Archives pour avril 2011


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GEORGES CIPRIANI RÉINCARCÉRÉ !

GEORGES CIPRIANI RÉINCARCÉRÉ !
Aujourd’hui, 15 avril, Georges Cipriani a été réincarcéré à temps plein dans la prison d’Ensisheim.

Pourtant, aujourd’hui, Georges aurait dû vivre son premier jour de liberté conditionnelle depuis 24 ans. Il avait en effet obtenu, le 24 mars dernier, cette mesure de libération conditionnelle, qui devait prendre effet au bout de ses douze mois de semi-liberté. Mais le parquet a immédiatement fait appel de cette décision, suspendant ainsi sa sortie prévue, dans l’attente de l’audience qui n’aura lieu que le 28 avril.

Nous sommes révoltés par ce retour en prison, qui porte un coup très dur à Georges Cipriani. Cette mesure perverse déstabilise son projet de vie après la prison, le coupe de nouveau de ses proches et rend plus précaire encore sa situation de travailleur.

Jusqu’où l’État ira-t-il dans son acharnement à détruire les militants d’Action directe ?

Jusqu’à quand, six ans après la fin de leur période de sûreté, seront-ils soumis à des procédures arbitraires qui retardent toujours leur libération ?

Nous savons nos camarades forts de la résistance qu’ils ont su opposer pendant près d’un quart de siècle à l’entreprise systématique d’anéantissement carcéral.

Nous dénonçons avec la plus grande fermeté l’iniquité de la mesure qui frappe aujourd’hui Georges Cipriani et, plus que jamais, nous l’assurons de notre totale solidarité.

Le Collectif « Ne laissons pas faire ! »

Paris, le 15 avril 2011

nlpf@samizdat.net – http://nlpf.samizdat.net/

Rassemblement demain !! Paysannerie autonome et solidaire !!

 Demain, des paysans du 63 qui ont refusé la vaccination contre la FCO (Fièvre Cathrale Ovine) en 2009 et 2010 passent au tribunal à Clermont Ferrand à 14h. La plupart des ces paysans sont dans une démarche d’autonomie, refusent les necro et nano-technologies, nous anarchosyndicalistes appellont tous les sympathisant-e-s et adhérent-e-s à venir manifester notre solidarité envers ces paysans demain 14 avril à partir de 13h15 devant le palais de justice place de l’etoile à Clermont Ferrand

Refusons les nécro et nano technologies, pour une paysannerie autonome et solidaire !

Révolution agraire et libertaire !

lapoudre pour la CNT/AIT-63
+ sur le collectif contre la vaccination FCO là : http://www.collectif.org/

Hakihito priant Godzilla de sauver le Japon .

Hakihito priant Godzilla de sauver le Japon . 1_jardindesplantesb

Ton libéralisme, tu te l’emballes, tu te le carres profond, et tu te casses avec le plus loin possible.

La transcription de l’enregistrement entre le cadre de Renault et son accusateur qui fait son petit bruit en ce moment est effarante, sans nul doute, mais qui peut-elle vraiment surprendre ? Il y a encore quelque indécrottables naïfs pour croire aux charmes austères de « l’entreprise » mais il y a fort à parier que leur nombre, déjà très minoritaire, est en train de se réduire comme peau de chagrin devant la méchante réalité dont précisément cet enregistrement n’est qu’une des innombrables facettes.

Et la réalité, c’est qu’existe un cousinage structurel entre libéralisme et fascisme, dont le management « moderne » n’est qu’un des rejetons abâtardis fabriquant à la chaîne des petits kapos harceleurs qui se vantent dans leurs séminaires de « ressources humaines » de maîtriser au plus haut point l’art délicat d’écraser la vie de leurs subordonnés, et sont l’armée mexicaine de pourritures incompétentes dont « l’entreprise » néolibérale a besoin pour continuer à créer du flux tendu et de la soumission terrifiée.

C’est cela et pas autre chose. Prétendre le contraire, c’est soit de l’aveuglement soit de la bêtise pure et simple. Soit les deux.

Et la poignée vociférante d’abrutis qui sont encore assez stupides pour défendre ce modèle ont bien raison, finalement, de passer leur temps à se plaindre que plus personne ne les écoute ni ne les prend au sérieux, puisque de fait, leur libéralisme à la con, absolument plus personne n’en veut, et de toute façon personne n’en a jamais voulu.

C’est un processus venu « d’en haut » qui a toujours été imposé de force à tous les autres « d’en bas » sans que jamais on ne leur demande réellement leur avis. C’est une idéologie des très riches qui ont voulu convaincre les non-riches qu’ils étaient absolument indispensables – alors que non – et n’ont pas épargné leur peine à vouloir à toute force faire croire à la majorité que cette dernière avait besoin d’eux alors qu’il en a toujours été l’exact contraire : c’est la minorité possédante qui a besoin de l’assentiment plus ou moins extorqué des majorités laborieuses. Ces dernières en revanche n’ont absolument nul besoin de ces parasites. Et le début de prise de conscience active de cet état de fait dans les populations, si il est encore très insuffisant au regard de ce qui serait nécessaire, illustre à merveille une vérité toute simple : le libéralisme, personne n’en veut et personne n’en a jamais voulu.

