Archives pour août 2014

[Missouri, USA] Contre le retour à la paix sociale. Récit d’une semaine de révolte à Ferguson

Lu sur Le Chat Noir Émeutier

 

Pendant une semaine à Ferguson

Ce qui a commencé comme un mouvement de protestation après 10 jours de mépris soutenu a fait quelques pas hésitants vers la révolte. La situation ici est encore fluide et mûre avec du potentiel. Localement, les gens sont surpris que des troubles similaires ne se soient pas déclenchés dans d’autres villes. Si elle venait à se propager, le périmètre ici s’élargirait probablement. Il est difficile de se faire une idée de la façon dont les gens en dehors de la région métropolitaine interprètent ce qui se passe ici. Ce qui suit sont quelques observations de résidents de St Louis et participants à la lutte qui pourrait donner une image plus claire de cette nouvelle réalité étrange.

Voitures, flingues et révolte en Amérique

West Florissant est la route principale qui traverse le comté de St-Louis et le nord de la ville. Une étendue d’un quart de mile de la route a été le lieu de rassemblement pour les manifestants. Juste à l’extérieur de ça, dans un parking de centre commercial, c’est la zone de transit commune pour la police (venant de la Ville, du comté, ainsi que des dizaines de petites communes), la Highway Patrol, et la garde nationale. La petite portion est le foyer de nombreux commerces pillés et brûlés (à des degrés divers) incluant la chaîne de magasins QT – qui est devenu un point de repère, de destination touristique, et un lieu de rassemblement pour les manifestants. Canfield Drive se croise avec cette zone de west florissant, une route qui mène aux subdivisions et complexe d’appartements où Mike Brown a été tué. La police craint de s’aventurer trop loin dans Canfield.

Les jours où la police permet au trafic de s’écouler, West Florissant devient encombré avec des véhicules, dont beaucoup sont blindées de passagers, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les activités courantes comprennent la musique à fond, les crissements de pneus, narguer la police avec des insultes (« fuck the police », « Fuck 12″), à tourner en rond et les prendre en course, juste freiner à la dernière minute. Les gens sautent de voiture en voiture de manière festive, flirtant, chantant, buvant et fumant. Lorsque les lignes de police ferment la rue à chaque extrémité du secteur, les voitures affluent dans les rues latérales pour faire pareilles. Et quand les manifestants deviennent assez chahuteurs, les gens vont avec leurs voitures jusqu’aux magasins, les remplissent de biens pillés, et s’échappent à nouveau dans les quartiers.

fergus17bUn nombre important de manifestants sont armés. Dans les premiers jours, une tactique commune était de tirer des coups de feux en l’air pour effrayer les flics quand ils s’approchaient trop. Certains parlent ouvertement d’entrer en guerre avec la police et ne cachent pas le fait qu’ils en portent. Les derniers jours, des gens ont commencé à tirer sur la police. Malheureusement, les seules personnes touchées ont été jusqu’à présent une poignée de manifestants - certains d’entre eux avec des blessures potentiellement mortelles. Les gens commencent à plaider en faveur de plus de retenue avec les armes à feu et de mieux viser.

Les rebelles (et la police) n’ont aucune expérience dans une telle situation. Une révolte comme celle-ci n’a pas été vue en Amérique depuis les années 70. Les gens apprennent à fabriquer et à utiliser des cocktails Molotov, des barricades, des projectiles et faire des incendies, ainsi que quand et où il est logique d’attaquer. La coordination et la communication sont difficiles en dehors des moments d’émeutes. C’est peut-être parce qu’il n’y a pas d’endroit sûr et confortable pour se rassembler et échanger des idées. Le QT pourrait servir à cette fin, mais seulement aujourd’hui il a été entièrement clôturé. La deuxième nuit d’agitation a du impliquée une coordination exceptionnelle vu que des bandes ont brisé des magasins partout dans la région métropolitaine, remplissant leurs voitures avec toutes sortes de biens.

Répression, respectabilité, race, genre et écart générationnel

Les policiers sont pris dans une impasse et voient les limites de l’utilisation de la force. S’ils gardent leur distance avec les manifestants émeutiers, mais quand ils viennent en force ils poussent davantage de gens à venir dans les rues, ce qui conduit à plus d’émeutes. À ce stade, s’ils veulent écraser cela, ils n’ont qu’à condamner Darren Wilson (le policier qui a tiré Brown) d’assassinat. Mais les rouages ​​de la justice sont lents. En attendant, ils vont devoir travailler à diviser les manifestants. Dans leur désespoir, toutes les dichotomies déjà employées dans le passé sont utilisées – manifestant vs criminel, honnête vs opportuniste, résident vs étranger. Malheureusement, la police a une longue liste de complices prêts à faire le travail pour eux, la plupart d’entre eux sont pleinement conscients de ce qu’ils font. Du New Black Panther Party à la Nation of ‘Islam*. de HOT 104.1 à FOX News. De MORE à OBS. De Jesse Jackson à Al Sharpton**. De Nelly à Tef Poe (Po)***. De l’actuel maire de St Louis Slay au futur maire de St Louis français. Et la liste est longue.

Bien qu’elles peuvent réussir à la télévision, à la radio et sur les médias sociaux, ces grandes gueules n’ont pas eu autant de succès sur West Florissant (en dépit de leurs propres déclarations contraires), et cela doit leur faire une peur bleue. [...]

Il y a toujours plus de manifestants noirs que blancs sur West Florissant, mais il semble y avoir plus de diversité vu que la lutte continue. Dès le début des commentaires en direction des manifestants blancs tels que « Pourquoi êtes-vous ici? » ont eu la réponse « mec, elle/il déteste la police aussi! » Maintenant, la présence de manifestants blancs est même plus noté comme « merci d’être ici ». Quelques sinistres groupes libéraux et de gauche tentent de répandre des histoires absurdes que des petits groupes d’agitateurs blancs (ou même des infiltrés du KKK!) incitent les manifestants noirs à aller à l’attaque. Les hypothèses racistes sous-jacentes sur la nature exploitable de manifestants noirs, qui est logique si on se rend compte que c’est exactement la façon dont des groupes comme Nation of Islam et le New Black Panther Party les considèrent. En retrait dans le monde réel, les manifestants blancs commencent tout juste à rattraper un peu en férocité leurs camarades noirs, qui sont assez grands pour prendre des décisions eux-mêmes.

FergusGoodCop7Les autorités ont engagé quelque chose en bon flic/mauvais flic en mettant Ron Johnson (un policier noir qui a grandi dans le comté du Nord) dans le commandement des opérations de police. Pendant la lumière du jour, lui et ses officiers enlèvent leur tenue anti-émeute et marchent aux côtés des manifestants. Cette astuce a marché sur les leaders de la contestation auto-proclamés qui travaillent ouvertement avec Johnson pour contrôler les foules.

Il existe d’innombrables appels de la Nation of Islam, le New Black Panther Party, et leurs semblables socialement conservateurs aux femmes à rentrer à la maison, pour les hommes noirs costauds à renforcer, et d’autres tentatives patriarcales qui divisent les manifestants. Lors des premiers jours, ces appels ont été accueillies avec une énorme résistance de la plupart des femmes noires. « Vas te faire foutre, retourne à l’église »« Je suis ici depuis le premier jour ». « Ce sont nos enfants qui sont morts ». Le harcèlement constant semble avoir payé vue que moins de femmes sont dehors, surtout la nuit. Mais les femmes sont toujours à l’avant en narguant la police et se précipitant dans les magasins pour se servir.

