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Archives pour octobre 2012

OGM, mes amours !

 Hola, hola,

il y a quelques temps le Chercheur français Séralini et son équipe donnaient les résultats de leurs études longues durées sur notamment les conséquences de rats nourrits aux OGM
http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/20120918.OBS2686/exclusif-oui-les-ogm-sont-des-poisons.html

depuis les chantres de l’indsutrie pétro-chimique, agro-industriélo- préo génétiquement-modifiés crient aux scandales de leurs porte-monnaies via des arguments « minables », explications suivant les analyses de compagne anrcho-syndicalistes dans le dernier numéro (octobre novembre) d’anarchosyndicaliste…

lapoudre

 

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Communiqué du RAD …Que faire en cas de violences policières?…

 Communiqué du RAD ...Que faire en cas de violences policières?... que-faire-en-cas-de-violences-policieres1-200x300

 

Communiqué du RAD

..A Clermont-Ferrand les violences policières continuent, …
Aprés un « meurtre » en janvier 2012, la police continue en toute impunité.

Le 17 septembre 2012 vers 23h20 une personne voit sept hommes s’acharner sur une personne au sol. Il s’avère que les agresseurs étaient des fonctionnaires de police frappant un homme couché au sol et menoté. Le visage en sang, il est en état de choc. Immédiatement elle souhaite téléphoner aux pompiers, et rester sur place en attendant qu’ils arrivent.
La Police, lui dit que  »cette personne n’est pas un homme mais une merde ».
Des insultes sont proférées des deux côtés.
La police s’en donne à coeur joie.
Trois amis qui ont vu la scène décident de rejoindre la jeune femme.
Les fonctionnaires gazent les témoins dont un instituteur à la retraite agé de 75 ans venu en témoin, ils ont également gazé son chien.
Les pompiers arrivent , la personne frappée par la police est emmenée au CHU.
Les témoins de la scène s’éloignent. La police les suit et les gazent à nouveau .
La 1ère personne arrivée sur les lieux est embarquée avec un compagnon sous prétexte d’ivresse manifeste sur la voie publique.
Des invectives fusent de part et d’autre les policiers alimentent un climat de violence.
Les deux personnes sont embarquées dans deux voitures différentes. Les humiliations et coups fusent à présent !
Les forces de l’ordre, arrivées au commissariat, multiplie les insultes, humiliations, mais se contentent ,maintenant de menaces de coup .(pute, salope, pue de la chatte, gros porc, toxico).
Deux personnes sont placées en garde à vue, l’autre en « ivresse publique et manifeste ».
Les trois personnes on demandé à plusieurs reprises, un contrôle d’alcoolémie, qu’ils ne pourront jamais passer.
Sortie du commissariat, une personne écope d’une amende. Les deux autres sont convoquées au tribunal, deux fonctionnaires de police ont porté plainte pour les faits d’outrage et violence! L’un d’entre eux a même réussi à dégoter une ITT de 2 jours., alors que les personnes enfin sortis de détention n’ont pu faire reconnaître les sévices subis par le service de victimologie que deux jours après.
Le 18 septembre, suite à un article erroné paru dans le quotidien locale, plusieurs personnes se sont fait connaître et acceptent de témoigner en soutien aux personnes ayant subi les violences policières.
Les cas de violences policières et d’abus de pouvoir se multiplient à Clermont-Ferrand.
Continuons à les dénoncer! Elles doivent cesser!
Appel à la Résistance!

Contact : reseauantidiscrimination@gmail.com

 

INCINARATEUR : POURRITURE DE L’INDUSTRIE, INDUSTRIE DE LA POURRITURE

brin d’humeur torché en 10mn
 
FUCK OFF INCINERATEUR !!!!
 
V’la ti pa qu’aujourd’hui vendredi 19 octobre 2012, je feuillète la pravda locale et vois en p2 une photo du « poignant » futur réacteur du futur incinérateur clermontois.
 
Sujet tendu au niveau local, où l’on connait entre autres les risques sanitaires.
D’ailleurs ce putain d’incinérateur bouffera 50 000t de déchets par an en provenance principalement du 63.
Sachant qu’intrisèquement la quantité de déchets diminuent (voir rapport du VALTOM sur internet), il est fort à parier qu’à terme pour des raisons capitalistes (ndlr financière) les déchets viendront de plus loin (Vichy…). Bref une hérésie énergétique.
 
 On sait aussi que la méthanisation (fermentation anérobie des fermentescibles) est un excellent moyen de traiter les fermentescibles ( reste de repas, tontes, fumier, lactosérum fruits et légumes pourries….) pour obtenir du gaz (CH4 = gaz naturel) ou de l’électricité combiné à le chaleur voire du carburant et aussi un sous produit nommé digestat excellent engrais loin d’AZF.
 
De plus une étude de gisement et de potentiel CH4 (bio-méhane) sur le 63 menée par l’Aduhme (agence locale de l’energie du 63) nous donne elle aussi plein d’infos. Bon je dois dire que là dedans quand même j’y suis un peu pour quelques choses… hum hum…
 
Cette étude recense de manière exhaustive les fermentescibles. En prenant le total de ce gisement sur le département on voit que la production de gaz « renouvelable »correpondrait au 1/3 de la conso totale de gaz (particulier et professionnel) du département. Etant donné qu’il y a 1/3 d’économies d’énergie potentielles, ce gisement représentait la moitié de la consommation totale.
 
Je m’intéroge comment les soits disant élus (de toutes les couleurs) qui sont aussi pour certains au VALTOM (qui s’occupe de la gestion des déchets sur le 63), conseiller généraux, conseiller régionaux entre autres qui ont soit disant un « pouvoir » notamment sur la gestion des collèges, lycées… donc d’être en capacité de récupérer des gisement de fermentescibles associés aux paysans ne se soient jamais posés la question d’un déploiement territoriale d’unités de méthanisation sur le département.
D’autant plus qu’une directive européènne imposera d’ici 2016 aux producteurs de bio-déchets de plus de 10 tonnes par an à se déclarer donc de nouvelles sources méthanogènes.
 