Alors oui, ils peuvent couiner tant qu’ils veulent, les H16 et les Michel Godet, les Eric Le Boucher et les Jean Quatremer, les Hugues Serraf et les Sophie De Menthon, ils peuvent trépigner tant qu’ils veulent et se rouler par terre en pleurant toutes les larmes de leurs petits corps devant l’incompréhension générale dont ils seraient les victimes, puisqu’évidemment on aura remarqué que tous les commissaires politiques du Joli Marché sont systématiquement des génies incompris en butte à l’obscurantisme pour ainsi dire « communiste » de ces vastes pans d’ignares qui rechignent à privatiser la Sécu ; ils peuvent se désoler de voir tant de gens refuser catégoriquement de rejoindre leur secte.

Et surtout, ils n’ont pas fini de le faire.

Ils se consoleront en regardant par delà l’Atlantique pour essayer de se persuader qu’un moins un pays, et un très gros qui plus est, leur est un Xanadu pur et parfait avec ses journées de travail de 12 heures dans la joie et son agressivité « entrepreneuriale », sans jamais bien entendu comprendre que le pays en question illustre parfaitement ce qui est écrit plus haut : l’idéologie a été imposée du « haut » vers le « bas », elle a capillarisé dans tous les interstices sociaux par la fable storytellée du « Rêve Américain » et quand tout le monde pense qu’il peut un jour, à force de persévérance, devenir millionnaire – alors que : jamais – on a beaucoup moins de peine à contrôler les foules.

Encore que depuis qu’il a fallu rembourser les conneries des banques, il semblerait que la vérité fondamentale du système se fasse jour dans nombre de consciences. Lesquelles quelque peu choquées se rendent compte que oui, en effet, on leur a menti pendant tout ce temps. Mais comme la lutte des classes n’existe pas dans le pays en question, elle ne peut donc pas proposer une quelconque alternative.

D’ailleurs, elle n’existe pas, parce que…elle n’existe plus. On a complètement oublié à quel point était fort le mouvement ouvrier américain du début du XXème siècle, et qu’il a constitué une menace réelle pour l’ordre capitaliste. C’est rien moins que 50 années de destruction systématique et acharnée qu’il a fallu pour le réduire à néant, le maccarthysme ne constituant que l’achèvement du processus d’extirpation de la conscience de classe qui a permit par la suite le déploiement sans freins du néolibéralisme.

Et de fait, la situation où nous sommes est la suivante : ce dernier ne se maintient encore que et uniquement parce que il n y a rien encore de tangible en face. Une grande réponse anarchiste reste en construction, et si des expériences se déroulent en Amérique du nord, ou d’autres parties du monde, le processus n’est encore que balbutiant. Il a au moins le mérite d’être en cours.

En attendant, une chose est absolument certaine : toi, abruti Libéral, là :

Tu penses que personne ne t’aime ?

Tu as entièrement raison

Alors ton libéralisme, petit collabo de l’exploitation généralisée, tu le prends, tu te emmaillotes bien serré et tu te l’introduis bien profond.

Et surtout, maintenant, tu dégages ta sale gueule du paysage, parce que toi et tes idées à la con, on vous a assez vus.

Abel Paz de la F.A.

Grève du personnel chez Carrefour !


Ce samedi 9 avril, fait rare, les salariés de Carrefour vont se mettre en grève suite à la non obtention d’une augmentation de 2% après plusieurs mois de négociations.

Dans le même temps Carrefour va livrer la marque Ed/DIA aux actionnaires, un cadeau de plus de 6 milliards d’euros !

Mieux, les deux principaux actionnaires, Bernard Arnault et Colony vont se partager près d’ un milliard d’euros.

On comprend la colère et l’injustice que peuvent ressentir les salariés.

C’est pourquoi ils demandent, en signe de solidarité, aux clients de boycotter l’enseigne ce week-end.

Pendant que les actionnaires comptent leurs gains en milliards, une caissière se voit augmenter de 10 Euros environ, soit 1% du salaire !

Voici ce que déclare sur RMC Fabrice, chef de rayon à Aulnay-sous -Bois , qui va faire grève par solidarité avec les caissières : « C’est des personnes qui sont à 30 heures. Et il faut savoir que Carrefour est reconnu pour payer ses employés sous le SMIC, puisqu’il a été condamné pour ça. Et le PDG a une retraite-chapeau de 50.000 euros par mois dès qu’il aura atteint 3 ans d’ancienneté. Excusez-moi mais c’est du foutage de gueule ».

Face à de telles pratiques, qui voient les actionnaires entasser des milliards d’un coté, et des caissières toucher un salaire qui leur laissent tout juste de quoi survivre de l’autre, il est très facile de choisir son camp, et très difficile de garder son calme !
Allez-vous appuyer le mouvement de grève à Carrefour ?

 

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Leur presse (RMC)

Temps de Guerre

 

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L’opération Odissey Dawn a marqué le début d’une intervention militaire en Libye, une autre mission de guerre avec laquelle les pouvoirs occidentaux veulent protéger les intérêts économique et l’équilibre géopolitique qu’ils considèrent être menacés par l’instabilité, les tensions locales, les dictateurs et les ambitions d’autres leaders.

