Archives pour août 2013

Z, la revue

Comme annoncé, des compagnons de l’Union Locale CNT-AIT 63 se sont rendus à la présentation de la revue itinérante de critique sociale, Z. Nous nous sommes retrouvés dans une librairie indépendante d’Ambert, avec un très bon accueil des organisateurs-trices. Une des rédactrices de Z était donc venue présenter cette revue, mais plus spécifiquement le dernier numéro consacré à la Grèce.

La revue Z se compose d’une dizaine de membres, tous bénévoles, et n’a pas de salarié-es. Chaque numéro (bi-annuel, désormais annuel) se déroule dans une ville différente (Nantes, Amiens…) avec pour but d’y rencontrer les acteurs-trices qui mettent en actes des alternatives au capitalisme. Pour le dernier numéro, Z s’est rendu en Grèce à Thessalonique.

La discussion fut passionnante : d’abord nous fut présenté la situation économique depuis la « crise » et ce laboratoire d’austérité d’une violence inouïe mis en place en Grèce. Puis furent développées les alternatives rencontrées sur place : l’usine Vio Me reprise en autogestion (ce que le KKE marxiste-leniniste considère comme contre-révolutionnaire…) depuis des mois avec le seul soutien des anarchistes, les anciens terrains militaires ré-aménagés en coopérative jardinière, l’hôpital gratuit, autogéré bénévolement par 300 personnes (1/3 des grecs n’ont plus accès aux soins…), le fait que Syriza soit en fait… introuvable, la montée inquiétante d’Aube Dorée financée par la haute-bourgeoisie et les marchands d’armes, le tournant social des anarchistes sur place (à méditer…), j’en oublie beaucoup… (mais tout est dans la revue !).

La discussion, les questions, les débats, furent extrêmement enrichissants. Nous avons découvert une très bonne revue, des alternatives en acte…

Le numéro sur Thessalonique ainsi que le numéro hors-série sur le nucléaire sont disponibles en prêt à la bibliothèque sociale de notre syndicat, tous les samedis 2 Place Poly à Montferrand, 16h-19h.

Abonnez-vous !

Pitufo, CNT-AIT 63.

De plus, nous avons ramené des numéros du dernier L’Envolé, journal anticarcéral, disponible aussi au local.

 

 

Francfort : Décision grave au procès contre S. Suder et C. Gauger : la juge commence la lecture des comptes-rendus …

lu sur linter

On pouvait s’y attendre. Mais elle n’a pas tardé et de manière indécente, toujours dans cette période où elle sait la mobilisation difficile, la juge Stock a commencé brutalement la lecture des compte-rendus d’interrogatoires d’Hermann F.

Ne pouvant faite venir Hermann F. malgré tous ses efforts – elle le reconnaît dans l’audience de ce jour – elle tente ce contre quoi nous luttons depuis le début du procès: la lecture des comptes-rendus.

Et elle commence de manière précipitée et en catimini.

Plus pour longtemps …


Compte-rendu d’audience du 13 août 2013

Voir sur verdammlangquer:  13. August 2013 by verdammt3

Au début de l’audience la juge Stock a rejeté une requête de Me Bremer qui avait demandé que soit lue dans le procès une expertise psychologique de Hermann F. de décembre 2012. Raison invoquée pour ce refus: la cour a déjà pris connaissance de cette expertise. Me Verleih a ensuite déposé une autre requête concernant tout d’abord un jugement de 1982, qui avait constaté la capacité à être interrogé d’Hermann juste après l’accident et l’opération.

Le tribunal en était arrivé autrefois à cette conclusion, essentiellement en s’appuyant sur différentes expertises et auditions de témoins, telles que celle du juge d’instruction Kuhn, qui avait déclaré que Hermann était « clair dans sa tête », lors des interrogatoires menés alors qu’il était retenu dans une caserne à Oldenburg et qu’il avait donné l’impression d’un homme raisonnable. Me Verleih a cité alors l’expertise de 2012 qui a interprété cela comme une conséquence d’une dissociation psychique. Cette expertise a montré clairement que ce comportement soi-disant « normal et « raisonné d’Hermann devait être bien au contraire interprété comme la tentative d’orienter le choc psychique durable consécutif à l’accident et à l’isolement vers un simple fonctionnement permettant la survie psychique et physique et que de ce fait le libre-arbitre de Hermann était fortement limité.

Me Verleih a indiqué ensuite que les recherches scientifiques dans le domaine de l’état de stress post-traumatique (ESPT) et de la traumatologie n’existaient pas à l’époque et que les experts ne pouvaient pas reconnaître le comportement d’Hermann comme phénomène de dissociation et état de stress post-traumatique.

Elle a demandé (de nouveau) que soient recherchées des expertises plus actuelles dans le domaine de la traumatologie. Le parquet  a demandé le rejet de cette requête, celle-ci de même que l’expertise n’apportant pas d’éléments nouveaux.

Après une courte pause, le tribunal bien entendu se rangeait du côté du parquet et rejetait la requête, sous le prétexte ridicule qu’il y avait quatre expertises en 1981 et une en 1979 et que d’autre part l’expert Haag qui avait été entendu il y a quelques semaines ne voyait pas d’éléments révélateurs d’un ESPT.

Ensuite a été communiquée la décision indiquant que Hermann ne pouvait plus être cité comme témoin car il ne pouvait être exclu que son état de santé ne se détériorerait pas sérieusement dans le cas d’un témoignage forcé devant le tribunal. Les deux avis des médecins de Heidelberg que l’avocat de Hermann avait présenté lors de l’avant-dernière audience et qui avaient diagnostiqué « une modification durable de sa personnalité dans ce cas », ont fortement contribué à cette décision. Mais dans le même temps, cette décision indiquait que les comptes-rendus d’interrogatoires seraient intégrés dans la procédure.

Lorsque la juge Stock a voulu commencé la lecture, Me Verleih est intervenue s’opposant à l’introduction et à l’utilisation des comptes-rendus, en s’appuyant sur le code de procédure pénal qui déclare irrecevables des déclarations obtenues par des méthodes d’interrogatoire interdites. Me Verleih a indiqué que Hermann était peut-être en mesure de répondre aux interrogatoires plusieurs mois après l’accident mais que les interrogatoires auraient dus être menés de manière indépendante et sans référence aux déclarations obtenues de manière illégale.