Fort de tout ça comment ces politicards verts compris et autres bobos écologistes donneurs de leçons, n’ont pas eu l’dée que j’ai décrite ci dessus ?
 
Une fois encore cela démontre l’incapacité de la démocratie !
Qu’il faut auto-gérer nos déchets pour produire notre énergie comme il faut autogérer nos vies !
 
FUCK OFF INCINERATEUR !!!!
 
lapoudre

 

Parce que ce sont de vrais paysans militants

Et oui et parce que ces paysans luttent contre l’agro-industrie, pour la sauvegarde de l’environnement…, parce qu’aussi je respecte et apprécie beaucoup C. et JS, ben je relaie le message.  J’ai pompé l’article sur le blog du kamrad sudplage. lapoudre

 

 

Acheter de la terre auvergnate.

L’association Terre de Liens Auvergne lance un appel à promesse d’apport d’épargne solidaire pour l’acquisition de la Ferme des Raux à Gerzat (cf ci-joint article de la Montagne et reportage de  France3 ici à 4’48)

 196 159 euros de promesse d’apport doivent être collectés pour valider l’acquisition de cette ferme de 46ha par la Foncière Terre de Liens.
Les personnes qui réalisent une promesse d’apport d’épargne s’engagent moralement pour souscrire à la Foncière Terre de Liens au moment de l’achat de la ferme, à hauteur du montant promis. Elles recevront alors un bulletin de souscription pour devenir actionnaire de la Foncière Terre de Liens en dédiant leur épargne sur la Ferme des Raux.
Notez que lors de la souscription, des frais de dossier vous seront demandés à hauteur de 5 euros par action, 3 euros par actions à partir de 2 actions et 500 euros plafonnée au delà de 166 actions. Souscrire à la Foncière, agréée entreprise solidaire, peut ouvrir des droits à des déductions fiscales.
Pour toutes questions pratiques quant à la souscription à la Foncière Terre de Liens, vous pouvez consulter le site internet de La Foncière ou téléphoner au 09 70 20 31 09 (prix d’un appel local).

Si vous êtes intéressés pour soutenir ce projet en devenant un futur investisseur solidaire au sein de la Foncière Terre de Liens, vous pouvez remplir le coupon de promesse d’apport ci-joint et le renvoyer au 9 rue sous les Augustins, 63000 Clermont Ferrand, ou par courriel à auvergne@terredeliens.org .

 

Marxisme et révolution

« Antimarxiste parce que révolutionnaire » Castoriadis.

 

Il est difficile de parler de théories économiques sans nager dans la confusion tant l’amas de contradictions dont se nourrit la mauvaise foi sans limites des économistes est efficace pour faire fuir toute sorte d’intelligence logique qui tenterait de s’en approcher trop près. C’est ainsi qu’au milieu de cette confusion, le marxisme est né et s’est hissé bien haut, passant pour le fer de lance de la critique du système d’exploitation alors qu’il a, tout au contraire, depuis plus d’un siècle, abondamment contribué à son maintien par la grave insuffisance critique de sa théorie qui, loin des objectifs révolutionnaires, préserve l’essentiel des préceptes économiques et donc du système d’exploitation.

Marxisme et révolution  Proudhon-children D’abord, comme tous les économistes, Marx et les marxistes ne remettent pas en cause le postulat d’Adam Smith « tout travail laisse un excédent » qui sert de fondement à l’Économie. Tout au contraire de Proudhon pour qui « le principe que tout travail doit laisser un excédant n’est autre que la consécration du droit constitutionnel que nous avons tous acquis par la révolution, de voler le prochain. » (1) et en fidèles disciples de la doctrine de l’Économie, les marxistes se contentent de baptiser cet excédent plus-value et la définissent comme la valeur du surtravail. Ils développent toute leur théorie économique, sans remettre en cause ce qui fonde l’Économie, le droit de voler, et prétendent ainsi dénoncer l’exploitation, alors qu’ils la consacrent.

Une image simple permet de visualiser cette hypocrisie : admettons comme Marx que le travail d’un ouvrier dans une usine puisse être divisé entre travail nécessaire et surtravail, admettons comme Marx que ce surtravail ait une valeur bien déterminée sans se poser la question de qui la détermine, enfin, restituons cette valeur à l’ouvrier. Celui-ci est-il libéré de l’exploitation ? Selon Marx oui ! Pourtant, cet ouvrier continue à pointer tous les matins à la même heure qu’il n’a pas choisie, à faire un travail ingrat qu’il n’a pas choisi, à obéir aux ordres d’un patron qu’il déteste autant même si celui-ci ne s’enrichit plus que par son propre « travail nécessaire », tout cela en échange de quelques billets dont la valeur est fixée indépendamment de lui, par les économistes. Voilà selon Marx un monde libéré de l’exploitation, quelle foutaise!

Les marxistes croient que l’exploitation des travailleurs se mesure à la part de la plus value sur le travail, c’est à dire que seule la plus-value génère de l’exploitation. Ils oublient que le capitalisme existe sans plus-value et qu’il est même l’aboutissement logique de l’économie marxiste, le capitalisme d’État. Lorsque tout le capital passe entre les mains de l’État et que les travailleurs sont dirigés par ceux qui détiennent le monopole du pouvoir politique, il n’y a plus d’accumulation de capitaux, puisque tous les capitaux sont déjà accumulés entre les mains de l’État mais l’exploitation des travailleurs est la même parce que l’organisation du travail est la même : mêmes structures, mêmes usines, même division du travail, etc.

philosophie-de-la-mis-re Pour rejeter ce constat que le capitalisme existe sans plus-value, on peut objecter que le capitalisme d’État se base au contraire sur l’extraction de plus-value et l’accumulation élargie mais une telle affirmation est une contradiction à l’état brute : Comment l’État, quand il possède déjà tout, peut-il accumuler encore, alors qu’il n’existe rien qu’il ne possède déjà ? C’est impossible, en tout cas, pour qui se soucie de logique, même s’il est néanmoins vrai qu’il s’agit bien là d’une de ces contradictions dont s’abreuvent abondamment les économistes depuis des siècles. Proudhon le signalait déjà dans Philosophie de la misère en 1843 : « N’est-ce pas en vertu de cette contradiction qu’on entend sans cesse répéter dans les cours, et qu’on lit dans les ouvrages d’économie politique, cette hypothèse absurde : Si le prix de TOUTES choses était doublé… Comme si le prix de toutes choses n’était pas la proportion des choses, et qu’on pût doubler une proportion, un rapport, une loi! »(2)

Les économistes, marxistes et autres, sont pires que des pyrrhoniens, ils refusent d’admettre que celui qui possède tout ne peut plus s’enrichir d’avantage, ils refusent d’admettre cette évidence pour vrai qu’il est impossible de posséder plus que tout. Non ! Ils préfèrent le mot de Tertullien sur l’Évangile, credo quia absurdum.