C’est le dernier épisode en date qui rend encore plus clair le statut de guerre permanente dans laquelle nous vivons. Les années passent, les scénarios changent : des Balkans (Bosnie, Kosovo) jusqu’au Maghreb, en passant par le Moyen Orient (Irak) et l’Asie (Afghanistan) ; les noms des opérations militaires changent-des opérations de police internationales pour solliciter des forces contre le terrorisme, en passant par le déploiement d’interposition et de forces de dissuasion et plus encore, jusqu’à des définitions plus relaxantes telle que « paix » ou « missions humanitaires ». Mais le fait est que le noyau et les moyens de les mener ne changent jamais : bombardements et missiles-et rapidement, c’est la guerre.

Dès le début il était clair que la révolte en Libye, bien que conduite par les insurrections qui secouent l’Afrique de Nord et les pays du Moyen Orient (Tunisie, Algérie, Maroc, Égypte, Yémen, Bahreïn) a montré les traits d’une lutte pour le pouvoir entre fractions rivales, reliées au territoire et basée sur une appartenance tribale (Tripolitaine, Cirenaica et Fezzan). Il était également évident que le rôle de la Libye à différents niveaux de la scène méditerranéenne (dans la production de gaz et de pétrole, comme associé financier des pays de l’Ouest, comme police régionale, comme contrôleur de l’immigration) transformerait la crise Khadafi en crise mondiale. Les bombardements à tripoli n’en sont rien d’autre que la preuve.

Une guerre réelle, sale et ignoble, comme toutes les guerres, a commencé ; ses objectifs ne sont certainement pas ceux déclarés, ni la chute de Khadafi, ou la mise en place de la « démocratie », ou encore la protection de la population. L’objectif réel est clair : coloniser une nouvelle fois la Libye, en tant que pays d’une haute importance pour ses ressources énergétiques et sa position stratégique à travers sa balkanisation. Deuxièmement, et non moins important, le but de l’intervention militaire est de maintenir un état de guerre globale et permanente et de cacher les vrais urgences (la faim et la pauvreté, les désastres nucléaires et environnementaux, l’immigration massive, la suprématie des profits sur les besoins) et de permettre d’écraser préventivement les émeutes et les révoltes.

C’est une guerre à laquelle l’Italie participe hypocritement, n’assumant même pas ses propres responsabilités ; les partis de droite et de gauche sont unis dans la même sorte de positions pseudo-patriotes, se cachant derrière les propos indécents de Napolitano (président italien) pour apporter la confusion et obscurcir les consciences- une guerre dans laquelle notre « beau pays » va collectionner les miettes, comme un vautour.

Nous sommes contre cette guerre tout comme nous sommes contre toutes les guerres capitalistes et impérialistes. Le seul front que nous connaissons est la lutte sociale contre les maîtres et leurs esclaves. Un front qui uni toutes et tous les exploité-e-s, indépendamment de leur nation, de leur race, de leur langage, de leur culture et qui affronte la barbarie capitaliste sans conciliation possible. C’est un front pour s’opposer à la portée des événements d’aujourd’hui, pas seulement pour défendre les dernières miettes de paix et de choses supportables qu’on nous laisse, mais également pour offrir des alternatives précises à la misère et à la barbarie de ce monde dans lequel nous vivons, où illes veulent nous torpiller toujours plus. Les défilés pour la paix ne sont pas assez, nous devons commencer à créer une société différente.

CONTRE LES GUERRES DU CAPITAL

GUERRE SOCIALE POUR UN MONDE DIFFERENT

SANS ETATS, SANS ARMEES ET SANS PATRON-NE-S


Secrétariat Internationale de l’USI-AIT, section italienne de l’Association Internationale des Travailleurs-euses.


L’USI-AIT a appelé à une grève contre la guerre en Libye le 15 avril.

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Sortie du numéro 2 de Solidarité de Classe !

     Le numéro 2 de Solidarité de Classe, journal de l’Union Locale de la CNT-AIT 63 est disponible !

    Au programme, articles contre le nucléaire, partie AIT sur la répression contre l’ASI et la lutte contre OTTO, compte-rendus de rassemblements auxquels nous avons participé…

    Pour le recevoir par mail (format PDF) ou par courrier (nous envoyer votre adresse) : cntait63@gmail.com.

    Salutations anarchosyndicalistes !

 

Union Locale de la CNT-AIT 63

Les débuts du soulèvement à Misrata


http://juralibertaire.over-blog.com/ext … press.com/

Le 17 fevrier, alors que la katiba de Benghazi tombe aux mains des insurgés, une petite foule de partisans khadafistes parcoure encore tranquillement les rues de Misrata, munie de mégaphones, agitant des drapeaux verts et des portraits du « Guide ». Ils s’efforcent de manifester un semblant de normalité quand, partout dans l’est, les positions du pouvoir sentent déjà le brûlé. Mais, le 19 fevrier, cinq cents étudiants de Misrata sortent dans les rues pour protester contre les tirs sur la foule qui ont eu lieu à Benghasi. La manifestation est attaquée dès le matin, à main nue ou à coups de gourdins par des kadhafistes. Dans l’après-midi, les esprits s’echauffent, l’armée se déploie et tire au 14.5 sur la foule. Il y a un mort du côté des manifestants. Le lendemain, environ vingt mille personnes envahissent le cimetière pour enterrer le jeune garçon. Une fois la cérémonie terminée, la foule marche sur le centre-ville, avec des batons en guise d’armes et attaque systématiquement tous les symboles du régime. C’est le ravage des quelques « lenjen toria », sortes de bureaux du parti « révolutionnaire » kadhafiste, et comme un peu partout en Libye, le départ précipité vers Tripoli d’une large frange des militaires – ce qui fournit, aux insurgés, leurs premières et seules armes. Il faut savoir que Misrata était considérée comme une ville commerciale, très calme et exempte d’agitation politique, à l’inverse de Benghazi, lieu de résistance où les forces khadafistes étaient armées en conséquence. Ici, on connaissait même très peu les potentielles caches d’armes. Ce n’est qu’il y a deux semaines, quand des explosions se faisaient encore entendre six heures après le bombardement de l’aéroport par la coalition, que les gens ont compris où elles se trouvaient concentrées.

