Archives pour mai 2011


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Contre l’incinératueur : blocage, sabotage

Résumé de la manif du 14 mai, anti-incinératueur.

 Le 14 mai se déroula une grande manif contre l’incinératueur, projet assassin de Valtom and co. Entre 2500 et 3000 personnes manifestèrent, au départ du Village de la Résistance (sur l’ancien camp de Rroms…) jusqu’au lieu choisit pour nous pourrir un peu plus la vie. La manif a rassemblée surtout des gens, même si NPA, PG, Verts et Greenpeace avaient sorti drapeaux, banderoles et tout l’attirail. PCF, LO et syndicats absents, à part la Confédération Paysanne. C’est peut être aussi pour ça que l’action directe a fonctionné !

 

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Après avoir marché pendant 45 minutes, sous les hurlements du NPA (qui venait apparament d’encarter les derniers réticent-e-s de l’UNEF, anciens sosdems ou MODEM si si…), l’arrivée devant le terrain ou sera construit l’incinératueur marquera le début de l’action directe. Une 15aine de personnes partirent taguer la clôture extérieur du champ, sous le regard plus qu’énervé des quelques élu-e-s PS présent-e-s. Les tags vont du refus de l’incinérateur jusqu’à la révolution…

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Puis l’idée arrive d’occuper le terrain. Alors c’est parti, en quelques secondes une bonne centaine de personnes  pénètrent (avec quelques RG et un flic en tenue). Re taguage du mur à l’intérieur.Les gens crient, le NPA et les Verts y croient à fond. Un pote choppe un des gros cailloux  « Au cas où, sous les pavés, la plage ». Le tracteur présent se fait décorer, sous l’oeuil énervé du représentant du désordre public. Les gens crient, certain-e-s commencent à frapper le mur. Puis au bout d’un moment de ce joyeux bordel, politiciens et le flic décident de siffler la fin… Retour au campement, où on se désaltère. Mais Laffont (chef du NPA) hurle au micro sans vouloir s’arrêter, alors je me suis barré; D’autant qu’on m’a glissé un peu avant que lui lutte… pour une prochaine manif en septembre. Quand ce sera trop tard quoi… N’empêche, ça fait plaisir de voir que les gens se mettent à l’action directe, l’occupation y tout y tout ! La résistance continue, et avant septembre n’en déplaise aux politicards.

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Madrid : la rage des exploité-e-s

Dimanche 15 mai, a vu une multiplication de rassemblements et de manifs en Espagne, qualifiés d’ « anti-système » par la presse aux ordres. A travers tout le pays, des dizaines de milliers de personnes sont sorti du mirage consumériste pour reprendre les rues. La répression ne sait pas faite attendre. Rappelons que c’est le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol qui est au pouvoir. A Madrid, des centaines de keufs déployés. Qui ont chargé et tiré dans la foule, faisant des dizaines de blessé-e-s et arrêtant 24 personne (dont un compagnon de la CNT-AIT es). Les images et les vidéos qui nous parviennent sont d’une extrême violence. Flics, Porcs, Assassins.

 Depuis, la Puerta del Sol (place principale de Madrid) est occupée sauvagement. Les réformards de « Democracia Real », qui ont participé aux manifs et ont applaudi les arrestations, ont été viré-e-s. A la Puerta del Sol, la masse de gens a empêchée une charge de flics. Plusieurs centaines de personnes sont là, et ça gonfle au fur et à mesure. Des militant-e-s de la CNT-AIT, de la Federacion Iberiqua de Juventes Anarquistas et  ainsi que des membres du Centre Social Occupé Casablanca se sont joint à la fête. Les soir, se déroulent des assemblées populaires.  Ci dessous quelques photos envoyées par un compagnon anarchosyndicaliste madrilène.


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Photos de la manif du 15.

img0121a.jpg      Occupation sauvage de la Puerta del Sol.

 

Bien évidemment, l’Union Locale de la CNT-AIT 63 apporte tout son soutien aux enragé-e-s de la guerre sociale !!

« El pueblo unido siempre será vencido (si no tiene armas). »  « Le peuple uni sera toujours vaincu (s’il n’a pas d’armes) »

« Lo llaman democracia y sí, lo es. »  « Illes l’appellent démocratie et oui, ça l’est. »

Slogans anarchistes inventés hier, en réponse aux démocrates.

Un anarchosyndicaliste clermontois, avec l’aide d’un compagnon madrilène

11 mai : violente répression policière contre le mouvement social en Grèce.

11 mai : violente répression policière contre le mouvement social en Grèce. greece-riot-police-violence-1305-0d22a

Le 11 mai, un appel à la grève générale a été lancé en Grèce. La manifestation a été brutalement réprimée à Athènes. Cette attaque policière survient dans un climat de tension : inculpation de 3 militants pour des faits qui se sont passés le 5 mai dernier (mort de 3 employés de banque dans un incendie suite à une manifestation contre la crise et les mesures d’austérité), attaque par les fascistes des lieux occupés.

Lorsque la manifestation, regroupant plusieurs dizaines de milliers de personnes, a débuté, la police a attaqué violemment le cortège libertaire et les syndicats de base. Il y a eu plusieurs blessés et des dizaines d’arrestations. Un manifestant est entre la vie et la mort. Le gouvernement grec est accusé de tentative de meurtre par les manifestants.

La Fédération anarchiste apporte son soutien aux manifestants, aux mouvements sociaux et aux groupes anarchistes impliqués dans la lutte contre les mesures de régression sociale imposées par le gouvernement grec et le FMI. Nous condamnons la répression policière et la violence étatique. Nous soutenons le mouvement anarchiste grec, qui comme dans d’autres pays, construit les nouvelles formes de résistance sociale.

Fédération Anarchiste

Pologne : deux jours de « Rage Sociale »

A l’initiative de la ZSP, section polonaise de l’Association Internationale des Travailleurs-euses, sont appelés à Varsovie deux jours de « Rage Sociale », les 27 et 28 mai, contre les attaques de l’Etat et du capital.

 

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Implantation néo-fasciste à Lyon : complicités médiatiques et politiciennes


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Suite à la manif fasciste du 14 à Lyon, un petit texte trouvé également sur Rebellyon qui explique bien la promiscuité certaine entre l’Etat, les journaflics, la police mais aussi la gôche et les fascistes

 

 

 

Il y a des signes qui ne trompent pas : lors des dernières et avant-dernières échéances électorales (régionales et cantonales), les observateurs attentifs ont pu constater un glissement sémantique qui n’avait rien d’anodin : le Front National, jusqu’alors présenté comme d’ « extrême droite » (mais rarement comme fasciste) devient sous la plume des journalistes « droite nationaliste ». Dans le même temps, les grandes manœuvres du gouvernement sur l’identité nationale et la déferlante raciste contre les Rroms, les arabes (sortie d’Hortefeux sur les Auvergnat) et les musulmans (ou considérés comme tels par un discours racialisant, c’est à dire les noirs, les arabes, les turcs…) s’accompagnent d’une stratégie de réhabilitation politique du nationalisme en général, et du FN en particulier.

