Nantes 1er novembre : L’extrême droite complice de la police


Suite à l’assassinat de Rémi Fraisse par la gendarmerie, une manifestation dynamique et populaire a défilé dans les rues du centre ville de Nantes le 1er novembre.

 

 

Malgré l’énorme dispositif policier – plus de 400 gendarmes, CRS et la Brigade Anti Criminalité cagoulée et armée ( http://www.reporterre.net/spip.php?article6522 ), un hélicoptère, des canons à eau … – et l’agressivité des forces de l’ordre, la foule a bravé l’intimidation pour témoigner sa colère contre la répression. La population nantaise est particulièrement touchée par le harcèlement policier : 4 personnes ont perdu un œil suite à des tirs policiers en manifestation.

 

 

Si la violence et l’impunité policière franchissent des étapes historiques – nous déplorons un nouveau blessé grave au visage par un tir policier lors de cette manifestation – un cap semble avoir été franchi à Nantes avec la collaboration effective et violente de milices d’extrême droite organisées et armées avec les forces de l’ordre.

 

 

Le soir, nous sommes plusieurs à recevoir des informations selon lesquelles des militants d’extrême droite, en groupe, tournent en ville à la recherche de militants isolés, de proies faciles. Les jours suivants, de nombreuses rumeurs circulent, toutes plus inquiétantes les unes que les autres. Des « journalistes » locaux, nous n’apprendrons rien. Un seul article fera référence aux agissements des fascistes, sans toutefois préciser qui ils étaient. Les violents, en l’occurrence, ne pouvaient être que les « casseurs ».

 

Nantes 1er novembre : L'extrême droite complice de la police of
 
Depuis, nous avons cherché à rencontrer les différents protagonistes de la journée, à établir l’identité des fascistes présents, à comprendre le déroulement dans sa globalité.
Une rapide recherche sur twitter montre clairement que l’opération était préméditée et organisée.
 
twitter1

 

twitter2

  

Le groupe commence sa journée vers 16h, en se réunissant au « Flemings Irish Pub », au 22 Rue des Carmes.
 
A. et J. racontent
« Ils étaient entre 10 et 15. On en a entendu certains se vanter de « protéger l’arrière des flics ». Entre 16h et 17h, un grand bruit retentit. On se précipite pour voir ce qui se passe et on découvre qu’un mec est passé dans la vitrine du magasin « Steren », rue des 3 croissants. Celui-ci, blessé au dos, y a été projeté extrêmement violemment par le groupe de fascistes. Les flics interviennent rapidement. Le groupe d’extrême droite affirme que le blessé a volontairement brisé la vitrine. En bons gardien de la paix, les policiers interpellent le blessé et le conduisent promptement en garde à vue. Les fascistes retournent tranquillement à leurs bières.
S’ensuit quelques échauffourées avec des passants. Les fascistes montrent du doigt certaines personnes. Le ton monte, la tension est palpable.
 
« Juste après, le patron du Flemings est au téléphone. D’un coup, il fait signe au groupe de fafs et, en quelques secondes, tous se barrent vers le centre. Quelques secondes plus tard, la police intervient ». « Je n’ai aucun doute, le patron savait qu’ils allaient intervenir ».
 
Ci-dessous, quelques photos du groupe de fascistes : 
 
1
 Les militants d’extrême droite à l’angle, en face du Flemings.
 
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 On distingue la vitrine brisée et le groupe, à droite, au même angle que précédemment.

 

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Le groupe, juste après avoir propulsé l’homme dans la vitrine. Celle-ci est brisée, devant eux sur la gauche.

 

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L’intervention des CRS, les fascistes continuent de siroter leurs bières tranquillement.
 
Seulement, la journée est loin d’être terminée et nos courageux « défenseurs » de Nantes vont continuer leur parcours.
 
Le groupe est de nouveau aperçu, vers 18h, au niveau de Gloriette. Se déroulent alors les derniers affrontements avec les flics. Il n’y a plus qu’une poignée de personnes déterminées. Lentement, le dispositif policier avance.
 
F. et A., témoins de la charge du groupe d’extrême droite place de la petite Hollande au moment de la dispersion de la manifestation, racontent. A. participait à la manifestation, F. passait par là par hasard.
 
« Moi, je rentrais du football. Au moment où le conteneur a été poussé [un conteneur en verre a été renversé par les derniers manifestants] j’ai vu environ 30 personnes courir vers les manifestants. C’était un bloc, ils se déplaçaient en groupe. Les gens criaient « c’est la BAC». On est parti en courant. On a vu un petit de quartier se faire frapper. »
 
Cependant, certain-e-s s’aperçoivent que l’armement du groupe et ses modes d’action sont pour le moins surprenants. Certains tiennent des antennes de voitures, d’autres jettent des bouteilles. Très vite, tout le monde comprend qu’il ne s’agit pas de la BAC mais bien du groupe de fascistes.
On peut d’ailleurs entendre l’une des personnes présente le crier dans une vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=CFj3oc7vTm0#t=33m35s ).
 
