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Chili : grève générale de 48h, nuits émeutières, des centaines de blessés, un jeune assassiné par les keufs

 
Chili : grève générale de 48h, nuits émeutières, des centaines de blessés, un jeune assassiné par les keufs rien
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Chili : un adolescent tué lors des manifestations

LEMONDE.FR Avec AFP | 26.08.11 | 15h03

Un adolescent est mort au cours d’affrontements avec la police dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’issue de quarante-huit heures de grève nationale à l’appel du principal syndicat chilien, a annoncé, vendredi 26 août, le ministère de l’intérieur. L’adolescent, âgé de 14 ans, identifié comme Manuel Gutierrez, a été victime d’un tir au cours d’affrontements entre des manifestants et la police dans le quartier de Macul, dans l’est de Santiago.

Les forces de l’ordre ont interpellé 1 394 manifestants, et des centaines de personnes – policiers et civils – ont été blessées ces deux derniers jours, selon un bilan officiel. Les manifestants défilaient contre la politique sociale du gouvernement de droite de Sebastian Piñera.

Environ 175 000 personnes, selon la police, ont manifesté dans des dizaines de villes du Chili, dont plus de 50 000 dans la capitale, Santiago, paralysant son centre, dans une atmosphère dans l’ensemble festive, malgré des heurts après la dispersion entre policiers et groupes de jeunes.
La CUT, principale centrale syndicale du pays, a revendiqué jeudi 600 000 manifestants à travers le pays.

Des violences avaient été enregistrées dans la nuit de jeudi à vendredi, avec quarante-deux policiers blessés, dont six par balle, lors d’accrochages dans la périphérie de Santiago, selon le vice-ministre de l’intérieur, Rodrigo Ubilla.
Jusqu’à l’aube, des manifestants ou groupes de jeunes « encapuchados » (cagoulés) s’étaient affrontés à la police à coups de pierre, de bâton et parfois d’arme à feu, érigeant des barricades de pneus ou de bois enflammés en plusieurs points de la métropole de 6 millions d’habitants.

DE 9 À 80 % DE FONCTIONNAIRES GRÉVISTES SELON LES ESTIMATIONS

Selon l’entreprise Chilectra, quelque 50 000 habitants du grand Santiago ont été affectés par des coupures d’électricité liées aux incidents ou à du vandalisme. Des manifestants ont été vus se heurtant par endroits à des groupes de jeunes qui tentaient de s’en prendre à la police.

Pour le porte-parole du gouvernement, Andres Chadwick, les manifestations de jeudi se sont déroulées « sans problème majeur ». Mais il a dénoncé les violences de la nuit, car « c’est ce qu’on se rappellera de la grève », convoquée par plusieurs syndicats dont la CUT, première centrale du pays avec 10 % des actifs. Si le centre de Santiago, avenues coupées, commerces fermés, était paralysé, la grève elle-même n’a été que partiellement suivie. Les autorités ont assuré que les transports, comme la veille, fonctionnaient quasi normalement, à l’image du réseau de bus Transantiago, opérationnel à 98 %, selon sa direction. Le ministère du travail a évoqué 9 % de grévistes dans la fonction publique, un syndicat de fonctionnaires « plus de 80 % ».

UNE GRÈVE « OPPORTUNISTE »

La double journée de grève visait à réclamer une meilleure répartition des fruits de la forte croissance chilienne à travers une série de mesures sur l’impôt, le code du travail, l’éducation notamment. « C’est l’heure de dialoguer pour de bon, ou cela [les manifestations] va continuer », a mis en garde le leader de la CUT, Arturo Martinez.

« Code du travail, régime des impôts, amendement de la Constitution : les demandes de la CUT sont politiques », a dénoncé M. Chadwick. « Qu’ils élaborent un plan de gouvernement et disputent l’élection. »

Dans le sillage d’une forte contestation étudiante depuis trois mois pour réclamer un enseignement public de qualité, la grève a été qualifiée d’ »opportuniste » par le gouvernement de droite du président Sebastian Piñera, pour qui elle représente sa plus dure épreuve sociale en dix-sept mois de pouvoir. « Nous savons que le sujet central est l’éducation », a estimé M. Chadwick. Les étudiants, associés à la grève, formaient le gros des manifestants jeudi. Ils ont annoncé une pression continue.


La vague de contestation sociale enfle au Chili

Figaro, 26/08/2011 à 13:59

Deux jours de grève émaillés de violences soulignent l’affaiblissement du président Pinera.

Un adolescent chilien est mort et quarante-deux policiers ont été blessés, dont six par balles dans la nuit de mercredi à jeudi au Chili, à la suite des heurts qui ont éclaté au premier jour de la grève nationale de 48 heures lancée par la CUT (Central unitaria de trabajadores). « Une chose est d’organiser une manifestation, une autre est de tenter de bloquer le pays », a déploré mercredi le président Sebastian Pinera. Ce mouvement vise à réclamer « une meilleure répartition des fruits de la croissance, grâce à des mesures sur l’impôt, le Code du travail et l’éducation ». Dans Santiago, une quarantaine de barrages bloquaient plusieurs des principales avenues, jeudi. Les universités sont restées fermées, tout comme les principales administrations.

Dix-sept mois après son accession à la présidence, Sebastian Pinera souffre d’une cote de popularité au plus bas (26%) d’autant plus douloureuse que son implication dans le sauvetage des 33 mineurs de Copiapo avait, un temps, favorisé sa popularité.

Depuis janvier 2011, le pays est secoué de vagues successives de contestations. Cela a commencé dans l’extrême sud du pays, notamment à Punta Arenas, quand la population a violemment protesté contre la hausse du gaz qu’elle utilise douze mois sur douze pour se chauffer.

Puis de grandes manifestations ont été organisées pour contester le gigantesque projet hydroélectrique HydroAisen qui doit noyer des milliers d’hectares d’une des parties les plus sauvages de la Patagonie chilienne.

C’est la protestation étudiante qui a pris le plus d’ampleur à partir de juin. Chaque semaine, les étudiants organisent des blocages d’établissements et des manifestations monstres dans les grandes villes du pays. Fait nouveau : ce ne sont pas les seuls groupes gauchistes mais la plupart des étudiants issus de la classe moyenne qui sont au centre de la contestation.

L’héritage de Pinochet

Le mouvement est très populaire, sa principale revendication étant la gratuité des études. La plupart des familles chiliennes sont obligées de s’endetter pour envoyer étudier leurs enfants. « Cinq ans d’études, quinze de remboursement », affichait jeudi une étudiante. Ce système, hérité de la période Pinochet, « a asséché les financements des établissements publics et créé un système très discriminant, estime Marco Ominami, ancien candidat à la présidence et président de la Fondacion Progresa. On ne peut pas se contenter de modifier à la marge les règles, il est temps de les changer en profondeur. »

Maria Eugenia de La Fuente, du secrétariat général du gouvernement, explique au contraire que les dernières propositions du gouvernement permettent de répondre aux principales revendications des étudiants. « Nous avons proposé une baisse substantielle des taux d’intérêt des prêts aidés de 5,6 à 2% et élargi l’accès des bourses à 60% de la population étudiante. »

L’opposition de centre gauche, battue par Pinera aux dernières élections, n’échappe pas aux critiques des manifestants qui considèrent qu’elle n’a pas su ou osé changer le système Pinochet pendant les vingt ans où elle a gouverné le pays.


Chili : retour au calme après une nuit de violences

AP, 25 août 2011 15:43

SANTIAGO, Chili – Des dizaines de milliers de Chiliens ont manifesté pacifiquement, jeudi, demandant des changements profonds au sein du gouvernement fortement centralisé et privatisé du pays, après une nuit de violences au terme de laquelle plus de 450 personnes ont été arrêtées.

Des syndiqués, des étudiants, des fonctionnaires et des membres des partis de l’opposition de centre-gauche se sont joints à la grève générale de deux jours dans tout le pays. Jeudi, quatre marches différentes étaient prévues à Santiago, la capitale, et plusieurs autres devaient avoir lieu ailleurs dans le pays.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des manifestants cagoulés armés de pierres ont affronté la police, pillé des magasins, brûlé des voitures et érigé des barricades enflammées. Les autorités ont déclaré jeudi que 300 autobus avaient été endommagés par des jets de pierres durant la nuit, tandis qu’un wagon de train a été incendié. Au moins 42 personnes ont été blessées, selon le sous-ministre de l’Intérieur, Rodrigo Ubilla.

Même si plusieurs jeunes, notamment dans les quartiers pauvres, ont été vus en train de lancer des pierres à la police, on ne sait pas très bien qui sont les responsables de ces violences.

Le gouvernement a accusé les dirigeants des syndicats de travailleurs et d’étudiants d’avoir perdu le contrôle de leurs membres, tandis que les manifestants affirment que des policiers en civil et des militants de l’extrême droite ont déclenché les troubles. L’un des édifices attaqués pendant la nuit est le quartier général du syndicat des enseignants, qui demande que le gouvernement investisse massivement dans l’éducation pour garantir un système de qualité, gratuit et universel.

M. Ubilla a indiqué que sept policiers avaient été blessés par des projectiles pendant la nuit, portant à 26 le nombre de membres des forces de l’ordre blessés depuis le début de la grève générale.

Un wagon de train a été incendié et des bureaux municipaux ont été pillés à La Granja, dans le sud de Santiago. Plusieurs affrontements ont eu lieu dans la noirceur et la confusion après que des militants eurent provoqué des pannes de courant dans des quartiers pauvres.

Jeudi, une barricade érigée par les manifestants était toujours en place devant le siège de l’université du Chili à Santiago, occupé par des étudiants depuis que le conflit a commencé il y a trois mois. D’autres étudiants ont érigé des barricades ailleurs dans la ville avant de se joindre aux syndicats qui ont organisé la grève générale, qui devait prendre fin jeudi à minuit.