Dès les premiers jours, le chef local des forces spéciales de Kadhafi, promet à la population qu’il ne donnera pas l’ordre de tirer sur la foule. Il est arrêté et emmené à Tripoli avec sept autres personnes. La Katiba et ses stocks de munitions restent aux mains du pouvoir. Si le problème de l’armement des insurgés se fait encore sentir aujourd’hui dans la guerre asymétrique qui se livre ici, ce n’est rien au regard des premières offensives loyalistes pour reprendre la ville. La population était alors quasiment désarmée. Leurs principaux moyens de lutter contre les premiers tanks qui entraient en ville étaient largement improvisés. A plusieurs, ils couraient sur les blindés, armés de cocktails molotov et de gélatines – grenades artisanales traditionellement utilisées pour la pêche, dont la puissance varie en fonction de la taille de la boîte de conserve qui conditionne l’explosif. A ce moment-là, la victoire est une affaire de détermination et d’ingéniosité face aux colonnes constituées principalement de mercenaires étrangers, fortement armés mais désavantagés par leur méconnaissance du terrain.

Le plan militaire qui se déploie ici n’est pas autre chose que la fortune de Kadhafi qui achète sa vengeance. Depuis le départ, les milices sont composées de mercenaires étrangers. L’arrivage massif de ces « soldats », en provenance de divers pays, est permanent, soit parce qu’il est organisé par Kadhafi, soit parce que c’est le nouveau plan thune des tueurs professionnels : des bureaux de recrutement au Tchad et au Mali, cet appel satellite intercépté d’un sniper serbe invitant ses potes au pays à le rejoindre ici. Pour aligner des civils dans un viseur, la rémunération peut aller jusqu’à 10 000 dinars par jour. On parle aussi des quartiers pauvres ou des villes défavorisées du sud dans lesquelles les pro-Kadhafi recrutent des libyens, qui, au cours des premières semaines, ont grossi les effectifs des milices ou servent, maintenant, à manifester devant des caméras en agitant le drapeau vert. Les sommes d’argent et les promesses d’emplois hauts placés que le clan Kadhafi est capable de proposer créent une méfiance diffuse, égale à la peur des espions. Même s’il nous est difficile de saisir toutes les tensions, cette méfiance ne semble pas produire une ambiance délétère, ni nuire aux liens entre les révolutionnaires.

Le troisième jour, la plupart des gens avaient déjà déserté leurs postes de travail. Une sorte de démobilisation générale s’est installée parce que l’Etat comme instance de gestion avait déjà disparu ou, en tout cas, il n’était plus question de le reconnaître. Des assemblées se sont formées sur la place centrale de Misrata, là où convergeait la foule. S’y est posée immédiatement la nécessite de s’organiser pour la nourriture, l’eau, l’électricite, l’argent, autant que pour combattre. Ceux qui poussaient à la création de « conseils » pour coordonner les initiatives venaient pour une bonne partie du milieu judiciaire (avocats, juges…). Ce sont eux qui ont poussé les banques à réouvrir quelques jours la première semaine pour que soit distribué l’argent. Suite à la creation de ces conseils locaux, il y a eu la volonte d’une coordination à l’échelle nationale, ce qui deviendra le Conseil National de Transition. Cette instance est donc aussi composée de délégués des conseils locaux. Par exemple, il y a deux personnes de Misrata présentes au CNT de Benghasi.

Depuis la première semaine, sur les plans politiques et existentiels, la ville est acquise à la révolution. Il faut la bêtise d’un adepte de la propagande télévisée d’Etat ou la distance d’un journaliste occidental pour se perdre encore en conjectures et croire que quelque chose puisse encore ici tourner politiquement en faveur de Kadhafi. On ne voit pas bien en quoi consisterait maintenant pour le pouvoir le fait de « reprendre Misrata », sauf à en éradiquer purement et simplement la population.

3. Notes sur la stratégie de siège de Misrata – cartographies.

La disposition des forces ennemies, sur trois secteurs importants, encercle Misrata et en empêche l’accés par voie terrestre. De ces trois points et de l’occupation de Tripoli Street, des incursions sont régulièrement effectuées ou tentées plus en avant dans la ville. La strategie des forces kadhafistes consiste en une politique de la terreur : pénétrer dans certains quartiers pour les piller, enlever des habitants ou les tuer. Elle prend aussi la forme de bombardements, de tirs tactiques ou de prises de positions pour priver la population de ses ressources : la nourriture, l’électricite, le pétrole, l’argent, le matériel médical, les moyens de communication.

