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Archives pour novembre 2014

[Suivi en direct] du bordel un peu partout à lyon pour la manif contre le FN

Un suivi de la manif en direct assuré sur Rebellyon.

 

18h40 : Huit camions de gardes mobiles devant la piscine du Rhone et des voitures de la bac autour de la place Raspail. 
18h19 : Pour l’instant on en est à 17 arrestations qui ont été signalées à la caisse de solidarité 
17h50 : Helico et important dispositif policier au pont de Perrache, de nombreux flics à la gare. 
Pour le progres : « 16h35 : des embouteillages monstres paralysent la circulation en centre-ville »
17h06 : La pression se relache autour des gens qui étaient pris dans la nasse de la place du Pont.
17h00 : des flics sur tout le pont du Rhone 
16h54 : Les personnes bloquées sur le pont de la guill’ avancent doucement encadrés par un important dispositif policier. 
16h45 : 14 arrestations en tout.
16h31 : Une partie du cortège est arrivé à hotel de ville avant de se disperser. Pour l’instant au moins 7 arrestation.
16h20 : une femme sévèrement blesser couchée sur le pont Lafayette.
16h18 : Deux arrestations suite à une charge « vénère » croisement quai jean moulin, pont lafayette. 
16h15 : Bateau de pompiers et police sur le Rhone. Cannon a eau entre le pont de la guill et rue de la barre. 
16h11 : Les cortèges du NPA et de la CNT, environs 200 personnes, bloquée pont de la guill. Ca gaze quai du rhone au niveau du pont Wilson. 
16h08 : De l’autre coté du Rhone, rue de la Barre la police aurrait tiré des grenade lacrymogene. Le cortège progresse sur le quai. 
16h04 : Le cortège de Solidaire quitte la manifestation. 
16h02 : Les flics ont coupé le cortège en deux au niveau du pont de la guill. Le cortège s’étend entre le pont de la guill et le metro. 
16h01 : Deux bakeu en ont prit pour leur matricule 
15h58 : Le SO de Solidaire démonte une barricade au niveau du metro Guillotière.
15h57 : Le Mac Do de la guill qui avait proposer à la mairie de lyon de débarrasser la place du pont des Rroms n’as plus de vitrine. 
15h53 : Hélico au dessus du cortège, la Bac serre l’arrière de la manif. 
15h50 : Des vitrines de banques attaquées. Les flics gazes cours gambetta. 
15h49 : La police à tiré (flashball ? lacrymo ?) sur l’arrière du cortège. 
15h43 : Un bus en provenance d’allemagne Bloquer à l’exterieur de lyon
15h28 : « Chasse aux immigrés, guerre aux ouvriers, c’est le programme des fascistes mais aussi du parti socialiste » un slogan parmi d’autres. 
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15h19 : Des bus italiens bloqués sur le périph. 
15h18 : Un bus de Berne a subi un contrôle d’identité systématique, les gens sont maintenant empêchés d’aller à la manif.
15h14 : Un mini-bus de grenoblois bloqué pour un controle sur la route entre lyon et grenoble. 
14h49 : Environ 2000 personnes sur la place selon La Horde. 
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14h43 : Une arrestation rue chevreul
14h41 : Bus d’antifa de paris bloqué/fouillé à l’entrée de lyon. 
@La_Horde Car @CAPAB75 bloqué à 40 km de #lyon par la gendarmerie ; fouille vérification d’identité pdt 1 h #antifa
14h30 : Deux personnes de plus arretées suite à une fouille dans un bar 
14h09 : Fouille de sac à toute les entrées de la place. 
14h05 : Une voiture de Bac et une voiture de la nationale devant le local du FN à Perrache
13h30 : De nombreux contrôles de police au métro Jean Macé avec fouilles de sacs.
13h30 : Une arrestation suite à un controle de police. Un opinel à été trouver sur la personne.

 

 

Etats-Unis : De Ferguson à Oakland, « nous allons brûler toute cette merde » (24-25 novembre 2014)

Lundi 24 novembre, la justice américaine a rendu publiquement sa décision de non-lieu pour le flic Darren Wilson, qui a tué le jeune Mike Brown le 9 août 2014. Un scénario d’impunité connu et attendu, maintes fois vécu à travers le monde, d’Athènes à Ferguson, en passant par Paris. Mais nous n’avons rien à attendre de l’Etat [1], vu que ses mêmes agents armés et assermentés éliminent, enferment quotidiennement des centaines d’indésirables parce que noir-es, pauvres et/ou insoumis. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que cette mise en scène de l’Etat américain (soutenu par les réactionnaires et les médias) avait pour but de faire rentrer les citoyens au bercail, avec comme objectif de rétablir la paix sociale alors même que les feux de la révolte illuminaient les rues de Saint-Louis et du Missouri [2]. Cette délibération du grand jury, reportée de jour en jour, a permis à l’Etat de pouvoir se préparer à l’explosion de rage collective – notamment en décrétant l’état d’urgence et en préparant ses troupes (tous les corps policiers, ainsi que la Garde Nationale (l’armée)). De nombreux commerces s’étaient aussi barricadés en prévision du verdict… En vain.