Grève générale et illégale

Courrier international, 24.08.2011

Le bras de fer entre les étudiants et lycéens et le gouvernement du très conservateur Sebastián Piñera qui dure depuis plus de trois mois devrait s’intensifier ces 24 et 25 août avec la grève générale convoquée par la CUT (Centrale unitaire des travailleurs), principale confédération syndicale chilienne. Des cacerolazos [forme de protestation consistant à taper sur des casseroles] se sont déjà fait entendre dans la nuit du 23 au 24 août dans plusieurs villes comme pour annoncer l’événement, souligne le quotidien Página 12. La CUT demande essentiellement « une nouvelle constitution [celle en vigueur date de la dictature], un nouveau code du travail et un nouveau modèle économique ». Arturo Martinez, président de la centrale, interviewé par le quotidien argentin, soutient le mouvement des étudiants qui est « juste, parce qu’il cherche à changer le système hérité de Pinochet ». Le gouvernement a déclaré la grève illégale et interdit les manifestations dans le centre de Santiago.


Travailleurs et étudiants dans la rue

26.08.2011 | Courrier international

Des manifestations massives ont eu lieu jeudi 25 août dans plusieurs villes du Chili à l’appel des principaux syndicats du pays, dans le sillage de la contestation étudiante qui dure depuis trois mois. C’est le plus important mouvement de protestation depuis la fin de la dictature en 1990.

« C’est une journée historique, celle de l’une des plus importantes manifestations depuis le retour de la démocratie au Chili », s’exclame le quotidien argentin La Nación au lendemain de la grève générale de deux jours convoquée par la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT), la principale centrale syndicale chilienne. 600 000 manifestants selon les organisateurs, 175 000 selon le gouvernement ont en effet marché dans les rues de Santiago et des principales villes chiliennes le jeudi 25 août pour réclamer notamment une nouvelle Constitution et soutenir le mouvement des étudiants et lycéens qui, mobilisés depuis bientôt trois mois, demandent la refonte du système éducatif.

La plupart des grands quotidiens chiliens, très conservateurs, titrent pour leur part, à l’image de la Tercera, sur le fait que « les manifestations n’ont pas réussi à paralyser le pays » et sur les incidents violents qui ont émaillé ces deux jours de contestations. « Ce sont les manifestations les plus violentes de ces quatre dernières années », affirme ainsi La Tercera, relevant les heurts entre manifestants, casseurs et policiers qui ont eu lieu dans le centre de Santiago à la fin de la manifestation.

« Il faut être juste. L’appel de la CUT n’aurait pas eu le même impact sans l’energie des étudiants qui grâce à leurs réclamations ont mis en relief toutes les plaintes des citoyens », souligne le quotidien argentin Página 12. Etudiants et lycéens, déployant des trésors de créativité, manifestent presque quotidiennement depuis début juin pour réclamer une éducation gratuite et de qualité pour tous. Le système éducatif chilien est parmi les plus onéreux et les plus inégalitaires du monde. L’Etat ne consacre que 4,4 % du PIB à l’éducation. Seuls les enfants des familles les plus riches peuvent bénéficier de l’enseignement de qualité dispensé dans des institutions privées. Les autres doivent se contenter d’établissements semi-publics, qui restent chers, ou publics, aux mains des municipalités (depuis le régime de Pinochet), connus pour leur manque de moyens et leur mauvais niveau. La plupart des Chiliens s’endettent pour pouvoir faire des études universitaires.

La principale leader de la contestation étudiante, Camila Vallejo, a réfuté les affirmations du gouvernement disant que les syndicats profitaient de la mobilisation étudiante. « Travailleurs et étudiants ont toujours été ensemble. La demande des étudiants est une demande sociale, une réforme de l’éducation qui est une réforme structurelle qui concerne le peuple chilien et nos familles », a-t-elle assuré. « L’image de Camila Vallejo assise à côté des principaux dirigeants syndicaux appelant à la grève marque un tournant dans la contestation étudiante qui ajoute maintenant à son agenda le changement de modèle économique et politique », suggère El Mostrador. Le webzine chilien souligne « les déclarations maladroites du gouvernement au cours de ces journées de grèves et notamment celle du gouverneur de la région de Biobío qui a assuré que la contestation était due à l’augmentation du nombre d’enfants nés ces derniers temps en dehors du mariage » ou celle du ministre de la santé qui a mis en doute la grève de la faim qui avait été entamé par une poignée de lycéens.

Le quotidien argentin Página 12 a souligné pour sa part la présence du président du Parti socialiste chilien dans les manifestations qui a « fait un mea culpa au nom de la Concertation », la coalition de centre- gauche qui a gouverné pendant vingt ans le Chili depuis la fin de la dictature jusqu’à l’élection du conservateur Sebastián Pinera élu en décembre dernier. « Je participe avec beaucoup d’humilité parce qu’en 20 ans de Concertation, nous avons pris part aux abus et je crois qu’il est temps de prendre en charge les problèmes de fond. Et si la seule façon que ce gouvernement le comprenne c’est d’avoir les gens dans la rue il n’y a pas d’autre alternative », a affirmé Osvaldo Andrade. De nouvelles manifestations sont prévues le 11 septembre prochain, jour anniversaire du coup d’état de 1973.


Le Chili en pleine effervescence sociale

RFI, vendredi 19 août 2011

Plusieurs dizaines de milliers de personnes (centaines de milliers, selon les organisateurs) ont manifesté jeudi 18 août 2011 au Chili. Un mouvement qui a rassemblé des lycéens, des étudiants mais aussi leurs parents et leurs professeurs. Au centre des revendications, l’amélioration du système d’enseignement. Cette manifestation est la dixième depuis le mois de mai dernier. Le Chili est en ébullition.

Depuis maintenant plus de trois mois, la vie au Chili est rythmée par les mobilisations estudiantines. Santiago du Chili, la capitale, est le théâtre de la majeure partie des manifestations mais un peu partout des initiatives voient le jour. Une quarantaine de jeunes ont même commencé une grève de la faim. « Certains sont dans un état de santé préoccupant » confient les autorités. La jeunesse dénonce, entre autres, les frais d’inscriptions exorbitants pratiquées dans les universités.

Pour étudier, près de 70 % des jeunes n’ont pas d’autre choix que de s’endetter. « Selon une étude de la Banque mondiale, rapporte Frédérique Langue, chercheuse au CNRS, spécialiste du Chili, à la fin de ses études, un étudiant qui va jusqu’à la licence (3 ans) serait endetté à hauteur de 174 % de son premier salaire ». Le Chili est donc un pays très inégalitaire, confirme la chercheuse : « Ce mouvement, c’est l’occasion de poser plus globalement la question des inégalités dans la société chilienne actuelle ».

Faute de solution, un référendum ?

Parmi les slogans des dernières manifestants, on pouvait lire : « Tu veux étudier, joue à la loterie ? » ou encore « 5 ans à étudier, 15 ans à rembourser ». Le succès du mouvement est indéniable même si des violences avaient entaché la précédente manifestation, début août. Trois cents personnes avaient été blessées et 500 manifestants arrêtés. Sûre de son succès, l’une des représentantes du mouvement, Camilla Vallejo, a carrément appelé le gouvernement à un référendum : « Nous attendons une réponse positive [à nos revendications, NDLR]. Sinon nous avons une proposition : nous demandons au gouvernement qu’il ouvre des espaces démocratiques pour aboutir à un référendum. Si la situation n’est pas résolue grâce à un accord entre nous et le gouvernement, il n’y aura pas d’autre solution que de demander à la population ce qu’elle en pense. C’est comme cela que l’on pourra résoudre ce conflit. »

L’intransigeance du gouvernement

En face, le gouvernement de droite est très longtemps resté intransigeant. Sous la pression de la rue, le ministre de l’Education avait quand même dû démissionner, à la mi-juillet. Mais le président de la République, Sebastián Piñera, s’est engagé dans un véritable bras de fer avec les manifestants. Il répétait, il y a quelques jours encore, que l’éducation est un bien de consommation comme un autre : « Tous, nous voudrions que l’éducation, la santé et plusieurs autres secteurs soient gratuits. Mais je dois vous rappeler que rien n’est gratuit dans la vie. Au final, quelqu’un doit payer ».

Mécontentement généralisé

La cote de popularité de Sebastián Piñera s’effrite : il recueille aujourd’hui seulement 26 % d’opinion favorable, contre 53 % de mécontentement. C’est certainement l’une des raisons qui ont finalement poussé, cette semaine, le gouvernement à lâcher un peu de lest.

Le ministre de l’Education a annoncé que le taux des crédits sera réduit pour les étudiants, des aides seront débloquées pour les moins aisés et les subventions seront augmentées pour les établissements scolaires. Cela n’a pas suffit à calmer les manifestants. Selon Frédérique Langue, le mouvement s’étend même à d’autres pans de la société : « Il y a convergence de certains mouvements sociaux avec les étudiants, qu’il s’agisse du secteur minier ou du cuivre qui connait lui aussi ses plus importantes manifestations depuis le retour de la démocratie en 1990. Il y a un profond mécontentement de la société chilienne. »

Le président chilien, élu l’an dernier, avait un temps suscité l’espoir. Aujourd’hui, il déçoit une partie du pays. Certains, dans l’opposition, appellent déjà à des élections anticipées.

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Contre toute autorité…

Contre toute autorité... arton1463-e7ce1


…Feu à volonté !

