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Archives pour janvier 2011

Vive le soulèvement du peuple égyptien !


Ce qui est arrivé ces derniers jours en Egypte est l’expression de l’injustice et de l’oppression dont le peuple souffre sous le capitalisme et l’Etat, et des dictatures qui imposent un système d’exception et répriment les libertés et les droits des gens.

Nous ne sommes pas surpris de la réaction de la classe dirigeante, dans notre zone géographique nous voyons toujours la même chose depuis la réaction du gouvernement iranien contre la jeunesse jusqu’à la réaction contre le soulèvement Tunisien. L’Etat utilise toujours la violence contre le peuple qui demande le changement.

Le soulèvement Egyptien a été initié et auto organisé par la jeunesse d’Egypte, dans l’objectif de faire tomber Mobarak et la dictature de son parti National démocratique, mais aussi pour obtenir la Liberté et la Justice Sociale.

Nous souhaitons aux groupes de travailleurs et de jeunes de développer leur propre activité de manière autonome et auto-organisée, et de protéger ce soulèvement pour qu’il ne tombe pas sous la domination des partis politiques et des organisations religieuses.

C’est la seule solution pour faire face à la barbarie de l’Ordre de Mobarak.

Vive le Communisme Libertaire !

Fedération Libertaire du Liban

L’Egypte sans dessus dessous !

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Soutien aux CRS… Pour une grève définitive !

Qu’est-ce que j’apprends, en cette fin de matinée toute grisonnante ? Des CRS sont en grève… Quoi ? Mais pourquoi donc ? Parce que on leur demande pas assez de « travail » ? Parce que anarchistes, quelques immigré-e-s et les « rouges » courent toujours ? Parce que on ne les a pas envoyé en Tunisie ou en Egypte ?

Que neni… Deux compagnies, à Lyon et Marseille, vont fermer (avec la RGPP). Et oui, c’est la crise pour tout le monde… Sarko et Hortefeux, tels de vils gauchistes, ferment les compagnies des camarades… Du coup grève, arrêt de travail, et même grève de la faim. Et les « syndicats ouvriers » qui syndiquent des flics (UNSA, FO) soutiennent. On attend la réaction de la CGT Police et de SUD Intérieur (si si ça existe…)

Et bin moi je dis, qu’ils continuent ! Et que même ils se mettent en grève définitive ! Qu’ils débordent leurs syndicats qui ne devraient pas tarder à leur dire de retourner au « travail ». Ah les CRS en grève, c’est pas beau la vie ? Si leurs « camarades » grecs pouvaient faire de même…

Pour la grève mondiale et définitive des CRS !

 

 

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Solidarité de Classe !

L’Union Locale CNT-AIT 63 est toute heureuse de vous présenter le 1e numéro de son journal, « Solidarité de Classe », écrit, mis en page et imprimé par nos soins ! (un peu d’autogestion et d’autonomie ne fait pas de mal). Le nom, qui peut sonner « marxiste », est expliqué dans ce 1e numéro.

Il est recevable par courrier en nous envoyant un e-mail à notre adresse: cntait63@gmail.com, où lors de la vente les dimanche matins au marché aux puces des Salins, en manifs…

Ou sinon, vous pouvez le trouver à cette adresse: https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=gmail&attid=0.1&thid=12dd792436c29202&mt=application/pdf&url=https://mail.google.com/mail/?ui%3D2%26ik%3De62311de6c%26view%3Datt%26th%3D12dd792436c29202%26attid%3D0.1%26disp%3Dattd%26realattid%3Df_gjk43f3i0%26zw&sig=AHIEtbTGHTqVjAjtSzOpXJ3-9gThXc46uw&pli=1

 

Salutations anarchosyndicalistes !

 

                                                                                                                                                                         UL CNT-AIT 63

Pour contourner le blocage du web mis en place par les autoritées egyptiennnes …le 56K !

Un modem 56K.

 

 

Lorsque les technologies de pointe ne fonctionnent plus, il reste toujours les anciennes : face au blocage quasi complet du Web en Egypte, en place depuis jeudi 27 janvier au soir, le fournisseur d’accès à Internet français FDN a mis en place une connexion de secours à bas débit à destination des Egyptiens qui disposent d’un modem 28K ou 56K.

