Archives pour mars 2012


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« A ceux qui ont fait du communisme une insulte »

En ces temps d’offensive contre nos vies la détermination et la volonté de ne plus se laisser faire sont de plus en plus fortes, et toujours plus de gens n’ont plus rien à perdre face à l’aggravation de leurs existences. Les émeutes du 12 février dernier à Athènes ont mis un peu plus à nu le caractère farouche de ceux qui ont décidé que c’en est trop et qu’ils ne veulent plus de ce système. En attaquant ce qui nous en dépossède tous de par le monde, ces enragés ont clairement montré que la révolte n’a pas de frontières : attaques contre les flics, incendies de banques, violation de la propriété privée par le pillage, etc. L’essence profondément révolutionnaire de ces actes n’est pas à prouver : la fracture entre ceux qui défendent ce monde et ceux qui l’attaquent se dessine toujours plus clairement.

Et voilà qu’ici et aujourd’hui, des messieurs viennent faire un meeting-débat autour de la « solidarité avec le peuple grec », avec Giorgos Toussas, eurodéputé du Parti Communiste Grec (KKE), qui est aussi le dirigeant national du PAME. Et ça nous fait mal de voir des mecs comme ça venir nous parler de « solidarité » avec une lutte contre laquelle lui et ses potes du Parti Communiste Grec font toutes les saloperies. Vous voulez des exemples ? En voilà :

Le 20 octobre 2011 le KKE par le biais des nervis de son syndicat le PAME révèle sa sale face. Rappel des faits : ce jour-là se déroulait la manifestation de la deuxième journée de grève générale et lorsqu’elle arrive devant le Parlement, les gros bras du syndicat forment une ligne clairement offensive, armés de manches de pioches, de casques et de barres de fer devant celles des flics. Ces derniers trop content de les voir faire le sale boulot répressif. Le but clairement avoué de cette démonstration de force est de défendre le Parlement, empêcher les manifestants d’y pénétrer et d’en faire ce que mérite chacun de ces symboles du pouvoir : le cramer. Des affrontements violents éclatent alors entre ces défenseurs de l’ordre bourgeois et les enragés qui n’acceptent pas que ces nouveaux gardes rouges fassent un boulot de flic.

Mais ces ordures n’en sont pas à leur coup d’essai : le drapeau rouge qu’ils agitent si fièrement au bout de leur manches de pioche est celui trempé dans le sang de milliers de prolétaires assassinés. Pendant la guerre civile (1945-1949), quasiment tous les anarchistes et trotskistes seront liquidés, dans les purges du Parti, les montagnes et les prisons. S’être opposé à la ligne du Parti 15 ans auparavant se soldera par une exécution de la main des tueurs de l’OPLA (Organisation de Protection de la Lutte Populaire). Cette police politique agira aussi dans les taules et jouera le rôle de supplétifs des matons, mettant tricards et attaquant violemment tous ceux contre eux.

Plus récemment, le 15 novembre 1995 des affrontements entre des jeunes enragés et les gros bras du KKE et du PASOK éclatent lors de l’occupation de l’École Polytechnique, ces derniers se proclamant les proprios de l’endroit : ils se font violemment foutre dehors à coup de latte. Le 17 novembre 1998, les flics anti-émeutes (MAT), conjointement avec les nervis du KNE (jeunesse du KKE), attaquent le bloc anarchiste et arrêtent 160 personnes. Lors des émeutes de décembre 2008 ces mêmes ordures feront tout pour calmer la révolte et faire en sorte qu’elle rentrent dans les clous : c’est-à-dire dans une contestation calme et pacifique ! Ils annulent les manifs prévues depuis des semaines pour le 09 décembre effrayés par la perspective de l’émeute généralisée, tentent de bloquer des assemblés à Athènes, dénoncent les « casseurs » et vomissent sur une révolte qu’il ne peuvent ni récupérer ni utiliser pour leur propre pouvoir politique.

Assoiffé de contrôle et de pouvoir le KKE cache bien son jeu mais son caractère contre-révolutionnaire n’en reste pas moins très clair. En tentant de briser la détermination de prolétaires enragés, qu’ils soient anarchistes, communistes ou simplement là avec leurs tripes, ce Parti a clairement marqué le coup et le pourquoi de son existence, aujourd’hui comme il y a plus de 60 ans. S’il se revendique aux côtés de la classe ouvrière en lutte, comme avec les aciéries grecques, dans les faits il participe clairement au maintient de ce monde pourri. À travers ces exemples historiques, ces stalinistes ont clairement montré de quel côté ils se placent : celui de l’État, du Pouvoir et du Capital. Parce que ce qu’ils ne veulent pas, c’est que toute lutte échappe à leur contrôle et qu’elle commence à s’auto-organiser, une révolte dans les clous et pour leur prestige, voilà ce qu’ils veulent. Ce pourquoi le KKE ne luttera jamais c’est la destruction de ce système, mais bien pour son contrôle par son parti de l’ordre. Entre ceux qui défendent ce monde et ceux qui l’attaquent notre choix est fait !

ALORS À CEUX QUI RÊVENT DE PRENDRE LE POUVOIR ET DE NOUS ASSERVIR À LEUR TOUR NOUS N’AVONS QU’UNE RÉPONSE : VOUS NOUS TROUVEREZ SUR VOTRE CHEMIN !