 

Etats-Unis : De Ferguson à Oakland, « nous allons brûler toute cette merde » (24-25 novembre 2014) 0-3-24996

Passons en aux faits. La ville de Ferguson a rapidement brûlé. Au milieu des chants comme « nous allons brûler toute cette merde », les flics ont été caillassés et leurs véhicules retournés, détruits à coups de pierres ou par les flammes (10 détruits au total, dont 2 par incendie). 150 coups de feu contre la police (d’après Jon Belmar, le chef du service de police de St. Louis qui a déclaré « Ceci était probablement pire que la pire nuit que nous avions eu en août ») et 3 flics blessés. Les médias français parlent « d’une douzaine de bâtiments incendiés », sans en dire davantage. Mais à y regarder de plus près, on s’aperçoit que ce qui a été carbonisé est tout ce qui accumule la richesse et la marchandise que flics et milices privées protègent : au moins un centre-commercial, un entrepôt de marchandises, des commerces, un magasin de pièces d’automobiles… Les magasins, avant d’être incendiés, ont été soigneusement pillés et saccagés. Le magasin qui avait appelé les flics juste avant le meurtre de Mike Brown, n’a une nouvelle fois pas été épargné par les pillards. Comme le dit le journal en ligne thedailybeast.com, « la situation était trop dangereuse pour que les pompiers fassent leur travail. ». Le mardi après-midi, plusieurs entreprises le long de Florissant Avenue West étaient déjà fermées.

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Boutique on West Florissant Avenue in St. Louis

Une jeune femme, en face du magasin pour pièces automobiles qui brûlait à Ferguson, résumait la situation en cinq mots : « ce n’est que le début ».

Au total, près de 60 personnes ont été interpellées dans le comté de Saint-Louis : 32 arrestations pour pillage, et 29 pour “rassemblement illégal” Pour la soirée de mardi 26 novembre, le gouverneur du Missouri Jay Nixon a annoncé l’envoi de troupes supplémentaires de la Garde nationale sur Ferguson, passant à 2200 soldats au lieu des 700 de la veille.

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Lors d’une conférence de presse avec le clergé local ce mardi après-midi, le maire de Ferguson, James Knowles III, a dit cyniquement que “malheureusement, la garde nationale n’a pas été déployée à temps pour sauver l’ensemble de nos entreprises”.Mardi soir, même si chaque commerce, banque était protégé par des soldats de la garde nationale, la rage s’est délocalisée devant le bâtiment de la mairie, où les vitres ont été explosées. Un véhicule de la police a aussi été incendié. Il y a eu 44 arrestations.

Ailleurs

Des manifs ont eu lieu partout à travers pays. A Seattle, les lycéens sont descendus dans les rues contre « le racisme de la police », puis dans la soirée, des manifestants ont bloqué plusieurs endroits d’une autoroute sans que les flics parviennent à les stopper et donc à fermer momentanément l’autoroute. Des pierres, bouteilles et feux d’artifices ont été lancés sur les flics, qui ont répliqué par des grenades assourdissantes et lacrymo. La foule s’est ensuite déplacée à travers le centre-ville, une vitre d’une banque Wells Fargo est tombée à Madison. Plusieurs slogans contre la police (“FTP”) ont été peints à la bombe à la Sixième Avenue, Pike Street, Ninth Avenue et Madison Street. 5 personnes ont été interpellées.

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Deux rassemblements ont eu lieu, un à Westlake à 18h et un autre au centre de Seattle à 19h. A 19h30, environ 200 à 300 personnes à Pike and Broadway. Les organisations et partis de gauche ont une fois de plus rempli leur rôle de flics sociaux, tentant de s’interposer entre les flics et celles et ceux qui font le choix de la révolte, tout en étant plus préoccupés à vendre leurs programmes (et donc à réformer l’Etat et sa police). Le récit se termine par “N’hésitez pas à exprimer votre rage à tout moment et n’importe où”. Un long résumé de cette soirée du 24 novembre à Seattle est disponible en anglais sur pugetsoundanarchists.

Deux manifestants ont été arrêtés à New York. Le premier a été arrêté à Times squareaprès avoir lancé de la peinture rouge sur le chef de la police Bill Bratton et ses gardes du corps lundi soir. La deuxième arrestation a eu lieu sur une rampe d’accès du Triborough bridge (ensemble de trois ponts qui relient des arrondissements deManhattan, du Queens et du Bronx), où s’étaient rassemblés certains manifestants après minuit. Un homme de 30 ans, non identifié, a lancé une canette vide contre un policier, le blessant légèrement à la tête. L’homme arrêté a également été légèrement blessé. Aucune charge n’avait encore été prononcée contre lui mardi matin, selon la police.

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C’est à Oakland (Californie) que la conflictualité avec l’existant a été la plus élevée : plus de 2.000 personnes ont bloqué une autoroute. Plus tard dans la nuit (vers minuit),plusieurs commerces ont été pillés et sacagées, (dont un starbuck sur Ninth Streetqui s’est fait chourrave des stocks de grains de café et le magasin Smart & Final qui s’est fait exproprier de la boisson notamment) ; des poubelles ont été incendiées à travers les rues de Broadway. Au moins deux banques ont été attaquées : celle de la Wells Fargo bank à 12th and Broadway (fenêtres et portes brisées) et une autre de la Comerica bank , située juste en face et qui a dû être fermée mardi matin. Les flics ont arrêté 39 personnes pour pillages, refus de se disperser, attaques contre la police.

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Reformulé de leur presse (US et française)


A Pittsburgh (récit depuis anarchistnews) :

Environ 30 personnes se sont rassemblées à Liberty Avenue et Ella à 18 heures dans l’obscurité pendant une marche de solidarité avec Ferguson et contre la police. Ce fut un taux de participation impressionnant pour un événement qui a été appelé durant la journée. Presque tout le monde qui est venu était vêtu de noir et le visage bien couvert.

