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Archives pour octobre 2010


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Communiqué sur l’expulsion de la banque réappropriée Plaça catalunya et autour de la journée de grève générale du 29 septembre

La grève générale a débuté à minuit. Tout au long du matin et de la matinée, il y a eu des piquets dans tous les quartiers et points stratégiques de la ville. A midi les piquets ont convergé vers plaça Catalunya, où l’assamblée de Barcelone avait convoqué un piquet central unitaire. Les « mossos d’esquadra »(police autonome catalane) ont tenté d’empêcher les piquets de s’y rendre comme prévu, ce qui a engendré des moments de tension.A trois heures de l’après-midi, ,alors que les établissements des Rambles et des alentours étaient en train de se faire fermer, les « mossos » ont commencé à « nettoyer » la plaça de catalunya et ont fait irruption à la Banque Espagnol de crédit réapproprié, qui était devenu depuis le 25 septembre un espace de confluence populaire face à à la grève générale et au-delà.
A la fin de la journée de grève, il y a 33 personnes détenues et quelques dizaines blessées par la police.
la plainte déposée par le propriétaire de l’édifice avait été archivée par le juge trois jours avant. Les « mossos » ont délogé sans ordre du juge : il s’agit d’une expulsion illégale. le prétexte donné pour ces agissements d’exception a été que des objets avaient été jetés sur eux à partir de ce bâtiment. Cependant les « mossos » n’ont détenu aucun des occupants, ni trouvé quelque objet que ce soit pour appuyer leur propos, procédé policier qui dénote en lui même qu’il ne s’agissait pas d’appréhender quiconque dans le bâtiment, mais bien d’expulsion pour des raisons politiques. D’autres irrégularités n’ont pas manqué : absence du N° de plaque visible pour de nombreux agents, recrutement de personnel de sécurité privé alors que la plainte du propiétaire est en cours de jugement.
D’un autre côté, il faut dire que l’intense journée de grève générale du 29 septembre a complètement débordée l’ancrage particulier à un espace tel que la Banque réappropriée, à un mouvement tel que le Mouvement du 25 septembre, ou l’Assemblea de Barcelona, ou encore aux manifestations des différents syndicats, même des syndicats majoritaires. Ceci est une évidence pour ceux qui étaient dans les rues du centre de Barcelone en ce jour déjà historique 29 septembre 2010, que le caractère combatif de la grève était transversal, partagé et général.

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////La Banque réapropriée de la Plaça Catalunya a été durant cinq jours un espace incroyable qui a acceuilli des centaines de personnes. Entre autres activités (assemblées, causeries,groupes de travail, carte de possibilités, casse-croûtes, projections, points d’information,etc…), le 26 eu lieu une assemblée de 500 personnes qui s’y sont rendu à l’appel de : Quelle est ta grève?

////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////Ceci ne fait que commencer, Car notre grève ne peux pas « rentrer » dans une seule journée. Car nous savons que la Barcelona de la Rosa de Foc (Rose de feu) a pu conquérir de meilleures conditions de vie pour tous à travers des formes d’organisations et de lutte à leur époque illégales ou criminalisées, comme la grève générale. Car nous n’avons plus peur. Car nous avons découvert qu’ensemble* nous pouvons tout.
Moviment del 25 de setembre
Barcelona, 29 de setembre del 2010

Lettre de JM Rouilan

Deux années d’emprisonnement pour des mots… Moi qui, à la sortie de Mai 68, ai fait le choix des armes et de l’action révolutionnaire, me voici, à cinquante-huit ans, incarcéré, suprême ironie, « sur parole ».

Les magistrats de l’antiterrorisme donnent ainsi raison à l’adolescent que j’étais et qui, comme des milliers d’autres à travers l’Europe, avaient fait ce choix en estimant qu’il était impossible d’agir en révolutionnaire dans les cadres de la politique bourgeoise. Pour nous, dans ce système, on ne parle librement qu’à la seule condition de balbutier les commandements des maîtres.

Aveuglés par leurs certitudes réactionnaires, les juges parient sur la disparition sans retour d’une véritable opposition d’extrême gauche dans nos pays repus du malheur qu’ils causent ailleurs. Une opposition de classe capable de briser les appétits de prédateurs qui détournent les fruits du labeur des travailleurs. Une opposition conséquente en mesure rallier le pôle politique des exploités.

Qu’on le veuille ou non, ma détention révèle les peurs qui hantent toujours les gouvernements des pays impérialistes. Leurs craintes du fantôme de la résistance. Ma détention résulte de la volonté d’anéantir toute trace d’une alternative radicale aux habitudes rituelles des pétitions et des manifs-promenades, au verbiage hémiplégique des « plus à gauche, tu meurs », aux actions sans lendemain et aux comédies de la rupture avec le système et ses supplétifs.

Malgré tout, la lutte continue : chaque combat, chaque escarmouche, chaque refus porte en son sein une alternative révolutionnaire. J’ai appris de nos défaites. Mais je ne suis jamais dit qu’ils sont les plus forts, qu’il n’y a plus rien à faire. Je n’ai jamais renoncé à diffuser notre expérience combattante. Et j’assume toute la responsabilité politique de nos actions passées.

Deux années d’emprisonnement pour des mots… Ma détention repose sur l’arbitraire. Qui est aussi le fruit « ordinaire » de la prolifération des lois et des décrets liberticides. Alors que les gouvernants organisent l’impunité des patrons voyous et des milliardaires voleurs, ils multiplient les lois durcissant le rapport de force contre les exploités. Pas une année ne passe sans qu’on ne fasse voter en toute hâte (et souvent en catimini) une loi ou un amendement serrant encore la vis.

Les tribunaux d’exception et les brigades antiterroristes encadrent l’autoritarisme de cet État policier. Ils en sont l’expression omnipotente. Et aujourd’hui les tribunaux « ordinaires » – qui expulsent les Roms et les travailleurs étrangers, qui innocentent les policiers assassins, qui emprisonnent par brassées le petit peuple des quartiers –, relayés par le cortège des brigades spéciales – qui contrôlent au faciès, fouillent, tabassent et jouent du Taser et du flash ball –, font entrer l’arbitraire dans chaque relation « ordinaire » des plus pauvres avec l’État. Jusqu’où allons nous accepter la dictature « ordinaire » de la droite extrême ?

Cet État aurait-il cherché à donner un sens supplémentaire à ma vie militante qu’il n’aurait pu s’y prendre mieux ! Que je remercie en empruntant les mots du poète Heinrich Heine : « La haine de mes ennemis peut servir de garant que j’ai rempli jusqu’à ce jour cet emploi fidèlement et avec honneur. Je me montrerai toujours digne de cette haine. »

Et pour conclure ce deuxième anniversaire, je remercie, du fond de ma cellule, tous les camarades, les amis et les inconnus qui incluent ma libération dans leur projet d’émancipation révolutionnaire.

Jean-Marc Rouillan
Centre de détention de Muret


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