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Archives pour décembre 2014

Que crève le vieux monde.

Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !
La voix claire de l’enfant et la voix cassé du vieillard entonnent la même ballade : la ballade des vœux et souhaits.
L’ouvrier à son patron, le débiteur à son créancier, le locataire à son propriétaire disent la ritournelle de la bonne et heureuse année. Le pauvre et la pauvresse s’en vont par les rues chanter la complainte de la longue vie.

 

Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !

Il faut que l’on rie ! Il faut que l’on se réjouisse. Que toutes les figures prennent un air de fête. Que toutes les lèvres laissent échapper les meilleurs souhaits. Que sur toutes les faces se dessine le rictus de la joie.

C’est le jour du mensonge officiel, de l’hypocrisie sociale, de la charité pharisienne. C’est le jour du vernis et du convenu.

Les faces s’illuminent et les maisons s’éclairent ! Et l’estomac est noir et la maison est vide. Tout est apparent, tout est façade, tout est leurre, tout est tromperie ! La main qui vous accueille est un rictus ou une grimace. Le souhait qui vous reçoit est un blasphème ou une moquerie.

Dans la curée âpre des appétits, c’est l’armistice, c’est la trêve. Dans l’âpre curée des batailles, c’est le jour de l’an.

On entend l’écho qui répète la voix du canon et qui redit le sifflet de l’usine. La mitrailleuse fume encore et encore ; la chaudière laisse échapper la vapeur. L’ambulance regorge de blessés et l’hôpital refuse des malades. L’obus a ouvert ce ventre et la machine à couper ce bras. Les crimes des mères, les pleurs des enfants font retentir à nos oreilles l’affreuse mélodie de la douleur, toujours la même.

Le drapeau blanc flotte : c’est l’armistice, c’est la trêve, pour une heure et pour un jour, les mains se tendent, les faces se sourient, les lèvres bégaient des mot d’amitié : ricanements d’hypocrisie et de mensonges.

Bonne vie à toi, propriétaire ? qui me jettera sur le pavé de la ville sans t’occuper du froid ou de l’averse…

Bonne vie à toi patron ? qui me diminua ces jours derniers, parce que faiblissait mon corps après la dure maladie que je contractai à ton service…

Bonne vie, bonne vie à tous ! boulangers, épiciers, débitants qui enserriez ma misère de vos péages honteux et qui teniez commerce de chacun de mes besoins, de chacun de mes désirs.

Et bonne vie et bonne santé à tous, mâles et femelles, lâchés à travers la civilisation : bonne année à toi, l’ouvrier honnête ? à toi, maquereau régulier ? à toi, catalogué du mariage ? à toi, inscrit aux livres de police ? à vous tous dont chacun des gestes, chacun des pas est un geste et un pas contre ma liberté, contre mon individualité ?

Ah ! Ah ! bonne vie et bonne santé ?

Vous voulez des vœux, en voilà : que crève le propriétaire qui détient la place où j’étend mes membres et qui me vend l’air que je respire !
Que crève le patron qui, de longues heures, fait passer la charrue de ses exigences sur le champ de mon corps.

Que crèvent ces loups âpres à la curée qui prélèvent la dîme sur mon coucher, mon repos, mes besoins, trompant mon esprit et empoisonnant mon corps !

Que crèvent les catalogués de tous sexes avec qui les désirs humains ne se satisfont que contre promesses, fidélités, argent ou platitudes !

Que crève l’officier qui commande le meurtre et le soldat qui lui obéit ; que crève le député qui fait la loi et l’électeur qui fait le député !

Que crève le riche qui s’accapare une si large part du butin social ! mais que crève surtout l’imbécile qui prépare sa pâtée.

Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !

Regardez autour de vous. Vous sentez plus vivant que jamais le mensonge social. Le plus simple d’entre vous devine partout l’hypocrisie gluante des rapports sociaux. Le faux apparaît à tout pas. Ce jour-là, c’est la répétition d tous les autres jours de l’an. La vie actuelle n’est faite que de mensonge et de leurre. Les hommes sont en perpétuelle bataille. Les pauvres se baladent du sourire de la concierge au rictus du bistrot et les riches de l’obséquiosité du laquais aux flatteries de la courtisane. Face glabres et masques de joie.

La caresse de la putain a comme équivalent le sourire de la femme mariée. Et la défense du maquereau est pareille à la protection de l’époux. Truquages et intérêts.

Pour que nous puissions chanter la vie, un jour, en toute vérité, il faut, disons-le bien hautement, laisser le convenu et faire un âpre souhait : que crève le vieux monde avec son hypocrisie, sa morale, ses préjugés qui empoisonnent l’air et empêchent de respirer. Que les hommes décident tout à coup de dire ce qu’ils pensent.

Faisons un jour de l’an où l’on ne se fera pas de vœux et de souhaits mensongers, mais où, au contraire, on videra sa pensée à la face de tous.

Ce jour-là, les hommes comprendront qu’il n’est véritablement pas possible de vivre dans une pareille atmosphère de lute et d’antagonismes.

Ils chercheront à vivre d’autre façon. Ils voudront connaître les idées, les choses et les hommes qui les empêchent de venir à plus de bonheur.

La propriété, la patrie, les dieux, l »honneur courront risque d’être jetés à l’égout avec ceux qui vivent de ces puanteurs. Et sera universel ce souhait qui semble si méchant et qui est pourtant rempli de douceur : que crève le vieux monde !

