Archives pour mars 2012

Dictats de minorité

Au risque de se faire moquer en se faisant traiter de non-violents, on pense que la vie humaine est la chose la plus précieuse. Encore davantage celle d’êtres humains sans défense comme le sont les enfants du monde entier.

Deux choses nous paraissent comparables :

– un individu vulnérable radicalisé par une idéologie d’aspiration à la prise de pouvoir par la terreur, sur une base religieuse ou autre, portant atteinte à la vie humaine d’innocents (dont des enfants) comme symboles militaires, religieux ou autres ;

– un pouvoir central, qui se qualifie de « légitime » [1] portant atteinte à la vie humaine dans l’exercice de sa domination, en vue de se maintenir ou d’imposer sa domination, sa raison d’État ou de briguer des suffrages.

Il est à peu près communément admis que la légitime défense se caractérise ainsi :

La légitime défense permet à une personne, un groupe ou un peuple de se défendre en usant de la force, sans qu’on puisse le lui reprocher d’un point de vue d’acte juste.

Certaines conditions sont à définir pour qu’on puisse parler de légitime défense :

         + être nécessaire : il ne doit pas y avoir d’alternative,
         + être proportionnée à l’attaque,
         + correspondre à une nécessité impérieuse.

La violence doit être utilisée pour se défendre immédiatement. Il n’y a pas de légitime défense lorsque la riposte a lieu alors que l’agresseur ne présente pas ou plus de menace imminente, que la réaction de défense est disproportionnée ou que la violence vise à prévenir une agression future et incertaine.

Dans ces guerres sur un territoire que se livrent par la terreur des protagonistes, le déploiement d’une force gigantesque en nombre et en technologie face à un individu solitaire, sur le point d’épuiser ses munitions, constitue une disproportion qui cache mal la décision quasi unipersonnelle délibérée d’une exécution sommaire et arbitraire sans jugement, en dehors de procédures de bon sens. Il s’agit bien de décision préméditée de liquider sur ordre.

On se souvient, en Grande Bretagne, de tirs gouvernementaux sur un innocent en pleine rue. Bien entendu, dans le cas où l’horrible culpabilité est avérée, la justification de l’arbitraire prend de la force aux yeux de ceux qui la pratiquent.

Un ex-cadre d’une force d’intervention officielle a déclaré qu’en 64 interventions vécues, il n’y a jamais eu mort d’hommes dans son expérience. Ce qui prouve simplement que si un corps étatique en a l’ordre ou le décide, c’est possible et encore plus de nos jours avec la technologie.

On a assisté ces dernières années à des exécutions sommaires pratiquées par ceux prétendant défendre et promouvoir les valeurs démocratiques et humanistes, dans leurs discours. Parfois même les circonstances sont restées obscures à l’égard d’adolescents morts, ou de personnes victimes de violences étatiques autour de manifs. Et ne parlons pas des pays en état de conflits ou de guerre civile.

Ces tendances se répètent avec persistance et dépassent largement le cadre de bavures. Elles prennent, depuis un certain temps, l’allure de pratiques systématiques et deviennent un danger public pour les peuples, embryon d’un état de guerre, bras armé de l’État contre bras armé de groupes ou individus violents [2] , extrêmement nuisibles contre les peuples en renforçant les moyens d’asservissement des exploités car propices à des mesures extrêmement autoritaires dans la vie quotidienne.

On n’ira pas jusqu’à se demander, si à un certain point, un jour, de petits groupes « officiels » seraient capables de se livrer à ne pas intervenir devant un attentat imminent, tout en ayant connaissance de risques sérieux et prouvés par plusieurs sources. En vue de provoquer la peur des peuples et de justifier, aux yeux de l’opinion publique, de mesures encore plus autoritaires. Ou sinon, de simplement naviguer sur cette peur, une fois l’attentat qui a échappé à leur attention est commis, pour en tirer des bénéfices politiciens et prendre de nouvelles mesures immédiates. Et surenchérir sur celles qui existent déjà.

Il est grand temps, semble-t-il de réveiller, à cet égard, le maximum de vigilance publique et on sait que ceux qui le peuvent s’y emploient, là où ils le peuvent.
Syndicat Intercoroporatif anti-autoritaire des Landes CNT-AIT

[1] Pour être légitime dans une démocratie digne de ce nom, la majorité réelle doit décider.

[2] Qui fabrique et vend des armes de mort en faisant de la valeur ajoutée et en exploitant autrui ?

AIT-Journées d’Action les 29,30 et 31 mars

        L’Association Internationale des Travailleurs-euses (AIT) organise des Journées d’Action les 29,30 et 31 mars. Ces actions sont internationales et contre les Mesures d’Austérité Capitalistes, l’Exploitation et l’Oppression et mettent l’accent sur les problèmes/les conflits ouvriers mondiaux, régionaux et locaux.

    Les Actions de l’AIT coïncident avec la grève générale du 29 mars en Espagne. La CNT-AIT espagnole a lancé un appel pour une grève générale et les Sections et le Secrétariat de l’AIT feront preuve de solidarité avec notre organisation sœur espagnole.

    Nous recevons des informations au sujet de la participation aux Journées d’Actions de l’AIT, et pour l’instant voici d’où elles viennent : la ZSP-AIT (Pologne), la SolFed-AIT (Grande Bretagne), les syndicats CNT-AIT (France), la KRAS-AIT (Russie), l’AIT-SP (Portugal) et la NSF-AIT (Norvège). Les journées d’Actions de l’AIT coïncident également avec la Journée Européenne d’Action contre le Capitalisme du 31 mars (M31) partiellement organisée par la FAU-AIT (Allemagne), l’USI-AIT (Italie) et la CNT-AIT (Espagne).