Une fois les fascistes reconnus, les militants encore présents tentent de revenir sur leurs pas et de protéger les retardataires. « En revenant sur nos pas, on a vu une fille se faire frapper. Elle avait environ 16/17 ans et était métisse. »
 
Une fois de plus, la complicité entre les flics et les fascistes est évidente.
 
« Je me suis dit qu’ils étaient coordonnés avec les policiers. Les fachos étaient regroupés dans l’angle des immeubles à côté de la rangée de flics. Les fachos ont chargé, fait demi-tour en longeant la rangée de policiers et sont retournés à leur place initiale, le tout à la vue des flics.
Ensuite, les policiers ont chargé, tout le monde a reculé. C’est quand on est revenu qu’on a vu la fille se faire frapper. Un passant a voulu s’interposer et la BAC est intervenue en criant « dégage » en frappant le mec et la meuf à coups de matraque. On s’est barrés, fin de l’histoire ».
 
Les fascistes ont continué à semer la terreur toute la soirée dans l’hypercentre de Nantes, malgré un quadrillage de la ville par des centaines de policiers en tenue anti-émeute. Une violente altercation survenue ce même soir est relatée dans l’article de Ouest France, précédemment cité.
 
Rencontre avec P. qui était à un bar rue Bon Secours et qui a croisé la route du groupe de militants d’extrême droite autour de 2 heures du matin.
 
« Pendant la soirée, certaines personnes parlaient d’une descente de fachos. Je n’y croyais pas trop. Le concert [qui avait lieu le samedi soir dans le bar] s’est bien passé. Le bar ferme autour de 2 heures du matin. Avec mes amis, on reste devant le bar. Là, 15 mecs habillés avec des vêtements sombres, crânes rasés, qui ressemblaient à des skinheads nous ont crié : « sales gauchistes, vous avez balancé des trucs sur les flics ».
On était trois. Dans la rue Bon secours, un jeune du groupe de fachos très teigneux m’a dit : « dégage ou je te nique ta race ». On est parti, mais ils nous ont poursuivi jusqu’à la place du Commerce, ils voulaient nous faire peur. On était deux gars avec une fille.
 
 
Il y a eu plus de peur que de mal pour nous.
 
 
Ils étaient un quinzaine au moins, costauds, la trentaine pour certains. On m’a dit que c’était des gars de la Brigade Loire. On les a entendu gueuler sur d’autres gens dans la rue quand on s’est éloigné. Ils restaient en groupe très serré. »
 
C’est G. et M. qui racontent la suite.
 
« J’étais à l’abri, juste à côté de la rue Bon secours. Mon pote me hurle qu’il y a des fafs devant un bar. Là, je vois un mec, un black, qui se fait défoncer par une vingtaine de mecs qui crient « sale négro », « faut le tuer ». Il y avait des flics, des mecs de la BAC je crois, au niveau de Bouffay. Ils regardaient, ils ne bougeaient pas ».
 
« Dès que j’ai vu ce qu’il se passait, j’ai appelé les flics. Je suis tombée sur une meuf qui m’a demandé de ne pas rappeler, qu’ils avaient déjà été appelés plusieurs fois pour la même raison ce soir et qu’il fallait attendre. J’ai halluciné, j’étais vraiment paniquée. »
 
S’ensuit une bagarre générale devant un autre bar, rue Léon Maître. Plusieurs personnes blessées. Les flics ne se pointent toujours pas. Finalement, tout le monde se disperse.
 
 
Le déroulé de cette journée est particulièrement symbolique et alarmant. 

Des exemples proches de nous montrent la proximité entre les forces de police et les militants d’extrême droite. En Grèce, en Italie, les fascistes chargent avec les flics. Nous sommes leurs ennemis.

Leur objectif est simple et commun : nous terroriser. Ils veulent nous faire taire, par tous les moyens. Nous devons tou-te-s en prendre conscience et refuser le silence. Se taire serait leur concéder la victoire.

La police tue, mutile et emprisonne autant les militants écologistes, antifascistes, anticapitalistes que dans les quartiers populaires ou aux abords des stades de foot. Pour arriver à ses fins, la police n’hésite plus à travailler main dans la main avec des milices d’extrême droite. Les fachos sont toujours du côté du pouvoir, à Nantes comme ailleurs.

Définitivement, la peur doit changer de camp !

appelmanif
 
Nous remercions toutes les personnes grâce à qui cette enquête s’est construite. Par vos témoignages, vos photos, vos contacts, vous apportez la meilleure réponse : refuser le silence.
 
Action Antifasciste Nantes

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