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Archives pour juillet 2014


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14 Juillet sanglant

Par Zo d’Axa (10 juillet 1892)

 

Ne parlons plus de la Bastille, s’il vous plait, ni même de la misérable famille Hayem qui, il y a deux ans, choisissait pour mourir l’instant où la bourgeoisie et les ivrognes du peuple célébraient le 14 Juillet.
Avec des effets larmoyants panachés d’images faciles !

 

Ne causons que des bastilles qui restent…
Parlons simplement de la Fête ; et, puisque les satisfaits préparent déjà les girandolles, faisons réfléchir les gueux à quelqu’autre feu de joie imprévu.

Point n’est besoin d’avoir l’âme grise d’un blasé décadent pour n’aimer guère nos ternes réjouissances publiques. Mesquines les lanternes vénitiennes, et bombes ! Point n’est besoin, pour souhaiter mieux, d’avoir l’âme rouge de Néron.

Il suffit de sentir l’affront de ces fanfares aux sonneries fausses d’allégresse, éclaboussant les silencieuses souffrances et lançant le défi aux révoltés.

Dans les taudis, sombres tombeaux où les parias sans pain ont des attitudes résignées de mort, les bruits de fête pénétreront – claquant comme des gifles. Et des hors-la-loi se 
lèveront, décroisant leurs bras si longtemps serrés sur leurs poitrines maigres.
Et ces réveillés seront de la Fête.

Peut-être illumineront-ils les quartiers ? Qui sait ? Mais ils fuiront leur triste gîte, ils déambuleront dans la ville cinglés toujours par la gaîté grouillante ; ils iront, de la haine dans le sang.

Si l’occasion inconsciemment cherchée se présente, ils pourront bien, les mauvais gars, corser le programme de la journée.

On songera que les 1er Mai sont moins faits pour inciter aux actes que cet insolent 14 Juillet.
Car non seulement la provocation est flagrante, mais c’est plus qu’une ironie bourgeoise. C’est l’enlisement des foules imbéciles que l’avachissement rend complices.

En avant la musique ! Orchestre et flonflons. C’est une soûlerie qu’on paie au peuple.
Le spectacle est pénible et laid
Tout nous flagelle.

Un acte aurait une signification haute et une retentissante portée.

Cependant les seigneurs de ce temps s’occupent avec sérénité à mettre tout au point pour représenter le pays en liesse. S’il est un jour de l’année, où ils tremblent moins à l’idée des réfractaires qui les guettent, c’est le jour de la fête nationale.

Les soldats sont en permission, les sergents de la ville ne rôdent pas sur les trottoirs.
La bourgeoisie qui veut faire ses grâces, un instant, ne tient plus ferme en sa main, le bouclier de fer qui la protège.

On pourrait facilement viser…

Certes des convictions sont assez ancrées dans des cerveaux têtus, des impatiences sont trop vives pour qu’on choisisse uniquement les époques fixes, fatidiques.
Chaque jour est bon pour décocher un trait.

Mais ne faut-il pas surtout qu’aux moments où les repus font la noce, surgissent quelques trouble-fête ?

Et ne rêvons pas loin du possible.
Pratiquement, chacun sur sa route.

Il serait bon qu’on comprît ceci : les déshérités, les maudits, ne doivent pas nécessairement avoir tous l’invincible énergie des lutteurs légendaires,
Qu’ils aient au moins de la rage au cœur !

Les plus hardis courront aux audacieuses besognes. Les énervés feront la bataille moins belle mais également implacable.
Tous, tous agiront pour blesser l’éternelle ennemie.
Il y aura des cataclysmes sans doute, et ainsi de venimeux coups d’ongles.

Donc vive le 14 Juillet !
Et dans la rue ! Les camarades – même les timides.
Tout est bien qui frappe ou qui pique.
Rien ne vous force d’allumer des mèches courtes à des ferblanteries tragiques.
Votre bras n’est peut-être pas prêt, votre main n’est pas sûre encore.

Passez, passez sans risquer votre tête, dans la cohue que vous détestez. Condoyez-les les braves ouvriers aux redingotes battant neuf, frôlez les bonnes citoyennes aux attifements endimanchés. Tout ça remue en mouvement qui vous heurtent, tout ça chante des refrains qui vous font mal. Tant mieux ! Vous pourrez, si cela vous distrait, vous pourrez marquer la foule vile comme avec le sceau d’infamie.
Vous poinçonnerez les habits de fête du bout brûlant de vos cigarettes.