Albert Libertad, L’Anarchie, 27 décembre 1906.

[Valls kyste my ass] Joyeux Noël Manuel !

Cher Manuel Valls,

Nous avons bien lu tes déclarations dans la presse et te remercions chaleureusement d’avoir décidé, comme tant d’autres, de venir construire sur la ZAD© de Notre-­Dame-des-­Landes. Pour te témoigner notre reconnaissance, nous avons la joie de t’offrir, un peu en avance, ce superbe cadeau : une truelle !

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la suite : juralibertaire

Ce qu’il faudrait, c’est aller brûler les banques et couper des têtes

Ces mots sont d’un ex-pousseur de cailloux, Javi Poves, qui a arrêté sa carrière en 2011

Une décision réfléchie et qu’il ne regrette pas, comme il le dit:

« Quand j’étais jeune, je jouais pour l’amour du sport, mais plus tu connais le football, plus tu te rends compte que tout n’est qu’argent, que c’est pourri, et tu perds un peu tes illusions. Le football professionnel n’est qu’une affaire d’argent et de corruption. Je ne veux pas faire partie d’un système où les gens gagnent de l’argent grâce à la mort d’autres gens, en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie. À quoi ça sert de gagner de l’argent si vous savez que vous le faites sur le dos de gens qui souffrent ? Je ne veux pas me prostituer comme le font 99% des gens. Ce qu’il faudrait, c’est aller brûler les banques et couper des têtes ».

issue d’une itw d’aout 2011

Italie : Les sabotages se propagent

Bologne, 4h30 le mardi 23 décembre 2014. Un sabotage sème la pagaille dans la circulation ferroviaire. Et pour cause : le feu a été mis à quatre puits qui contiennent des câbles d’alimentation de la signalisation, au carrefour des lignes pour Milan, pour Vérone et de la Ligne à Grande Vitesse pour Milan. Des chiffons imbibés de liquide inflammable ont fait l’affaire : simple mais efficace, comme le disent flics et journaleux. Sur place, des tags contre le TAV.

 

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Bologna 23/12/14

Il a fallu l’après-midi pour que la circulation retourne « presque » à la normale. Entretemps, la DIGOS (la police politique) a effectué quatre perquisitions chez des anarchistes de Bologne, sans rien trouver. Le gouvernement parle de « sabotage » et aussi de « terrorisme » pour les attaques liées à l’opposition à la Grande Vitesse.

Voici en effet les belles nouvelles du dernier mois :

- Florence, le 21 décembre : incendie d’une armoire électrique enterrée le long de la Ligne à Grande Vitesse. Des deux bouteilles remplies de liquide incendiaire (une par armoire, de chaque côté de la ligne), une a explosé, l’autre non.

- Ligne Granaiolo-Certaldo, province de Florence, le 20 décembre : une torche de signalisation est jetée sur le boitier électrique de la voie ferrée, l’abimant.

- Milan, le 18 décembre : deux bouteilles incendiaires sont découvertes le long de la Ligne à Grand Vitesse Milan-Turin.

- Rivoli (Turin), le 16 décembre : à la veille du procès contre Chiara, Niccolò, Claudio et Mattia, deux Molotovs (qui n’ont pas explosés) ont été trouvés à côté des véhicules de l’entreprise Torinoleggi de Rivoli, qui participe aux chantiers du TAV.

- Florence, le 16 décembre : dans la nuit un DAB a été incendié :

« Florence : signal de fumée solidaire avec Chiara, Niccolò, Claudio et Mattia. Dans la nuit du 15 au 16/12 on a incendié le DAB de la banque CRF-Intesa en Piazza Gualfredotto. Avec amour et rage. Feu aux prisons »

- Florence, le 2 décembre : une bouteille pleine d’essence est retrouvée aux pieds d’une grue dans le chantier du TAV à Florence. Quelque chose n’a pas marché dans son allumage.

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Firenze 21/12/14

Et comment oublier les deux jolies attaques réalisées dernièrement en solidarité avec des compagnons en taule (et tous les autres prisonniers) :

- A Milan :

« Milan, 15 décembre. On a dégradé plus de 20 autos d’Enjoy, service de voitures en libre service [les Autolib’ de Milan, NdT], conçu par E.N.I. en collaboration avec Trenitalia Frecciarossa et FIAT. Cette action est en solidarité avec Adriano et Gianluca et tou.te.s les anarchistes prisonnier.e.s »

- A Rovereto :

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Rovereto

« Attaque, le 13/12/2014, contre le centre Telecom de Rovereto. On a déplacé les cameras et placé les engins incendiaires à différents endroits. Les compagnies de téléphonie, en plus des dégâts qu’elles provoquent à l’environnement, sont à côté de l’État pour le contrôle et la sécurité. Telecom, plus précisément, est l’un des responsables de la vidéoconférence qui est imposée aux prisonniers. En solidarité avecAdriano et Gianluca, auxquels a été imposée la vidéoconférence, avec Maurizio Alfieri, auquel elle a été imposée à cause de ses luttes en prison et avec Monica et Francisco et les arrêtés de l’ »opération Pandora« . PourAlfredo et Nicola pour avoir revendiqué le fait d’avoir blessé l’un des responsables de la mort nucléaire. Pour les arrêtés No TAV, parce que les compagnies téléphoniques ont eu un rôle fondamental dans leur répression. Pour Tamara Sol, accusée d’avoir tiré sur un vigile. En souvenir de Sebastian Overslvij et Rémi, tué par les flics, et solidarité à tous les détenus qui luttent. Une accolade à tous ceux qui, dans le monde entier, s’affrontent avec l’autorité. Pour l’action directe. Pour l’anarchie. »

Que le feu de l’anarchie se propage !

