La Boîte Noire #2, Edito

La boîte. Noire toujours. Mais cette fois-ci, un noir de la tristesse. Noir de notre peine, rouge de notre sang. Rémi Fraisse a été assassiné par la police sur la ZAD du Testet. Rémi, c’est un mort de plus. Comme ici, mais aussi partout ailleurs, l »Etat tue. L’Etat tue surtout ce qui le gêne : Carlo était anarchiste à Gênes, Lambros aussi en Grèce, Wissam n’était pas cadre moyen blanc. Au Mexique, l’Etat tue, des dizaines d’étudiant-es retrouvé-es froid-es dans des fosses communes. Au Brésil, les enfants des favelas qui dorment à la rue se réveillent en cendres le matin, un pneu qui les entoure. Ce n’est pas une question de gouvernement, mais d’un outil, “ce plus froid des monstres froids” pour paraphraser Nietzsche  qui est et restera l’outil de coercition, de domination.

A la Boîte Noire, nous ne sommes pas de celles et ceux, politiciens de tout bord, syndicalistes, citoyen-nes, qui “appellent au calme”. Bien plus prompts à dénoncer les violences des acharnistes que la brutalité la police. Mais la violence, elle est où ? Toujours la même question. Toujours la même rengaine. Dans la froideur glaciale de la paix sociale, la violence c’est une rafle. La violence c’est des familles foutues à la rue car l’ouvrier n’est pas assez rentable. C’est des milliers ici, des milliards partout qui crèvent dehors avec des milliards de logement vides. C’est les guerres. La violence, c’est l’Etat, tous les jours.

La Boîte. Noire toujours. Noire comme notre colère incontrôlable  quand depuis la mort de Rémi, les GAV, les arrestations, les manifs offensives interdites sont la réalité. La question du barrage au Testet, comme toute lutte, est plus globale. Contre l’Etat, ou pour l’Etat. Nous avons choisi notre camp. Pourtant, le weekend du 25 octobre au Testet avait bien commencé :7000 personnes et Mélanchon qui se prend des oeufs dans la gueule, sauvé par ses gorilles. Mais ici, ou au Mexique actuellement, aux US il y a quelques semaines, il ne faut surtout pas que ça déborde le cadre institutionnel. Quand le ciel devient noir comme le drapeau de l’anarchie, l’Etat frappe. Au hasard. Ou pas.

 La Boîte. Noire toujours. Il n’y a pas d’Etat, il n’y a pas de police, il n’y a pas de prison, il n’y a pas de capitalisme à visage humain. Il y a elleux et nous. Nous, avec “la création comme acte de résistance, la destruction comme plat de consistance.” Parce que “nous sommes l’erreur dans leur calcul binaire, nous sommes ces oiseaux migrateurs qui ne calculent plus leurs frontières”. Nous sommes cette rage sourde, noire, de la terre ravagée. Nous sommes les sociétés contre l’Etat. Nous sommes les Luddites. Nous sommes les Communard-es. Nous sommes les ouvriers anarchistes de 1936. Nous sommes toutes celles et ceux qui ne seront jamais connus, ni reconnus. Nous sommes tout ça, et bien plus encore. Nous, c’est la Boîte Noire, autonome, et insurrectionnel. Plus que jamais.

Pour écouter la suite en podcast : http://www.campus-clermont.net/onair/podcast/player/?date=2014-11-08&time=20

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