C’est la zermi couzin

Pas le temps de vivre, plus la force après des heures de taff à part
pour allumer la télé, se lamenter autour de quelques verres de mauvais
alcool, d’antidépresseur ou de Subutex, une petite prière et au lit.
Sept heures de sommeil nerveux avant de recommencer la même journée de
merde jour après jour, tout ça pour un peu de fric qui passera du porte
monnaie du patron à celui du propriétaire, d’un commerçant quelconque
aux caisses de l’Etat. Facile de tomber dans la dépression, facile de
lâcher prise, d’accepter son sort et de se dire que rien ne vaut le
coup, d’abandonner tout espoir d’autre chose, de ne plus se
soucier, face à sa propre misère, du sort des autres. En quelque sorte,
chacun sa merde. Hors de ma famille, de ma communauté, de mon clan, pas
d’empathie, aucune solidarité. Au point où on en est, tant que le fric
circule et qu’on peut en grappiller quelques miettes (allocs, petits
business, minimas sociaux…) pourquoi penser au reste ? On peut aussi
se créer l’illusion que la vie n’est pas si sinistre en se réfugiant
dans le peu de satisfaction et de confort que la société veut bien nous
laisser en échange de la paix sociale. De toute façon, avec deux mille
ans d’esclavage derrière nous, pt’être bien que l’humain est fait pour
vivre en cage, maître ou esclave.

Comme une caricature de ce que nous vivons tous un peu, par-ci par-là.

Poudrière

Vous vous dites peut-être que tout n’est pas si sombre, misérable et
dépeuplé d’envie, ce n’est pas faux. Parfois des étincelles viennent
mettre le feu à la poudrière pour prouver que ce monde n’est pas qu’un
vaste cimetière peuplé de zombies. En Angleterre, il y a quelques
semaines, c’est un torrent de révolte qui a ravagé les métropoles bien
lisses et conformes. Il y a peu en France, et régulièrement encore, la
rage rentrée du quotidien éclate à la gueule des patrons et de leurs
flics avec pleine force. Clichy-sous-bois, Villiers-le-bel… La haine
et la joie qui cohabitent dans un sursaut de vie. Récemment encore, ce
sont les commissariats, les palais de justice, les préfectures, les
prisons, les supermarchés qui ont cramé en Tunisie, Égypte, Syrie,
Libye… et certainement pas pour les remplacer par des outils
d’oppressions plus démocratiques.

Tout le temps éclatent des révoltes, dans les prisons, les écoles,
les ateliers, les familles. Ici, un homme qui refuse les ordres de son
patron ou de son sergent, là une femme qui place un boulon dans une
chaîne de montage, ailleurs un enfant qui ne veut plus écouter ses profs
ou un détenu qui refuse de réintégrer sa cellule.

Qui sont les idéologues ?

Ces révoltes, et même les révoltes en général, n’ont pas bonne
presse. Alors on les rejette ou on les récupère. On tente de jeter le
discrédit sur les émeutiers en les traitant de fous-furieux, de
casseurs, de bandes, de gangs, de terroristes, manipulés par des
idéologues. La révolte ne serait qu’une maladie ou un danger à traiter.
On tente en même temps de jeter le discrédit sur les soulèvements en
leur prêtant des intentions qu’ils n’ont pas : affrontements
inter-communautaires, caractère ethnique, remplacement de dictateur etc.
Ou alors on les récupère en y apposant sa propre idéologie : on dira
que les révoltes au Maghreb cherchaient à instaurer des démocraties
capitalistes calquées sur les modèles occidentaux, on dira que les
émeutiers de novembre 2005 luttaient pour obtenir des CDI, on dira que
les révoltes dans les pays placés sous tutelle du FMI ont pour but de
redresser la barre économique du pays pour un capitalisme à visage
humain. On récupère alors les indignés de la place Tahrir ou de
n’importe quel autre endroit pour mieux rejeter les insurgés qui à côté
refusent de tendre l’autre joue et rendent coup pour coup. On tente de
placer des porte-paroles respectables : jeune diplômé, étudiant
charismatique, avocat des droits de l’homme, politicien en exil,
bourgeois philanthrope, mais tout cela n’est que piaillerie de
journalistes et de politiciens.

Nous ne sommes pas bien intelligents, et pourtant. Pourtant, nous
savons que tout est bien plus simple que cela. Plus que des
constructions idéologiques, c’est le cœur qui nous dicte de briser cette
paix, en dépit de notre petit confort. Il y a une logique implacable
dans le fait de rendre les coups, de ne pas se laisser faire, de se
révolter. Un réflexe vital, comme le chien qui mord la main du maître
qui le bat avant de se demander s’il y a plus à perdre à la mordre qu’à
se laisser battre.

Ce qu’il y a de plus sensé dans un monde insupportable c’est
justement de ne pas le supporter ; et ce qu’il devrait y avoir de plus
partagé entre nous, au-delà de cette misère commune, c’est bien la
révolte contre cette misère, et la liberté qu’elle laisse entrevoir par
les moyens utilisés et par les désirs qu’elle porte.

Ayons l’audace d’en finir avec ce monde, pour ne pas faire comme ceux
qui sont morts de cette vie, persuadés que le courage consistait à la
tolérer plutôt que de la défier.

La rébellion c’est la noblesse des esclaves.

Un peu de bon sens…

[Tract distribué à Paris, aout 2011.]

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Athènes : « Nous sommes à un stade embryonnaire de la démocratie directe »

Athènes : http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article520

Propos recueillis à Athènes courant juillet 2011, par le Collectif Lieux Communs.

Ce texte fait partie d’un travail préparatoire sur le mouvement grec en vue d’une brochure qui devrait sortir mi-septembre.

Sp. a 33 ans. Il milite depuis 15 ans dans les milieux anarchistes-autonomes et dans le syndicat de base de sa filière (travailleurs des librairies, imprimeries et maisons d’édition). Il n’a pas participé intensivement aux activités du mouvement de la place de la Constitution, à l’exception de quelques assemblées générales et des trois journées de grève.

Commençons par les soulèvements arabes. Comment penses-tu qu’ils ont influencé le mouvement de la place de la Constitution ?

En termes d’événements et de résultat final, il n’y a aucun rapport entre les deux. En termes de représentation, les soulèvements arabes ont influencé le mouvement actuel de manière positive. Dans les pays du Maghreb et en Egypte, le peuple s’est affronté à des régimes corrompus, autoritaires, et à des gouvernements illégitimes. Mais alors qu’ici le pacifisme était présenté comme un trait fondamental du mouvement et comme une attitude face à la répression, lors des soulèvements arabes, il y a eu de la violence, ça a été la guerre. Et ce qui est étonnant, c’est que ces peuples ont été intransigeants, prêts à aller jusqu’au bout. Ils n’auraient pas reculé s’ils n’avaient pas réussi à chasser les dictateurs. Ils ont affronté l’armée, il y a eu des morts, mais ils n’ont pas reculé. Et l’essentiel, c’est précisément cela. Ils ont réussi à atteindre leurs buts déclarés : les régimes se sont effondrés, les classes dominantes ont été chassées. Cela a laissé l’impression d’un peuple, d’hommes et de femmes ordinaires, qui se battent à mort et qui triomphent. En Grèce au contraire, on a échoué.

Une idée répandue veut que toute cette histoire ait commencé par des appels de citoyens « indignés » lancés à travers les réseaux sociaux. C’est aussi ton impression ?

Ecoute, les choses sont un peu complexes. En Grèce il y a depuis un certain temps une attitude assez courante de rejet des partis qui traduit une crise, disons, de confiance vis-à-vis du régime politique en général. Les gens n’ont pas confiance dans les politiciens, même s’ils votent pour eux. C’est la logique du bras d’honneur [assez typique en Grèce, le geste de la main ouverte est très insultant] devant le Parlement. Ils accusent les députés de tous les maux et votent pour eux en même temps. C’est problématique, parce que ça vise aussi des gens qui ne sont pas directement impliqués dans les affaires. Les députés du PC et de Synaspismos [gauche réformiste] n’ont pas la même participation au pouvoir et la même implication dans les scandales, la corruption, etc. Je veux dire que cette attitude obéit à la logique du « tous pourris ». En ce qui nous concerne, nous qui sommes contre le parlementarisme, qui mettons en avant la démocratie directe et qui visons toujours une société autonome et libertaire, cela ne nous réjouit pas : c’est très ambivalent et ça peut se retourner contre nous : cette mentalité antipolitique peut s’attaquer aussi à des initiatives qui essaieraient d’articuler un discours politique concret. Je veux dire que cette aversion pour l’organisation, pour l’engagement politique en général, et pour l’activité politique dans le cadre d’un parti cache deux pièges. Le premier c’est que ça pourrait conforter l’idée selon laquelle on pourrait se passer de toute logique d’organisation comme mode d’action politique en général. Autrement dit, qu’on pourrait quand même avancer sans engagement, sans prise de responsabilité et sans respect de procédures et de décisions collectives. Et le second, c’est que ça risque d’assimiler tous ceux qui forment des organisations, des collectivités politiques à des tricheurs, des imposteurs qui visent à instaurer un régime identique ou proche de celui en place actuellement.

Je dirais donc qu’il n’y a pas une disposition, une volonté des gens d’intégrer toutes ces petites contre-structures qui sont en train de naître actuellement sur les places publiques, dans une logique d’organisation à grande échelle. Il est peut-être d’ailleurs trop tôt, vu que pour moi, en Grèce, tout cela ne fait que commencer. Je veux dire qu’il y a des germes, des choses qui ont surgi et qui pourraient peut-être conduire à des évolutions qu’on n’imagine pas. D’ailleurs, le fait qu’on ait mis en avant la démocratie directe est peut-être un signe.

C’est très intéressant. Comment penses-tu que la société perçoit cela ? Et pourquoi la démocratie directe ?

C’est un peu complexe. Et intriqué. Les mouvements des places publiques mettent en avant plusieurs choses. Ils demandent que le mémorandum soit supprimé [le Mémorandum désigne l’accord entre le gouvernement grec et la troika (FMI, BCE, Commission Européenne) qui dicte la politique financière de l’Etat grec afin qu’il puisse rembourser sa dette], que le FMI et la troïka s’en aillent, que le gouvernement s’en aille aussi, que le pays sorte de l’UE. En tout cas, quand bien même le projet positif serait vraiment la démocratie directe, il ne saurait y avoir démocratie directe sans travail du local vers le global, l’universel. Ce travail au niveau du local (des quartiers) cette élaboration et cette articulation n’ont pas encore été faits. Et cela parce que les assemblées de quartiers, par exemple, se bornent à une posture d’opposition. Les gens s’y rassemblent, discutent et font des choses mais n’ont pas encore essayé d’aller plus loin. Pour moi, s’orienter vers la démocratie directe, cela présuppose des structures qui fassent remonter le mouvement du local vers le global. Donc, pour commencer, les assemblées de quartiers devraient passer à une logique d’action plus étendue et plus profonde.