La marche a soudainement commencé lorsqu’une boîte à journaux [de la presse] et une poubelle ont été balancées à travers la rue. Elle a continué à l’est sur liberty ave. prenant une voie de circulation, tout en balançant des débris dans la rue derrière nous. Des cris de “Fuck the police” ont été hurlés et chantés. Une banderole disant “flics, porcs, assassins” a été portée tout le long. Un fumigène a été allumé. La police s’est montrée à quelques rues de la manif avec une camionnette, maintenant une grande distance derrière nous. Il semblait clair qu’ils n’étaient pas intéressés par une confrontation. Les personnes présentes sont restées en bloc ensemble.

Après avoir serpenté à travers les allées, nous sommes retournés à la liberty Ave vers l’ouest en passant par Bloomfield. Juste avant la fin de la marche, un guichet automatique de billets a été brisé. La marche s’est dispersée avec succès dans les rues étroites derrière Liberty et aucune arrestation n’a été faite. La manif a pris fin en moins de 30 minutes et n’est pas entrée en conflit avec d’autres manifestations dans la ville.

Comme une expression collective spontanée de rage, la manif a été un succès, même si avec du recul beaucoup plus de destruction aurait pu être réalisée, en plus le fait de communiquer avec les passants. On espère que les leçons apprises et la confiance acquise ce soir seront utilisées de manière créative dans les prochains jours.


Une caisse de soutien financier avec les personnes arrêtées lors des émeutes dans le Missouri a été créée. Sinon, la solidarité dans la révolte contre la police, que ce soit à Ferguson comme à Toulouse ou Nantes peut s’exprimer partout par l’action directe (comme c’est le cas depuis un moment en France et en Europe suite à la mort de Rémi et de toutes les personnes assassinées par les flics)… à nous de s’organiser et d’agir contre ce monde de domination et de mort.

En France, aux Etats-Unis comme partout, guerre à la police et à son monde !

[Repris du Chatnoirémeutier.]

Notes

[1] Il ne sert à rien d’énumérer la liste des personnes tuées sous les coups de la police, dont nous ne connaissons qu’une partie infime… celle que le pouvoir est bien contraint d’admettre. On peut aller lirece texte publié dans lucioles n°15 : à propos des slogans comme « vérité et justice », qui reviennent souvent dans les manifs contre les violences policières.

[2] Et donc de vider en grande partie les rues …Voir la liste des récits de manifs anti-police d’août 2014 et des actions de solidarité avec les révoltés du Missouri : http://www.lechatnoiremeutier.antifa-net.fr/?s=Ferguson

Retour sur la manif contre les violences faites aux femmes

22112014_violences_faites_aux_femmesLe 22 novembre 2014, Lesbiennes Of Color a appelé à rejoindre la manifestation contre les violences faites aux femmes organisée comme chaque année par le collectif des droits des femmes. À la lecture de l’appel unitaire, nous avons décidé de lancer notre propre appel, et de créer notre propre espace dans la manifestation. Nous ont rejoint le Collectif « Les lesbiennes dépassent les frontières »,  le collectif Solidarité avec les femmes Tutsi (qui ont porté plainte contre des membres de l’armée Française durant l’opération Turquoise), le collectif Femme de Kobané , le collectif femmes de Saint Denis. On pouvait lire sur la banderole :  « Femmes de Kobané solidarité féministe Autodéfense féministe »
Dans le cortège étaient présentes des individues lesbiennes féministes, des musiciennes pour dynamiser et donner le rythme et des camarades de la Horde, autour de la banderole « Lesbiennes Of color Antifa » ! Simple, concis, efficace. Et nous sommes parties de Bastille jusqu’à la République au petit trot, en scandant nos slogans dans notre propre espace crée pour l’occasion.
Stand up with women indian
Solidarité avec les Femmes Tutsi
Solidarité avec les femmes de Kobané

Fight and Solidarity

Lesbiennes of Color

Nantes, 22 novembre : démonstration de force contre les répressions


14H
, des centaines de personnes affluent sur le parvis du Palais de Justice de Nantes totalement ceinturé de bleu, aux couleurs de la Métropole policière.

Médias, dirigeants socialistes, syndicats policiers ont passé les jours précédant la manifestation à menacer celles et ceux qui refusent que la police assassine et mutile. Des dizaines de cars de CRS et des canons à eau sont positionnés devant la piscine Gloriette. La passerelle pour enjamber la Loire est filtrée par une cohorte de la BAC qui fouille et arrête les personnes dont les visages ne leur reviennent pas, les rues du quartier du Tribunal sont saturées de barrages policiers. Nantes est en état de siège. Avant même l’heure du rassemblement, plusieurs arrestations sont déjà signalées. De nombreuses personnes font état de vol de matériel médical – sérum, maalox, pansements – par les policiers. Non contents de blesser, ils empêchent de soigner.

Combien étaient les policiers ? Plusieurs centaines, peut-être un millier. Toujours est il que le périmètre interdit par la police est bien plus large que le 22 février dernier, ce qui était déjà sans précédent.

Malgré tout, des groupes de courageu-x-ses de tous âges se rassemblent, bravent la peur. La police n’a pas pu pas empêcher plus de 4000 personnes de prendre les rues de Nantes, de conjurer la peur. En soit, c’est déjà une victoire.

 

 

 

 

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Photo : Taranis News

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Photo : taranis News

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Devant une foule qui enfle, une chorale entonne quelques chants de lutte, suivie par une série de prise de paroles sur les différentes violences policières et judiciaires. L’action d’auto-dénonciation est une réussite totale : plus de 300 personnes ont répondu à l’appel à se dénoncer en solidarité avec les inculpés du 22 février et tou-te-s les autres !

