Archives pour avril 2014

1° mai

Le Premier Mai
Les Cinq martyrs de Chicago par Rudolf Rocker

Quels hommes et quels événements furent tragiquement à l’origine du choix de cette date comme journée internationale de revendications.

La date du premier mai 1886 avait en effet été choisie quelque temps plus tôt par les deux grandes organisations ouvrières américaines, l’IWPA, et l’AFL, pour un gigantesque mouvement de grèves sur le plan national si d’ici-là ces deux organisations n’avaient pu obtenir la journée de huit heures pour laquelle elles se battaient depuis longtemps déjà.

C’est à Chicago où le gros patronat local s’était acquis une forte réputation de dureté que le drame allait éclater. S’il ne se passa rien ce premier mai 1886 à Chicago, six ouvriers grévistes étaient dès le lendemain abattus par la police. Ce fut au meeting de protestation qui eut lieu le soir même qu’un agent provocateur jeta une bombe parmi l’assistance. Cet événement servit de prétexte à l’une des plus féroces répressions dont le mouvement ouvrier fut la victime.

Pour bien faire les choses, la justice s’abattit sur les militants les plus en vue. Parsons, Spies, Fielden, Schwab, Engel, Fischer, Lingg et Neebe furent inculpés de conspiration et de meurtre.

Cinq de ces militants, tous anarchistes, furent condamnés à mort.

Lingg n’ira pas jusqu’à la potence, il se suicidera dans sa cellule. Les quatre autres seront pendus le 11 novembre 1887.

Voici quels furent ces « martyrs de Chicago » qui se battirent et moururent pour autre chose que de beaux bulletins de paye ou des brins de muguet.
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Photo : Le Premier Mai<br />
Les Cinq martyrs de Chicago par Rudolf Rocker</p>
<p>Quels hommes et quels événements furent tragiquement à l’origine du choix de cette date comme journée internationale de revendications.</p>
<p>La date du premier mai 1886 avait en effet été choisie quelque temps plus tôt par les deux grandes organisations ouvrières américaines, l’IWPA, et l’AFL, pour un gigantesque mouvement de grèves sur le plan national si d’ici-là ces deux organisations n’avaient pu obtenir la journée de huit heures pour laquelle elles se battaient depuis longtemps déjà.</p>
<p>C’est à Chicago où le gros patronat local s’était acquis une forte réputation de dureté que le drame allait éclater. S’il ne se passa rien ce premier mai 1886 à Chicago, six ouvriers grévistes étaient dès le lendemain abattus par la police. Ce fut au meeting de protestation qui eut lieu le soir même qu’un agent provocateur jeta une bombe parmi l’assistance. Cet événement servit de prétexte à l’une des plus féroces répressions dont le mouvement ouvrier fut la victime.</p>
<p>Pour bien faire les choses, la justice s’abattit sur les militants les plus en vue. Parsons, Spies, Fielden, Schwab, Engel, Fischer, Lingg et Neebe furent inculpés de conspiration et de meurtre.</p>
<p>Cinq de ces militants, tous anarchistes, furent condamnés à mort.</p>
<p>Lingg n’ira pas jusqu’à la potence, il se suicidera dans sa cellule. Les quatre autres seront pendus le 11 novembre 1887.</p>
<p>Voici quels furent ces "martyrs de Chicago" qui se battirent et moururent pour autre chose que de beaux bulletins de paye ou des brins de muguet.<br />
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Notre-Dame-des-Landes: Saint-Jean-du-Tertre résiste

lu sur squat.net

Face à une menace claire d’intervention policière sur la ZAD, le mouvement d’opposition au projet d’aéroport a montré sa détermination, son unité et sa capacité à se mobiliser.

Toute la nuit paysan-nes, occupant-es, citoyen-nes ont barricadé ensemble les accès à la ferme de Saint Jean du Tertre dont la destruction avait été planifiée ainsi que protégé les lieux occupés alentours, également menacés.

Des dizaines de tracteurs, plusieurs centaines de personnes étaient présentes dès 5h du matin. Cette réaction massive et unitaire du mouvement sera systématique face à toute tentative d’intervention sur la zone.

Les collectifs locaux restent vigilants et prêts à mettre en place le blocage de la région pour empêcher toute expulsion ou début de travaux. A l’échelle nationale, 200 collectifs prévoient l’occupation de lieux de pouvoir en cas d’intervention.