Des prolétaires qui se souviennent.

[Tract distribué à la Maison des Associations de Strasbourg pour faire chier les stals et en solidarité avec les enragés qui luttent en Grèce. Repris de alsacelibertaire]

Strasbourg/Latina : actions contre les staliniens grecs du KKE


Strasbourg : Action de solidarité avec les insurgés grecs, et contre les ennemis KKE

Nous revendiquons l’action de sommation le soir du mercredi 14 mars à Strasbourg, alors que les responsables locaux du PCF et des Jeunesses Communistes françaises ont invité l’Eurodéputé du KKE et le responsable national du PAME, syndicat stalinien grec, pour un prétendu meeting de solidarité internationale avec le peuple grec.

Parce que nous considérons la venue du KKE à Strasbourg et de son motif officiel comme une insulte à la lutte sociale et offensive du peuple [sic] grec contre la Troïka [sic], l’État et le Capitalisme. Parce que ici comme partout, nous luttons contre tous les autoritarismes ainsi que tous les outils de contrôle et de répression. Parce que ici comme partout, nous considérons les staliniens comme ennemis à mort dans la guerre de classes.

Parce que nous considérons la répression stalinienne par le parti communiste grec KKE contre la foule insurgée tentant de prendre d’assaut le Parlement à Athènes le jour de grève générale du 20 octobre 2011 comme la suite logique des positions historiques collaboratrices et répressives de la force stalinienne en tant que telle.

Parce que nous considérons cette répression stalinienne du 20 octobre comme nouvelle déclaration de guerre ouverte au mouvement social [sic], à sa force insurrectionnelle et sa portée révolutionnaire.

Parce que nous considérons, aujourd’hui comme par le passé, l’ennemi stalinien comme premier appui-clé de l’État lors de troubles insurrectionnels, de mouvements sociaux et populaires [sic].

Parce que nous affirmons notre solidarité active et totale avec les combattants anarchistes et révolutionnaires de Grèce en cette période de haute intensité de la guerre de classes, ainsi que notre solidarité active et totale avec tous les insurgés du peuple [sic] grec, en grève, en occupation, en expropriation, en rapport de force direct contre l’État et le Capital.

Nous revendiquons avoir tagué à plusieurs endroits la façade du bâtiment qui accueillait l’ennemi KKE peu après le début du meeting, et déversé plusieurs dizaines de tracts à l’entrée du même bâtiment, provoquant par la suite la peur des JC et l’accélération de la fin des débats. Ceci se veut comme une sommation à l’encontre de tous les staliniens de Strasbourg et une action de solidarité avec les combattants anarchistes grecs persécutés par le KKE, et le mouvement social révolutionnaire sévèrement encadré et réprimé par le PAME.

NI OUBLI, NI PARDON

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AVEC LES COMBATTANTS DE GRÈCE POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE ET CONTRE TOUS SES ENNEMIS

Groupe Kronstadt.

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Latina (Italie) : des anarchistes perturbent la visite d’un membre du KKE

Aujourd’hui, le 7 mars 2012, un meeting se tenait à Latina, organisé par la Gauche Populaire avec le KKE grec. Le parti grec a envoyé un de ses membres pour parler de « comment faire face à la crise du capitalisme en Grece et en Italie » aux cotés de Rizzo, membre de la Gauche Populaire de Latina.

Pour commencer, Rizzo s’est félicité de la présence de tant de jeunes personnes jusqu’à ce qu’il se rende compte que TOUS les jeunes présents dans le hall (âgés de 16, 17, 18 et 23 ans) étaient des anarchistes venu pour l’emmerder lui et son ami grec. Aussitôt après avoir vu les symboles de ces jeunes gens (A cerclés et drapeaux noirs), Rizzo a commencé à proclamer des choses comme : « Les anarchistes n’ont jamais fait de révolution, l’anarchie n’a jamais mis un bâton dans les roues du capitalisme » et continua en se moquant des squatters et en faisant l’apologie de l’URSS, qui selon lui, a réussi a représenter un problème pour le capital (vraiment ?). Ses proclamations terminées, un des jeunes s’est levé et a commencé a poser des questions inconfortables au membre du KKE [Ndt mais quel intérêt de discuter avec des crapules pareilles ?].

Il a demandé pourquoi le KKE avait décidé de charger les rebelles hors du parlement lors d’une journée chaude à Athènes et pourquoi son parti collaborait avec les flics anti-émeute à de nombreuses occasions. Le grec a tout nié, demandant des preuves de ce qui était avancé. Il lui a été rétorqué l’existence de nombreuses vidéos montrant clairement le KKE en train de charger, mais le grec n’a rien voulu admettre. La discussion s’est donc arrêtée là, avec certaines personnes dans le hall soutenant les anarchistes et d’autres riant ironiquement, ne sachant pas quoi faire d’autre face au silence qui suivit.

Cette affiche grecque a été retrouvée sur place : jd-11-84aab

Elle montre les syndicalistes/flics du KKE attaquant un rebelle à Athenes.

On y lit :
L’attaque des racailles casquées du P.A.M.E. n’est pas la guerre civile « qui fait le jeu de l’Etat ».
C’est une attaque contre l’Etat lui-même et ses laquais.

Traduit de l’anglais par nos soins de actforfreedom.

