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Archives pour septembre 2011


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Chili : Transcender la dictature

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mercredi 7 septembre 2011

Dans la nuit du 25 au 26 août, dans le quartier de Jaime Eyzaguirre où Manuel Gutiérrez Reinoso a été assassiné par la police, ses proches et ses amis ont organisé une cérémonie à sa mémoire et ont défilé dans les rues de la communauté Macul. Des rassemblements et des marches ont eu lieu dans différentes villes du Chili, mais aussi à Buenos Aires en Argentine. Sur l’avenue Alameda dans le centre de Santiago, la police a fait usage de violence après 19h ; des canons à eau et des gaz lacrymos ont été utilisés pour disperser la manifestation de plus de 200 personnes. Cinq manifestants ont été arrêtés et les personnes solidaires ont répondu en montant des barricades et en s’affrontant avec les forces répressives.


Le nombre total d’interpellations dans tout le Chili pendant la grève générale de 48h (24-25 août) est de 1,394. Plus de 300 personnes ont eu des poursuites ; dans la majorité des cas les charges sont : troubles violents mineurs ou majeures, attaques contre des policiers ou pillage. La plupart des personnes persécutées ont été relâchées sur des conditions restrictives : se présenter régulièrement auprès des autorités, ne pas sortir du territoire et ne pas participer à des manifs. Par ailleurs une vingtaine de manifestants (le nombre n’est pas encore confirmé) ont été accusés de possession d’arme à feu, et certains ont été maintenus en garde à vue.

Durant la manif du jeudi 25 août à Santiago, trois jeunes colombiens ayant jeté des objets sur les carabiniers ont été arrêtés par des agents secrets de la police politique Dipolcar. L’un d’eux a été relâché. Les deux autres jeunes (15 et 20 ans) ont été poursuivis pour troubles publics violents et le procureur a demandé leur expulsion du pays. Celui de 15 ans est un réfugié politique et ne sera pas expulsé mais le colombien de 20 ans est menacé d’expulsion à cause de sa participation aux manifs. Dans le même temps les autorités de la province de Santiago ont déposé des poursuites contre les immigrés arrêtés (à noter que le 19 août à Bogota, en Colombie, un graphiste de 16 ans, Diego Felipe Becerra, a été abattu de sang froid par la police nationale ; des marches de protestation ont suivi cet assassinat).

Il est clair que cette répression est une mesure exemplaire contre tous les immigrés vivant au Chili, afin qu’ils sachent ce qu’il peut leur arriver s’ils protestent. Des centaines de milliers d’immigrés sont exploités, vivent dans des maisons bondées, et souffrent des constantes discriminations ainsi que d’une longue liste d’humiliations avec comme seule raison leur provenance d’un autre pays. Ces personnes pourraient à tout moment se révolter contre l’oppression ; c’est pourquoi le pouvoir réprime brutalement tous les immigrés qui osent protester. Par le passé, l’état chilien a déporté un grand nombre d’immigrés pour les motifs qu’ils aient participé à des rassemblements ou des manifs, qu’ils aient été solidaires avec les Mapuche, ou encore pour leur proximité avec les groupes de gauche ou anarchistes radicaux.

Aussi le 25 août, un enfant de 12 ans a été touché au visage par un tir d’une grenade lacrymogène pendant une manifestation à Concepción. La joue du garçon a été déformée après ce tir de grenade par un des assassins de la police chilienne, aux alentours de l’université de la ville.

Cela n’est pas quelque chose de nouveau : après la manif pour l’éducation publique du 12 mai, les carabiniers ont violemment envahi l’université de Concepción. L’étudiante Paulina Rubilar a été sauvagement blessée à l’œil par une grenade lacrymogène.

La pratique meurtrière de tirs de lacrymos à bout portant sur des manifestants, ainsi que l’utilisation extensive de balles en caoutchouc et de boulettes en plastique, ont causé des blessures à des centaines de personnes ces derniers mois. Les boulettes en plastique peuvent laisser des séquelles permanentes, voir même être fatales -tel qu’il fut le cas le 27 mars 1984, pendant une manifestation des étudiants de l’époque, quand une étudiante de 24 ans Caupolicán Inostroza Lamas perdit la vie, touché à la gorge par une de ces boulettes tirées par les serviteurs de la dictature de Pinochet.