L’aéroport ne se fera pas!
Sur place, l’occupation du territoire s’intensifie, nous continuons à l’habiter et à le cultiver. Nous déjà, ensemble, dans l’après projet.

Les résistant-es de Saint-Jean-du-Tertre

[Communiqué envoyé le 23 avril 2014 par zad@@@riseup.net.]


Communiqué de presse suite à l’occupation de St-Jean-du-Tertre

Face à la puissance du mouvement, la préfecture recule :

Dans un souci d’apaisement, monsieur le préfet m’autorise à vous proposer un cadre de résolution globale de la situation comprenant d’une part un gel du processus d’expulsion et de déconstruction des deux maisons à Saint-Jean du Tertre et à la Freusière pour la durée du traitement des contentieux en cours sur le futur aéroport et d’autre part la mise “sous-cloche” des maisons venant à se libérer de leurs occupants légaux sur même durée. La mise sous cloche s’entend comme la non déconstruction des maisons et l’absence de leur occupation illégale.

Tenons ferme.

[Communiqué envoyé le 24 avril 2014 par zad@@@riseup.net.]

Du Son Contre La Prison le 9 mai 2014 à Clermont Fd (Radio Campus 93.3) et ailleurs

son contre les prisons

 

Salut à toutes et tous

L’émission de Coupe Gorge sur Campus avec la CNT-AIT est écoutable ici !

http://www.coupe-gorge.fr/2014/04/emission-6-18-avril-2014/

 

[Toulouse] : Retour sur une après midi beaucoup trop fliquée

Lundi 21 avril, fin d’après-midi. La CREA réquisitionne trois jours avant deux nouvelles maisons. On récoltera coups, flashball, hôpital, blessures et garde à vue (GAV). Un récit d’une personne présente à ce moment là.

Pour savoir ce qu’est la Campagne de Réquisitions d’Entraide et d’Autogestion, c’est ici

Cela faisait plusieurs jours que des personnes, obligées de quitter très bientôt leur maison précédente, s’étaient installées dans deux belles maisons bien vides. Vouées à la destruction ou à la spéculation immobilière, on sait bien ce que vont devenir ces bat’s. 
Dans la matinée, les flics passent une première fois, demandent la preuve de la présence ici. Le ton reste au départ plutôt pas trop tendu, enfin, juste des flics qui parlent à des squatteur-euses, à ce qu’ils considèrent comme la ruine de cette société… Une sorte de mépris poli, avec la menace latente de leurs matraques…

Ils reviennent ensuite. Commence alors une longue après-midi. Ils mettent la pression. Un lourd dispositif est déployé. Devant les deux maisons, deux fourgons, six BACeux [1], dans une des rues adjacentes 8 fourgons de CRS [2] et de CSI [3] , 10 dans une autre rue. 
Au bout d’un moment, les soutiens arrivant de plus en plus, ils décident de donner l’ultimatum, « soit on emploie la manière douce et vous sortez de vous même, soit on y va autrement »… Les personnes présentes préfèrent partir d’elles-mêmes, beaucoup d’affaires perso sont là, les enfants, les personnes plus âgées… Le chef des opérations, qui semblait être un commissaire divisionnaire, mais qui n’était pas le coutumier Syndic, exige qu’il y ait au moins une personne qui l’accompagne pour une audition, car les propriétaires ont porté plainte. On lui répond qu’il n’y a pas besoin d’audition, tout est déjà dit. Des véhicules se ramènent petit à petit pour aider à déménager et mettre les affaires en sécurité. Les bleus en profitent pour continuer à mettre la pression, comme à leur habitude. « Ça » demande de rester sur le trottoir, alors que près de 40 personnes sont là, « ça » menace de mettre des amendes de circulation… Bref, « ça » prend la tête quoi.