« Parce qu’il s’agit bien d’une attaque flagrante d’un Etat contre Internet, FDN a décidé d’ouvrir une petite fenêtre sur le réseau en mettant à disposition de qui le souhaite un compte d’accès RTC [réseau téléphonique commuté]« , explique le FAI, connu pour ses engagements en faveur de la neutralité d’Internet ou la liberté d’expression. Les internautes égyptiens peuvent utiliser la ligne +33 1 72 89 01 50 et se connecter avec l’identifiant et le mot de passe « toto » pour accéder à une connexion de secours à bas débit.

Si la quasi-totalité des lignes à haut débit sont coupées en Egypte, le réseau de téléphonie fixe est majoritairement opérationnel, et les connexions bas débit, dites « 28K » ou « 56K » n’ont pas besoin d’accéder à d’autres réseaux pour fonctionner.

Outre les modems, les activistes du groupe Werebuild, qui centralisent les ressources à disposition des Egyptiens, notent que les réseaux radio « classiques », utilisés par les radio-amateurs, sont également opérationnels.

Les rares Egyptiens qui disposent encore d’un accès à Internet, à bas débit ou via Noor, l’unique FAI encore opérationnel, semblent en tout cas faire preuve d’une grande crainte que leur connexion soit surveillée : d’après les chiffres du projet Tor, le nombre de connexions via ce système très sophistiqué de cryptage ont été multipliées par deux vendredi.

 

Tipiac le pirate.

 

La Tunisie, l’Egypte et après….?

La Tunisie, l'Egypte et après....? 20110127

Liberté… !

Cet après-midi du mercredi 26 janvier 2011 nous nous sommes rendus à Moulins-sur-Allier, militants de la CNT-AIT du Puy-de-Dôme ; nous nous rendions en ce lieu pour exprimer notre solidarité avec Jacky et Jerôme, accusés d’avoir brûlé une marionnette de Sarkozy (UMP) et de Parisot (MEDEF). Nous souhaitions également soutenir Frédéric, éducateur spécialisé ayant subi une détention préventive de 5 heures lors de la visite du chef de l’État sous prétexte d’un interrogatoire sur « un collage d’affiche ». Les policiers l’auraient menacé en lui déconseillant de partir. Nous avons fait le déplacement pour les soutenir non en leur »qualité » de syndicalistes, mais en tant qu’exploités victimes de la répression d’Etat.

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Plus de 800 personnes, venues de toute l’Auvergne, se sont rassemblées d’abord devant la pref de Moulins, puis sont partis en cortège bruyant jusqu’au tribunal. Discussions avec des militant-e-s sur l’anarchosyndicalisme, la répression… Des échanges extrêmement intéressants ! Mais la justice bourgeoise et son bras armé (la Police Nationale) veille. Si seulement quelques flics sont visibles, 8 camions sont embusqués non loin. Alors que Jacky et Jérome passent au tribunal, on nous apprend que l’audience pourrait être suspendue… si on coupe pas la sono !! Visage lamentable d’un Etat policier prêt à tout pour garder ses privilèges. Là, on aurait du rentrer en masse dans le tribunal, mais l’action directe est à remettre au goût du jour !

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Mais à ce titre, une précision. Cette manif était à l’appel de plusieurs syndicats, et certains signataires ont refusé de venir au final. La CGC, c’est pas étonnant, la CFDT pas plus. Mais FO qui joue les radicaux? Et la FSU ?Bref, la question était de soutenir des exploité-e-s en lutte, les guerres de cartels à ce niveau là… Quoiqu’il en soit, le jugement sera rendu dans quelques semaines. Si il est négatif, « parce qu’on est relou, on reviendra ! » En tout cas, une preuve de plus pour toutes celles et ceux qui refusent encore d’ouvrir les yeux…

Ces faits montrent bien la tension palpable d’une société en crise. Une radicalisation fascisante des procédés étatiques (outre ces faits, il faut également se souvenir de la répression du contre-sommet sur l’immigration à Vichy, et bien d’autres faits encore) accompagne une libéralisation économique sans précédent. Il s’agit pour la bourgeoisie, alliée à l’État, de mener la réaction sur un double-front. Économiquement, la crise a été un leurre permettant une dégradation considérable des conditions d’existence. Politiquement, les mesures sécuritaires permettent un appui considérable à l’enrichissement d’une minorité en lui fournissant un arsenal défensif appuyant ses mesures de casse sociale. Ce double mouvement a pour seul but de décourager tout mouvement de protestation, à la fois en réprimant les débuts de contestation et en établissant un empire de propagande sur la population.