Cette réha­bi­li­ta­tion est portée notam­ment par la Droite popu­laire, cou­rant ouver­te­ment natio­na­liste et raciste au sein de l’UMP, regrou­pant notam­ment des anciens des réseaux néo­co­lo­nia­lis­tes et sou­ve­rai­nis­tes pro­ches de Pasqua (Thierry Mariani, figure bien connue de la Françafrique…), des anciens d’Occident reconver­tis à l’UMP,…(Labaune…), et des mem­bres du MIL (Vitel…) mou­ve­ment gaul­liste héri­tier du SAC (ser­vice d’action civi­que, milice armée gaul­liste) qui s’est illus­tré notam­ment par son anti­com­mu­nisme et sa volonté de contes­ter l’hégé­mo­nie poli­ti­que au mou­ve­ment ouvrier dans les entre­pri­ses après 68.

Le natio­na­lisme irri­gue l’ensem­ble de la classe poli­ti­que, mais les natio­na­lis­tes reven­di­qués (dont le FN) jouent le rôle d’aiguillon idéo­lo­gi­que, et plus par­ti­cu­liè­re­ment les natio­na­lis­tes révo­lu­tion­nai­res, dont les iden­ti­tai­res font partie. Mais la faci­lité avec laquelle leur dis­cours fraye sa voix dans l’espace public n’a rien d’un hasard : il béné­fi­cie de l’atti­tude pour le moins com­plai­sante d’une partie de la presse, atti­tude qui se tra­duit par plu­sieurs axes :

D’abord, la reprise par les jour­na­lis­tes des thé­ma­ti­ques et axes stra­té­gi­ques de la com­mu­ni­ca­tion fas­ciste. On a ainsi pu voir Geoffrey Mercier « jour­na­liste » (sic) du Progrès, affir­mer, en fai­sant réfé­rence aux vio­len­ces fas­cis­tes du week-end du 14-15 mai 2011 à Lyon (qu’il mini­mise par ailleurs), que les « orga­ni­sa­teurs du « ras­sem­ble­ment pour la liberté », des Identitaires un peu naïfs (…) n’ima­gi­naient pas que seules les bonnes âmes pou­vaient être inté­res­sées par un dis­cours anti-islam ». Une telle déter­mi­na­tion à dis­culper les iden­ti­tai­res de toute res­pon­sa­bi­lité dans les vio­len­ces fas­cis­tes (en créant une dis­tinc­tion arti­fi­cielle entre orga­ni­sa­teurs du ras­sem­ble­ment et auteurs de la raton­nade de Saint-Jean et des agres­sions à la Croix Rousse) n’est pas de la naï­veté de la part de Geoffrey Mercier. C’est un choix poli­ti­que cons­cient…

Dans le même numéro du Progrès, les iden­ti­tai­res ont droit à un arti­cle publi­ci­taire, repre­nant in extenso le dis­cours des iden­ti­tai­res sur le hallal, partie pre­nante d’une stra­té­gie de dis­cours qui, en s’atta­quant à l’islam, vise avant tout à dif­fu­ser un dis­cours raciste.

Ensuite, la reprise par les jour­na­lis­tes du dis­cours de l’Etat et de la Police, de manière acri­ti­que.

Dans les jours qui ont pré­cédé le week-end, on a vu la quasi-tota­lité de la presse lyon­naise (et natio­nale) repren­dre l’axe de com­mu­ni­ca­tion de la Préfecture : celui d’une pré­ten­due « guerre extrême gauche/extrême droite ».

Du côté de l’Etat…

De la part de la Préfecture, ce dis­cours n’étonne pas :

Sur le plan indi­vi­duel, Carenco -préfet du Rhône- , der­rière ses dis­cours pseudo-répu­bli­cains, affi­che ses sym­pa­thies ou au moins sa com­plai­sance pour cer­tains fas­cis­tes (entre par­ti­sans de l’ordre bour­geois, on se com­prend) : la pre­mière per­sonne à qui il a serré la main lors de la soirée électorale orga­ni­sée à la Préfecture lors des can­to­na­les n’est autre que Gollnish.

Sur le plan struc­tu­rel, l’Etat, sans avoir l’air d’y tou­cher, sert la soupe aux fas­cis­tes, dont il a besoin pour briser le mou­ve­ment social, monter les exploit-é-s les un-e-s contre les autres, dévier la révolte popu­laire contre le capi­ta­lisme.

Les exem­ples de ce sou­tien impli­cite sont nom­breux : en ouvrant les bar­ra­ges de police aux agres­seurs fas­cis­tes lors du ras­sem­ble­ment contre la venue de Besson en jan­vier 2010, en ciblant les mili­tant-e-s anti­fas­cis­tes et, en lais­sant dans le même temps les fas­cis­tes à la manœu­vre (manif fas­ciste « anti-cas­seurs » lors du mou­ve­ment des retrai­tes, défilé fas­ciste ce samedi 14 mai), les inter­pel­lant mol­le­ment (pour les relâ­cher quel­ques heures plus tard) afin de pré­ser­ver les appa­ren­ces.

La rhé­to­ri­que de la « guerre des extrê­mes » servie par la Préfecture a une fonc­tion : évacuer la ques­tion du fas­cisme, la ques­tion du racisme, du natio­na­lisme.

Cette lec­ture « apo­li­ti­que », « d’ordre public » est en fait pré­ci­sé­ment poli­ti­que : elle permet de pré­sen­ter anti­fas­cis­tes et fas­cis­tes comme deux grou­pes exci­tés irra­tion­nels, alors que d’un côté les un-e-s com­bat­tent pour l’égalité sociale, et de l’autre ils com­bat­tent pour la domi­na­tion raciste.

Cette appro­che idéo­lo­gi­que permet ainsi de jus­ti­fier idéo­lo­gi­que­ment la répres­sion des anti­fas­cis­tes, et de les coin­cer entre le mar­teau de la vio­lence fas­ciste et l’enclume de la répres­sion ins­ti­tu­tion­nelle de l’Etat. Cela permet de faire effec­tuer le sale boulot de l’inti­mi­da­tion poli­ti­que par les fas­cis­tes, tout en essayant de dis­sua­der l’auto­dé­fense anti­fas­ciste.

