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Archives pour janvier 2015

Actions de solidarité à Istanbul pour les prisonniers anarchistes en Espagne

La nuit dernière , à Kadikoy , des groupes anarchistes appelés « Front anarchiste » et « Shadowlesses » , ont intenté une action en faveur des anarchistes emprisonnés après l’opération« Pandora ». Avec des drapeaux noirs et des masques, les anarchistes ont commencé à marcher sur une rue très empruntées, attaquant des DAB, des vitrines de banques, et quelques magasins capitalistes comme Adidas et scandé la solidarité avec les prisonniers anarchistes en Espagne et dans le monde entier.

Au cours de la manifestation, les anarchistes ont renversé les poubelles, bloquant les routes et attaqué des DAB, des magasins de multinationales capitalistes. En outre, ils se sont prononcés sur la situation des anarchistes emprisonnés dans les prisons d’Espagne. Et ils ont scandé :

« Insurrection, destruction, anarchie, vive l’apatridie des personnes, la liberté pour les prisonniers anarchistes »

Traduit depuis Sosyalsavas

Kadıköy’ Anarşist Tutsaklara Pandora turquie anarchistes

Kadıköy’ Anarşist Tutsaklara Pandora turquie anarchistes

Kadıköy’ Anarşist Tutsaklara Pandora turquie anarchistes

Kadıköy’ Anarşist Tutsaklara Pandora turquie anarchistes

Kadıköy’ Anarşist Tutsaklara Pandora turquie anarchistes

Source : naufrageur.fr 

Communiqué Zad Testet du 29/01 : S’ils nous dégagent, on revient !

Communiqué Zad Testet du 29/01 : S’ils nous dégagent, on revient !

Appel à réoccupation potentielle de la ZAD du Testet

Ami-e d’ici ou d’ailleurs, le projet initial de barrage de Sivens semble prendre la voie de l’abandon. Mais cette victoire n’est que très partielle car d’autres ouvrages hydrauliques ont été proposés par le ministère de l’écologie pour le site de Sivens. Les choix se sont appuyés plus sur les pressions diverses et une stratégie politicienne que sur le travail d’analyse et des arguments rationnels. Les solutions privilégiant un progrès social et humain ont été balayées pour laisser place uniquement aux solutions pseudo-techniques, s’intégrant comme à l’accoutumée dans la logique capitaliste d’un système dévastateur.

La vallée du Tescou reste une Zone À Défendre !

Les politicien-ne-s aidé-e-s par des réactionnaires de tous bords préparent l’opinion publique à une expulsion. Mercredi 28 janvier, un huissier a constaté l’occupation des parcelles du site pour entamer une procédure d’expulsion qui devrait aboutir début février. Notre occupation est expérimentale de nouveaux modes de vie, de nouvelles pratiques, elle est aussi une force de proposition. Si notre occupation peut-être adaptée au nouveau contexte, elle reste nécessaire et légitime.

Venez nombreuses et nombreux renforcer l’occupation. Soyons créatifs, responsables, respectueux et construisons un monde à cette image !

Nous ne défendons pas le Vivant, nous sommes le Vivant qui se défend ! Résistons !

En cas d’expulsion, nous vous appelons toutes et tous à venir participer à la réoccupation et à la reconstruction de la ZAD du Testet, un mois jour pour jour après le début de l’expulsion.

Préparons nous, tenons nous prêt-e-s ! S’ils ne servent pas ici, les préparatifs serviront à une autre ZAD.

On est là pour changer la donne, pas question qu’on abandonne !
S’ils nous dégagent, on revient !

Nous sommes Mamie ?

A quelques jours des fêtes de fin d’année, une jeune dame alerte de 68 ans a été surprise en train de chaparder dans un supermarché de Chissay-en-Touraine(France). La mamie vexée, n’a pas voulue en rester là. Pour se venger, elle provoque une fausse alerte à la bombe le 23 décembre au matin alors que le magasin regorge de clients. En catastrophe, les vigiles évacuent et ferment les portes durant 6 interminables heures, le temps de laisser les pandores inspecter le temple de fond en comble. Résultat des courses, un préjudice de 100.000 euros pour des boutiquiers très, très en colère en cette veille de Noël. Et vlan dans la gueule ! Fallait pas faire chier Mamie lorsqu’elle fait ses courses avec un portefeuille vide !

 