Non Fides itou

Nique Noël, Nique le nouvel an !

« Cadeaux » ? « Fêtes » … ? « Fin » de quoi … ? d’année ? mais encore ? Des « vœux » ?? période de … « trêves » ?!!

 

Pour la dernière ligne droite annuelle de l’infinie compétition économique, du « simple-petit-et-brave » commerçant à n’importe quelle « grande-vilaine » entreprise multinationale, les patron-ne-s rivalisent dans l’art d’exciter le civilisé portemonnaie sur pattes que nous devrions être. Ainsi, chaque esclave salarié-e se voit forcé-e de donner tout ce qu’il/elle a d’énergie, de « courtoisie » et de concentration.

Que l’on essaie de se voiler la face ou que l’on fasse simplement comme une certaine majorité de gens, cela ne change rien à la réalité sociale : on ne peut pas faire comme si l’esclavage salarié et la consommation ne signifiaient pas notre exploitation et la dépossession de nos vies. À moins d’être une pourriture de riche, on ne peut pas payer et être heureux en même temps. L’argent n’est jamais notre, il est et sera toujours un moyen pour les dominant-e-s de nous tenir en laisse et de nous racketer légalement.

Si les arguments humanistes de soi-disant « convivialité », « partage » et autres « chaleureuses retrouvailles » ne prennent pas, c’est aussi que dans le cadre des « fêtes de fin d’année », il est impossible de dissocier, ce qu’il y a de narcotique ou hypocrite, de l’accentuation de la violence de l’État : déploiement d’effectifs de police et de gendarmes supplémentaires, détachement de militaires en mission Vigipirate, collaboration étroite avec les professionnels, du commerce de proximité aux grands centres commerciaux en passant par les transports en commun, les bailleurs, propriétaires et autres citoyens-flics, etc.

Bref : Pas de fin ni de répit à la soumission et l’exploitation quotidiennes. Pas de trêve dans le flicage et la suspicion de nos existences. Pas de cadeaux dans la société-prison.

Alors … bonne fête à toi patron-ne, qui me jettera dès que je ne te serais plus rentable ? Bonne année à toi flic, brute en uniforme qui continuera à nous soumettre et à nous assassiner au nom des puissant-e-s et des lois ? Meilleurs voeux à vous propriétaires et marchand-e-s, qui vous enrichirez toujours plus sur nos élémentaires besoins de toit et de nourriture ?

Ils nous contraignent à des non-vies, ou simplement nous tuent, et nous irions fêter… le passage d’une année à une énième de misère sociale ? ou plus cyniquement, nous irions (nous) oublier le temps d’une fausse joie pour, après l’opium et les grimaces diplomatiques, nous rejeter de plus belle dans la violence familière du quotidien ?

Nous ferons la fête… oui. Nous ferons la fête lorsque prisons et entreprises, drapeaux et monnaies, banques et frontières, tribunaux et palais, écoles et uniformes seront détruits et à jamais objets de mépris ! Disons-le hautement : plus que la fin d’une année, nous célébrerons alors, avec raison et force joie, la fin d’un monde, la fin d’une ère !

D’ici-là… Vous voulez malgré tout des voeux et des politesses ? EN VOILÀ :

Que crèvent le patron et le commerçant qui exploitent nos besoins et écartèlent nos vies selon les exigences de leur économie, qu’ils la nomment locale, sociale, verte ou équitable !

Que crève le flic, ce salarié terroriste au service de n’importe quel État !
Que crève le banquier, vautour et prêtre sacrificateur de l’argent, ce sang du capitalisme !
Que crève l’industriel, accapareur des ressources qui nous empoisonne nous et la planète !
Que crève l’ingénieur qui invente les technologies de contrôle et produit la normalité !
Que crève le journaliste, corrupteur de notre conscience et de notre esprit, faux critique et vrai SALE collabo’ des flics !

Que crève le prof, inculqueur de l’obéissance et de la docilité, flic, juge et maton des enfants !
Que crève le juge, despote sénile, croque-mort sadique, lâche destructeur de tant de vies et de liens !
Que crève le politicien quelqu’il soit, proxénète et traître de toutes les espérances de dignité parce que tout chef est ennemi à jamais de l’émancipation humaine !
Que crève l’officier qui commande le meurtre mais aussi le soldat qui lui obéit !
Que crève le député qui fait la loi mais aussi l’électeur qui fait le député !
Que crèvent ceux qui ne sont jamais allés au paradis et qui le vendent à d’autres qui n’y iront jamais !

Et que vivent la révolte et l’insoumission à l’autorité !
Que dans l’hiver social se propage cette primordiale nuée d’âpres souhaits si mauvais et néfastes pour les dominants et les exploiteurs, et si bons et toniques pour les pauvres, exploité-e-s, indésirables et révolté-e-s !

POUR UNE VIE BELLE ET FÉCONDE, QUE CRÈVE LE MEILLEUR DES MONDES !