La réa­lité sur Lyon c’est que les fas­cis­tes mènent depuis plus de deux ans une poli­ti­que d’agres­sions poli­ti­ques, racis­tes, homo­pho­bes, et cela avec la com­plai­sance de la Préfecture.

L’Etat n’innove pas dans son sou­tien indi­rect aux fas­cis­tes. Depuis des années, la main est dure avec les anti­fas­cis­tes mais de velours avec les fas­cis­tes, et ceux-ci béné­fi­cient en plus de l’idéo­lo­gie domi­nante impré­gnée de natio­na­lisme et de racisme, dont le racisme d’Etat est l’expres­sion ins­ti­tu­tion­nelle.

Du côté des journalistes

La presse dans sa quasi tota­lité, reprend donc de manière acri­ti­que le dis­cours pré­fec­to­ral, de la même manière qu’elle le fait pour le dis­cours poli­cier en géné­ral.

Qu’il s’agisse de paresse (enquê­ter prend du temps et est peu com­pa­ti­ble avec la logi­que du « busi­ness média­ti­que »), de ser­vi­lité (« notre bon maître ne peut pas se trom­per, mentir ou tra­ves­tir les faits ») ou de choix poli­ti­que cons­cient, cette atti­tude des pseu­dos-jour­na­lis­tes porte une lourde res­pon­sa­bi­lité dans le déve­lop­pe­ment des grou­pes fas­cis­tes à Lyon, et donc dans les agres­sions racis­tes, homo­pho­bes et contre les mili­tant-e-s qui en décou­lent.

Quand le pre­mier février 2011, France 3 pré­sente un ras­sem­ble­ment isla­mo­phobe orga­nisé par les fas­cis­tes sous pré­texte de « sou­te­nir les vic­ti­mes des atten­tats de Moscou », comme le ras­sem­ble­ment de « jeunes étudiants » concer­nés (sans men­tion­ner leur idéo­lo­gie poli­ti­que). Quand « 20 minu­tes » reprend le dis­cours des fas­cis­tes sur le hallal de manière acri­ti­que, se garde bien d’expli­ci­ter l’idéo­lo­gie raciste et natio­na­liste révo­lu­tion­naire des iden­ti­tai­res, et leur offre une page de pub dans la semaine qui pré­cède la mani­fes­ta­tion.

Quand un Geoffrey Mercier fait mine de s’inter­ro­ger comme un ingénu, tou­jours dans le même arti­cle trai­tant de la raton­nade rue Saint Jean « Alors Comment sommes nous arrivé là ? Comment alors que le risque était iden­ti­fié, que les auteurs de ces faits sont connus des ser­vi­ces de police, ont-ils pu se retrou­ver dans cette situa­tion de pou­voir enva­hir les rue », il évite soi­gneu­se­ment d’inter­ro­ger sa propre res­pon­sa­bi­lité, et celle de ses col­lè­gues, dans cette situa­tion. Il évite soi­gneu­se­ment de mettre en relief le rôle de la Préfecture, qu’il ne sau­rait ser­vi­le­ment mettre en doute.

Quand un Fabien Fournier (le même auteur d’un arti­cle sur le lyn­chage d’un couple anti­fas­ciste qui a réussi le tour de force à ne pas pré­ci­ser qu’il était pré­sent sur les lieu et à ren­voyer dos à dos les com­pa­gnons des agres­sés et les agres­seurs) titre « Extrême droite/Gauche : face à face explo­sif ce samedi », il par­tage aussi la res­pon­sa­bi­lité qui découle d’un dis­cours consi­dé­rant fas­cis­tes et anti­fas­cis­tes sur le même plan : celle de la répres­sion contre l’anti­fas­cisme mili­tant.

Ses col­lè­gues réci­di­vent sur le même ton le 14 mai en titrant « Extrême droite/gauche : des débor­de­ments malgré des mobi­li­sa­tions très cadrées », dans la même pos­ture rhé­to­ri­que visant à faire dis­pa­raî­tre le fas­cisme de l’équation (la ques­tion serait « l’extrê­misme » et non le carac­tère raciste, fas­ciste, sexiste et homo­phobe de l’idéo­lo­gie dif­fu­sée, ren­voyant dos à dos vio­lence raciste et auto­dé­fense anti­fas­ciste) Mais tout cela n’est pas nou­veau : dans les années 30, l’Etat ne se pri­vait pas d’arrê­ter les mili­tant-e-s ouvrier-e-s et plus lar­ge­ment anti­fas­cis­tes qui s’oppo­saient phy­si­que­ment à la poli­ti­que de ter­reur fas­ciste.

Du côté des politiciens « de gauche » et leurs relais associatifs…

Cette répres­sion s’appuyait comme aujourd’hui sur le dis­cours de « pseudo-démo­cra­tes » ren­voyant dos à dos fas­cis­tes et anti­fas­cis­tes à cette époque. Les mêmes qui ont voté mas­si­ve­ment les pleins pou­voir à Pétain plus tard…. Ceux qui pré­sen­taient les mili­tant-e-s anti­fran­quis­tes liber­tai­res comme des voyous ou des ter­ro­ris­tes dans les années 50-60 et 70 alors qu’eux-mêmes com­mer­çaient avec le régime fas­ciste espa­gnol.

Le dis­cours pseudo-répu­bli­cain sur « l’affron­te­ment des extrê­mes » est par­tagé également par les poli­ti­ciens du PS et leurs relais asso­cia­tifs tels que SOS Racisme ou la LICRA (et une partie de la LDH). Ces der­niers, par voie de presse, ont appelé à annu­ler la mani­fes­ta­tion anti­ra­ciste sous pré­texte que la « marche des cochons » avait été inter­dite. On voit le résul­tat : une dizaine de bles­sés, des atta­ques racis­tes contre un kebab et plu­sieurs autres maga­sins… et sur­tout une étape sup­plé­men­taire de fran­chie dans l’implan­ta­tion fas­ciste sur la ville.