Presque tous ceux qui cherchent à limiter les actions les plus conflictuelles et se déclarent dirigeants de la communauté ne sont pas plus de 40. Mis à part le fait d’arrêter physiquement des jeunes à agir, ils essaient de les ostraciser de la manifestation. Ces vieux sages peuvent se promener avec une aura d’autorité paternaliste, mais les jeunes ne sont pas dupes: « Je ne peux pas écouter ces vieilles têtes, qui disent ‘la même chose depuis des années » « Cette marche pacifique ne fonctionne pas, sans le pillage personne n’aurait porté attention à Mike Mike ». Pourtant, ils appellent en permanence pour les garçons à grandir et à être des hommes et les jeunes femmes à rentrer à la maison, parce que les rues ne sont pas sûres pour elles.

Paix et tranquillité

APTOPIX Police Shooting MissouriIl y a quelques indications comme quoi les groupes libéraux prennent leurs distances avec la ville de Ferguson. Ils commencent à organiser des rassemblements et la désobéissance civile à Clayton et dans le centre-ville de St Louis. Peut-être qu’ils renoncent à leur campagne visant à contrôler les éléments enragés. Peut-être qu’ils essayent de mettre un visage médiatique plus pacifique sur le mouvement. Peut-être qu’ils essayent de nouvelles stratégies pour obtenir justice. Seul le temps nous le dira.

La situation à Ferguson est effrayante. Il est facile de comprendre pourquoi certains, en particulier ceux qui vivent près de l’activité, veulent un retour à la normale: des balles, des gaz lacrymogènes, des canons sonores, des points de contrôle, du feu. Mais malgré tout cela, il y a un nombre important d’entre nous qui ne veulent pas d’un retour à la normale. Nous descendons le jour et la nuit sur West Florissant pour comprendre comment éviter ça. Pour nous, la lutte ne se limite pas à la justice pour Mike Brown et la condamnation d’un seul flic pour assassinat devant les tribunaux. Nous le faisons pour nous-mêmes, nos amis et famille, ainsi que pour Mike Brown. Nous avons déjà constaté ce système coupable - le racisme, la structure de classe, le gouvernement, la police. Lorsque la «paix» à laquelle vous êtes constamment invité à revenir ressemble à l’impuissance, l’humiliation, la pauvreté, l’ennui, et la violence, ça ne devrait pas être une surprise que beaucoup de personnes choisissent de se battre. Et pour être témoin de la férocité avec laquelle certains d’entre nous se battent, c’est presque comme si nous avions attendu ce moment nos vies entières. Il y a deux jours les gens se sont précipités au poste de commandement de la police forçant les autorités à faire appel à la garde nationale. Auparavant, cela aurait été impensable, mais il y a alors encore deux semaines seulement tout cela aurait été inimaginable.

Et alors nous trinquons un verre de gin pillé – un TOAST ! Que chacun puisse continuer à nous surprendre.

19 Août 2014

Source: Anti-State STL

Notes de traduction:

*Imitation de l’ancien parti mais avec des théories racialistes, antisémites, patriarcales, homophobes… Religieux qui tentent de dissuader, d’empêcher (parfois physiquement) tout acte radical contre l’ordre existant.

**Ces deux chefs auto-proclamés des droits civiques, respectivement politicien et haut-placé de l’église protestante depuis toujours

*** Deux rappeurs commerciaux (tous deux sont sous contrat chez universal), qui se sont récemment pointés au sein des cortèges à Ferguson en tant qu’agents de la pacification, comprendre par là un comportement de « grands frères » mais blindés de thunes…

Les précédents articles sur cette révolte: ici et 

Des véhicules de police et de sécurité privée ont été sabotés à Bloomington et à Chapel Hill en solidarité avec la révolte à Ferguson – voir les communiqués de ces attaques (en fin d’article)

Chili : devant les menaces du pouvoir

Devant les menaces du pouvoir. Contre le silence et l’immobilisme :
Propageons la révolte pour la libération totale par toutes les formes de lutte, contre toute type d’autorité !!!

 

Durant les dernières semaines, nous avons vu à travers la presse des puissants une nouvelle offensive médiatique/répressive lancée contre le milieu anarchiste/anti-autoritaire. Avec l’idée d’attraper les responsables d’attaques incendiaires et explosives qui se sont produites de 2011 jusqu’à cette date, des “coupables présumés” se configurent de nouveau à travers des pages de journaux et des écrans de télévision afin de valider de futurs coups répressifs devant “l’opinion publique”, en glissant des identités possibles, des accusations et des pistes d’enquêtes.

C’est un contexte qui n’est pas nouveau dans la continuité des stratégies que le pouvoir développe à travers l’histoire afin d’écraser toute expression de lutte radicale et révolutionnaire. De plus, nous avons le exemple récent de ce qui s’est passé en 2010 avec la campagne médiatique qui a ouvert la voie à la répression du 14 août de cette année, l’opération « Salamandre » par l’ancien procureur Peña, dans laquelle plus d’une douzaine de domiciles ont été perquisitionnés, des centres sociaux et des maisons squattées et l’arrestation de 14 compas et d’autres personnes pour les accusations du dénommé « Caso Bombas », qui, après avoir passé près d’un an en prison, ont fini par être acquitté-es pour manque de preuves.

Aujourd’hui, l’ennemi recommence à renforcer son déploiement communicatif et répressif pour donner des signaux de gouvernabilité et de contrôle devant l’augmentation croissante du nombre d’actions explosives et incendiaires revendiqués par des anarchistes et d’autres groupes sans revendication attribuées par le pouvoir à des groupes du même type. Le pouvoir a maintenant défini un scénario qui favorise la psychose collective pour les attentats à la bombe tandis que, dans le même temps, les médias déploient les anciennes et nouvelles thèses de la police sur l’identité des auteurs de ces attaques et la nécessité sociale de les arrêter. Ce déploiement de communication et de son homologue répressif, avec des réunions entre les hauts responsables des services de renseignement, de l’exécutif, du ministère public et de la police, ont eu comme point de repère la vague d’attentats qui ont eu lieu pendant les mois de mai et de juin 2014 (revendiqués par des anarchistes), et plus récemment la bombe qui a explosé à la mi-juillet contre ​​un véhicule du métro durant les heures de service ouvertes aux passagers (qui n’a pas été revendiquée), entre autres.

Mais au-delà de ce dispositif d’urgence récent, le pouvoir et ses appareils de renseignements ont réactivé leurs communications offensives suite à l’arrestation en Espagne des compagnon-nes Monica Caballero et Francisco Solar en novembre 2013, accusé-es d’attentats à la bombe contre des églises. Puis il a continué la diffusion des thèses et des suppositions policières dans la presse après la mort en action du compagnon Sebastian Oversluij en décembre 2013 au cours d’une expropriation de banque, alors la même chose s’est produite après l’arrestation de la compagnonne Tamara Sol, qui a tiré sur un vigile d’une banque en janvier 2014, et avec tout ce qui entoure le procès et la condamnation des accusés dans le « Caso Security ».

Que cherche l’ennemi aujourd’hui ? C’est simple, il suffit de regarder de près la presse officielle dans son rôle de porte-parole dans le domaine. Ce que cherche le pouvoir, c’est l’idée que, derrière les dernières attaques, ce sont principalement les compagnons sous enquêtes et accusés du « Caso Bombas » qui ont joué un rôle actif dans la solidarité avec les prisonniers de la guerre sociale. L’ennemi cherche à prouver l’idée que la solidarité révolutionnaire reviendrait à placer des engins explosifs et que la lutte anarchiste serait uniquement soutenue par des bombes, et donc que tout sujet actif dans cette lutte peut être la cible de persécution. Pour ce faire, les représentants de la domination seront également tentés de modifier la loi anti-terroriste pour renforcer sa capacité répressive avec des agents d’infiltration et d’autres techniques propres à l’action policière contre le trafic de drogue.