Les slogans brandis reflètent la diversité de la manifestation : « Tou-te-s terroristes ?! », « Désarmons la police », « Propageons la révolte », « Armé de mon courage », « Vivre libre ou mourir » …

Le cortège puissant, dense et dynamique s’élance, rythmé par une battucada. Les flics sont systématiquement hués mais l’avant de la manifestation respecte l’engagement pris : manifester le plus longtemps possible sans riposter aux provocations policières. Dans la manifestation, de l’énergie et une belle participation venue des quartiers.

Le dispositif policier est présent à chaque carrefour, dans chaque ruelle. Tout le centre ville doit être contourné. Les rues sont désertes mais le cortège enfle, étonnamment. Quelques fumigènes sont allumés, on chante, on crie.

Arrivée place Talensac, la foule compte bien 4000 personnes. On est au delà des microcosmes militants ou même des seuls réseaux anti-aéroport : le peuple est dans la rue. Nantes est la capitale des mutilations policières, peut-être a-t-elle endossé quelques heures durant le rôle de capitale de la résistance ? L’enjeu était de faire une démonstration de force. Elle est incontestable.

Une partie des gens en tête de cortège appelle à une dispersion. Personne ne l’entend.

« On continue ! »

La manifestation marque une pause puis repart aussitôt, tombant nez à nez avec une nasse policière hallucinante gardant tout le cours de 50 otages où se trouve la Préfecture. Des centaines de policiers en armure, deux canons à eau et une horde de BACeux mettant en joue – encore une fois – les manifestant-e-s à hauteur de tête.

Sans attendre, des centaines de manifestant-e-s avancent à pas rapide vers les lignes policières, tou-te-s ensemble, cagoulé-e-s ou non, en levant les bras.

« Dégagez ! », « On avance ! » résonnent en cœur.

Les lignes policières reculent de 50 mètres, les donneurs d’ordres sont paniqués. Le courage de ceux qui bravent l’intimidation dégage une force collective incroyable. Les plus déterminé-e-s s’engagent sur la voie de tram, toujours les mains en l’air, mais elles/ils sont attaqué-e-s par un canon à eau blindé des CRS qui déboule lourdement sur les rails. Comme sur la place Taksim d’Istanbul, l’eau sous pression est chargée en produits irritants : les premiers rangs ont le visage brulé. Un manifestant est gazé à bout portant. Pour compléter l’attaque policière gratuite, plusieurs salves de grenades lacrymogène surpuissantes – la police utilise différentes concentrations de gaz selon la situation – sont propulsées au milieu de la foule qui reflue sur le boulevard Bellamy.

Après un temps d’hésitation on remonte la place Talensac désormais envahie de camions bleus. Une tentative de percée vers la Place Bretagne est dissuadée par les casqués. Ils sont partout. Le cortège qui s’amenuise fini par remonter sur la place Viarme, vide de monde. Il reste encore quelques centaines de déterminé-e-s qui se rejoignent au compte goutte. Un flic à moto est chassé à coup de bouteilles, quelques pavés sont descellés. Plus bas, des poubelles sont incendiées sur la voie de tram et un fumigène envoyé sur une ligne de policiers. Riposte dérisoire.

Dans le même temps, un sitt-in se tient en face de la Préfecture, à l’endroit même ou les provocations policières avaient commencé un peu plus tôt. A la tombée de la nuit, la police agresse les dernier-e-s courageu-se-x qui tiennent bon de façon non violente.

Tout s’accélère, retour sur la place Aristide Briand où se trouvent un hôtel de luxe et un parking Vinci. Des barricades de fortunes sont construites à la hâte à tous les coins de la place alors que quelques vitrines publicitaires tombent en même temps qu’un panneau Vinci. L’ambiance devient électrique.Il ne reste plus que quelques déterminé-e-s mêlé-e-s à des groupes de quartiers. Il y a longtemps que les organisations respectables – militantes et limitantes – ont laissé les indésirables en pâture à la police. L’étau se resserre, le petit cortège continue au pas de course. Dans une petite rue longeant l’ancienne prison, une ambulance active son gyrophare. Alors que le groupe s’écarte pour la laisser passer on découvre qu’un groupe de la BAC, énervé, se cache derrière le véhicule qui servait en fait de cheval de Troie. Ils attaquent, tirent, c’est la panique, tout le monde repart en courant. C’est le début d’une chasse à l’homme dans les ruelles bourgeoises de Guist’hau et de Monselet.

Dans cette vidéo on entend un groupe de BACeux armés hurler à la poursuite des groupes de manifestant-e-s, un bruit de tir est détectable.
http://www.presseocean.fr/actualite/nantes-manifestation-en-video-affrontement-pres-de-lancienne-prison-22-11-2014-138193

Des grenades lacrymogènes explosent dans la foule, une voiture est retournée au milieu des gaz. Une autre grenade tombe dans la cour d’une résidence cossue. La course continue sans véritable objectif. Des balles de LBD fusent, deux gamins en ont senti une passer entre eux. Détonations. Un bruit sourd sur une vitrine : une balle policière qui a manqué un-e manifestant-e est venue étoiler le verre. Les banques sont attaquées au même moment, quelques poubelles allumées à la hâte. La situation est critique. Les dernier-e-s motivé-e-s s’évaporent en ordre dispersé dans ce quartier gris et vide.

La chasse à l’homme continuera une partie de la nuit.

Au moins 14 arrestations sont à déplorer. Et les blessé-e-s ?