Contrairement à ce que pense Marx, l’État est toujours un exploiteur, qu’il extraie ou non de la plus value, parce qu’il peut prétendre aussi, pour justifier ses revenus, sa domination et l’exploitation qui s’en suit, que son travail est nécessaire et que tout travail mérite salaire. C’est ce qu’il s’est passé en URSS. La plus-value peut aisément se transformer puisqu’elle n’est qu’une vue de l’esprit et prendre la forme, par exemple, d’un salaire. La dernière trouvaille de la division du travail en fournit d’ailleurs une illustration percutante dans le métier de trader. Certains capitalistes trouvent encore trop fatiguant de placer eux-même leur capital et louent les services d’un travailleur pour s’en occuper. Ainsi, extraire de la plus-value d’un capital devient un travail ! Je laisse le soin aux marxistes d’y distinguer la part du surtravail et la part du travail nécessaire…

Cette distinction n’a d’ailleurs aucun fondement. Alors que la valeur est déterminée par la loi de l’offre et de la demande et que cette valeur est sujette à des aléas constants, mathématiquement indéterminables, Marx prétend que cette valeur se décompose en deux quantités bien déterminées : la valeur du travail nécessaire et celle du surtravail. Mais par quel miracle une valeur indéterminable, a priori, se transforme en deux valeurs déterminées chacune par une quantité de travail ? Il faudrait pour cela que la loi de l’offre et de la demande fixe la valeur de chaque produit en fonction de la quantité de travail fournie pour sa réalisation or ce n’est pas le cas. Si un produit nécessite beaucoup de travail mais n’est pas demandé, alors il ne vaut rien et aucun capitaliste ne pourra extraire une plus value de sa production, ni aucun travailleur un salaire. Ainsi, malgré ce que postulent les économistes, il peut arriver que le travail ne laisse aucun excédant, ni le capital aucune plus-value mais, au contraire, une perte lorsque la loi de l’offre et de la demande est défavorable.

Avant que Marx n’est formulé cette théorie de la plus-value, Proudhon en dénonçait déjà l’illusion : « Comment si l’offre et la demande sont la seule règle des valeurs, peut-on reconnaître ce qui excède et ce qui suffit ? Ni le prix de revient, ni le prix de vente, ni le salaire, ne pouvant être mathématiquement déterminés, comment est-il possible de concevoir un surplus, un profit? »(3)

Il ne s’agit pas de nier que les capitalistes volent les travailleurs mais, au contraire, de critiquer sans concessions toutes les théories économiques sur l’excédant ou la plus value (c’est la même chose) parce qu’elles tendent à réglementer ce vol en en faisant une loi économique.

Enfin, outre ces défauts théoriques, l’analyse marxiste, en ne percevant le problème de l’exploitation des travailleurs que sous le prisme de la plus-value, n’est qu’une œillère, qui conduit moins à cerner le problème qu’à en masquer l’essentiel. Pour pendre un exemple, il est clair que la division du travail, qui sépare activité intellectuelle et activité manuelle, qui spécialise et réduit toujours le champ de chacune de ces activités à très peu de choses, qui abrutit l’artisan en en faisant le simple rouage d’une machine qui le dépasse, est au moins autant à la source des inégalités sociales et de l’exploitation des travailleurs que la plus-value qui obsède Marx et les marxistes.

Kropotkine « Aussi, écrivait Kropotkine dans Champs, usines et ateliers en 1898, dès que nous nous détournons de la scolastique de nos manuels pour examiner la vie humaine dans son ensemble, nous ne tardons pas à découvrir que, sans repousser les bienfaits d’une division du travail temporaire, il est grand temps de proclamer ceux de l’intégration du travail. Jusqu’ici, l’économie politique a surtout insisté sur la division. Nous, nous réclamons l’intégration, et nous soutenons que l’idéal de la société – c’est à dire le but prochain vers lequel la société est déjà en marche – est une société de travail intégré, une société où chaque individu est producteur à la fois de travail manuel et de travail intellectuel, où tout homme valide est ouvrier, et où chaque ouvrier travaille à la fois au champ et à l’atelier.»

Une telle organisation du travail nécessite une éducation intégrale pour chaque travailleur, c’est à dire pour chaque individu, puisque cette éducation que défendait Bakounine a pour objet «qu’au dessus des masses ouvrières, il ne puisse se trouver désormais aucune classe qui puisse en savoir davantage et puisse les dominer et les exploiter.»

(1)Système des contradictions économiques ou philosophie de la misère, 1843 (Chapitre II. III.)
(2)Ibid (Chapitre II. III.)
(3)Ibid (Chapitre II. III.)

Lu sur http://anarced.over-blog.org

Piquets chez Roche en soutien au compagnon

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Le 10 octobre, une action de la ZSP-AIT contre Roche Pologne devait commencer à Varsovie. Malheureusement pour notre compagnon, qui a attendu toute l’année que son cas soit étudié, le procès a été reporté. J. poursuit l’entreprise afin d’être réintégré dans sa mission et pour percevoir tous les avantages qu’il a perdu tout en étant fictivement travailleur indépendant pour la société.
(plus d’informations sur le cas, en anglais)
Malgré le fait que l’affaire ait été reportée, les personnes qui n’en avaient pas été informés se sont présentées au tribunal et un piquet s’est tenu à l’extérieur. Nous avons ainsi expliqué aux passants pourquoi nous nous battions, amenant une critique sévère à la fois des attaques sur le droit du travail et sur les difficultés qu’ont les travailleurs quand ils portent leurs affaires devant les tribunaux – un exemple parfait de ce à quoi nous faisons face aujourd’hui.