Le 30 décembre 2014, le tribunal correctionnel de Blois vengeait les adorateurs du Veau d’Or du préjudice subi en condamnant Mamie à 6 mois de prison avec sursis alors que le procureur en avait demandé 2, mais fermes. Elle a expliqué à l’audience avoir voulu punir le magasin et son gérant en ciblant expressément cette période de fêtes, sachant que la fréquentation serait très élevée.
Même si cette anecdote peut paraître au premier abord d’une extrême banalité, elle nous en dit bien plus long sur l’horreur de notre monde que tout un traité de sociologie. Derrière cette petite vengeance de classe réalisée par une vieille prolette usée par la survie, s’expriment tous les paradoxes qui étreignent quotidiennement les éternels laissés-pour-compte du rapport social qui gouverne nos vies. Poussée par la logique mercantile qui nous domine, la soumission de la mamie, s’exprimant par sa volonté de participer elle aussi à l’orgie consumériste de fin d’année, nous apparaît dans un premier temps comme un simple rouage participant/reproduisant le capitalisme ; alors qu’au même instant son portefeuille vide lui rappelle que c’est elle (au travers des autres prolos, ses frères de classe) qui produit et reproduit l’ensemble du monde existant ainsi que ses « richesses » ; alors qu’elle n’est RIEN et ne possède déjà plus rien. D’objet du capital, elle se transforme alors en sujet de sa propre vie en posant au travers du vol un premier acte pratique de critique sociale -en expropriant les expropriateurs- c’est-à-dire les bénéficiaires de cette grande dévoreuse d’hommes qu’est l’économie. Le deuxième acte (menace d’attentat) n’étant que la suite logique du premier ; frapper là où cela fait mal au capital : dans sa valorisation.
Cette réalité -qui, elle, n’est pas anecdotique- fait la nique à l’énorme vague d’« Indignation Nationale » qui a traversé la France et l’Europe. Le torrent de boue médiatique a voulu nous griser et nous faire oublier cette énorme contradiction qui mine l’ensemble de notre monde civilisé : nous sommes la classe qui produit tout et nous survivons dans une misère indescriptible. Cacher l’extension de la paupérisation, unique quotidien d’un nombre croissant de damnés sur cette Terre, est devenu impossible. La grande mascarade de la réconciliation nationale, d’une hypothétique paix entre les loups et les moutons, les bourreaux et leurs victimes, les exploiteurs et les exploités ne peut durer éternellement. Cette saoulerie patriotarde, abreuvée de Marseillaise, de flon flon tricolores et d’appels au renforcement des « valeurs de la République », ne suffira pas à masquer toute la pauvreté et la violence grandissante des rapports entre les hommes, entre ceux qui possèdent tout (non seulement les objets mais aussi les hommes qu’ils soumettent par l’argent) et ceux qui ne parviennent même plus à se vendre contre un salaire. L’inouïe violence de cette combinaison a beau se présenter comme la civilisation où règne la « paix, l’harmonie et l’abondance », beaucoup ne sont plus dupes de cette supercherie. Le terrorisme au quotidien des possédants, c’est ce que les attentats de Paris et la déferlante laïcarde qui a suivi essayent de nous faire oublier. Ces deux évènements que tout semblent opposer, recouvrent pourtant la même réalité : la nécessité de la reproduction du monde marchand. L’Union Nationale actuelle, ne résoudra rien des horreurs dans lesquelles patauge notre civilisation du gadget. Ce n’est qu’un simple répit. Tout est reporté à plus tard avec le risque pour les puissants de demain de voir tout ceci finir par leur péter à la gueule, tellement l’écart se creuse entre eux et le reste de l’humanité. Il n’y a qu’un seule fantôme qui hante les bourgeoisies à travers la planète : non pas quelques ridicules attentats mais bien une vaste explosion sociale.
L’angoisse de la précarité, du lendemain, du déclassement, de se retrouver à la rue ; le repli sur soi, le stress au turbin, la peur de l’autre, la concurrence entre tous, les suicides, les calmants, l’ennui… et la misère ont beau pousser les prolétaires bourrés encore d’illusions à courir se réfugier dans les bras -grands ouverts- de l’État pour y chercher réconfort et protection, le voile ne peut que se déchirer ; et violemment. L’État, comme ultime garant -car armé- du rapport social dominant, ne peut pas leur offrir cette paix qu’ils désirent tant mais la seule qui lui importe : la paix sociale doublée d’une paix des tombes s’il arrive au prolétariat de vouloir, dans un sursaut libérateur, défier son monopole de la violence. Car la guerre que mène le capital/État n’est pas ce qu’il prétend (lutte contre le terrorisme) mais est dirigée contre tous ceux qui ne se soumettent pas à sa loi : celle du profit. L’État sert à réprimer, embastiller, expulser, exclure, reléguer, humilier… et massacrer les prolétaires insoumis qui refusent de vivre à l’ombre des matraques. Car la France c’est aussi une puissance capitaliste mondiale qui mène diverses guerres au même instant qu’elle réprime les subversifs qui mènent la lutte contre son enfer, dont quelque part Mamie. De la Syrie, à l’Irak tout en passant par le Mali, la Lybie, l’Afghanistan, le Congo, le Brésil…, ce que les Parisiens ont connu dans leurs rues, n’est qu’une infime partie du quotidien que la France, comme puissance impérialiste, offre à des milliers de prolétaires à travers le monde avec ses avions de combats, ses drones, ses chars, ses professionnels de la mort qui défendent si bien les intérêts du « made in France ». Les manifestations d’Union Nationale de ces derniers jours voudraient renforcer tout cela et nous faire croire que l’État est là -éternel- pour nous protéger contre un ennemi réel voire imaginaire, manipulé ou non, alors que derrière tous les discours, toutes les pratiques de nos maîtres, ne se cache qu’une seule et unique volonté, celle de renforcer leur terreur partout sur Terre, aussi bien ici que là-bas. Les 10.000 hommes armés supplémentaires dans nos rues (les mêmes qui mènent les guerres là-bas) ne sont rien d’autre que la face visible du terrorisme d’État et la justification des massacres de par le monde, en même temps que la préparation des futures répressions – ici ! La terreur c’est cette société qui la produit par la guerre sociale qu’elle nous livre au quotidien. L’État fait partie de ce rapport social, il n’est ni au-dessus, ni à côté. Pour vivre en paix il nous faudra le détruire, lui et ce misérable monde marchand qu’il défend dans le sang.
Tout refus de l’Union Nationale qui ne partirait pas de cette approche ne pourra être à court ou à long terme qu’un renforcement du capitalisme et de sa terreur planétaire comme le fut l’anti-fascisme hier, et le sera l’anti-islamophobie peut-être demain !
Ne nous leurrons pas : notre unique ennemi, c’est l’État, le seul terroriste, c’est le monde existant et l’unique solution reste et restera la Révolution sociale, la destruction de fond en comble du capitalisme !