 Source : Indy Nantes

ENCORE PLUS NOMBREUX

 Encore plus nombreux que lors des deux dernières manifestations contre les violences policières, ce sont plus de 3000 personnes qui aujourd’hui ont démontré de façon autonome qu’elles n’avaient plus peur de la stratégie de la tension de l’État et de sa terreur médiatique. Le 2 Novembre dernier, nous affirmions que cette stratégie de la tension menée par l’État ne pouvait qu’amplifier la mobilisation populaire. A entendre la colère de la population qui s’élevait dans les rues de la ville à la vue d’un dispositif de répression extrêmement coûteux (hélicoptère, canon à eau, 500 policiers mobilisés ……), qui est évalué à un coût de 1,5 millions d’euros pour un mois de manifestation à Toulouse, devant la fermeture scandaleuse des transports en commun, face au gazage des habitants de st Cyprien et de la clinique des Teinturiers, nous réaffirmons que tant que justice ne sera pas rendue à toutes les victimes de cette répression étatique, cette mobilisation populaire et autonome ne pourra que s’amplifier. 

CNT-AIT, Toulouse le 22 Novembre 2014 

 

Nantes 1er novembre : L’extrême droite complice de la police


Suite à l’assassinat de Rémi Fraisse par la gendarmerie, une manifestation dynamique et populaire a défilé dans les rues du centre ville de Nantes le 1er novembre.

 

 

Malgré l’énorme dispositif policier – plus de 400 gendarmes, CRS et la Brigade Anti Criminalité cagoulée et armée ( http://www.reporterre.net/spip.php?article6522 ), un hélicoptère, des canons à eau … – et l’agressivité des forces de l’ordre, la foule a bravé l’intimidation pour témoigner sa colère contre la répression. La population nantaise est particulièrement touchée par le harcèlement policier : 4 personnes ont perdu un œil suite à des tirs policiers en manifestation.

 

 

Si la violence et l’impunité policière franchissent des étapes historiques – nous déplorons un nouveau blessé grave au visage par un tir policier lors de cette manifestation – un cap semble avoir été franchi à Nantes avec la collaboration effective et violente de milices d’extrême droite organisées et armées avec les forces de l’ordre.

 

 

Le soir, nous sommes plusieurs à recevoir des informations selon lesquelles des militants d’extrême droite, en groupe, tournent en ville à la recherche de militants isolés, de proies faciles. Les jours suivants, de nombreuses rumeurs circulent, toutes plus inquiétantes les unes que les autres. Des « journalistes » locaux, nous n’apprendrons rien. Un seul article fera référence aux agissements des fascistes, sans toutefois préciser qui ils étaient. Les violents, en l’occurrence, ne pouvaient être que les « casseurs ».

 

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Depuis, nous avons cherché à rencontrer les différents protagonistes de la journée, à établir l’identité des fascistes présents, à comprendre le déroulement dans sa globalité.
Une rapide recherche sur twitter montre clairement que l’opération était préméditée et organisée.
 
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Le groupe commence sa journée vers 16h, en se réunissant au « Flemings Irish Pub », au 22 Rue des Carmes.
 
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« Ils étaient entre 10 et 15. On en a entendu certains se vanter de « protéger l’arrière des flics ». Entre 16h et 17h, un grand bruit retentit. On se précipite pour voir ce qui se passe et on découvre qu’un mec est passé dans la vitrine du magasin « Steren », rue des 3 croissants. Celui-ci, blessé au dos, y a été projeté extrêmement violemment par le groupe de fascistes. Les flics interviennent rapidement. Le groupe d’extrême droite affirme que le blessé a volontairement brisé la vitrine. En bons gardien de la paix, les policiers interpellent le blessé et le conduisent promptement en garde à vue. Les fascistes retournent tranquillement à leurs bières.
S’ensuit quelques échauffourées avec des passants. Les fascistes montrent du doigt certaines personnes. Le ton monte, la tension est palpable.
 
« Juste après, le patron du Flemings est au téléphone. D’un coup, il fait signe au groupe de fafs et, en quelques secondes, tous se barrent vers le centre. Quelques secondes plus tard, la police intervient ». « Je n’ai aucun doute, le patron savait qu’ils allaient intervenir ».
 
Ci-dessous, quelques photos du groupe de fascistes : 
 
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 Les militants d’extrême droite à l’angle, en face du Flemings.
 
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 On distingue la vitrine brisée et le groupe, à droite, au même angle que précédemment.

 

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Le groupe, juste après avoir propulsé l’homme dans la vitrine. Celle-ci est brisée, devant eux sur la gauche.

 

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L’intervention des CRS, les fascistes continuent de siroter leurs bières tranquillement.
 
Seulement, la journée est loin d’être terminée et nos courageux « défenseurs » de Nantes vont continuer leur parcours.
 
Le groupe est de nouveau aperçu, vers 18h, au niveau de Gloriette. Se déroulent alors les derniers affrontements avec les flics. Il n’y a plus qu’une poignée de personnes déterminées. Lentement, le dispositif policier avance.
 
F. et A., témoins de la charge du groupe d’extrême droite place de la petite Hollande au moment de la dispersion de la manifestation, racontent. A. participait à la manifestation, F. passait par là par hasard.
 
« Moi, je rentrais du football. Au moment où le conteneur a été poussé [un conteneur en verre a été renversé par les derniers manifestants] j’ai vu environ 30 personnes courir vers les manifestants. C’était un bloc, ils se déplaçaient en groupe. Les gens criaient « c’est la BAC». On est parti en courant. On a vu un petit de quartier se faire frapper. »
 
Cependant, certain-e-s s’aperçoivent que l’armement du groupe et ses modes d’action sont pour le moins surprenants. Certains tiennent des antennes de voitures, d’autres jettent des bouteilles. Très vite, tout le monde comprend qu’il ne s’agit pas de la BAC mais bien du groupe de fascistes.
On peut d’ailleurs entendre l’une des personnes présente le crier dans une vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=CFj3oc7vTm0#t=33m35s ).
 