Cette propagande est d’une intelligence extrême. Elle donne à voir un avenir radieux dans une politique de déstructuration des services : des publicités au cadre proche du merveilleux et de Disney et aux sourires éclatants vantant les mérites de telle ou telle réforme ; des slogans fédérateurs, populistes et vides de sens (« tout devient possible »). En même temps, elle n’oublie pas de jouer sur la peur et sur son thème favori, c’est-à-dire la sécurité : diabolisation de la banlieue et du jeune désœuvré, de la jeunesse dans son ensemble même ; diabolisation des syndicalistes, de « ceux qui empêchent les gens de travailler », allant même à un amalgame entre certains d’entre eux et des terroristes ; xénophobie appuyée par l’amalgame entre « islamistes » et étrangers etc … Nous n’oublierons pas non plus cette politique de l’événementielle, du spectacle, opérée par Sarkozy. Des gesticulations continuelles appuient une mauvaise pièce de théâtre qui éloigne les exploité-e-s de la réalité sociale : cette technique, « des jeux et du pain », est vieille comme le monde.

Face à cela, il s’agit de mettre en place une double-action. Sur le plan culturel, il s’agit de nous extirper de ce grouillement capitaliste en étendant les méthodes de réflexion critique et collective, par le biais des assemblées populaires autonomes, des projections-débats etc … Seuls ce mouvement à la base permet de se tirer du spectacle politicien. Mais il faut également nous mobiliser aux côtés de ceux qui luttent contre le rouleau-compresseur libéral, par conviction et solidarité. L’unité est vaine, car c’est cautionner la politique du plus fort, c’est-à-dire de l’organisation la plus puissante. De plus, c’est opérer une confusion dans les esprits en ce qui concerne les positions de chacun.

C’est donc par cette solidarité que nous nous mobilisons aujourd’hui pour défendre nos trois compagnons victimes de l’aristocratie bourgeoise. Peu importent leurs organisations, peu importe d’où ils viennent : notre patrie c’est le monde, notre famille l’Humanité !    

(Et finissons sur une note plus légère… incorrigibles anarchosyndicalistes, en rentrant on a vu une agence Start People… bin rebelotte (en moins nombreux !) )

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Delenda est Carthago – 26 janvier

Egalement en provenance du Jura Libertaire…
 

En Tunisie, tirs de lacrymogène contre des manifestants 

 

La police anti-émeute tunisienne a tiré mercredi des grenades de gaz lacrymogène sur des manifestants qui tentaient de forcer un barrage bloquant un accès à l’esplanade où se situent les bureaux du Premier ministre, a constaté une journaliste de l’AFP.

 

Delenda est Carthago - 26 janvier 99785508

 

Ces incidents se sont produits alors que le gouvernement de transition doit annoncer dans la journée un remaniement pour tenter d’apaiser la colère des milliers de manifestants qui protestent chaque jour à Tunis contre la présence en son sein de nombreux caciques de l’ancien régime Ben Ali.

 

Les policiers ont tiré des grenades de lacrymogènes contre un groupe de manifestants qui avaient arraché à mains nues un premier barrage de fils de fer barbelés et leur jetaient des pierres, afin de les repousser.

 

De plus en plus nombreux, des jeunes ont alors bombardé de projectiles les policiers, qui ripostaient avec des gaz, sans affrontement direct. L’armée, qui s’était interposée la veille lors de heurts entre policiers et manifestants, restait passive.

 

«Il faut nettoyer les restes de l’ancien gouvernement»

 

Les forces de l’ordre avaient installé dans la matinée des barrages bloquant l’accès à l’esplanade de la Kasbah où, pour la troisième nuit consécutive, des centaines de personnes, dont de nombreux jeunes venus des régions contestataires et déshéritées du centre du pays, ont dormi sous les fenêtres des bureaux du Premier ministre Mohammed Ghannouchi, bravant le couvre-feu.

 

«À bas le gouvernement !», scandaient dès 9 heures ces manifestants, qui ont promis de rester sur place jusqu’à la chute du gouvernement.