Non conten­tes de cela, ces asso­cia­tions (comme la ville de Lyon sous hou­lette de Gérard Collomb) ont pré­tendu que le main­tien de la mani­fes­ta­tion rele­vait de la « pro­vo­ca­tion », ajou­tant leur voix au concert qui visait à ren­voyer dos à dos fas­cis­tes et anti­fas­cis­tes. Plus encore, leurs avo­cats se sont appuyés non pas sur le dis­cours raciste des orga­ni­sa­teurs, sur le fait qu’ils allaient orga­ni­ser une démons­tra­tion de force fas­ciste armée pour exiger l’inter­dic­tion de la marche, mais sur le « risque d’affron­te­ment avec l’extrême gauche ». Un tel dis­cours ne pou­vait avoir qu’une consé­quence : pré­sen­ter l’auto­dé­fense anti­fas­ciste comme une vio­lence de même nature que celle des fas­cis­tes, et ainsi paver la voie à la répres­sion des anti­fas­cis­tes. Partant, lais­ser le champs libre à la stra­té­gie d’implan­ta­tion des fas­cis­tes sur Lyon.

Quant à Gérard Collomb, outre la reprise des mêmes allé­ga­tions, « appelle les jeunes au calme pour que Lyon conti­nue à rester cette belle ville où chacun a envie de vivre. », ren­voyant dos à dos fas­cis­tes et anti­fas­cis­tes sous le voca­ble géné­ri­que de « jeunes » (l’anti­fas­cisme n’est pas une ques­tion d’âge, tout en dépo­li­ti­sant la ques­tion et pré­sen­tant les mili­tants fas­cis­tes comme des « jeunes mani­pu­lés »).

Dépolitisation, excu­ses, relais de la rhé­to­ri­que et du dis­cours raciste et isla­mo­phobe des iden­ti­tai­res : sans avoir l’air d’y tou­cher, Préfecture, poli­ti­ciens et pseudo-jour­na­lis­tes font la pro­mo­tion du fas­cisme, tout en lui don­nant une petite touche « rebelle » (on fait mine de dénon­cer après avoir dif­fusé le dis­cours, on inter­pelle pour relâ­cher dans les heures qui sui­vent, on amal­game l’auto­dé­fense anti­fas­ciste à la vio­lence fas­ciste) visant à accré­di­ter leur carac­tère de pseudo-oppo­sant du sys­tème, alors qu’ils ser­vent la bour­geoi­sie et l’Etat, qu’ils en soient cons­cients ou non, en mon­tant les exploité-e-s les un-e-s contre les autres et en menant la répres­sion para-légale des mou­ve­ments popu­lai­res avec la com­plai­sance de l’Etat.

B.

A Lyon dans la rue – et sous la pluie – contre les racistes et leurs cochonneries

Sa manifestation ouvertement islamophobe interdite, l’extrême-droite radicale avait quand même maintenu son appel national à rassemblement ce samedi. La mobilisation antifasciste et antiraciste était donc également maintenue, malgré la pression de la préfecture et de la presse pour faire passer cette journée comme une simple « guerre de clans ». Les violences racistes perpétrées ensuite à St Jean, jamais vues jusqu’alors, montrent que la mobilisation nécessaire à Lyon contre l’extrême-droite doit devenir massive et se diversifier, plus qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Retour et photo sur une journée sombre et mouvementée.

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Pour les mises à jour concer­nant les vio­len­ces dans Lyon et la répres­sion des anti­fas, voir cet arti­cle régu­liè­re­ment mis à jour.

Lyon est depuis un peu plus d’un an un enjeu pour l’extrême-droite radi­cale. Les réseaux iden­ti­tai­res et néo-nazis cher­chent tout deux à y pour­sui­vre leur implan­ta­tion et à s’y péren­ni­ser dans le pay­sage poli­ti­que. Agressions mul­ti­ples et ouver­tu­res de locaux fas­cis­tes ont planté le décor depuis plu­sieurs mois déjà.

Samedi 14 mai le Bloc Identitaire et son émanation locale, Rebeyne, ont tenté d’expri­mer dans la rue leur obses­sion xéno­phobe et leur désir d’une Europe blan­che en orga­ni­sant une « mani­fes­ta­tion des cochons » isla­mo­phobe [1]. Suite à son inter­dic­tion par la Préfecture et la média­ti­sa­tion qui a suivie, les iden­ti­tai­res se sont pré­sen­tés en vic­ti­mes et ont tenté, avec un ras­sem­ble­ment pour la « liberté d’expres­sion » (sic) d’en faire un sym­bole natio­nal, voire inter­na­tio­nal [2].

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Identitaires et communication, tout un poème…

Les Identitaires se sont donc retrou­vés à 14h30 pour un ras­sem­ble­ment sta­ti­que sur la place St Jean, pour l’occa­sion bou­clée par les flics. Le ras­sem­ble­ment se vou­lait très « com­mu­ni­quant » et les tenues « sapin de noël » avaient beau être inter­di­tes, la façade n’a guère tenu long­temps. Les cranes rasés y étaient nom­breux et l’isla­mo­pho­bie à très rapi­de­ment pris le pas sur les slo­gans plus poli­cés que dési­raient impo­ser les iden­ti­tai­res. D’autant plus que ces der­niers par­ta­geaient la place et la mani­fes­ta­tion avec leurs frères enne­mis du Bunker Korps Lyon et autres néo-nazes. Les slo­gans à tona­lité nazi ont d’ailleurs été légion à st jean cette après-midi. Leur fai­blesse numé­ri­que (moins de 400) malgré une mobi­li­sa­tion inter­na­tio­nale, montre clai­re­ment que les ten­sions inter­nes à l’extrême-droite empê­che encore la com­mu­ni­ca­tion des iden­ti­tai­res de faire recette.

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Les « troupes » nationalistes place St Jean

Pendant ce temps la mani­fes­ta­tion anti­fas­ciste, oppo­sée à la pré­sence des fachos dans les rues de Lyon mais pro­tes­tant également contre la pré­sence des deux locaux d’extrême-droite [3] et les nom­breu­ses agres­sions de ces der­niers mois se met en place dès 14h sur la place des Terreaux.

La mani­fes­ta­tion, d’envi­ron un bon mil­lier de per­son­nes lors du départ, plus par la suite, com­po­sée de nom­breux cor­tè­ges et col­lec­tifs de gauche et d’extrême-gauche malgré une pro­por­tion mar­quée de mili­tants liber­tai­res, a ensuite pris le chemin de Bellecour sous les slo­gans anti­fas­cis­tes. Arrivée sur place, une prise de parole a eu lieu devant le Veilleur de Pierre [4].