Depuis Zlitan, le long de la route côtière, des pièces d’artillerie lourde, des tanks et des BMB (blindés de transports de troupes) sont retranchés dans une zone forestière à une dizaine de kilomètres de Misrata. Les mouvements depuis cette zone sont à découvert. Ils tentent régulièrement des percées dans la ville afin de se réfugier dans les immeubles pour pouvoir tenir une position à l’abri des tirs de la coalition. Jusque-là, les shebabs ont toujours reussi à les faire reculer.

Au sud.

Les forces kadhafistes sont concentrées depuis Tamina jusqu’aux abords de la base militaire de l’aviation, bombardée deux fois par l’OTAN. Depuis cette position, les troupes de mercenaires s’assurent le contrôle des accès sud de la ville (intersections des portes sud et de la Highway) et procèdent à des incursions. Au croisement de la Highway et de Benghazi street, les blindés enfoncent les facades des magasins et des cafés pour se mettre hors de vue dans les bâtiments lors des passages des avions de la coalition. Leurs mouvements sur la Highway coupent la ville de toute la zone qui s’étend au-delà, concentrant la plupart des fermes de la region, et donc la majeure partie de la (faible) production agricole locale. Les forces loyalistes se sont particulièrement attachées à couper l’alimentation en électricité des exploitations et à en rendre l’accès depuis la ville particulièrement suicidaire.

A l’est.

La zone qui s’étend du sud-est de Misrata jusqu’au port Quasr Hamad essuie continuellement des tirs d’artilleries, des pillages ou des tentatives d’attaques sur les entrepôts de stockages. Ce port de commerce est une immense zone industrielle devenue le noeud stratégique local dans le déroulement des hostilités puisqu’elle sert encore de grenier à la ville. L’attaque du vendredi 2 avril par un tank et un groupe de voiturse, mise en échec par l’intervention largement médiatisée de la coalition, y visait des entrepôts de sucre et de farine. Les premiers ont complètement cramé. Cette opération faisait suite à de multiples tentatives au cours des semaines précédentes, toujours plus ou moins limitées par les contre-attaques des shebabs. Dans cette zone se trouvent également la dernière centrale électrique encore fonctionelle de Misrata, ainsi que les réserves de pétrôle, encore conséquentes, qui servent autant à la circulation des shebabs qu’à produire l’électricité de la ville. La seconde centrale – située à Karsas au nord-ouest – a été détruite, il y a trois semaines, privant la moitié de la ville non seulement d’électricité mais aussi d’eau puisque le pompage direct des nappes phréatiques en depend. D’autres points du circuit électrique sont aussi régulièrement touchés comme les boitiers électriques des quartiers.

Le centre-ville.

Il y a un peu plus de deux semaines, les forces loyalistes ont reussi une incursion dans le centre de la ville. L’operation rassemblait sept cent hommes, une quarantaine de tanks et autres engins d’artillerie. Les shebabs ont été tenus en échec. Depuis, l’occupation de Tripoli Street par les forces kadhafistes paralyse la colonne vertébrale du centre-ville marchand. Les snipers ont pris position sur les plus hauts buildings. Huit blindés ont été positionnés entre le principal hôpital de la ville et les abords d’un gros supermarché et du marché à légumes qui pouvaient, il y a peu encore, pourvoir en nourriture. Les ansciens locaux de la radio et ceux de la télévision locale, en retrait de la rue principale, sont endommagés et l’accès y est difficile. Leurs locaux ont été déménagés dans des endroits plus protégés et inconnus des forces kadhafistes.

S’organiser à Misrata

Pour désigner les combattants, les journaux occidentaux parlaient des « shebabs » (littéralement, « les gars »). Or, ici, tous s’appellent « shebab ». Il y a ceux qui affrontent physiquement, avec ou sans armes, l’ennemi, et ceux qui s’attèlent, sous plusieurs autres formes, plus ou moins chaotiques, à rendre cette guerre habitable et victorieuse. Se nourrir, circuler, communiquer, se soigner, se défendre sont devenus des pratiques offensives.

A Misrata, plus particulièrement qu’ailleurs, la guerre n’a pas pris la forme d’un front rangé contre l’ennemi et un d’un arrière mobilisé dans une économie de guerre performante et organisée par une instance centralisée. A Misrata, dès le 20 fevrier, les habitants sont sortis dans la rue, ont deserté leur travail et ont cherché à remplir le vide que laissé par l’attaque des administrations du régime de Kadhafi. Des rassemblements se sont improvisés, des appels à s’organiser se sont succédés. Ces élans spontanés ont eu lieu dans chaque ville libyenne qui s’est soulevée. Très vite est venue l’idée d’un conseil national auquel participeraient deux membres de chaque ville. Celui-ci est posté à Benghasi, ville de l’est, premier endroit à prendre les armes contre le régime, le 17 février. Pour le moment, cette instance sert aux pourparlers diplomatiques avec l’occident et participe à coordonner, nationalement, une meilleure répartition des moyens. Localement, la seule instance qui influe sur le cours de la guerre est le conseil local. Le rôle de coordination matérielle (organiser la distribution de la farine, du fuel, chercher à répondre aux besoins des hôpitaux, etc.) que cette instance endosse intervient seulement quand les besoins ne peuvent pas être résolus directement par les habitants, soit pour une question d’échelle (les hopitaux), soit parce que ceux-la ont dû quitter leurs quartiers. Par exemple, ici, les familles ont en grande partie quitté les zones adjacentes à Tripoli Street depuis le début de son occupation par les forces loyalistes, il y a deux semaines. Le ravitaillement des shebabs qui y tiennent position passe alors par la coordination du conseil local : ses membres s’assurent que des familles préparent de la nourriture et que des munitions soient disponibles. Pourtant, à Misrata, le conseil local est loin d’incarner l’autorité en matière de décisions et d’initiatives. Il ne peut pas prétendre remplir la béance ouverte par la déstitution de l’ancien régime. D’abord, il n’y a pas l’assise d’une opposition politique qui pourrait se poser comme leader de la révolution. Ensuite, le conseil local est spontanément limité par la détermination et les savoir-faires des uns et des autres.