Tu peux développer, donner des exemples ?

Oui. Les assemblées de quartiers pourraient, par exemple, décider d’entreprendre des actions dans des domaines désertés par l’Etat, corriger les lacunes, les défauts, non dans une logique d’action complémentaire, mais à la racine. L’Argentine est un exemple en la matière. Quelques domaines de la fonction publique ainsi qu’une partie de l’activité privée sont passés à l’autogestion, à l’auto-organisation. Sans cela, dans un premier temps, il ne saurait y avoir de démocratie directe ; il ne saurait y en avoir, même sous la forme partielle et obscure dont les gens la conçoivent actuellement. Et puis, la démocratie directe doit être réalisée, structurée et déployée du bas vers le haut. Mais il est trop tôt. Nous sommes à un stade embryonnaire. Les gens commencent à peine à se parler, à discuter entre eux et à réfléchir à ces questions. Qui plus est, je ne sais pas vraiment ce qu’ils entendent par démocratie directe, ni si ceux qui en parlent la veulent vraiment ; j’ai quelques réserves là-dessus.

Comment comprends-tu cette contradiction entre les mots d’ordre radicaux comme « démocratie directe », « tout le pouvoir aux assemblées populaires », et les revendications réformistes ?

D’un certain point de vue, c’est normal. Cette contradiction reflète le caractère hétéroclite du mouvement. Ceux qui étaient déjà dans des organisations politiques mettent en avant les projets politiques de leur organisation. Ceux qui militaient dans le mouvement social en général mettent en avant leur idéologie. Ceux qui sont descendus dans la rue pour la première fois l’ont fait surtout pour dénoncer tout ce qui se passe et s’extérioriser. Il y a quand même une frange qui n’appartenait jusque là à aucune organisation ou structure, qui ne militait pas, mais qui veut prendre les choses au sérieux et qui se pose des questions, des gens qui veulent aller plus loin. Et sur ces gens-là, il est trop tôt pour se prononcer. Je dirais seulement que beaucoup de choses dépendront de la volonté de ces gens d’élucider ces questions et d’entreprendre une action politique.

Comme je l’ai dit, le mouvement est hétéroclite. Il y a des petit-bourgeois qui ne veulent pas faire le deuil de la consommation. Il y a des gens « à sec », en situation précaire, qui se rendent compte que ca ne peut plus durer ainsi. Il y en a d’autres qui ne veulent plus de ce régime politique et qui réalisent que le monde ne changera pas sans leur participation effective et active. Pour moi, il y a quatre éléments qui, globalement, caractérisent ce mouvement.
D’abord, la lutte contre le mémorandum et les nouvelles mesures d’austérité.
Ensuite, le succès rencontré par l’assemblée en tant que telle, l’assemblée comme institution si j’ose dire – et l’idée que la participation et la procédure en elles-mêmes sont des questions importantes, majeures.
Troisièmement, une volonté de parler librement, de s’exprimer et, en même temps, une volonté que tous les points de vue, les opinions soient entendus.
Et enfin, la mise en avant paradoxale de la démocratie directe. Il est paradoxal parce qu’une grande partie des gens impliqués dans le mouvement, et bien sûr de la société elle-même, n’est pas du tout dans cette logique, dans cet esprit et que, malgré ça, il a rencontré un succès stupéfiant ! Imagine-toi bien qu’il s’agit de toute une frange qui ne participait à rien, de gens qui n’avaient jamais – ou quasiment jamais – milité, qui étaient « exclus » – au sens où il manquait les structures qui auraient pu les intégrer, et où tout un système social concourait à leur non-participation. Et cela est d’autant plus contradictoire que les gens posent dés le début ce qui est le but final, le projet final. Et cela il ne faudrait pas le prendre comme quelque chose de négatif. Parce que les choses commencent à bouger maintenant, je pense.

Durant ce mouvement, il y a eu deux moments importants : le 15 juin et les 28-29 juin, ces trois jours ayant été des journées de grève générale. Quel a été l’héritage de ces trois journées ? Ont-elles contribué à faire avancer les choses, ou ont-elles constitué un recul ?

Je dois d’abord ajouter un mot à ce que je disais tout à l’heure. En un certain sens, les « indignés » proprement dits, c’est toute cette « masse cruciale », qui n’est ni les déjà-politisés, ni les syndiqués, ni les militants en général, ni les petit-bourgeois qui veulent revenir à leur niveau de vie antérieure, ni une partie des précaires. Je veux dire par là que les « indignés » d’aujourd’hui ne sont pas les « indignés » d’autrefois – qui ne se satisfaisaient ni de la situation ni du système politique en général et qui voulaient autre chose, ce qui, pour eux, était concret et clair (leur propre programme ou idéologie politique par exemple). Ceux d’aujourd’hui ne veulent pas de ce qui se passe actuellement mais ils ne savent pas non plus ce qu’ils veulent ni quoi faire.

Je dis cela parce que c’est lié à la réponse à ta question. En fait, et c’est pour cela que les deux dates sont importantes, cette « masse cruciale » n’est pas descendue dans la rue pendant les jours de grève générale. Le 15 juin surtout, jour le plus important à mes yeux, les gens en grève et dans la rue étaient ceux qui participent régulièrement aux mobilisations. Je veux dire que cette « masse cruciale », lors de ces trois jours, a fait ce qu’elle faisait auparavant. Elle n’y a pas participé. C’est pour cela que toute cette histoire de blocage a abouti à un échec, ça n’a été qu’une fanfaronnade déconnectée du mouvement, de ses limites, de l’état d’esprit des gens. Bref, je dirais que durant ces trois jours les indignés ont déserté les initiatives des franges les plus mobilisées et les plus combatives de la société.

A cela s’ajoute le fait que lors des rassemblements paneuropéens, les dimanches [où l’assemblée appelait les autre peuples à se mobiliser], il y avait énormément de monde sur la place de la Constitution. Les indignés étaient là le dimanche 12 juin, chahutant et dénonçant tous azimuts, mais ils étaient absents le mercredi 15, jour de la grève générale et du blocage du Parlement. Idem pour les événements des 28-29 juin, qui ont tourné en défaveur du mouvement parce que d’un côté les indignés étaient absents, et que de l’autre, la répression a accéléré sa dégénérescence.

Est-ce que cela est dû au fait que l’objectif du blocage était peut-être trop ambitieux ?

Je pense que l’objectif lui-même n’était peut-être pas trop ambitieux. Le problème c’est que les gens, lors des assemblées avant le 15 juin, ont voté pour le blocage, puis ont laissé les autres aller s’affronter aux flics. Et là surgit le problème principal de l’engagement et de la responsabilité. La démocratie directe exige une participation active et un investissement personnel. Cela n’a pas été compris.

C’est un problème majeur. Penses-tu que cette attitude est courante dans la société grecque actuellement ?

La culture politique du régime représentatif est précisément de produire des individus, des attitudes, des comportements « irresponsablo-responsables ». A travers la violence de toute la structure sociale, à travers le modèle de représentation qu’il propose, le régime actuel oblige, ou incite, soit à la non-participation, soit à la participation partielle. Je pense que ce qu’on a vu de l’attitude des indignés est un produit, un résultat du système. Elle est « normale », habituelle. Et la situation actuelle, vue globalement, est en quelque sorte l’expression en creux de la crise du système représentatif. En conséquence, si les gens veulent dépasser les limites du mouvement de la place de la Constitution, ils devront combler cet écart entre leurs mœurs politiques actuelles et l’attitude qu’exige un régime vraiment démocratique.

Pourrais-tu nous parler un peu de la provenance de classe des gens qui ont participé dans ce mouvement ?

C’était assez hétérogène. Il y avait des gens de presque toutes les couches moyennes. Il y avait même des patrons de PME. Il y avait aussi beaucoup de petit-bourgeois avec tout ce que cela comporte de négatif. Il y avait aussi clairement des jeunes « précaires » et des gens issus de couches plus populaires. Mais pas d’immigrés, ni de gens issus des couches les plus basses ou à la limite de la pauvreté, ni les marginaux ou les lumpen. Contrairement à décembre 2008, ces gens-là étaient exclus. De plus, je ne pense pas que les structures et les procédures du mouvement auraient pu les intégrer. Il y avait une distance culturelle qui n’a pas pu être comblée.

Le programme de moyen terme a été voté [il s’agit du paquet de nouvelles mesures d’austérité pour la période 2011-2015 afin que l’Etat grec puisse équilibrer ses finances publique], et le mouvement de la place est en train de s’essouffler. Comment vois-tu l’évolution des choses dans les mois à venir ?

Je pense que dans la société, il y aura, en gros, deux tendances : celle qu’on appelle le cannibalisme social, et celle qui mettra en avant la solidarité et l’entraide. Et je pense que la première l’emportera, étant donné la culture et le type anthropologique dominants. De la part des gens du mouvement social, il y aura un effort pour continuer le combat, sous de formes qui restent à définir. Ce qui est sûr, pour moi, c’est que la violence va augmenter. Je parle de la violence sociale, interclasse, interpersonnelle, dans la vie quotidienne, au travail. L’enjeu consistera en la disposition, en la volonté des gens de contribuer à la solidarité sociale et à l’entraide. Au niveau local, dans les quartiers, l’enjeu principal sera l’attachement des gens à la participation active aux luttes collectives et à la solidarité.

Compte tenu de l’histoire particulière de la Grèce moderne, penses-tu qu’une guerre civile est probable ?