Néanmoins, il semble que la démocratie bourgeoise transcende la dictature. Il est à noter que des manifestations contre le président milliardaire chilien Sebastián Piñera ont eu lieu dans quasi tous les endroits où il se montre. Son gouvernement essaie de masquer le meurtre de Manuel Gutiérrez Reinoso. Dans le même temps les porte parole de la police nient qu’un flic, un homme de leur nature, tira sur cet enfant et les média corporatistes reproduisent les scénarios aberrants afin de minimiser l’affaire d’assassinat d’état.

Dans une déclaration commune, les résidents du quartier de Jaime Eyzaguirre -où le meurtre de l’adolescent eut lieu- confirment que la police est seule responsable de ce meurtre, comme les témoignages l’indiquent aussi, et notamment celui du frère de 22 ans de Manuel qui était avec lui au moment de l’assassinat. Le quartier tombe sous la juridiction du 43ème département de police de Peñalolén. Dans cette même déclaration, les habitants rapportent qu’un autre voisin a été blessé à l’épaule par un tir de flic. Ce qui est confirmé par un jeune dans la presse du régime. Il ajoute que lorsque la voiture de patrouille est apparue dans la rue Amanda Labarca, les manifestants ont commencé de jeter des piètres et les flics ont ouvert le feu. Cependant, Manuel a été assassiné à environ 70 mètres du lieu des affrontements.

Contra Info.

Grèce : Briser l’unité nationale…

Puisque nous ne sommes pas né(e)s hier mais que nous gardons la mémoire du passé, puisque nous crachons sur la propagande des médias corporatifs…


Né(e)s ici ou pas, nous vivons et marchons aussi dans ces rues, nous savons donc très bien que :

LES GRECS AUSSI, ASSASSINENT
(massivement) en Afghanistan, en Somalie et partout ailleurs où les bottes de l’armée grecque pénètrent, comme elle a massacré à Srebrenica dans le passé récent, et comme elle continuera à tuer des gens partout où la protection des « intérêts économiques nationaux » le demande.

LES GRECS AUSSI, VIOLENT
Les filles et des garçons d’Afrique, d’Europe de l’Est et de partout, depuis des années, dans les bordels de la capitale et dans les bars louches en province, à l’intérieur des postes de police de notre voisinage. Une autre preuve tangible de leur imposture corpulente traditionnelle, accrue par leur condition (empruntée) de « Grec économiquement puissant ».

LES GRECS AUSSI, VOLENT
Les banquiers, propriétaires de bateau, patrons, hommes d’affaires, archimandrites de l’église, politiciens, juges honnêtes et policiers incorruptibles de Grèce ; en Grèce, dans les Balkans et partout où ils étendent leurs affaires répugnantes…

L’UNITÉ NATIONALE, C’EST UNE ARNAQUE
dont l’objectif est de créer l’illusion pour nous « d’en bas » que nous aurions des intérêts communs avec ceux qui nous volent, violent notre personnalité, avec ceux qui veulent tout presser hors de nous avant de nous exterminer dans une galère, une prison, une maison de fous.

NOUS NE DEVRIONS PAS SEULEMENT REFUSER D’ORGANISER NOTRE RÉSISTANCE SUR LA BASE DE L’UNITÉ NATIONALE NOUS DEVRIONS LA DÉTRUIRE

Groupes de contre-information contre les adeptes de la patrie et les apologistes de l’unité nationale.

Grèce : Briser l’unité nationale... grec-2-aaf67

Contra Info

A Bernard

Bernard Bassinet est mort au mois d’août 2011 à l’âge de 56 ans. Militant anarchosyndicaliste et descendant de communards, il avait participé à la création de la CNT en 1996 à Clermont-Ferrand et a été militant à la CNT. Il est mort avec le drapeau rouge et noir sur son corps.

 

F.

À propos de l’assassinat de Manuel Gutierrez par l’État chilien et ses pions

À propos de l’assassinat de Manuel Gutierrez par l’État chilien et ses pions arton1471-a9c2f


Quand la presse dit que quelqu’un « est mort dans un accident confus » elle veut dire que ce sont les enfoirés de flics qui l’ont tué. La vérité c’est qu’assassiner un flic, même si ça paraît dur, dans l’ordre social imposé, est plus grave que d’assassiner une personne commune.