 

«Nous avons une seule demande : que le gouvernement tombe, ils doivent tous partir, Ghannouchi le premier», a déclaré à l’AFP Bassem El Barouni, un jeune Tunisien ayant dormi sur place.

 

«Il faut nettoyer les restes de l’ancien gouvernement. Ce gouvernement est celui du 7 novembre», date du coup d’État qui avait porté au pouvoir le président déchu Zine El Abidine Ben Ali en 1987, a estimé Hamid El Ghribi.

 

La fermeture des principaux accès à la Kasbah par les forces de sécurité, qui ont gêné le ravitaillement en couvertures et nourriture des manifestants, suscite la colère.

 

«Vous voulez nous affamer, vous voulez nous assiéger», a lancé aux forces de l’ordre Hamid El Gribi, un Tunisien venu de Sfax, à 270 km au sud de Tunis. «Vous nous enfermez comme des singes», se plaignait un jeune homme.

 

Leur presse (Libération), 26 janvier 2011.

 

 

Onze mille prisonniers se sont évadés depuis la chute du président Ben Ali et 2460 autres ont été libérés, a annoncé mercredi 26 janvier le ministre de la justice tunisien.

 

«Le nombre de prisonniers décédés au cours des récents événements est de 71», a annoncé le ministre de la Justice, Lazhar Karoui Chebbi, au cours d’une conférence de presse. «Parmi eux, 48 sont morts dans l’incendie de la prison de Monastir», à 160 km au sud de Tunis, a précisé le ministre.

 

 

En Tunisie, «des détenus dans un état de terreur»

 

Malgré l’amnistie générale adoptée jeudi, les prisonniers politiques n’ont pas quitté des cellules de plus en plus dangereuses depuis la révolution du jasmin.

 

D’une main fébrile, Otmane Saïdi sort des photocopies d’une housse d’ordinateur convertie en porte-documents. Le certificat médical de son fils Rami, attestant qu’en 2007 il souffrait de troubles psychiques et était sous traitement médical. Ses bulletins de notes à l’université de Sousse. Depuis cinq jours il ne sait plus vers qui se tourner pour obtenir de l’aide. «On nous a dit qu’il y avait eu des libérations… Voilà cinq jours que je suis à Tunis, et toujours rien», raconte le vieil homme. Quelques heures avant il a rendu visite à Rami, âgé de 27 ans. Toujours derrière les barreaux, à la prison de Mornaguia, près de Tunis. En 2009, il a été condamné à quatre ans de prison ferme au titre de la loi antiterroriste. La famille a fait appel. Depuis, les audiences ont sans cesse été repoussées. Qu’a-t-il fait ? «Rien ! assure son père. Il n’est pas politisé, les islamistes ça ne l’a jamais intéressé.»

 

Samir ben Amor, avocat, connaît bien ce type de cas. Secrétaire général de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), il est l’un des rares à avoir défendu les dossiers de terrorisme pendant les années Ben Ali. Il estime aujourd’hui à plus de 3000 le nombre de détenus condamnés au titre de cette loi du 10 décembre 2003 — adoptée lors de la Journée mondiale des droits de l’homme, et intitulée «Contribution de la Tunisie à l’effort international contre le terrorisme». «C’était une façon de se garantir le soutien occidental après le 11 Septembre.» Dans les faits, la loi permet de poursuivre n’importe qui sur une simple présomption, sans preuve matérielle. Pour Ben Amor, il ne fait pas de doute que ces «islamistes» sont des prisonniers politiques, au même titre que ceux d’opinion.

 