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Prise de paroles au veilleur de pierre

Le cor­tège a ensuite repris son chemin, gla­nant des mani­fes­tants au pas­sage, en per­dant d’autres sous la pluie, jusqu’à la Guillotière puis, via l’avenue de Saxe, la pré­fec­ture et la place Guichard. Tout le long du par­cours les cor­tè­ges vivant se répon­dait par slo­gans, contre le racisme d’état, contre la pré­sence fas­ciste et la xéno­pho­bie ambiante :

« Le fas­cisme c’est la gan­grène, on l’élimine ou on en crève »

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« Alerta, Alerta, Antifascista ! »

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« Pas de fachos dans les quar­tiers,
pas de quar­tier pour les fachos »

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Dispositif policier autour de la préfecture

Après quel­ques prises de paro­les les grou­pes se dis­per­sent vers 16h, cer­tains pre­nant le métro ou rejoi­gnant la Guillotière, alors qu’un groupe de quel­ques cen­tai­nes repart en cor­tège en direc­tion des pentes de la Croix-Rousse. Quelques voi­tu­res et four­gon­net­tes de police ont suivi le dépla­ce­ment à dis­tance, cette der­nière sem­blant s’habi­tuer à ce que les liber­tai­res ren­trent de mani­fes­ta­tion en cor­tè­ges sau­va­ges, tant mieux.

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Cortège sauvage en direction des terreaux

Pendant ce temps les fachos, partis de leur ras­sem­ble­ment, remon­tent les rues en direc­tion de la Croix-Rousse, dans l’idée de casser de l’anti­fas­ciste et pro­ba­ble­ment d’inves­tir ce quar­tier sym­bo­li­que de la résis­tance. Un groupe d’anti­fas­cis­tes sans connai­tre ce mou­ve­ment se sont diri­gés vers St Jean : la ren­contre a lieu au milieu du pont qui enjambe la Saône entre St Paul et Terreaux. Affrontement bref mais vio­lent, puis­que la police s’y jette immé­dia­te­ment, coin­çant une partie des anti­fas­cis­tes entre eux et les fachos. Quatre de nos cama­ra­des ont été arrê­tés à cette occa­sion , la mobi­li­sa­tion s’orga­nise pour les sou­te­nir.

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Les nervis faf en face de st paul
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intervention policière sur l’affrontement

Explosion de vio­lence raciste à St Jean !

Repoussés dans le Vieux Lyon, les iden­ti­tai­res et autres néo-nazis, énervés, se met­tent à y casser les devan­tu­res des kebabs et autres com­mer­ces tenus -ou sup­po­sés être tenus – par des immi­grés. Plusieurs per­son­nes ont été agres­sées. Ce déchai­ne­ment ouver­te­ment raciste, digne d’un pro­grom, ne semble pour l’ins­tant pas être dif­fusé dans la presse. La police inter­vien­dra dans la foulée, inter­pel­lant plu­sieurs dizai­nes de nervis d’extrême-droite (de 50 à 80 selon les sour­ces).

Le masque de com­mu­ni­ca­tion des iden­ti­tai­res est donc bien tombé aujourd’hui, malgré leurs bal­lons rose bon­bons, puis­que leurs trou­pes ont montré leur visage xéno­phobe, vio­lent et viri­liste.

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Quai de Saone

Si c’est une réus­site pour une mani­fes­ta­tion anti­fas­ciste de réunir un bon mil­lier de per­son­nes, sous la pluie bat­tante, la gra­vité des faits dénon­cés depuis des mois par les dif­fé­rents col­lec­tifs devrait déclen­cher une mobi­li­sa­tion plus grande. Le racisme d’une telle marche des cochons aurait dû mobi­li­ser une partie beau­coup plus impor­tante de la popu­la­tion lyon­naise, pour faire com­pren­dre que Lyon est et res­tera une ville de la diver­sité

La pres­sion de la pré­fec­ture et de la presse locale toute la semaine sur la mani­fes­ta­tion anti­fas­ciste et anti­ra­ciste, la fai­sant passer pour une simple et bête mobi­li­sa­tion à l’extrême opposé a quand même, malgré la peur des vio­len­ces, réus­sit à mobi­li­ser. Mais cette mobi­li­sa­tion doit main­te­nant, à la vue sur­tout des vio­len­ces dans les rues de St Jean, après celles dont les mili­tants de gauche ont été les vic­ti­mes ces der­niers mois, aler­ter l’ensem­ble des lyon­nais-e-s sur le danger que font peser ces grou­pes sur notre ville.

D’autres formes de luttes res­tent à penser pour que ces vio­len­ces ne se repro­dui­sent jamais, pour que ces appels racis­tes ces­sent, pour que les habi­tant-e-s pro­ches des locaux néo-fas­cis­tes ne subis­sent pas la loi du silence face à ce climat délé­tère.

Ce combat, s’il est celui des « anti­fas­cis­tes », est aussi celui de toutes les per­son­nes visées par cette poli­ti­que de la haine et de toutes les per­son­nes qui la refu­sent.

Organisez-vous, orga­ni­sons-nous !

A Lyon le racisme ne pas­sera pas !

 

Source : http://rebellyon.info/

Resistance à l’Incinérateur ! Manif Nationale

    Contre le projet d’incinérateur  Clermont-Ferrand, les politiques capitalistes et étatiques de destruction de l’environnement…

     L’Union Locale de la CNT-AIT 63 appelle à participer  la grande manifestation nationale anti-incinérateur,

SAMEDI 14 MAI 14H SUR LE SITE ENVISAGE POUR L’INCINERATEUR

SUR LE SITE DE BEAULIEU « PUY LONG »

(http://maps.google.fr/maps?f=q&source=embed&hl=fr&geocode=&q=Chemin+du+Domaine+de+Beaulieu,+Clermont-Ferrand&aq=0&sll=45.766924,3.157539&sspn=0.032691,0.07699&ie=UTF8&hq=&hnear=Chemin+du+Domaine+de+Beaulieu,+63000+Clermont-Ferrand,+Puy-de-D%C3%B4me,+Auvergne&ll=45.76511,3.156669&spn=0.016346,0.038495&z=14)

 

INCINERATEUR =

POURRITURE DE L’INDUSTRIE

INDUSTRIE DE LA POURRITURE

Analyse anarchosyndicaliste du fait nucléaire

L’émotion collective suscitée par la catastrophe nucléaire nippone obéit à un sentiment parfaitement légitime d’insécurité face à ce mode de production d’énergie. Constatons que l’État, par la voix de son sinistre Besson, a tout fait pour se montrer rassurant, rappelant ce nuage radioactif venant d’Ukraine et déclinant poliment son identité à la douane française en 1986 pour se voir interdire le survol de l’espace aérien hexagonal.Dans cette actualité dramatique (parmi d’autres), nous souhaiterions ici analyser plus avant la question nucléaire, d’un point de vue anarchiste. Pour cela – question de vocabulaire nécessaire -, nous appellerons nucléarisme la pensée favorable à la production d’énergie nucléaire, pour ensuite en décliner les différents aspects.