C’est sans doute la question la plus pertinente et la plus cruciale. Je ne pense pas d’ailleurs que la guerre civile soit finie. Je te rappelle qu’un des slogans écrits sur les murs lors des événements de décembre 2008 était : « L’accord de Varkiza n’est plus valide, on est en guerre (1) ». De plus, lors du mouvement, il y avait aussi une logique de Varkiza, si j’ose dire : c’est dans ce sens que j’interprète l’appel à l’unité, selon lequel on serait « tous ensemble », on serait « unis », on aurait un ennemi « commun », notre but « commun » serait de chasser la troïka et d’abolir le programme de moyen terme, etc. Mais ce n’est pas vrai. La guerre civile n’est pas finie. Et j’ose dire qu’elle est déjà là, dans un certain sens : depuis plusieurs années, il y a une frange de la société grecque dont les dominants se fichent, même s’ils n’arrêtent pas de répéter les âneries sur « la participation aux élections, etc ». Et cette frange pourrait atteindre entre dix et vingt pour cent de la population. Alors qui sont ces gens-là ? Ce sont peut-être des électeurs du PC ou de Synaspismos. Ce sont peut-être aussi ces gens qui ne participent à rien et qui l’admettent cyniquement. Je veux dire qu’il y a une partie de la population qui est négligée, dont on se fout, mais aussi dont on ne parvient pas à cerner l’état d’esprit. Je peux seulement dire que beaucoup parmi les indignés appartiennent à cette catégorie-là, et donc que les indignés ont aussi été, entre autres, ceux dont on ne voulait pas entendre la parole. Il y a aussi la mouvance anarchiste-antiautoritaire-autonome qui a beaucoup augmenté en nombre depuis décembre 2008. Ce qui pourrait déclencher une guerre civile ouverte, ce serait une dictature, modérée ou brutale. Bien sûr, une telle dictature est déjà là, sous la forme du régime parlementaire. C’est la démonstration de ce que nous disions depuis toujours, à savoir que le parlementarisme est, essentiellement, une dictature – mais on nous prenait pour des extrémistes.

En tout cas, la possibilité d’une dérive dictatoriale est une des raisons pour lesquelles je pense qu’il faudra quitter le modèle centraliste de la place de la Constitution et se tourner vers le local, les quartiers. Ce centralisme reproduit en creux celui du Parlement.

Comment comprends-tu cet appel constant et obsessionnel à l’unité et ce rejet des partis politiques ? Cet appel pourrait-il cacher le danger d’une évolution vers des phénomènes de manipulation de masse ?

Je répondrai en commençant par la fin de ta question : heureusement qu’il n’y a eu, jusqu’à présent, aucun leader charismatique capable de regrouper les gens autour de lui. D’un autre côté, il est évident que le PASOK n’a pas besoin de leaders, de dictateurs. Le PASOK est un dictateur collectif et il s’en sort très bien. Dans quelque temps, il aura peut-être recours à un gouvernement de coalition. Et quand ce gouvernement ne pourra plus continuer, alors là, on verra peut-être un gouvernement de technocrates universellement acceptés. Cela est déjà mis en avant par quelques libéraux. Ils proposent un gouvernement de spécialistes qui ne se sont pas mêlés de politique auparavant – et qui sont, donc, incorruptibles.

Lors des premiers jours du mouvement, on a aussi entendu cette idée, exprimée par des participants, de remplacer les politiciens corrompus actuels par une oligarchie de spécialistes.

Cette idée a surtout été élaborée et diffusée par la nomenklatura grecque. Tous ceux, de droite ou du PASOK qui ont participé au mouvement l’ont bien accueillie, je pense. Mais il me semble qu’un tel régime serait un régime d’état d’urgence. Ce serait une version modérée de la dictature, molle si je puis dire. Mais je reviens à mon idée centrale qui veut que le régime représentatif est déjà cela. On a pu le constater lors des événements du 29 juin, en termes de répression et de « gestion » d’une foule enragée.

Sur la question de l’unité : ça pourrait être une sorte de prise de conscience collective de la situation merdique dans laquelle nous nous trouvons « tous ensemble ». Ca pourrait aussi dissimuler un apolitisme sous-jacent, dans le sens où ça nous évite de parler du fait qu’on n’a rien fait depuis longtemps et qu’actuellement nous nous unissons derrière un projet commun que, cependant, nous n’explicitons ni n’essayons de réaliser. Il est vrai que l’invocation de l’unité était constante lors des grands moments révolutionnaires du passé, mais pas du tout sous la forme qu’elle a prise lors de ce mouvement. Enfin, l’unité est invoquée par les indignés les plus atypiques, si je puis dire : des gens de droite, une partie des gens du PASOK, en général les gens les mieux intégrés au système actuel. Et ils le font afin de maintenir dans la société la mentalité apolitique, et de faire reculer les dispositions radicales. Bref, je trouve que la logique de l’unité devient une arme contre les idées politiques, contre les propositions politiques concrètes et les projets, qu’on y souscrive ou pas.

Notes

1 – L’accord de Varkiza fut signé en février 1945, après les affrontements sanglants de décembre 44 entre les forces armés des communistes d’un côté et l’armée britannique et les forces du gouvernement officiel de l’autre. Il imposait le désarmement des communistes qui, après avoir mené la résistance contre les nazis et gagné un soutien social considérable, aspiraient au pouvoir. En contrepartie, leur intégrité physique devait être garantie. Ce dernier terme ne fut respecté ni par l’Etat ni surtout par les milieux de droite et, un an plus tard, la guerre civile éclatait

Lutte internationale contre Ford-Visteon… AIT en lutte !

 

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L’usine Visteon-Cadiz Electronics, en Espagne, qui a réalisé des millions de bénéfices, a proposé de fermer le site… et de mettre 450 ouvrier-e-s au chômage. Fidèles à leur tradition, les syndicats UGT (équivalent CFDT) et CC.OO (équivalent CGT) ont tout simplement boycotté toute action. Seule la section CNT-AIT s’est organisée, a fait savoir qu’elle rejetait en bloc la fermeture, et a organisé des piquets devant l’usine.

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Piquet devant l’usine

 

Le 19 août, la section CNT-AIT appelait à une journée internationale de lutte contre Ford-Visteon et en soutien aux travailleurs-euses. Auparavant, la SolFed-IWA (Angleterre) et la CNT-AIT 63 avaient envoyé des courriers de protestations.

 

En Allemagne, les sections FAU-AIT de Stuttgart, Köln, Berlin et Dresden ont organisé des piquets.

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En Pologne, la ZSP-AIT a organisé deux piquets avec diffs de tracts dans la même journée à Chorzów et à Katowice, deux endroits de Varsovie.

 

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 En Angleterre, la SolFed-IWA de Londres a organisé un long piquet : après avoir dit ses 4 vérités au manager, ils ont tenu un piquet deux heures, avec un panneau : « Klaxonner pour sauver les emplois », chaque automobiliste s’éxecutant reçut un tract, et les passant-e-s firent part de leur soutien, parfois matériel…

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Enfin, en Espagne, des tags ont fleuri…

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Ainsi que des piquets, comme à Valence

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La lutte continue contre la fermeture ! 

La solidarité sans frontières et l’action directe sont nos armes !

 

 

À propos du contexte économique et social des émeutes en Grande-Bretagne

À propos du contexte économique et social des émeutes en Grande-Bretagne icon_arrow http://aitinfos.free.fr/spip.php?article9

Comme vous avez pu le voir grâce à la couverture médiatique, il y a eu des émeutes en Grande-Bretagne. Le fait que des émeutes se produisent n’est pas surprenant dans la mesure où une large part de la classe prolétaire britannique vit dans la misère et les privations. De nombreuses communautés de la classe ouvrière britannique ne se sont jamais remises de la fermeture des industries telles que les mines de charbon ou les aciéries…

Ceci remonte aux années soixante-dix et quatre-vingt quand les structures industrielles britanniques furent décimées. Au début des années quatre-vingt, le phénomène émeutier s’installa en Grande-Bretagne avec le chômage de masse. Les émeutes étaient largement concentrées dans les quartiers défavorisés et les cités HLM – ces endroits sont de vastes zones de lotissement construites par les autorités locales et font partie des communautés les plus pauvres en Grande-Bretagne. Les cités HLM ont tendance à être habitées majoritairement par la classe des travailleurs blancs alors que les zones de quartiers défavorisés voient un taux élevé de population émigrée. Dans les années quatre-vingt, les médias ont essayé tout d’abord de caricaturer les émeutes en émeutes raciales, mais le fait que tant d’émeutiers proviennent des cités HLM de la classe prolétaire blanche a obligé les médias à abandonner leur tentative de rejeter la faute des émeutes sur les immigrés.

Bien que la Grande-Bretagne se soit dans une certaine mesure remise de la perte des industries, l’effondrement de la classe ouvrière organisée a signifié que la richesse en Grande-Bretagne s’est concentrée de manière croissante en haut de la société. La société britannique est maintenant aussi inégalitaire qu’au dix-huitième siècle. La situation dans les lotissements et les cités a empiré de bien des manières depuis les années quatre-vingt – la richesse est aux mains des dix pour cent de la population la plus riche et la pauvreté s’est accrue pour les vingt pour cent les moins riches. Le chômage est en général élevé, et le chômage des jeunes est massif dans les lotissements et les cités. La criminalité y est élevée et l’usage de la drogue et la criminalité afférente sont également répandus. Les taux de mortalité y sont plus élevés que dans des zones plus riches du pays. Les carences sociales sont importantes et la vie est en général assez triste pour une majorité luttant constamment pour juste survivre. Il n’est donc pas surprenant que les émeutes se soient concentrées dans les lotissements et les cités, comme dans les années quatre-vingt.