Ni dieu – ni maîtres – ni esclaves !

Des Internationalistes
Bagdad-Paris-Damas-Berlin, le 15 janvier 2015

Pour continuer cette réflexion, relire : « Terreur et union Nationale », Ravage Éditions, 2012.

Opération Mos Maiorum, plus de 19 000 interpellations

Opération Mos Maiorum, plus de 19 000 interpellations arton2529-c1660

L’Union européenne vient de publier son bilan de l’opération Mos Maiorum, gigantesque opération de rafles à travers l’Europe menée du 13 au 26 octobre par 27 pays et coordonnée par Frontex.

L’Union européenne vient de publier son bilan de l’opération Mos Maiorum, gigantesque opération de rafles à travers l’Europe menée du 13 au 26 octobre par 27 pays et coordonnée par Frontex. [Le rapport du conseil de l’Europe est disponible ici (en anglais)]

Au total, 19234 personnes ont été arrêtées, contrôlées et interrogées lors de cette opération dont l’objectif était de collecter diverses informations sur les migrant.e.s et les “nouvelles routes de l’immigration”, en vue de renforcer les politiques contre l’immigration. 257 personnes considérées comme “passeurs” ont également été arrêtées.

Plus de 6002 contrôles ont eu lieu lors de ces deux semaines, dont 1538 aux frontières extérieures, amenant à l’arrestation de 9890 personnes et 4464 à l’intérieur du territoire européen lors desquels 9344 personnes ont été arrêtées. Les bons élèves de la guerre aux migrant.e.s sont l’Italie (5954 personnes contrôlées), l’Allemagne (3683 personnes contrôlées), la Hongrie (3075 personnes contrôlées), l’Autriche (1219 personnes contrôlées) et le Royaume-Uni (995 personnes contrôlées). Les pays où il y a eu le moins de contrôle sont la Lettonie, l’Estonie et la Suisse (ce qui ne veut pas dire que ces pays sont plus “accueillant” que les autres).

Le nombre de personnes contrôlées est bien plus important que lors des précédentes opérations : en 2013, lors de l’opération Perkunas (deux semaines en septembre-octobre), 10 459 personnes avaient été arrêtées et en 2012, lors de l’opération Aphrodite, 5 298 personnes.

Une grande partie des personnes arrêtées sont originaires de pays en guerre ou en conflit, pays ou régions où les puissances occidentales ont foutu la merde ces dernières années au nom du capitalisme et de la domination colonialiste : Syrie, Afghanistan, Kosovo, Érythrée, Somalie, etc. Aujourd’hui quelques milliers de réfugiés se retrouvent indésirables en Europe, pourchassés par les flics, vivant dans des conditions pourries.

En France, 958 personnes ont été contrôlées, principalement syriennes, érythréennes et albanaise (371 personnes). À Paris, beaucoup de contrôles se sont fixés sur la Gare du Nord, au départ des trains pour Calais et sa région, zone frontalière avec l’Angleterre où beaucoup de migrant.e.s se rendent dans l’espoir de passer la Manche ou vers le nord de l’Europe.

Plusieurs initiatives à travers l’Europe ont tenté d’informer sur cette opération et parfois de l’empêcher : diffusion de tracts multilingue, collages d’affiches, rassemblements, opposition aux contrôles. Une carte interactive des contrôlesa été mise en place, localisant les zones de contrôle à l’échelle européenne.

L’opération Mos Maiorum prenait un caractère exceptionnel par l’ampleur du dispositif mais les rafles sont quotidiennes à travers l’Europe. Pour remplir centres de rétention et charters et empêcher chacun-e d’aller où il.elle veut, surtout lorsqu’on vient de pays pauvres. Espérons que les solidarités construites en réaction à cette opération continueront de se tisser et que nous serons capables d’entraver concrètement la machine à expulser.

Publié sur Sans Papiers Ni Frontières

Sur la victoire de Syriza en Grèce

Syriza a recueilli, ce dimanche 25 janvier 2015, 36% des voix (exprimées) en Grèce. Les médias de la gauche institutionnelle se gargarisent de ce “grand espoir”… de même que les médias bourgeois, ce qui paraît tout de même louche ! De l’extrême-gauche à l’extrême-droite du spectacle politicien hexagonal, les politicard.e.s professionnel.le.s de la lutte des places tirent parti de l’événement pour se faire inviter sur les plateaux télé, et nous asséner leur vieille théorie éculée de la “révolution citoyenne” “par les urnes”.

Faut-il se réjouir ?

(…)

Or hélas, nous doutons que cet événement donne un meilleur environnement aux luttes sociales et aux conditions de vie sinistrées des prolétaires de Grèce et d’ailleurs. L’arrivée au pouvoir de Syriza risque d’entraîner des illusions mortelles pour une bonne partie du prolétariat, en le détournant des luttes. De fait, les virages du pouvoir à gauche dans l’histoire française n’ont guère amélioré la combativité sociale à terme. Bien au contraire, les luttes ont généralement été mises sous l’éteignoir par les directions syndicales complices de la bureaucratie partidaire. Les fronts électoralistes meurent dans les urnes, sous l’échec du réformisme de gauche et la reprise en main économiciste de nos affaires. Or en Grèce, nombre de leaders syndicaux sont proches de Syriza.