Quelques personnes se dirigent vers leur voiture, pour bouger d’ici, mais les BACeux déboulent d’on ne sait où, attrapent un pote et essaient de le mettre dans leur voiture. Les autres personnes près d’eux crient et essaient de dés-arrêter le pote. Les gens qui étaient devant les deux maisons accourent en soutien. Matraques, LBD [4] 40mm, grenade de dispersion sont sortis. Des coups et des insultes sont échangées. Ils arrivent à embarquer le copain. Puis les BACeux appellent leurs copains CRS et CSI, qui étaient encore près des deux maisons. Et là ça nous défonce dans tous les sens. Une camarade qui avait pris plusieurs photos des évènements se fait arracher son appareil photo, puis les keufs shootent dedans afin de le réduire en morceaux. Trois copains se prennent des coups, se font tabasser au sol puis embarqués, crane ouvert, arcades défoncées.

Un autre pote, alors qu’il était plutôt en train d’aller à l’opposé des flics, se fait mettre en joue par le LBD, tenu par un BAC, et se fait tiré dessus. Tir tendu, depuis l’autre coté de la route, c’est à dire à pas plus de 5 mètres. Un voisin voit toute la scène, et nous permet de soigner le pote, puis nous accompagne à l’hôpital. Au dernières nouvelles (mardi 22, 3h du mat’) une bonne partie de os autour de sa pommette droite, sous son œil, sont en bouillie. Il doit attendre quelques jours que ça dégonfle et que ça ne bouge plus à l’intérieur pour savoir de quelle manière vont l’opérer les chirurgiens. On donnera des nouvelles ici.

Les 4 personnes embarquées sont placées en GAV, apparemment pour violation de domicile. Pour eux aussi, on donnera des nouvelles ici.

On ressort de cette journée avec un flot d’émotions, allant de la tristesse, de la peur pour les potes embarqués qui risquent de se faire défoncer à nouveau au comico, de la peur pour la suite des blessures au visage du copain, de l’étourdissement par tellement de choses tellement vite, des interrogations « où va-t-on dormir demain », et tellement la rage !! Ils nous ont tellement mis la rage !!

Si des personnes ont vu toute la scène et veulent bien témoigner, en prévision des potentielles poursuites et/ou d’une plainte pour coups et blessures, merci de nous envoyer vos témoignages à pantheres@riseup.net et caj31@riseup.net

Et tenez vous au courant, on aura besoin de soutien prochainement.
Solidarité partout, tout le temps. Tout pour tou.te.s Pouvoir au peuple. Pour la chute du capitalisme et de tout ce qui le maintiens.

une enragée présente

MISE A JOUR mardi 22.04.14 à 20h

3 des quatre personnes en GAV sont sorties. Une sans suites, une avec un rappel à la loi, et une avec une convocation pour un procès devant la chambre correctionnelle de Toulouse. A suivre.

Notes

[1] BAC 31 : brigade anti-criminalité

[2] CRS : compagnie républicaine de sécurité, bande jaune sur le casque

[3] CSI 31 : compagnie de sécurisation et d’intervention, bande bleue sur le casque

[4] LBD : lanceur de balle de défense

http://iaata.info/CREA-Retour-sur-une-apres-midi.html

Du fond du terroir

lu sur anarchie23
Du fond du terroir

A l’heure où le ministre de l’agriculture fait les fonds de terroir, il est utile de repréciser les choses. Commençons donc par ce terme de terroir.

 Chez Robert, terroir est une étendue de terre considérée du point de vue de ses aptitudes agricoles MAIS AUSSI la région rurale influant sur ses habitants. En gros, la vie dans la terre et sur la terre constituent ce terroir, sa qualité, sa quantité. Cela se rapproche de l’agroécologie (il faudra revenir sur ce terme à peine arrivé en France et déjà détourné de tout son côté socio-économique notamment par ce cher ministre agricole…)

 Une ferme de terroir travaille des terres qui sont une capacité nourricière pour les humains et les animaux de la ferme, par conséquent c’est une ferme autonome d’un point de vue alimentaire.

 Mais attention, dans ce monde capitaliste, l’étiquette « terroir » n’est pas un gage de qualité suffisant car souvent les produits du terroir ne sont pas issus de fermes autonomes justement. Qui plus est, malgré des sigles tels que IGP, AOC, elles sont trop souvent peu respectueuses de leur environnement tant écologique que social. Mais il n’y a pas de qualité sans terroir.