Le secteur des services publics combla dans une certaine mesure le vide laissé par la perte des emplois industriels mais ces emplois sont souvent à temps partiel et mal payés. Les salaires dans le secteur public sont si faibles qu’ils doivent souvent être complétés par des allocations. Même ceux qui travaillent sont donc allocataires sociaux. Dans le cadre des coupes sombres à l’œuvre en ce moment en Grande-Bretagne, ce sont les travailleurs du secteur public qui sont durement touchés avec la perte de centaines de milliers d’emplois dans le secteur public. Ce sont donc les zones les plus pauvres qui souffrent le plus de ces suppressions d’emplois, puisqu’elles dépendaient des emplois publics depuis la perte des emplois industriels.

Dans les quartiers défavorisés et les cités HLM, la vie est particulièrement difficile pour les jeunes. Comme dans toute récession, la première chose que font les employeurs est d’arrêter d’embaucher des travailleurs, ce qui signifie qu’il n’y a tout simplement plus aucun emploi pour les jeunes sortant de l’école. Il n’y a officiellement qu’un million de jeunes au chômage en Grande-Bretagne mais la réalité est bien pire. Les médias et le Gouvernement ont de plus attaqué les sans-emplois ces dernières années, les qualifiant de parasites refusant de travailler et heureux de vivre d’assistance. Ils n’ont pas fait que réduire les allocations, ils ont de plus rendu la vie plus difficile pour ceux qui en réclamaient, en harassant les gens, surveillés et forcés de prouver qu’ils cherchent du travail.

Inutile de dire que la colère s’est accumulée chez les gens dans les quartiers défavorisés et les cités HLM, en particulier parmi les jeunes qui sont constamment harcelés par l’État et la Police. Les jeunes gens de classe prolétaire se voient aussi caricaturés par les médias et les politiciens comme étant stupides et violents. Un nouveau terme dépréciatif (« charv »), utilisé pour décrire les jeunes de classe modeste, est maintenant d’un usage courant en Grande-Bretagne. La profondeur de la haine parmi les jeunes peut être évaluée par la vitesse à laquelle les émeutes se répandent.Il y a eu explosion de haine de la part des licenciés et des abandonnés. Le problème à l’œuvre, c’est que la colère des jeunes n’a pas de direction. Bien que l’essentiel des émeutes aient été concentrés vers les grands magasins, des boutiques et des domiciles ont été attaquées aussi dans les zones populaires, créant la peur dans des communautés de travailleurs. La colère n’est pas organisée bien que cela puisse heureusement changer si les choses se développent.

Les syndicats réformistes n’ont jamais réussi à s’organiser dans les classes laborieuses et parmi les chômeurs, et le syndicalisme ne signifie rien pour la plupart des jeunes travailleurs au chômage. Comme une partie de la Solidarity Federation commence à devenir un syndicat « fonctionnel », nous avons été dans un processus de développement d’une stratégie communautaire destinée à s’assurer du fait qu’ en tant que syndicat anarchosyndicaliste, nous nous organisons sur le lieu de travail et dans la communauté.

Durant la semaine dernière, la Solidarity Federation a émis des communiqués destinés à refléter la véritable nature des émeutes. Certains de nos commentaires ont été repris par les médias nationaux, avec pour résultat un site web surchargé comme les gens cherchaient plus d’informations. Nous distribuerons aussi des tracts dans les zones ouvrières.La dernière version du texte est en pièce-jointe. Cependant, le but de la Solidarity Federation est de construire une présence permanente dans les zones ouvrières. Notre but est de devenir une partie de la lutte quotidienne des travailleurs contre le capitalisme.

Secrétaire International de SF-AIT

Traduction du SIA32 / CNT-AIT

Voir en ligne : About the social and economical background of the riots in Britain

Les émeutes ne sont pas qu’une « violence insensée »

Les émeutes ne sont pas qu’une http://aitinfos.free.fr/spip.php?article8

La fureur de nos cités est ce qu’elle est, laide et incontrôlée. Mais nous savions tous que ces émeutes allaient survenir. La grande-Bretagne a dissimulé ses problèmes sociaux pendant des décennies, les encerclant d’un brutal cordon de policiers. Les aides sociales sont supprimées, les centres d’assistance sociale fermés, et les loyers augmentent ainsi que le chômage. Les gens qui eurent toujours très peu n’ont plus rien à présent, plus rien à perdre.

Et même quand les grands de ce monde et les bons sont avertis, avec l’intox flagrante que constitue le cas Mark Duggan [1], les médias et les politiciens seraient restés aussi silencieux que s’il n’y avait eu qu’une manifestation silencieuse devant un poste de police. Il semble que c’est uniquement quand les gens se rebellent dans les rues que les médias se sentent obligés de leur donner une couverture médiatique à tout prix – et ils parlent alors seulement des éléments anti-sociaux, des gens qui blesseront n’importe qui, et jamais des gens qui se saisissent un peu de la richesse qu’ils peuvent parce qu’il n’y a aucune chance de le faire autrement.

On ne nous explique pas pourquoi les incendiaires, les agresseurs et les gangs sont ce qu’ils sont ou pourquoi les cités sont ce qu’elles sont, ni ce qui pourrait être fait pour eux pas seulement aujourd’hui, mais aussi demain et dans les années à venir. Ces problèmes existent depuis aussi longtemps qu’on s’en souvienne. Ils ont conduit aux émeutes des années quatre-vingt et quatre vingt-dix – et les choses empirent.
Le point de vue anarchiste

Il ne devrait donc pas y avoir de surprise à ce que des gens vivant une existence de pauvreté et de violence soient enfin partis en guerre, à ce que des gens pillent les écrans de télé à plasma qui paieront deux mois de loyer. Pour beaucoup, c’est la seule occasion de bénéficier d’une miette de redistribution économique quand les emplois disparaissent et que les riches accaparent tout.

Toute notre société est basée sur l’adoration de la richesse et l’exploitation des pauvres ; si les gens choisissent de riposter et de prendre des biens chez Argos ou Lidl, nous ne condamnerons pas cela. Mais brûler des boutiques avec des logements à l’étage, commettre des agressions… constituent une attaque contre les nôtres et l’on doit s’y opposer car le résultat final est le même que lorsque nous laissons n’importe qui nous exploiter et nous diviser – nous sommes tous perdants. Nous disons : ciblez les riches, les patrons et les politiciens. Ils ne se sont pas souciés de Hackney ni de Lewisham hier, ils ne s’en soucieront pas demain. Les politiciens parlent déjà de la crise économique – ils veulent juste une fois de plus tirer le rideau sur les problèmes et qualifier ceci de « faits criminels insensés ». Les riches réclament davantage de fusils dans les cités – ils déclencheraient avec joie une guerre civile avec nous au milieu. Ne les laissez pas s’en tirer avec cela !

Nous devons nous unir et commencer à nous organiser pour faire reculer ces gens, pour construire un monde où nous autogérerons notre société sans patron, ni propriétaires, ni charge policière à la matraque. Le coup d’envoi n’est qu’un début. Nous devons aller plus loin. Nous devons nous organiser et récupérer le monde qui nous a été volé.

Tract distribué par la Solfed à Londres en Août 2011

Traduit par le SIA32 / CNT-AIT

[1] Ndt : Mark Duggan était un jeune homme de 29 ans, père de famille. Il a été tué par la Police à Tottenham le 4 août 2011, ce qui a déclenché les émeutes. Dans leur grand respect dû aux défunts, les médias réactionnaires ont rappelé son casier judiciaire, montrant leur nostalgie de la peine capitale, et leur peu d’estime du Droit qui ne la prévoit pas, quand ils se montrent tâtillons pour punir le pillard voleur d’électroménager au nom du Droit de la Propriété

Réponse de la Solfed-IWA de Londres-Nord aux émeutes de Londres

Alors que les médias stigmatisent l »anarchie » à propos du déferlement de la violence à Londres et en Angleterre, la « Solidarity Federation » du Nord-Londres a considéré qu’une réponse de la part d’une organisation anarchiste active dans la capitale était nécessaire.

Les émeutes ont causé des dégâts importants ces derniers jours à des quartiers de Londres, à des devantures de magasins, à des domiciles et des voitures. À gauche, on entend toujours les mêmes gémir que la pauvreté en est la cause. À droite, que des voyous et éléments anti-sociaux profitent de la tragédie. Les deux sont vraies. Les pillages et émeutes vus ces derniers jours constituent un phénomène complexe et comportent de nombreuses composantes.

Ce n’est pas par hasard si les émeutes se produisent maintenant, quand les réseaux de soutien aux britanniques privés de représentation leurs sont arrachés, et que les gens sont livrés à l’abîme, comme ils tombent rompus sous les matraques de la police londonienne.


La fureur des quartiers [1] est ce qu’elle est, laide et incontrôlée. Mais pas imprévisible. La Grande- Bretagne a caché ses problèmes sociaux pendant des décennies, les a contenus avec une garnison brutale d’hommes armés. Grandir dans les cités signifie souvent ne jamais les quitter, à part à l’arrière d’une fourgon de police. Dans les années quatre-vingt, les mêmes problèmes ont conduits à Toxteth [2]. Dans les années quatre-vingt-dix, ils ont conduit aux émeutes contre l’impôt par capitation [3]. Et maintenant nous les subissons de nouveau – parce que les problèmes non seulement persistent, mais empirent.

Le harcèlement et la brutalité de la Police font partie du quotidien des cités partout au Royaume-Uni. Les systèmes sociaux permettant à peine de survivre se sont désagrégés et ont été retirés. À Hackney [4], les travailleurs sociaux opérant dans la rue, qui venaient eux-même des cités, connaissaient les jeunes et pouvaient travailler avec eux à résoudre leurs problèmes, se sont vus signifier qu’ils ne seraient désormais plus payés. Les loyers augmentent et les emplois aidés par l’État qui apportaient de l’argent dans la zone ont été réduits au nom d’un transfert vers des missions bénévoles dans le cadre de la « Grande Société » [5]. Les gens qui eurent toujours très peu n’ont désormais plus rien. Plus rien à perdre.