Et laissez dire…
Ayez dédain pour les brutes qui les poings fermés clameront que vous êtes des lâches. Vous vous entraînez, voilà tout. Demain vous irez plus loin. Aujourd’hui faites n’importe quoi ; mais que vos rancunes vivent et mordent.

La lâcheté c’est l’inaction.
Exercez-vous ! Et ne soyez pas tristes de sentir encore certaines craintes.
Sans ces craintes-là nous serions trop à faire danser des palais.
Du reste les splendides palais pourront fort bien danser quand même.

Les compagnons résolus, sûrs d’eux-mêmes et prêts à tout ne sont pas en vain à l’affût.
Ils concevront l’énorme effet d’un coup de foudre tonnant sur la fête. Ils imagineront la grandiose flambée digne de clore les divertissements.
Ils allumeront l’apothéose.

Avec les jeux du cirque, autrefois, les maîtres donnaient du pain. Pour les esclaves de notre époque, même aux heures de fêtes publiques, c’est la famine encore, toujours.

La société qui nous opprime et laisse des hommes mourir de faim a beau sentir la culbute proche, elle tient à ses anniversaires.
La France veut sa Nationale.

Dans d’autres pays sauvages, les réjouissances se complètent souvent par quelques sacrifices humains.
Cette année nous aurons le nôtre.

Sur les manchettes empesées de Behanzin-Carnot il y aura du sang de Ravachol.
Ce sang rougeoira-t-il seul l’insipide 14 Juillet ?

Zo d’Axa.
Extrait de L’Endehors N°62, 10 juillet 1892.

[Belgique] : Court-circuit des élections ?

Deux pylônes de transmission RTBF et VRT incendiés la veille des élections

 

SABOTAGE La veille des élections. Le cirque des opinions et du bombardement incessant de mensonges et de promesses touche à sa fin. L’électeur se prépare à faire son devoir de citoyen. Il se plaint, sans doute. Il se plaint que les politiciens n’ont plus d’idées, qu’ils sont tous pareils, qu’ils forment tous une grande mafia. Mais il va quand même aux urnes. Il va quand même choisir son maître et donner son approbation à ce que tout continue comme avant. Et ainsi, il devient complice des politiciens. Et ainsi, il devient aussi l’ennemi de ceux qui rejettent toute ce cirque, de ceux qui refusent d’avoir encore des maîtres ou des patrons, de gauche comme de droite, corrompus comme « intègres ». Il devient notre ennemi, l’ennemi de ceux qui aiment la liberté.

 

La veille des élections. Pendant la nuit, à Wavre, un énorme pylône de transmission appartenant à la RTBF est incendié. C’est le black-out total pour plusieurs émissions de radio, des émissions de télévision digitales sont perturbées. En Brabant Wallon et dans le sud de Bruxelles, il n’y a tout simplement plus de réseau de téléphonie et d’internet mobile de Base, car le pylône servait aussi de nœud entre des dizaines, voir des centaines, de relais de téléphonie mobile. Et ailleurs, à Veltem-Beisem près de Louvain, cette même nuit, un autre pylône de transmission, appartenant cette fois-ci à la VRT, est également saboté avec le feu. Là, sont surtout touchées quelques radios flamandes dont les émissions sont perturbées. Ainsi, la veille des élections, le jour des élections, des centaines de milliers de personnes se retrouvent pour une fois à l’abri du bombardement de données, de la frénésie de la communication moderne qui n’est qu’aliénation, du contrôle sur les cerveaux que les puissants exercent via leurs appareils de propagande.

Le jour des élections, on était tous supposés d’écouter la voix du maître qui nous parvient depuis l’internet, la télévision et la radio. On était supposé de parler toute au longue de la journée des résultats des élections. Mais peut-être, grâce à ces sabotages, il y en a qui ont parlé d’autre chose, qui sait. Le sabotage provoque une rupture, une fissure dans la normalité. Quelque chose qui n’était pas supposée d’avoir lieu. Quelque chose d’anormal. Ce n’est pas pour rien que l’administrateur de la RTBF disait que « Quand on attaque un média, c’est grave pour tout le monde. Je pense qu’on a voulu envoyer un signal nauséabond. » Nauséabond, pour qui ? Nauséabond, c’est le mot qu’on réserverait plutôt pour le cirque des élections, pour le monde dans lequel on vit, pour le spectacle par lequel le pouvoir s’assure d’une adhésion de ses sujets en le présentant comme « un choix ». Nauséabond, ce sont les médias qui lavent les cerveaux, ce sont les journalistes qui transmettent la voix du pouvoir et légitiment toutes les atrocités commis au nom du pouvoir, de la guerre en passant par l’empoissonnement total de l’environnement aux assassinats policiers. Nauséabond, c’est que nous vivons dans une époque où les moyens de communications sont omniprésents, mais où plus personne ne sait communiquer, dialoguer, discuter, réfléchir, car tout le monde répète ce que les machines et les écrans leur disent.