Le seul fait que les éditorialistes de magazines libéraux, droitier et financiers eux-mêmes se satisfassent autant de la victoire de Syriza devrait nous suffire pour émettre une (grosse) réserve. Penchons-nous donc un peu sur Syriza…

Une manoeuvre réussie de la classe dominante

Le fait est qu’en Grèce, le discrédit est total sur la classe politique, quasi-unanimement rejetée. La gauche institutionnelle délabrée du Pasok, qui gouvernait jusque là, obtient moins de 5% des suffrages exprimés, une claque sans précédent. Les classes dominantes ne sont pas parvenues à juguler la colère populaire, les grèves se généralisent, des pans entiers de la société pratiquent l’autogestion, s’organisent contre les flics, les huissiers et les nervis fascistes. Voilà de quoi donner des sueurs froides aux classes possédantes ! Faute de débouchés politicards aptes à domestiquer la révolte, les dirigeants se sont donc résolus à aménager l’avènement de Syriza au pouvoir, depuis plus d’un an. Entre la victoire probable de ce mouvement de gauche pas si méchant que ça, et une révolution sociale ou le recours dangereux à un coup d’état, la bourgeoisie a vite choisi, et s’est organisée en conséquence pour achever de rendre Syriza inoffensif.

Tout d’abord, face à cette coalition qui menaçait de ne plus payer la dette grecque, après des mois de magouilles et autres tractations les marchés financiers ont obtenu des gouvernants européens le rachat massif des dettes souveraines pourries des Etats, qui passent des mains du privé vers le public. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi 22 janvier une historique opération de “quantitative leasing” (QE), à hauteur de 1100 milliards €. Histoire de mettre à l’abri les capitaux en cas de défaut grec d’une part, et de faire casquer les prolos d’autre part. Le tout maquillé sous l’alibi piteux d’une “relance de l’activité économique en Europe”. Ce vaste transfert de dettes pourries des Etats, des capitaux privés vers les prolétaires, issues du sauvetage des marchés financiers par les Etats suite à la crise de 2008, la BCE a mis des années à en reculer l’échéance. Mais, magie du hasard, ç’a été emballé pesé plié trois jours avant les élections grecques, alors que Syriza se profilait comme vainqueur assuré.

Par ailleurs, la bourgeoisie avait déjà commencé, depuis un bon moment déjà, à négocier avec la direction de Syriza. Syriza présente l’intérêt de ne pas se réclamer, contrairement à ce qui est écrit un peu partout, de l’anticapitalisme. Syriza n’est qu’une coalition hétéroclite de gauche, plutôt à droite du front de gauche français, s’il fallait employer une comparaison. En échange de la bienveillance des dirigeants économiques et politiques d’Europe, Syriza a donné des gages de soumission, en faisant le tri dans sa direction et en bridant sévèrement son opposition de gauche. Au final, les candidats présentés par Syriza aux élections étaient quasiment partout les plus modérés et droitiers du mouvement, dont une partie de vieux croûtons exfiltrés du Pasok, la gauche moisie pécédemment au pouvoir. Une fois élu, Syriza continue à montrer qu’il apprend docilement les petits codes du pouvoir, en déclarant son alliance avec un parti de droite réac et souverainiste, prônant de renforcer la traque aux migrant.e.s, dénonçant le “multiculturalisme” et souhaitant le rapprochement avec l’Eglise orthodoxe. Ce pan véreux du discours souverainiste de gauche, fricotant avec ce genre de nationalisme malsain, rend même Syriza sympathique à une Marine Le Pen en France, c’est dire le confusionnisme politique – qui ne touche hélas pas que Syriza en Europe, suivez nos regards !

Surtout, en recentrant son discours politique aux accents initialement offensifs, Syriza a réduit son véhément programme à une peau de chagrin. Alexis Tsipras, autrefois boudé par les partis de la gauche institutionnelle européenne, est aujourd’hui devenu leur coqueluche. Il y a de quoi, puisqu’il se contente désormais de vagues propositions néo-keynésiennes, bien éloignées de ses saillies gauchistes passées. Ainsi, il n’est plus question de sortie de la zone euro, ni d’annuler la dette. Le voici “prêt à négocier avec nos créanciers sur une solution mutuellement acceptable”,c’est-à-dire le rééchelonnement de la dette. Tout est dans ce “mutuellement“… En ce qui concerne le salaire minimum, l’un des principaux points du programme initial, il est désormais question d’une mise en œuvre progressive, ben voyons. Quant à revenir sur la législation sociale brisée par les partis précédemment au pouvoir (licenciements massifs légalisés, durée du travail hebdomadaire explosée, heures supplémentaires non payées, négociations collectives en charpie), une sage timidité prévaut désormais, avec un appel à renégocier tout ça. Voilà qui ne mange pas de pain. Quant à la lutte des habitant.e.s de Halkidiki contre le monstrueux projet d’exploitation de mines d’or par la compagnie “Eldorado Gold”, il déclare benoîtement que « la loi sera appliquée » et que « les contrats seront examinés ». Quel courage politique ! Enfin, en ce qui concerne la réintégration des milliers de travailleur.euse.s du secteur public licencié.e.s, ainsi que la remise en cause du Taiped, organisme gérant toutes les privatisations sous l’injonction des créanciers de la Grèce (touchant des entreprises publiques, des plages, des montagnes, des forêts) et provoquant des licenciements de masse, Syriza déclare : « nous allons étudier la légalité de ce qui s’est passé. » Tremble Phynance, ton heure est venue !