Le rôle-même des médias dans tout ceci ne doit pas être minoré. Malgré tout le discours de la « protestation pacifique » qui précéda les évènements à Tottenham [6], les media n’auraient pas sorti l’histoire s’il n’y avait eu en tout et pour tout qu’une manifestation silencieuse devant le poste de police.

Les violences policières et les protestations en réponse surviennent tout le temps. C’est seulement quand l’autre côté répond avec violence (sur des cibles légitimes ou non) que les médias ressentent le besoin de leur donner une couverture à tout prix.

Il ne devrait donc pas y avoir de surprise à ce que des gens vivant une existence de pauvreté et de violence soient enfin partis en guerre. Il ne devrait pas y avoir de surprise à ce que des gens pillent les écrans de télé à plasma qui fourniront leurs paieront deux mois de loyer, et laissent les livres qu’ils ne peuvent vendre sur les étagères. Pour beaucoup, c’est l’unique forme de redistribution économique qu’ils verront dans les années à venir en continuant une vaine recherche d’emploi.

On a beaucoup glosé sur le fait que les émeutiers attaquaient « leurs propres communautés ». Mais les émeutes n’éclatent pas dans un vide social. Celles des années 80 tendaient à être dirigées d’une manière plus ciblées ; épargnant les innocents et se focalisant sur des cibles plus représentatives d’une oppression de classe ou de race : la police, les postes de police et les magasins. Que s’est-il passé depuis les années quatre-vingt ? Les gouvernements consécutifs n’ont pas ménagés leurs efforts pour détruire toute espèce d’idée de solidarité et d’identité de classe. Est-ce donc une surprise alors si ces émeutiers se retournent contre d’autres membres de notre classe ?

La « Solidarity Federation » est basée sur la résistance dans la lutte sur le lieu de travail. Nous ne sommes pas impliqués dans le pillage mais, au contraire des réactionnaires de droite ou même des commentateurs de gauche sur le registre de la « compréhension-mais-condamnation », nous ne condamnerons ni ne fermerons les yeux sur ceux que nous ne connaissons pas pour avoir récupéré une part de la richesse dont ils ont été privés toute leur vie.

Cependant, en tant que révolutionnaires, nous ne pouvons tolérer les attaques contre les travailleurs, contre les innocents. Les incendies de magasins avec des domiciles au-dessus, de véhicules utilisés par les gens pour aller au travail, les agressions et tout ce qui s’en approche constituent une attaque contre les nôtres et nous devons nous y opposer aussi fermement qu’à n’importe quelle politique d’austérité du Gouvernement, qu’aux propriétaires terriens qui spéculent, qu’aux patrons ayant l’intention de voler notre travail. Ce soir et pour aussi longtemps que nécessaire, les gens doivent se rassembler pour se défendre quand une telle violence menace les foyers et les communautés.

Nous pensons que la colère légitime des émeutiers peut être bien plus puissante si elle s’exprime dans une direction collective et démocratique et cherche, non à faire d’autres travailleurs des victimes, mais à créer un monde libre de l’exploitation et de l’inégalité inhérentes au capitalisme.

North London Solidarity Federation , section britannique de l’Association Internationale des Travailleurs-euses  

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  (mardi 9 août 2011)                                                                                                                                                                           Traduit par le SIA32 / CNT-AIT

Un excellent camping anarchosyndicaliste !

Comme chaque année, le syndicat interco de Toulouse de la CNT-AIT organisait un camping anarchosyndicaliste, du 31 juillet au 7 août. Cette année, des militant-e-s et sympathisant-e-s anarchosyndicalistes des syndicats de Toulouse, Perpignan, Montauban, Caen  et Clermont-Ferrand ainsi que des personnes venues découvrir ou approfondir l’anarchosyndicalisme se sont retrouvé-e-s pour une semaine d’échanges, de débats… le tout en autogestion, avec rotation des tâches.

Nous apprenions que malheureusement les compagnons espagnols ainsi que le compagnon brésilien ne pouvaient être présents… Bien dommage ! Le lundi fut organisé une présentation de l’anarchosyndicalisme à Millau dans une petite salle. Bien que les tracts furent seulement diffusés l’après-midi même, le débat du se faire dehors, la salle étant trop petite ! Succès du débat, qui vit le nombre de personnes accroitre au fur et à mesure du débat, avec le passage de militant-e-s de « l’autre » CNT (Vignoles), et l’on pu à nouveau voir le fossé qui nous sépare, tant au niveau pratique que théorique. Le soir, de retour au camping, un débat sur les perspectives de lutte.

Mardi après-midi, c’est Jean-Pierre, que la CNT-AIT 63 avait invité, qui vint présenter « Paroles de Bibs ». Le film reçut u accueil mitigé des compagnes-ons présent-e-s (non pas sur sa qualité, mais sur ses perspectives). Néanmoins, il s’en suivit un excellent débat avec Jean-Pierre sur les pratiques syndicales et la souffrance des travailleurs-euses. Dans les invité-e-s, il y eut également le Comité 227, un groupe d’étudiant-e-s de Toulouse, venu présenter un petit film réalisé dans le cadre de rencontres qu’illes avaient faites à la fac. De la semaine, on retiendra les gros débats sur les assemblées populaires, « Violence et non-violence », sur l’organisation, sur nos liens avec les autres groupes anarchistes… et des échanges sur l’Association Internationale des Travailleurs-euses et l’Histoire de la CNT-AIT espagnole en exil.

En plus de ça, nous avons pu participer à divers « formations » (entre guillemets, puisque les compagnons qui les organisaient ne prétendaient jamais détenir la vérité !). De plus, des compagnons sont allés tenir des tables de presse dans la ville la plus proche. Tables qui eurent du succès : plusieurs centaines d’exemplaires du bulletin « Un Autre Futur » diffusés, et des dizaines de journaux « Anarchosyndicalisme! » de vendus.

Une nouvelle fois, ce camping fut un moment de débats, d’échanges et de fraternités. Un compagnon venu découvrir la CNT-AIT nous l’a dit, « Je n’avais jamais vu autant de débats, d’échanges ou de remises en question. C’est tellement rare dans le milieu libertaire ! ». Selon des compagnes-ons toulousain-e-s, ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu autant de monde le soir lors des débats… Bref, ce fut un excellent camping anarchosyndicaliste, rendez-vous l’an prochain !

 

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Ni intersyndicales, ni dialogue patronal. Guerre sociale contre la capital. Anarchosyndicalisme !

Crevons les yeux de l’Etat : un fichier de reconnaissance faciale bientôt créé

Un fichier de reconnaissance faciale bientôt créé

Figaro, 11/08/2011 à 11:24

Il permettra, grâce à l’utilisation des images de vidéosurveillance, d’identifier les suspects grâce à leur visage. Ce fichier policier s’ajoutera à ceux des empreintes digitales et génétiques.

Imaginez une scène à la Minority Report, ce film américain d’anticipation avec Tom Cruise. Les caméras de police seraient capables d’identifier un suspect au passage d’un portique, des ordinateurs comparant, en un éclair, l’image de son visage saisie sur le vif avec celles contenues dans le grand fichier des personnes photographiées lors de leurs gardes à vue, par exemple. Et les yeux électroniques ne le lâcheraient plus, jusqu’à son interpellation.

Vous croyez ce monde réservé aux scénaristes de Hollywood ? Au ministère de l’Intérieur, il est déjà en préparation. Et ce sont les autorités elles-mêmes qui le disent. « Il faut améliorer la police technique et scientifique et l’on se dirige vers la création d’un troisième fichier de reconnaissance faciale, qui pourrait servir à l’exploitation des données de vidéosurveillance », a déclaré, le 22 juin dernier, le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, lors d’une audition à huis clos devant la commission des finances de l’Assemblée nationale.

Validation par l’enquêteur

Les deux autres fichiers auxquels il fait implicitement référence sont le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) et le fichier national d’analyse des empreintes génétiques (FNAEG). Deux bases de données qui firent débat, en leur temps, avant d’entrer dans les mœurs judiciaires, tant leur apport s’est révélé décisif pour élucider les crimes et délits. Ce « troisième fichier » donc, sorte de « fichier photographique national », devrait émerger dans quelques mois. Il serait conçu comme une application complémentaire, intégrée au futur système de traitement des procédures judiciaires (TPJ), autrefois baptisé « Ariane », qui doit voir le jour en 2012, en fusionnant les fichiers judiciaires antécédents les plus utilisés par la police et la gendarmerie, Stic et Judex. Derrière ces acronymes se joue l’efficacité des enquêtes, c’est-à-dire la capacité des forces de l’ordre à mettre un nom sur un fait. Quitte à identifier l’auteur désormais par sa photo.

Contactée par Le Figaro, la DGPN apporte toutefois cette précision sémantique : « On ne parlera sans doute pas de reconnaissance faciale, mais plutôt de comparaison physionomique. » Pourquoi ? Parce ce que l’ordinateur ne livrera pas sur un plateau un suspect et un seul. Comme pour l’exploitation des empreintes digitales, il procédera par comparaison de points caractéristiques du visage (distance entre le nez, les yeux, les oreilles…), proposant in fine une liste de possibles suspects classés selon un ordre de pertinence.

Photographier autrement

Tel individu déjà photographié en garde à vue aura tel pourcentage de points communs avec la personne faisant l’objet d’un contrôle. Le sujet suivant dans la liste aura un rang inférieur en raison de son taux de similitude moins élevé. « Mais c’est l’enquêteur qui toujours validera », assure un haut gradé de la gendarmerie, elle aussi intéressée par cette technologie.

Demain, pour enrichir leur superfichier photographique, la police et la gendarmerie vont sans doute changer leur façon de photographier les gardés à vue. Pour faciliter les comparaisons avec les images prises d’en haut par les caméras de surveillance, on demandera au suspect auditionné de se laisser photographier par un appareil placé en hauteur et non plus seulement de face et de profil.