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Lu sur Non-Fides

Espagne : A propos de l’opération Pandora

Le mardi 16 décembre, la police catalane réveillait plusieurs compagnon-ne-s à l’aube dans différentes villes de l’État espagnol, et mettait sans dessus dessous les maisons où ils et elles habitaient. Sous les ordres du juge Javier Gómez Bermúdez, président du Tribunal Pénal de l’Audiencia Nacional, placé là par la majorité conservatrice du Pouvoir Judiciaire, se déclenche l’opération Pandora (nom tiré du mythe misogyne qui veut que Pandore est manipulée par les dieux pour apporter tous les maux à l’humanité).

Espagne : A propos de l’opération Pandora arton4102-bee0b

Pendant les premières heures de la matinée, plusieurs domiciles sont perquisitionnés à Barcelone, Manresa, Sabadell et Madrid. Des perquisitions ont également lieu à l’Athénée Anarchiste de Poble Sec et à l’Athénée Libertaire de Sant Andreu, ainsi que dans la maison occupée Kasa de la Muntanya, qui a fêté il y a peu ses 25 ans d’occupation et qui a organisé une conférence de presse l’année dernière pour dénoncer l’installation de caméras cachées vouées à la surveillance policière. Ils ont emporté des livres, des téléphones, des ordinateurs et ont arrêté 11 personnes.

En apprenant la nouvelle, quelques compagnon-ne-s partent faire des blocages de routes dans les alentours, qui seront dispersés par la police, et une manifestation est appelée pour l’après-midi, à laquelle participeront environ 3000 personnes. Celle-ci passe dans le quartier de Gracià avec une attitude combative, des banques et du mobilier urbain seront détruits et la police finira par charger sans faire d’arrestations. En même temps, dans plusieurs villes catalanes et dans le reste de l’État espagnol, de nombreux rassemblements et manifestations ont lieu et conduisent à l’arrestation de 3 personnes à Madrid au cours de charges policières.

Le mardi, les compagnon-ne-s enfermé-e-s dans les commissariats catalans sous la loi antiterroriste refusent de déclarer. Ils récusent les accusations que l’on porte contre eux. Le mercredi, on les transfère à Madrid, où le juge les fera déclarer le jeudi et enverra sept d’entre elles et eux en prison (transféré-e-s à la prison de Soto del Real), et libérera les quatre autres. Le juge maintient le secret de l’instruction (on ignore donc les affirmations policières qui servent de base aux accusations), mais l’on commence à prendre connaissance de certaines données à travers la presse et un avocat des détenu-e-s. Les accusations tournent autour de la constitution, promotion, direction et appartenance à une organisation terroriste, possession et dépôt d’explosifs et dégradations et destruction à finalité terroriste. Toutes ces charges supposent de très lourdes peines et cependant, se riant du fonctionnement de leur justice bourgeoise, on ignore les supposées actions qui auraient été réalisées. La presse écrit qu’il s’agit d’une enquête de la police catalane qui durerait depuis deux ans, en relation avec un supposé groupe du nom de GAC (Grupos Anarquistas Coordinados, Groupes Anarchistes Coordonnés), le même qui avait déjà été imputé à Mónica Caballedo et Francisco Solar, toujours en prison en attente de procès depuis des mois. On voit ressortir dans les indices pour leurs montages la possession du livre ‘Contre la démocratie‘, et d’autres justifications de leurs délires comme le fait d’avoir des structures bureaucratiques et organisationnelles internes, la réalisation de publications ou le fait d’avoir des formes de communication à haut niveau de sécurité (au travers des serveurs Riseup). Pour nous, il ne s’agit encore une fois que d’un montage étatique qui se nourrit de données qui en elles-même ne mènent à rien, mais qui avec l’aide des flics, des procureurs, des journalistes et des juges se transforment en affaire qui sert, depuis leur optique myope, en tant que façon de freiner l’action politique anticapitaliste et anti-étatique, et de dévier l’attention des expulsions locatives, des coupes budgétaires dans les services publics et des cas de corruption politique et entrepreneuriales qui remplissent chaque jour les bulletins d’information du pays.

Parce que ces compagnon-ne-s sont détenu-e-s pour leur action anarchiste, parce que ces compagnon-ne-s ont mis leurs idées en pratique, parce que ces compagnon-ne-s sont nos compagnon-ne-s.

LIBERTÉ IMMÉDIATE POUR LES ANARCHISTES !!
MAINTENANT PLUS QUE JAMAIS, MORT A L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE !!
QUE LA SOLIDARITÉ AILLE AU-DELÀ DES MOTS !!

[Repris de Contrainfo.]

« Operación Pandora » (Espagne) : Pour les 11 ! Pour l’Anarchie !

Après ces quelques jours, entre la prison préventive de 7 compagnons, la liberté surveillée des 4 autres, du temps qu’il va nous falloir pour tout reconstruire suite aux dégâts des Mossos d’Esquadra à différents endroits de Barcelone, des heures à attendre des nouvelles, des moments où tu reçois un appel et tu espères qu’on te dise qu’ils n’ont pas été tabassés, des moments où on confirme nom après nom, lorsque la patience s’épuise pour faire place à la rage, lorsque la distance pèse comme le pire des cauchemars… on lève alors la tête !