Les lendemains qui déchantent

Brèfle. Les réactions quasi-unanimes des classes dirigeantes européennes et de leurs médias aux ordres, saluant la victoire de Syriza, montrent assez que la manoeuvre a réussi, et les satisfait. En France, on peut reconnaître à ce sacré Jean-Marc Sylvestre une certaine franchise. Il se réjouit de l’élection de Syriza, car son échec programmé va selon lui montrer à toute la gauche contestataire qu’il n’y a pas d’autre solution possible que l’application des mesures d’austérité. Il est certain que le programme initial “anti-austérité” de Syriza, ne sortant absolument pas du cadre capitaliste, va s’avérer impossible à mettre en oeuvre. Syriza se contentera de jouer son petit rôle d’interlocuteur international pour négocier et rééchelonner la “dette” imposée aux Grecs. Ce qui contribuera à discréditer non seulement les âneries de la gauche keynésienne (nous ne nous en plaindrons certes pas), mais aussi, plus largement, les discours alternatifs à l’idéologie autoritariste et économiciste de l’organisation sociale. Cette hypothèse s’est confirmée lorsque les médias bourgeois proclamaient unanimement, après la victoire de Syriza, le triomphe de la gauche “radicale”, “révolutionnaire”, “anticapitaliste”, ce que Syriza n’est évidemment pas.[1] A travers l’échec et les désillusions programmés de Syriza, les classes dirigeantes veulent discréditer dans les médias tout anticapitalisme réel et conséquent, et nous plonger dans la résignation totale à leur diktat. Elles oublient juste que pour nombre d’entre nous, la lutte politique ne se joue plus dans le spectacle médiatique, mais dans nos vies réelles.

L’alternative au capitalisme ne peut qu’être révolutionnaire

La gestion politique du capitalisme, par essence inégalitaire et autoritaire, quels que soient les atours de “gauche” dont se parent ses tenants, ne peut conduire qu’aux désillusions. Avec la victoire de Syriza, la bourgeoisie qui flippait (et flippe encore) prévoit déjà l’étape prochaine. Partout en Europe, elle s’oriente vers une gestion autoritariste de la société, en forme d’occupation policière renforcée de l’espace social, de nouveaux dispositifs législatifs liberticides au nom de la “lutte antiterroriste”, de mise au pas des espaces de lutte dans et hors le monde du travail. Nous n’en sommes pas encore au “fascisme”, sinon nous ne pourrions même pas rédiger cet article, mais il est grand temps de reprendre un temps d’avance sur nos adversaires de classe, qui ne cessent de montrer qu’ils sont bel et bien organisés. Les dirigeants font feu de tout bois pour accroître la répression tous azimuts des pauvres et des révolté.e.s.

Pour en revenir à la Grèce, contrairement à ce que le spectacle médiatique prétend, la victoire de Syriza ne fait pas l’unanimité chez les militant.e.s, bien loin de là. Nos camarades anarchistes, très présents en Grèce dans les mouvements sociaux, ont appelé à une grève du vote. Force est de constater que, dans un pays où l’abstention est interdite, conduisant à des difficultés pour l’obtention de papiers (passeport, permis de conduire), l’abstention reste impressionnante pour ces élections grecques pourtant surmédiatisées, s’élevant à 36 %. Soit bien plus d’abstentionnistes que de personnes votant Syriza… c’est étrange, les médias en parlent peu.

Et pour cause. Il s’agit de taire le fait historique incontournable, que les conquêtes des droits et des libertés sont le résultat, aujourd’hui comme hier, des luttes autonomes des opprimé.e.s. Des alternatives de vie et de luttes existent déjà en nombre à travers toute la Grèce, mais aussi en France, en Europe, dans le monde. Ce sont elles qui changent le rapport de force, loin du spectacle médiatique et politicien. Pour nous redonner la patate, voyons ou revoyons le film documentaire “Ne vivons plus comme des esclaves”, qui présente les témoignages de nombreux.ses camarades grec.que.s mettant en place des alternatives de vie et de lutte réelles et efficientes, résistant à la guerre que nous mènent les capitalistes. Puis mieux encore : éteignons nos écrans, et retroussons-nous les manches.

Pavillon Noir, 26 janvier 2015

[1] Le parti grec se prétendant “anticapitaliste” (lol) et se présentant aux élections grecques était Antarsya… et n’a fait que 1%.