La séance photo pourra même se faire en mouvement, pour une reconstitution du visage en 3D, qui limite les risques d’erreur. Faut-il avoir peur de la reconnaissance faciale ? Elle est déjà entrée dans la vie des internautes. Une telle fonction est désormais intégrée à Facebook pour identifier ses « amis ».

Par ailleurs, une partie de la police américaine devrait être équipée d’une application iPhone permettant d’identifier un suspect par comparaison photo instantanée, au gré de ses patrouilles. La police tricolore n’en demande pas tant. Mais elle aimerait, au moins, comme le dit un commissaire, « avoir accès aux mêmes technologies que le simple citoyen ».

Une technologie strictement encadrée

Avant même de songer à faire de la reconnaissance faciale en temps réel, les autorités peuvent déjà exploiter les milliers d’heures de vidéos annexées à leurs dossiers non élucidés. Toutes ces images où l’on voit parfois distinctement des voyous frapper, voler, violer. Elles seront d’autant plus fréquentes que les caméras vont se multiplier en ville : l’installation d’un millier d’entre elles est ainsi prévue sur la voie publique à Paris d’ici à 2012 ainsi qu’à Marseille.

Ces voyous anonymes ont peut-être déjà été identifiés lors d’une garde à vue antérieure. Leur photo peut alors figurer dans le fichier Canonge, qui contient les traditionnels clichés de face et de profil que l’on présente aux victimes pour les aider à reconnaître leur agresseur. Jusqu’alors, pour s’en assurer, il fallait réaliser une requête manuelle, selon des critères subjectifs (taille apparente, type morpho-ethnique, couleur de peau, de cheveux, etc.), en puisant dans le fichier Canonge. Or, celui-ci se composant d’une multitude d’albums photos numériques mis à jour au niveau local et non reliés entre eux au plan national, l’opération revient parfois à chercher une aiguille dans une meule de foin. Mais en brassant tous ces éléments photographiques avec de puissants ordinateurs, la recherche passerait du stade artisanal à la puissance de calcul industrielle. Et selon des critères plus scientifiques. Le secret de cette méthode est en effet mathématique. Le visage est cartographié, puis transformé en algorithme. Ce qui lui donne, en quelque sorte, une signature, que l’on peut donc comparer à celles des autres visages contenus dans le grand fichier photographique de la police.

Trois sociétés en concurrence

Bien sûr, les résultats obtenus peuvent être altérés par une mauvaise prise de vue, une ombre, un défaut de lumière. La personne peut aussi avoir grossi, s’être grimée ou avoir un jumeau… Mais les autorités assurent que des logiciels performants corrigent désormais ces défauts.

Ils recomposent le visage en partie caché, par un chapeau, par exemple, et se concentrent sur les points distinctifs exploitables. Trois sociétés notamment ont proposé des solutions au ministère de l’Intérieur : Morpho, spécialiste des traitements d’images de masse ; Cognitec, passée maître dans les outils visant à détecter les fraudes documentaires ; et la petite entreprise Facing it, dont les logiciels se font fort de reconnaître un intrus « blacklisté » qui se présenterait à un accès ou dans un couloir. La Place Beauvau n’a pas encore arrêté ses choix. Et elle devra se plier aux recommandations de la Cnil, qu’elle vient de saisir du dossier.

En tout état de cause, la méthode devra être strictement encadrée, sans jamais déresponsabiliser l’enquêteur. « Pour la reconnaissance en temps réel d’images vidéo, les marges d’erreur sont encore importantes », avoue un policier.

Détecter un Ben Laden dans une foule n’est pas chose aisée. Mais dans un aéroport, canalisé dans un sas, le public observé échappera plus difficilement au regard inquisiteur des caméras de vidéosurveillance.

Grande-Bretagne : recours à l’armée, expulsions de logements sociaux, portraits sur écran géant…

(Le 13 août 2011)

Cameron veut « exclure les émeutiers du logement social »

Le Nouvel Observateur avec AFP, 13-08-11 à 09:00

Le Premier ministre britannique David Cameron a estimé vendredi 12 août que les fauteurs de troubles impliqués dans les émeutes en Grande-Bretagne devaient être expulsés de leur logement social.

Une attitude « trop molle »

Les personnes qui « pillent leurs propres communautés » ne devraient plus être autorisées à vivre dans des logements sociaux, a estimé David Cameron sur la BBC. « Si vous vivez dans un logement social, vous profitez d’une maison à prix réduit et cela vous donne des responsabilités », a déclaré le Premier ministre conservateur.

« Pendant longtemps, nous avons adopté une attitude trop molle envers les personnes qui pillent leurs communautés. Si vous faites ça, vous devriez perdre vos droits à un logement subventionné », a-t-il expliqué.

« Evidemment, cela veut dire qu’il faut les loger autre part. Ils devront se trouver un logement dans le secteur privé, et cela sera plus dur pour eux, mais ils auraient dû y penser avant de commencer à voler », a-t-il ajouté.

Un avis d’expulsion émis

Au même moment, le conseil municipal de Wandsworth, un quartier du sud de Londres, a annoncé qu’un avis d’expulsion avait été émis contre l’un de ses locataires, dont le fils est soupçonné d’avoir participé à des violences à Clapham dans la nuit de lundi à mardi. La décision finale reviendra à un juge.

Selon le conseil à majorité conservatrice, le locataire a rompu les termes du contrat de location qui s’applique à tous les membres du foyer.

« Il n’y a pas de place dans nos logements pour des gens qui commettent des crimes violents, qui ne montrent aucune considération pour leurs voisins, ou harcèlent, menacent, intimident ou perturbent les autres », a déclaré le président du conseil Ravi Govindia.

Une pétition soumise aux députés

Cette décision fait suite à une pétition électronique qui demande que les casseurs soient privés de leurs droits sociaux. La pétition a déjà recueilli plus de 160.000 signatures et devrait être examinée en septembre par le parlement. Depuis le mois dernier, chaque pétition qui recueille plus de 100.000 signatures est automatiquement soumise aux députés.

« Aucun contribuable ne devrait financer ceux qui ont détruit des biens, volé leur communauté et n’ont montré aucune reconnaissance pour les aides que leur offre leur pays », détaille la pétition.


Émeutes : Cameron n’exclut pas de recourir à l’armée

Figaro, 11/08/2011 à 10:52

Le premier ministre britannique a tenu jeudi un discours ferme envers les émeutiers, annonçant de nouvelles mesures répressives.

Si la nuit dernière a été bien plus calme que les précédentes au Royaume-Uni, les émeutes qui ont eu lieu pendant quatre nuits ont secoué l’Angleterre, qui a trouvé que son premier ministre mettait du temps à agir. Le discours de David Cameron devant le Parlement jeudi était donc fortement attendu. Le premier ministre y a tenu un discours ferme envers les émeutiers.

• Il ne s’agit « pas de politique mais de vol »

David Cameron a ouvert son discours en expliquant que les émeutiers se servaient de la mort de Mark Duggan comme d’un prétexte. « Oui, cette mort soulève encore des questions et nous enquêterons. Mais la mort de cet homme est utilisée comme un prétexte par les gangs ». Il ne s’agit « pas de politique, ni de manifestations mais de vol », a poursuivi David Cameron. « Nous ne laisserons pas un climat de peur s’instaurer dans nos rues », a-t-il ajouté.

• Nouvelles mesures répressives

David Cameron a reconnu qu’il y avait « trop peu » de policiers mobilisés au début des émeutes. Mais « la riposte a été bonne » au final, a-t-il ajouté. Les 16.000 policiers mobilisés à Londres depuis mercredi le resteront jusqu’à la fin du week-end. Le premier ministre a annoncé de nouvelles mesure répressives, notamment la possibilité pour la police d’enlever les foulards, masques ou cagoules dissimulant les visages des personnes soupçonnées d’activités criminelles. Le gouvernement va se pencher également sur les conditions de mise en place d’un couvre-feu, sans préciser à qui il s’appliquerait

Alors qu’il s’était jusqu’ici abstenu d’annoncer des mesures radicales, David Cameron n’a cette fois pas exclu de recourir à l’armée si les émeutes venaient à reprendre. « Ma responsabilité est de veiller à ce qu’on considère toute éventualité, y compris si il y a des tâches que l’armée peut assurer et qui laisserait les mains libres à la police sur la ligne de front », a-t-il déclaré.

Le premier ministre britannique a également évoqué la possibilité d’interdire de réseaux sociaux « ceux qui s’en servent pour organiser des actions violentes, pour semer le trouble ». « Nous travaillons donc actuellement avec la police, a poursuivi David Cameron, les services de renseignement et l’industrie du numérique pour voir s’il serait juste d’empêcher les communications sur ces sites et applications quand nous savons que certaines personnes les utilisent pour organiser des violences, du désordre et de la criminalité ». La presse britannique a déjà pointé du doigt le rôle de Blackberry Messenger dans l’organisation des émeutes. De son côté, RIM, le constructeur des téléphones BlackBerry, a déjà annoncé lundi 8 août qu’il « coopérerait pleinement avec le ministère de l’Intérieur et les forces de police britanniques » si quelque chose lui était demandé.


Les photos des émeutiers sur un écran géant à Birmingham

AFP, publié le 12/08/2011 à 10:03

Portraits géants

La police de Birmingham a trouvé un nouveau moyen pour tenter de mettre la main sur les émeutiers de ces derniers jours : elle diffuse leurs photos sur un écran géant installé sur une camionnette qui sillonne cette ville du centre de l’Angleterre. Depuis jeudi, une cinquantaine de clichés de suspects, capturés par des caméras de surveillance, sont ainsi exposés à la vue de tous de 7 heures du matin à 19 heures jusqu’à samedi. « C’est la première fois que ce système de camionnette est utilisé pour exposer les photos des suspects recherchés par la police », souligne l’inspecteur Mark Rushton sur le site de la police locale, qui se prévaut d’utiliser « les dernières technologies » pour exhiber les suspects.


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