Cependant, comme cela a déjà été dit, l’expérience révolutionnaire à travers l’histoire montre que de telles tactiques font partie de l’arsenal varié par lequel les agents de la domination tentent de neutraliser et d’anéantir les mouvements et milieux de lutte qui propagent la rébellion contre le système de domination, empêchant ainsi l’extension du conflit contre le pouvoir vers d’autres acteurs de la lutte et la propagation des idées et pratiques de liberté à d’autres secteurs de la société.

Cependant, ce qui est recherché à moyen terme est l’emprisonnement de compagnon-nes et l’attaque d’un milieu de combat collectif.

Compte tenu de cela, notre position n’est pas la victimisation ou la tentative de nettoyer l’image de l’offensive anti-autoritaire ou de l’idéologie « anarchiste », mais aussi permettre que l’immobilité et le silence laissent place aux projets de ceux qui souhaitent faire de la société un cimetière de l’obéissance, de la résignation et de la lâcheté.

Nous appelons les compagnon-es anti-autoritaires à assumer ce contexte dans une perspective collective, à donner la priorité à la solidarité avec nos compagnon-nes visé-es par la presse et à défendre nos positions et combattre par tous les moyens à notre disposition face au pas en avant du pouvoir. La lutte anti-autoritaire ne hiérarchise pas les compagnon-nes ou les moyens de lutte, dont chaque geste, aussi petit qu’il puisse paraître, peut être un apport pour lutter contre le cercle que tente d’imposer le pouvoir si nous voulons répandre des idées, des valeurs et des pratiques anti-autoritaires qui identifient clairement l’ennemi.

Le fait d’être au courant des avancées du pouvoir ne peut pas être une raison pour tomber dans la paranoïa, l’immobilité et dans l’auto-silence des idées. N’attendons pas que ce soit les autres qui agissent et aillent de l’avant concernant les aspects d’auto-organisation de notre lutte, la propagande et l’action multiforme, avec des discussions et des débats qui renforcent l’affinité, avec des liens qui permettent de rendre plus forte la camaraderie et de la solidarité pour faire face à d’éventuels coups répressifs, la lutte ne s’arrête pas une minute. Tirons les leçons de nos erreurs passées, comme l’ennemi apprend des siennes.

Parce que la guerre contre le pouvoir, aiguisée aujourd’hui, la continuité des luttes et rébellions qui nous unissent à tant de compagnon-nes anarchistes et révolutionnaires dans l’histoire et le présent, dans ce pays et dans d’autres plus lointains, nous appelle à l’action devant l’attaque contre nos idées et compagnon-nes en lutte, en combattant l’atomisation et les souhaits de s’extirper du contexte actuel.

Que le silence et la commodité quotidienne ne laissent pas la voie ouverte à la répression.

Montrons aujourd’hui que nous sommes vraiment en lutte.

Propageons l’offensive anti-autoritaire contre le pouvoir et tout type d’autorité !

Quelques anarchistes qui ne se rendront pas. 
Août 2014, Chili.

[Traduit de l’espagnol par Contrainfo.]

Suède : Quelques mots sur les émeutes récentes de Rinkeby, à Stockholm

Cachée derrière le spectacle médiatique autour des émeutes de l’été 2013 dans les banlieues de Stockholm (Husby en était l’épicentre), se trouve la tension sociale constante dans les quartiers pauvres de Suède [2]

 

Rinkeby, une banlieue proche d’Husby, a fait monter la température à nouveau. Cette fois, cela ne s’est pas propagé plus loin. Le 23 juillet 2014, dans la banlieue de Stockholm, à Tensta, une course-poursuite s’est terminée par un crash ; alors que les flics procédaient à l’arrestation, des échauffourées ont éclaté. Peu après cet incident, une autre course-poursuite a lieu, s’arrêtant près du centre de Rinkeby, à l’ouest de Stockholm. Alors que les flics essayaient de remorquer la voiture, ils se retrouvent dans une situation vraiment agressive et tendue, avant de quitter le quartier.

Une heure après, la voiture fut incendiée. Les pompiers sont arrivés, suivis par la police pour leur protection, et immédiatement les flics ont été attaqués avec des pierres, et ont décidé de déguerpir. Peu après, ils furent de retour pour une autre voiture incendiée, cette fois avec des véhicules sécurisés, mais ils ont été si massivement attaqués qu’ils ont dû battre en retraite pour la troisième fois.

La poursuite des troubles a pris la forme de plusieurs voitures incendiées, des motos, même des bâtiments. Dans la nuit du 23 au 24, des émeutes ont éclaté à Rinkeby ; une personne a été arrêtée, et plusieurs ont été interrogées et libérées dans la foulée. Dans la nuit du 24 des voitures ont été incendiées, mais il n’y a pas eu d’affrontements. La nuit suivante, le 25 juillet, il y a eu une voiture incendiée, cette fois à Husby.

Les médias ont tiré des leçons de l’escalade de l’an dernier, et ont été mis en garde par les flics, de ne pas rapporter ni exagérer les émeutes, et donc il n’y eut qu’une poignée d’articles de presse. La couverture médiatique a seulement été donnée du point de vue des vicieuses créatures appelées travailleurs sociaux, flics et « riverains » (bien entendu, des personnes triées sur le volet et prêtes à lécher les culs des autorités, ce qui n’est pas la majorité des résidents), qui ont tous trouvés l’espace nécessaire pour exprimer leur haine du désordre, de l’anarchie et de la destruction, et leur amour pour les flics, l’ordre et la démocratie.

Ce qui est intéressant, cependant, c’est que de temps en temps des émeutes éclatent dans tout le pays dans des zones distinctes. Ce n’est pas rare du tout. A Araby, Växjö, à Gottsunda, Uppsala, à Bergsjön et Hammarkullen, Göteborg, et ainsi de suite… Il n’est pas difficile de savoir pourquoi les zones mentionnées sont celles où les troubles éclatent. La partie la plus pauvre de la population y vit, des hors la loi et des parias y vivent, gibiers de prison et déviants vivent là, et la population de ceux qui ne rentrent pas dans la normalité dégoûtante du « Svensson » [3] augmente, et de plus en plus de gens s’installent qui cherchent refuge des guerres et des catastrophes – en partie créées avec des armes produites par Bofors et autres marchands d’armes suédois.

Les tensions urbaines ne semblent pas décliner ni réduire, au contraire, et le terrain est fertile pour des alliances anti-sociales et des possibilités d’extension de ces tensions, avec plus de potentiel que jamais.

Qu’attendons nous ?

Attaquons et rejetons l’autorité, maintenant et toujours !

[Traduit de l’anglais par nos soins-Non Fides de Contrainfo.]

Notes

[1] Nom courant en Suède, et synonyme de suédois moyen.

[3] Nom courant en Suède, et synonyme de suédois moyen.

Tension sociale et intervention anarchiste en Suède

Dans le grand nord de l’Europe se trouvent les paysages humbles de la Suède, quelque peu isolés, avec un sentiment d’autosatisfaction d’être ainsi. Dans des contextes internationaux, peu de choses semblent être connues à propos de cette région, et encore moins quand ces contextes concernent les activités et projets anarchistes. Nous avons pensé changer cela en vous dressant le panorama du contexte dans lequel nous avons été socialisés.

 

Le « nous » dans ce cas, c’est le projet d’UpprorsBladet (Journal d’insurrection en suédois), qui a commencé comme journal anarchiste en 2011. Dès le début, le but a été de diffuser des idées insurrectionnelles, ainsi que d’autres influences qui ont forgé notre lutte et nos projets – des idées qui n’ont très peu ou pas d’espace du tout dans le milieu radical plus large en Suède. La publication voulait aussi non seulement rassembler des récits d’attaques conscientes et radicales contre l’existant, mais contribuer à rendre plus présente et dangereuse la tension générale dans la société. Le but a été et est toujours d’être un journal de rue, mais comme les gens autour du projet sont très dispersés sur le territoire, cela reste un défi.