    L’Association Internationale des Travailleurs-euses (AIT) est convaincue que les travailleurs-euses doivent combattre les Mesures d’Austérité Capitalistes, l’Exploitation et l’Oppression par les Actions Directes et la Solidarité Internationale. Les sections de l’AIT fonctionnent par les travailleurs-euses elleux-même, sans permanent-es payé-es, ne participent pas à la collaboration de classe et ne reçoivent aucune subvention des capitalistes et de l’État.

    Les travailleurs-euses ne seront jamais totalement libéré-es de l’exploitation et de l’oppression tant que les travailleurs-euses du monde entier ne s’organisent et luttent avec pour but de substituer le système capitaliste actuel par un système où illes prendront toutes les décisions elleux-même, qui donnera l’égalité économique et sociale réelle pour toutes et tous les travailleurs-euses !

    Vive l’AIT et l’anarchosyndicalisme !
    Oslo, 12 mars 2012
    Secrétariat de l’AIT

Halte au Front de Gauche

Le « Front de gauche » est véritablement emblématique de la décomposition de toute culture politique anticapitaliste, il s’agit d’un véritable parti tribunicien qui aspire les angoisses de la classe- moyenne / petite- bourgeoisie en déclassement par temps de crise, à laquelle il apporte des réponses réactionnaires pourtant éculées. On troque une critique de la « valeur », et donc de la « marchandise » pour une critique de « l’argent » qui, en lui-même, ne signifie rien (l’argent n’est qu’une forme particulière de marchandise), on troque une critique de l’économie capitaliste, compris comme mode de production et rapport social, contre une critique des « excès » de la « finance » et des « élites », on remplace des notions économiques rigoureuses comme « bourgeoisie » et « prolétariat » par des notions idéologiques, creuses et démagogique comme « peuple » et « élite », on remplace la dialectique et la lutte des classes par un manichéisme vaguement complotiste (« oligarchies financières », « pouvoir de l’argent », les « très, très riches ») bref : on a là le « socialisme des imbéciles » qu’on retrouve de « Mein Kampf » jusque dans la bouche d’un Alain Soral et dans le programme économique du Front National … mais aussi au Front de gauche, dans les colonnes d’un torchecul républicain comme « Marianne », ou encore dans la bouche des « Indignés » français, simplement amputé de son versant xénophobe.

Il faut arrêter avec les abus de langage, ce type de discours n’est pas social- démocrate mais réactionnaire, et ne constitue pas un tremplin vers la radicalité mais une entreprise de crétinisation de grande ampleur de toute contestation réelle. Le discours de Mélenchon n’est pas superficiel mais carrément décomposé, profondément médiocre et incohérent pour qui a deux sous de culture politique, tous les éléments du fascisme s’y trouvent larvés : patriotisme braillard faisant de l’Etat une fin (et non pas un moyen, comme la sociale- démocratie historique) ; éloge naïve d’un passé jugé « vertueux », c’est-à-dire le capitalisme industriel d’un bon temps révolu, entre Conseil National de la Résistance et Trente Glorieuses, avant que les excès de la « finance mondiale » ne viennent précipiter la « belle » France dans la décadence ; abandon de la lutte de classe et de la dialectique au profit d’une critique complotiste des « élites » (c’est-à-dire la critique d’un groupe d’individus et non d’un rapport social) … tout ce mauvais populisme réactionnaire explique le nombre important d’antisémites et de conspirationnistes dans sa base militante … et le fait que le nouveau GUD d’Assass (association d‘extrême- droite) recommande dans son journal (Le rat qui rit N°1) la lecture du livre « Qu’ils s’en aillent tous » de Mélenchon, aux côtés des œuvres de Soral et de Zemmour.

Ce qui gène profondément toute cette petite- bourgeoisie, qui se découvre une « indignation », n’a jamais été l’existence d’un prolétariat, mais le risque désormais imminent de son propre basculement dans celui- ci à la faveur de la crise. Et l’on sait historiquement quelle diarrhée fasciste la classe- moyenne / petite- bourgeoisie est capable de chier quand elle se crispe. Ainsi certains de nos camarades caressent le vote Mélenchon en arguant que « ce que Mélenchon dit, c’est mieux que rien ». Comme le disait ce slogan du Parti de Gauche : « Mieux que rien, c’est pire que tout ».

S’ils doivent « tous s’en aller », que Mélenchon commence par donner l’exemple, ferme sa gueule et se casse. « Celui qui donne sa voix reste muet » dit le proverbe, il n’y a rien à attendre des partis, des politiciens, et du vote, notre émancipation sera notre oeuvre collective ou ne sera pas. Les seuls outils sont le tissage permanents de liens de solidarité et de luttes, l’auto-organisation du prolétariat dans les syndicats, les collectifs de quartiers, les coordinations, la grève générale, l’expropriation et la communisation. Et que crèvent les démagogues !

http://halte-au-front.blogspot.de/

Terreur et union nationale

Dans les guerres que se mènent les États entre eux, ou contre des groupes qui, s’ils ne sont pas à proprement parler des États, ne rêvent que de pouvoir et de domination sociale et politique. A coups de bombes et autres armes frappant plus largement que les seuls adversaires soi-disant visés, c’est-à-dire frappant des centaines et des milliers d’individus qui ne demandaient pas à prendre part à ces guerres, en tout cas qui ne souhaitaient pas en crever. Cette tuerie et cette mutilation permanentes s’étendent jusque dans les conséquences sociales dues au capitalisme : par son travail, son industrie, ses nuisances, les maladies qu’il provoque en pagaille. Jour, après jour, après jour.