 Pourquoi un produit estampillé « terroir » obtenu via l’agriculture dite conventionnelle n’est pas un produit du terroir ? En général, agriculture conventionnelle signifie utilisation de matières non issues du terroir pour nourrir les animaux (soja par exemple) ou les végétaux (via divers engrais, souvent chimiques). Cette agriculture perd totalement le rapport, primordial dans la définition de terroir, à la notion vivante de la terre. Parce qu’utiliser des engrais ou aliments exogènes, c’est, d’une certaine manière, faire du hors sol en plein champs puisqu’on ne se soucie plus de la qualité de la terre qui va nourrir le végétal qui nourrira éventuellement l’animal. De même pour l’élevage, si l’animal ne sort dans les prés que pour se dégourdir les pattes et qu’en fait il mange au râtelier la majorité du temps, où est le lien à la terre ?

 Terroir implique également une certaine qualité de vie pour l’humain sur le territoire qu’il occupe, donc penser la communauté locale. Cela implique la vente locale et en circuit court. Il y a donc un côté protectionniste à cette notion de terroir: défense du terroir et des humains qui y vivent. Cela peut être dangereux si il n’y a pas aussi pensée globale, c’est à dire fédération des terroirs. Mais il y a aussi un côté anti-élitisme à rester local car une fois de plus le capitalisme sait se servir du terroir pour vendre ces fameux produits à l’autre bout de la terre à des prix hallucinants. Faire des produits de terroir est aussi une approche militante pour un bien vivre local mutuel et pas individuel comme il serait si simple de le faire en vendant ces produits à la « hype society ».

 La notion de terroir est profondément liée à celle d’agriculture paysanne, c’est à dire d’agriculture pour faire vivre un pays. En France et dans pas mal de pays dits occidentaux, la paysannerie dans son sens noble disparaît. Il n’est quasiment plus possible de trouver du foncier à taille humaine et l’agriculture vivrière disparaît ; celle qui nourrit là où elle produit.

 En milieu urbain, qui sait encore d’où vient sa nourriture ? Très rarement des environs de la ville, ce qui est dramatiquement vrai même pour les Amap parisiennes. Quelle alimentation dans les grandes zones urbaines qui ne pensent pas à avoir au minimum une ceinture vivrière ? Quelle liberté si on ne choisit même plus son alimentation, sauf entre supermarchés (bio ou non) et Rungis ?

DAG, Le ferment 29

(Article paru dans le n° 50 du  Monde Libertaire gratuit ou à prix libre du 3 avril 2014.)

Festival du Film Engagé : du 25 au 27 avril à Beaumont (63) salle des fêtes

ffe2014

Après Vertaizon, Beaumont, Cournon, Mezel, Pont-du-Château, Ménétrol et Romagnat, Beaumont accueille à nouveau l’équipe du festival. 

Animés par une même volonté d’éducation populaire, les membres des associations «Festival du Film Engagé» et «Paroles de Bibs » proposeront pendant ces 3 jours une vingtaine de projections de films documentaires suivis de débats, en présence des réalisateurs et des associations concernées par les divers sujets. Des films en prise directe avec l’actualité pour mieux connaître et comprendre ces moments historiques que nous vivons.

Refusant de sombrer dans la morosité et le fatalisme, le festival se propose de faire avancer la réflexion pour mieux comprendre et résister.

Exceptionnellement, l’ouverture du festival se fera avec la projection du film de Stanley Kubrick longtemps interdit en France, « Les sentiers de la Gloire » film consacré aux fusillés pour l’exemple de la guerre 1914-1918. Une séance sera également consacrée aux mutins de la guerre de 14-18.

Deux films aborderont plus particulièrement les problèmes actuels du monde ouvrier, dont un qui sera projeté avec la présence exceptionnelle d’ouvriers de l’usine marseillaise Fralib (marque de thé Elephant). Les Roms, Mayotte, la construction d’un gigantesque stade de foot à Lyon, Internet, l’avortement, la prostitution, l’Unef, le « Revenu de Base »… voilà quelques-uns des sujets dont il sera question. Certains aspects de la Bolivie, du Rwanda,  des  luttes en Grèce, seront aussi abordés.

Nous vous attendons nombreux !