Les anarchistes sont des ennemis de toute autorité, qu’elle soit étatique, capitaliste ou patriarcale. Ils sont pour la liberté et contre l’esclavage. Mais ils ne sont pas dupes. Ils savent que l’autorité, ce ne sont pas seulement les politiciens, les capitalistes et les chefs. Ce sont aussi ceux qui obéissent, qui acceptent d’être exploités, qui suivent les ordres. Si on ne mettra jamais sur le même plan ceux qui exercent et ceux qui subissent l’autorité, ceux qui possèdent les industries et ceux qui sont exploités dans les usines, ceux qui portent l’uniforme et ceux qui se voient forcés à le respecter, on ne cessera pas d’indiquer que le seul chemin pour s’affranchir, c’est d’entrer en lutte, c’est de casser la cohabitation entre maîtres et esclaves.

On est probablement nombreux à se le demander. Comment ça se fait qu’à travers des siècles d’oppression et d’exploitation, le système capitaliste et le pouvoir étatique semblent toujours en bonne santé ? Pourquoi n’ont-ils pas été effacés de la surface de la planète, jetés dans les égouts comme toute pourriture ? Beaucoup de tentatives ont été faites, des tentatives d’insurrection et de révolution sociale. Mais aujourd’hui, il faut prendre acte du fait que la domination a réussi à inclure une grande majorité des exploités mêmes. A travers le fétichisme de la consommation, l’abrutissement généralisé, la décentralisation du pouvoir dans tous les sphères de la vie humaine, le capital et l’Etat semblent, pour l’instant, réussir à bloquer tout horizon autre que la reproduction de ce qui existe. Cette reproduction-là, la reproduction sociale de la domination, c’est probablement la cible principale de l’intervention révolutionnaire d’aujourd’hui. Si il y a parfois de révoltes, un mécontentement qui s’exprime dans la rue, des réactions virulentes contre une énième crime du pouvoir, il s’agit de cibler plus loin, plus profond, plus fondamental : il s’agit de cibler ce qui est supposé de garantir « le cours normale des choses ».

Pour retourner aux sabotages de pylônes de transmission de la RTBF et du VRT, on croît qu’ils fournissent quelques indications importantes quant aux méthodes de lutte à employer et aux champs d’intervention possibles. Si le monde technologique instille en permanence, 24h sur 24, la résignation et l’acceptation de notre « place » dans la société, la place de moutons qui consomment, travaillent et obéissent, il dépend en même temps de très nombreuses structures, disséminées partout autour de nous, qui sont assez faciles à saboter. Et aucune force militaire ou surveillance accrue ne pourrait jamais les protéger efficacement.

Provoquer le court-circuit dans le quotidien fait d’abrutissement et d’exploitation revient à fissurer la couche de béton qui nous écrase tous et toutes. Il n’y a pas à attendre un moment magique où « les gens » prendront conscience de leur situation et descendront dans la rue. Toute attente joue en effet le jeu de la domination, qui jour après jour se construit et se consolide, dans le matériel (nouvelles prisons, nouveaux commissariats, nouvelles industries, nouveaux réseaux de contrôle) comme dans l’esprit (lavage de cerveaux, effacement de l’idée même de révolte, réduction de la vie à la marchandise). C’est depuis les fissures que les révoltés sauront provoquer qui pourrait surgir un autre horizon, un horizon de liberté et de révolution sociale.

[Extrait de Hors Service n°45, juillet 2014.]

PROCES D’EXPULSION DU PREMIER SQUAT DE LA CLE

Jeudi matin à 9h, le Guantanamo, premier lieu libéré par la CLE, passe en procès en vue de son expulsion. Toutes et tous devant le tribunal (Place de l’Etoile) dès 8h30 en soutien à la CLE.