Une fois les fascistes reconnus, les militants encore présents tentent de revenir sur leurs pas et de protéger les retardataires. « En revenant sur nos pas, on a vu une fille se faire frapper. Elle avait environ 16/17 ans et était métisse. »
 
Une fois de plus, la complicité entre les flics et les fascistes est évidente.
 
« Je me suis dit qu’ils étaient coordonnés avec les policiers. Les fachos étaient regroupés dans l’angle des immeubles à côté de la rangée de flics. Les fachos ont chargé, fait demi-tour en longeant la rangée de policiers et sont retournés à leur place initiale, le tout à la vue des flics.
Ensuite, les policiers ont chargé, tout le monde a reculé. C’est quand on est revenu qu’on a vu la fille se faire frapper. Un passant a voulu s’interposer et la BAC est intervenue en criant « dégage » en frappant le mec et la meuf à coups de matraque. On s’est barrés, fin de l’histoire ».
 
Les fascistes ont continué à semer la terreur toute la soirée dans l’hypercentre de Nantes, malgré un quadrillage de la ville par des centaines de policiers en tenue anti-émeute. Une violente altercation survenue ce même soir est relatée dans l’article de Ouest France, précédemment cité.
 
Rencontre avec P. qui était à un bar rue Bon Secours et qui a croisé la route du groupe de militants d’extrême droite autour de 2 heures du matin.
 
« Pendant la soirée, certaines personnes parlaient d’une descente de fachos. Je n’y croyais pas trop. Le concert [qui avait lieu le samedi soir dans le bar] s’est bien passé. Le bar ferme autour de 2 heures du matin. Avec mes amis, on reste devant le bar. Là, 15 mecs habillés avec des vêtements sombres, crânes rasés, qui ressemblaient à des skinheads nous ont crié : « sales gauchistes, vous avez balancé des trucs sur les flics ».
On était trois. Dans la rue Bon secours, un jeune du groupe de fachos très teigneux m’a dit : « dégage ou je te nique ta race ». On est parti, mais ils nous ont poursuivi jusqu’à la place du Commerce, ils voulaient nous faire peur. On était deux gars avec une fille.
 
 
Il y a eu plus de peur que de mal pour nous.
 
 
Ils étaient un quinzaine au moins, costauds, la trentaine pour certains. On m’a dit que c’était des gars de la Brigade Loire. On les a entendu gueuler sur d’autres gens dans la rue quand on s’est éloigné. Ils restaient en groupe très serré. »
 
C’est G. et M. qui racontent la suite.
 
« J’étais à l’abri, juste à côté de la rue Bon secours. Mon pote me hurle qu’il y a des fafs devant un bar. Là, je vois un mec, un black, qui se fait défoncer par une vingtaine de mecs qui crient « sale négro », « faut le tuer ». Il y avait des flics, des mecs de la BAC je crois, au niveau de Bouffay. Ils regardaient, ils ne bougeaient pas ».
 
« Dès que j’ai vu ce qu’il se passait, j’ai appelé les flics. Je suis tombée sur une meuf qui m’a demandé de ne pas rappeler, qu’ils avaient déjà été appelés plusieurs fois pour la même raison ce soir et qu’il fallait attendre. J’ai halluciné, j’étais vraiment paniquée. »
 
S’ensuit une bagarre générale devant un autre bar, rue Léon Maître. Plusieurs personnes blessées. Les flics ne se pointent toujours pas. Finalement, tout le monde se disperse.
 
 
Le déroulé de cette journée est particulièrement symbolique et alarmant. 

Des exemples proches de nous montrent la proximité entre les forces de police et les militants d’extrême droite. En Grèce, en Italie, les fascistes chargent avec les flics. Nous sommes leurs ennemis.

Leur objectif est simple et commun : nous terroriser. Ils veulent nous faire taire, par tous les moyens. Nous devons tou-te-s en prendre conscience et refuser le silence. Se taire serait leur concéder la victoire.

La police tue, mutile et emprisonne autant les militants écologistes, antifascistes, anticapitalistes que dans les quartiers populaires ou aux abords des stades de foot. Pour arriver à ses fins, la police n’hésite plus à travailler main dans la main avec des milices d’extrême droite. Les fachos sont toujours du côté du pouvoir, à Nantes comme ailleurs.

Définitivement, la peur doit changer de camp !

appelmanif
 
Nous remercions toutes les personnes grâce à qui cette enquête s’est construite. Par vos témoignages, vos photos, vos contacts, vous apportez la meilleure réponse : refuser le silence.
 
Action Antifasciste Nantes

[Communiqué] : Concernant la journée du 22 novembre

Il a fallu attendre un mois pour que les organisations syndicales et politiques de gauche appellent à un rassemblement contre les violences policières et le meurtre de Rémi F.

Ensuite, non content d’être en retard sur les événements, ils sont aussi à coté de la plaque, en effet alors qu’une manif était prévue de longue date dans l’après midi du 22 novembre par l’ensemble du mouvement, ils appellent à une manif le matin du même jour.

Leur objectif est clairement de casser une dynamique en divisant les participants. Cette manœuvre de division est d’autant plus honteuse et scandaleuse qu’ils affirment dans leur communiqué que eux seront pacifiques, ce qui laisse entendre que ceux qui ont manifesté et manifesterons en dehors de leurs rangs ne le sont pas.