[2] Visible par exemple sur youtube : http://youtu.be/rpqk24qvoR4

Enquête judiciaire sur les mobilisations survenues en 2012 au centre de détention de Roanne

Salut,

on relaie une info des copains de Sainté de l’émission Papillon (lire la suite), cela nous concernce car à cette époque nous avions fait une petite émission sur Radio Campus

rappel : ITW JMR

ABOLITION DE LA PRISON

Un  anarcho-syndicaliste

ci après le communiqué des copains animateurs de l’émission papillon

 

Enquête judiciaire sur les mobilisations survenues en 2012 au centre de détention de Roanne

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—————————— Fin octobre 2014, nous animateurs de l’émission anti-carcérale Papillon, diffusée sur Radio Dio à Saint-Etienne, avons été convoqués en tant que témoins par la police judiciaire de Lyon dans le cadre d’une commission rogatoire portant sur les luttes des prisonniers survenues en 2012 à Roanne. Nous, animateurs de l’émission Papillon, souhaitons contextualiser cette enquête. Entre 2012 et 2013, de nombreuses luttes individuelles et collectives ont eu lieu dans différentes détentions, un peu partout en France. Des prisonniers témoignent, rédigent des plate-formes de revendications et des pétitions, tournent des vidéos, et pour se faire entendre, certains réussissent parfois à entrer en contact avec des journalistes et/ou à accéder à l’Internet. Ils ne dénoncent pas uniquement leurs conditions de détention : ils exigent que cessent le racket et l’exploitation subis au profit d’entreprises privées ; ils se mobilisent contre l’arbitraire et la répression de l’administration pénitentiaire, les violences des matons, le cumul des peines à l’intérieur, les régimes différenciés, les quartiers d’isolement et les mitards ; ils réclament des aménagements de peine et le rapprochement familial ; ils hurlent le manque de soin, les morts en détention. Pourtant, les médias privilégient le discours corporatiste des syndicats pénitentiaires, et rares sont ceux qui s’attachent alors aux paroles de l’intérieur pour rendre compte de ce qui se passe. Malgré une faible audience, les médias alternatifs et anti-carcéraux ont à cœur d’assurer un relais régulier de la situation des détentions pour soutenir les prisonniers, et poser le problème politique de l’enfermement et de l’existence même de la prison. Le centre de détention de Roanne ouvre en 2009. Nous constatons très rapidement que les incidents en détention sont de plus en plus judiciarisés. Le tribunal local qui était menacé de fermeture retrouve un peu d’activité. Dommage pour les prisonniers qui voient leurs peines se cumuler. Nous tentons alors de comprendre et de faire savoir ce qu’il s’y passe, sur la base des écrits et des dires de prisonniers, ex-prisonniers et parfois de leurs proches. Certains se retrouvent en conflit larvé avec l’administration pénitentiaire, d’autres subissent des mauvais traitements de la part de surveillants, nombreux croupissent en régime fermé au D0, peu bénéficient de permissions de sortie et                  d’aménagements de peine, des familles sont humiliées au parloir, etc. A tel point qu’en 2012, parce qu’ils ne sont pas des chiens, des prisonniers rédigent une lettre de revendication collective et anonyme. Un peu plus tard une charge de surveillants sur des prisonniers refusant de remonter de promenade est filmée et diffusée sur l’Internet. Encore récemment, entre novembre et décembre 2014, trois prisonniers prennent le risque de monter sur un toit, pour partir de cette prison, même en transfert disciplinaire.

En 2012, ce qu’il se passe au CD de Roanne revient régulièrement sur la place publique et des actes de solidarité avec les prisonniers ont lieu à l’extérieur. Ne pouvant tolérer autant de révoltes médiatisées et soutenues, les surveillants syndiqués sont passablement énervés de ne plus avoir le monopole de la parole et de subir une dénonciation frontale. L’administration pénitentiaire doit reprendre le contrôle sur la détention et sur la circulation de l’information entre dedans et dehors. Si elle concède de menues améliorations des conditions de détention, elle orchestre surtout une répression sévère, divise les détenus et cherche des « meneurs ». Une commission rogatoire est alors ouverte afin de sanctionner une liste d’actes soi-disant commis en lien avec ces événements.

Nous animateurs de l’émission Papillon avions pour certains un proche incarcéré dans ce CD à qui nous rendions visite au parloir. Cela a pu être un prétexte pour la pénitentiaire de le désigner comme un de ces «meneurs». Si la police judiciaire s’intéresse aujourd’hui aux activités de ses proches, amis ou contacts, elle s’intéresse également à d’autres prisonniers soutenus publiquement à cette époque, ainsi qu’aux médias l’Envolée, Rebellyon et le Numéro Zéro qui ont relayé les histoires de Roanne, et aux différentes formes d’échanges entre l’intérieur et l’extérieur.

Nous profitons de cette occasion pour adresser un message aux prisonniers qui n’acceptent pas la prison et l’enfermement. Depuis des années, certains sont en conflit avec des surveillants, portent plainte contre l’administration pénitentiaire, rédigent des plates-formes de revendications, refusent de réintégrer leurs cellules, participent à des mouvements collectifs, font des prises d’otages, etc. Vos paroles sont filtrées, censurées et rarement audibles. Vous êtes passés par les cases justice et prison, eh bien vous êtes condamnés au discrédit. Vos prises de position, vos luttes seraient scandaleuses… Vous exprimez souvent la nécessité de l’existence de médias, de collectifs anti-carcéraux et d’associations de soutien qui vous donnent la parole et brisent l’isolement. Cela dit, vous êtes les mieux placés avec vos proches pour décrire vos expériences propres du quotidien carcéral comme préalable à la critique de l’institution et du pouvoir pénitentiaire. A l’heure où l’enfermement  se généralise dans un contexte économique et social toujours plus dégradé et dégradant, il nous semble essentiel de dire que ce que vous vivez nous concerne. A nous tous dehors, de nous y intéresser, d’établir et de renforcer des solidarités.

Les animateurs de l’émission Papillon.

Procès de la Crochette : Jeudi 29/01

Salut à tous-tes !