Commençant avec l’image de la Suède comme un endroit calme et innocent, nous pouvons rapidement vous assurer que s’il est vrai qu’une grande partie de la population est pacifiée – terrifiée à l’idée de traverser un feu rouge, même si cela n’est en fait pas illégal –, cette image n’est pas correcte.

Les émeutes de Husby

Au début de l’été de 2013, la Suède se trouvait soudainement à la une des journaux télévisés internationaux, avec des images de voitures en feu et de flics anti-émeute attaqués dans les faubourgs de Stockholm. Les médias se demandaient comment cela avait pu arriver dans un coin aussi pacifique du monde – renommé pour sa paix sociale. Des centaines de voitures ont été brûlées, 32 flics ont été blessés et les dégâts ont coûté un million à l’Etat.

Comme dans pleins d’autres cas, le point d’escalade de ces émeutes était quand un gars s’est fait abattre par des flics quand ils tentaient de l’arrêter à sa maison. Mais cela a pris quelques jours avant que le meurtre policier ne devienne feu et pierres, c’étaient des jours de tension extrême, de rumeurs et d’incertitude. La nervosité frappait autant les flics que la population de Husby. Et alors, une nuit, un flic était comme d’habitude en train de harceler des jeunes ségrégés et c’était comme s’il n’avait pas la moindre idée du haut niveau de tension. Il s’est dit qu’il allait aller harceler un groupe de jeunes. On peut l’entendre sur un enregistrement publié de sa communication radio : plein de confiance, il s’aventure seul dans la situation et quelques minutes plus tard, il s’enfuit la queue entre les jambes appelant des renforts. Entre temps, des gens du quartier appellent les numéros d’urgence pour signaler des incendies à différents endroits, parfois ils appellent aussi à propos du flic. Comme les autorités ne sont toujours pas sûres de ce qui était en train de se passer, ils décident d’envoyer une petite unité de flics anti-émeute. Au début, cette unité se baladait au hasard, interpellant des jeunes afin de trouver les désordonnés. Elle était particulièrement insultante et violente. Cela a attiré plus de gens et cette unité a aussi dû se casser.

À partir de là, les choses se sont précipitées. Quand les flics rentraient encore dans le quartier, ils le faisaient avec beaucoup de violence contre tout ceux qu’ils considéraient comme une menace. Cela n’a pas duré longtemps avant qu’ils décident qu’il n’était plus possible d’y entrer à cause du nombre croissant de gens qui les attaquaient, ainsi que les pompiers, avec des pierres. En même temps, des voitures, des bâtiments et d’autres choses sont incendiés un peu partout.
Les nouvelles à propos de ces émeutes et l’instigation des médias ont assuré la diffusion des émeutes à d’autres faubourgs et même à d’autres villes. Dans certains endroits, les émeutes ont duré quelques jours, à Husby elles ont duré plus d’une semaine.

Il y a plusieurs points qui rendent ces événements intéressants, mais encore davantage de points qui les rendent compliqués. Pour cette raison, nous n’approfondirons pas dans ce texte, mais nous comptons écrire un texte analytique spécifique par rapport à ces émeutes.
Mais ce que nous considérons comme un fait important, c’est que ces événements ont servi pour soutenir une fausse image de la tension sociale en Suède. Depuis des années, il y a de grandes tensions dans plus ou moins tous les quartiers ségrégés de la Suède. Particulièrement à Göteborg, mais aussi dans d’autres grandes villes, il y a eu une continuité d’attaques contre l’existant oppressif. Des voitures, des bâtiments et des poubelles qui crament, des attaques contre les flics et les pompiers, des grands rassemblements de jeunes fébriles se terminant avec des petites émeutes. Cela a été tellement présent et continu que personne à part les politiciens ne pouvait le nier.
Autour de 2009, il y a eu quelques interventions anarchistes et radicales dans cette tension. L’une plus réussie que les autres, si on définit sa « réussite » par le renforcement de liens entre des compagnons et d’autres révoltés dans cette tension. L’intervention la moins réussie a eu lieu dans un faubourg à Malmö : il s’agissait d’un « Reclaim The Streets » et ça a été un fiasco principalement pour deux raisons. La première raison, c’est que le groupe derrière cette initiative était entré en contact avec un gang qui prétendait être le gang dominant, afin de ne heurter personne. Avec le système sonore mobile et des gens qui rejoignaient la fête, des membres d’un gang rival ont débarqué et ont attaqué le véhicule du son. Ensuite les gangs ont commencé à se taper dessus. L’autre raison, c’est que les gens qui ont pris l’initiative n’étaient clairement pas enracinés dans la zone. Trop de ces gens vivaient, socialisaient ou organisaient leur vie quotidienne ailleurs. La majorité des gens dans le quartier ne voulaient pas en découdre cette nuit-là, la plupart même pas du tout, et certainement pas pour des raisons que quelqu’un qui ne vit pas là vient leur jeter à la gueule.
La deuxième intervention a eu lieu à Fittja, un faubourg de Stockholm. Les compagnons vivaient là, ils avaient des idées claires et une meilleure intuition dans leur rapport avec ce qui les entourait et ils ont rejoint les tensions en tant qu’individus et groupes informels. Comme les flics intensifiaient le harcèlement des jeunes, avec des fouilles et des contrôles d’identité dans la rue, une nuit des gens ont fini par contre-attaquer. Les compagnons ont rejoint le nouvel espace temporairement anti-autoritaire pour faire des propositions afin de pousser les choses plus loin. Deux jours après la première contre-attaque, les jets de pierres et les dégâts occasionnels se sont transformés en émeute. La suite a été dure, car le prix que les compagnons ont dû payer pour leur présence dans les faubourgs a été le fait que les flics puisse assez facilement les repérer. Huit personnes ont alors été arrêtées dans l’appartement où elles vivaient et plusieurs d’entre elles ont été condamnées à des peines de prison. L’État a décidé que ces personnes faisaient partie de l’Action Antifasciste et qu’elles étaient les responsables des émeutes, réécrivant l’histoire comme il le fait toujours. Cette tension continuelle, l’arrière-scène de ces deux interventions et de toute bagnole cramée, était mise sur le tapis quand les « émeutes de Husby » sont devenues le sujet d’un tapage médiatique mondial. C’est un cliché, mais ces émeutes n’étaient que le sommet de l’iceberg…

La tension entre les fascistes et les antifascistes

Les tensions entre des groupes fascistes et les groupes antifascistes plus ou moins radicaux en Suède sont grandes pour l’instant, et cela depuis le début de l’année dernière. L’augmentation de cette tension n’est pas due à un événement précis, mais à toute une série de faits. Cela a commencé l’automne dernier avec l’« Opération Eskil » avec laquelle l’Etat a ciblé un groupe d’antifascistes organisés dans le groupe communisteRevolutionära Fronten. Entre temps, le groupe nazi le plus militant et actif, le Mouvement de Résistance Suédois, a intensifié ses activités partout dans le pays, allant de collages d’affiches et de distributions de tracts à des attaques physiques contre des gauchistes et des immigrés. En décembre, des compagnons et d’autres gens plus ou moins radicaux ont organisé une manifestation contre le racisme dans un faubourg de Stockholm où ce groupe nazi avait été présent. Cette manifestation, composées aussi bien de vieilles dames que de jeunes suçant leurs tétines, a été attaquée par quelques douzaines de nazis masqués, armés de couteaux, de bouteilles et de matraques.
Après une scène horrible et violente, les nazis sont repoussés. La vague répressive qui a suivi ciblait à nouveau des gens des milieux antifascistes, plutôt que les fascistes (pour donner un exemple, récemment un antifasciste a été condamné à six ans pour tentative de meurtre après avoir donné un coup de couteau à un nazi qui l’attaquait, tandis que les nazis impliqués dans l’attaque n’ont pas eu des peines plus lourdes que huit mois). Quelques mois plus tard, le 8 mars de cette année-ci, un groupe de nazis (qui venait de revenir d’un voyage de « soutien aux troupes » en Ukraine) a envahi le quartier de gauche/branché de Malmö pour attaquer le centre social Glassfabriken. Après, ils ont continué leur chemin vers une fête du 8 mars dans le parc de Folkets. Là, ils ont attaqué un petit groupe de gens qui s’en allait de la fête. Une personne de ce groupe, connue par les nazis des milieux ultra où il était actif contre l’homophobie et les structures patriarcales, a été presque tuée, d’autres ont été grièvement blessées.