+ d’infos sur le programme FestivalFilmEngage

L’UL CNT-AIT 63 y tiendra une table de presse et participera à certains débats du festival + d’infos cntait63@gmail.com

Exceptionnellement, nous ne tiendrons pas notre permanence habituelle du samedi au local, pour nous rencontrer ce samedi 26 avril, venir au festival…

Foot libertaire

Il y a quelques mois, nous avions évoqués le foot libertaire version FSGT http://anarsixtrois.unblog.fr/2013/11/22/fsgt-sport-populaire-foot-libertaire/

Revenons en arrière pour présenter rapidement 2 expériences en Suisse et aux Etats Unis

En Suisse lors des années 70, a existé une « ligue du football progressiste », un championnat de 6 clubs aux idées libertaires et révolutionnaires…..Le FC Bakunin, l’Etoile Rouge de Bollwerk, le Traktor Bienne, le Durruti Amigos Association FC, le Lokomotive 99 et le FC Kronstadt Berkmann
Photo du FC Bakunin

FC Bakunin 1976.jpg

Il a aussi existé une ligue de football Anarchiste au Etats-Unis (eh oui) avec des clubs comme le Dynamo Kropotkine, la cité Mankhoviste, le Kronstadt FC…..Ce qui prouve qu’un autre football est possible, un football solidaire en marge du foot-fric……A lire sur le sujet…..

éloge de la passe.jpg

Compte-rendu du procès d’Amal Bentounsi – 7 avril 2014

Le 20 février 2013, Amal Bentounsi, soeur d’Amine, tué d’une balle dans le dos par un policier le 21 avril 2012 à Noisy-le-Sec, était convoquée par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) du 13ème arrondissement de Paris. Elle venait en effet d’apprendre qu’une enquête préliminaire était ouverte à son nom et qu’elle allait devoir répondre d’une accusation de « diffamation publique envers une administration publique » sur plainte du ministre de l’intérieur, Manuel Valls.

L’objet du litige, une vidéo postée sur son site internet Urgence-Notre-Police-Assassine et dénonçant l’impunité policière :

« Vous voulez commettre des violences et des crimes en toute impunité, sans jamais être inquiétés par la justice. Vous êtes insultant, violent, ne respectez pas le code de la déontologie. Méprisant, arrogant, sont vos qualités. Prêt à tuer sans être en état de légitime défense. En argent de poche, pour arrondir vos fins de mois, coller des outrages à agent. La police recrute, et la justice vous protège et vous acquitte. Même si vous êtes coupable, ne vous inquiétez pas, on fera en sorte que vous ne le soyez plus. Nos syndicats sont puissants. Alors n’attendez pas, la police est le meilleur métier pour être au dessus des lois. »

Rendez-vous était donc donné ce lundi 7 avril 2014 pour l’audience d’Amal au TGI de Paris (17ème chambre correctionnelle).

Une quarantaine de personnes a répondu à l’appel à soutien d’Amal et de son collectif, « Urgence-Notre-Police-Assassine », désormais organisé autour d’autres proches de personnes tuées au main de la police, notamment de Farid El Yamni, dont le frère Wissam a été tué le 1er janvier 2012 à Clermont-Ferrand par plusieurs policiers [1]. Dans le hall du Tribunal étaient réunies des personnes organisées avec Stop le Contrôle au Faciès, la Brigade Anti Négrophobie et le Collectif Huit Juillet (autour de Joachim Gatti, blessé au flashball le 8 juillet 2009 à Montreuil), mais aussi des proches de Lahoucine Ait Oumghar (tué par la police le 28 mars 2013 à Montigny-en-Gohelle) et d’autres victimes de la police, ainsi que leurs soutiens… sans compter un certain nombre de journalistes et trois flics en civil niant appartenir à la police, malgré leur insigne dépassant négligemment de la poche intérieure de leur veste (discrétion zéro).

Après une fouille minutieuse des sacs, les soutiens ont pu entrer dans la salle d’audience, afin d’assister à la représentation mise en scène par Manuel Valls, grand communiquant de la place Beauvau. Ce fut l’occasion pour les spectateurs d’assister à un autre spectacle, celui mis en scène par Marine Le Pen dans le conflit qui l’oppose au chroniqueur Nicolas Bedos, accusé pour sa part de l’avoir qualifié de « salope fascisante » dans le torchon Marianne, tandis que dans la salle d’audience voisine se jouait au même moment le procès beaucoup moins drôle et moins « médiatiquement attractif » du facho ayant agressé à l’acide Florentina et Iuliu, un jeune couple de roms, le 16 janvier dernier place de la République. Autant dire que notre époque ne sent pas la rose…