Manifestation sauvage à Lyon en soutien aux compagnes-ons grec-ques

Jeudi soir était prévu un rassemblement de soutien aux Grecs en lutte, à Lyon place de la Comédie. C’est plus d’une centaine de personnes qui a répondu présent pour finalement partir en manifestation sauvage à travers les rues de Lyon.
Petit retour en photo.

18h30, place de la comé­die. Quelques dizai­nes de per­son­nes se ras­sem­blent. Les pré­sents sont très majo­ri­tai­re­ment liber­tai­res, la CGA sort une ban­de­role, les Grecs pré­sents à Lyon une autre, et les dra­peaux noirs sont de la partie. Les partis poli­ti­ques (NPA, PCF, PG) ont délé­gué quel­ques mili­tants avec leurs dra­peaux.

Après quel­que temps, des slo­gans com­men­cent à être lancés (« A Athènes comme à Lyon, la crise, c’est le capi­tal, soli­da­rité inter­na­tio­nale »), et des fumi­gè­nes sont allu­més. L’ambiance est déjà un peu plus sym­pa­thi­que. Le ras­sem­ble­ment se trans­forme dès lors en mani­fes­ta­tion sau­vage, par­tant de la place de la Comédie pour remon­ter la rue de la répu­bli­que. Sur le chemin les slo­gans de soli­da­rité, en fran­çais ou en Grecs, et les « A, Anti, Anticapitalista », s’enchai­nent. Petite mani­fes­ta­tion liber­taire rapi­de­ment aban­don­née par les fidè­les de Mélenchon. Sur le chemin quel­ques ban­ques reçoi­vent des œufs sur leur façade. Le temps d’un aller-retour jusqu’à la place Bellecour, les flics ne sem­blent pas avoir envie de se mon­trer. À peine l’un d’entre eux vien­dra-t-il à la ban­de­role de tête deman­der le res­pon­sa­ble (en deman­dant à la per­sonne la moins mas­quée du pre­mier rang) et repar­tira bre­douille, il n’a visi­ble­ment pas com­pris la réponse : « y’a pas de res­pon­sa­ble, ici on est tous res­pon­sa­bles ». Les quel­ques détours de rigueurs font bien chier les deux flics en bagnole bana­li­sée, mais leurs col­lè­gues ne poin­tent pas leur nez.

Retour de la place Bellecour un peu plus calme, quel­ques par­ti­ci­pants quit­tent la mani­fes­ta­tion vers les Cordeliers, pen­dant que les autres fini­ront la mani­fes­ta­tion à son point de départ. Une petite mani­fes­ta­tion sau­vage comme on devrait en voir plus sou­vent, l’occa­sion en tout cas de rap­pe­ler, dans les rues de Lyon, que notre soli­da­rité n’a pas de fron­tiè­res.

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Occupy Oakland appelle à une grève générale mondiale le 1er mai 2012

La grève générale est de retour, remodelée pour cette époque faite de coupes budgétaires importantes, d’un violent racisme anti-immigrés, et d’une spéculation financière prédatrice et généralisée. En 2011, le nombre de travailleurs syndiqués aux Etats-unis était de 11,8%, soit près de 14,8 millions de personnes.

Ce dont ces chiffres ne parlent pas, c’est le nombre croissant de chômeurs et de précaires dans ce pays. Les chiffres ne parlent pas des travailleurs manuels, des travailleurs non déclarés, des travailleurs domestiques, qui viennent, la plupart du temps, des communautés immigrées. Les chiffres ne parlent pas de ceux qui travaillent à domicile et de toute l’économie invisible du travail reproductif non rémunéré. Les chiffres ne parlent pas des étudiants qui ont contracté des milliards de dollars de dette, et qui souvent multiplient les petits boulots, pour pouvoir payer des frais de scolarité qui montent en flèche. Les chiffres ne parlent pas du pourcentage énorme de noirs américains qui sont en prison ou exclus de la stabilité et de la sécurité de l’emploi à cause du racisme de notre société.

En Décembre 2011, le taux de chômage officiel à Oakland atteignait le poucentage catastrophique de 14,1%. Alors que les villes comme Oakland tombent en ruines à cause de l’austérité, ce qu’il reste d’argent public est destiné à la corruption et la militarisation des forces de police afin de contenir le désordre social. Le 2 Novembre de l’année dernière, Occupy Oakland a organisé la première grève générale aux Etats-unis depuis la grève générale d’Oakland de 1946, qui avait fermé le centre ville et bloqué le port. Nous devons ré-imaginer une grève générale, dans une époque où la plupart des travailleurs ne sont plus syndiqués et où la plupart d’entre nous se battent pour le privilège de travailler plutôt que pour des améliorations marginales des conditions de travail.

Nous devons porter le conflit dans la rue, dans les écoles et dans les bureaux des administrations locales corrompues. Ré-imaginer une grève générale signifie trouver dès maintenant des solutions pour les communautés touchées par les coupes budgétaires et par le harcèlement constant de la police, indépendamment d’un éventuel changement de municipalité. Occupy Oakland appelle et participera à une nouvelle orientation du mouvement des Occupy, basée sur la certitude que nous ne devons pas seulement trouver de nouvelles façons de subvenir à nos besoins indépendamment de l’Etat ; nous devons aussi attaquer les institutions qui nous acculent à une vie de misère faite d’exploitation, d’endettement, et d’une pauvreté toujours croissante. SI ON NE PEUT PAS VIVRE, ON NE TRAVAILLERA PAS.