La majeure partie de la population a cessé d’aller travailler et, dès le 21 mars, il n’y avait plus d’activité économique dans Misrata. Les habitants se sont rendus disponibles à la révolution en revétant de nouveaux rôles qu’ils se sont eux-même attribués. Le maître de conférence qui s’attèle a gérer le point internet de la ville, l’ancien militaire qui devient capitaine de bateau, l’étudiant en médecine qui part combattre, les bandes de gamins du quartier qui tiennent des check-points toute la nuit, le propriétaire d’une pelleteuse qui passe dans les rues pour former des barricades de sable. En ce qui concerne les tâches plus amples, l’organisation repose sur l’initiative commune d’habitants d’un même coin. Pour les déchets, par exemple, ils s’organisent entre eux pour les rassembler, les incinérer à ciel ouvert ou bien s’en servir comme combustibles pour se défendre. Très rapidement aussi, ils ont compris que certains lieux devaient continuer à fonctionner pour répondre aux besoins créés par cette guerre. La panique ne semble jamais avoir emporé les foules dans la destruction et le pillage de ce qui pouvait servir à tenir dans la durée. Certains lieux stratégiques n’ont donc jamais cessé leur activité, comme les dépôts de stocks issus de l’importation et ceux contenant le fuel pour en permettre la distribution. Les centrales électriques en font aussi partie. En leur sein, le travail ne fonctionne plus comme à l’ordinaire. A défaut d’autres moyens de communication, on se tient au courant des coupures d’électricite par des messages diffusés au cours des émissions de radios locales. Les techniciens, plus ou moins improvisés, se rendent sur place, en prenant parfois beaucoup de risques, constatent les dégats des compteurs attaqués ou des lignes sectionnées et font savoir aux habitants, toujours par la radio, le temps nécessaire aux réparations. Les banques ont d’abord été forcées d’ouvrir trois jours par semaine pour distribuer l’argent. Les forces kadhafistes se sont alors postées devant. L’argent n’est donc plus une nécessité pour acquerir les produits : ceux qui en ont encore paient, et les autres allongent des ardoises qui n’ont plus vraiment de sens, aucune activité n’étant plus remunerée par un salaire. Très vite, les magasins ont été réouverts pour rendre accessibles les produits vitaux. Certains possèdent des petits potagers et ont encore quelques bêtes à se mettre sous la dent. D’autres risquent leur vie en traversant des grandes artères pour acheminer de la viande et des légumes depuis les fermes du sud de Misrata, afin de les redistribuer en centre ville. C’est ainsi qu’on peut voir aux abords de certaines rues des foules faisant la queue devant une camionette de légumes.

Les camps de réfugiés sont la face obscure de cette organisation. Ils sont plusieurs milliers à s’être rassemblés dans la zone portuaire de Qasr Ahmad. Ils répètent que cette guerre n’est pas la leur. Leur passivité dans le conflit les réduit à subir les pires conditions, sans pouvoir faire autre chose qu’attendre la nourriture, les médicaments, le bateau qui les sortira de Lybie. L’arrivée prochaine d’organisations humanitaires trouvera-là un misérable chaos dans lequel elle saura s’engouffrer, tandis qu’ailleurs, elle mettra sûrement fin a l’ingéniosité des habitants.

Il n’y a pas de centralisation de l’information mais plusieurs outils pour la faire circuler. Il y a la radio qui informe localement et nationalement mais aussi l’imam du quartier qui informe du besoin de telle ou telle famille et est en mesure de trouver telle ou telle personne pour y repondre. Ces derniers outils ne fonctionnent pas seulement pour repondre à des besoins, c’est aussi un moyen de s’adresser aux ennemis. Par exemple, l’ « avertissement aux mercenaires » (cf. article ‘Nouvelles de Misrata, ville assiegée’) tourne en arabe, en francais et en anglais a la radio. On nous raconte aussi qu’il y a une semaine, des habitants s’étaient adressés à des snipers logés dans un immeuble via le minaret de la mosque. Le message adressé était à peu pres celui-ci : « Si vous vous vous rendez et deposez les armes de vous-même, vous ne serez pas faits prisonniers, si vous acceptez, tirez trois coups ». Au deuxieme coup de feu tiré en l’air, les gens sont sortis dans la rue pensant avoir remporté la reddition des snipers, mais le troisième coup et les suivants furent pour la foule.

UNE LETTRE AUX « ANTI-CUTS » BRITANNIQUES, DE LA PART DE LA « MINORITE VIOLENTE »

    Comme promis, voici le texte massivement diffusé par des membres Solidarity Federation (SolFed), section britannique de l’AIT, suite aux « violences » lors de la mani fdu samedi 26 mars…

 

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Nous vous écrivons ceci pour essayer d’empêcher que la lutte anti-cuts (contre les licenciements) ne soit déchirée et affaiblie par les médias.