Ces événements ont généré un soutien massif et des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue, de différentes façons, pour marquer leur solidarité. Aucune de ces manifestations n’ont en soi généré quoi que ce soit de potentiel insurrectionnel, mais ont ouvert quelque chose de différent : un intérêt pour des idées radicales et pour agir contre le fascisme.
L’antifascisme est un concept qui ne nous intéresse pas dans nos projets ou nos perspectives. Bien évidemment, le fascisme fait partie des structures oppressives qui nous empêchent d’être des individus libres et joyeux, mais orienter toute notre attention sur le fascisme ne fait que nous mener vers le cul-de-sac démocratique. Par contre, ce qui nous intéresse, c’est la tension que cette dernière année a générée dans ce coin du paysage radical. L’État a montré ses sympathies ouvertes pour les fascistes plutôt que pour les antifascistes, désenchantant beaucoup de gens dans leurs croyances, les rendant plus en colère, et plus présents ici et maintenant. Sans savoir si cela est lié ou pas, mais parallèlement à cette tension croissante, les abonnements à UpprorsBladet ont massivement augmenté, tout comme les liens entre UpprorsBladet et d’autres gens et d’autres projets. Cette tension a ouvert une fissure dans laquelle nous comptons être présents avec nous-mêmes et nos idées.

Résistance à l’« Année des Super Elections »

2014 signifie année électorale en Suède. Cette année a été promue par tous les moyens possibles comme « l’année des super élections », les élections où tout va se décider, où les tensions vont être à leur comble, voire exploser. Après bientôt une décennie de mesures d’austérité sous le gouvernement de l’Alliance, les gens ont déjà oublié les conditions misérables qui existaient sous le règne de la social-démocratie. Aussi, des partis nazis se sont joints à cette danse spectaculaire. Les tensions dans les zones ségréguées sont toujours là comme une force avec laquelle il faut compter. Tout ce que tu veux, ces élections l’ont !

Ce qui nous a fait choisir de nous intéresser à ces élections, plus que de juste leur cracher à la gueule, c’est tout d’abord le fait qu’une initiative anti-autoritaire contre les élections avait vu le jour. 
Le premier avril, plusieurs attaques ont été menées sous le nom de « Joker » (comme le joker du jeu de cartes). Cette journée d’action était appelée « Hors Service » et les actions/attaques ont été menées à beaucoup d’endroits [jets de peinture, bris de vitres, slogans,…]. La campagne s’est présentée comme le Mouvement 365 et toute action est menée par des groupes ou des personnes anonymes, pour ensuite être « revendiquée » par le Joker. Les cibles des actions ont été et continuent d’être la machinerie électorale, l’Etat et le spectacle politique, mais il y en a eu aussi contre la Coupe du Monde au Brésil.
En dehors de l’ambiance action-Joker qui revendiquait, il y a eu aussi des destructions anonymes et non-revendiquées de matériel électoral, ce que nous trouvons important de mentionner, peu importe leur ampleur.

Voyant d’autres personnes se saisir de la tension déjà existante pour l’impulser contre les autorités et contre le spectacle électoral, cela nous a inspiré à nous y joindre. Nous avons perçu aussi un espace à l’intérieur de cette initiative qui n’était pas utilisé : l’espace d’une critique anarchiste individualiste des élections et de la démocratie. Un espace à remplir avec notre journal et avec d’autres formes de « notre » propagande. Nous avons aussi constaté le manque de débat autour de l’organisation informelle, la « revendication » et d’autres sujets liés, un débat qui est beaucoup plus présent à un niveau international. Nous avons donc traduit en partie ce débat comme contribution à ce contexte de lutte.

En écrivant ces lignes, notre numéro contre les élections est prêt à être imprimé et à envahir les rues, la construction d’une atmosphère de débat dans la résistance aux élections et plus largement dans le mouvement anarchiste va de l’avant et nous voyons pour le moment un grand potentiel dans le contexte suédois. Si ce n’est pas en termes d’attaques, le succès de cette année de recherche de tension sera mesuré aux nouveaux espaces qui auront été ouverts pour nos idées et pour rencontrer d’autres compagnons en lutte, quelque chose qui sinon ne serait jamais arrivé.

Des salutations d’un contexte rempli de tensions, réellement existantes,

/UpprorsBladet/

[Tiré de la revue de correspondance anarchiste Avalanche n°2 (revu et corrigé par nos soins-Non Fides).]

[Missouri, USA] Solidarité avec les émeutiers de Ferguson – 11, 12 et 14 août 2014

Source: Le Chat Noir Emeutier

 

 

Dans l’après-midi du samedi 9 août 2014, un adolescent noir de 18 ans, Mike Brown dit « Mike Mike », a été assassiné par un flic du service de police de la ville de Ferguson, située à 12 miles environ au nord-ouest de la ville de S-Louis (Missouri, centre des Etats-Unis). Il a été abattu de plusieurs balles (6 dans le dos et 2 dans la tête)*. Des centaines de résidents se sont immédiatement rassemblés autour du lieu de l’assassinat, débordant sur la rue principale, W. Florissant, et en la bloquant partiellement. Des gens et proches en pleurs se sont rendus sur le lieu du meurtre et ont été accueillies avec des fusils d’assaut et des chiens policiers, tandis que la police fermaient l’accès à la ville en bloquant la rue principale (Florissant). La nuit suivante, le dimanche 10 août, une autre veillée aux chandelles a été appelée par la famille de Mike et des multiples garants de la paix sociale (paroisses diverses et associations, dont la NAACP**). Cet événement, qui a réuni plus d’un millier de personnes, a pris rapidement et naturellement une toute autre tournure. Les larmes de tristesse se sont transformées en actes de rage. Un résumé de récits d’anarchistes ayant participé à cette nuit de révolte :

fergus12Les manifestant-es se sont rassemblé-es dimanche soir dans une atmosphère pacifique et de peur, où des personnes ont défilé dans les rues et devant la police avec les mains en l’air (en référence avec l’attitude que Mike Brown a eu face aux flics). Mais peu de gens étaient calmes, et très rapidement des centaines de personnes ont convergé massivement en allant en direction des lignes de flics aux cris « assassins », « nique la police » (le nombre de participant-es oscillant entre 600 et 1000)… Quelques objets pleuvent sur les flics, des véhicules de police passent à travers la foule tout doucement mais la quatrième voiture est bloquée par des manifestant-e-s, qui montent sur le capot, donnent des coups de pieds sur la carrosserie: des vitres sont pétées, et des manifestant-es ouvrent de force une portière mais la voiture part brusquement avant que les flics à l’intérieur puissent y être extraits. Beaucoup de monde renonce à avoir peur.

Suite à ce réveil de la foule, la police bloque aux manifestant-es les accès sud et nord de la ville de Ferguson. Il se trouve que depuis l’avenue Ferguson, axe pris par la manifestation, de nombreuses petites rues vers l’est mènent à des entreprises, des magasins… La police, trop craintive de ce qu’il pouvait se passer et en infériorité numérique pour investir une zone résidentielle bouillonnante de colère, n’étaient pas en mesure de bloquer ces rues. Les gens, entendant parler de ce qui se passait, sont sortis dans le quartier commerciale à pied, en voitures et en motos tout au long de la nuit. Pour une fois, la géographie de cette foutue banlieue était de notre côté. Apparemment, un nombre incalculable de gens en colère ont pu rejoindre les émeutes en entrant par la protection d’un quartier résidentiel uni contre la police (qui elle ne pouvait pas entrer). 