Cela signifie que l’accusé aurait dû être averti avant un nouvel interrogatoire de l’irrecevabilité de ses précédentes déclarations, sinon celui-ci aurait pu avoir l’impression que le silence était de toutes façons inutile après les aveux. On peut parler dans ce cas, d’une continuation de l’utilisation de méthodes d’interrogatoires interdites.  Me Verleih ne voyant pas dans le dossier « d’information qualitative » indispensable dans cette situation, les déclarations obtenues ensuite sont donc irrecevables.

Le parquet ne voyant pas d’éléments allant dans ce sens, le tribunal a rejeté  la demande et indiqué que la décision sur l’irrecevabilité ne pourrait être prise qu’après la lecture.

Lorsque la juge Stock a voulu commencer la lecture, des cris de colère se sont élevés dans la salle contre cette légitimation de fait de la torture par le tribunal. Sourire bête du procureur Rachhaus, menace d’amende murmurée par Stock et la personne est emmenée de force par deux policiers.Inutile de revenir ici sur les deux heures de lecture des interrogatoires d’octobre 1978.

L’audience du 20.08 est annulée. Le 23.08, citation de deux policiers français. Et pour les audiences suivantes, on peut compter avec la lecture des comptes rendus obtenus dans des conditions relevant de la torture.

Merci d’apporter les corrections éventuelles à la traduction. Le passage souligné l’est par linter.

L’Abolition de la prison

En soutien aux détenus révoltés de Châteaudun, Blois… et partout ailleurs….

Parce que

Mur par mur,

Pierre par pierre,

Nous détruirons toutes les prisons

Un autre texte sur l’abolition des prisons

lapoudre

D’UNE SOCIETE L’AUTRE

(Ce texte a paru sous forme de tract en Octobre 1984.)

Partisans de l’abolition des prisons, nous ne jetons pas un regard hautain sur les détenus qui mènent une grève de la faim pour l’obtention de réformes. Si nous étions à leur place, peut-être ferions-nous de même, ou peut-être nous couperions-nous un doigt… à défaut de pouvoir rompre le lien qui nous retient en ces lieux. Mais nous ne sommes pas à leur place. Nous sommes, nous, enfermés dehors, prisonniers dans la société. La liberté toujours relative qui caractérise notre mode d’enfermement nous fait bénéficier de ce que réclament les détenus : nous pouvons parler à volonté… dans la mesure où nous pouvons rencontrer d’autres individus. Nous pouvons dans les mêmes conditions téléphoner, nous réunir, avoir des rapports sexuels, etc.

Nous ne nous reconnaissons donc pas dans ces revendications, mais dans le refus qui les accompagne. Toute révolte, qu’elle soit individuelle ou collective, est nôtre. En l’occurrence, en refusant les conditions pénitenciaires de la nourriture, les détenus ont un tant soit peu modifié les rapports sociaux dans lesquels ils sont enserrés : ceux-ci partent, en petite partie, d’eux-mêmes, de leur propre volonté.

Mais un tel mouvement est ambivalent : par la revendication d’un aménagement des conditions de détention, il est aussi reconnaissance de la socialisation propre à celle-ci.

Nous ne pensons pas, en effet, que la prison ne fasse qu’isoler ceux qui la subissent. Elle les socialise tout autant. Elle est même, plus que l’école, la caserne et le lieu de travail, et quand ceux-ci ont échoué, le lieu privilégié d’imposition aux individus d’une communauté de vie. La fameuse réinsertion sociale, chère aux humanistes, s’effectue bel et bien en prison après que le délinquant s’est vu retirer la propriété de ses actes lors de son procès.

Cette socialisation est synonyme d’atomisation car elle met en rapport des individus de façon forcée et qui leur est extérieure : elle agrège les uns aux autres.

Nous appelons ainsi société des rapports sociaux auxquels, à rencontre de ce qui caractérise l’être humain, les individus sont tenus de s’identifier.

Si nous voulons abolir la prison, ce n’est pas qu’elle serait le chancre honteux de la société, mais parcequ’elle en est le reflet exacerbé et néanmoins fidèle. Nous voulons détruire la prison, à la fois parceque la société où nous sommes est une prison, et parceque la prison où nous ne sommes pas est une société. Or, en prison comme en société, il ne manque pas de partisans de Tune comme de l’autre. Des détenus « politiques » mènent une action pour être reconnus comme tels et, dans la perspective de remplacement de la société présente par une future, rempliront les prisons de leurs adversaires. Combien de « droits communs », de leur côté, indignés d’être détenus, trouvent parfaitement normal que d’autres le soient, tels les meutriers d’enfants ? Quant à certains groupes révolutionnaires intervenant actuellement sur les prisons, s’ils n’envisagent pas forcément l’existence de lieux de détention révolutionnaires (et certains critiquent explicitement cette possibilité), conçoivent toujours le devenir d’une autre société et, dès lors, sont contraints de parler en son nom, d’analyser son possible fonctionnement et, en particulier, le sort des éventuels réfractaires à cette société (lesquels ne sauraient faire défaut).«  Que faire des délinquants ? » Cette question n’intéresse personne directement et personnellement, mais semble passionner tous ceux qui se considèrent comme membres d’une opinion publique, fût-elle révolutionnaire. C’est ce point de vue général, extérieur aux rapports particuliers que nouent et dénouent les individus, qui constitue la Justice, toute Justice. Les conflits ne sont pas appréhendés par ceux qui les vivent, mais par l’instance que délègue la société, elle-même instance suprême.

Dès lors on peut vouloir abolir la justice comme instance séparée et le prison comme sa conséquence, tels la plupart des anarchistes à la suite de Bakounine, et conserver néanmoins un jugement qui serait directement celui de la société et un mode d’enferment qui serait l’exclusion de celle – ci. (Bakounine, La liberté. JJ. Pauvert). Plus sympathique, certes, apparaît la position suivante : « S’il s’agit de détruire les prisons pour les reconstruire plus aérées, que l’on ne compte pas sur nous. Nous serons toujours du côté du refractaire (…). Mais s’il s’agit de remplacer la prison par une mise à l’écart plus radicale encore, que l’on ne compte pas davantage sur nous. » (La Banquise n°l. Pour un monde sans morale.) Mais cette prise de position reconnaît implicitement que d’autres se chargeront de la répression parcequ’elle répond à la même question : face à des conflits, que peut faire, non pas Pierre, Anne ou Jacques qui les vit, mais la société qui les gère ?