islamistes. Comme beaucoup, Otmane Saïdi espérait donc retrouver son fils libre, samedi, suite à l’adoption d’une loi d’amnistie générale deux jours plus tôt, par le tout jeune gouvernement de transition tunisien. Le texte, qui doit encore passer devant le Parlement, concerne officiellement tous les prisonniers politiques, islamistes compris. «Le mouvement Ennahda [parti islamiste interdit, ndlr] sera concerné par l’amnistie générale», avait confirmé jeudi le ministre de l’Enseignement supérieur, Ahmed Brahim. Vendredi, le Premier ministre de transition, Mohamed Ghannouchi, a aussi promis d’abroger les textes antidémocratiques comme la loi antiterroriste. Sur le terrain, les promesses sont plus lentes à se réaliser. «Jusqu’à maintenant, aucun membre d’Ennahda ni aucune personne arrêtée en vertu de la loi antiterroriste n’a été libéré», affirme Abdelkarim Harouni, membre d’Ennahda et vice-président de Liberté et équité, une association de protection des droits de l’homme. Une information confirmée par le représentant de Human Rights Watch, Eric Goldstein qui parle d’une dizaine de libérations, essentiellement des détenus en préventive. «Si ce gouvernement se veut crédible, il faut libérer ces prisonniers d’opinion tout de suite et leur accorder des droits civils et politiques pour qu’ils puissent redevenir des citoyens à part entière», poursuit Harouni, lui-même privé de passeport du fait de son appartenance à Ennahda. Fondé en 1981 par des intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens, Ennahda («renaissance») a été d’abord toléré, avant de se voir interdit, ses militants pourchassés et emprisonnés, après avoir enregistré un score de 17% aux élections générales de 1989.

 

meurtres. «Dans les prisons, la situation est très dangereuse, de plus en plus de morts nous sont signalés par les familles», affirme Abdelkarim Harouni qui cite des cas de meurtres par balles dans les prisons de Bizerte, de Tunis et de Sousse. Hedia Daraji confirme. La dernière fois qu’elle a obtenu un court droit de visite pour voir son fils à la prison de Borj al-Roumi, près de Bizerte, «il était derrière une vitre mais le téléphone pour se parler était cassé. On n’a pu échanger que par gestes». Quand elle lui a demandé si des prisonniers avaient été tués ces derniers jours, il a montré trois fois ses deux paumes ouvertes : trente. «C’est grave, renchérit Me Samir Dilou, président de l’AISPP. À l’heure où nous parlons, il se passe des choses terribles dans les prisons. Plus de prisonniers sont morts derrière les barreaux qu’il n’y a eu de morts durant toute la révolution. Des détenus sont abattus comme des chiens, d’autres sont laissés sans nourriture. Les prisonniers vivent dans un état de terreur.»

 

Selon les décomptes de l’AISPP, 100 à 150 prisonniers sont morts. Une quarantaine ont perdu la vie dans l’incendie du centre de détention de Monastir (au sud-est de Tunis), d’autres ont été victimes des tirs des gardiens, morts par étouffement dû aux gaz lacrymogènes ou de manque de soins, à Sfax, Sousse ou Bizerte. Des informations impossibles à confirmer de source indépendante. 

 

Leur presse (Léa-Lisa Westerhoff, Christophe Ayad,
Libération), 24 janvier.

 

 

Tunisie : la grève générale débute à Sfax

 

La grève générale convoquée à Sfax (sud), la deuxième ville de Tunisie, et sa région, a débuté aujourd’hui avec «le débrayage de milliers de travailleurs de tous les secteurs», a déclaré à l’AFP Amine Cheffi, membre du bureau régional de la centrale syndicale UGTT. Les grévistes ont commencé à se rassembler devant le siège régional de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), pour demander la dissolution du gouvernement de transition dominé par des caciques de l’ancien régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, a-t-il ajouté.

 

«On va également demander pendant la marche la dissolution du RCD (Rasseblement constitutionnel démocratique de l’ancien président Ben Ali, ndlr) et dénoncer l’information officielle qui s’attaque à l’UGTT» a indiqué M. Cheffi. La section régionale de l’UGTT avait appelé mardi dans un communiqué à une grève générale mercredi dans la province de Sfax pour «soutenir les revendications du peuple», qui demande la démission du gouvernement de transition et la dissolution du RCD.

 

L’union de Sfax, importante métropole économique et bastion historique du syndicalisme tunisien, a toutefois demandé d’assurer un «service minimum» dans les secteurs essentiels (eau, électricité, hôpitaux…). La puissante centrale syndicale tunisienne, a joué un rôle important dans l’organisation des manifestations de la «Révolution du jasmin» qui ont abouti à la chute du régime autoritaire du président Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui le 14 janvier en Arabie saoudite. Elle pèse aujourd’hui fortement dans le mouvement de protestation qui réclame le départ des membres de l’équipe de Ben Ali qui occupent les postes-clés du gouvernement de transition formé après la chute de l’ancien président le 14 janvier.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 26 janvier.