J’ai continué à essayer d’encourager les gens à se couvrir le visage. Je dirais que pour dix personnes auxquelles je me suis adressé, neuf m’ont dit qu’elles en avaient rien à cirer et étaient fiers, mais beaucoup de gens se sont masqués. Certains commentaires ont été faits sur le fait que nous ressemblions à un groupe de ninjas. [...]

ferguson-kmovEn passant à côté d’une camionnette des médias garée à côté de la route, j’ai entendu un homme dire derrière moi« Mec, j’aime pas ces putains de médias ». Et ensuite lui et ses amis ont couru et ont commencé à faire basculer le van. Plus tard, un autre van de la pressemainstream avait eu sa fenêtre brisée pendant la nuit

À un certain moment, quelqu’un a tiré quelques coups de feu de célébration en l’air. Plus tard les gens ont tiré sur l’hélicoptère de la police circulant au-dessus de nos têtes. [...]

Une grande enseigne qui affichait les prix du gaz a été déchiré et tagué. D’autres graffitis que j’ai vu dans la rue: «Vengeons Mike Mike », « Nique la Police » « Tuons les flics » « Le seul bon flic est un flic mort », « les balances ont des points de suture » « oeil pour oeil rendons nos maîtres aveugles, » et « Mike Brown, c’est pour toi. »

L’énergie dans les rues était à la fois enragée et festive. Les gens partaient du centre commercial avec les bras chargés de cigarettes, de bières, de nourriture et transmettaient tout ça à leurs amis. Les gens ouvraient des bières et buvaient avec des amis dans une atmosphère chargée en cannabis, au milieu de la musique, des voitures qui crissaient leurs pneus….

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Des gens ont arraché un distributeur automatique de billets de la zone commerciale, l’ont fracassé avec un marteau et obtenu l’argent à l’intérieur et d’autres personnes sont repartis avec. Les billets de la loterie ont été jetés en l’air en chantant « Faites en pleuvoir! »

Le DAB en question....

Le marchand de viande « Sam »et le magasin de vins et spiritueux sont les autres endroits, d’après ce que tout le monde dit, à avoir appelé la police contre « Mike Mike ».Des dizaines de gamins de douze ans ont commencé le pillage de ces commerces. Les gens ont couru et fait des va-et-vient à travers les portes défoncées et débloquées des commerces durant des heures. Les gens ont sorti des couches pour bébés, de la nourriture, et pleins d’autres trucs dont nous avons tou-te-s besoin pour survivre- pour ne pas mentionner l’alcool, les cigarillos et d’autres choses pour se faire plaisir et faire la fête. Une petite fille de dix ans qui passait par là et portant un grand sac plein de nourriture a dit: « on va bien manger à l’école demain ». L’enseigne de Sams a été tagué avec un « Nique les balances ».

APTOPIX Police Shooting Missouri

De nombreux policiers se pressaient sur le côté sud de la rue probablement pour essayer de garder les gens dans les chaînes de gros magasins (notamment dans le centre commercial Northland), mais en vain. En coupant à travers les quartiers résidentiels, les petits groupes de personnes ont cassé les fenêtres des magasins Walmart et Foot Locker, puis ont pris ce qu’ils voulaient. Marcher à travers les quartiers, les gens couraient dans la rue avec des piles de chaussures; des boîtes à chaussures vides jonchaient les rues.

Les gens n’arrêtaient pas les émeutes et les pillages pendant une longue période. Il a même étendu à des endroits pas directement dans la zone, y compris les magasins d’accessoires de beauté, magasins d’accessoires automobiles et au moins une banque. [...] Tout ce que nous avions à faire était de prendre ce que nous voulions. [...]

A QuikTrip convenience store burns during a night of rioting in Ferguson, Missouri

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Les une après les autres, les bennes à ordures derrière les entreprises brisées ont été incendiées. A un moment, j’ai pu voir cinq de ces incendies et la fumée qui s’en échappaient de loin. Plus tard, le commerce QT a été incendié et totalement détruit, et une énorme fumée s’échappait dans l’air et il était difficile de respirer. Finalement, vu que la présence policière augmentait et que des porcs provenant d’autres municipalités arrivaient, les lignes de flics anti-émeutes ont commencé à déplacer lentement leurs lignes vers l’avant, malgré le fait d’être la cible de jets de pierres et de bouteilles, au milieu de cris de rage des gens dans les rues.

Tout au long de la soirée, la destruction qui a lieu dans le quartier commerçant est contrastée par un calme étonnant dans les zones résidentielles. Les gens se sont déplacées vers les zones commerciales… Les gens n’étaient pas dans leur putain de quartier, ils ont attaqué les entreprises qui pratiquent la délation à leur encontre, les emploient dans des tâches sans intérêts, s’accaparent les ressources dont ils ont besoin pour vivre et profiter de la vie.

De même, la destruction infligée à ces entreprises a été réalisée en l’absence totale de violence entre les manifestant-es. Les tensions entre les gens sont restés verbales, avec parfois des mots dures échangés, mais l’absence de violence entre les gens contredit les mythes de «manifestants violents»…. 

C’est là que notre histoire se termine, mais cela ne nous fait pas dire que c’est la fin. Les habitant-es de Ferguson ont été debout toute la nuit: en fêtant, se vengeant contre les flics et le monde dans lequel ils ont été exclus, obtenant la merde dont ils ont besoin pour survivre, détruisant la merde des gens riches pour le plaisir, se racontant des histoires …

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resto rapide 'Taco Bell', avec vitres cassées et contenus pillés

Il y aurait eu lors de cette soirée d’émeutes entre 30 et 40 interpellations. Il y aurait plus d’une vingtaine d’entreprises et commerces prises pour cibles (vitres pétées, pillages et incendies all inclusive), voitures dégradées et deux keufs blessés. 

Tôt lundi 11 août, un poste de police de Philadelphie a été tagué en solidarité avec les émeutiers de Ferguson et toutes les personnes qui ne se résignent pas face à la terreur capitaliste et étatique.

Rien que cet été, plusieurs personnes ont perdu la vie suite à une intervention policière.Comme ce jeune qui n’avait pas la thune pour se déplacer dans Seattle et qui a eu le malheur de croiser ces brutes en uniforme.

Dans la soirée de lundi 11 août au sud de Los Angeles, soit deux jours après l’assassinat de Mike Brown, un homme de 24 ans a été tué par les flics. Après que la police se soit rendue à l’intersection West 65th Street et South Broadway où a eu lieu un peu plus tôt une fusillade, elle a arrêté par balles la vie d’Ezell Ford. Il est mort de ses blessures à l’hôpital. La routine médiatique et raciste consiste à savoir « si ce jeune noir faisait partie d’un gang » tout en vomissant leurs ignominies (comme quoi il était « mentalement attardé »). Ce que l’on sait surtout, c’est que les porcs ont refusé de dire où avait été hospitalisé Ezell. D’après la mère, Ezell était couché au sol quand les agents de police lui ont tiré trois balles dans le corps.

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Lundi 11 août 2014, les manifs se sont poursuivies dans le secteur. Des centaines de personnes se sont rassemblées à proximité du magasin d’alimentation générale de la chaîne QuickTrip, pillé et incendié la veille. Les flics étaient davantage déployés dans les environs et ont tiré des des coups de flashball et de grenades lacrymo après avoir entendu des coups de feu émanant de la foule. Malgré les appels au calme de la famille de Mike Brown et à la condamnations des événements de la veille par des ennemis de classe du NAACP** et d’autres associations (qui font parler le mort afin d’imposer une paix criminelle, en affirmant que « Mike n’aurait jamais souhaité des émeutes et des pillages… »), une partie des contestataires ont attaqué les flics à coups de pierres et de bouteilles. Les affrontements ont débuté lorsque la police a lancé des appels à la dispersion au mégaphone. Selon les portes-parole de la police, 12 à 15 arrestations ont eu lieu. 