La Campagne pour la Libération des Espaces remonte à l’occupation de la Place de Jaude en septembre 2013. Comme la CREA à Toulouse, le Collectif 100 Papiers à Saint-Etienne, l’AG de luttes contre les expulsions à Caen, les ZAD, nous avons décidé, par l’action directe, de réquisitionner des bâtiments laissés à l’abandon par l’Etat, et de permettre à toutes et tous de reprendre en main nos vi(ll)es.

Le 22 mai nous avons libéré un premier lieu nommé le Guantanamo qui est un espace autogéré et autonome des institutions. Confrontés aux pratiques de l’hébergement d’urgence (le 115…) qui métamorphose les gens en numéros et dossiers sans humanité, nos moyens de lutter ici et maintenant sont de créer des lieux d’habitation (pas des hébergements), de transmission de connaissances, d’ouverture sur le quartier et la ville…

Aujourd’hui face à la justice et une municipalité répressive, nous en appelons à votre soutien. Nous devons rendre ce procès politique. Il nous
concerne toutes et tous.

Pour reprendre en mains nos vi(ll)es.
Contre l’Etat, les frontières, les papiers, la gentrification.
Avec rage et joie.

Rendez-vous 8h30, jeudi 10 juillet devant le tribunal de Clermont-Ferrand,
place de l’Etoile.
Venez nombreux-euses, seul-es ou accompagné-es, sans drapeau ni autocollant.

2014-05_Clermont_Ferrand_CLE

Un samedi en enfer… (ou la mise en péril d’une jonction « intermittents-précaires », sur Alès, dans le Gard)

Intermittents – Précaires – Chômeurs – Intérimaires – CCD

Un samedi en enfer… (ou la mise en péril d’une jonction « intermittents-précaires », sur Alès, dans le Gard)

Pour une fois, on était resté maître de notre enthousiasme. On a attendu que la loi sur les accords de l’UNEDIC soient votés pour voir si l’invitation des travailleurs de la culture à les rejoindre, n’était pas que du bluff.

Pour bon nombre d’entre nous : hors de question de se refaire cocufier par des gens de « gauche » comme lors du mouvement contre la réforme des retraites !

Cette fois-ci, nous avons été d’une amabilité sans borne. Les travailleurs de la culture nous invitaient sur des assemblées générales. Il s’agissait de parler d’une résistance commune aux accords de l’UNEDIC. Nous avons respecté nos hôtes en leurs habitudes et nous les remercions de cette invitation…

Nous nous sommes rendus à leurs AG. Nous avons respecté les règles de ces AG. Nous avons fait des AG de 5 à 6h où les travailleurs de la culture ne parlaient que d’eux. Nous avons distribué leurs tracts et tenus leurs banderoles. Nous avons écouté leurs interminables palabres sur leurs « spécificités », sur les moyens et finalités d’une grève. Nous avons supporté des « artistes » aux égos démesurés. Nous avons consolé des techniciens dégoûtés des titres de journaux qui présentaient la grève comme une « grève pour de rire ».

Nous n’avons pas moufté pendant 4 jours. Nous avons obéi aux consignes. Au vu des raisons de notre présence (les accords de l’UNEDIC qui limitent considérablement les droits ASSEDICS de tout travailleur en CDD (80% des emplois en France)), nous avons tout de même suggéré de déplacer quelques spectacles dans les CAF et les Pôles Emplois. Jamais de réponse franche, du moins jusqu’au samedi 5 juillet au matin.

La veille (le vendredi 4 juillet), les travailleurs de la culture avaient voulu courir à poil sous la pluie et en ville. Nous avions pris ça pour du folklore de cultureux ayant maladivement besoin de se montrer, de se mettre en scène. Sans comprendre les raisons objectives de ce type d’exhibition, nous avions mis de côté l’intérêt pratique d’une attaque culturelle des institutions fliquant chômeurs et précaires. Peut-être avaient-ils simplement besoin de se détendre ?

Passons sur cet étrange vendredi et intéressons nous directement au lendemain : le samedi 5 juillet 2014.

Le samedi au matin, il y a encore eu une AG qui a duré plusieurs heures. Des « artistes » en ont appelé au « respect du public ». Le directeur du Cratère a appelé ses employés à « travailler avec conscience ». Lorsque quelqu’un proposa une énième fois d’aller jouer dans un Pôle Emploi, la proposition est resté lettre morte.

Avant cette AG, nous étions (consciemment) les petites mains de leur lutte. Après cette AG, nous avions le sentiment que nous étions les héros d’un dîner de con.