Ce qui frappe dans ces mises en scène, c’est l’absence totale des accusateurs. Les hommes et femmes de pouvoir ne se déplacent pas. Dans l’affaire Le Pen-Bedos, seuls sont présents leurs avocats, qui mènent leur petit combat de coqs dans le décor feutré du Tribunal. Et si les soutiens d’Amal n’avaient été présents, la scène se serait jouée entre spécialistes du droit, sans témoins, comme une pièce de théâtre sans spectateurs. Et la procureure d’annoncer que dans l’affaire qui oppose Amal au ministère de l’Intérieur, personne ne sera là pour représenter l’accusation : Valls envoie ses ennemis dans l’arène, mais ne descend pas s’y battre, ni lui, ni même son avocat. La procureure porte donc seule l’accusation, comme un petit soldat lâché par les siens.

La juge a donné d’abord la parole à Amal, qui a décrit avec émotion et peine la genèse de son site et les raisons de sa colère. Elle a expliqué comment la mort d’Amine, son frère, a constitué une rupture brutale, et comment elle a laissé derrière elle son activité commerciale pour se consacrer à sa quête de justice. Elle a évoqué la froide mise à mort de son frère et décrit son combat comme une thérapie pour donner du sens à sa peine, pour passer du deuil à la recherche de vérité, pour aller de l’avant aussi.

La juge et la procureure ont bien tenté de lui faire accepter l’idée qu’on ne peut parler d’impunité dans son affaire, puisque le policier responsable du tir mortel était poursuivi pour homicide volontaire, mais Amal les a remis assez vite à leur place en rappelant qu’elle et son site ne parlent pas qu’en son nom, mais au nom de toutes les autres victimes dont les flics meurtriers ont bénéficié d’un non-lieu et continuent d’exercer leur sot métier.

La vidéo à l’origine du litige a ensuite été montrée sur un écran situé derrière les juges, mais la greffière ne trouvait pas comment rétablir le son. On s’est donc contentés de regarder les images et les intertitres jugés diffamatoires par la police et leur papa, Manuel Valls.

Tout l’enjeu du procès semblait être d’amener aux juges la preuve, qu’ils avaient déjà, que les policiers bénéficient effectivement d’un régime de justice particulier et que de nombreux cas aboutissent sur des non-lieux ou des peines légères avec surcis. Michel Konitz, l’avocat d’Amal, a donc fait appel aux statistiques des meurtres pour écarter l’accusation de diffamation, et a rappelé que comme pour les procès intentés sur le même sujet à la Rumeur ou à NTM par le passé, on était confronté à la même volonté des ministres de l’Intérieur successifs de faire plaisir aux syndicats policiers, en déposant plainte contre ceux et celles qui usent de leur liberté d’expression pour évoquer des vérités qui fâchent.

Juste après Abdelcrim A., membre du collectif Ali Ziri, Farid El-Yamni est intervenu à la barre, livrant avec émotion et colère son témoignage sur l’affaire de son frère et pointant du doigt l’inutilité de la justice. On a senti la juge et la procureure s’enfoncer doucement dans leur fauteuil, comme terrassées par une si franche vérité. Farid, par ses propos imprégnés de peine et de colère, a réussi à inverser les rôles et à transformer subitement les juges en accusés :

« J’aimerais dire que j’aurais préféré ne pas être là, j’aurais préféré ne pas penser ce que je pense et ne pas vivre ce que je vis. Mon frère El-Yamni Wissam est décédé suite à une arrestation policière le 1er janvier 2012 à Clermont-Ferrand. Il y avait de nombreux témoins, près d’une dizaine, qui affirment que mon frère s’est fait lyncher par 25 policiers. Il a été retrouvé le pantalon au niveau des chevilles, avec des traces de strangulation au cou. Son corps nous a été rendu six mois après, en putréfaction, parce qu’ils ne l’ont pas conservé dans le froid. Ca fait deux ans et demi, et les policiers sont toujours en service dans ce commissariat là, et personne n’en parle. Pour ce qui est d’Amal, j’aurais préféré ne pas le dire, ne pas le penser, mais mon expérience, avec tout ce qui s’en est suivi, avec tout ce que je vois, toutes les affaires, m’amène à penser que ce qu’elle dit est vrai.