Alors que dans un premier temps la police de la ville avait déclaré faire la transparence en public en annonçant publiquement l’identité du flic, ce mardi après-midi (12/08/2014), elle vient de faire machine arrière en affirmant à travers les médias que l’agent en question était l’objet depuis quelques jours de menaces de mort sur les réseaux sociaux (comme si c’était une surprise), et donc que son nom ne sera pas publié. 

Mercredi 13 août 2014. Les manifestants-es ne se sont pas laissés terroriser par le déploiement incalculable de flics en tous genres, plaçant la ville de Ferguson en état de siège. Des robocops surarmés dans et devant leurs camions blindés sillonnaient la ville, pointant les protestataires avec leurs fusils, procédant à de nombreuses fouilles juste après le meurtre de Mike Brown. Le chef de police avait prié les organisateurs des manifs d’appeler à la dispersion avant la nuit tombée par crainte d’émeutes… Mais en vain. La rage a pris le dessus de tous ces divers appels au calme, qu’ils viennent de la part des religieux ou des travailleurs sociaux. Lors de cette nuit du 13 au 14/08, la cible principale était la police (contrairement à la première nuit où les attaques visaient principalement les commerces et grandes surfaces, banques, etc…): des pierres, bouteilles et cocktails molotov ont été balancés sur les lignes de police suite à la tentative des autorités de disperser les manifestant-es par des tirs de grenades lacrymo, bombes fumigènes et tirs de balles en caoutchouc. (une vidéo de la bataille urbaine est visible ici). D’après le chef de police du comté, Jon Belmar, il y aurait eu une vingtaine de véhicules de police vandalisés. Les médias ont rapporté une dizaine d’interpellations. Plus tard, des dizaines de manifestant-es se sont rassemblé-e-s devant le commissariat pour exiger la libération des personnes arrêtées. Une centaine de flics protégeait le bâtiment.

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Sources:

Notes: 

*Mike était avec une autre personne, Dorian Johnson, quand il a croisé la police; il en fait un rapide compte-rendu: le porc, qui était dans son véhicule, leur a sommé de marcher sur le trottoir et non pas sur la route… Les deux copains ont continué leur chemin et l’agent de l’ordre s’est excité, a failli les écraser avec son véhicule sérigraphié police. Mike s’est fait choper par le flic au niveau du coup qui tentait de le mettre dans la voiture. L’officier a alors sorti son arme et a dit: «Je vais te tirer dessus», ou «Je vais tirer», a dit Johnson. Lorsque l’agent a ouvert le feu, Mike Brown a été touché, a déclaré Johnson qui s’est caché derrière une voiture. Mike continua de courir, tout en étant pourchassé par l’officier qui lui a de nouveau tiré dessus. Lorsque Brown a senti le coup de feu, il s’est retourné, a mis ses mains en l’air et a commencé à s’aplatir sur le sol. L’agent tirait toujours, a témoigné Dorian Johnson.

Comme dit plus haut dans le texte, une autre version est aussi sorti: la direction du magasin de la chaîne QuickTrip a appelé la police pour arrêter Mike, le soupçonnant de vol. Lors de cette nuit de révolte, ce même restaurant a fait les frais de cette délation en étant pillé puis incendié par les émeutiers. 

** Le NAACP, « association nationale pour la promotion des gens de couleur » en français, a été créée au début du XXè sc. par des notables afro-américains. Cette association se place aux côtés des familles des victimes lors des procès afin de réclamer justice, avec cette illusion répandue au sein des manifs qu’il faudrait faire confiance à cette société esclavagiste qui tue et affame les pauvres et indésirables (noir-es qui plus est).

Aux Etats-Unis, les dernières grosses révoltes ont eu lieu l’été dernier en réaction à l’acquittement du vigile privée, G. Zimmerman, qui avait tué un an auparavant un jeune noir.

Voir aussi la rage qui s’est exprimée dans les rues (malgré la volonté affichée des organisateurs de jouer les pompiers de la révolte) suite à l’assassinat d’un jeune noir par la police à Brooklyn (NYC) en mars 2013

Mobilisons générale pour le procès du Guantanamo. Prochaine audience le 4 septembre à 9h au Palais de justice à Clermont.

La Campagne pour la Libération des Espaces remonte à l’occupation de la Place de Jaude en septembre 2013. Comme la CREA à Toulouse, le Collectif 100 Papiers à Saint-Etienne, l’AG de luttes contre les expulsions à Caen, les ZAD, ils ont décidé, par l’action directe, de réquisitionner des bâtiments laissés à l’abandon par l’Etat, et de permettre à toutes et tous de reprendre en main nos vi(ll)es.

Le 22 mai ils ont libéré un premier lieu nommé le Guantanamo qui est un espace autogéré et autonome des institutions. Confrontés aux pratiques de l’hébergement d’urgence (le 115…) qui métamorphose les gens en numéros et dossiers sans humanité, nos moyens de lutter ici et maintenant sont de créer des lieux d’habitation (pas des hébergements), de transmission de connaissances, d’ouverture sur le quartier et la ville…

Aujourd’hui face à la justice et une municipalité répressive, ils en appellent à notre soutien. Nous devons rendre ce procès politique. Il nous concerne toutes et tous.

Pour reprendre en main nos vi(ll)es.
Contre l’Etat, les frontières, les papiers, la gentrification.

Avec rage et joie.

https://cle.squat.net/le-guantanamo-kesako-petite-visite-illustree-du-batiment/

Réflexions autour de l’anarchisme

Texte du compagnon Francisco Solar Dominguez depuis la prison de Villabona (Asturies)

 

J’ai tourné et retourné la question de la cohérence et de la consistance de l’anarchisme, pour déterminer ce qui en définitif nous motive à nous déclarer anarchistes et pas autre chose, ce qui nous mène à vivre une vie marquée par les thèmes récurrents de la police, des filatures et la prison, autant de thèmes qui évidemment ne plaisent à personne, mais qui sont toujours présents en ce qu’ils imprègnent notre quotidien. Je pense que dans ce sens, l’antiautoritarisme est central, car c’est, avec la tentative de liberté, ce qui nous différencie politiquement des autres courants politiques et même fait la différence à l’intérieur de l’anarchisme lui-même. En effet, l’antiautoritarisme implique une rupture avec ce tout qui est établi et avec les idées qui le nourrissent, entre autres le paradigme “judéo-chrétien” du progrès enkysté dans la majeure partie de la pensée occidentale, révolutionnaire ou pas.

 

Alors, est-il nécessaire de rompre avec la tradition de pensée judéo-chrétienne ? Évidemment. Si l’anarchisme prétend rompre avec l’ordre établi, il ne peut participer à la reproduction de l’un des piliers de oppression : la pensée sacrée. Il est certain qu’une grande partie du courant acrate part du postulat que grâce à la révolution sociale on obtiendra un état d’harmonie complète, que par la science on parviendra à la plénitude. Nous trouvons cela dans la plupart de la littérature anarchiste du XIXe et des débuts du XXe siècle, imprégnée par le siècle des Lumières et par l’apologie de la raison qui en découle. Par conséquent, la pensée sacrée se maintient, n’est pas remise en question, dans la mesure où ne se produit pas de rupture avec ce qui est imposé. L’anarchisme se fait sacré de la même manière que l’est le christianisme.