Prétendant manifester contre les violences et les provocations policières et désignant tous ceux qui jusqu’ici se sont mobilisés sans eux ils finissent par cautionner en réalité le discours manipulateur, répressif et criminel de l’état.

La CNT-­AIT reste solidaire du mouvement auto-­organisé !

CNT­-AIT Toulouse le 18 novembre.

Rencontre avec Yannis Youlountas, jeudi 20 novembre à 15h à La Crochette et à 20h au Rio doc : Ne Vivons plus commes des esclaves

Rencontre avec Yannis Youlountas, jeudi 20 novembre à 15h à La Crochette et à 20h au Rio doc : Ne Vivons plus commes des esclaves  Affiche-20-novembre-Yannis-212x300

 

OCCUPER ET RÉSISTER

EXERCHEIA, TESTET : DES TERRITOIRES EN LUTTE !

Le jeudi 20 novembre :

à 15h00, nous vous invitons nombreux-ses à
participer à deux causeries en compagnie de Yannis Youlountas. Écrivain
et cinéaste, résidant entre le Tarn et Athènes, Yannis est membre des
collectifs et de la coordination des luttes au Testet dans le Tarn (1),
auteur du livre Exarcheia la noire, sur le quartier de la résistance à
Athènes (2) et réalisateur du film Ne vivons plus comme des esclaves
(3).

Première causerie 
Exercheia : au cœur d’Athènes, la plus grande zone autogérée d’Europe

Deuxième causerie 
La ZAD du Testet, une expérience libertaire dans le Tarn

Ces discussions seront accompagnées de la présentation du livre
Exercheia la noire et d’une exposition de photos sur la chute de la
Dictature des Colonels il y a 40 ans et d’affiches de luttes récentes.

Tout ça aura lieu à la Crochette, Espace Autonome de Lutte et
d’Entraide, récemment ouvert au 50 avenue d’Italie à Clermont.

Et à 20h, pour celles et ceux qui veulent continuer le voyage avec
Yannis, rendez-vous au Rio pour la projection de Ne vivons plus comme
des esclaves. (table de presse CNT-AIT…)

Récit de la manif lycéenne anti-keufs du jeudi 13 novembre

À 11 heures, place de la Nation, était prévue ce jeudi 13 novembre une manifestation lycéenne dans la continuité du mouvement de révolte né après la mort de Rémi Fraisse.

La semaine dernière déjà, les lycéen-ne-s s’étaient mobilisé-e-s sur Paris et en Seine-Saint-Denis.

Place de la Nation, plusieurs centaines de personnes sont rassemblées, principalement des lycéen-ne-s, mais pas seulement. Il y a pas mal d’autres gens qui sont là en solidarité avec le mouvement lycéen, contre les violences policières ou contre la police tout court.

À l’appel du MILI et d’autres lycéen-ne-s, la manif devait se diriger vers la place de la République, mais comme le même jour était prévue une manif de flics (!) à l’initiative du syndicat de flics Alliance, un syndicat positionné très à droite… Cette manif terminant aussi place de la République, le gouvernement, les flics et la FIDL, syndicat lycéen émanant du Parti socialiste, sont tombés d’accord : la manif lycéenne ne doit pas déranger la manif de flics. De Nation, la manif lycéenne devait donc finalement se diriger vers la place d’Italie, sans passer par la place Bastille, lieu de départ de la manif des flics (à 13h).

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Dès le début de la manif, le mot a tourné que les lycéen-ne-s n’avaient pas l’intention de se laisser guider par la FIDL, malgré son service d’ordre (quelques dizaines de gros bras payés par SOS-Racisme) et les flics en civil qui surveillaient de près les manifestant-e-s.

Derrière deux banderoles de tête portées par des lycéen-ne-s non encarté-e-s (« Non à la répression et aux expulsions », « Lycéens en colère face aux violences policières »), un camion-sono indépendant lançait des slogans enragés qui changent des trucs habituels lancés par les générations d’apprentis-politiciens qui habitent les syndicats lycéens. Là, on pouvait entendre et entonner toute une série de slogans explicites : « De Malik àRémiZyed et Bouna, à bas les violences d’État », « Flics, porcs, assassins », « Grenades, flashballs, on n’en veut pas », « Police nationale, milice du capital », « Police partout, justice nulle part / justice complice », « Un flic, une balle, justice sociale », « Rendez-nous Yero » (Yero est un lycéen enfermé actuellement en centre de rétention), « Rémi abattu, la jeunesse est dans la rue », « Frappons vite, frappons fort, un bon flic est un flic mort », « 1ère, 2ème, 3ème générations, nous sommes tous des ennemis de la police », etc.

Quelques graffiti et pochoirs sont faits sur le parcours, et des gros pétards sont jetés sur le SO et sur les flics, qui paradent de part et d’autre de la manif (chacun son côté, en bonne concertation).

Au croisement du boulevard Diderot et de l’avenue Daumesnil, des lycéen-ne-s appellent à désobéir au tracé imposé par les flics : la manif tourne en direction de Bastille ! Ça part en manif sauvage, le SO panique et s’interpose violemment : gazeuses et matraques téléscopiques sont sorties, ils gazent dans le tas mais se prennent une floppée de projectiles et battent en retraite. Ça n’a rien de surprenant, mais signalons tout de même que la gauche de pouvoir est clairement du côté de l’ennemi. Le Parti socialiste, SOS-Racisme et la FIDL sont prêts à sortir les armes pour nous faire taire.