Alors effectivement, ça choque tous les paradigmes, ça choque ce qu’on aurait aimé penser, parce qu’on aurait aimé vivre dans une société égalitaire, dans une société fraternelle, mais ce n’est pas le cas [...] Et j’aimerais vous dire quelque chose, ce qui m’embête aussi, c’est que je sais pertinnement que dans notre affaire, comme dans d’autres affaires, ils ne vont rien avoir. On me l’a dit dés le début, je n’y croyais pas, je faisais confiance à la justice, c’est la première fois que je suis devant un tribunal, je n’ai jamais eu affaire à la Justice. Je faisais confiance, et ça m’a coûté en amitiés, ça m’a coûté en pas mal de choses. Malgré ma haine, malgré ma colère, j’ai essayé de faire confiance, mais tout m’amène à penser que ce n’est pas vrai [...] Ce qu’Amal dit, c’est brut, mais lorsqu’on va à la racine des choses, à partir de toutes les affaires, on pourrait faire un théorème à partir de ce qu’Amal dit, expliquer l’ensemble des faits. Ce qu’elle dit est presque un euphémisme par rapport à tout ce qu’on a vécu, par rapport à tout ce qu’on a dit, parce qu’on a dit aussi de très bonnes choses, on a essayé de tendre la main, de vouloir que la Justice soit ce qu’elle prétend être. Mais à chaque fois, on s’aperçoit que systématiquement, la réalité ne contredit pas les propos d’Amal. Ce qu’elle dit est presque un axiome qui explique tout ce qui se passe.

On est sur des affaires judiciaires où c’est à nous d’enquêter, où c’est à nous d’apporter les preuves. Les juges d’instruction ne font rien du tout, le procureur ment. Le procureur est parti devant la presse pour dire que les marques que mon frère avait au cou étaient dues à des frottements de vêtements, un enfant n’y croirait pas. Un enfant n’y croirait pas ! On en est là. A côté vous avez des journalistes qui suivent l’affaire de près, ils vous diront la même chose, tout le monde dans cette salle vous dire la même chose, et je crois même que vous-même vous savez que c’est vrai. C’est le constat que chacun peut faire. On est toujours sur une bataille judiciaire et une nouvelle autopsie doit arriver au mois de juin, et je vous parie qu’on va nous dire qu’on ne sait pas de quoi il est mort. Je vous le parie, on verra si c’est vrai. Malgré les marques de strangulation, malgré tous les éléments, malgré les écoutes, parce qu’on a appris il y a une semaine que les enregistrements radio ont disparu, on ne veut pas nous donner les enregistrements vidéo, les témoins ne sont pas entendus par le juge, les photos sont trafiquées, on a des experts qui sont choisis alors qu’ils ne font pas partie de la liste de la Cour d’Appel, je pourrais vous en parler pendant des jours, je suis même devenu un expert au niveau juridique. Tout ce qui se passe est complètement anormal, c’est n’importe quoi ce qu’il se passe. C’est du n’importe quoi, procès verbal sur procès verbal, tout est faux ! Et le pire, c’est que ça nous arrive à nous, mais aussi à tous les autres, à ceux qui sont mort une semaine plus tôt dans ce commissariat, à celui qui trois mois avant s’était fait étrangler dans un quartier, à n’importe qui. Et le pire c’est qu’on nous avait prévenu, on nous avait dit « ça va se passer comme ça ! » [...]

Et là j’en appelle à votre conscience. Amal est une victime, la Justice est là pour les victimes. Nous sommes les victimes et nous sommes traités commes des agresseurs. Au début on s’est dit qu’on allait faire confiance à la Justice, on aurait préféré vous faire confiance, on aurait préféré ne pas être là où on en est. Mais vous nous forcez, vous nous forcez à agir comme ça. Excusez-moi, il n’y a rien de personnel, vous n’êtes pas concerné, même si on dit souvent que ce sont ceux qui sont les moins concernés qui sont le plus concernés. Nous, on va vivre toute notre vie avec cette humiliation, avec tout ça, en sachant dés le départ qu’on n’aura pas la justice, alors on est deux fois plus endeuillés [...]