Certaines positions ne suivent pourtant pas ce jeu, comme par exemple les approches de Bakounine et Stirner. En notant que toute destruction est à la fois création, le premier s’écarte de la pensée du siècle des Lumières et nous ouvre de nouvelles portes. La destruction et la création seraient inséparables, ne constitueraient pas des phases séparées, c’est le fait d’en finir avec l’existant qui ouvrira un large éventail de possibilités marquées par la révolte constante. Pour sa part, Stirner affirme clairement : “le sacré ne se supprime pas aussi facilement que semblent le croire beaucoup qui continuent à rejeter ce mot impropre. Que ce “sacré” soit d’ailleurs aussi humain qu’on le veuille, qu’il soit l’humain même ne lui enlève en rien son caractère, au mieux le sacré supraterrestre devient sacré terrestre. Il passe de divin à humain”.

Le siècle des Lumières remplace cet objet sacré : l’Etat, résultat et expression de la raison, prend la place de Dieu, tout en acquérant les mêmes caractéristiques, ce qui lui assure une domination absolue. Cette “passation de pouvoirs” reflète la continuité d’une structure de pensée particulière qui se manifeste dans une grande partie des mouvements révolutionnaires d’occident. Le paradigme de l’oppression se reproduit. En ce sens, il devient indispensable de provoquer une fracture avec “le sacré” dans chacune de ses formes, que ce soit la science ou quelque doctrine politique. C’est de cette manière que le questionnement de nous-mêmes comme de notre environnement tente d’éliminer de nos relations toute expression sacrée, qui est en définitive la manifestation de l’autorité.

Nous sommes iconoclastes. Je pense donc que nous devons être conséquents dans cette recherche ; nous ne sommes les sauveurs de rien ni de personne. Si nous affrontons le pouvoir, c’est parce que nous voulons l’éliminer de nos vies, et pas parce que nous espérons que de ses ruines surgisse un paradis. Nous aspirons à la négation totale de tout ce qui est établi et ce que cela nous réserve est une énigme. Voilà ce qui nous motive.

Août 2014

[Traduit de l’Espagnol de Indy Barcelone par Brèves de désordre, 02 ago 2014]

Collecte pour les prisonnier-e-s des Baumettes

Nous collectons pour les prisonnier-e-s précaires de la prison des Baumettes à Marseille:

Vêtements:
il-le manquent cruellement de sous-vêtements , tous autres vêtements sont bienvenus, mais jamais de couleur bleue (qui est interdite  par rapport aux uniformes dans la prison, pour éviter toute confusion), les fringues à capuches, les bonnets ou cagoules sont strictement interdits. Pensez à leur tenir chaud, l’hiver arrive!

Fournitures:
pour pouvoir répondre à nos lettres, il-le-s ont besoin de papier, crayon, stylos, enveloppes, éventuellement des timbres. Vous pouvez leur fournir de quoi dessiner également ou peindre, n’hésitez pas!

Aliments:
nous pouvons leur faire parvenir quelques aliments, même si parfois ils n’atteignent pas leur destinataire, chocolat, sucreries, tout ce qui ne périme pas, est emballé, n’a pas de contrainte de conservation. Veuillez prendre en compte que nous préférons les colis végétariens ou végans, question politique et pratique.

Essayez d’emballer vos colis de manière à ce qu’on les transporte et entrepose facillement. Pensez que certaines choses sont interdites en prison.
Vous pouvez nous les faire parvenir lors de chaque événement que nous organisons, où nous participons, ou en nous contactant par mail!
abcmarseille@riseup.net

lu sur AnarchistBlackCrossMarseille

Sur Sacco et Vanzetti

Sur Sacco et Vanzetti  sacco
« SACCO ET VANZETTI » de Giuliano Montaldo en version restaurée

Sortie en salles le 6 août

« Réalisé en 1971 par l’Italien Giuliano Montaldo, Sacco et Vanzetti fait partie de ces films inoubliables de l’histoire du cinéma, retraçant avec justesse et humanisme le destin tragique de deux anarchistes italiens condamnés à mort en raison de leurs convictions politiques. Le cinéaste s’appuie pour cela sur un scénario brillant, relatant avec force détails les différentes audiences du procès, et sur une mise en scène atypique, mêlant multiples flash-back et archives originales. Il s’agit moins pour Montaldo de partir à la quête de la vérité que de dénoncer l’incroyable entreprise de diabolisation de deux hommes considérés comme « différents » dans une Amérique de plus en plus conservatrice et hostile envers les étrangers. Le génie de ce film tient en grande partie à son interprétation magistrale : Riccardo Cucciolla campe un Sacco résigné et vite dépassé par les événements et Gian Maria Volonté un Vanzetti combatif et intègre. Sacco et Vanzetti est un formidable réquisitoire contre la xénophobie et pour la justice et la liberté, célèbre notamment grâce à la bande originale signée Ennio Morricone et Joan Baez (« Here’s to You »).  » la suite sur utoplib.blogspot.fr

et

7 août 1927 : immense manifestation pour Sacco et Vanzetti:

Le 7 août 1927, alors que les menaces d’exécution de Sacco et Vanzetti se font plus précises, d’immenses manifestations ont lieu dans le monde entier, contre la barbarie américaine, en particulier à Paris.

Here’s to you Nicola and Bart
Rest forever here in our hearts
The last and final moment is yours
That agony is your triumph.

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7 août 1927 : la manifestation parisienne pour Sacco et Vanzetti avec Luigia Vanzetti

Tandis que le risque d’exécution de Sacco et Vanzetti se rapproche, un cortège auquel s’était joint Luigia Vanzetti (soeur du condamné) rassemble plus de 100 000 personnes à Paris, le 7 août 1927. Il est fortement encadré par d’imposantes forces de police. Un appel est lancé pour une grève de 24 heures le lendemain. Le 8, 9 et 10 août 1927, l’exécution de Sacco et Vanzetti prévue à la date du 10 août [1] suscite à travers le monde de nombreuses manifestations de colère : à Chicago la grève générale est suivie par 16 000 ouvriers. A la sortie du meeting, une jeune anarchiste italienne de 16 ans nommée Aurora d’Angelo, prend la tête d’un cortège de quatre mille personnes. La police utilise des gaz lacrymogènes et procède à 76 arrestations dont Aurora (qui refusera lors de son procès l’aide d’un avocat). A New York la grève est suivie par 150 000 personnes (selon la police). De même à Montevideo (Uruguay), à Assomption (Paraguay), à Bruxelles, Londres ou Paris. Des bombes explosent à Bâle (Suisse), à Sofia (Bulgarie) le 11 août, ou sont découvertes à Chicago et Londres. C’est un immense vent de contestation qui se lève contre l’arbitraire de la répression.

la suite : paris-luttes.info

Lettre ouverte aux manifestants « pro-palestiniens

Un excellent texte choppé sur Non Fides.

 

Lettre ouverte aux manifestants « pro-palestiniens  arton3808-4c4c9 

Certains d’entre vous sont des habitués, des gauchistes aguerris, politiciens en herbe ou expérimentés, surfant sur une vague qui finira forcément par vous dépasser, qui vous dépasse déjà largement à vrai dire, comme cela arrive toujours aux idiots utiles. D’autres étaient là par hasard ou presque, par le bouche à oreille, avec une cause tellement instrumentalisée par les divers leaders d’opinions que vous vous seriez sentis coupables de ne pas faire votre BA pour les « victimes » comme d’autres donnent quelques euros à la Croix-Rouge, au curé, au rabbin ou à l’imam. Des manifs pleines de drapeaux nationaux, de slogans nationalistes, racistes, aux cris d’Allahu akbar, avec des dieudonnistes armés de leurs ananas et des fous de dieu prêts à tous vous sacrifier dès que leur dieu leur ordonnera.

http://www.non-fides.fr/IMG/pdf/lettre_gaza.pdf


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