I. Le nucléarisme est un étatisme

L’État-Nation, sous le prétexte (entre autres) d’indépendance énergétique, a imposé cette solution de production d’électricité dans les années 70. Il n’y a pas eu de débat démocratique et la violence [1] de la Raison d’État a balayé les révoltes nées de cet arbitraire. Cet arbitraire d’État concerne deux nucléarismes : militaire et civil. Pour le nucléaire militaire, l’inscription de la nation France dans le champ de la «  dissuasion  » témoigne de son agressivité foncière vis-à-vis des autres nations, une attitude séculaire de militarisme et d’impérialisme colonial que le simple humanisme déplore, quant l’internationalisme doit le combattre résolument. La république ne fait ici que reprendre, en plus dangereux, la théorie du « pré-carré » de Louis XIV, Vauban et Louvois.

À cette agressivité militaire répond l’outrance de l’équipement civil, avec 58 réacteurs nucléaires produisant plus des 3/4 de l’électricité en France (un taux unique en Europe et dans le monde). L’État possède également la mainmise sur le marché britannique (British Energy), 4 réacteurs en Allemagne (EnBW), et 7 réacteurs en Belgique (Electrabel, filiale de GDF) [2] . Nous pouvons donc parler ici d’un projet étatique dépassant largement le cadre de l’autosuffisance énergétique pour apparaître plutôt comme un instrument d’extension de l’influence de l’État.

Deuxième appendice de l’étatisme, le Secret d’État, ou Mensonge d’État, est à l’œuvre en la matière : soi-disant garant de la sûreté des dispositifs techniques, l’État ne considère que le sentiment de sécurité ou d’insécurité (notions subjectives aux « citoyens », et non objectives, liées aux faits et risques, comme la sûreté [3]). Sa propagande créera donc de l’insécurité dans la ruelle de banlieue et de la sécurité dans les centrales nucléaires (La manipulation des sentiments et des émotions est utilisée pour contrôler la population, vers les fins voulues par l’État). Le secret d’État couvre ses crimes : contamination des ouvriers dans le désert algérien, accidents répétés dans les centrales, assassinat du Rainbow Warrior… Par ailleurs, la logique de la Raison d’État permet de s’acoquiner avec les tyrans les plus sanguinaires (le Shah, Saddam Hussein, l’Afrique du Sud au temps de l’Apartheid, Kadhafi,…)

II. Le nucléarisme est un capitalisme

Avec notamment ces deux mastodontes que sont EDF et AREVA [4] , le nucléaire constitue un exemple important du capitalisme, avec toutes les caractéristiques afférentes : utilisation vorace et destructrice de biens publics gratuits tels que l’eau et l’air, exposition des salariés à des conditions de travail dangereuses [5] , incapacité foncière à envisager les risques pour la population ou les générations futures. Nous avons là un résumé des tares du capitalisme.

Sur la question des biens publics, le nucléarisme a pour caractéristique de ne pas payer les coûts réels de sa production en profitant à outrance des biens publics et en amassant une dette en termes de coûts de pollutions qu’il souhaite faire payer aux générations futures. Ce transfert du coût donne l’illusion aux générations présentes que cette technique de production d’énergie est valable et moins coûteuse. Ceci repose en fait sur une imposture comptable : les financiers ne confondent pas le principal et l’intérêt dans leurs comptes, mais quand il s’agit de la nature, patrimoine commun dont nous ne sommes que les usufruitiers, cette confusion scandaleuse opère sans beaucoup de contestation.

Autre caractéristique du capitalisme : son absolue cécité face à la nécessité éthique (celle qui ne rapporte jamais rien) et à la corruption politique qui en découle. L’exploitation de l’uranium par Areva à Arlit et Akouta au Niger a produit des dommages écologiques considérables, et constitue par ailleurs une caricature du post colonialisme de la France au Niger.

Au niveau de la théorie anarchosyndicaliste, on perçoit bien ici la différence entre un syndicalisme révolutionnaire qui considère le syndicat comme le centre décisionnel après la Révolution, et l’anarchosyndicalisme qui prévoit la dissolution du syndicat à ce moment : en effet, comment empêcher une prise de pouvoir, si on laisse un groupe de personnes décider seul des destinées d’un lieu aussi important qu’une centrale nucléaire  ?

III. Le nucléarisme est un scientisme

Nous appelons scientisme la confusion opérée entre le progrès humain et le progrès technique, ou plus précisément l’identification de ces deux progrès. Le scientisme a une conséquence politique : ses tenants refusent que les scientifiques répondent de leurs actes devant la communauté, au non de l’expertise, qui ne pourrait obéir à l’ignorance.

L’aventure du nucléarisme en France répond parfaitement à ce schéma, avec un lobby de scientifiques (CEA : Commissariat à l’énergie atomique, EDF…) qui obtient l’oreille de l’État et impose ses vues sans qu’une quelconque consultation de la population ait lieu. Il faut donc ici rappeler qu’il n’existe pas d’élite pouvant se permettre de confisquer le débat politique, quelles que soient ses compétences (scientifiques, militaires, oratoires…). La science permet le progrès technique (ce n’est pas uniquement son objet), mais doit de ce point de vue répondre démocratiquement de ses avancées [6] devant l’assemblée générale.

Face à la catastrophe se pose la question d’un optimisme forcené basé sur les possibilités de la technique. Celle-ci pourrait en effet tout résoudre et garantir à la communauté des hommes une énergie infinie et une sûreté face aux phénomènes naturels. Cette croyance est en partie née d’un autre tremblement de terre, celui de Lisbonne (1755), qui a vu l’émergence de nouvelles disciplines scientifiques comme la sismologie, laissant espérer que la prévision permettrait d’éviter « le mal ». Le débat initial de Voltaire [7] et de Rousseau à ce sujet n’est pas clos, mais nous pouvons considérer à juste titre que la conjonction des catastrophes naturelle et nucléaire balaye l’optimisme forcené de ceux qui croient que la technique peut tout résoudre.

Le scientisme s’accompagne généralement d’un tel mépris du bon sens qu’il nous permet cet aparté. Il repose en effet sur un mythe du progrès technique que l’on pourrait qualifier de prométhéen. Que penser en effet de cette catastrophe au Japon, où l’on a construit des centrales nucléaires « sur un volcan ». « Le dragon s’est réveillé » aurait-on pu entendre dans un conte traditionnel. Quel échec en tout cas de l’entendement humain et de la raison, au non de la rationalité et de la Science (en apparence…). La politique consiste donc aussi à connaître les mythes agissants dans le monde, avec une sympathie pour l’expérience des hommes du passé (les habitants de Pompéi ne nous sont plus aussi lointains ces derniers jours…).