Ensuite, une distribution de tracts a eu lieu au siège de Roche, où notre camarade avait l’habitude de travailler. Cette fois, nous avons trouvé un meilleur accueil que par le passé et beaucoup de travailleurs, y compris d’autres entreprises de ce bâtiment, ont voulu parler de l’affaire.

(À l’extérieur des bureaux, nous avons aussi vu plusieurs camions DHL et avons eu la chance de donner des informations et discuter avec les travailleurs. Les coursiers de DHL doivent tous être des travailleurs autonomes. Dans quelques semaines, nous allons participer à un débat sur ​​l’auto-emploi et, de ce que nous avons compris, des personnes de DHL devraient venir affirmer à quel point leur système est tout simplement génial pour les travailleurs.)

Il y avait aussi un piquet devant le siège de Roche à Poznan. Bien que celui-ci ne soit pas aussi affecté que le bureau de Varsovie par les récentes décisions de sous-traiter le travail, certaines personnes y ont également perdu leur emploi.

Piquets, distribution de tracts et autres actions ont eu lieu dans d’autres villes comme Berlin, Bratislava, Oslo et en région parisienne. Nous continuons à recevoir des compte-rendus de ces actions. Merci à tous pour le soutien!

Pour envoyer un mail de protestation : http://roche.zsp.net.pl/protest/email/

Madrid, 25S

On a vu dans les médias il y a quelques jours que des « affrontements » ont eu lieu entre la police et les « indignados » à Madrid. Ci-dessous la chronique d’une participante à la nuit du 25 Septembre.

Les médias ont parlé de « chocs » entre les manifestants et la police pendant la nuit du 25, mais je n’ai vu que des attaques de la police anti-émeute, et je ne sentais que la peur des gens qui courraient vers moi.

Nous nous sommes criés les uns aux autres, « Eh! Ici! Qu’ils viennent! Où est machin? Où ça? », nous nous sommes réunis, nous nous sommes arrêtés, nous avons tournés, fait deux pas en arrière, puis trois. Nous nous regroupions comme des animaux dociles qui s’attendent à être traqués, et en même temps comme des fauves qui prennent position pour observer le terrain. Nous avons reculé, mais tout de suite nous avons avancé lentement, curieux: « Qu’est-ce qui passe ? Pourquoi tant de flics ? Est-ce que il y a des copains là-bas ? Ont-ils été arrêtés ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Hé, compagnons, que voyez-vous? »

Les médias parlaient le lendemain des « charges de la police ». Eux aussi ont reculé, se sont arrêtés pour observer le terrain et maintenant que la poussière est retombée, on voit clairement ce qui s’est passé. Une foule en colère, avec l’envie de lutter, inquiète et qui sait que la police va charger, est restée là, devant le Congrès Neptune, à chaque intersection, à faire pressions sur les bleus debout, assis, en masse ou quatre par quatre, et chacun disait : « Quand vont-ils charger? » ; « Nous allons vous donnez des baffes, vous verrez », « Ils n’ont pas honte. »

Les médias montrent des vidéos (d’un point de vue que ni la police ni les manifestants n’avait, vu de dessus) où l’on peut voir comment un gamin essaie vainement de donner un coups de bâton à un homme bleu, habillé comme un soldat impérial, protégé et armé jusqu’aux dents, et comment la petite tape lui est rendue par un coup brutal qui le laisse assommé par terre. Nous pouvons également voir comment la colère du peuple ne leur permet pas d’arrêter leurs compagnons, pas sans réagir, et se battre pour les libérer. J’ai alors applaudi dans ma maison en voyant comment nous nous soutenons, nous nous défendons, et nous luttons les uns pour les autres.

La CNT-AIT condamne l’action de la police, contrairement au gouvernement, qui l’applaudit, car il est clair que le rôle de l’armée est de défendre le capital, défendre l’État. La CNT-AIT sait que la police agit ainsi car c’est son rôle, mais tout le monde le sait aussi. Nous savions que nous allions prendre quelques coups, nous savions que nous n’allions pas chez le coiffeur, mais nous nous sommes réunis et nous sommes quand même descendus dans la rue.

Le déploiement quasi militaire qui a eu lieu hier sur l’ensemble du centre de Madrid montre de façon évidente le rejet que produisent leurs «réformes». N’importe quelle mesure peut être prise par n’importe quel gouvernement dans un tel état de siège. Du Décret Royal ils sont passés à la Main Dure. Nous avons peur, compagnons, nous avons peur. Mais eux n’ont pas peur de nous.

Pour leur faire front, il faut être organisés, il faut se rassembler, il faut se connaître et il faut s’entraider. La CNT-AIT est une organisation de personnes qui ont décidé de se prêter les uns envers les autres dans cette tempête qu’est le capitalisme, en se serrant par les bras pour que personne ne soit emporté. Ils ont leur stratégie, et nous aussi: nous ne jouons pas à leurs trucs politiques ou électoraux et nous ne mangeons pas dans leur main, qui ont pour nous l’odeur du pourri.

Entraide, auto-organisation, lutte et solidarité.

source: http://www.cnt.es/noticias/madrid-25s-c … ad-sitiada

Charlie Hebdo, les « musulmans » (1) et la liberté d’expression : faux débats et vraies questions

« Si on insulte Mahomet, c’est comme si on insulte ma mère. » (Un audi­teur, lors d’un débat sur Radio Tropic FM, le 20 sep­tem­bre 2012.)