Le 1er mai est un jour férié international qui commémore le massacre de Haymarket en 1886, quand la police de Chicago, défendant comme toujours les intérêts des 1%, attaqua et tua des travailleurs qui participaient à la grève générale et revendiquaient l’instauration de la journée de 8h. Au XXIe siècle, malgré ce que nous disent les politiciens, la guerre de classe existe et elle se mène contre les travailleurs (de base et non syndiqués), les étudiants, les gens de couleur, les chômeurs et les précaires, les immigrés, les SDF, les femmes, les queer et les trans, et les prisonniers. Au lieu de trouver un terrain d’entente avec les monstres, il est temps de les combattre. Il est grand temps de faire de la lutte une réalité quotidienne dans la zone de la Baie et au-delà.

Le 1er Mai 2012, Occupy Oakland se joindra aux gens de tous horizons, partout à travers le monde, dans une gréve générale mondiale visant à interrompre la circulation du capital, qui chaque jour sert à enrichir les classes dirigeantes et à appauvrir le reste d’entre nous. Il n’y aura pas de victoire autre que celle que nous remporterons nous-mêmes, en nous réappropriant les moyens d’existence dont nous avons été et dont nous continuons à être dépossédés jour après jour.

Révolte pour une vie qui vaille la peine d’être vécue !

Grève/Blocage/Occupation

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2012 : les promesses n’engagent que ceux qui y croient…

Introduction
Au soir du 6 mai 2007, Sarkozy fut élu sixième président de la Cinquième République. Il avait su, au cours de sa campagne, user de la flatterie et promettre monts et merveilles tout en appliquant le stratagème « diviser pour mieux régner ». Sarkozy s’était aussi permis un glissement idéologique sans complexe car à cette époque la moitié du programme du Front national était déjà mis en application grâce au vote de diverses lois, mais aussi pour mettre à terre le Front national, récupérer son électorat et maintenir l’hégémonie de l’UMP à droite. La soirée électorale de 2007 fut peu ordinaire. Des échauffourées sporadiques eurent lieu, les partis politiques et les médias les avaient à l’unisson minorées et condamnées. Cinq années se sont pratiquement écoulées et le bilan de Sarkozy n’est guère satisfaisant. Le petit prince et ses conseillers n’avaient pas prévu que le capitalisme allait prendre en 2008 une tournure nous renvoyant à la crise de 1929 et à la Grande dépression dont nous connaissons l’issue.

Économie française : quelques indicateurs de sa situation actuelle
La bataille des indicateurs fait rage. Même si ceux-ci peuvent varier, ils démontrent que l’économie française continue à se dégrader, avec une accélération sous le quinquennat de Sarkozy. En effet, le solde de la balance commerciale (échange de biens) était de moins 51 milliards d’euros pour l’année 2010 et de moins 70 à moins 75 milliards d’euros pour 2011 selon Pierre Lellouche (secrétaire d’État au commerce extérieur). Les parts de marché sont passées en 2010 de 6,3 % à 3,4 %, le volume de production a baissé vu qu’il y a davantage d’importations que d’exportations. Parallèlement, la désindustrialisation se poursuit inexorablement. 335 000 emplois supprimés entre le premier trimestre 2007 et le deuxième trimestre 2011. Ils ont été à peine remplacés par 311 000 emplois crées dans le secteur tertiaire. Les quelques 8 200 postes nouveaux pour le premier trimestre 2011 ne vont certainement pas inverser la tendance. L’écroulement de l’industrie peut s’expliquer par cette combinaison de phénomènes : manque de compétitivité → délocalisation → internationalisation du capital → investissement des multinationales dans des pays émergents.
Au début de son mandat, Sarkozy s’était vanté d’avoir fait reculer le chômage avec un million de chômeurs en moins. Cela était facile en radiant à tour de bras, sans oublier la fusion ANPE-ASSEDIC et la sous-traitance des dossiers auprès d’agences privées, l’impact démographique. Pour l’année 2010, le Bureau international du travail (BIT) dénombrait en France 4 874 000 chômeurs, 2011 ne sera guère meilleur, sinon pire. Le chômage de longue durée touchait près de 40 % des chômeurs au dernier trimestre 2010, la moitié d’entre eux n’étant pas indemnisés. Les ouvriers et les employés sont les plus touchés par les vagues de licenciements. Quant aux emplois aidés, leur nombre a été divisé par deux en dix ans, il est descendu sous la barre symbolique du million en 2010. Comme tout bonne entreprise, l’État dégraisse. Pour 2010 et 2011, les effectifs de l’État ont diminué respectivement de 33 789 et de 31 538 postes de fonctionnaires avec l’application de la loi de finances. D’autre part, cet agent économique est confronté à : 1/ un déficit considérable (avec une baisse très nette des rentrées) ; 2/ une dette publique qui est passée de 1 318 à 1 591 milliards d’euros entre 2008 et 2010, soit 82,3 % du produit intérieur brut (PIB) – sans compter les intérêts à la clé de cette même dette publique qui sont estimés à 2,5 % pour l’année 2011 ; 3/ un endettement des entreprises privées qu’il doit soutenir pour pallier le manque de financement par le déficit d’épargne (moins 44,7 milliards de dollars en 2010), ce qui veut dire que l’économie capitaliste est sous perfusion de l’argent public et de l’emprunt.
Ces indicateurs nous révèlent que l’économie française est prise dans ce cercle vicieux : faiblesse de la croissance → poids de l’endettement généralisé → fragilité du système bancaire → insuffisance des marges brutes d’autofinancements des entreprises (ou accumulation de capital). Cependant, les hauts revenus se portent plutôt bien (ils ont littéralement explosé), alors que huit millions de personnes vivent avec moins de 950 euros par mois. Cela ne risque guère de s’améliorer avec la menace de faillite généralisée à laquelle il faut ajouter tous les nombreux problèmes énergétiques et écologiques. Un plan d’austérité est donc inévitable pour les économistes et les politiciens qui étalent leurs désaccords sur son importance. Il pourrait bien être l’enjeu majeur des élections de 2012.