 

C’est lorsque nous nous regardons que nous devenons forts, pour nous-même, pour nos compagnons et compagnonnes, pour tous les autres qui s’occupent de savoir si celui qui a été arrêté a des proches, pour les familles, pour tous les anonymes qui sortent dans la rue pour défendre nos compagnons et espaces, pour toute cette force que même les kilomètres ne peuvent pas détruire.

Ça a été, et ça restera, un coup dur, mais si nous pouvons être sûrs d’une chose c’est que ça nous renforce dans notre quotidien. Maintenant plus que jamais nous pensons avec nos compagnons, maintenant plus que jamais nous sentons la chaleur de l’amour entre compagnons et la solidarité, maintenant plus que jamais nous sentons de la rage et de la force. Le cirque organisé, les accusations, les transferts, l’argent utilisé pour torturer les nôtres, fait partie d’un système qui ne fonctionne pas, ça fait partie des abus que nous subissons, d’un système créé afin que nos vies soient une défaite permanente. Mais… qu’est-ce qui se passe quand tu décides de lever la tête ? Lorsque tu décides de lutter ?

Pour nous la répression n’est ni un concept ni une expérience nouvelle. Ça ne sera pas non plus ce qui nous arrêtera, puisqu’il est évident que de jour en jour nous sommes plus nombreux à lutter, à nous solidariser, à arrêter de croire en cette démocratie qui essaie d’humilier et punir ceux qui se rebellent contre autant de misère. C’est clair pour nous, et nous pouvons sentir la chaleur de vos accolades ! Il n’y a aucun doute, nous sommes avec vous !

On se voit bientôt dans la rue au milieu des pavés …

Pour l’anarchie.


7 anarchistes emprisonnés parce qu’anarchistes

Le 16/12/2014 les Mossos font irruption dans 14 maisons et centres sociaux, détruisant et volant ordinateurs, argent et tout ce qu’ils trouvent de valeur. Sans aucune accusation concrète et dans le plus grand mystère, 11 compagnon-ne-s sont arrêté-e-s et amené-e-s à Madrid en comparution, dont 7 ont fini en prison.
7 anarchistes emprisonnés parce qu’anarchistes.

On les veut à la maison, on les veut dans la rue. On les veut libres !

[Traduit du catalan par nos soins d’Indymedia Barcelona (1 et 2).] Non Fides

La boîte de Pandore et le fourre-tout de l’antiterrorisme espagnol

La matinée du mardi 16 décembre nous a surpris par une vague de perquisitions et d’arrestations. Elle nous a surpris ? Nous ne mentirons pas. Reprenons depuis le début. Le matin du 16 décembre ne NOUS A PAS surpris. La police autonome catalane, les Mossos d’Esquadra, la Guardia Civil et les agents judiciaires de l’Audienca Nacional [1] sont partis à l’assaut de plus de 10 domiciles et de quelques locaux anarchistes à Barcelone, Sabadell, Manresa et Madrid, avec leur lot de perquisitions, d’arrestations, de confiscation de matériel de propagande et informatique, en plus de profiter de l’occasion pour tout retourner et piller aussi, en utilisant tout le corps anti-émeute de la Brigade Mobile des Mossos d’Esquadra, dans la vieille Kasa de la Muntanya, un espace occupé qui vient de fêter ses 25 ans.

 

Selon la presse, qui a comme toujours démontré son rôle de porte-voix policier, l’objectif de ces arrestations est de désarticuler « une organisation criminelle à finalité terroriste et de caractère anarchiste violent ». Bien qu’il soit facile de répéter une fois de plus une phrase tout faite, nous allons le faire : la seule organisation criminelle qui cherche à terroriser les gens de par son caractère violent est l’État et ses tentacules : la presse, l’appareil juridique, ses corps répressifs et ses politiciens, d’où qu’ils proviennent.

Pourquoi cette répression ne nous surprend-t-elle pas ? Parce que nous l’attendions.

Il ne s’agit pas de jouer à l’oracle, rien de tout cela, seulement de savoir lire entre les lignes et, parfois de façon littérale, les événements. Comme cela s’est déjà déroulé avec la détention d’autres compagnon-ne-s l’année passée, il y a longtemps que s’orchestrent des vagues comme celle de mardi contre les milieux libertaires et anti-autoritaires. Et si les différentes rafles n’ont jamais été aussi grandes, elles mettaient en évidence un horizon semé de situations de ce genre.

Opération « à l’italienne ».

Depuis deux décennies, le milieu anarchiste de la région voisine qu’est l’Italie vit de temps en temps, et de façon toujours plus régulière ces dernières années, des macro-opérations similaires à celle de mardi. Pas seulement du fait de leur aspect de rafles simultanées et de perquisitions dans différentes maisons, mais aussi à cause de l’utilisation de noms faciles à retenir et un certain humour noir, comme dans le cas dela présente opération, surnommée Pandora car dans ce cas, selon ce que la presse a répété de ses sources judiciaires, « c’était une boîte qui, du fait des nombreuses frayeurs que nous avions, était impossible à ouvrir ». Par « nombreuses frayeurs », ils se réfèrent à différentes actions ayant eu lieu ces dernières années sur tout le territoire de l’État espagnol. Pour revenir aux opérations italiennes, il suffit de rappeler les noms de quelques-unes de celles de ces dernières années, comme l’Opération Thor, dont le nom renvoyait à l’accusation d’une série d’attaques au marteau contre des distributeurs automatiques et autres bureaux ; l’Opération Ixodidae, qui se réfère au nom technique de la famille des tiques, la façon qu’avaient les fascistes de nommer les communistes et les anarchistes ; ou d’autres comme Ardire, Cervantes, Nottetempo, etc.

