemblées générales dites « étudiantes » se sont déroulées sur le campus I. Comme d’habitude nous avons eu droit à de grandiloquentes envolées sur la jeunesse, comme s’il y avait lieu de penser que les jeunes eussent formés une entité homogène et distincte du reste de la population. Pour mobiliser à la fac, la plupart des orateurs on donc trouvés pertinent (comme leurs aînés, « Danny le rouge », Julien Dray, Harlem Désir, le postier ou plus récemment « Bruno ») de nous parler d’un prétendu mouvement de la jeunesse, il faudrait que les jeunes luttent entre eux, car c’est très « jeune » de se battre pour sa retraite, qui plus est dans des assemblées strictement étudiantes, main dans la main avec les lycéens.
    Sans faire les mauvais cons, deux petites questions nous taraudent…
    1) Que devons-nous entendre par cette catégorisation sociale de la jeunesse ?
    2) Quels sont les enjeux à l’œuvre derrière ce discours ?
    On nous propose un « front de la jeunesse ». D’accord ! Mais avant d’y accorder un quelconque crédit interrogeons-nous sur son identité. Que signifie « être jeune » aujourd’hui ? Les jeunes partagent-ils un réseau de valeurs communes qui pourrait dans ce cas faire foi d’une homogénéité générationnelle ? Il suffit de sortir de chez soi pour savoir qu’un grand nombre des étudiants extraits des classes populaires ou moyennes travaillent pour financer leurs études. Un pied à la fac, l’autre dans le salariat et souvent les deux dans la merde. Les petits boulots, des problèmes de logement, l’accès limité aux transports, sans parler de ceux qui n’ont pas de complémentaire santé ou font les fins de marché pour bouffer sans devoir vendre un rein. Il n’est pas nécessaire pour nous d’atteindre l’âge de la maturité pour parfaitement saisir le sens des antagonismes qui caractérisent le cours des sociétés capitalistes : nous sommes déjà enrégimentés dans le cycle imposé par le système : « producteur/consommateur/spectateur ». Nous sommes déjà exploités comme main d’œuvre fraiche, en bonne santé et plutôt malléable par les extracteurs de plus-value. Nous connaissons déjà empiriquement la réalité de la précarité et des rapports de classe au travers de nos expériences de la domination (patrons, profs, proprios, répressions régaliennes ou simplement administratives) et en ceci nous ne nous distinguons pas du restant de la population des exploités et des opprimés. Aussi, nous nous devons de rétablir les véritables termes du débat politique en nous envisageant tous simplement comme sujets constituant de la classe des exploités, rendons sa polarité intime à la lutte quotidienne, distinguons les camps. Cependant, et nous le savons, certains pourraient bien naïvement évoquer « une rupture générationnelle », une « force de contestation nouvelle », comme si le jeune incarnait « un élan d’opposition » pour une « société plus vivable ». Il ne s’agit-là que de pures fantaisies, et les incantations métaphysico poétiques ne trompent personne ! Ces thèmes, apparus avec Mai 68 voudraient façonner l’identité étudiante (et de la jeunesse, plus largement) comme celle d’un sujet symbolique, par essence contestataire. Pourtant ces spéculations camouflent mal la relative apathie des étudiants, actuellement traduite par des cortèges chétifs et des Ags chiantes. Songez quand même qu’à la fac de Caen une Ag est un succès numérique lorsqu’elle parvient à rassembler un étudiant inscrit sur quinze ! Que faut-il en tirer ? – Que la population estudiantine n’est pas plus politisée et combative que celle qui évolue hors des enceintes de l’université (et le sacro saint « esprit critique » ?), que le parti de l’attentisme et du silence est majoritaire (peut-être une crispation provoquée par les incertitudes de la période, rassurée par la vieille légende de l’ascenseur social), et que même à la fac les enfants de la bourgeoisie s’organisent dans des structures de droite (œuvrant dans la continuité de leurs intérêts de classe). Dur coup pour l’unité de la jeunesse ! Evidemment la CNT-AIT ne se satisfait pas de cette situation et se demande à qui profite un tel discours « jeuniste » ? Et pourquoi maintenant ?
    La prose politicienne connaît toujours les raisons de son énonciation, même si ces dernières vous apparaissent parfois troubles. Rappelons que l’idée du « front jeune » est fréquente dans la bouche des partis politiques et des syndicats, d’ailleurs un cartel d’organisations a convoqué son petit débat sur le sujet. A court terme l’objectif visé est selon-nous d’appeler à une structuration de secteur : on te chauffe bien l’atmosphère avec du pathos dégoulinant de mansuétude, histoire de « resserrer » sur un sentiment d’appartenance social, monter une Ag estudiantine rigide et du même coup prévenir les ébauches de perméabilité sectorielle qu’on a pu rencontrer avec le CLIC (collectif de lutte intercatégorielle du Calvados). Et puis si ça ne suffit pas à canaliser les troupes on balance l’hypothèse du blocage des bâtiments de façon à raviver les disputes consanguines, assécher les débats et focaliser l’attention sur du secondaire, de l’inutile. En somme, les « jeunes » sont sympas quand ils font leurs bricoles entre eux (récemment des lycéens ont gentillement été écartés du blocage du dépôt d’essence de la presqu’île), lorsqu’ils se foutent au cul de l’intersyndicale et fournissent des régiments pour les promenades hebdomadaires. Voilà la considération qu’ont les bureaucraties partidaires et syndicales à l’égard des étudiants qui s’inscrivent sincèrement dans le mouvement de lutte que nous vivons. Sans blagues, quelle est l’utilité objective d’une structuration étroitement universitaire en ces temps de recul général de nos conditions de vie… D’autant plus qu’ils existe un embryon d’Ag intercorporatiste autoconvoquée, seule ossature, selon nous, à permettre potentiellement l’unité à la base. Le canal de dérivation fonctionne à merveille, jusqu’à présent les groupes constitués ont su éviter les remous de l’auto organisation, pourtant si féconde … mais c’est vrai qu’il faut commencer à se montrer et penser à 2012. Quand on sait que la tranche d’âge des 25/34 ans a voté plus à gauche que les 18/24 ans aux premiers tours des dernières présidentielles, on imagine les sujets de préoccupations des partis. Le « mouvement des retraites » leur donne par conséquent l’occasion d’harponner sur les facs une réserve électorale instable et fragile. On fois de plus on bercera d’illusions le naïf en le convainquant d’une riposte par les urnes. La belle affaire !

    Notre point de vue : L’Ag étudiante n’est qu’un leurre manigancé pour faire dériver l’attentions des étudiants des enjeux véritable : créer et expérimenter les modalités de vrais rapprochements entre les individualités d’une classe en lutte. Ne pas tenir compte du dispositif en place (sa forme, son discours, sa finalité) c’est négliger sa teneur idéologique intrinsèque : il n’y a pas de neutralité dans la structuration ! Flatter la jeunesse c’est également la nommer, la discerner pour davantage la contenir dans sa définition la plus basique. Le mythe du « jeunisme » nie le caractère total de l’être social des exploités les plus jeunes. Battons en brèche cette posture post infantilisante que les alliés objectifs du système nous imposent comme des muselières inapparentes !

    Quelques « jeunes » anarchosyndicalistes de la CNT-AIT de Caen.
    Octobre 2010″

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