*

« Mais non…. Faut pas dire ça ! Nous ne luttons pas que pour nous… » – et mon cul ? C’est du poulet ?

On lutte pour les gens avec qui nous luttons. L’idée que les travailleurs (hors de la culture) et les chômeurs doivent s’aliéner à la lutte des travailleurs de la culture pour que les travailleurs de la culture sauvent tout le monde, est non seulement tordue, mais aussi dangereuse. Dangereuse, parce que nos « sauveurs » d’intermittents se prennent alors pour des vraies tronches. Ils se prennent pour un prolétariat éclairant de sa radieuse lumière avant-gardiste et christique toutes les pauvres merdes que nous sommes. Merdes de chômeurs et d’intermittents du travail, qu’ils prétendent sauver en nous méprisant dans les faits de la lutte.

Christique… Tel est le seul qualificatif de la grève des techniciens de ce samedi 5 juillet. Les spectacles se faisaient comme dans une usine où la production continue. Comme dans une usine où la production continue, la pompe à fric fonctionnait et les vendeurs de frites et de limonade encaissaient. Comme dans une usine où la production continue, le directeur disait « comprendre » la lutte de ses employés, mais ceux-ci devaient travailler ou faire la grève, en « conscience ». C’est-à-dire : sans bloquer la production (sic & doigt dans le cul). Cette grève n’a donc eu pour seul intérêt que de faire économiser des salaires de techniciens à la direction du Cratère. Techniciens sacrifiant leurs salaires pour dire « non », sauf que tout le monde se fout des « oui » et des « non », si ces « non » ne sont que des mots et non des actes. Ils se sont donc sacrifiés pour « l’honneur » – ce qui équivaut, selon nous à nib, que dalle, rien, macache, oualou.

La « grande famille de la culture » a donc repris la main sur la direction d’un mouvement social qui concerne tout le monde et que la plupart ne comprennent que comme une « grève des intermittents ». Ceci est d’ailleurs dramatique, car la conséquence directe de cette OPA sur la lutte laisse à penser que la réforme de l’UNEDIC ne concerne que les travailleurs de la culture, alors que cette réforme concerne tous les contrats de travail à durée déterminée (contrat d’intérim, CDD, contrat saisonnier, etc). Lors de cette AG de samedi, le repli corporatiste a non seulement été un crachat à la gueule des non-intermittents, mais aussi une dépossession.

Officiellement, l’Assemblée Générale était ouverte… Officieusement, ils nous l’on mis bien profond, car bon nombre de copines et de copains se sont faits embrouillés en demandant où était l’AG par un « j’sais pas… », « vous êtes qui ? », etc.

Ce samedi, les membres de la Cellule Otto Ruhle se sont présentés au Cratère en pensant que la lutte continuait. Ils sont arrivés vers 19h… Et quelle surprise de voir un spectacle sur le parvis du Cratère ! C’était d’ailleurs nul au possible et il fallait faire la queue pour rentrer dans une caravane. Peut-être n’avons nous pas compris le concept ? – Nous ne sommes que des « précaires » après tout…

L’un de nous a été demandé aux camarades d’hier ce qui se passait. Explications balbutiantes et incompréhensibles… et réplique hurlante du membre de notre cellule. Puis, plus rien… Les travailleurs de la culture ayant été prévenus de notre dangerosité par la flicaille (il y avait d’ailleurs pas mal de flics en civil qui étaient présents sur le parvis du Cratère) ou de notre intelligence limitée d’ouvrier par la direction du Cratère, préférèrent faire culpabiliser et menacer les quelques travailleurs de la culture qui profitèrent de nos hurlements pour dire qu’ils étaient assez d’accord avec les cons que nous sommes.

Nous avons hurlé des « traîtres », « trahisons », dans plusieurs spectacles. Dans chacun de ces spectacles, il fallait faire la queue comme au supermarché. Aucun de ces spectacles ne respectait le public : de la vraie merde ! Les sabotages spontanés d’individus et de membres de la Cellule Otto Ruhle, furent agrémentés de lancers de pétards. Ces agitations non-préparées à 2 ou 3 personnes ont permis de très intéressantes discussions avec le public qui se retrouva bien informé des quelques petits détails honteux de la lutte…

Sauf rencontre et discussion avec les camarades du Collectif Exploité-Enervés d’Alès (Chômeurs, précaires, etc) et de la délégation du Collectif Intermittents Précaires (CIP) de Nîmes (travailleurs de la culture essentiellement), la Cellule Otto Ruhle aurait appelé à cesser toute collaboration ou jonction avec l’Assemblée ouverte des travailleurs de la culture d’Alès.