Dans la nuit du jeudi 25 août, dans un quartier de Santiago du Chili est mort Manuel Gutiérrez Reinoso, âgé de 16 ans. Sa mort fut provoquée par un impact de balle qui le toucha en pleine poitrine alors qu’il allait observer/participer aux affrontements entre les manifestants et les flics près de son quartier (manifestation pour une éducation gratuite, les Chilien/nes sont en lutte depuis avril dernier). Il était alors accompagné de son frère Gerson Gutiérrez qui se déplaçait en chaise roulante. Selon Gerson et d’autres témoins, les tirs provenaient des flics, qui se trouvaient à environ 300 mètres.

Quelques heures après la publication des premières déclarations de la famille et des voisins, qui accusaient directement la police, qui sans aucune investigation terminée, nia totalement sa participation dans les faits à travers les paroles du général Sergio Gajardo, ayant pour objectif de se disculper rapidement des faits passés.

Quelques jours plus tard, le lundi 29 août, des fonctionnaires de police sont déclarés coupables, tant pour ce fait comme pour d’autres. Cinq flics furent suspendus et le gouvernement a également demandé la démission du général, Sergio Gajardo (déjà mentionné ci-dessus).

L’État à travers ses marionnettes du gouvernement a commencé à laver son image en « punissant sévèrement » les flics impliqués directement dans l’assassinat du jeune et leurs supérieurs, montrant à la société une mesure exemplaire qui évite que les responsabilités visent le Ministère de l’Intérieur qui dirige les instances de polices (carabineros et PDI).

Le procureur chargé de l’affaire avait assuré que le flic n’avait pas reçu l’ordre de tirer, avec ça, bien évidemment, il prétend disculper et éviter toute responsabilité de la part de l’État, montrant à l’opinion publique qu’il y a seulement un responsable individuel, alors que ce n’est pas le cas, car la police est le bras armé de l’État qui est aussi responsable que l’enfoiré qui a tiré.

Lamentablement, encore une fois, un opprimé est assassiné par les flics au service du Pouvoir, encore une fois, ce régime démocratique essaye de détruire tout type de révolte sociale à coups de balles : dans beaucoup de quartiers la police, au milieu des gaz lacrymos, réalisa des tirs qui ne correspondaient pas vraiment à des « munitions non létales » (comme ils argumentent souvent) pour disperser ceu/elles qui se réunissaient près des barricades, que ce soit pour se réchauffer ou bien pour affronter directement les forces de l’ordre.

L’agir de la police ne doit pas nous assombrir ; nous ne devons pas non plus exiger une bonne conduite à qui a pour travail de réprimer les opriméEs pour protéger les intérêts et l’ordre établi de ceu/elles qui ont le pouvoir. Mais, tout comme on ne doit pas être surprisEs face à l’agir policier, on ne doit pas non plus normaliser ni oublier l’assassinat d’un manifestant.

Vengeance pour ceu /elles tombées entre les griffes du pouvoir !!!!!

solidarité avec tou/tes les chilien/nes en lutte !!!!

 

solidarité avec les inculpées du « caso bombas »

 

mort à l’état et à ses pions !!!!!!

Traduit de l’espagnol de Hommodolars & Liberación total par juralib (et légèrement corrigé par nos Non Fides).

London Calling

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Un appel à d’autres révoltés sur le continent, à mettre le feu à la poudrière


La capacité de l’homme à s’adapter aux circonstances ne connaît pas de limites. On peut lui imposer un milieu des plus affreux, fait de misère, de pauvreté, de prison ; lui enlever toute perspective de vivre une vie pleine et passionnée, tout espoir ; l’encourager même à commettre les actes les plus vils au nom de la patrie, de la morale, du maintien de l’ordre, et il ne bronchera pas. Il regardera ses pieds et s’adaptera aux circonstances. Cette capacité est le fil qui traverse toute l’histoire humaine, c’est le fil de la résignation, de l’acceptation de l’inacceptable, l’effacement de soi-même au nom du « moindre mal ».