Cette horreur diffuse devient banale, on ne l’évoque qu’en citant des chiffres : dix morts par-ci, trente morts par-là, des centaines et des milliers de blessés. Banale comme une hécatombe suite à un tsunami, un tremblement de terre, fatale comme le sont les fureurs et le déchaînement périodiques de la nature. On l’évoque donc (il est parfois plus profitable pour certains d’évoquer le drame que de le taire, les larmes mêmes pouvant être productives de façon intéressante dans ce monde pourri), on la glisse dans un bulletin d’information, rapidement, car on n’a au fond rien de bien substantiel à en dire. N’oubliez-pas, citoyens, le drame est là, la mort frappe toujours à nos portes, et face à elle, combien est douce la sécurité et la stabilité que l’État et l’afflux de marchandises vous apportent ! Que le petit quotidien de la survie continue et tout ira fort bien.

Mais tout à coup, voilà qu’un fait parmi d’autres arrête le temps qui passe, qu’une horreur parmi d’autres crève l’écran, que la normalité fait une pause, voilà qu’on devrait se mettre à réfléchir, alors que le reste du temps il faut juste courir vers nulle part. Voilà qu’il ne s’agit plus de quelques « brèves de l’horreur », lointaines et insignifiantes, mais de l’Horreur, avec sa figure terrifiante, la mort terroriste juchée sur un puissant scooter et revêtue de noir, qui a la fourberie de se masquer sous un casque intégral, pour échapper aux preux chevaliers de la police judiciaire. Elle laisse sept morts derrière elle.

Lire la suite ici.

La CNT-AIT es appelle et construit une grève générale pour le 29 mars

La CNT-AIT rejette toute sorte de négociation concernant les droits conquis par la classe ouvrière par des années de lutte. Nous appelons à cette grève avec comme objectif premier le retrait immédiat de la réforme du travail qui fut approuvé par le Parlement, et que nous considérons être un assaut frontal contre la classe ouvrière. Cette réforme continue les mesures commencées par le précédent gouvernement (socialiste), telle que la réforme du travail de 2010 et les coupes chez les salarié-es du public, des retraites, et des services publiques, coupes aggravées par le gouvernement actuel.

La CNT-AIT exige la fin d’une politique économique destinée à faire payer la crise des banques et des patron-nes aux travailleurs-euses. Cette politique a amené à un nombre inacceptable de chômeurs-euses, nombre qui ne s’arrête pas d’augmenter, tout autant que l’appauvrissement et l’aggravation des conditions de vie de la classe ouvrière.

La CNT-AIT appelle aussi à cette grève contre les coupes. La grève aura lieu la veille de la publication de Budget Général d’État, qui incorporera une attaque brutale contre les services publiques et les droits sociaux.

La CNT-AIT rejette l’accord atteint en février entre les syndicats CCOO (équivalent CGT) et UGT (équivalent CFDT) et la confédération des employeurs-euses, la CEOE, tout autant que les amendements que ces syndicats ont présenté lors des sessions parlementaires de mise en place de la réforme du travail. La CNT-AIT refuse de voir ces amendements comme une alternative valide, puisqu’ils partagent l’esprit de la réforme et assument la logique des patron-nes et du gouvernement, qui présument que le seul moyen d’échapper à leur crise doit se faire en faisait en sorte que les travailleurs-euses abandonnent leurs droits, plaçant du début la classe ouvrière dans une position de faiblesse. La même logique a déjà amené ces syndicats a accepté l’augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans, et ce même après la grève générale du 29 septembre 2010.

Pour la CNT-AIT, la grève du 29 mars doit être seulement le début d’un processus continu et grandissant de mobilisations, qui inclus la globalité de la classe ouvrière et les secteurs les plus désavantagés et affectés par la crise capitaliste. La mobilisation doit mettre un coup d’arrêt à la dynamique d’assauts constants sur nos droits, tout en posant les bases pour la récupération et la conquête de nouveaux droits sociaux avec pour perspective une transformation sociale profonde.

Toutes ces raisons ont appelé la CNT-AIT a faire cet appel pour le 29 mars par elle même. Avec cet appel la CNT-AIT veut donner une couverture à toutes celles et ceux qui prennent position pour une confrontation réelle et continue qui vengera les assauts sur la classe ouvrière avec la même force par laquelle nous les recevons, ensemble avec toutes les organisations de travailleurs-euses qui partagent ces objectifs et rejettent les politiques d’accord et la paix sociale.

Pour la CNT-AIT, un rejet conflictuel des politiques et du modèle syndicale bureaucratique des CCOO et de l’UGT, et leur discrédit dans de larges groupes de travailleurs-euses ne doivent pas devenir des excuses pour ne rien faire et ne pas lutter. A la place, ce rejet doit nous pousser à renforcer notre lutte par une forme différente de syndicalisme, basée sur l’action directe, l’autonomie et l’entraide. Contre les attaques d’une telle ampleur auxquelles nous devons faire face, l’unité de la classe ouvrière est fondamentale. Cette unité doit se faire à la base, sur les lieux de travail et dans les assemblées de voisinage, dans les luttes industrielles et sur les piquets de grève, jusqu’à ce que la mobilisation contre celles et ceux qui sont responsables de cette situation et en bénéficient (les patron-nes, les banques, et le gouvernement), se transforme en une dynamique inarrêtable qui lève une barrière contre la tentation de tourner les droits qui appartiennent à tout le monde vers un fragment de négociations qui n’appartiennent à personne.http://cnt.es/

Il est temps que toutes et tous les travailleurs-euses, salarié-esou chômeur-euses, retraité-es, au marché noir, étudiant-es, et les précaires disent « Assez ! ». Nous devons nous emparer des rues plutôt que de les abandonner, pour imposer notre force et nos exigences.