Un arsenal juridique qui se met en place
L’actualité rappelle chaque jour à ces tartuffes de privilégiés que leur pouvoir n’est pas éternel. Rien que pour l’année 2010, ils ont adopté quatre lois scélérates : 1/ Mars 2010, loi renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d’une mission de service public ; 2/ Mars 2010, loi tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédure pénale ; 3/ Mars 2010, loi sur l’immigration, l’intégration et la nationalité (et éviter ainsi de déstabiliser leur système) ; 4/ Décembre 2010, LOPPSI 2, loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure. Toutes ces lois sécuritaires ont pour but de dresser, de formater et de réprimer. L’État est le protecteur des classes privilégiées et doit veiller à ce que la pyramide sociale ne s’effondre pas comme un château de cartes. Le pouvoir législatif utilise donc les lois pour répondre aux phénomènes sociaux sous couvert de l’intérêt général. L’erreur serait de sous-estimer l’intelligence des gouvernants qui savent que prendre le pouvoir revient également à le conserver par tous les moyens suivant cette maxime « la fin justifie les moyens ». Il est indispensable pour y parvenir de renforcer l’emprise de l’État et c’est là que les médias – appareil idéologique d’État- remplissent justement à merveille leur fonction qui est de façonner « l’opinion publique » par la communication (pour ne pas oser dire propagande), en jouant sur l’affectivité avec des mots passe-partout, le flot des images, etc.

La recomposition politique du paysage français se poursuit
Les élections de 2012 seront-elles deux étapes supplémentaires dans la recomposition politique du paysage français qui est très éclaté ? Les scissions se multiplient et les grands partis politiques ne peuvent escompter remporter la victoire sans conclure au préalable des alliances qui se font et se défont au gré des circonstances. En tous cas, l’évolution de la crise risque de peser très lourd dans ces alliances de classes et notamment celles qui concernent la classe moyenne qui se paupérise et périclite ; chose qui s’est déjà produite historiquement à plusieurs reprises. Cette classe moyenne (concept relativement assez large, ne se limitant pas qu’à la seule petite bourgeoisie) est en quelque sorte l’alpha et l’oméga de cette société contemporaine. Elle a été jusqu’à présent garante du statu quo et son développement a supplanté la classe ouvrière encadrée par le Parti communiste français (PCF). L’Histoire n’est pas écrite par avance mais elle enseigne que les déclassés de la classe moyenne peuvent aller vers le soutien ou le rejet du capitalisme. Un compromis historique associant certains partis politiques y compris le Front national est-il possible en France comme c’est actuellement le cas en Grèce pour endiguer la colère de la rue ? Il est trop tôt encore pour se prononcer définitivement sur cette question. Mais une chose est sûre, le parlementarisme est absolument compatible avec l’instauration d’une dictature, comme cela fut possible en Allemagne avec la nomination de Hitler au poste de chancelier le 30 janvier 1933 par le président Hindenburg. Les pleins pouvoirs lui furent donnés par le Reichstag le 23 mars 1933, de même que les pleins pouvoir furent attribués en France au maréchal Pétain le 10 juillet 1940 par l’Assemblée nationale. Cela dit, on oublie trop souvent que le coup d’État est une pratique courante en France. Les plus significatifs furent : 1/ les Montagnards éliminant les Girondins de la Convention nationale avec l’appui de trente et une sections de Sans-culottes le 2 juin 1793 ; 2/ le général Bonaparte supprimant le Directoire le 9 novembre 1799 (connu sous le nom du coup d’État du 18 brumaire) ; 3/ Louis-Napoléon Bonaparte mettant fin à la Deuxième République le 2 décembre 1852 ; 4/ le groupe des Sept (comité secret dirigé par Pierre Lagaillarde) et les pieds-noirs passant à l’insurrection le 13 mai 1958 à Alger. A propos des évènements d’Alger, le général de Gaulle su être l’homme providentiel. Il instaura un gouvernement provisoire et fit adopter par voie référendaire la constitution de la Cinquième République le 28 septembre 1958. Constitution qui réduit le législatif (le pouvoir du parlement) et renforce l’exécutif (rôle du président de la république et du gouvernement), d’ailleurs un certain François Mitterrand dénoncera « le coup d’État permanent ».
Si la crise devait s’aggraver et menacer, nul doute que le nouvel homme providentiel en appellera à l’acceptation du plan d’austérité, à l’unité de la nation et au respect de la légalité constitutionnelle, s’il le faut en recourant à l’article 16 de la Constitution qui permet la dissolution de l’Assemblée nationale et donne les pleins pouvoirs à la plus haute autorité de L’État, ainsi qu’aux ordonnances de 1959 qui programment une militarisation de la société. De même, la focalisation sur le Front national et la prétendue « menace fasciste » entretenue par tout un folklore contestataire soutenu par la gauche tend à brouiller cette compréhension historique. Elle évite la critique d’un autre totalitarisme qui est celui du capitalisme arrivé au plus haut point de sa puissance : l’aliénation de la totalité de l’existence humaine.