Tout a com­mencé par les extraits d’une vidéo imbé­cile postée sur le Net. Puis l’inter­ven­tion d’un heb­do­ma­daire sati­ri­que français, “Charlie Hebdo”, qui s’est tou­jours caractérisé par son mau­vais goût, son machisme reven­di­qué, sa gros­sièreté censée être comi­que et popu­laire, et sa ten­dance à faire d’une cer­taine forme dou­teuse d’anti­ra­cisme son fonds de com­merce.

“ Charlie Hebdo ” : « un des rares exem­ples de la presse libre en France » (?)

Cet anti­ra­cisme fran­chouillard a une par­ti­cu­la­rité : il véhi­cule tous les préjugés racis­tes ou antisé­mites sous prét­exte de s’atta­quer aux… racis­tes. Cette posi­tion rend son humour le plus sou­vent par­fai­te­ment accep­ta­ble à des gens d’extrême droite. Un exem­ple : la cou­ver­ture du der­nier “Charlie Hebdo” représ­entait un juif tra­di­tio­na­liste por­tant un grand cha­peau et pous­sant une chaise rou­lante dans laquelle était assis un musul­man (ou Mahomet ?), avec pour sous-titre « Intouchables 2 » titre d’un film français qui a rem­porté un grand succès popu­laire. Une lec­ture au pre­mier degré incite le lec­teur à penser que les juifs et les musul­mans seraient exemptés de toute cri­ti­que en France, ce qui évid­emment sous-entend :

– que les catho­li­ques (reli­gion ultra­ma­jo­ri­taire et cultu­rel­le­ment domi­nante en France) seraient, EUX, beau­coup plus tolérants face au blas­phème que les par­ti­sans des deux autres reli­gions du Livre,

– que les juifs et les Juifs français, même s’ils sont ultra­mi­no­ri­tai­res, for­me­raient un « lobby » puis­sant (ce fut d’ailleurs la réflexion sui­vante de l’audi­teur cité en exer­gue),

– et enfin que les « musul­mans » feraient régner la ter­reur en France par leur ter­ro­risme intel­lec­tuel, leurs mena­ces phy­si­ques, voire par leurs atten­tats. En réalité, “Charlie Hebdo” n’a fait que sauter sur l’occa­sion offerte par la dif­fu­sion de “L’inno­cence des musul­mans” pour ren­for­cer la « cri­ti­que » qui tend à prés­enter TOUS les musul­mans comme des fana­ti­ques ou des poseurs de bombes en puis­sance.

Il y a une quin­zaine d’années, le jour­nal “Charlie Hebdo” était considéré par la gauche alter­mon­dia­liste, comme l’un des rares exem­ples de la « presse libre » (dixit à l’époque Serge Halimi, direc­teur du men­suel de la gauche alter­mon­dia­liste Le Monde diplo­ma­ti­que). Quand cet heb­do­ma­daire passa sous la direc­tion d’un ex-comi­que et auteur de café-théâtre (Philippe Val), devenu phi­lo­so­phe de cour (… côté comp­toir) proche de Sarkozy, évid­emment les mili­tants de gauche et d’extrême gauche trouvèrent que cette publi­ca­tion n’était plus fréqu­en­table.

Et ce d’autant plus qu’une fémin­iste réf­orm­iste, Caroline Fourest, y cri­ti­quait toutes les reli­gions, tous les intégr­ismes, y com­pris donc l’intégr­isme musul­man, mais aus­si­Ta­riq Ramadan, icône de l’alter­mon­dia­lisme et d’une partie de l’extrême gauche.

Les plai­san­te­ries antisé­mites du des­si­na­teur Siné (qui n’en était pour­tant pas à son coup d’essai) ont permis à un faux débat de s’ins­tau­rer entre les par­ti­sans de Siné (censés être à gauche et à l’extrême gauche) et les par­ti­sans de Philippe Val, ou les lec­teurs de “Charlie Hebdo”, censés être tous sar­ko­zys­tes et « isla­mo­pho­bes » . Les termes du débat étaient tru­qués puisqu’aucun des deux camps ne s’oppo­sait vrai­ment À LA FOIS à l’antisé­mit­isme (2) (y com­pris sous sa forme anti­sio­niste réacti­onn­aire) et au racisme anti-Arabes, fusse-t-il camou­flé sous les habits de la cri­ti­que de l’Islam. Finalement, Siné fut licen­cié de “Charlie Hebdo” et créa son propre men­suel sati­ri­que, Val alla diri­ger une radio publi­que, où il s’illus­tra aus­sitôt en licen­ciant deux comi­ques anti­sar­ko­zys­tes (Didier Porte et Stephane Guillon), et “Charlie Hebdo” conti­nua ses com­men­tai­res vaseux sur toute sorte de sujets.

Il est évident que la sortie d’un nou­veau numéro de “Charlie Hebdo” consa­cré à des cari­ca­tu­res de Mahomet et des musul­mans (le pré­cédent numéro lui avait valu un atten­tat, la pro­tec­tion de la police et des procès pour « isla­mo­pho­bie ») avait pour prin­ci­pal objec­tif de créer le buzz et de faire vendre cet heb­do­ma­daire en pro­fi­tant du climat créé par les réactions face à la dif­fu­sion de “L’inno­cence des musul­mans”. La « liberté d’expres­sion » n’a rien à voir avec cette pro­vo­ca­tion.

De plus, depuis quel­ques années, en France comme en Europe, on sait que l’extrême droite cache ses idées racis­tes et fas­ci­san­tes sous le dra­peau com­mode de la déf­ense de la liberté d’expres­sion, la dén­onc­iation de la « dic­ta­ture du poli­ti­que­ment cor­rect », de la « bien-pen­sance », etc. Donc il faut faire atten­tion à cette mar­chan­dise fre­latée que devient sou­vent la liberté d’expres­sion entre cer­tai­nes mains.

En même temps, un nombre minus­cule de musul­mans sont tombés dans le piège en vou­lant orga­ni­ser des mani­fes­ta­tions, aus­sitôt inter­di­tes par le pou­voir socia­liste. De son côté, Marine Le Pen, la nou­velle chef du Front natio­nal, en a pro­fité pour réc­lamer l’inter­dic­tion des hijabs et des kippas dans les rues.