Le 29 mars, tout le monde dans la rue, tout le monde en grève.

La CNT-AIT es appelle et construit une grève générale pour le 29 mars web_imagen_29mcnt

(Depuis cet appel, la CNT-AIT es a multiplié les  actions et manifs pour le 29 dans toute l’Espagne, rassemblant des milliers de personnes : http://cnt.es/ )

Après Toulouse, une question s’impose : ET TARNAC DANS TOUT ÇA ?

Le hasard a fait que j’ai terminé la lecture du livre de David Dufresne, Tarnac Magasin général (Calmann-Lévy), quelques jours avant l’assassinat de militaires français et l’attentat terroriste contre une école privée juive [1].

À l’écoute des informations peu à peu distillées par la presse sur le passé de Mohamed Merah, notamment le fait qu’il a été pendant un temps surveillé et même interrogé par la DCRI, à l’écoute des critiques – y compris guidées par d’immédiats et transparents intérêts politiciens – adressées à cet organisme, issu en 2008 de la fusion entre les Renseignements généraux et la DST, le rapprochement avec l’affaire dite « de Tarnac » s’impose à l’esprit.

Pas « dangereux », Merah, de retour d’Afghanistan et du Pakistan. Mais signalés « dangereux », Julien Coupat et Yildune Levy pour avoir franchi sans passer par un poste de douane la frontière entre le Canada et les USA.

Pas de « moyens » pour détecter l’achat par Merah d’un arsenal de guerre. Des moyens énormes, en hommes (et en femmes), en matériels, et en temps, pour trouver… rien du tout à la ferme du Goutailloux. Rappelons que l’opération façon western à grand spectacle de Tarnac débouchera sur des gardes à vue, des inculpations et des emprisonnements, le tout sous le régime « antiterroriste ».

Certes, et le livre de Dufresne le rappelle dans le détail, l’affaire judiciaire « de Tarnac » intervient comme apothéose d’une farce bâclée, dans laquelle jouent des rôles non négligeables tel gougnafier, marchand de peur, spécialiste autoproclamé de la terreur, et telle godiche politicarde persuadée de laisser son nom sur le livre d’or de la pensée policière.

Pourtant, rien de semblable n’aurait été possible sans l’existence d’un arsenal législatif dit « antiterroriste » – moyen de ce que j’ai désigné comme système de terrorisation démocratique – patiemment fabriqué depuis 1986 (au moins) et dopé, au niveau européen, par les attentats du 11 septembre 2001 [2].

Or force est de constater que de la farce honteuse de Tarnac et des drames de Toulouse, l’« antiterrorisme » a permis la première et s’est montré incapable de prévenir les seconds.

On ne s’étonnera donc pas que M. Sarkozy ait conclu son communiqué de victoire, après la mort de Mohamed Merah, en annonçant… que l’arsenal législatif « antiterroriste » serait, pour la énième fois depuis vingt-cinq, alourdi et renforcé.

Sur le rapprochement entre Tarnac et le cas d’Adlène Hicheur, détenu, et dont le procès aura lieu le 30 mars 2012, on peut trouver l’écho d’une conférence de presse commune des inculpés de Tarnac et des proches d’Hicheur dans cet article de presse.

                                         Claude Guillon


J’ajoute ici, pour l’histoire, un grand moment comique de radio (sur RTL), que nous devons au Premier ministre François Fillon : « Aucun élément ne permettait d’appréhender » Merah avant les drames. « On n’a pas le droit dans un pays comme le nôtre de surveiller en permanence sans décision de justice quelqu’un qui n’a pas commis de délit [...] Nous vivons dans un Etat de droit ».

Le livre de Dufresne explique très bien comment des opérations de surveillance, par exemple, sont a posteriori intégrées dans les procédures judiciaires et « habillées » de légalité.

[1] Il n’aura pas échappé à la sagacité de mon lectorat que je n’évoque pas dans les mêmes termes un acte de guerre – tuer des soldats, même de dos et même hors « théâtre d’opération » comme disent les militaires avec tant de poésie – et le fait de mitrailler des gamins à l’entrée d’une école. Cela ne signifie pas pour autant que j’approuve l’acte de guerre, tant je suis persuadé qu’il est préférable – autant que faire se peut – de laisser une chance aux individus. Beaucoup de jeunes soldats français reviennent d’opération plus que dubitatifs sur les justifications et l’efficacité de la politique militaire française. Les descendre comme des pipes à la foire ne fait que renforcer un esprit de corps militaire et nationaliste.

[2] J’ai au moins un reproche à faire à David Dufresne : pourquoi, dans un gros livre de 486 pages, ne pas consacrer dix lignes à la définition légale, précise, actuelle, de ce qui peut être qualifié « terroriste » ? Le lecteur peut (mais doit) la déduire de plusieurs passages du livre. Or tous les débats autour de mon livre m’ont convaincu que la plupart des gens ignorent l’état actuel du droit français (et européen). Ce fut d’ailleurs, pour une bonne part, le ressort de l’indignation suscitée par l’emprisonnement prolongé de Julien Coupat et la qualification des fait qui lui sont reprochés.