Les camarades des dits collectifs (exploités-énervés et CIP) nous ont exprimé leur dégoût et nous ont assuré de la ligne de la lutte dans laquelle nous nous étions engagés mardi et mercredi. Ils ont d’ailleurs refusé d’être associés à cette pantalonnade voulue par le Cratère, et ils ont refusé de prendre la parole devant le Saint-Public, tant la situation était honteuse et puante.

Nous saluons ces attitudes comme nous saluons les dispositions encourageantes des travailleurs de la culture de Mende et d’Avignon. Ils occupent les Pôles Emplois avec les chômeurs, ouvrent la lutte aux collectifs de retraités, font des auto-réducs dans les supermarchés avec les intérimaires : ils donnent consistance à une lutte aux enjeux globaux avec courage et efficacité.

Toutefois, et parce que nous ne tenons pas à engager des personnes dans une lutte où nous serions encore une fois instrumentalisés, nous exigeons les garanties suivantes pour les opérations à venir :

     Une multiplication des cibles opérationnelles dépassant le cadre de la « culture », en s’en prenant aux CAF, sociétés d’Intérim et aux Pôles Emplois.      La reformulation immédiate de la lutte, en « Lutte contre les accords de l’UNEDIC » tout en proscrivant toute référence à une corporation (chômeurs, intermittents, intérimaires, etc)      La mise en place réelle et totale d’Assemblées Populaires souveraines, ouvertes à tous et excluant toute notion de légitimité à propos du lieu (plus aucun travailleur de la culture ne doit être en légitimité contre un manutentionnaire du tertiaire sous prétexte que l’AG se déroule dans un théâtre)

Ce ne sera qu’avec la satisfaction de ces trois points que la Cellule Otto Ruhle appellera au maintiens de la lutte partout où elle est influente.

Le 6 juillet 2014, Cellule Otto Ruhle.

Le nucléaire empoisonne la Meuse: En moyenne 6000 Litres d’acides déversés chaques jours à Chooz

Lu sur WallonieLibertaire

Le nucléaire empoisonne la Meuse: En moyenne 6000 Litres d’acides déversés chaques jours à Chooz

CHOOZA

On apprend par la presse mainstream que ce mercredi 2 Juillet matin, EDF comparaissait au tribunal de police de Charleville-Mézières, dans les ardennes francaises. EDF est accusé d’avoir rejeté accidentelement entre 6000 et 15 000 litres d’acides sulfuriques en Décembre 2011 dans la Meuse à cause d’un clapet mal-fermé ou mal entretenu et à des canalisations en mauvaises états. La défense de l’ancien directeur de la central a été pour le moins supprenante:

« Nous ne contestons pas cette fuite. Mais il faut savoir que tous les 2 jours, on reçoit à Chooz un camion-citerne qui nous livre de 10 à 15 mètres cubes d’acide sulfurique, utilisé pour traiter le tartre des tours réfrigérantes. Puis cet acide est rejeté dans la Meuse, en toute légalité.» Une info surprenante confirmée quelques instants plus tard par l’avocat d’EDF, très en verve: « Nous avons l’autorisation de rejeter tous les 2 jours cette citerne d’acide dans la Meuse. Alors qu’il en sort un peu par les voies autres que naturelles…»

 

De quoi faire froid dans le dos….Nous ne le dirons jamais assez mais le nucléaire fait peser de graves dangers à toute la population et nous a déjà mis dans l’impasse de la gestion des déchets, tout sa pour le portefeuille de quelques capitalistes assoifés de profits et les sombres intérêts militaires des puissances nucléaires (une partie des déchets des centrales peut en effet servir à la fabrication de bombes atomiques meurtrière…)

Rafle ce matin à Calais et solidarité avec les exilés

Les 3 squats ouverts par le collectif « Salut ô Toit » ainsi que le lieu de distribution des repas (occupés par les exilés depuis depuis le 27 mai 2014) ont été évacués ce mercredi 2 juillet 2014 au matin.