IV. Le nucléarisme est un élément particulièrement probant de la nocivité du Contrat Social

Le Contrat social, ou pacte social est une théorie politique qui considère que les individus, à un moment donné de leur histoire, ont passé un pacte mutuel et transféré leur souveraineté à l’État, afin de gagner plus de liberté, en tant que groupe, qu’en tant qu’individus isolés face à la nature. Cette théorie est née au XVIIIème siècle, avec Hugo Grotius, et surtout Jean-Jacques Rousseau [8].

Cette théorie était en rupture avec les considérations traditionnelles sur la monarchie, l’État de droit divin ; aussi est-elle souvent présentée comme une idée progressiste, ancrée dans la philosophie des Lumières, présentée comme un bloc positif dans les manuels. Cependant, Le contrat social est plutôt à considérer comme une justification laïcisée de l’existence de l’État et de la souveraineté nationale. S’ils sont en rupture avec la monarchie absolue, les révolutionnaires de 1791 n’en sont pas moins des tenants de l’État central, détenteur d’une souveraineté nationale transcendante par rapport aux individus. Cette théorie est en rupture avec le libéralisme politique, notamment hérité de John Locke.

Pourquoi évoquer ici cet aspect de l’histoire des idées politiques ? Tout simplement parce que l’obligation faite aux générations futures de gérer les déchets nucléaires, la servitude imposée à ces personnes non encore nées est l’expression parfaite de l’arbitraire des décisions « démocratiques » reposant sur le contrat social. Ces personnes à naître ne peuvent être consultées, mais elles sont déjà liées, parce que les générations antérieures considèrent qu’elles doivent se soumettre aux décisions antérieures justifiées par la souveraineté nationale, qui n’est d’aucun temps, comme l’État. Nous ne pouvons que refuser ce « serf-arbitre », en reprenant les arguments de Thomas Paine en 1791 :

«  Il n’exista, n’existera et ne pourra jamais exister de parlement, ou des hommes d’aucune sorte ou d’aucune génération, dans aucun pays, possédant le droit ou le pouvoir de lier et de dominer leur postérité jusqu’à la « fin des temps », ou celui de commander à jamais comment le monde doit être gouverné, ou qui doit le gouverner ; par conséquent, toutes les clauses, actes et déclarations produites par leurs initiateurs pour essayer ce qu’ils n’ont, ni le droit, ni le pouvoir de faire ou d’exécuter, sont en elles-mêmes nulles et vides.

Chaque âge et génération doit être aussi libre d’agir pour lui-même dans tous les cas que les générations qui l’ont précédé. La vanité et la présomption de gouverner depuis la tombe est la plus ridicule et la plus insolente de toutes les tyrannies. L’homme n’à aucune propriété sur l’homme, pas plus qu’aucune génération n’a de propriété sur celles qui suivent. » [9]

Dans les faits, nous constatons ici que, de manière carica-turale, la théorie du Contrat Social, et l’État pseudo-démocratique qui en dérive, n’est qu’une continuité « laïque » des États de monarchie de droit divin. Ici le roi avait deux corps [10] , l’un physique et périssable, l’autre immortel, et au décès d’un roi, le « mort saisissait le vif » (le successeur, avec l’expression convenue, le « Roi est mort, Vive le Roi ! »), là un État crée un phénomène physique polluant et dangereux qui saisit les générations à venir d’une main de fer. Tyrannie insolente, contradictoire avec ses principes démocratiques apparents, mais ô combien cohérente avec l’essence-même de l’État et de la souveraineté nationale qui a pour projet de perdurer à jamais.

Conclusion : l’éthique doit être au coeur du projet politique anarchiste !

L’anarchisme n’est pas un léninisme, qui asservit les moyens aux fins : il doit subordonner l’action à la réflexion éthique. De ce point de vue, il ne m’apparaît pas possible de défendre un projet nucléariste, expression de la raison d’État, capitaliste et scientiste, subordonnant les moyens d’actions aux fins envisagées. Une assemblée générale ne peut envi-sager de produire une électricité qui empêcherait de manière irréversible les assemblées générales à venir de choisir elles-mêmes leur propre destin. Et cela simplement parce qu’elle n’en n’a pas le droit. Non pas le droit bourgeois, mais l’impératif moral créé par le souci de ne pas imposer la souveraineté des vivants à celle des hommes à naître. Aussi faut-il certainement envisager une économie moins gourmande en électricité, et cela est notre problème, qui est d’ailleurs plus une question de sobriété que de survie. Citons en guise de conclusion un passage éclairant de Rudolf Rocker, critique de Rousseau : «  C’est un phénomène étrange que le même homme, qui prétendument dédaignait la culture et prônait le retour à la nature, l’homme pour qui la sensibilité rejetait le monument de la pensée intellectuelle des encyclopédistes ; et dont les écrits éveillèrent chez ses contemporains un si profond désir de retourner à une vie simple et naturelle, il est étrange que ce même homme, en tant que théoricien de l’État, ait administré la nature de bien pire façon que le plus cruel des despotes et mis tout en place pour la réduire au diapason de la loi. » [11]

Il me semble que l’électricité nucléaire est un diapason supplémentaire de l’activité humaine que nous devons refuser.

SIA 32 CNT-AIT

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Article d’Anarchosyndicalisme ! n°123 Mai – Juin 2011

Voir en ligne : Textes – Analyse des luttes dans le Gers (SIA 32 CNT-AIT)

Notes
[1] Exemple : mort d’une manifestant à Creys-Malville en juillet 1977.

[2] Voir l’article de Courrier International N°1068, citant l’hebdomadaire autrichien Profil à ce sujet (21-27 avril 2011 ; p°18).

[3] Voir à ce sujet l’article de Jean Delumeau sur la différence entre sûreté et sécurité, dans l’Histoire N°88, pages 71-75 (La «  sécurité  » n’est plus ce que l’on croit !)

[4] 9,104 milliards d’euros de CA en 2010, et 883 millions d’euros de résultat ;

[5] Accidents connus à Marcoule en 1959, Chinon en 1965, Saint-Laurent-des-Eaux en 1969, 1980, 1984, 1987…

[6] Ce point précisé, nous devons dire que l’anarchosyndicalisme s’oppose autant au scientisme qu’aux courants anti-scientifiques, qui, dans une sorte de pensée magique, privent les travailleurs des avancées possibles pour diminuer les efforts et les risques nécessaires à la vie en société, et à la survie en général.