Et il est pour le moins inquiétant de lire : « La constitution d’une association communiste qui traverse les murs des prisons présuppose cependant une condition subjective indispensable : la critique et le dépassement de la révolte purement nihiliste et individualiste contre le capital qu’est la délinquance. Une révolte (individuelle) qui n’est pas tout à la fois orientée, tranfigurée et ra-dicalisée par le projet, l’amour et la poésie de la communauté humaine universelle ne peut qu’être sans issue positive. » (Prisonniers de la démocratie n°l.)Quelle que soit l’intention contraire de ses auteurs, la logique du point de vue sociétaire ou communautaire appelle le jugement et l’enferment.

Qui veut la société touchera en prime la prison, sous une forme ou une autre. Il va de soi que, pour notre part, nous ne souhaitons celle-ci à personne, pas même à ces partisans.

Des abolitionnistes.

P.S. La seule revendication des détenus dans laquelle nous, enfermés dans la société, nous reconnaissons, est celle du regroupement libre, selon affinités, pour ceux qui le désirent. C’est aussi la seule dont la satisfaction ne puisse être octroyée.

Penser l’abolition de la prison

Parce que nous sommes abolitionnistes !

lu sur offensivelibertaireetsociale

lapoudre

les opposant-e-s à la prison se partagent en deux grandes tendances, les réglementaristes et les abolitionnistes. Parce que les réformistes croient que la prison peut remplir les quatre fonctions qui lui sont attribuées par la théorie pénale, ils pensent qu’on peut la réformer. Nous, abolitionnistes, conscients que la prison est le cœur des systèmes répressifs qui fondent notre société, ne voyons qu’une solution : briser les murs et l’idéologie qui les sous-tendent.

Avant le XIXe siècle, la prison était une zone d’attente pour celles et ceux qui attendaient leur procès ou l’exécution d’un supplice. On y trouvait aussi quelques condamné-e-s à mort gracié-e-s et des opposant-e-s politiques. Mais la condamnation à l’enfermement était alors un fait rare. La prison moderne est née en Occident au début du XIXe siècle, lorsque la peine d’enfermement est devenue une peine en soi : principale sanction pénale, véritable étalon du système judiciaire, elle est aussi, dans les pays ou la peine de mort est abolie, la peine la plus sévère qui puisse être prononcée. La théorie pénale attribue à la prison quatre fonctions : dissuader de la commission de délits ou de crimes, éviter la commission d’un autre délit ou crime (la défense de la société), punir le coupable afin de reconnaître le préjudice subi par la victime et, enfin, rééduquer le coupable. Or, depuis sa création, la prison n’a cessé de faire l’objet de réformes. On veut la réformer car elle remplit mal les quatre fonctions précédemment énoncées. La prison moderne a une histoire très courte (deux siècles), qui peut être questionnée. Cette institution, n’a rien d’immuable et de « naturel », met enfin en lumière de manière particulièrement crue la façon dont notre société tente de discipliner les corps et les esprits. Sans simplifier à l’excès, nous pouvons distinguer deux positions politiques, le réformisme et l’abolitionnisme. Les réformistes “mous” pensent que la prison doit être améliorée afin de répondre aux standards “démocratiques”. Leur horizon est la mise en œuvre des “Droits de l’homme” (le fond) selon des procédures légales (la forme). Les réformistes “durs” se disent eux souvent “réductionnistes”. Selon eux, certaines catégories de la population n’ont rien à faire en prison (les jeunes, les sans-papiers ou les fous, par exemple). Cette position signifie, a contrario, la légitimité de l’enfermement pour d’autres. On peut également distinguer deux courants dans la position abolitionniste. Le premier lie la disparition de la prison à celle des déviances. Cette position, défendue par certains authentiques mais non moins naïfs révolutionnaires, peut aussi être celle de chrétiens ou de libertarians. Le second courant abolitionniste estime que la disparition de la prison est inséparable d’un processus révolutionnaire qui, de fait, modifie la définition des comportements déviants, induisant leur diminution, mais met surtout en place des façons de répondre aux déviances qui ne recourent pas à l’enfermement.

Réponses aux réformistes

Les réformistes croient puissamment que la prison pourrait remplir les fonctions énoncées précédemment. Or, force est de constater que la punition est bien la seule fonction que la prison remplit de façon satisfaisante. Si nous examinons chacune de ses trois autres fonctions, il apparaît – contrairement à ce que pensent les réformistes – que la prison ne peut pas « faire mieux ». La dissuasion. La prison dissuaderait donc de la commission de délits ou de crimes. Une telle ineptie naît d’une analyse en termes de rationalité des comportements humains : comme si le passage à l’acte résultait d’une formule mathématique dans laquelle l’acteur évaluerait le risque (d’être arrêté), la peine encourue et sa satisfaction à commettre un délit ou crime, chaque élément pouvant compenser les autres. Certes, le prononcé des peines n’est pas sans influence sur la commission de délits ou de crimes. Si, demain, on risquait réellement vingt ans de prison pour un défaut de titre de transport, il y aurait sûrement moins de fraudeurs. Mais l’effet dissuasif du prononcé de peines lourdes est contestable du fait même de la nature du passage à l’acte (le besoin et les pulsions, notamment). De plus, on note parfois des effets pervers, comme lorsqu’un État américain avait décidé que les auteurs de viol encourraient la peine de mort : le nombre de femmes violées et tuées avait nettement augmenté, car les « criminels » diminuaient ainsi les risques de témoignages à leur encontre.

Rééduquer et prévenir la récidive. Les mêmes remarques énoncées ci-dessus sur la nature du passage à l’acte s’appliquent ici. S’ajoute le fait, connu, que la prison fait souvent moins peur à celles et ceux qui y sont déjà passé-e-s qu’aux « primaires » [1]. S’il y a récidive, c’est que les sortants se retrouvent dans la même situation qu’à leur entrée en prison (pulsions, situation sociale). Les personnes en situation irrégulière, quand libération ne rime pas avec expulsion, se retrouvent dans la même situation que celle qui les a conduites en prison, c’est-à-dire sans papiers. Les fous en sortent dans le même état, quand il ne s’est pas dégradé avec l’enfermement. Non seulement l’enfermement ne peut pas être thérapeutique, mais il est intrinsèquement pathogène. L’attachement des réformistes à l’idée de réinsertion montre que, selon eux, c’est bien l’individu-e qui dysfonctionne, et non la société. D’ailleurs, le terme même de réinsertion laisse supposer que la prison serait faite pour les personnes désinsérées, alors que ce sont les classes populaires qui sont visées. Non seulement la force des liens sociaux dans les milieux populaires est ainsi niée, mais la mise en avant de la réinsertion permet de dissimuler habilement la véritable fonction de la prison.