Faux débats et diver­sions

Bref, un nou­veau faux débat a été lancé par les médias, ampli­fié par les radios et les médias com­mu­nau­tai­res, où chacun est sommé de pren­dre parti : soit pour les « musul­mans » toutes orien­ta­tions confon­dues (musul­mans dont les représ­entants offi­ciels ont d’ailleurs appelé à igno­rer la pro­vo­ca­tion et à ne pas mani­fes­ter, consi­gne bien res­pectée jusqu’ici), soit pour “Charlie Hebdo” censé être le prin­ci­pal porte-parole de l’isla­mo­pho­bie de gauche.

Il y a pour­tant plét­hore de sujets plus impor­tants en ce moment que de dis­cu­ter de l’oppor­tu­nité de publier des cari­ca­tu­res d’un pro­phète-guer­rier mort il y a 15 siècles. La vague des licen­cie­ments col­lec­tifs, la montée du chômage, le manque de pro­fes­seurs dans les écoles, la répr­ession contre les sans-papiers, les contrôles au faciès, le fli­cage de tous ceux qui reç­oivent des aides socia­les, l’aug­men­ta­tion de la pro­duc­ti­vité et des acci­dents du tra­vail, l’accrois­se­ment des sui­ci­des liés à dég­ra­dation des condi­tions de tra­vail, le harcè­lement mené par les chefs et les patrons, etc., tous ces sujets méri­teraient des cen­tai­nes d’arti­cles, des dizai­nes d’émissions de radio et de télé­vision, et des mil­liers de débats.

Mais les médias pré­fèrent orga­ni­ser des faux débats avec des intel­lec­tuels confus, isla­mo­phi­les ou isla­mo­pho­bes, pra­ti­que­ment jamais athées ou ratio­na­lis­tes, ou avec leurs audi­teurs pour dis­cu­ter gra­ve­ment du seul sujet qui les intér­esse : la liberté d’expres­sion.

C’est quoi exac­te­ment, la « liberté d’expres­sion » ?

Les propos de l’audi­teur dont la cita­tion com­mence cet arti­cle, et bien d’autres com­men­tai­res sur Internet, tém­oignent par­fai­te­ment de la confu­sion idéo­lo­gique actuelle. Les insul­tes per­son­nel­les contre les indi­vi­dus relèvent pour le moment de la jus­tice bour­geoise. C’est aux per­son­nes insultées à porter plainte si elles s’esti­ment dif­famées. Et il existe tout un arse­nal juri­di­que à cet effet. Inutile d’en rajou­ter.

On peut éga­lement enga­ger une solu­tion expé­di­tive, comme sem­blait le suggérer cet audi­teur (en clair, aller casser la figure à celui qui a insulté votre mère ou votre reli­gion) mais est-ce vrai­ment la meilleure des solu­tions ?

On pour­rait enfin ima­gi­ner, dans une autre société, qu’il existe dans les quar­tiers, les écoles, ou les entre­pri­ses, des assem­blées géné­rales, des comités d’habi­tants ou de tra­vailleurs, pour régler ce genre de différend, sans passer par des juges et des avo­cats… Mais cela sup­po­se­rait que les par­ti­ci­pants accep­tent de régler leurs différe­nds en se sou­met­tant à une solu­tion col­lec­tive, non vio­lente.

La liberté d’expres­sion, contrai­re­ment à ce que croit l’audi­teur de Tropic FM cité en intro­duc­tion, n’a rien à voir avec une tri­viale insulte indi­vi­duelle. La liberté d’expres­sion dépend d’un ensem­ble fra­gile de droits col­lec­tifs qui tou­chent tous les médias, du simple tract à l’émission de télé­vision, en pas­sant par le jour­nal ou le livre, mais aussi le droit de mani­fes­ter et de s’orga­ni­ser. Droits col­lec­tifs qui ont été imposés par des déc­ennies de lutte, notam­ment des tra­vailleurs.

Cette liberté d’expres­sion est réd­uite à la por­tion congrue dans le monde occi­den­tal, non du fait des mani­fes­ta­tions de quel­ques intégr­istes musul­mans ou en raison de quel­ques atten­tats isla­mis­tes, mais à cause du pou­voir tout-puis­sant de l’argent des capi­ta­lis­tes. Les magnats de la banque, de la finance ou de l’indus­trie qui contrôlent les médias ne pra­ti­quent la liberté d’expres­sion qu’à dose extrê­mement réd­uite. Et la parole des tra­vailleurs, des chômeurs, des exploités ne s’y fait jamais enten­dre, ou alors elle est fil­trée par des jour­na­lis­tes qui ménagent soi­gneu­se­ment les intérêts de leurs maîtres.

La liberté d’expres­sion… vue de gauche

Ce n’est d’ailleurs guère mieux dans les partis dits de gauche ou dans les grands syn­di­cats.

On sait par­fai­te­ment com­ment le Parti com­mu­niste français a dif­famé, dénoncé aux flics et aux patrons, cassé la figure, ou envoyé à l’hôpital les mili­tants trots­kys­tes ou anar­chis­tes pen­dant des déc­ennies. Quand il ne les assas­si­nait pas, comme ce fut le cas de mili­tants révo­luti­onn­aires sous l’Occupation, ou pen­dant la Guerre d’Espagne. Sans parler des crimes du sta­li­nisme, des Goulags russes et chi­nois, dis­si­mulés puis niés par le PCF, puis jamais expli­qués séri­eu­sement par ce parti dit « com­mu­niste ».

On sait que le Parti socia­liste français ne donne du pou­voir et la parole qu’à des indi­vi­dus issus de la petite-bour­geoi­sie et de la bour­geoi­sie, comme cela se reflète dans les médias qui lui sont liés, dans la com­po­si­tion sociale de ses députés, sénateurs et minis­tres, dans sa mise en place actuelle d’une poli­ti­que d’austérité, dans sa conti­nua­tion de la poli­ti­que anti-immi­grés menée sous le gou­ver­ne­ment pré­cédent, son sou­tien aux forces de police et aux inter­ven­tions de l’armée franç­aise à l’étr­anger, etc.