La manif continue donc en mode plus déter’, quelques fumis sont craqués, presque tout le monde est masqué, et quand on voit l’avenue bloquée par plusieurs camions de flics, la question se pose : on l’attaque, avec l’idée d’aller perturber la manif des flics, au risque de se faire coincer dans une nasse (vu le nombre important de flics présents dans le quartier), ou on continue ailleurs en manif sauvage. Ça ne traîne pas, on prend la rue Parrot, on se rapproche de la gare de Lyon et on se dirige vers le pont d’Austerlitz.

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Sur le chemin, des voitures de flics se prennent des coups, notamment une qui part en trombe après s’être mangé des chaises et d’autres projectiles.

De l’autre côté du pont d’Austerlitz, on tergiverse un peu mais pas trop, pas moyen qu’on laisse le temps aux flics de venir nous encercler ! La manif continue sur le boulevard de l’Hôpital, on sent moins d’énergie collective, mais une voiture de flics et la devanture de bureaux de la préfecture se font quand même attaquer sur le chemin. Suivie par plusieurs camions de CRS qui se trouvent assez loin derrière au milieu des voitures bloquées, la manif trace sa route vers le sud, jusqu’à la fac de Tolbiac (Paris I).

Dans la dernière rue, une barricade de poubelles est placée pour protéger nos arrières, même si à ce moment-là on n’est plus suivi que par des bacqueux et d’autres civils à pied. Pendant ce temps, les CRS sont allés protéger en nombre le centre commercial Italie 2… La sacro-sainte marchandise avant tout !

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À Tolbiac, on entre dans la fac en mode manif, l’ambiance est joyeuse, ça discute avec les étudiant-e-s sur place (pas super réceptifs, pour la plupart) et une assemblée se met en place dans un amphi avec une centaine de personnes.

L’assemblée se déroule bien et finit par décider d’un rendez-vous pour unemanif le lendemain. L’idée, c’est d’aller à Saint-Denis soutenir les lycéen-ne-s de là-bas, qui subissent une occupation policière massive depuis quelques jours. Rendez-vous à 11h ce vendredi 14 novembre, sur le parvis de l’université de Paris 8 Saint-Denis (métro Saint-Denis Université, ligne 13).

Dans la foulée, des interventions ont été faites dans les autres amphis de Tolbiac pour mobiliser les étudiant-e-s, car la lutte continue, avec rage et joie !

 

Source: Paris-Luttes Info

La Boîte Noire #2, Edito

La boîte. Noire toujours. Mais cette fois-ci, un noir de la tristesse. Noir de notre peine, rouge de notre sang. Rémi Fraisse a été assassiné par la police sur la ZAD du Testet. Rémi, c’est un mort de plus. Comme ici, mais aussi partout ailleurs, l »Etat tue. L’Etat tue surtout ce qui le gêne : Carlo était anarchiste à Gênes, Lambros aussi en Grèce, Wissam n’était pas cadre moyen blanc. Au Mexique, l’Etat tue, des dizaines d’étudiant-es retrouvé-es froid-es dans des fosses communes. Au Brésil, les enfants des favelas qui dorment à la rue se réveillent en cendres le matin, un pneu qui les entoure. Ce n’est pas une question de gouvernement, mais d’un outil, “ce plus froid des monstres froids” pour paraphraser Nietzsche  qui est et restera l’outil de coercition, de domination.

A la Boîte Noire, nous ne sommes pas de celles et ceux, politiciens de tout bord, syndicalistes, citoyen-nes, qui “appellent au calme”. Bien plus prompts à dénoncer les violences des acharnistes que la brutalité la police. Mais la violence, elle est où ? Toujours la même question. Toujours la même rengaine. Dans la froideur glaciale de la paix sociale, la violence c’est une rafle. La violence c’est des familles foutues à la rue car l’ouvrier n’est pas assez rentable. C’est des milliers ici, des milliards partout qui crèvent dehors avec des milliards de logement vides. C’est les guerres. La violence, c’est l’Etat, tous les jours.

La Boîte. Noire toujours. Noire comme notre colère incontrôlable  quand depuis la mort de Rémi, les GAV, les arrestations, les manifs offensives interdites sont la réalité. La question du barrage au Testet, comme toute lutte, est plus globale. Contre l’Etat, ou pour l’Etat. Nous avons choisi notre camp. Pourtant, le weekend du 25 octobre au Testet avait bien commencé :7000 personnes et Mélanchon qui se prend des oeufs dans la gueule, sauvé par ses gorilles. Mais ici, ou au Mexique actuellement, aux US il y a quelques semaines, il ne faut surtout pas que ça déborde le cadre institutionnel. Quand le ciel devient noir comme le drapeau de l’anarchie, l’Etat frappe. Au hasard. Ou pas.

 La Boîte. Noire toujours. Il n’y a pas d’Etat, il n’y a pas de police, il n’y a pas de prison, il n’y a pas de capitalisme à visage humain. Il y a elleux et nous. Nous, avec “la création comme acte de résistance, la destruction comme plat de consistance.” Parce que “nous sommes l’erreur dans leur calcul binaire, nous sommes ces oiseaux migrateurs qui ne calculent plus leurs frontières”. Nous sommes cette rage sourde, noire, de la terre ravagée. Nous sommes les sociétés contre l’Etat. Nous sommes les Luddites. Nous sommes les Communard-es. Nous sommes les ouvriers anarchistes de 1936. Nous sommes toutes celles et ceux qui ne seront jamais connus, ni reconnus. Nous sommes tout ça, et bien plus encore. Nous, c’est la Boîte Noire, autonome, et insurrectionnel. Plus que jamais.

Pour écouter la suite en podcast : http://www.campus-clermont.net/onair/podcast/player/?date=2014-11-08&time=20


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