Pour rappel : le procès d’expulsion de la Crochette a (encore) été
repoussé à jeudi 29 janvier.
Comme d’habitude : on se retrouve à 8h30 devant le tribunal de Clermont
(place de l’Etoile) pour montrer notre soutien au lieu. La mobilisation
devant le tribunal sera suivie d’un temps de papote autour d’un café à
la Crochette. Le lieu est toujours privé d’électricité, tout comme
Guantanamo, et malgré toutes les démarches effectuées pour avoir de
nouveau du courant, la situation est pour le moment au point mort.

On a toujours besoin de forces vives et d’énergie pour continuer à faire
vivre le lieu, même dans le noir, même dans le froid !

Pour les motivé-e-s : un stock d’affiches qui annoncent le rassemblement
et le procès de jeudi n’attend que vous à la Crochette pour aller égayer
les murs de Clermont !

A jeudi,

Rage et Joie

CLE

Fuckuchima: bientôt 4 ans et des fuites ailleurs (Bugey…)…

Communiqué de presse de Sortir du nucléaire Bugey suite à la nouvelle fuite de tritium à Bugey et l’annonce de la prolongation de Bugey 5 jusqu’en 2022

Un communiqué du CNPE (en date du 9 janvier) révèle l’existence d’une nouvelle fuite de tritium dans les eaux souterraines du site de Bugey.

Nouvelle fuite ?… Oui, car, déjà, fin 2012, début 2013 la centrale avait « laissé échapper » des quantités très importantes de cette forme d’hydrogène radioactif.

Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, la centrale nucléaire du Bugey ne serait pas fiable et laisserait fuir des éléments radioactifs en quantité ?

Dans la communication du CNPE, on peut lire que le tritium « présente une très faible énergie et une très faible toxicité́ pour l’homme et l’environnement ».

Or, le tritium, qui est un élément gazeux ou liquide, est très difficilement confinable ; il traverse les métaux et le béton. L’industrie nucléaire a longtemps considéré cet élément radioactif — et continue de le présenter — comme inoffensif, mais des études récentes montrent que la toxicité du tritium a largement été sous-évaluée, notamment quand il est absorbé par l’organisme. Il pénètre alors dans l’ADN des cellules.

Ce n’est effectivement pas la première fuite de tritium à la centrale du Bugey, une affaire juridique est en cours pour la fuite survenue en 2012.

Le 15 octobre 2012, l’exploitant de la centrale nucléaire du Bugey avait déclaré à l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) un événement ayant des conséquences  pour l’environnement, relatif à une évolution très anormale de la teneur en tritium dans les eaux souterraines au droit du site. Il est à rappeler que la centrale se situe en amont de Lyon.

Le 22 février 2013, le Réseau “Sortir du nucléaire” a déposé une plainte pour pollution des eaux. Le Parquet de Bourg-en-Bresse a décidé d’engager des poursuites. L’affaire sera audiencée très prochainement.

Alors que l’ASN vient de prendre sa décision d’autoriser la prolongation du réacteur n° 5 jusqu’en 2022 [Ce réacteur n°5 est reconnu par cette même ASN comme … fuyard ! Il devra ainsi être soumis à de nouveaux tests d’étanchéité avant fin 2016 ! Mais, cela ne pose apparemment aucun problème : l’ASN autorise le fonctionnement d’un réacteur qui fuit… En 2022, il aura 43 ans, si tout va bien jusqu’à là…], nous apprenons l’existence de cette nouvelle fuite de tritium. De toute évidence, cette installation nucléaire, qui a largement dépassé son temps initial de fonctionnement, est de plus en plus vétuste, et présente des signes très inquiétants en termes de sécurité et de santé publiques. Mais EDF s’acharne à maintenir coûte que coûte en activité cette installation alors que des signaux très alarmants se multiplient depuis des mois… Faut-il réellement attendre une véritable catastrophe pour réagir ?… NON, la centrale du Bugey n’est NI propre, NI fiable.

SDN Bugey réclame et exige l’arrêt de Bugey qui, en plus d’être un gouffre financier, représente un véritable danger pour les populations et les travailleurs.

Mailing, 20 janvier 2015

 

RAPPEL

Nucléaire : de la mine aux déchets, tous concernés !

Présentée comme un « cycle vertueux » par le lobby nucléaire, l’exploitation de l’uranium cache en réalité une chaîne du combustible sale, polluante et non-maîtrisée. De la mine aux déchets, le nucléaire génère des pollutions très dangereuses, nous plaçant sous le risque permanent d’un accident. Nucléaire : de la mine aux déchets, nous sommes tou-te-s concerné-e-s !

Projet Cigéo à Bure : non à l’enfouissement des déchets radioactifs !

Bure : c’est dans ce petit village de la Meuse que l’industrie nucléaire veut enfouir ses déchets les plus dangereux, qui resteront radioactifs pendant des millions d’années. Parce que laisser enfouir ces déchets, c’est laisser la possibilité à l’industrie nucléaire de continuer à exister, le Réseau apporte un soutien aux collectifs mobilisés contre l’enfouissement et amplifie la lutte contre Cigéo.

Nucléaire : stop au rafistolage !
La France compte 58 réacteurs nucléaires conçus pour fonctionner 30 ans. Mais EDF veut les rafistoler pour prolonger leur activité jusqu’à 50 voire 60 ans, malgré les risques majeurs et les coûts astronomiques que cela impliquerait. Pour obtenir l’arrêt des réacteurs de plus de 30 ans, nous menons depuis plusieurs mois une campagne « Nucléaire : STOP au rafistolage ! »

 

[Charlie, la chasse aux sorcières commence : ] Le rectorat suspend le prof et saisit la justice

Accusé par des parents d’élèves d’avoir perturbé la minute de silence, un professeur de philo du lycée Victor-Hugo à Poitiers est mis à pied. Il se défend.