TOULOUSE:APRES LA TUERIE

Pour la deuxième fois en une décennie, Toulouse est confrontée a une catastrophe sociétale, explosion de l’usine AZF en 2001, crime antisémite du 19 mars 2012 .La population de la ville est atterrée, comme nous le sommes, comme nous l’avons été après le drame d’AZF . Comme en septembre 2001 nous nous sommes réunis en tant qu’êtres humains et en tant que militants anarchosyndicalistes, à la fois pour exprimer notre ressenti face a cette horreur injustifiable et aussi pour dénoncer les conditions qui l’ont rendu possible.
Ces conditions nous les connaissons depuis longtemps :
- marginalisation des plus pauvres
-oppression et exploitation des travailleurs
-injustices et bavures policières contre leurs enfants …..
En n’offrant pas aux individus les moyens de leurs réalisation cette société les pousse au désespoir, au repli identitaire, aux communautarismes sous ses formes. Tout ceci ne peut que faire le lit de toutes sortes de fascismes , fascismes religieux , fascisme politique . Ce processus de divisions communautaires a été encouragé par les pouvoirs politiques, français et européens, qui ne manqueront pas d’exploiter cette tragédie à leur seul et unique profit.

Pour notre part nous appelons a lutter contre ces causes profondes de la barbarie.

« Notre patrie c’est le monde, notre famille l’humanité ! « 

CNT- AIT TOULOUSE le 21 Mars 2011

« Que cette info fasse le tour du monde »

Pendant que les magazines et les chaînes de télévision parlent de la vie des célébrités, le Chef de la Tribu des Kayapo a reçu la pire nouvelle de sa vie : Dilma, la présidente du Brésil (de gôche…), a donné son approbation pour la construction d’une énorme centrale hydroélectrique (la 3ème plus grandes au monde).

C’est la sentence de mort pour tous les peuples vivant prêt du fleuve, car le barrage inondera environ 400 000 hectares de forêt. Plus de 40 000 Indiens devront trouver de nouveaux endroits où vivre. La destruction de l’habitat naturel, la déforestation et la disparition de plusieurs espèces sont des faits !

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Nous savons qu’une image vaut mille mots, et montre le véritable prix à payer pour la « qualité de vie » de nos bourgeois.

Lien du site officiel Raoni se bat: http://raoni.fr/signature-petition-1.php

Il n’y a plus dans notre monde de place pour ceux qui vivent différemment, que tout doit être aplani, que chacun, au nom de la mondialisation, doit perdre  sa façon de vivre.

Aux USA, des SDF transformés en bornes wifi ambulantes

trouvée sur le forum de la Sulfateuse :

 

Un SDF peut-il faire office de borne Internet ? Une agence de communication britannique a provoqué une controverse aux États-Unis en transformant des sans-abri en bornes internet, gagnant leur vie en proposant un accès à la toile. Cette agence, Bartle Bogle Hegarty (BBH), a lancé l’expérience à l’occasion d’un festival mêlant musique, cinéma et technologies à Austin (Texas, sud), appelé South by Southwest (SXSW), qui s’est ouvert samedi et se tient jusqu’au 18 mars.

Elle a doté treize SDF volontaires d’émetteurs de réseau internet (MiFi) de 4e génération, les habillant de tee-shirts signalant l’initiative. Le passant tenté peut réclamer une connexion d’excellente qualité pour son ordinateur, sa tablette ou son téléphone, qu’il paie via internet le prix qu’il souhaite. L’ensemble des profits est reversé au SDF.

« Vous transformez les SDF en équipement »

BBH a expliqué vouloir « moderniser » le concept du SDF vendeur de journaux rédigés par des sans-abri. « Combien de fois voit-on quelqu’un « acheter » un journal, pour finalement le laisser au sans-abri ? […] Pourtant le modèle n’est pas cassé en soi. C’est seulement le produit qui est archaïque », a indiqué l’agence sur son site internet.

Des internautes ont trouvé l’initiative de mauvais goût. « Ce n’est pas en soi une bonne idée d’utiliser des personnes défavorisées, marginalisées dans la société, pour rendre plus pratique l’accès de personnes majoritairement blanches, forcément plus riches, à leurs comptes sur les réseaux sociaux », a réagi sur le blog de BBH un internaute appelé John. « Vous transformez les SDF en équipement », écrivait Simon, un autre internaute. « C’est un exemple de la façon dont le capitalisme exploite n’importe quelle ressource en vue d’un avantage concurrentiel », déplorait un troisième, David Byrne.

Le directeur de l’innovation de BBH, Saneel Radia, s’est défendu en se réjouissant que l’initiative ait fait parler de la situation des sans-abri. Il a concédé que l’idée aurait pu aller plus loin, en envoyant les internautes vers un site conçu par les SDF. « Hélas, nous n’avons pas pu nous permettre de créer une page d’accueil personnalisée, parce que la connexion se faisait par un appareil que nous n’avons pas fabriqué », a-t-il assuré.

COMMUNISME ANARCHISTE

Nous sommes « communistes » au sens non vulgaire et non caricatural, à l’inverse de ce qui apparaît à tout bout de champ dans les pages de livres d’histoire et des médias (« régime communiste », « Etat communiste », « parti communiste », etc.). Le véritable communisme est d’essence anarchiste : antiétatique (affirmation de la disparition de l’Etat) et anti-autoritaire. Cela signifie la commune libre et l’association des individus. Quand les opprimés et les exploités décident ensemble, dans les assemblées générales, comment ils vivent et ce qu’ils font pour s’entraider. Quand ils utilisent et mettent en commun par la collectivisation et la socialisation tous les biens et les produits de la terre, selon les mots du poète anarchiste du XVIIIème siècle, Sylvain Maréchal : « On utilise la lumière du soleil qui brille pour tous. » Malheureusement, en 1917, le sens de ce terme a été détourné et dénaturé par les bolcheviks, devenant ensuite la risée du reste du monde.