En plus de la procédure et de la nomenclature, un facteur qui nous rappelle lui aussi beaucoup le pays voisin est le rôle de la presse, laquelle nous a aussi aidé-e-s à voir ce qui était sur le point d’arriver. Depuis environ 3 ans, voire un peu plus, la presse espagnole a commencé une campagne pour préparer le terrain de manière à ce que des opérations comme celles-ci ne soient pas seulement possibles, mais aussi prévisibles. En pointant du doigt des milieux, et même parfois des espaces précis ou des personnes avec leurs nom et prénom, des collectifs, etc, elle travaille à construire une image caricaturale et un rien bizarre d’un ennemi intérieur qui, bien que cela soit habituel depuis des décennies, a pris ces dernières années les caractéristiques très spécifiques de « l’anarchiste violent », de « l’insurrectionnaliste », de « l’anti-système qui s’infiltre dans les mouvements sociaux », etc.

Le fiasco chilien

L’année 2010 a été une année glorieuse pour l’État chilien. En plus de l’élection comme président de Sebastián Piñera, de droite, entrepreneur et quatrième fortune du pays, une opération policière, médiatique et judiciaire contre le milieu anti-autoritaire est orchestrée avec plus d’une dizaine de perquisitions et d’arrestations, connue en tant qu’Opération Salamandre, plus connue comme « Caso bombas » puisqu’elle prenait comme point de départ l’enquête sur une série d’attaques à l’explosif survenues les années précédentes, et la création à travers l’imaginaire policier d’une macro-structure hiérarchique d’un supposé réseau chargé de toutes ces détonations : un cirque qui non seulement a affaibli l’image de l’État, en plus de le tourner en ridicule, mais qui a surtout mis en évidence la grossièreté des procédures d’investigation, qui incluent falsification de preuves, chantage et pression pour obtenir des informations ou des « repentis », hasard, etc. La procès a abouti à la relaxe de toutes les personnes mises en cause, et à une soif de vengeance de la part de l’État chilien contre le milieu et les personnes mêlées à l’enquête.

Un an après la finalisation de cette farce qu’était le « Caso bombas », et à travers une autre opération, de ce côté-ci de l’océan cette fois, les ministères, les juges et les policiers espagnols et chiliens ont travaillé de concert sur un nouveau cas. Mónica Caballero et Francisco Solar, tous deux auparavant poursuivi-e-s dans le « Caso bombas », sont arrêté-e-s à Barcelone, où ils vivaient alors, avec trois autres personnes qui ont plus tard été écartées de l’affaire, sous l’accusation d’avoir posé un engin explosif dans la Basilique du Pilar à Saragosse, la conspiration en vue de réaliser un acte similaire et l’appartenance à une supposée organisation terroriste. Ces compagnon-ne-s sont actuellement en prison préventive, en attente d’un procès dont on ignore la date, et nous ne savons pas non plus en quoi leur procès sera altéré par cette nouvelle vague répressive.

La situation est plus ou moins connue de tous et toutes, et si nous sommes bien sûr-e-s d’une chose, c’est que les récentes arrestations servent à donner corps à une affaire qui ne tient pas debout toute seule.

Un hasard ?

Quelques heures avant les arrestations de mardi, le gouvernement espagnol faisait écho dans ses médias du fait que « les ministères de l’Intérieur d’Espagne et du Chili ouvrent une nouvelle phase de collaboration renforcée dans la lutte contre le terrorisme anarchiste ». Le lundi 15 décembre dernier, le ministre de l’Intérieur espagnol, Jorge Fernández Díaz, a rencontré au Chili le vice-président et ministre de l’Intérieur chilien Rodrigo Peñailillo, dans le Palais de La Moneda, siège du gouvernement à Santiago du Chili. « Dans la lutte contre le terrorisme, le Chili trouvera en l’Espagne une solide alliée », se gargarisait l’Espagnol, tandis qu’il recevait la Grande Croix de l’Ordre du Mérite chilien, « la plus grande décoration de mérite civil du pays », selon la presse, un trophée que l’État chilien octroie en ce cas pour le labeur policier et comme récompense pour l’arrestation des compagnon-ne-s Mónica et Francisco l’an passé.

En plus de ces prix et de ces éloges, Fernández le commercial a vendu un peu de sa marchandise : perfectionnement policier, judiciaire, matériel répressif varié, etc.

Et ce qui reste à venir…

Quel sera le prochain épisode répressif ? Nous l’ignorons. Jusqu’à présent, on ne sait presque rien de comment vont nos compagnons et compagnonnes, de quoi on les accuse exactement, à quelles mesures répressives ils et elles seront soumis-es, si la prison préventive les attend, etc.

Ce qui est sûr, c’est que cette opération n’est pas un fait isolé, mais plutôt qu’elle est le maillon de plus d’une chaîne. Une chaîne répressive parfois brutale et parfois subtile, dans laquelle peuvent rentrer les nouvelles lois (il n’y a qu’à penser à la récente Ley Mordaza [2]), l’assaut mené contre les sans-papiers par des rafles racistes toujours plus énormes, la brutalité policière, ou encore l’aspiration à gérer la misère et à administrer la répression (qui est ce que fait l’État, après tout) par une partie de la pseudo-gauche (avec Podemos [3] en tête) qui se réduit de façon toujours plus évidente à une parodie d’elle-même. Expulsions locatives, matraques, fascistes, durcissements légaux et punitifs en tout genre, jeux de miroirs nationalistes et sociaux-démocrates sont ce que nous réservera le présent. Il n’y a rien de pire à attendre : le pire n’est jamais parti.