 
Jean-François Chazerans a reçu le courrier lui, notifiant sa suspension. Aucun motif n'est indiqué.

Jean-François Chazerans a reçu le courrier lui, notifiant sa suspension. Aucun motif n’est indiqué.
(Photo Patrick Lavaud)

 

Jacques Moret organisait hier après-midi la mobilisation pour les valeurs de la République (lire plus bas). Dans son introduction il rappelait: « Le 8 janvier, il y a eu aussi l’inacceptable commis par quelques enseignants qui n’ont pas observé la minute de silence avec des arguments dérisoires invoquant une absence de nécessité. Ou des arguments plus contestables estimant que ce n’était pas le moyen le plus approprié. Mais aussi des arguments inadmissibles pour des fonctionnaires cautionnant plus ou moins les attentats. » Et le recteur de promettre des sanctions si ces faits étaient avérés. 
Ainsi, un professeur de philosophie du lycée Victor-Hugo à Poitiers est suspendu à titre conservatoire pour 4 mois (*) depuis mercredi. Il a été remplacé.« Sur ce cas, il y a eu des plaintes de familles, nous a confié le recteur. L’enseignant aurait tenu des propos déplacés pendant la minute de silence. J’ai immédiatement diligenté une enquête. Le professeur a été suspendu. Il fallait l’éloigner de ses élèves. La procédure suit son cours. Le conseil de discipline statuera sur la suite de sa carrière. » Par ailleurs, Jacques Moret a porté l’affaire en justice hier soir. « Le recteur m’a effectivement dit qu’il me saisissait sur le fondement de l’article 40, nous a confirmé le procureur de la République Nicolas Jacquet. Je n’ai pas à cette heure les éléments en main. » L’apologie du terrorisme est évoquée. Mais le rectorat n’en dira pas plus.

Jean-François Chazerans par contre nous a livré sa version. Ce professeur de philo mis en cause est connu pour son militantisme d’extrême gauche. Enseignant à Victor-Hugo depuis 2005, il est apparu très ému hier midi. Sous le choc. Voici sa vérité. « J’ai été interrogé lundi par deux inspecteurs d’académie. Ils m’ont dit que leur rapport serait le soir même sur le bureau du recteur et le lendemain sur celui de la ministre. Je ne sais pas ce qu’on me reproche. Je ne sais pas quel cours, quel débat est concerné. On m’a juste dit « ce sont des propos qui ont été tenus en classe« . On évoque qu’il y avait eu des plaintes d’élèves et de parents qui sont montées directement au rectorat. Je suis sonné, je m’attendais à tout sauf à ça. Ce fameux jeudi, j’ai organisé des débats avec mes six classes de terminale. Le but était de comprendre les causes du terrorisme en sortant autant que possible de la passion et de l’émotion du moment. »

« Les djihadistes sont des fascistes »

Jean-François Chazerans poursuit. « Ce sont les élèves qui étaient demandeurs. J’étais réticent. Je n’aime pas évoquer à chaud de tels sujets. Devant leur insistance et leur état de choc, j’ai décidé de mettre en place ces débats. » 
Eludant la fameuse minute de silence (**) - « Je n’y étais pas » -, le prof engagé condamne aujourd’hui sans ambiguïté les attentats et leurs auteurs. « Ma réaction de citoyen est de dénoncer avec force ces actes odieux, horribles. On ne peut quand même pas m’accuser d’avoir la moindre sympathie pour les djihadistes. Ce sont des groupes fascistes que je combats. Il n’y a pas eu une quelconque apologie du terrorisme lors de mes cours. Au contraire… » Le prof fait montre d’incrédulité. « Je ne comprends pas. Je décide de m’exprimer car je ressens un fort sentiment d’injustice. »

 

(*) Pendant sa suspension, le professeur bénéficie de l’intégralité de son traitement. Il peut former des recours gracieux, hiérarchique ou contentieux pour contester cette décision.
(**) Au moment où nous avons interrogé le professeur, il ignorait qu’on lui reprochait d’avoir perturbé la minute de silence.

Leur presse (Centre Presse)

Orange: suicide en fRance, licenciements en Espagne

Jeudi 22 novembre, quelque personnes se sont rassemblées devant Orange pour un piquet de solidarité internationale organisée par la CNT-AIT 63. Nous avons diffusé 100 tracts expliquant les conditions de travail à Orange. Les suicides en fRance, on connaît : en Espagne, les conditions ne sont pas mieux, mais en plus quand les anarchosyndicalistes de la section syndicale CNT-AIT à Salamanque l’ouvrent, c’est licenciements… Tract ci-dessous:

fichier pdf Orange.13

piquet orange 

Quelques réactions sympathiques, dont un boycott… Le vigile est venu nous voir, a pris un tract, et ça l’a…… fait rire. Cette action a eu lieu dans le cadre de la semaine internationale organisée par l’AIT.(http://www.iwa-ait.org/content/first-round-bout-against-arvato-qualytel) .

Pendant l’Union Nationale, tandis que les militaires armées pavanent Place de Jaude, la violence patronale continue. Nous ne sommes pas Charlie. Nous sommes anarchosyndicalistes.

 


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