Pendant ce temps là, les affaires s’enchaînent !
Pendant son mandat, Nicolas Sarkozy se sera octroyé une hausse de 175 % sur sa fiche de paye (19 331 euros par mois). Rien de très surprenant sur le fond car il ne faisait par ce geste qu’illustrer au grand jour cette pratique courante chez les élus – peu importe d’ailleurs qu’ils soient de droite ou de gauche – et autres dirigeant des partis politiques ou responsables syndicaux. Les élus ne sont pas là pour servir « l’intérêt général ». Ils se rattachent à la technostructure et ils monnaient chèrement leur présence avec l’oligarchie (ce qui est parfaitement contraire à la notion de république et de souveraineté du peuple). Une corruption endémique sévit : malversations, subventions, emplois protégés, règlements de compte et autres scandales compromettant des politiciens avec les hommes de la finance et de l’industrie. N’oublions pas les agapes mondaines comparables à celles de la Cour du Roi Soleil par le niveau de dépravation consacrant cette morale de profiteurs, illustrées récemment par les frasques de Dominique Strauss-Kahn et la grande saga de l’été 2010 et son épilogue qui se fait toujours attendre, les magouilles de Liliane Bettencourt et de Eric Woerth (ex-ministre du budget du gouvernement Fillon). Quant à la gauche, elle s’en serait volontiers passé car François Mitterrand fut un grand ami de la famille Bettencourt et eut une drôle de jeunesse « ligueuse ». La gauche qui veut se parer du manteaux de la vertu pour les élections de 2012 et ce qui est loin d’être le cas avec : 1/ Arnaud Montebourg et son rapport sur les pratiques de Guérini (ami de Gaston Defferre) ; 2/ Bernard Tapie symbolisant le renversement de toutes les valeurs de gauche, encaissant ses indemnités mirobolantes de 45 millions d’euros accordées par une ex-ministre de l’économie qui est maintenant la remplaçante de DSK au FMI ; 3/ Super menteur alias Jacques Chirac porté au pinacle par la gauche contre Le Pen en 2002… il est désormais atteint de pertes de mémoire au sujet des emplois fictifs de la ville de Paris. La liste serait longue et même interminable ! Il est évident que les mensonges de cette classe de fripons et de scélérats n’est plus à démonter mais leur ruse à confondre la vérité et le mensonge est réelle : c’est ce qu’on appelle le sophisme permanent. Cela peut durer longtemps car le spectacle dans la société correspond à la fabrication concrète de l’aliénation. Quelles seront les prochaines vedettes des joutes oratoires des élections de 2012 pour éviter que les vrais problèmes ne soient posés !

Organiser le camp de la résistance populaire autonome
Voter aux élections de 2012 sera donner son aval à un système corrompu et à la politique d’austérité avec la bénédiction des syndicats qui continueront à organiser le spectacle et celle des hiérarques qui jouiront de leurs prébendes. Réfuter cet argument est tout simplement se mentir et croire également que la pression du vote pourrait arrêter ou limiter la paupérisation. Le vote anti-Front national servira de caution aux attaques du prochain gouvernement par ce chantage « C’est nous ou le Front national ». On ne peut continuer éternellement à se voiler la face. Mais nous ne saurions être angélique avec l’abstentionnisme car ce phénomène est, à l’analyse, assez complexe et contradictoire. Votant ou pas, soyons convaincus que l’affrontement de classe est inévitable de toute façon. Il a déjà commencé en plusieurs endroits de la planète avec le mouvement protéiforme dit « les indignés ». Ce réveil de la spontanéité des masses contient en germe la conscience de classe qui fait encore défaut pour le moment pour qu’une rupture radicale soit effective dans les faits. Si la France a connu d’importants mouvements sociaux ayant fini la queue entre les pattes, cela n’a guère d’importance puisque le Pouvoir finit toujours par commettre des erreurs qui facilitent l’apparition d’un moment révolutionnaire. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut rester les bras croisés. C’est pourquoi les anarchosyndicalistes et les révolutionnaires authentiques doivent unir leurs efforts pour organiser le camp de la résistance populaire autonome que nous pouvons approximativement définir en six points : 1/ être hors du cadre parlementaire ; 2/ déborder et marginaliser les bureaucrates syndicaux ; 3/ reposer sur l’assembléisme comme mode de fonctionnement démocratique et sur l’action directe (agir sans aucun intermédiaire) ; 4/ recourir à la désobéissance civile lorsque les luttes ont réussi à acquérir une légitimité et qu’elles sont suffisamment coordonnées et structurées, massives et déterminées ; 5/ regrouper étudiants, travailleurs, précaires et chômeurs pour dépasser le carcan de l’enfermement corporatiste, briser le « chacun pour soi » de l’individualisme par l’appui mutuel et la solidarité ; 6/ mêler à la fois contestations « politique » et « sociale » contre le capitalisme et contre l’État pour avancer d’autres valeurs et rapports sociaux.