On sait que les syn­di­cats musèlent la parole et la liberté d’action des tra­vailleurs hos­ti­les à leurs bureau­cra­ties, quand ils ne les excluent pas, pure­ment et sim­ple­ment.

On sait aussi com­ment le grou­pus­cule des Indigènes de la République dont quel­ques intel­lec­tuels (Said Bouamama, Pierre Tevanian) dits d’extrême gauche et anti-impér­ial­istes, plus réc­emment, ont empêché Caroline Fourest, fémin­iste laïque, anti­ra­ciste et démoc­rate réf­orm­iste, de s’expri­mer et de cri­ti­quer le Front natio­nal à la fête de l’Humanité le 16 sep­tem­bre 2012, et ce au nom de… l’anti­fas­cisme et de la lutte contre l’isla­mo­pho­bie ima­gi­naire de cette fémin­iste (pour se convain­cre du caractère fan­tai­siste de ces accu­sa­tions, il suffit de lire l’ouvrage de Fourest contre Marine Le Pen, et le livre-dia­lo­gue entre Taslima Nasreen et Caroline Fourest, où celle-ci est beau­coup plus modérée et gen­tille que Nasreen vis-à-vis de l’islam !).

Donc méfions-nous aussi, à gauche ou à l’extrême gauche, de tous ceux qui veu­lent, au sein du mou­ve­ment ouvrier, des syn­di­cats, ou dans la rue, impo­ser leurs idées à coups de matra­ques, ou de poing, chaque fois que cela leur convient. Ou de ceux qui prét­endent déf­endre la liberté d’expres­sion, alors qu’ils sont inca­pa­bles de la pra­ti­quer dans leurs pro­pres orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les et poli­ti­ques et dans leurs publi­ca­tions.

À propos des cari­ca­tu­res parues dans “Charlie Hebdo”, cer­tains « musul­mans » ultra­mi­no­ri­tai­res veu­lent à la fois avoir le droit d’expri­mer dans la rue leur indi­gna­tion contre ce jour­nal et aussi celui de pro­tes­ter contre “L’inno­cence des musul­mans”. Le gou­ver­ne­ment français a inter­dit plu­sieurs mani­fes­ta­tions à ce sujet, et les quel­ques ras­sem­ble­ments qui ont été orga­nisés ont été des échecs reten­tis­sants (de un à 150 mani­fes­tants, selon les villes), mon­trant que l’immense majo­rité des « musul­mans » en France ne sont pas tombés dans le piège, même s’ils ont pu se sentir offensés par la culpa­bi­li­sa­tion col­lec­tive per­ma­nente dont ils sont vic­ti­mes.

En tant que par­ti­san de la liberté d’expres­sion, je ne vois pas pour­quoi je devrais sou­te­nir les décisions d’inter­dic­tion de ces mani­fes­ta­tions par l’Etat français (pas plus d’ailleurs que les inter­dic­tions du port du hijab ou du niqab dans l’espace public, même si ce sont les musul­mans les plus réacti­onn­aires qui prônent cet uni­forme pour les femmes). Elles doi­vent pou­voir se dér­ouler, sans être inter­di­tes, quoi qu’on pense de leur contenu poli­ti­que ou reli­gieux dou­teux ou dét­es­table. Et les mili­tants qui y sont opposés devraient avoir eux aussi le droit de contre-mani­fes­ter (il est d’ailleurs symp­to­ma­ti­que que le seul des 150 mani­fes­tants « musul­mans » condamnés à une peine de prison après la manif du 15 sep­tem­bre ait expli­qué qu’il por­tait une matra­que téles­co­pique pour se déf­endre des… Juifs. Exemple typi­que de l’antisé­mit­isme délirant qui puise à la fois dans l’anti­ju­daïsme du Coran, l’antisé­mit­isme fas­ciste et l’anti­sio­nisme d’extrême droite.).

Blasphème et pseudo laïcité gau­loise

Par contre, en tant que ratio­na­liste athée, je ne vois aucune raison de sou­te­nir ceux qui veu­lent intro­duire en France une loi contre le blas­phème, ou limi­ter la liberté d’expres­sion en ce qui concerne la cri­ti­que de toutes les reli­gions, y com­pris l’islam.

On sait que à la fois l’Organisation de la Conférence isla­mi­que (qui regroupe quand même 57 Etats), les Etats-Unis et la Commission des droits de l’homme de l’ONU vou­draient que soient adoptées en France des lois contre le blas­phème. C’est d’ailleurs aussi la posi­tion de Dalil Boubakeur, rec­teur de la mos­quée de Paris, et de l’UOIF (proche des Frères musul­mans) qui pré­side le Conseil français du culte musul­man. On sait que l’Etat français est régul­ièrement cri­ti­qué parce qu’il exis­te­rait des lois anti­re­li­gieu­ses trop dures, « isla­mo­pho­bes » et que la puis­sante secte de l’Eglise de scien­to­lo­gie serait persécutée en France.

L’Etat français se sert de la laïcité quand cela l’arrange pour des ques­tions de poli­ti­que intéri­eure ; mais il finance les reli­gions catho­li­que, pro­tes­tante, juive et musul­mane, dans plu­sieurs dép­ar­tements français ; il finance la for­ma­tion des imams à l’Institut catho­li­que de Paris (à raison de 4500 euros par étudiant) et met des ter­rains à la dis­po­si­tion des mos­quées grâce à des bails emphytéo­tiques de 99 ans pour 1 euro (pas vrai­ment un prix « isla­mo­phobe » !) ; il assure l’entre­tien matériel des églises catho­li­ques, et il finance l’ensei­gne­ment privé (à 90 % confes­sion­nel) sur tout le ter­ri­toire dit natio­nal. Nous n’avons aucune raison de sou­te­nir l’Etat français dans toutes ces manœuvres mais nous devons aussi nous oppo­ser à tous ceux (catho­li­ques, pro­tes­tants ou musul­mans) qui vou­draient impo­ser des lois limi­tant la cri­ti­que des reli­gions, sous prét­exte qu’elles offen­se­raient les croyants, Dieu ou les pro­phètes.