Nous sommes anarchistes (en fait, anarchosyndicalistes techniquement), un mot qui est largement mal-compris et perverti. Nous sommes aussi étudiant-e-s, travailleurs-euses et délégué-e-s syndicux-ales. Nous avons co-organisé un « Bloc des Travailleurs-euses Radicaaux-ales » lors de l’affluente manifestation à South London. L’objectif était d’apporter une présence radicale hautement visible au sein du mouvement des travailleurs-euses, auquel nous appartenons, pour y préconiser les grèves, les occupations et la désobéissance civile.


La manifestation de samedi (26 mars) fut beaucoup plus large que ce que personne n’avait pu prévoir, et a vu des milliers de personnes aller plus loin qu’une simple promenade d’un pont A à un point B pour pratiquer l’action directe. Les actions de UK Uncut à Oxford Street, et les occupations de Fortnum et de Masons ont provoqué une réponse violente de la police, incluant des arrestations massives.


Quand nous avons atteint Trafagar Square, nous nous sommes dirigé-e-s vers Oxford Street pour les actions de 14h, pour passer des mots à l’action (les anarchistes et les UK uncuts ne furent pas incompatibles ce jour-là!). Une fois arrivé-e-s, on rencontra d’autres anarchistes qui avaient eu la même idée. De peur de subir un « kettle » (stratégie policière consistant à encercler de force les manifestant-e-s, ce qui les empêche de partir, et permet les arrestations massives. C’est une des nouvelles stratégies policière, sûrement en prévision des futurs G8 et G20), nous avons choisi de rester mobile, perturbant Oxford Street et les environs, y compris les cibles des anti-cuts, fermées pour l’occasion et gardées par la police anti-émeutes. Il y a une vrai réflexion à avoir sur les stratégies, lesquelles peuvent faire avancer le mouvement anti-cuts et lesquelles sont contre-productives, et beaucoup d’entre nous favoriseraient l’action directe et massive pour détruire la propriété. Ayons ce débat au sein de la lutte anti-cuts, et ne laissons pas les médias nous diviser.


Mais pensons-y du point de vue des propriétaires de magasins : une fenêtre brisée peut coûter 1 000 livres (1500 euros). Un samedi de vente perdue à travers une occupation pacifique coûterait beaucoup plus. Peut-être que cela explique la réponse violente de la police aux occupations : car ça touche là où ça fait mal, au portefeuille. Traditionnellement, les travailleurs-euses ont utilisé la grève comme arme pour y parvenir. Mais que peuvent faire les travailleurs-euses non-syndiqué-e-s , et que faire des syndicats qui refusent la grève ? Et que peuvent faire les étudiant-e-s, les chômeurs-euses ? Les actions des anti-cuts ont été un succès en impliquant tous ces gens dans les actions perturbant l’économie, et ça semble être la bonne piste dans le but de forcer le gouvernement à céder dans son projet de licenciements. Multiplier et accentuer de telles actions sera nécessaire pour mettre un terme aux licenciements (en fRance, c’est ce qu’illes appellent « les blocages économiques »). Comme celleux du mouvement anti-cuts, nous reconnaissons que le fait de marcher d’un point A à un point B ou attendre que le gouvernement soit juste n’est certainement pas assez. Le gouvernement, les riches et celleux qui ne paient pas d’impôts continueront de tenter de faire payer aux plus pauvres de la société les déficits jusqu’à ce que nous mettions en œuvre ce qui leur coûte le plus cher. Comme UK Uncut a déclaré à la manifestation du 29 janvier : « Si l’économie perturbe nos vies, et bien nous devons perturber l’économie. »


Les couvertures médiatiques depuis les événements de samedi sont parti dans une frénésie bien répétée de « bon-ne-s manifestant-e-s/mauvais-es manifestant-e-s ». Certain-es UK Uncutters ont exprimé leur indignation d’avoir été mis-es dans le même panier que les « mauvais-es manifestant-e-s », insistant (correctement) sur la nature pacifique de F&M (Franklin and Marshall, magasin de fringues). Nous pensons que l’idée en son entier de diviser « bonnes » et « mauvaises » protestations sert seulement à légitimer la violence policière et la répression. Comme nous avons pu le voir samedi, la répression ne découle pas des actions violentes, mais des actions efficaces ; il y a une longue histoire de piquets pacifiques et d’occupations violemment brisés par la police, des Chartists à la Grève des Mineur-e-s. Effectivement, le UK Uncut a fréquemment servi de bouts arrondis, rappelez-vous, la police répondant aux occupations non-violentes avec lacrimos et arrestations violentes.


A cette lumière, nous voudrions dire de continuer ce qui marche. Que les arrestations massives renforcent votre détermination et ne vous décourage pas. Et ne tombons pas dans le piège de la stratégie du diviser pour mieux régner, qui est le plus vieux tour dans le livre des riches. Si nous pouvons aider, ou offrir une quelconque solidarité pratique aux arrestations, merci de nous contacter. Nous avons déjà organisé des conseils légaux et des sessions d’entraînement avec le Fitwatch et le Legal Defence and Monitoring Group, et nous serions heureux-euse de recommencer. Ou si les arrestations causent des problèmes avec les employeurs-euses, nous aiderons les arrêté-e-s à s’organiser contre la victimisation. Samedi, la plupart des arrêté-e-s étaient des militant-e-s de UK Uncut. La prochaine fois, ça pourrait être nous. Nous-ceux d’entre nous qui luttons contre les licenciements- sommes toutes et tous ensemble dans cette lutte.