Suite à quoi, Sihame A. de Stop le Contrôle au Faciès et Mathieu R., militant et chercheur en sciences sociales, sont intervenus pour livrer un témoignage pragmatique sur la réalité des violences policières, d’un point de vue statistique, mais aussi sociologique. Mathieu à ainsi rappelé que certains ont le privilège de pouvoir dire ce qu’ils pensent de la police, parce qu’ils font partie des milieux autorisés (institutions et intellectuels), et que le ministère de l’Intérieur ne se prive pas de « caresser » les syndicats policiers lorsque ceux-ci se sentent offensés par une prise de parole publique ou par une décision de justice qui leur est défavorable :

« Quand les syndicats de policiers se mobilisent, quand les policiers se mobilisent pour dire qu’ils ne sont pas d’accord avec les décisions de Justice, on a une réaction du ministère de l’Intérieur qui porte plainte pour caresser les syndicats de policiers, et je pense que c’est la logique de fond de cette plainte [contre Amal], et on pourrait y ajouter aussi le caractère spectaculaire de la politique, c’est à dire qu’il faut de temps en temps occuper l’espace médiatique, selon des choix de stratégies politiciennes et aussi par rapport à un électorat particulier. »

Sur quoi la procureure, qui s’est fendu d’un discours rempli de compréhension et d’empathie feinte, mais aussi de maternalisme à l’égard d’Amal, a quand même déploré sa manière de faire, avant de demander la relaxe.

L’avocat d’Amal a également plaidé la relaxe.

Verdict le 28 mai 2014.

http://paris-luttes.info/compte-rendu-du-proces-d-amal

La Connerie à Cinq Etapes de Moscou ?

lu sur leschaussettesdelarchiduchesse

La Connerie à Cinq Etapes de Moscou ?

On le savait con comme un parapluie bulgare, mais là il se transmute !

Mais qu’a-t-il doncVlad Poutine ? Y’aurait-il du bisbille au Politburo ? Viendrait-il de louer « La Chute » au vidéo club du Kremlin ? S’inquièterait-il pour son gaz ? Voudrait-il impressionner le mannequinat de moins de dix huit ans ? Quoi qu’il en soit, faut parler Vlad, pas tout garder pour toi ! 


Ok ! On aura peut être pas de gaz pour l’hiver prochain, mais tu vas vivre de quoi patate ? Comment tu vas les nourrir tes cosaques sans tes bons clients de l’occident putride ? Au sein ?

Faire le malin en salle de muscu et essayer de doubler les amerloques, c’est pas la même chose. La prochaine fois, ce sera peut être pas un coussin péteur que tu trouveras sur ton fauteuil.

Virlo

Italie : ils manquent de se noyer lors d’un coup de com’ anti-immigration

Italie : ils manquent de se noyer lors d’un coup de com’ anti-immigration

Leur opération de communication est tombée à l’eau. Sept activistes du parti d’extrême droite italien de la Ligue du Nord ont failli se noyer en voulant montrer à quel point il était facile de rejoindre, pour les immigrés illégaux, les côtes italiennes depuis la Tunisie, rapporte l’édition britannique du Huffington Post (article en anglais) lundi 7 avril.

L’opération remonte au 20 mars. Drapeau de leur parti flottant au vent, les sept activistes quittent à bord d’un canot pneumatique Melito di Porto Salvo, à l’extrême sud de la Calabre. Leur objectif : rejoindre la Tunisie et prouver ainsi que la traversée qu’effectuent des centaines de migrants clandestins chaque année peut se faire sans heurts.

« Ils se sont couverts de ridicule »

Mais leur épopée a tourné court. Arrivés à hauteur de Malte, le moteur de leur bateau a pris feu. Après avoir réussi à éteindre les flammes, un membre de l’équipage a dû envoyer une fusée de détresse. Grossière erreur : celle-ci a atterri sur le canot et les septs activistes se sont retrouvés à l’eau, drapeau toujours en l’air, comme le montre une photo publiée sur un site d’informations local (article en italien).

Ils ont été secourus par les autorités maltaises, et la presse n’a pas manqué de se moquer d’eux. « Plutôt que de se couvrir de gloire, ils se sont couverts de ridicule », a écrit The Malta Independent, cité par le Huffington Post. « Et ils ont fini par prouver qu’il est fréquent que ce type de voyage se termine de manière tragique ». 

http://actualite.portail.free.fr/monde/ … migration/

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