Selon la Préfecture, 320 exilés ont été arrêtés. Une soixantaine d’entre eux a été envoyée dans des centres de rétention : environ 40 à Coquelles (près de Calais), les autres à Lesquin (près de Lille) et au Mesnil-Amelot (près de Paris). Des personnes en rétention à Rennes auraient été transférées dans des centres de rétention du sud de la France pour libérer des places et une vingtaine d’exilés arrêtés à Calais seraient attendus à Rennes. Des places (180 à 200) sont disponibles dans les centres de rétention de Plaisir, Palaiseau, Rouen, Rennes, Mesnil-Amelot et Wassel. Des mineurs (une cinquantaine d’érythréens et de soudanais) ont été transférés dans un camp à Boulogne-sur-Mer, d’autres près de Béthune. Enfin, des exilés ont été envoyés à Boulogne et Dunkerque (probablement dans des commissariats) et une petite cinquantaine se trouve encore au lieu de distribution des repas (sans qu’on sache pourquoi ils sont encore retenus là).

D’autre part, le président de l’association « Salam » ainsi qu’un membre de « L’Auberge des Migrants » et un membre de « No Border » ont été arrêtés et placés en garde-à-vue.

Source : Passeurs d’hospitalités

Autre site d’information et de solidarité : Calais Migrant Solidarity

Communiqué du Comité des Sans-Papiers du Nord (CSP59) :

Une nouvelle opération musclée de la police contre les réfugiés de Calais s’est soldée par le transfert au commissariat de Lille de plusieurs dizaines d’Afghans, de Pakistanais, de Soudanais, de Syriens, etc., qui ont tous fui la guerre menée par les USA et l’OTAN qui continue de détruire leurs pays. Arrivés ici à Calais avec le projet d’aller en Angleterre, ces jeunes sont persécutés, maltraités, frappés et gazés comme ils nous l’ont dit, dispersés puis certains mis en centre de rétention.

La manifestation du mercredi du CSP59 s’est transportée avec des intermittents en lutte au commissariat de Lille au son de « Libérez les réfugiés de calais », « So, so, solidarité avec les réfugiés de Calais » devant le commissariat dont les grilles d’accès étaient baissées et une rangée de CRS bloquant la seule porte d’accès pour les « usagers ». Une cinquantaine de réfugiés ont été libérés et une délégation du CSP59 les a accompagnés au train de 20h35 (en retard de 30 minutes). Un nombre indéterminé de réfugiés est encore détenu à la police.

Le CSP59 appelle à la mobilisation au TA * dès que nous aurons l’information précise du placement au centre de rétention de certains. Le CSP59 dénonce avec la dernière énergie ce comportement barbare qui consiste à chasser par la guerre des réfugiés de leurs pays puis à les persécuter, les maltraiter quand ils se réfugient ici et à exploiter cyniquement leur présence pour banaliser le racisme et faire CSP-59monter électoralement les partis fascistes. C’est cela la tragédie qui vient de faire du FN le « premier parti électoral de France ». C’est aussi cela l’Europe forteresse qui se barricade alors qu’elle provoque dans le sillage de l’OTAN les guerres prédatrices qui tuent, massacrent, génocident et fabriquent les réfugiés et les sans papiers.

* TA : Tribunal administratif

A bas le Mondial du capital !

Diffusée par des lecteurs de Mediapart. Cette image du Brésil qu’on ne veut pas voir.

A bas le Mondial du capital !

A bas le Mondial du capital !