Vrais enne­mis et faux amis des « musul­mans »

De même, sans sou­te­nir un jour­nal comme “Charlie Hebdo” qui cher­che à faire parler de lui, à n’importe quel prix, je ne vois aucune raison de sou­te­nir ceux qui veu­lent y mettre le feu, mena­cer phy­si­que­ment ses des­si­na­teurs ou ses jour­na­lis­tes, ou le faire condam­ner par la jus­tice bour­geoise à cause de ses blas­phèmes de mau­vais goût.

Parallèlement, il faut aussi dén­oncer tous ceux, y com­pris à gauche, qui se ser­vent de la cri­ti­que d’une seule reli­gion (l’islam) tout en res­tant muets ou très dis­crets sur les autres cultes, pour faire passer pour pro­gres­siste leur racisme anti-Arabes, ou leur sou­tien aux inter­ven­tions néo­co­lon­iales franç­aises, europé­ennes ou amé­ric­aines, en Afrique, en Libye ou en Afghanistan.

Nous devons dén­oncer l’Iran qui tente de récupérer l’ini­tia­tive qu’elle a perdue depuis qu’en Tunisie et en Egypte des dic­ta­teurs ont été ren­versés par les peu­ples, ou sont for­te­ment contestés. Iran où une fon­da­tion du régime a aus­sitôt pro­fité de la dif­fu­sion de “L’inno­cence des musul­mans” pour aug­men­ter la prime des­tinée à assas­si­ner l’écrivain Salman Rushdie.

Nous devons dén­oncer aussi la ten­ta­tive du FN de s’invi­ter dans ce débat afin d’atti­ser la haine contre les Arabes, qu’ils soient musul­mans ou pas, et contre les Juifs et les juifs, vieux fonds de com­merce du Front natio­nal. Enfin, nous devons dén­oncer la ten­ta­tive de diver­sion évid­ente que représ­ente tout ce tin­ta­marre méd­ia­tique à propos de ces deux non-évé­nements.

On remar­quera que plu­sieurs grou­pes fas­ci­sants (dont l’Œuvre franç­aise et les Jeunesses natio­na­lis­tes) orga­ni­sent une « des­cente » en cars sur Paris et un « grand ras­sem­ble­ment natio­na­liste » le 29 sep­tem­bre 2012, mais que les médias s’en désint­éressent tota­le­ment. Pourtant les thèmes du mee­ting du 28 puis de la manif du 29 devraient aler­ter tous ces ardents déf­enseurs de la liberté d’expres­sion : « Mobilisation géné­rale de tous les Français non reniés, de tous les patrio­tes et natio­na­lis­tes. Après la rév­olte des sou­chiens à Lyon, les Français en marche sur la capi­tale ! Contre les zones de non-droit, contre la poli­ti­que anti­na­tio­nale des pou­voirs publics, contre le racisme anti-Blancs : Maîtres chez nous ! Contre l’immi­gra­tion-inva­sion, contre nos gou­ver­ne­ments sti­pen­diés par les intérêts amé­ri­cano-sio­nis­tes et euro-mon­dia­lis­tes, contre la pré­fér­ence étrangère : le combat pour rendre la France aux Français et rede­ve­nir maîtres chez nous conti­nue ! »

Voilà un éch­an­tilon signi­fi­ca­tif de la xénop­hobie, du racisme, de l’antisé­mit­isme et de l’anti­sio­nisme fas­ci­sants, idéo­logies qui fleu­ris­sent sur Internet à chaque minute.

Les iden­tités natio­na­les, cultu­rel­les et reli­gieu­ses font l’objet d’une pro­mo­tion exubér­ante par les Etats, les Eglises et tous les déma­gogues popu­lis­tes et fas­ci­sants. Ce n’est pas parce que les tra­vailleurs « musul­mans » sont en butte à une pro­pa­gande par­ti­cu­liè­rement hai­neuse, qu’ils doi­vent perdre leur indép­end­ance d’esprit, et leur esprit cri­ti­que. Ils ont le choix : soit ils s’allient à leurs exploi­teurs et leurs diri­geants déma­gogues qui se réc­lament bruyam­ment de la même foi qu’eux, soit ils dém­asquent toutes les uti­li­sa­tions poli­ti­ques de leurs croyan­ces.

Quant aux athées et aux non-croyants ils doi­vent aussi se dém­arquer radi­ca­le­ment de tous les cou­rants de gauche ou de droite, popu­lis­tes, fas­cis­tes ou fas­ci­sants qui se réc­lament de l’héri­tage des Lumières ou des droits de l’homme pour mieux cacher leurs pro­jets réacti­onn­aires ou obs­cu­ran­tis­tes !

Y.C., Ni patrie ni fron­tières, 23 sep­tem­bre 2012

1. Le terme « musul­mans » est mis entre guille­mets dans cet arti­cle, car la presse, les démog­raphes, les socio­lo­gues et nombre de mili­tants de gauche, d’extrême gauche ou alter­mon­dia­lis­tes col­lent géné­ra­lement l’étiqu­ette reli­gieuse de « musul­man » à toute per­sonne qui vient d’un pays où l’islam est reli­gion d’Etat, ou dont les famil­les sont pra­ti­quan­tes, voire sim­ple­ment à celles qui por­tent un nom « arabe ».Comme s’il n’exis­tait pas d’athées ou d’agnos­ti­ques parmi ces dits « musul­mans »…

2. D’ailleurs, dans le numéro de “Charlie Hebdo” du 19 sep­tem­bre, l’étoile jaune collée sur le postérieur d’un indi­vidu nu en posi­tion du mis­sion­naire (et/ou en train de prier) avec pour sous-titre « Une étoile est née » laisse penser que Siné pour­rait reve­nir poin­ter sans pro­blème chez ses anciens collègues « anti­ra­cis­tes ». Son « humour » antisé­mite est décidément conta­gieux…



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