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DU MEXIQUE, LETTRE DE SOUTIEN À LA LUTTE DE NOTRE DAME DES LANDES

Le 25 octobre, dans le cadre de la rencontre/séminaire « Mexique – Europe : ils ne passeront pas », des centaines de personnes se sont réunies au Centre intégral de formation indigène/université de la Terre de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas. Parmi les participants se trouvaient des internationaux, des habitants de San Cristóbal de Las Casas et de nombreux paysans et délégués des communautés de Bachajón, de Tila, de la forêt des Chimalapas (Oaxaca) ainsi que d’autres villages et hameaux du Chiapas, venus partager et écouter les expériences de résistance face aux mégaprojets, en Europe et au Mexique. L’initiative de cette lettre de soutien, signée depuis par de nombreuses organisations, personnes et collectifs mexicains, est née dans la foulée de ces rencontres.

DU MEXIQUE, LETTRE DE SOUTIEN À LA LUTTE DE NOTRE DAME DES LANDES

30 octobre 2012

Aux gens de Notre-Dame des Landes et de la France en résistance À l’ACIPA, à l’ADECA, à la coordination des opposants au projet d’aéroport, Aux associations « COPAIN », aux habitants et habitantes qui résistent et À tous les occupants et occupantes de « la Zone à défendre » ZAD, Aux médias alternatifs et sincères, À l’Autre Campagne et à la Sexta Internationale, Aux luttes contre les mégaprojets et pour la défense de la Terre de toutes les parties du monde

Ici, au Mexique, c’est rage et indignation que nous ressentons après avoir
été informés de l’expulsion et de la destruction de maisons, de forêts et
de terres de culture par la police française à Notre-Dame des Landes,
depuis le 16 octobre dernier. Une zone agricole est menacée par le
gouvernement socialiste français et son premier ministre Jean-Marc
Ayrault, qui veut imposer sur ces champs de l’ouest de la France un nouvel
aéroport de taille internationale, et ce malgré l’opposition des paysans
et des paysannes, des jeunes et d’une bonne partie de la population.

Nous
savons que ce chantier est complètement inutile vu qu’il y a déjà beaucoup
d’aéroports en France, et nous sommes au courant du réchauffement
climatique global provoqué par la multiplication des avions que seuls les
riches peuvent se payer. Nous savons aussi, car ils voulaient l’imposer
aux villages d’Atenco dans l’État de Mexico, que la construction d’un
aéroport entraîne à elle seule la convoitise pour les terres,
l’urbanisation accélérée et l’implantation d’industries dans des zones
encore rurales, où l’environnement a été préservé. Ce que ces projets
amènent, c’est la division et le contrôle social de la population, et
encore une fois ce sont les paysans qui se retrouvent spoliés par des
constructions imposées de force et uniquement destinées aux gens de la
ville ayant beaucoup d’argent.

Malgré l’énorme distance qui nous sépare, nous voulons vous dire que nos
luttes sont semblables : votre lutte est un miroir de la situation de
pillage que nous vivons sur nos terres. Il est important pour nous de nous
informer de ce qui arrive en Europe, parce que ce sont des modèles qu’on
veut nous imposer ici aussi et que nous non plus, nous ne voulons pas
perdre nos terres, nos territoires et nos modes de vie.

Nous voulons vous dire également qu’au Mexique, nous luttons aussi contre
le pillage des terres, comme c’est le cas des communautés de Tila et de
Bachajon au Chiapas, où les terres sont menacées d’être spoliées pour des
projets touristiques, ou bien encore dans l’Isthme de Tehuantepec, où les
terres sont enlevées aux villages indigènes ikoots et binniza, et où sont
imposées des centaines et des milliers d’éoliennes produisant de l’énergie
pour les multinationales et où, tout comme à Notre-Dame des Landes, la
police est envoyée pour surveiller les chantiers ; ou encore à Huexca,
dans l’État de Morelos, où des CRS ont été envoyés il y a quelques jours
pour imposer un gazoduc et une usine thermo-électrique d’une entreprise
espagnole, et cela malgré les risques liés à la proximité du volcan
Popocatépetl ; comme à Atenco, où le projet d’aéroport est toujours
d’actualité ; comme ce qu’il se passe contre les communautés zapatistes au
Chiapas, que le gouvernement veut déposséder des terres récupérées grâce
au soulèvement de 1994 ; comme, enfin, dans des dizaines et des centaines
d’autres villages et de communautés partout au Mexique, où ils nous
dépossèdent de la terre et nous imposent des projets de mort, mines à ciel
ouvert, barrages hydroélectriques, autoroutes, « villes rurales », et tant
d’autres projets de « développement » qui cherchent à en finir avec nos
communautés et nos terres collectives.