 

 

La centrale syndicale tunisienne UGTT accuse des partisans de Ben Ali d’attaquer ses locaux

 

La centrale syndicale tunisienne UGTT a accusé mercredi des nostalgiques de l’ancien régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali d’avoir attaqué mardi plusieurs de ses locaux en province, notamment à Gafsa, dans le sud-ouest.

 

«Des miliciens et des bandes de malfaiteurs liés à l’ancien régime se sont attaqués mardi aux sièges régionaux de Gafsa, Kasserine (ouest) Béjà (nord), Monastir et Mehdia (centre)», a déclaré à l’AFP Iffa Nasr, porte-parole de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).

 

Selon lui, les assaillants étaient armés de gourdins, de pierres, d’armes blanches et de chaînes. «Ils ont saccagé les locaux et blessé des syndicalistes à Gafsa», a-t-il affirmé.

 

Un syndicaliste de cette ville du centre-ouest a indiqué pour sa part que l’armée était intervenue pour dégager le siège régional du syndicat.

 

«Mardi, des inconnus ont tenté d’attaquer à Gafsa le siège régional de l’UGTT mais l’armée est intervenue pour protéger le bâtiment qu’elle a dégagé en tirant en l’air», a déclaré à l’AFP Ammar Ben Amroussia.

 

«Des bandes de malfaiteurs composées d’hommes d’affaires liés à l’ancien régime et de cadres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, ancien parti au pouvoir) ont attaqué les syndicalistes à l’intérieur du siège régional syndical», a affirmé ce syndicaliste.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 26 janvier.

 

 

L’UGTT ou la cheville ouvrière du changement

 

En dépit des accusations dont fait l’objet l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), le mouvement syndical a été une véritable locomotive pour la Révolution du jasmin.

 

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En avance sur le bureau exécutif, la base ouvrière, structurée au sein des fédérations de secteurs et des unions territoriales, a fourni toute sa puissance physique au mouvement de la rue. D’ailleurs, la marche imposante du 14 janvier, date de la chute de Ben Ali, a pris naissance au pied du siège de la centrale syndicale, sis place Mohamed Ali. Les marches quotidiennes, qui ont suivi l’annonce de la composante du gouvernement de transition et appelant au départ d’El Ghannouchi et ses collègues issus du RCD, ont été initiées en majorité par le syndicat. L’UGTT, qui a été chargée de trois portefeuilles ministériels, s’est retirée tout de suite après l’annonce de la liste du gouvernement, refusant de composer avec les anciens du régime.

 

Ceci dit, la base a joué un rôle décisif en faisant pression sur la direction pour se retirer du gouvernement «phagocyté» et refuser tout compromis sur le dos de la Révolution. C’était le cas aussi avant le 14 janvier. Les émeutes endémiques provoquées par l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid et les revendications sociales qui ont marqué les mots d’ordre des manifestants ont tout de suite attiré l’adhésion des travailleurs.

 

Partout, les sections syndicales commençaient à apporter leur soutien aux manifestants et à rejoindre le mouvement sans s’encombrer de l’aval de la direction. Comme Tunis avait été la dernière ville à se soulever, la direction du syndicat avait rejoint en dernier la volonté de la base.

 

D’ailleurs, jusqu’au 13 janvier, le secrétaire général croyait encore aux promesses de réforme faites par Ben Ali. À l’issue de sa rencontre avec le président déchu, ce même jour, Abdeslem Jrad avait déclaré : «J’ai eu l’honneur de rencontrer le chef de l’État et ce fut une occasion pour un très important entretien, au cours duquel nous avons abordé la situation douloureuse dans certaines régions du pays, ainsi que des idées et des propositions de l’UGTT. J’ai trouvé auprès du président de la République une vision profonde des principaux problèmes et de leurs causes et une volonté de les résoudre.»

 

Affirmant, au nom des travailleurs, la satisfaction de l’organisation des promesses du président, Jrad a ajouté en conclusion : «J’ai trouvé auprès du chef de l’État toute la considération pour les travailleurs et pour leur organisation ainsi que toute l’attention à cette catégorie et aux personnes nécessiteuses.» Bien entendu, la base militante, traversée par toutes les tendances politiques avec une franche domination de la gauche, n’a nullement fait cas de ces déclarations et a imposé ses propres choix au syndicat. Cette pression a inscrit l’UGTT dans la frange la plus radicale de la société qui revendique le changement et forme un sérieux avertissement pour le capital tunisien, seul maître dans la gestion économique du pays.