Mais il n’en est pas toujours ainsi, et il n’en sera jamais toujours ainsi. Ça aurait pu se passer autrement, là-bas en Angleterre, à Londres dans le quartier de Tottenham, où Mark Duggan a été tué par les balles de la police qui voulait l’intercepter. Ça aurait pu ne rien provoquer, engendrer quelques pleurs peut-être, mais rien de plus. Sauf, ça ne s’est pas passé de cette manière, l’acceptation de ce énième meurtre policier a dû faire place à une explosion de rage qui a vite embrasé quasi toutes les grandes villes d’Angleterre. « Londres mis à feu et à sang » titraient les journaux pour décrire la colère. « Londres aux mains des émeutiers et de pillards » disait-on pour décrire les innombrables attaques contre des magasins, des supermarchés, des centres commerciaux, des bâtiments de l’Etat, des commissariats de police, des écoles et des milliers de gens qui ont déclenché une fureur qui fait d’une certaine manière écho à ce qui s’était passé en novembre 2005 en France ou encore en décembre 2008 en Grèce.

Cette révolte en Angleterre a éclaté avec une violence telle qu’on pourrait dire qu’elle contient toute la violence vécue au quotidien, dans tous les rapports sociaux. La violence du travail, de l’environnement empoisonné, de la concurrence effrénée entre tout le monde, de la misère, du loyer, de l’école, de l’Etat,… a trouvé aujourd’hui en Angleterre un écho dans la rue, un écho de révolte qui se met en contre, directement, sans dialogue politique aucun, sans trêve ni paix possible. Et si des saloperies ont bien pu se passer lors de cette révolte, comme ne cessent de répéter les médias, les défenseurs de l’ordre, le « soutien critique » de la gauche, les réformistes, les humanitaristes, la question reste de savoir ce qui est crapuleux et pourquoi ça l’est. Les opinions différeront. Mais il faut être clair que ces actes ne sont rien comparées aux saloperies qui se passent tous les jours, justifiées et stimulées par le pouvoir (massacres, guerres, tortures, exploitation,…) ou par l’ordre social dans son ensemble (violence domestique, concurrence jusqu’à la mort, drogues et antidépresseurs pour oublier,…). Ils sont beaucoup plus un prolongement, un ombre d’un monde trop amoché qui puni le choix de ne pas vouloir marcher avec l’anathème du fou ou du criminel. Dans ce sens, on pourrait dire que la violence d’une révolte est libératrice quand elle se dirige contre ce qui nous opprime et enferme et qu’elle se différencie de la violence du pouvoir et de la société dans le sens qu’elle détruit des obstacles pour ériger un monde sur d’autres bases, tandis que le deuxième enchaîne, assujettit, protège l’ordre existant.

London Calling, cette première grande révolte à l’intérieur de l’Europe depuis les soulèvements dans le monde arabe. C’est peut-être un signe précurseur que les temps à venir seront marqués par de forts conflits, qui vont opposer ceux qui veulent maintenir l’ordre social actuel, et ceux qui veulent le renverser – sans peut-être encore savoir exactement ce qu’ils veulent mettre à la place. Mais la révolte doit de toute façon partir du négatif, de la négation de ce qui existe, pour libérer de l’espace et du temps pour construire d’autres rapports sociaux. Nous, anarchistes, voulons sans détours la destruction de l’ordre actuel fait d’exploitation, de riches et de pauvres, d’autorité qui écrase toute liberté sauf celle d’obéir aux chefs, de rapports asphyxiants entre les hommes, et nous n’avons pourtant pas de plan précis pour le remplacer. Mais par contre, nous avons un rêve et un désir de liberté qui nous pousse au combat. Dans ce combat, on peut rencontrer d’autres révoltés qui sont sur leur chemin à eux, et forger des complicités et des relations qui contiennent déjà en soi les germes d’un autre monde.

London Calling, car cette révolte n’est pas seulement un signe précurseur, mais aussi un appel à déchaîner les mauvaises passions. A ne plus avoir peur d’affronter ce qui détruit nos vies, d’arracher le masque aux moralismes qui condamnent les gens quand ils s’insurgent, et les louent quand ils commandent ou obéissent, de laisser nos yeux s’illuminer par le feu qui doit embraser ce monde putride. London Calling, un appel à d’autres révoltés sur le continent, à mettre le feu à la poudrière.

Extrait de Hors Service n°21.


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