Réparer le dommage causé aux victimes. Dire que la prison ne fait pas revenir les mort-e-s ne suffit pas. Avec le pénal et la peine de prison comme horizon disciplinaire, il faut bien voir que l’on assiste à l’avènement d’une justice rétributive, c’est-à-dire que la souffrance des victimes devient la durée d’une peine. Loin de reconnaître les véritables besoins des victimes, le système pénal les exproprie du sens de ce qu’elles ont subi. Pire, en affirmant que le deuil ou la réparation ne peut passer que par le pénal, on nourrit l’idée de devoir trouver des coupables quel que soit le préjudice, mais aussi celle de punir les fous.

« Humaniser », normaliser, réformer. Les observateurs sont souvent surpris par le fait que les révoltes de prisonnier-e-s éclatent fréquemment dans des établissements récents, plus confortables que les anciens. Pourtant, l’humanisation, qui serait propre à contenter les détenu-e-s, est toute relative : elle est souvent considérée du point de vue de l’observateur, et non de celui des intéressé-e-s. Les prisons les plus récentes sont aussi celles dans lesquelles les prisonnier-e-s sont le plus isolé-e-s les un-e-s des autres. Elles limitent au maximum les contacts avec les autres détenu-e-s, mais aussi avec les matons. On entend parfois dire que les prisons sont devenues « quatre étoiles » ou que les détenu-e-s y vivent comme au Club Med : pour un peu, on vivrait mieux dedans que dehors. Pourtant, on trouve peu de volontaires… Par la promotion des droits (le fond : les “Droits de l’homme”) et du droit (la forme : le légalisme), les réformistes veulent ignorer la véritable fonction de la prison : car, malgré un nombre de réformes qui dépasse l’entendement, la prison est et sera toujours « ce lieu dans lequel l’État règle froidement ses comptes avec les classes dangereuses, montre sans état d’âme ni faiblesse qui est le maître et rappelle aux vaincus ce qu’il leur en coûte et continuera de leur en coûter quand ils prétendent ignorer la règle du jeu » [2]. Par essence déshumanisante, la prison ne peut être humanisée. De plus, les tenants de la normalisation se heurtent à un fait : la réglementation est parfois moins favorable que les usages non réglementés. Finalement, comme l’exprime Brossat : « “Quand le droit sera entré en prison”– on ne sera pas dans l’après-prison, on aura un droit emprisonné » [3]. L’idée d’une prison « en changement » n’est rien de plus qu’un slogan publicitaire (en l’occurrence, celui de la dernière campagne de recrutement de l’Administration pénitentiaire, « La prison change, changez-là avec nous »). Pourtant, la compréhension du projet politique à l’œuvre dans le système carcéral souligne l’incongruité des démarches militantes de promotion des droits ou du droit. En fait, la critique de la prison, sa « bonne conscience », est nécessaire à son existence : elle participe de sa légitimation, comme sa normalisation par le droit. Il y a finalement une parfaite connivence entre le système carcéral et le spectacle de sa critique.

La promotion des alternatives à l’enfermement. Les améliorations apportées aux conditions de détention des détenu-e-s permettent de répondre aux standards de la démocratie bourgeoise : un dedans qui ressemble à dehors. Mais il y a mieux : l’idée d’une « prison hors les murs », avec la promotion d’alternatives à l’incarcération. En effet, les nouvelles technologies permettent (en réduisant les coûts) de moins recourir à l’enfermement, voire, à terme, de reléguer la prison à une peine barbare. Or, comme Foucault l’écrivait, les « alternatives » servent à « faire de la punition et de la répression des illégalismes une fonction régulière, coextensive à la société ; non pas moins punir, mais punir mieux ; punir avec une sévérité atténuée peut-être, mais pour punir avec plus d’universalité et de nécessité ; insérer le pouvoir de punir plus profondément dans le corps social » [4]. En s’inscrivant dans le projet de réforme de la prison, les tenant-e-s des alternatives à l’incarcération se fourvoient dans cette impasse déjà dénoncée, qui permet l’humanisation au prix de la légitimation.

Le projet abolitionniste

Déconstuire. Nous remettons en cause le lien, évident « au sens commun », entre déviance et punition : « Il faut briser ce lien. La punition n’est ni la suite naturelle de la criminalité, ni son revers, ni un simple moyen induit par les objectifs à atteindre » [5]. Parce que tout ce qui a été inventé peut se déconstruire, en tant que révolutionnaires, nous croyons que les humains, s’ils ont pu faire le pire, peuvent imaginer le mieux, et que l’organisation de la société n’a rien de « naturel ». Être abolitionniste ne signifie pas promouvoir la loi du plus fort. La position abolitionniste des anarchistes ne repose pas sur une forme de pensée magique selon laquelle, une fois en société libertaire, les déviances disparaîtraient. De fait, une société libertaire implique certes la disparition d’actes que les sociétés modernes peuvent qualifier de délits ou de crimes (atteintes à la propriété privée ou non-respect des règles sur la circulation des individu-e-s, par exemple). Notre position est de trouver d’autres formes de réponses sociales aux déviances.

Un projet révolutionnaire. L’abolition de la prison n’est pas juste un slogan. Parce qu’elle est au cœur du système répressif sur lequel reposent les sociétés modernes, il est normal que la position libertaire soit sans concession. Sans concession, car les prisons du peuple seront toujours des prisons. Et si la position libertaire insère l’abolition de la prison dans son projet révolutionnaire, c’est aussi parce qu’elle reconnaît le potentiel révolutionnaire des prisonnier-e-s et soutient leurs luttes. Mais, s’il faut détruire les murs, il faut aussi démonter l’idéologie qui justifie son existence. Si l’on replace, comme Foucault [6], l’enfermement carcéral dans une perspective plus vaste, il faut lutter contre la société de contrôle, qui préserve l’institution carcérale tout en modifiant les modes d’enfermement et en multipliant les outils de surveillance des populations, lutter contre la segmentation de nos vies et retrouver des espaces collectifs. Il faut arriver à renverser les points de vue, que les « honnêtes gens » s’identifient à la personne qui commet un délit, essaient de comprendre pourquoi elle agit de telle façon. On a tendance à se mettre systématiquement à la place de la victime, ce qui laisse fatalement un sentiment d’effroi, mais que l’on se mette à la place du délinquant et notre rapport au monde s’en trouvera changé.