 

Abdeslem Jrad dans le collimateur de la révolution 

Le secrétaire général de l’UGTT n’est plus en odeur de sainteté auprès des manifestants.

Le secrétaire général de la centrale syndicale, leader du mouvement tunisien, semble perdre la sympathie des manifestants sous l’effet d’une forte opinion qui remet en cause le radicalisme du syndicat, ses tenants et ses aboutissants. Il est vrai que Abdeslem Jrad, connu pour sa proximité du palais de Carthage, a été pendant des semaines à la tête d’un syndicat inscrit aux premières lignes du front révolutionnaire.

Mais son passé semble le rattraper, à en croire le débat, enclenché depuis deux jours et relayé par les internautes, sur ses véritables intentions qui seraient liées à une tentative d’empêcher toute velléité d’enquête sur les personnalités en liaison avec l’ancien régime. Le SG traîne des casseroles pour avoir été impliqué dans des affaires de pots-de-vin, notamment avec la compagnie Tunisair ou encore la société Cossob de Sfax. Il est surtout critiqué pour avoir été l’homme sur lequel s’appuyait Ben Ali pour absorber la colère populaire.

 

Leur presse (Nouri Nesrouche,
El Watan), 26 janvier.

 

Manif à la tunisienne en Egypte !

 Lu sur le Jura Libertaire
 

Égypte : deux manifestants tués à Suez, un policier au Caire

 

Deux manifestants ont été tués lors de heurts avec la police mardi à Suez (nord de l’Égypte), et un policier est mort des suites de blessures au Caire, a-t-on appris de sources médicales et sécuritaires.

 

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Place Tahrir au Caire, vers 19h25 GMT

 

Les deux manifestants de Suez sont décédés après des heurts marqués par des jets de pierres contre la police, qui a de son côté tiré des gaz lacrymogènes, selon des sources médicales et de sécurité.

 

Le policier au Caire a succombé après avoir été blessé lors d’un rassemblement dans le centre ville, selon la sécurité égyptienne.

 

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hossam Zaki, cité par l’agence officielle Mena, a déclaré qu’il «regrettait la mort d’un membre des forces de l’ordre qui a été battu par des manifestants».

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Des milliers de personnes ont défilé à travers toute l’Égypte mardi pour demander le départ du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis trois décennies, prenant exemple sur les manifestations tunisiennes qui ont provoqué le départ précipité du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier.

 

M. Zaki assuré que ces rassemblements de protestation, «bien que notables», n’étaient «pas nouveaux dans un pays qui a vu un certain nombre de manifestations depuis 2004, ce qui fait partie de son environnement ouvert en matière de liberté d’expression».

 

Le ministère de l’Intérieur appelé dans un communiqué à «mettre fin à ces rassemblements afin d’éviter leurs répercussions sur l’ordre public».

 

Il a accusé le mouvement des Frères musulmans d’avoir «dépêché un grand nombre de ses membres» place Tahrir, dans le centre du Caire, où selon le ministère quelque 10.000 manifestants étaient présents.

 

Les militants islamistes ont «lancé des pierres sur les forces de sécurité et ont provoqué des émeutes» au cours desquelles plusieurs policiers ont été blessés, selon le ministère.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 25 janvier 2011.

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Égypte : gaz lacrymogènes contre des manifestants hostiles

 

La police égyptienne a tiré ce mardi des gaz lacrymogènes contre des milliers de manifestants dans le centre du Caire, a constaté une journaliste de l’AFP. Ceux-ci protestent contre le gouvernement Moubarak.

 

 

La police a également utilisé des canons à eau contre des manifestants aux abords du Parlement. Quelque 15’000 personnes participaient ce mardi dans divers quartiers du Caire aux manifestations pour des réformes politiques et sociales, inspirées par l’exemple tunisien, a-t-on appris auprès des services de sécurité.