Conclusion
Si nous voulons en finir avec ces deux monstres que sont l’État et le capitalisme, nous devons construire un rapport de force à la hauteur de notre projet. Ce dernier vise à l’instauration des Conseils, basée sur l’autonomie fédéraliste et sur le gouvernement de tous par tous qui est le communisme sans État ou Anarchie dans le sens attribué par Michel Bakounine : « Nous invoquons l’anarchie, cette manifestation de la vie et des aspirations populaires d’où doivent sortir, avec et par la liberté, l’égalité réelle de tous et de toutes, l’ordre nouveau fondé sur le développement intégral et sur le travail librement organisé de tous et de toutes, et la force même de la révolution.»*1. L’Histoire enseigne que ce sont les masses qui font les révolutions lorsque des situations propices éclatent sous le poids des contradictions du système en vigueur et qu’elles s’aperçoivent que les élections ne sont plus d’aucun secours. En l’absence d’une idéologie « rupturiste » et de sa non-production en tant que pensée concrète dans le cours des évènements, les masses laissent reprendre le dessus à leurs croyances et à leurs tendances conservatrices : la victoire aux élections des islamistes modérés dans les pays du printemps arabe en 2011 est là pour le rappeler alertement. La nécessité fait que les anarchosyndicalistes doivent continuer à affirmer leur corpus idéologique et les valeurs originelles du socialisme (liberté, égalité, fraternité, justice, solidarité). Les luttes sociales gagnent la planète car les problèmes qui affectent le capitalisme occidental ont des incidences mondiales. Elles sont l’expression de la lutte des classes et le prolétariat doit s’unir pour une résistance internationale de classe.

CNT-AIT Caen.

_1,- Michel Bakounine, Théorie générale de la révolution, textes assemblés et annotés par Etienne Lesourd, d’après. G.P. Maximov, éditions Les nuits rouges, page 361.

ROYAUME-UNI : RESISTANCE FACE A L’AUSTERITE !

Et oui, après la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’austérité (ce moyen de mettre définitivement à bas la classe ouvrière sous prétexte de réaliser des économies, alors que le capitalisme sait trouver de l’argent) s’étend désormais au Royaume-Uni. Voici un petit aperçu de la situation britannique, et des résistances qui s’organisent, car oui, les britanniques aussi savent faire grève !

En 2010, peu avant les élections, un compagnon anarchosyndicaliste anglais me disait que « la crise a durement secoué la Grande-Bretagne, à cause de la prédominance du secteur financier. Le gouvernement a renfloué les banques, et les partis se battent seulement sur le timing de l’austerité ».Mais d’abord, un petit retour en arrière. Le 6 mai 2010, David Cameron (membre des Tories, le Parti Conservateur) est élu Premier Ministre. Le Labour Party (le PS local) est laminé, et un nouveau parti, les Lib-Dems (Libéraux-Démocrates, le MODEM en gros) s’invite à la fête et termine troisième. C’est la première fois qu’un parti autre que Labour et Tory s’immisce si haut. Il faut dire que ce parti, nouveau, jeune, a fait souffler un vent d’espoir… vite retombé, car une fois leur score assuré, ils ont passé une alliance avec les Tories… Le BNP (le FN local) est un petit parti, et ne « profite » pas de la crise. Notons 35% d’abstention ! Depuis, les attaques pleuvent sur les travailleurs-euses britanniques. Mais ne nous faisons aucune illusion, elles ne font que poursuivre les attaques lancées par le Labour Party lorsqu’il fut au pouvoir, car désormais, depuis Thatcher, tout les partis sont néo-libéraux… pendant ce temps là, la classe ouvrière souffre.

Mais elle s’organise ! Autre particularité anglaise, il y a une seule « confédération » syndicale, le TUC. Tous les syndicats y sont affilié-es, qu’ils soient clairement traîtres ou un minimum combatif… Le TUC est aussi combatif que la CFDT ou la CGT. En Irlande et en Écosse, ce n’est plus le TUC, mais c’est la même chose… Mais sur les lieux de travail, impossible ou presque de lutter sans s’y affilier. Revenons sur les attaques.

A peine élu, Cameron annonce une série de suppressions d’emplois massive (les « cuts »), et une augmentation mirobolante des frais d’inscription dans les universités : multipliés par 3, une année coûte… 10 700 euros ! Dès lors, le TUC appelle à la grève, ce que nous autre anarchosyndicalistes appelons le « Spectacle de la contestation » (ils n’appellent qu’à la grève dans le secteur public). Autre précision, en Angleterre, une grève sur un lieu de travail n’a lieu qu’après un vote, et les grèves de solidarité sont interdites (merci Maggie, merci le TUC de n’avoir rien fait…). Mais le TUC est débordé : dans les facs, dans les lieux de travail, dans les magasins (Vodafone, la BBC…), les occupations se multiplient. Le mouvement « Anti-Cuts » est lancé. Des banderoles apparaissent : « No Tory Cuts. No Lib-Dem Cuts. No Labour Cuts ». Le SWP (notre NPA…) se concentre sur la démission de Cameron… il ne peut se présenter nationalement et vote donc… Labour. Le TUC (syndicat du Labour Party) tente d’encadrer en vain, à Leeds le local du syndicat étudiant est occupé… par ses affilié-es ! En Irlande, le 27 novembre 2010, 100 000 personnes manifestent à Dublin ! Le ICTU (TUC irlandais) est débordé…