Ces projets inutiles bénéficient seulement aux entreprises telles que OHL,
ENDESA, GAMESA, EDF, MALL, GOLDCORP, BLACKFIRE, IBERDROLA, MONSANTO, parmi
d’autres. C’est à cause de ces entreprises qu’ils nous répriment et nous
envoient la police et les CRS ; mais aussi qu’ils corrompent, achètent les
élections et imposent des gouvernements, comme cela fut le cas du
président Enrique Peña Nieto et de tant d’autres marionnettes politiques.
Leur cupidité et leur désir sans limites d’imposer ces mégaprojets en
arrivent même à l’ignominie d’instrumentaliser des groupes paramilitaires,
d’imposer les cartels de la drogue et de payer des tueurs à gage pour nous
assassiner.

Partout dans le monde, chaque jour nous voyons plus clairement jusqu’à
quel point peuvent en arriver ceux d’en haut afin de mettre en place des
politiques qui piétinent les peuples au bénéfice du pouvoir économique.
Ils sont capables d’inventer une guerre d’extermination contre tous ceux
qui s’opposent comme nous à leurs plans de mort. Mais chaque fois qu’ils
nous frappent, nous sommes encore plus conscients du système destructeur
auquel ils veulent nous soumettre.

Compagnons et compagnes, nous ne fraternisons pas seulement dans la lutte
contre la répression : nous voyons aussi que nous partageons la même
conscience que notre planète n’appartient pas aux hommes politiques et aux
riches qui sont leurs collègues, mais bien aux peuples et aux êtres
vivants qui l’habitent. Nous partageons aussi la pleine conscience du fait
que nous luttons partout contre ces gouvernements qui se disent
démocratiques mais qui nous imposent ces projets, nous divisent et nous
détruisent pour satisfaire la dictature de l’argent.

C’est pour cela que nous voulons vous donner du courage dans votre lutte,
dans cette étape difficile où ils saccagent vos maisons et vos terres.
Nous voulons vous dire que bien que nous ne soyons pas près de vous, vous
n’êtes pas seuls et seules. Nous sommes très nombreux à lutter jour après
jour contre ces projets de mort pour défendre nos terres, nos territoires
et nos façons d’être, c’est-à-dire pour défendre la vie. Nous sommes très
nombreux à lutter contre les entreprises transnationales et les
gouvernements corrompus. Ce qu’il nous manque seulement, c’est de nous
rencontrer, nous écouter et mieux nous solidariser dans la lutte. C’est le
moment de réfléchir et de nous organiser face à la soumission à laquelle
ils nous condamnent. C’est le moment de nous retrouver sur cette planète
qui se rebelle.

COMPAGNONS ET COMPAGNES :

NOUS NE SOMMES PAS SEULEMENT QUELQUES-UNS, NOUS SOMMES DES MILLIERS!

PAS UN PAS EN ARRIÈRE!
NOUS SOMMES AVEC VOUS !

À BAS LES PROJETS DE MORT

¡
VIVE LA SOLIDARITÉ !

VIVE LA LUTTE DE NOTRE-DAME DES LANDES !

VIVE LA LUTTE CONTRE LES MÉGAPROJETS INUTILES!

1 commentaire à “DU MEXIQUE, LETTRE DE SOUTIEN À LA LUTTE DE NOTRE DAME DES LANDES”


  1. 0 SudPlage 26 nov 2012 à 14:44

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