29 juin 2014 |  Par Marc Cefallo

 
Il faut s’amuser mais ne pas oublier la réalité, voici un article qui remet les choses en place : A bas le Mondial du capital !28 juin 2014
Actuellement et jusqu’à la mi-juillet, des millions de personnes regardent les matchs de la Coupe du monde au Brésil. Dans un des pays les plus fervents de ce sport populaire, nous avons assisté à de multiples manifestations, des émeutes et des grèves contre la tenue de ce tournoi organisé par la FIFA.
La FIFA est officiellement sans but lucratif, mais tout le monde sait que c’est une formidable machine à corruption, à gaspillage de fonds publics et d’engraissement des sociétés partenaires comme l’est le CIO pour les Olympiques, qui vont d’ailleurs se tenir au Brésil en 2016. Les différents paliers de l’État ont dépensé autour de 15 milliards de dollars pour construire d’immenses stades selon les normes de la FIFA, qui seront désuets dès que l’événement sera passé. Les autorités songent d’ailleurs à utiliser le stade de Manaus en Amazonie comme prison tandis que l’historique Maracana a perdu son charme, selon les dires de plusieurs équipes. Cela s’ajoute à une ségrégation, vu l’augmentation fulgurante du prix des billets. Les budgets pour la construction et la préparation de la Coupe du monde ont été largement dépassés, comme cela avait été le cas en Afrique du Sud où la dette du pays a doublé après le Mondial de 2010.
Le plus choquant est la leçon de patriotisme du gouvernement et de l’élite brésilienne, qui demandent aux masses populaires de ne pas dénoncer cette mascarade et de ne pas revendiquer une amélioration de leurs conditions de vie et de travail, dans ce pays gouverné par le Parti des travailleurs (PT) depuis 2002. Il faut que tout le pays s’unisse derrière sa sélection nationale et se montre fier du « développement » entraîné par la Coupe du monde. Ces réformistes bourgeois ne voient que la mince couche enrichie autour d’eux et ignorent la réalité ouvrière, paysanne et celle des pauvres des favelas, ces cités dans les collines entourant les grandes villes comme à Sao Paulo et Rio de Janeiro.
Les opérations de nettoyage des quartiers autour des stades ont déplacé près de 250 000 personnes, qui ont été expulsées sous la menace de la police et des fonctionnaires, qui marquaient à la peinture les endroits à expulser prochainement, comme une forêt à abattre. Déjà en juin 2013, les plus grandes manifestations depuis 20 ans s’étaient tenues au Brésil contre l’augmentation des tarifs du transport en commun – une mesure de trop dans l’augmentation générale du coût de la vie. Ces manifestations avaient été réprimées avec force, comme cela est la norme au Brésil. On a assisté encore cette année à une même répression contre les travailleurs et travailleuses du transport public, qui ont fait grève contre l’avis de leurs directions syndicales et ont offert le transport gratuitement certaines journées. Des enseignantes et enseignants ont aussi fait grève pour souligner les ressources insuffisantes pour leurs élèves, tandis que le gouvernement sort le chéquier pour la FIFA.
Comme le dit le Front populaire indépendant de Rio de Janeiro, une des nombreuses organisations luttant pour un changement révolutionnaire dans le pays : « Plus inquiétant que la campagne orchestrée pour discréditer ceux qui critiquent la Coupe du monde est le mouvement orchestré par l’État brésilien pour développer l’appareil répressif visant à étouffer les protestations lors du méga-événement – et très probablement encore après. Ce mouvement a agi sur deux fronts : législatif et apparent (militaire et policier). Les projets de loi qui visent à créer le délit de terrorisme au Brésil créent des failles juridiques de sorte que le pouvoir judiciaire puisse incriminer les mouvements sociaux et les manifestants comme des terroristes. »
Dans la plus grande impunité digne des pires moments de la dictature qui dura de 1964 à 1985, la police militaire envahit massivement les bidonvilles pour prétendument chasser les trafiquants de drogue, qui vont pourtant profiter du Mondial comme de l’exploitation sexuelle des Brésiliennes au service des riches touristes. Il s’agit d’un prétexte pour contrôler des foyers de résistance où oppression raciale, sexuelle et exclusion sociale sont vécues chaque jour, loin des centres commerciaux et des locaux de Petrobras.
Voici le compte-rendu de l’une de ces opérations à Manguinhos : « Une centaine de familles ont occupé un entrepôt (vide) derrière la bibliothèque Parque. La police militaire a tenté de retirer de force les familles. Face à la résistance des habitants, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes ; la population a répondu par une grêle de pierres et de bouteilles. Ensuite, la police a commencé à tirer avec des armes à feu. Plusieurs personnes ont été blessées. Quatre jeunes gens ont été tués. Un est dans un état grave. Il s’agit de la criminalisation de la pauvreté et des mouvements sociaux, des luttes et des occupations. »
Les journées précédant l’ouverture de la Coupe du monde ont vu des milliers d’autochtones de l’Amazonie protester contre le vol de leurs terres et la déforestation à grande échelle au profit des compagnies agroalimentaires et des grands propriétaires terriens. Le Brésil est le pays qui compte le plus grand nombre de meurtres et de disparitions de militantes pour l’environnement, à cause de son immense territoire forestier et agricole et des protestations vives des sans-terres, de la paysannerie pauvre et des peuples autochtones.
Comme tous les aspects de la vie sociale, le sport est formaté selon les nécessités du capital. Au lieu d’encourager la pratique populaire de ce sport formidable qu’est le soccer, la FIFA, avec la complicité des gouvernements et des capitalistes, en fait un spectacle marchand où les aspects négatifs pour les masses ressortent largement : appauvrissement, expulsions, racisme, sexisme et répression à grande échelle.

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