L’éventail des possibilités de l’antiterrorisme espagnol est un fourre-tout. Il est là, bien en vue, pour nous rappeler que pour l’État, lutter signifie terrorisme. Il fonctionne comme un épouvantail. Allons-nous nous laisser effrayer ?

L’État et ses agents disent avoir ouvert la boîte de Pandore. Dans la mythologie grecque, Pandore est l’équivalent de l’Ève biblique. Avec la misogynie caractéristique des deux mythologies, Pandore ouvre sa boîte comme Ève mange sa pomme, et libère tous les maux qui s’y trouvaient.

Nous sommes capables de créer notre propre narration et de nous foutre leur mythologie merdique là où ça nous chante. Notre histoire est différente. La « boîte » que cette opération répressive a ouverte nous exhorte à agir, à ne pas baisser la garde, à rester attentif-ves à leurs prochains mouvements. Elle nous fait penser et repenser quel est le monde que nous voulons et quelle est la distance entre ce monde et le leur. Elle nous amène à voir l’urgence d’agir, d’aller de l’avant.

Les compagnonnes et compagnons arrêté-e-s font partie de différents projets, espaces, collectifs, etc., et il est très important que ceux-ci ne retombent pas, que la ruine (dans tous les sens du terme) à laquelle ces situations mènent généralement ne génère pas d’impuissance et de sentiment de paralysie.
Nous disons toujours que « la meilleure solidarité, c’est de continuer la lutte ». D’accord, mais, qu’est-ce que ça veut dire dans la pratique ? On répète souvent le slogan « s’ils touchent à une personne, ils nous touchent tou-te-s ». Cela s’est laissé démontrer par les réponses et les manifestations qui ont eu lieu dans différents endroits, ainsi que par la chaleur inconditionnelle des compagnon-ne-s resté-e-s dehors.

Nous pouvons être sûr-e-s d’une chose, et c’est que les compagnonnes et compagnons détenu-e-s peuvent sentir cette chaleur qui passe outre les barreaux et l’isolement, parce que c’est cette même chaleur qu’ils et elles ont su donner lors d’autres occasions.

Barcelone, 18 décembre 2014

[Repris de Contrainfo.]

Notes

[1L’Audiencia Nacional est un tribunal suprême spécial chargé, entre autres de toutes les enquêtes antiterroristes en Espagne.

[2] La Loi Mordaza est la nouvelle loi sur la sécurité publique en Espagne, qui limite les ‘droits fondamentaux’, établit des quotas d’immigration, criminalise les occupations d’immeubles et dans la rue, etc. De nombreux rassemblements sont prévus ces jours-ci contre la mise en place de cette loi.

[3Podemos (Nous pouvons) est une organisation de gauche issue de la rencontre des politicards des cendres du mouvement du 15M et de la gauche trotskyste, qui se présente aux élections et prétend représenter l’alternative aux politiques libérales.

Espagne : Grosse vague de perquisitions et arrestations à Barcelone et Madrid

Ce mardi (16/12/2014), à 5h du matin, commençait la bien nommée opération antiterroriste appelée « Pandore », contre le dit « terrorisme anarchiste ». Des personnes ont été arrêtées, accusées d’appartenir à une organisation anarchiste à laquelle plusieurs attaques par engins explosifs sont attribuées. L’opération, sous la direction de la Cour Nationale de Madrid, a mobilisé 450 flics des Mossos d’Esquadra catalans, qui dès 5h30 ont perquisitionné 13 domiciles en Catalogne -8 à Barcelone, un à Sabadell et un à Manresa- mais aussi une personne à Madrid par la Guardia Civil.


Les flics sont rentrés dans le squat Kasa de la Muntanya, à Barcelone, autour duquel des centaines de policiers se sont déployés, pendant qu’un hélicoptère assistait l’opération en éclairant les lieux. Les médias présentent la Kasa de la Muntanya comme le « centre opérationnel des terroristes anarchistes » (sic !). La perquisition a duré plus de 13 heures, pendant lesquelles la vingtaine d’habitants était retenue dans le gymnase du squat, tandis que les flics fouillaient chaque pièce de l’immeuble. Ensuite ont eu lieu d’autres perquisitions, dans les Athénées libertaires de Sant Andreu et du Poble Sec, à Barcelone. Les flics ont embarqué les portables, ordinateurs et matériel informatique, de l’argent liquide et des livres.

Au cours de l’opération sept femmes et quatre hommes ont été arrêté-e-s, entre 31 et 36 ans, de nationalités espagnole, uruguayenne, italienne et autrichienne.

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Le juge Javier Gómez Bermúdez, en charge de l’opération

Les arrestations sont liées à plusieurs attaques qui ont eu lieu en 2012 et 2013, notamment des attaques explosives sur des DAB de succursales bancaires. L’Audience Nationale fait un lien entre ces attaques et le Comando Insurreccional Mateo Morral, qui a revendiqué avoir posé une bombe dans la cathédrale madrilène de La Almudena le 7 février 2013, et une autre à la basilique El Pilar de Saragosse le 3 octobre 2013. Deux attaques pour lesquelles sont accusé-e-s les compagnon-ne-s Mónica Caballero et Francisco Solar, arrêté-e-s le 13 novembre 2013 à Barcelone, et en prison depuis.