Solidarity Federation est la section britannique de l’AIT. Après des années à stagner, elle s’est développée, a accueilli de nombreux jeunes et est très dynamique. Elle a remporté des victoires par l’action directe. Aujourd’hui, elle se compose de 13 groupes, dont 2 en Écosse. Lors de ces mobilisations, elle organisait des « Blocs des Travailleur-euses Radicaux-ales » avec l’Anarchist Federation (qui n’a que peu à voir avec le FA française) et d’autres anarchistes. En novembre, les actions directes se multiplient, les locaux des Torys sont attaqués, des millions de personnes manifestent, 30 universités sont occupées… Le TUC a bien du mal a canaliser cette rage. La police est ultra-violente, et d’ailleurs il lui est demandé d’appliquer des nouvelles stratégies telles le kettling qui consiste a encercler les manifestant-es en centre-ville, et de contrôler les papiers… ça peut durer 4 heures… Les médias dénoncent les « Minorités Violentes ». SolFed répondra publiquement, réponse bien accueillie. Mais le gouvernement refuse de céder, la pression retombe… pas pour longtemps.

En août 2011, un jeune est tué par la police à Londres, s’en suit un mois d’émeutes. Dans les bus, on trouve des affiches pour dénoncer les émeutiers. Un compagnon m’explique que parfois, lorsque des magasins sont pillés, la nourriture et l’argent sont redistribués…

Le 30 novembre, les « cuts » n’ont pas diminué, et une énorme grève est convoquée. Elle battra des records dans plusieurs villes. On entend parler jusqu’à 60% de grévistes, Cameron ne parade pas vraiment… Mais le TUC veille, tout comme le Labour Party. Mais comme on l’entend toujours depuis la grève des mineurs, « I’d rather be a piquet than a scab, and I still hate Thatcher »1

Et là, il y a quelques semaines, une nouvelle attaque. Nommée « Workfare ». Simple. Consiste à faire travailler les chômeurs-euses gratuitement ou jusqu’à 80 euros par semaine s’illes veulent continuer de toucher leurs allocations. Deux stratégies : une « expérience volontaire de travail » non rémunérée. Si une fois commencé, vous voulez arrêter… vous perdez vos allocations. L’autre : faire bosser gratos les handicapé-es pour les « intégrer ». en réduisant de 20% les personnes incapables de travailler… Le gouvernement lui-même dans un rapport avoue que ça ne « relance pas l’économie ». Cette attaque inouïe n’est pas passé inaperçue. Tesco, ligne de supermarchés, a commencé à employer des esclaves (non-payé-es donc…). Devant les protestations, quelques piquets et des pétitions, Tesco a renoncer à ces pratiques dignes d’un autre âge. La résistance s’organise (« Boycott Workfare »), des piquets ont commencé à fleurir un peu partout le 3 mars, première journée nationale contre le Workfare.

La classe ouvrière britannique n’est pas réputée pour sa combativité. Néanmoins, face à de telles attaques, la riposte s’organise, presque naturellement. Pas encore massive, mais de plus en plus nombreuse, et déterminée. Là aussi, quelque chose se passe, pas encore une rupture, mais on y viendra. Ce qui se passe en Grande-Bretagne est ce qui va arriver en fRance très bientôt, quel que soit le gouvernement. C’est ce que nous devons tirer comme enseignement. Ça et aussi que seule la résistance auto-organisée, de classe, et l’action directe mettrons les exploiteurs à genoux. Je finirais sur deux slogans de nos compagnes-ons de la SolFed : « L’action directe ne donne que du bon » et « Ne vote pas, organise toi ! ».2

                                                                                                                                                                                                                              Un militant de l’UL CNT-AIT 63.

1« Je préfère être gréviste plutôt que jaune, et je hais toujours Thatcher. »

2Plus d’infos sur www.boycottworkfare.org ou http://www.solfed.org.uk/. Merci à Kom de l’Anarchist Federation, à Ron de SolFed-AIT et à Steve.

Rassemblement de soutien aux sans-papiers

- Pour la régularisation de Yassine, d’Aljilani et de tous les autres

- Pour le retrait de la nouvelle circulaire Guéant, reprise de la Circulaire du 31 mai

- Face à la collaboration active Université-Préfecture dans la politique d’expulsion

- Face à la sélection des étudiants étrangers sur des critères sociaux

MERCREDI 7 MARS RASSEMBLEMENT 17H30 DEVANT LA FAC DE LETTRES (29 BVD GERGOVIA)

A BAS LES FRONTIERES !

La phrase du siècle

Entendu sur France Inter, par un des plus grand génie que notre belle nation ait enfanté (le fabuleux Emmanuel Todd) :
« Le cas de la Grèce est un bouleversement sur le plan européen d’autant plus si les anarchistes parviennent à prendre le pouvoir lors des prochaines élections! ».


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