ASSEMBLEES GENERALES, PIERRE ANGULAIRE DE LA SOCIÉTÉ LIBRE

Nous sommes « communistes » dans nos idées, dans le but pour lequel nous œuvrons ; nous le sommes également dans notre lutte même. Nous sommes convaincus que, seules, les assemblées générales des usines, des services et des habitants de quartiers ou de localités doivent décider comment organiser les grèves (ou les révoltes), les manifestations et les meetings ; comment résister face à la répression des forces coercitives du système. Elles doivent décider, elles-mêmes, sans les représentants autoproclamés des partis, des syndicats, des députés ou des juges. C’est-à-dire rejeter toute forme de bureaucratie. De telles assemblées générales souveraines sont un gage de succès dans la lutte actuelle, mais aussi un prototype, voire une pierre angulaire de la société libre.

Anarchistes, si vous êtes pour les assemblées générales, puisque vous y voyez une pierre angulaire de la société libre, pourquoi considérez-vous nécessaire la création de « l’organisation anarchiste ouvrière » ? Le lecteur peut alors se demander à quoi servent de telles assemblées.

Commençons par le simple constat que les assemblées générales sont très rares dans la Russie contemporaine. La lutte est menée et conduite, ici, le plus souvent par les politiciens des partis et les bureaucrates syndicaux. Leur comité syndical décide de tous les aspects de la grève. Les ouvriers ne se réunissent que pour confirmer les décisions déjà prises par ce comité syndical. D’après eux, la masse, « incompétente », n’est pas capable de s’organiser par elle-même – leur opinion est, hélas, devenue banale. Brisons cette triste tradition coûte que coûte ! C’est pour cela qu’il est d’une importance vitale d’unir les opprimés et les exploités qui défendent le principe de souveraineté des assemblées générales.

Cependant, ces assemblées générales seules ne suffisent pas à ce jour, ce d’autant plus qu’elles ne se réunissent que lorsqu’une grève sérieuse éclate. Le pouvoir se manifeste très vite par les représentants des partis et des syndicats. Ceux-ci arrivent à prendre toutes les décisions sur la conduite de la lutte. Ce sont eux qui parlent, délibèrent et négocient avec les patrons et les autorités pour conclure des alliances sur les dos des travailleurs… Les opprimés et les exploités ne deviennent donc que des figurants, comme toujours sous le capitalisme. Outre ce phénomène, les masses « abdiquent » parfois même de leur souveraineté, confiant le soin de penser et de décider aux petits chefs improvisés et aux bureaucrates syndicaux.

Pourquoi ces choses se passent-elles ainsi ?

Les assemblées générales sont généralement un lieu où se prennent les décisions, mais elles ne sont pas une fin en soi. On peut prendre des décisions très différentes, dans cette agora, qui sont contradictoires, voire incompatibles avec les intérêts des exploités et des opprimés en lutte. La forme est fondamentale, le contenu aussi, comme leur harmonie. Car le contenu des décisions est déterminé par ceux qui y participent par leurs besoins, leurs désirs, leurs idées et leurs convictions. Tout ceci dépend d’eux.

Bien sûr, l’homme est un être social (c’est sa spécifié biologique, si on veut). Son comportement est évidemment structuré par de multiples rapports qui peuvent impulser une profonde entraide et la solidarité. Mais les millénaires d’autorité, de domination et de propriété ont gravement déteint sur sa personnalité. Grâce à des vecteurs idéologiques (concurrence à outrance, poursuite d’avantages privés, égoïsme bestial, conformisme plat et consumérisme pervers), le capitalisme a largement contribué à aller dans cette direction. De plus, aujourd’hui, une fraction significative des exploités et des opprimés est prête à échanger sa liberté contre du confort, à se contenter des miettes acquises au prix d’efforts minimaux et, autant que possible, sans recourir à la lutte. Elle ne veut en aucun cas rompre avec le capitalisme.

Par conséquent, si nous voulons que les assemblées générales restent un lieu libre et indépendant, pour que les exploités et les opprimés soient maîtres de leur lutte et de leur destinée, tous les partisans de ce choix doivent s’unir résolument afin de le défendre. Pour mener à bien cette ambition, nous avons besoin d’une organisation révolutionnaire qui unit dans ses rangs les opprimés et les exploités qui veulent lutter consciemment pour le triomphe de la liberté, de la solidarité et de l’acratie. Si, dès à présent, peu de personnes rejoignent cette organisation révolutionnaire, nous sommes persuadés que nos idées convaincront tôt ou tard, dans un premier temps, une fraction significative des opprimés et des exploités.

NI PARTI NI GROUPE SPECIFIQUE IDEOLOGIQUE

Est-ce que ça signifie que les partisans du « communisme libre » doivent créer un parti politique pour lutter contre le capitalisme sous toutes ses formes ?

Le mot parti contient en lui-même ce que nous refusons. Il signifie ni plus ni moins qu’une « parti-e » du peuple agit pour défendre ses propres intérêts de classe. Un parti se forme par ceux qui prétendent aux postes de chefs afin d’être des représentants institués. Ceux-ci veulent que les exploités et les opprimés leur confient le rôle de conduire la lutte. Les membres d’un parti agissent toujours selon les instructions venues d’en haut, même quand, par exemple, ils agissent à la base en direction du milieu populaire. – « Confiez-nous la représentation de vos intérêts. Nous ferons alors… » disent-ils aux opprimés et aux exploités.