Section de Brighton de Solidarity Federation

Ainsi que des individus des groupes de : Northampton, Londres Nord, Manchester, Thames Valley, Liverpool and Londres Sud (notre structure fonctionne par le fédéralisme démocratique, ce qui implique que les prises de positions peuvent seulement être sortes au nom d’un groupe si le groupe a eu l’opportunité d’en discuter, et le temps est contre nous!)

 

Boikott Carrefour ! Réintégration de notre compagne !!

    Hier, une petite dizaine de militant-e-s et sympathisant-e-s de la CNT-AIT 63 se sont rassemblé-e-s, une première fois, devant une enseigne Carrefour.

     En effet, à Pilar de Horadada, en Espagne, une militante de la CNT-AIT espagnole s’est faite licenciée à cause de son activité… Une campagne de boycott et de piquets a été lancé pour la réintégration de notre compagne, et relayée en Espagne bien sûr, mais aussi au Brésil par la COB-AIT, en Argentine par la FORA-AIT et en fRance, avec l’UL de Caen. 

     Le tract fut plutôt bien accueilli par les passant-e-s et les client-e-s, mais un salarié nous a donné un téléphone… avec la patronne au bout du fil, un poil énervée. Qu’on s’attaque à « ma petite enseigne de quartier ». Les explications ne servant à rien, un deuxième compagnon prit le téléphone, en étant bien plus clair car deux minutes après plus personne à l’autre bout du fil. En fait, le temps de vraisemblablement prévenir les flics… Rassemblement écourté du coup, mais ce n’est que le premier…

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Le texte ci-dessous a été diffusé.

 

 

BIENVENUE DANS LE MONDE MERVEILLEUX DE CARREFOUR !


« Cher-e client-e », en franchissant la porte d’un magasin Carrefour, tu pénètres dans ce qui se fait de mieux. Derrière sa décoration aux tons doux qui te font te sentir un peu chez toi, un magasin Carrefour reste un lieu d’exploitation, de haut de gamme ! Salaires de misère, heures supplémentaires non payées, horaires éclatés bouleversant la vie quotidienne, travail imposé les dimanches et jours fériés, automatisation permettant de rogner sur les effectifs, nouvelles techniques de management et harcèlement moral jusqu’à la porte des toilettes : quand les actionnaires se frottent les mains, ce sont les salarié-e-s qui trinquent !

La culture d’entreprise a changé, l’exploitation aussi, mais reste une constante : comme toute entreprise capitaliste, la multinationale Carrefour cherche à dégager un maximum de profit. En maintenant les salaires les plus bas possibles, tout en augmentant leur marge sur la vente des marchandises, ses actionnaires et autres technocrates s’engraissent sur les client-e-s et les salari-e-és, elleux-mêmes des consommateurs-trices.

« Nous faisons le boulot, mais ce sont les actionnaires qui récoltent les bénéfices. »
Une salariée de Carrefour

Demandez donc à votre caissière si elle est satisfaite de son salaire et de sa dernière augmentation ! Et votre panier de courses : vous le remplissez toujours sans faire chauffer le porte monnaie ? Dans cette société capitaliste, nous serons toujours les dindons de la farce : salarié-e-s exploité-e-s, consommateur-tricess volé-e-s, contribuables racketté-e-s à 19,6% pour engraisser les patrons, rembourser les dettes des banques ou rémunérer toute la clique des gouvernants, nous sommes aussi de plus en plus surveillé-e-s, réprimé-e-s, empoisonné-e-s par notre environnement, infantilisé-e-s par les médias, mal logé-e-s, mal soigné-e-s, etc., etc.

3 Milliards d’euros de bénéfice en 2010 et vous ?

Mais ne nous plaignons pas : nos aïeux servaient en plus de chair à canon pour les jeux guerriers des dirigeants du monde… Car cerise sur le gâteau, nous devrions en plus nous taire ! Chez Carrefour comme ailleurs, les revendications sont à mettre au placard… Sinon, vous y finissez. Ainsi, à Pilar de Horadada en Espagne, une militante de notre Association Internationale des Travailleurs-euses (AIT) a été licenciée dernièrement en raison de ses activités syndicales gênantes pour le patronat. C’est pour exprimer notre solidarité avec elle mais aussi avec les exploité-e-s muselé-e-s de Carrefour que nous sommes ici.

Comme nous l’avons fait en 2010 devant Startpeople, multinationale du travail précaire, qui avait licencié une autre militante espagnole de l’AIT, ces pratiques doivent être révélées au grand jour car l’exploitation et la précarité s’exercent par-delà les frontières. Partout, dans nos lieux de vie et de travail, jeunes et retraité-e-s, étudiant-e-s, salarié-e-s et chômeurs-euses, femmes au foyer et grands-mères isolées : organisons-nous et refusons l’exploitation, les inégalités, l’exclusion, en commençant par nous montrer solidaires les un-e-s des autres.

NOUS NE LES LAISSERONS PAS NOUS ÉCRASER.

RESISTONS !

 

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