Albertine & Soledad

|À écouter Bruits de tôles : émission anticarcérale toulousaine (Canal Sud, 92.2 FM), le vendredi de 19 heures à 20 heures. 40, rue Alfred Duméril – 31 400 Toulouse – bruitsdetoles@canalsud.net

 

[1] C’est-à-dire les prisonniers dont c’est la première condamnation.

[2] Alain Brossat, Pour en finir avec la prison, La Fabrique, 2001, p. 24.

[3] Ibidem, p. 91.

[4] Michel Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, 1999 (1re édition, 1975), p. 97-98.

[5] Rusche et Kirchheimer, Structure sociale et peine, histoire et théorie critique du régime pénal, Le Cerf, 1994 (1re édition, 1939), p. 123.

[6] Michel Foucault, op. cit.

Tournée journal Z : à Ambert les 21 et 22 août…

Transmis par sudplage  

Le journal Z numéro 7 est sorti en librairie depuis la mi-mai et une tournée de

présentation a lieu dans tout l’hexagone… puisqu’on nous venons enfin en Auvergne.

 Dès mercredi 21 au soir à 19H 30 nous apéritiverons à la Librairie Tout un monde à Ambert puis le jeudi 22 aout 2013, nous serons à la cantine à l’usine Rivolier, toujours dans la capitale fourmeuse, à partir de 11h pour l’apéro et durant les agapes. Ne reculons devant aucune congère, nous sommes invités par le café le Blizzart (04 71 07 94 38) à la Chaise Dieu (43), avenue de la gare) le même jour, à 21 heures. Pour un sacré numéro, comme le festival.

 Nous ferons un retour sur

ce numéro qui nous a emmené à Thessalonique, dans le nord de la Grèce,

pour y saisir le quotidien d’une crise aux multiples dimensions. Sensibles

aux limites à la fois géographique et temporelle de notre enquête, nous

voudrions que ce moment soit l’occasion, particulièrement, de croiser et

de confronter nos expériences de ce qui a lieu en Grèce depuis quelques

années avec celles et ceux qui y ont passé du temps. Comment les démarches

de lutte engagées là-bas peuvent-elles nous inspirer ici

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Thessalonique dans la dépression européenne

Bricolages quotidiens & résistances insolvables

 Numéro 7, 2013 – Thessalonique, Grèce – 200 pages – 10 euros

 Pour ce numéro, l’équipe de Z s’est serrée dans un vieux break baptisé « le Tombeau » pour aller enquêter en Grèce. Installés pendant un mois à Thessalonique, deuxième ville du pays, nous avons remonté le fil de la crise qui secoue l’Europe, du krach financier au gouvernement par la dette imposé par les institutions internationales. Dans ce territoire dévasté par l’ajustement structurel, nous avons rencontré ceux qui émigrent, ceux qui fuient les villes vers les campagnes, et ceux qui s’organisent.

 À Thessalonique, les ouvriers d’une usine de colle à carrelage en faillite ont relancé eux-mêmes la production. Dans les centres sociaux, on développe des circuits d’approvisionnement parallèles. Des centaines de médecins se relaient dans une clinique autogérée pour faire face à l’effondrement du système de santé. Des collectifs s’organisent quartier par quartier pour prendre de vitesse l’installation des milices néo-nazies du parti Aube dorée. Non loin, dans les montagnes de Chalcidique, une résistance villageoise acharnée tente d’empêcher l’ouverture d’une gigantesque mine d’or…

 Contactez-nous si vous souhaitez organiser une présentation chez vous.

contact@zite.fr 

SOMMAIRE

 Analyse / LES ANNÉES DETTE De la crise financière au régime de la Troïka

 Outillage / PIGS, TROÏKA, ZOMBIES Lexique de la Grèce endettée

 Entretien / « STATISTIQUES ET JIU-JITSU » à propos du bidouillage de la dette grecque, avec Zoe Georganta, professeure de statistiques à l’université de Macédoine

 Entretien / « LE PAYS VA DEVENIR UNE ZONE FRANCHE » Avec Iphigenia Kamtsidou et Akritas Kaidatzis, professeurs de droit constitutionnel à l’université Aristote de Thessalonique

 Reportage / ON A CHERCHÉ SYRIZA Jeu de cache-cache avec le nouveau parti de la gauche radicale

 Reportage / DESTABILISER LES STABLES Parmi les salariés de l’université Aristote

 Témoignage / « LES MOYENS ONT DISPARU, LA BUREAUCRATIE EST RESTÉE » Lemonia Tsakiridou, du centre médical de Pavlos Melas

 Entretien / « NOUS MANIFESTONS AVEC NOS PATIENTS » Avec Christina Kynoda, médecin à la clinique de solidarité de Thessalonique 

Analyse / « LA CRISE PERMET AUX PATIENTS D’ÉCHAPPER À LA PSYCHIATRIE » Anna Emmanuelidou, psychologue et membre de l’Observatoire pour les droits humains dans la santé mentale

 Action / MICROPOLIS Un centre social autogéré à Thessalonique

 Entretien / LUTTE EN MAUVE ! Rencontre au café féministe du squat Yfanet

 Reportage / « CE N’EST PAS UNE ÎLE, C’EST UNE USINE » Reprise en autogestion d’une usine de colle à carrelage malheureusement délaissée par son patron

 Entretien / « L’ÉTAT S’EFFONDRE, LES QUARTIERS S’ORGANISENT » Retour sur le mouvement des assemblées de quartier 

Témoignages / GUÉRILLA POTAGÈRE SUR CAMPS MILITAIRES

 Bande dessinée / C’EST PAS LA FÊTE AU VILLAGE Makis retourne à la terre

 Analyse / L’ŒUF DU SERPENT Dans la matrice du parti Aube dorée

 Histoire / EXTRÊME DROITE ET LUTTES SOCIALES EN GRÈCE

 Reportage / « PAS UN PAS EN ARRIÈRE » Riposte antifasciste, une mobilisation émergente

 Entretien / « PILULES, SIROPS, NARGUILÉS » Avec les hooligans antifas du stade Iraklis