Peu importe de quel parti il s’agit, parlementaire, d’avant-garde ou les deux. Dans le premier cas, les dirigeants tentent de représenter les intérêts des différentes classes de la société en promettant tout et n’importe quoi, mais en ne satisfaisant exclusivement que les détenteurs de la richesse et du pouvoir. Dans le deuxième cas, les dirigeants s’autoproclament comme une minorité éclairée du peuple, une élite naturelle qui n’est pas comprise et estimée par les maîtres du moment. Cependant, les objectifs et les tâches de ces partis sont toujours les mêmes : s’emparer du pouvoir, installer un gouvernement et abandonner continuellement, au final, les intérêts des opprimés et des exploités.

Nous n’avons pas l’intention de construire un parti politique. Nous ne voulons pas rester non plus un groupe idéologique de propagande qui se limite à la diffusion simple de nos idées, bien que nous soyons parfois forcés de commencer de cette manière. C’est trop peu pour nous de fréquenter la masse là où elle se trouve et de lui parler. Il est insuffisant pour nous d’aller aux meetings et aux assemblées générales des grévistes ou des habitants. Nous ne voulons certainement pas être un groupe idéologique qui produit des analyses, en synthétisant l’expérience de la lutte et en faisant la leçon aux frères de classe – guidés et dirigés de ses hauteurs scientifiques ou culturelles avec plus ou moins de morgue.

La théorie est morte sans la pratique. La conceptualisation pure dans une tour d`ivoire est impuissante sans une réelle confrontation dans le champ social, d’où l’on dégage l’enseignement de l’expérience. Des idées (a fortiori les nôtres, celles du « communisme anarchiste ») ne peuvent qu’avancer dans le monde que lorsqu’elles sont capables de générer une force sociale. Cela sous-entend, logiquement, que le mouvement social reprenne à son compte plusieurs de nos idées telles que l’acratie et l’action directe, avec l’idéal de liberté. Nous aspirons à ce que le mouvement social détruise ce système pour le remplacer par un nouveau.

La lutte contre le monde actuel de l’autorité, de la domination, de l’exploitation et de l’injustice commence en résistant contre chaque atteinte à notre vie et à notre liberté : des grèves pour l’augmentation du salaire, la diminution du temps de travail, la réduction de notre exploitation, par conséquent, et l’accroissement du temps libre, pour notre auto-développement ; des rassemblements contre la construction de maisons pour les riches et contre la replanification commerciale des quartiers où nous habitons ; de l’opposition contre la construction et l’installation des industries produisant des énergies nuisibles à notre santé et à la nature. Autrement dit, elle commence par des actions au moyen desquelles les opprimés et les exploités défendent leurs droits et leurs intérêts de classe, jusqu`à pouvoir changer le système social.

Cela concerne avant tout la sphère du travail, qui nous asservit à chaque instant. C’est-à-dire dans la place que nous occupons au niveau du procès de fabrication, de production et de reproduction du capital (le lieu où nous vivons et où nous faisons nos études)… Notre absence de droits se trouve là où demeure le fondement de notre esclavage de tous les jours : l’extraction de la plus-value placée centralement dans l’immense mécanisme totalitaire de notre humiliation et de notre servitude. Nous passons la plupart de notre vie au travail, en vendant notre corps et notre cerveau pour un maigre salaire. Nous dépensons, ensuite, le reste du temps pour reprendre un peu d’haleine, nous détendre, bien dormir, nous mettre en « ordre relatif » et repartir afin d’être plus productifs et rentables. Nous sommes ravalés au rôle d’une machine qui est juste l’appendice d’autres machines de métal et de plastique. C’est précisément là où nous créons la plupart des biens indispensables pour la vie que nous dépendons totalement de n’importe quel caprice de nos maîtres (patron ou chef), qui usurpent les biens sociaux réalisés par nous-mêmes à leur seul profit… C’est pourquoi nous tentons de mettre la sphère du travail (l’entreprise ou le service où nous travaillons, l’école ou l’université où nous étudions) au centre de notre résistance contre le capital et l’Etat, qui nous oppriment, sans nier pour autant tous les autres aspects de la domination : le consumérisme, l’enfermement, la religion, la famille, etc.

PAS DE SYNDICAT SANS IDÉOLOGIE

Quelqu’un pourrait nous suggérer d’entrer activement dans un syndicat ou d’en fonder un nouveau ? Nous devons répondre « non » !

Les syndicats ont émergé au XIXème siècle pour remplacer le plus souvent les associations des producteurs (les corps de métiers ou les unions), dissoutes et détruites par le capitalisme. En s’unissant dans les unions selon les professions, les ouvriers ont tenté de s’entraider dans le travail et la vie. Beaucoup de ces unions ont justement agi comme des sociétés de résistance en luttant pour l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail et la diminution du temps de travail. Ces ouvriers ont également agi souvent de manière révolutionnaire, en menant des grèves agitatrices ou des grèves générales. Ils ont aussi favorisé l’émergence d’une culture ouvrière qui s’opposait au capitalisme. Car elle proclamait clairement et ouvertement une finalité révolutionnaire.