[7] Voltaire, auteur du poème sur le désastre de Lisbonne en 1756, s’interroge sur le mal physique.

[8] Du Contrat Social ou Principes du droit politique, publié en 1762.

[9] “There never did, there never will, and there never can, exist a Parliament, or any description of men, or any generation of men, in any country, possessed of the right or the power of binding and controlling posterity to the « end of time, » or of commanding for ever how the world shall be governed, or who shall govern it ; and therefore all such clauses, acts or declarations by which the makers of them attempt to do what they have neither the right nor the power to do, nor the power to execute, are in themselves null and void. Every age and generation must be as free to act for itself in all cases as the age and generations which preceded it. The vanity and presumption of governing beyond the grave is the most ridiculous and insolent of all tyrannies. Man has no property in man ; neither has any generation a property in the generations which are to follow.” Thomas Paine : Rights of man – Being an Answer to Mr. Burke’s Attack on the French Revolution – Part I – 1791.

[10] Voir là-dessus le livre d’Ernst Kantorowicz : Les Deux corps du roi – Essai sur la théologie politique au Moyen Âge – 1957.

[11] Rudolf Rocker – Nationalisme et culture – chap X, p. 180.

21 Mai: Manif anarchiste à Paris

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Paris : expulsion de Bolivar, un premier récit

4 mai, 16h30. Juste avant 14h, près de 300 keufs (dont un hélicoptère de la Sécurité civile équipé de deux caméras) sont intervenus à la demande de la mairie de Paris pour expulser le 51 avenue Bolivar, et y rafler les tunisiens du Collectif de Lampedusa à Paris.

 

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La porte a tenu un peu de l’extérieur en résistant aux gendarmes mobiles, et surtout de l’intérieur, où la soixantaine de sans-papiers et la vingtaine de camarades revenus ou restés dedans pour défendre le lieu ont tenu la porte en une mêlée humaine renforcée de planches-portes/boucliers. Après un temps qui a semblé infini de colère et de rage, les gendarmes mobiles ont enfoncé notre résistance et se sont littéralement rués, matraques en main, à la chasse. Un premier groupe s’est réfugié dans les étages, un second avec la plupart des compagnons et camarades en sous-sol. Ce second groupe, voyant que la porte n’était tenue que par quatre gros civils, a lancé une contre-charge, piétinant les bourres au passage, vers la sortie. Quelques tunisiens avec nous sont parvenus à s’échapper, avant que les keufs à l’extérieur ne nous arrêtent puis nous renvoient rejoindre la centaine de manifestants postés à distance à l’extérieur.

Plus de 100 tunisiens ont été embarqués dans trois cars, vers les comicos du 19e et du 20e arrondissements (+ une quinzaine de camarades chopés lors des échauffourées qui ont suivi). Pendant tout le temps de cette rafle surprotégée (le ministre de l’intérieur Guéant est venu en personne à la mairie du XIXe juste avant l’opération), la grosse centaine de manifestants (les occupants et leurs amis plus un paquet de gauchistes accourus pour beaucoup faire bonne figure) a tenu bon face aux flics, gueulant « Liberté ! Liberté ! » aux migrants tunisiens sortis par grappes et enfournés dans trois cars, mais aussi : « Delanoe, premier des Benalistes », « Ben Ali, reviens, t’as oublié tes chiens », « Flics porcs assassins », « Guéant facho, on aura ta peau », « Contassot collabo » (le responsable des Verts se faisant interviewer au milieu des flics pendant la rafle), etc. Avec de la rage, beaucoup de colère et de tension.

Sos-racisme s’est fait physiquement dégager, malgré que le NPA puis quelques CNTistes (Vignoles) les aient défendus (les uns par amitié, les autre au nom de l’unité). On a essayé en vain dans un mouvement rapide et peu suivi de bloquer le premier des cars emmenant les tunisiens. Les lignes de CRS se sont renforcées peu à peu, encadrant les manifestants contre les grilles du parc des Buttes Chaumont. C’est quand les trois employés de la Sécurité de la Ville de Paris ont voulu fermer la grille et en ont été là encore physiquement empêchés, que les CRS ont chargé, et que tout le monde restant a quand même réussi à rentrer dans le parc (dans les coups échangés, un CRS s’est fait tirer sa matraque, plusieurs copains ont pris des coups pour tenir ouverte cette porte le temps de faire sortir tout le monde de la nasse, les CRS se sont mangés dans la face des poubelles et des pots de géraniums, etc.).

Bref, à l’heure qu’il est, il y a au moins 100 tunisiens dans les comicos raflés à Bolivar (sans compter tous ceux des rafles de hier soir dans la rue, autour des métros, et des jours et nuits précédentes). La préfecture parle de 138 interpellés.

La mairie de Paris se défausse maintenant sur les radicaux de service pour assumer d’avoir signé l’expulsion : « Les contacts sur place ont été rendus très difficiles par la présence de collectifs militants anarchistes ou radicaux qui ont préféré dénigrer l’action et l’engagement de la Ville et des associations plutôt que d’accompagner et d’aider réellement les ressortissants tunisiens. Ils ont pris une lourde responsabilité en entraînant ces derniers à rester sur place – à l’exception d’une dizaine qui ont accepté hier soir de rejoindre une structure d’hébergement – et en les encourageant explicitement à affronter les forces de l’ordre. »

Toujours le même paternalisme gerbant contre tous les pauvres, avec ou sans papiers. Comme si les tunisiens du Collectif de Lampedusa à Paris, dont une partie a participé aux émeutes et affrontements en Tunisie pour chasser -comme des milliers d’autres- Ben Ali du pouvoir, n’étaient pas capables tous seuls de construire un rapport de force et de vouloir en découdre avec les chiens en uniforme qui leur pourrissent la vie, et trop débiles pour se permettre de refuser les miettes tombées de la table de la mairie et de ses collabos associatifs. En la matière, ce sont eux qui ont beaucoup de choses à nous apprendre, à nous, et les riches échanges vécus au quotidien pendant ces trois jours et trois nuits d’occupation commune ne sont qu’un début de partage.

A suivre…

Les sans-papiers arrêtés sont répartis dans les commissariait suivants :
80, avenue Daumesnil, 12e.
79, rue Clignancourt, 18e : 01 5341 5000
3, rue Eric Satie, 19e : 01 5556 5800
3, rue des Gâtines, 20e : 01 4462 4800

Les 20 solidaires arrêtés sont passage charles Dallerey, 11e

 

Source : Non-Fides


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