 Récit / ENTRE QUATRE MURS Un parcours migratoire en Grèce

 Analyse / LES VOIES RAPIDES DE LA PRIVATISATION Retour sur la mise en vente des espaces naturels grecs

 Reportage / LA RUÉE VERS L’ORDRE Sur le site d’un méga-projet aurifère en Chalcidique

 Récit / SALONIQUE GIRATION L’itinérance de Z vue par un insider

 ET AUSSI…

 Texte-Hommage / ÉLOGE DU POSSIBLE Sur la résistance à l’aéroport du Grand Ouest

 Reportage / ZIGZAD Le virage de la lutte de Notre-Dame-des-Landes

 Reportage / SCREAM FOR LIFE La Chine vue par ses punks

 Portfolio / VIVRE EN SÉVÉSIE Zones Seveso, l’industrie et la vie humaine

 Analyse/ ANATOMIE DU CHEZ-SOI Contribution à la critique de la propriété foncière

 Reportage / LES LUMIÈRES MORTES DE LA FIN DU MONDE Un lendemain à Bugarach.

 Tournée journal Z : à Ambert les 21 et 22 août...

Sibylle S. libre, première reconnaissance de l’état de santé menacé de Hermann F. Le combat pour l’arrêt des poursuites et la libération de S. Suder doit s’intensifier.

lu sur linter

Bientôt un an que le procès a commencé, deux ans que Sonja Suder est emprisonnée.

11 mois que la défense se bat pour faire reconnaître la menace sur l’état de santé de Hermann F., pour que les comptes-rendus d’interrogatoires de 1978 soient reconnus pour ce qu’ils sont : des déclarations extorquées à un homme grièvement blessé, retenu illégalement et isolé totalement, donc illégaux et ne pouvant servir de base pour l’accusation.

Seule réponse jusqu’à ce 6 août 2013, la volonté à tout prix de faire venir Hermann F. Tous les moyens étant bons, jusqu’à la nomination d’un expert complaisant et la détention de l’ex-compagne de Hermann F., Sibylle S.

Publicité des débats

6 août 2013: l’entrée dans la salle d’audience se fait à un rythme anormalement lent. Arrivés à 8 h 15. Nous ne rentrerons qu’à neuf heures. Un journaliste du journal Junge Welt, refusant le privilège d’entrer avant tout le monde, pénètre enfin dans la salle et interpelle la juge qui avait déjà débuté l’audience, sur les freins mis à l’entrée du public et donc à la publicité des débats.

Arrêt de l’audience, sortie du tribunal, le reste du public rentre enfin, réapparition de la cour, redémarrage à zéro de l’audience.  Cela pourrait sembler dérisoire, mais on voit ainsi combien le courage et la vigilance de certains, dans tous les domaines, sont essentiels pour enrayer la machine de l’Etat.

La « presse » bourgeoise, elle, est là: on a annoncé la convocation de Hermann F.. Ces messieurs peuvent espérer un peu de spectacle.

Du côté du public, nous remplissons la salle, soucieux de ne pas accepter la citation d’Hermann F.. Certains d’entre nous portent les tee-shirts du collectif.

Et deux personnes représentant la FIDH et le Comité pour les droits fondamentaux sont présentes . (Cela nous fait cruellement sentir que tous nos efforts auprès de la LDH françaises depuis décembre 2012 sont restés vains à ce jour!).

Nous devrons durant l’audience à de multiples reprises protester contre le fait que nous entendons très mal de la salle ce qui se passe de l’autre côté de la vitre et des grillages: combat pour la publicité des débats toujours.

Première reconnaissance de l’état de santé de Hermann F.

Et ce jour ne sera finalement pas comme les autres. Premier aboutissement du combat de Hermann F. lui-même, de Sibylle S., de Sonja Suder et Christian Gauger, de la défense et de tous ceux qui se mobilisent pour le procès.

Devant la nomination par la cour d’un expert complaisant qui l’avait estimé apte à comparaître, Hermann F. a fait la démarche de rencontrer un psychiatre et de lui faire part de la pression que représente pour lui cette citation et les troubles qu’il ressent depuis. Celui-ci, atteste de l’impossibilité de citer Hermann F. sans examen médical étant donné ce qu’il a vécu.

C’est bien de fait une reconnaissance du traumatisme vécu, que la juge ne pourra plus ignorer maintenant et pour la suite du procès.

Pour ce qui concerne Hermann F., elle peut maintenant décider soit de nommer un expert, soit de renoncer définitivement à le faire venir.

Un deuxième combat d’une extrême gravité commencerait alors, obtenir enfin que soit reconnue l’illégalité des interrogatoires de l’époque, ne pas accepter une quelconque lecture des comptes-rendus.

Ce combat est le nôtre depuis le début du procès. Car quiconque a pris connaissance de ce qu’a subi Hermann F. en 1978 sait que ce combat est fondamental.

En l’absence de Hermann F., c’est l’avocat qui l’assiste, Me Baier, son avocat des années 70, qui a présenté les documents. Et brusquement, il se retouve dans la position de témoin, interrogé sans vergogne par le parquet. Nouveau dérapage.

Les procureurs méprisables jusqu’au bout

Il nous restait d’ailleurs encore un moment invraisemblable à vivre. Après la lecture de l’avis du psychiatre consulté par Hermann F., le procureur demande … une amende pour refus de répondre à la convocation.

Là, la ligne rouge est totalement dépassée. La cour se retire … très longuement. Elle revient avec la première décision contraire aux voeux du parquet, depuis le début du procès!

Effacés les sourires et la bonne humeur souvent si déplacés des deux procureurs. Comme le dit une camarade, on avait même l’impression qu’un sentiment de honte régnait sur le banc du ministère public!

Sibylle libre

6 août, 13 heures. Sibylle S. a été « extraite » de sa cellule par la volonté du juge.

Le dialogue ne durera que quelques minutes. Sibylle toujours aussi calme et discrète réitère son refus de témoigner. La juge constatant qu’après les deux tiers du temps maximal de détention, sa volonté n’a pas changé, tire les conséquence et prononce la fin de sa détention.

C’est toujours un moment formidable de savoir qu’un prisonnier va sortir. Nous avons eu la chance de vivre hier ce moment tellement privilégié et qui pour tous les prisonniers politiques, nous le savons, ne s’acquiert qu’à force de combat et de volonté face à la volonté destructrice de l’Etat. Sibylle S. en est l’exemple.