Néanmoins, toutes les organisations syndicales, y compris même les plus révolutionnaires, ont toujours eu une faiblesse. Elles ont été conçues en partant des conditions matérielles des travailleurs dans la société existante. Certes, celles-ci étaient liées au contexte d’horrible misère des deux siècles précédents. Le capitalisme n’entendait satisfaire aucun besoin des travailleurs, jusqu’à ce qu’il fût mis au pied du mur, à savoir : la possibilité d’en finir avec lui. Toutefois, cette épreuve a été perdue par les travailleurs. Il s’est trouvé que le capitalisme, dans sa variante industrielle, s’est restructuré par l’avènement du fordisme et du taylorisme. Ces derniers se sont caractérisés par « une production impersonnelle de masse », fondée sur le découpage et le chronométrage des tâches (parcellisation), l’apparition des chaînes ou des lignes de montage, etc. En se passant d’un certain « savoir-faire technique » des ouvriers, les capitalistes pouvaient donc réduire les frais de production. Des produits standards ont commencé à envahir le marché, en stimulant le jeu de l’offre et de la demande. La bourgeoisie humaniste et progressiste (via l’Etat) a été capable d’accepter un certain nombre de revendications immédiates des ouvriers. Elle y a parfaitement trouvé son compte : le taux de productivité s’est intensifié au maximum tout en pressurant davantage la force de travail par une diminution du temps de travail ; la masse salariale s’est élevée, tout en conservant et en réalisant d’énormes gains. Le mieux-être des travailleurs n’a pas forcément engendré la destruction du système.

En ne restant que dans le cadre de ce dernier, au lieu de lutter pour une autre société, les syndicats se sont également ouverts aux opprimés et aux exploités possédant des convictions très différentes, qui ne voulaient pas nécessairement risquer une rupture avec le capitalisme et l’Etat, préférant même chercher des maîtres plus conciliants, comme les chefs des partis socialistes, puis les bolcheviks. En confiant la lutte pour leurs intérêts aux mains de ces aventuriers avides de pouvoir, les membres des syndicats se sont limités volontairement à la défense du niveau de vie : le pouvoir d’achat (si l’on préfère). Une dualité a ainsi émergé : la lutte politique aux partis et la lutte économique aux syndicats. Ces derniers se sont peu à peu réorganisés selon le même schéma de la représentation parlementaire. Une bureaucratie a grandi et est devenue omnipotente à l’intérieur des organisations syndicales. Ces membres ont été rabaissés à de simples figurants : payeurs de cotisations et exécutants de décisions prises par la bureaucratie. Finalement, les syndicats sont aujourd’hui des appareils idéologiques d’Etat, bien qu’ils s’en défendent, soi-disant, au moyen du neutralisme idéologique (même le syndicalisme révolutionnaire).

Nous ne voulons pas de ce syndicalisme revendicatif qui négocie uniquement un meilleur taux de la valeur de la force de travail. Nous refusons de nous contenter de l’amélioration simple de notre situation d’esclave moderne. Nous n’acceptons pas que l’on parcellise, fragmente et cloisonne la lutte contre le système. L’idéologique, le politique, l’économique, le culturel… sont interdépendants, consubstantiels, voire dialectiquement et transversalement liés. Nous souhaitons vivre non seulement mieux, mais aussi autrement. Nous voulons juste être libres !

UNION OUVRIERE À FINALITÉ COMMUNISTE ANARCHISTE

L’organisation révolutionnaire que nous voulons construire n’est ni un parti et ni un syndicat. Elle est dans son mode d’organisation une union (ou association) ouvrière, rassemblant les travailleurs qui résistent contre l’exploitation et l’oppression de tous les jours, dans le cadre des revendications immédiates (énumérées précédemment), ces dernières n’étant pas une fin en soi. L’union ouvrière – ou plutôt, « sociétés ouvrières de résistance » – ne sont pas fondées uniquement que sur celles-ci. Elles sont seulement un moyen pour qu’ils prennent conscience de leur subjectivité (une classe en soi et pour soi), lorsqu’ils font preuve de solidarité et d’entraide pendant la lutte, lorsqu’ils en viennent à remettre en cause l’autorité, l’oppression, la propriété, l’inégalité, etc.

En défendant de front tous leurs droits, les travailleurs pourront seuls surmonter l’égoïsme, acquérir la dignité humaine en se réveillant de la léthargie séculaire et en se rendant compte aussi qu’il faut en finir entièrement avec le système capitaliste. C`est pourquoi nos sociétés ouvrières de résistance (professionnelles et interprofessionnelles) sont en même temps des organisations idéologiques dont la finalité est le « communisme anarchiste ».

Nous sommes donc pour l’union ouvrière qui regroupe les travailleurs pleinement conscients des principes du « communiste anarchiste ». C’est-à-dire qu’ils sont libres de toute forme de bureaucratie, de politicaillerie et d’arrivisme. Toutes leurs décisions sont prises dans les assemblées générales ou à l’échelle supérieure d’un niveau local par leurs mandatés. Ces derniers sont seulement la « voix » de ceux qui les ont désignés.

Ses unions ouvrières ont la vocation de réaliser un travail idéologique de propagande et culturel pour diffuser les principes et la finalité du « communisme anarchiste », en paroles et en actes. Ces unions ouvrières doivent être en capacité de préparer, mener des grèves et autres actions contre le joug du capital et de l’Etat. Notre but est que les travailleurs s’imbibent des positions du « communisme anarchiste », qu’ils commencent à penser et agir comme tel, indépendamment de nos unions ouvrières.

Alors, les assemblées générales créées par eux – aujourd’hui si rares et si instables – peuvent se transformer, dans le futur, en des structures régulières, constantes et permanentes issues de l’auto-organisation et de l’autogestion sur la base du communisme libre. Nous appellerons celles-ci les conseils, les soviets ou les assemblées populaires (selon les us et coutumes de chacun). Alors, en nous inspirant des idées et des principes du « communisme anarchiste », nous, les exploités et les opprimés, irons au grand soir, à l’assaut ultime des bastions de ce vieux monde.

Vadim, du KRAS-AIT Moscou avec la collaboration de la CNT-AIT Caen.


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