On peut remarquer la coordination immédiate qui a lieu entre l’Audience Nationale, les flics catalans et les médias, tous servant la même version des faits, en mettant en scène un état d’alerte maximum.

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Manif de solidarité à Barcelone

À 19h plusieurs milliers personnes ont manifesté dans le centre ville de Barcelone, en bloquant plusieurs rues, il s’agit d’une des plus grandes marches solidaires spontanées depuis les années 70 en Catalogne. Des vitrines de banques et d’agences immobilières ont été fracassées, des projectiles ont été lancés sur les flics, et des bennes à ordures ont été brûlées. A priori il n’y aurait pas eu d’arrestations malgré quelques charges policières au cours de cette manifestation. D’autres manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. A Madrid il y aurait au moins trois arrestations.

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Manif de solidarité à Madrid

Ces quelques manifestations offensives sont importantes, elles montrent à l’Etat que les anarchistes ne se terrent pas sous la première grotte dès que la répression frappe. Les compagnons devraient faire face au juge Javier Gómez Bermúdez, ce mercredi 17 décembre ou demain, accusés d’ »appartenance à une organisation criminelle de nature anarchiste à des fins terroristes », rien que ça. Il sera alors décidé de les libérer ou de les incarcérer en détention préventive.

Nous ajouterons des informations sur ce site lorsque nous en aurons plus.

Solidarité avec les compagnon/nes arrêtés en Espagne le mardi 16 décembre.
Liberté pour Monica et Francisco.
Liberté pour tou/tes les prisonnier/es de la guerre sociale.

[Synthèse réalisée à partir de sites compagnons et de la presse à purée espagnole, le mercredi 17 décembre 2014 . Lu sur Non Fides]

[CLE] : L’énergie et notre avenir, à propos la guerre d’éner…gît à Clermont

Pour rappel : fin août, un technicien ERDF, réquisitionné par la préfecture, était venu couper le jus au Guantanamo, sous prétexte qu’on volait l’électricité. Afin de sécuriser les habitant-e-s qui allaient passer l’hiver dans le bâtiment, nous avons jugé que le seul moyen de remettre le jus de manière pérenne était  de payer une partie de la somme réclamée pour régulariser notre situation. Le service contentieux a accepté la démarche, nous avons commencé à payer et malgré ça, ERDF refuse toujours de remettre l’électricité : « danger de mort imminent » qu’ils disent. Comme si on ne pouvait pas mourir de froid…

Pour le deuxième bâtiment ouvert, La Crochette, on s’est dit qu’on allait essayer de ne pas nous retrouver dans la même situation. C’est pourquoi nous avons pris la décision de souscrire un contrat avec un fournisseur officiel : Enercoop, « énergie citoyenne et militante ». (Comment a-t-on pu être si naïf ? Avec un nom comme ça on aurait du se douter que ça allait mal se passer !) A 9h le mardi 9 décembre, ERDF intervient pour ouvrir officiellement la ligne ; le même jour à 13h, ERDF intervient à nouveau pour couper le jus depuis l’extérieur du bâtiment. La surprise passée, on commence à rassembler des informations. On apprend que c’est l’OPHIS, propriétaire du bâtiment, qui a fait pression sur ERDF. Dès le lendemain, frais et dispos – surtout frais – on va chez ERDF pour demander des explications et exiger qu’on nous remette l’électricité. On nous répond, après plus de deux heures et demie de pourparlers et de tergiversations, que tant que le propriétaire ne donnera pas son accord, la remise du courant est impossible. Du coup, le lendemain, jeudi 11 décembre, on refait la même à l’OPHIS, dont l’ensemble du personnel a réussi à s’auto-prendre en otage, nous enfermant dehors et refusant de nous rencontrer. On commençait à se dire qu’on allait passer l’hiver dans le froid… et là surprise ! Le vendredi 12 décembre au matin, ERDF revient pour remettre l’électricité. Est-ce grâce à nos menaces de porter plainte, à la mobilisation immédiate ou à nos têtes de dangereux-ses terroristes ? Quoi qu’il en soit, on écrit aujourd’hui ce communiqué éclairé-e-s à l’énergie nucléaire !

Ouvrir un squat autonome, dans n’importe quelle ville, c’est défier l’Etat. Et dans chaque ville, l’Etat choisit sa stratégie. A Lyon, Caen ou Toulouse, ce sont des expulsions sauvages. Ici, c’est tenter de nous  faire partir en nous coupant l’eau et l’électricité, toutes les institutions main dans la main. Malheureusement pour eux, nous avons pris un engagement : ne jamais reculer. Leur stratégie de siège ne nous fera pas partir.

On vient de gagner une bataille, la prochaine se profile à l’horizon. On a rendez-vous jeudi prochain au tribunal pour la première comparution dans le cadre du procès d’expulsion de la Crochette.

Avec RAGE et JOIE !
 Tous-tes devant le Palais de Justice de Clermont-Ferrand (place de l’Etoile) le jeudi 18 décembre à 8h30 pour soutenir la CLE


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