C’est ce qui dans ce procès est si fort, la dignité et le courage de tous ces militants confrontés à une situation qu’il n’aurait pas dû vivre ou revivre et qui restent malgré tout égaux à eux-mêmes.

L’attitude de Hermann F. et Sibylle S. sont dans ce procès contre Christian Gauger et Sonja Suder d’une grande importance. Elle oblige le pouvoir à se dévoiler dans ses pires aspects et aide sans aucun doute ces deux militants à résister.

Sibylle libre: à peine une heure après la décision de la juge, elle est dehors, car c’est le propre de cette mesure que de ne nécessiter aucune démarches, aucune formalité judiciaire, puisqu’elle est entrée par la volonté d’un juge et ressort par sa même volonté: c’est une décision d’un total arbitraire. (La contrainte par corps – utilisée ici contre Sibylle S. pour refus de témoigner – existait autrefois pour dettes en France, nous avons appris qu’elle continue à exister  Allemagne : de nombreuses personnes sont ainsi enfermées sans jugement pour ce motif).

Liberté pour Sonja, arrêt des poursuites

Ne nous y trompons pas cependant. Le combat doit maintenant s’intensifier. Pour que ce 6 août ne soit pas jour de victoire à la Pyrrhus. 

La juge doit retirer son acte d’accusation!

Les poursuites doivent être abandonnées!

Sonja Suder doit sortir de prison!

Ce procès de la honte fondé sur la torture et les dénonciations doit s’arrêter.

C’est ce que la résistance de Hermann F. et Sibylle S.,

comme de Christian Gauger et Sonja Suder nous transmet …

 

linter, le 7 août 2013

Anarchie en Tunisie

lu sur http://juralib.noblogs.org/2013/08/05/anarchie-en-tunisie/

Tunisie : après l’assassinat d’un opposant, l’ordre contre l’anarchie

Tunisie : Laâridh fait des propositions et pointe les anarchistes nihilistes
Gnet.tn, Lundi 29 Juillet 2013 à 19:11

Le chef du gouvernement, Ali Laâridh, a déclaré ce lundi que “le gouvernement va poursuivre de remplir son devoir et redoubler d’efforts, non pas par son souci de se maintenir au pouvoir, mais dans le but d’assumer sa responsabilité totalement, jusqu’à la dernière minute”. Il a dit sa détermination “de faire avancer la Tunisie vers l’achèvement de cette transition le plus tôt possible et au moindre coût”. Il a opposé une fin de non-recevoir à tous les appels “nihilistes et anarchistes” qui prônent l’annulation du processus transitoire et le retour à la case départ.

… Le chef du gouvernement a évoqué “la tentative de putsch contre le processus transitoire qui a failli précéder l’assassinat du martyr”. Il a pointé “une tentative de s’emparer des institutions de l’État”. “Le défunt Mohamed Brahmi n’était pas encore arrivé à l’hôpital, que des voix appelaient à la désobéissance, au chaos, au néant, et à l’inconnu”. Il a dénoncé l’exploitation de cet assassinat pour des considérations partisanes, et le fait que des individus cinq à six personnes s’autoproclament tenants de l’autorité. Il a qualifié cet agissement de despotique, qui, plus est, “loin du vent de la démocratie et de la souveraineté du peuple”.

Ali Laâridh a qualifié les auteurs de cet agissement “d’aventuriers, égocentriques, qui exploitent toutes les occasions pour assouvir des convoitises partisanes et personnelles, se félicitant que le peuple ait pu avorter leur tentative, et n’ait pas suivi ces aventuriers anarchistes”. Il a également salué les unités de la sécurité et de l’armée qui “ont veillé à préserver la sécurité, les biens et les institutions, et ont fait avorter ce plan qui a voulu exploiter une conjoncture requérant l’unité nationale”. “Ceux qui ont tenté ou tentent de s’emparer des institutions n’ont tenu compte d’aucun intérêt sécuritaire, économique ou autres. Ils ont tenté de pervertir les intérêts des gens pour des aspirations étriquées”, a-t-il martelé.

Tunisie en crise : Soumaya Ghannouchi qualifie les opposants à son père d’« anarchistes » et de « putschistes »
Kapitalis.com, 1er août 2013 à 00:29

De son Qatar d’adoption, Soumaya, fille de Rached Ghannouchi, chef d’Ennahdha, a lancé un appel au gouvernement tunisien pour appliquer la loi et frapper fort ce qu’elle a qualifiés de « putschistes ».

Après Yusra qui a manipulé les images du sit-in du Bardo, en utilisant des images des opposants au gouvernement pour illustrer un tweet sur la mobilisation des pro gouvernement, c’est le tour à sa sœur Soumaya Ghannouchi, épouse Rafik Bouchlaka, ancien ministre des Affaires étrangères, résidente au Qatar et employée de la tristement célèbre chaîne Al-Jazira, a adressé, aujourd’hui, sur sa page Facebook, un message au gouvernement.

Selon elle, il faut mettre fin à ce mouvement de protestation appelant à la dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC) et du gouvernement provisoire, conduit, selon elle, par des « anarchistes » et des « nostalgiques de la période d’avant le 14 janvier 2011 ».

Mme Bouchlaka a notamment appelé le gouvernement de la troïka, dominé par le parti Ennahdha, d’appliquer au plus vite la loi, de dire la vérité au peuple pour qu’il assume sa responsabilité et défende sa révolution, les institutions et les biens publics.

Brèves du désordre, 29 juillet 2013

 

“Les défavorisés doivent vivre… Les défavorisés doivent gouverner”

Le peuple tunisien et la jeunesse de la révolution vivent depuis la suspension du sit-in de la Kasbah 2 sur le rythme de la domination d’une classe politique avide de pouvoir vivant sur le sang des pauvres et des marginalisés, qui use des richesses des régions en ignorant leurs ressortissants de sorte que le peuple a continué à souffrir de la détérioration de son niveau de vie et à sombrer dans le chômage et la pauvreté.

Cette situation coïncide avec une tendance fasciste ayant arrivé à l’assassinat des deux militants politiques Chokri Belaid et Mohamed Brahmi et la liste est plus que jamais ouverte.

