Lettre de Damien Camelio à la CNT-AIT de Perpignan

Camelio

13/06/2014

Salut à vous compagnon-e-s

Merci beaucoup pour le courrier et la diffusion. Bon, la prison a conservé votre lettre 3 semaines avant de la remettre. A vrai dire, je suis persuadé qu’ils ne me l’auraient jamais remise si je n’avais pas usé d’un stratagème : X m’a dit au parloir que vous m’aviez écrit, étant donné que j’ai une entière confiance en X ainsi qu’en la CNT-AIT, je savais que cette lettre était retenue (je devrais dire volée car il est complètement illégal de retenir du courrier après condamnation) par l’administration pénitentiaire. J’en ai donc parlé par téléphone avec X, me sachant écouté et la lettre m’est miraculeusement parvenue le lendemain matin, Enfin ce qu’il en reste, car comme tout mon courrier elle a subit une épuration sans que ça soit notifié ( ce qui est encore une fois et totalement illégal ).

Bon, si je commence à faire la liste de mes droits bafoués ici je n’en finirais plus, rapidement, voici quelques exemples:

- Une grande partie de mon courrier disparaît, parfois on me nargue en me montrant les lettres à la porte de la cellule sans me les remettre.

- L’accès à l’information m’est refusé (mise à part les chaînes nationales, si on peut qualifier ça d’information…).

- Je suis sous surveillance constante : l’interphone de ma cellule qui est censé servir à appeler en cas d’urgence est allumé 24 h sur 24.

- J’ai droit à des fouilles systématiques (rarement déclarées comme telles)

- J’ai subit une répression que l’on peut qualifier de torture blanche, à son apogée j’ai eu droit à 6 jours de privation de sommeil.

- La dernière chose dont je me suis rendu compte hier, j’étais étonné de ne plus recevoir d’aide financière depuis mon transfert. En fait la prison renvoie les mandats et rejette les virements.

Bon ceci est actuellement le plus gros problème : le détournement de l’argent des compas au profit de la prison est bien plus qu’ un vol, ce détournement s’inscrit dans une véritable stratégie de déstabilisation : associé à la disparition systématique d’une partie de mon courrier, la direction vient ensuite me voir pour me tenir un discours du style : « tu vois tu reçois plus rien, ils t’ont tous abandonné dehors… »

Mes soutiens étant internationaux, il m’est difficile de savoir ce qui disparaît et il est impossible à mes compas de savoir que lettres et argent ne me sont pas remis. Je voudrais rendre ceci public afin d’exprimer collectivement ma gratitude envers ceux et celles à qui je n’ai pu le faire, faute de n’avoir pas reçu leurs lettres / mandats.

Afin d’éviter le détournement de cet argent au profit de la prison (peut être bien de la direction car il faut bien que l’argent soit crédité quelque part…). Je souhaite que soit créé un compte bancaire dans le cadre d’un comité de soutien. Ce compte devra être géré par X qui est la seule personne à avoir un permis de visite et d’après les articles D422 et R57-7-33 du code de procédure pénale, l’argent que X m’envoie ne peut être refusé. De plus X à mon entière confiance. Cependant, je souhaite que des organismes reconnus tel que la CNT-AIT s’inscrivent dans cette démarche afin d’éviter toute méprise. Nous avons vu des cas de détournement avec de l’argent destiné aux compas (los 5 de barcelona), c’est pourquoi dans un souci de confiance je voudrais que la CNT appuie X dans cette démarche… A sa demande nous occultons ces quelques lignes de la lettre (CNT-AIT perpignan)…

Ami-e-s et compagnon-e-s CNTistes, je sais que vous n’êtes pas d’accord avec ce genre de mode opératoire, cependant je sais que vous êtes conscients de ce que nous organes de lutte clandestine subissons comme répression et à quel type de violence nous avons à faire face. Les petits cons du GAL (créé par l’Espagne afin de faire assassiner les Etarras) m’ont déjà tiré dessus avec une arme à feu. Avec le processus de paix relatif à ETA, la répression sanglante qu’ils subissaient est peu à peu en train de se diriger contre nous Anarchistes.

Nous sommes bien entendu pacifistes, la militarisation que nous avons initié a été une nécessite auto défensive face à des ennemis qui eux sont déjà largement armés et qui de plus profitent d’une considération bienveillante de la part des États ( dans le cas de l’État espagnol rien n’est plus à démontrer )… L’État français, lui, qui cultive une image de façade plus libérale est en fin de compte tout aussi répressif et pour le moins collaborationniste. J’ai lu attentivement tout ce que vous m’avez fait parvenir (enfin la partie qui m’a été remise)…

Je vais bien entendu écrire au comité de soutien à Enguerrand et je souhaiterais avoir son adresse exacte.

Je voudrais que vous me fassiez parvenir les adresses des 3 anarchistes de Vigo arrêtés peu avant moi ainsi que celle de Jorge Mario Gonzalès au Mexique…

Voilà, je voudrais aussi qu’un compa Cénétiste vienne me voir au parloir afin que je puisse m’exprimer.

Un énorme MERCI à vous tous, un FUERTE ABRAZO, je vous envoie toute ma force militante, tout mon amour et toutes mes espérances libertaires.

Damien

Ps :

Merci d’écrire -Prisonnier Anarchiste- sur mon adresse, l’affirmation du caractère politique d’une incarcération, c’est la reconnaissance d’une lutte.

PS2 :

Vous pouvez rendre public tout ce qui vous semble utile dans ma correspondance.

Note de la CNT-AIT de Perpignan : nous avons publié l’intégralité de la lettre reçue par notre syndicat hormis une partie à la demande de Damien et deux courts paragraphes que nous n’avons pas jugé utile de rendre public. Lettre reçue le 20 Juin2014 à Perpignan.

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