 

Les manifestants brandissant des drapeaux égyptiens et lançant des slogans pour des réformes politiques et sociales se sont rassemblés sur la grande place Tahrir, proche de nombreux bâtiments officiels, face à un important dispositif policier. La manifestation a un peu reculé, mais ne s’est pas dispersée. La police a en retour essuyé quelques jets de pierres.

 

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Jeunes très nombreux

 

Des rassemblements étaient également signalés en province, notamment à Alexandrie (nord), la deuxième ville du pays, à Assouan et Assiout (sud), dans plusieurs villes du delta du Nil, à Ismaïliya (sur le Canal de Suez) ou dans le nord du Sinaï, selon des témoins et des correspondants de l’AFP.

 

Au Caire, les manifestations qui ont débuté dans le centre-ville près des bâtiments de la Cour suprême se sont étendues au quartier de Mohandessine, dans l’ouest de la capitale où 2000 à 3000 personnes se sont rassemblées.

 

Ces manifestations qui répondaient à l’appel de mouvements pro-démocratiques, très actifs notamment via les réseaux sociaux sur internet, réunissaient de très nombreux jeunes. De 20 à 30’000 policiers étaient mobilisés au Caire pour faire face à ces rassemblements, selon les services de sécurité.

 

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Leur presse (ATS), 25 janvier.

 

Soutien aux exploité-e-s tunisien-ne-s: le vrai visage des charognards…

    Après une manif’ « Pour l’Ecole Publique » que le qualificatif de social-démocrate embellirait certainement trop, un rassemblement était prévu pour les tunisien-ne-s. La CNT-AIT 63 avait prévue une action à part, mais nous avons finalement décidé de nous joindre à ce rassemblement…

    Partout, en ville, devant les arrêts de tram, dans les facs, des autocollants du NPA pour ce rassemblement. Et avec la Tunisie, recouverte du drapeau tunisien… Pas très internationaliste non ? Mais surtout, la tronche de M. Alain Laffont (le Besancenot local) sur tous les autocs. Pauvre peuple tunisien qui ne peut voter pour lui pour virer Ben Ali… Mais le pire, c’est qu’on apprendra plus tard que ce rassemblement n’était pas à l’appel du Nouveau Parti de l’Aliénation, mais un appel de différents cartels…

    Pour le contexte, c’est fait. Une centaine de personnes selon La Montagne, on avait calculé beaucoup moins mais bon… Pour l’occasion, nous avions tiré un tract en franco-tunisien, qui reprenait en parti le communiqué de la CNT-AIT du 15 janvier. Il fut plutôt bien accueilli, des personnes sont venues nous le demander. On a discuté avec les gens, et rencontré un anarchiste. Bon jusque là… En fait comme il a dit « Je suis pas Tunisien, ni Algérien, ni même arabe. » Voilà, quelqu’un qu’on devrait rencontrer plus souvent…

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    Puis ce fut le moment des tours de paroles des cartels… Même le PS dis donc ! Bravo. Et Solidaires qui parle du syndicalisme, des syndicalistes tunisien-ne-s de l’UGTT… Bon. On voulait lire un texte à part, puis on s’est dit qu’autant profiter du micro, que tout le monde parlait, y compris des tunisiens. NPA, PCF, Front de Gôche, LDH, tout le monde. On doit passer après quelques négociations. LO parle, mais le NPA (enfin Laffont) qui tient le micro, lui dit de se grouiller, que c’est chiant. Les autres ont parlé tant qu’illes voulaient mais bon… Nous, on voulait lire le texte de non-fides (http://www.non-fides.fr/?De-Sidi-Bouzid-a-Bab-el-Oued) mais un simple coup d’oeuil du Komintern, c’est non au prétexte « faites cours ou fermez là »… Du coup on lit le texte du tract… 

    Voilà. Soutenir les tunisen-ne-s, c’est ça pour les partis et syndicats. Se montrer avec le leader, pour dire qu’on les soutiens. Même le PS bordel… A Toulouse, un rassemblement a vu les tunisien-ne-s et les gens virer le bureaucrate de son camion FSU, et se l’approprier… Bin là non… Tout ça pour le pouvoir, les élections, la participation à la grande fête. A vomir. Malgré tout, que vive la révolte du peuple tunisien. Qu’illes ne se rendent pas aux urnes, qu’illes s’auto-organisent. Sans les charognards politiques et religieux.

 

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