Le régime capitaliste dictatorial qui a repris son souffle depuis la mise en place de la haute instance de Ben Achour en passant par les élections du 23 octobre, jusqu’à l’investiture de l’assemblée générale constituante avec sa majorité et son opposition et toutes les instances qui en sont issues, est responsable de la détérioration de la situation économique et sociale et de la dégradation de la situation sécuritaire avec la poursuite du terrorisme et des assassinats.

Si les différentes régions du pays ont vécue, les derniers jours, une mobilisation populaire de grande envergure couronnée par la prise de quelques locaux administratifs dans les régions de l’intérieur, ce pas révolutionnaire, quoique symbolique, nécessite que ces régions affirment leur droit à la gestion de leurs affaires courantes et de leurs ressources et se défendent contre toutes les tentatives de détournement et de récupération par les composantes du paysage politique et civil avides de pouvoir.

L’initiative des masses révoltées de mettre en place des conseils locaux et régionaux doit prendre effet et avoir le droit et la priorité dans la gestion des affaires publique et ce par :

• La mise en place de conseils de gestion des affaires publiques et l’autogestion des ressources et des richesses au niveau des municipalités, des villages, des régions rurales, des usines, des exploitations agricoles, et des localités, ayant droit aux assemblées et à la prise de décision.

• La mise en place de conseils régionaux (au niveau des gouvernorats) qui gère les affaires régionales et assure la coordination pour la prise de décision régionale.

• La mise en place d’un conseil national général composé de mandatés des différentes délégations qui conçoit les fondements d’un programme de développement et les principes généraux de la vie courante des Tunisiens, et d’instances exécutives veillant au suivi des décisions du conseil.

Nous présentons ici des propositions aux forces militantes sur le principe de la chute du régime et ce pour assurer la souveraineté de la prise de décision, rompre avec la pauvreté, le dépouillement, l’exclusion régionale, la violence et le terrorisme avec le droit de se défendre contre toutes les tentatives de détournement qui se manigancent dans l’enceinte de l’assemblée de la bassesse, dans les quartiers généraux des partis politiques, et les ambassades des pays étrangers sous des prétextes comme le secours, l’union nationale, la transition démocratique et qui ne sont en réalité que des compromis pour la récupération de la révolution et des richesses.

Harraket A’ssyan – Mouvement Désobéissance – 30 juillet 2013

 

(…) L’impossible tentation anarchiste

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Telle une réponse on ne peut plus claire à la perverse récupération politique du mouvement initié au Bardo, le « A » encerclé, emblème de l’anarchisme, s’affiche de plus en plus fréquemment sur les murs qui longent l’esplanade.

Le désir de ne pas se mélanger avec d’autres composantes du sit-in est parfois formulé sans détour : « Nous préférons arriver tard dans la nuit, une fois que la bourgeoisie et les adeptes des photos mondaines sont partis », confie un des leaders anar’.

Comment exister en marge de la machine politico-financière des partis ? Une poignée de jeunes activistes osent le « ni Ennahdha, ni Nidaa » vendredi, en scandant : « Ennahdha et Nidaa sont les ennemis des martyrs ». Ils restent cependant très minoritaires sur cette ligne réellement subversive.

C’est une réaction à la nuit précédente, qui avait atteint des sommets en termes de mainmise Nidaa. Contrairement à la coloration plutôt à gauche de la nuit du 2 août, jeudi ce sont quelques thèmes favoris de la droite qui étaient au menu sur une scène assez BCBG : sécurité, vocabulaire militariste, et chants patriotiques que l’on n’avait plus entendus depuis l’ancien régime.

Mais l’idée anarchiste fait son chemin. Presque instinctivement, une partie de la génération révolutionnaire réalise que les représentants de la politique de métier ne défendent en rien ses intérêts. Lorsque l’opposition surfe sur « l’échec » du gouvernement, elle n’évoque d’ailleurs que rarement le volet social.

La devise radicale de cette jeunesse lui vaut même d’être agressée au Bardo. L’émoi provoqué par le drame des soldats égorgés de Chaambi lundi laisse peu de place à une troisième voie entre le sécuritarisme et l’intégrisme.

Si dans cette bataille des droites, les anarchistes, dépassés par l’ampleur des manifs, ne pourront empêcher le vol de « leur » bébé, le rejet de la classe politique dans son ensemble auprès de franges de plus en plus larges augure d’un avenir plus radieux pour les « ni dieu ni maître ». (…)

Seif Soudani – Nawaat, 4 août 2013

En Algérie, un déjeuner provocateur en plein ramadan

 
Les participants du déjeuner du 3 août à Titi Ouzou dénoncent "l'islamisation" de l'Algérie et revendiquent leur liberté de conscience. 
Quelques centaines d’Algériens ont mangé et bu en public, samedi 3 août, en plein ramadan, dans la ville de Tizi Ouzou,  pour dénoncer « l’islamisation du pays ». Désireux d’affirmer leur liberté de conscience, ils étaient entre trois cents et cinq cents à participer à ce rassemblement avec bouteilles d’eau, pains, cigarettes et bières, le premier du genre en Algérie. Le déjeuner n’a été interrompu ni par la population ni par les autorités.
Par cet acte symbolique, ils entendaient dénoncer « le climat de terreur qui règne contre ceux qui ne jeûnent pas » durant le mois sacré du ramadan, rapporte L’Orient-Le Jour. En effet, pendant cette période, « les restaurants sont ouverts seulement dans les hôtels de luxe, et les autorités tout autant que les religieux incitent la population à respecter le jeûne », explique le quotidien.
UNE MAJORITÉ DE BERBÈRES
Précisément, ce rassemblement était organisé en réaction à l’arrestation le 19 juillet de trois jeunes gens qui déjeunaient en journée dans un bar fermé de Tifra, un village de la région côtière de Tigzirt, 35 kilomètres au nord de Tizi Ouzou. Or, jusqu’aux années 1980, « dans les villes au moins, les restaurants étaient ouverts et ne jeûnaient que ceux qui le voulaient ».

Nombre de déjeuneurs étaient issus de la minorité berbère, plus laïque que le reste de la population, qui a globalement mal vécu les politiques d’arabisation imposées à la Kabylie par le gouvernement depuis l’indépendance du pays, en 1962.
Ainsi, l’un d’eux expliquait-il sur une pancarte : « Je ne suis pas arabe. Je ne suis pas obligé d’être musulman. » Bouaziz Aït Chebib, président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), a également rappelé « l’attachement ancestral » des Kabyles « à la liberté de conscience ».

 
leur presse Le Monde.fr avec AFP et AP



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