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Archives pour février 2015


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De la nécessité de se retrouver – campement autogéré à Bure

Un communiqué de Vladimir, Martine & Co.

Nous venons des contre-sommets, des campements Action Climat, des villages No Border, des luttes à Notre-Dame-des-Landes, au Val de Suse ou à Sivens, des luttes anti-nucléaires comme à Valognes, Montabot ou Bure, des luttes sociales, féministes et anti-autoritaires…

Si toutes ces luttes sont singulières, nous sommes nombreux.ses à y porter les mêmes idéaux d’horizontalité et de réflexions pour combattre toutes les formes de domination. Nous trouvons aussi du commun dans nos modes de vie et d’action. Ces combats se croisent parfois, et se renforcent mutuellement.

La logique capitaliste aménage le territoire, ravage nos environnements, cherche à réduire nos vies au travail et à la consommation. Face à cela nous répondons par le squat, le blocage, le sabotage, par des pratiques visant à nous autonomiser de ce monde.

Mais nous constatons que cela n’est pas suffisant. Car si nous gagnons des moments d’autonomie, nous perdons du terrain.

Pour se renforcer et approfondir nos liens, il faut créer des moments de rencontre, confronter nos pratiques de luttes et nos modes d’organisation, réfléchir aux points de discorde qui agitent nos milieux, et ce, loin des calendriers imposés par les sommets et autres farces d’unité nationale.

Cet été, retrouvons-nous pour un campement autogéré à Bure, en Meuse, là où ils construisent de force un centre international d’enfouissement des déchets radioactifs… Nous voulons discuter de nos stratégies, avant d’envisager ensemble des modes d’action collective pour ancrer nos résistances, à Bure comme ailleurs.

Par ailleurs, la prochaine grande messe mondiale du climat (COP 21) qui aura lieu à Paris en décembre 2015 va une nouvelle fois focaliser l’indignation habituelle. Ne nous laissons pas divertir par cette mascarade. Nourrissons-nous plutôt des trajectoires transversales déjà créées, du Chiapas à Exarchia, de Ferguson à Villiers-le-Bel.

Nous n’avons rien à voir avec « l’international » de leurs sommets, pour nous le dépassement des frontières se construit plutôt dans les liens que l’on tisse entre nos mondes.

Notre colère n’est pas réversible. Elle s’organise.


Vladimir, Martine & Co *
vmc@riseup.net

* En hommage à notre camarade malgré lui, qui nous a débarrassé du patron de Total.

petite BD à lire : http://www.soyons-sauvages.antifa-net.fr/wp-content/uploads/2015/02/vmc-public-v3.pdf

lu sur : soyonsauvage

PS : y’a des réunions pour en causer dans le 63 (+ d’infos cntait63@gmail.com)


L’horreur à Béziers, ville pro FN

béziers

Béziers : la police municipale patrouille armée depuis dimanche 8 février. A noter que personne dans « l’opposition » (PS, FdG) n’a voté contre…

Aux mains de l’Etat, la force s’appelle droit. Aux mains de l’Individu, elle se nomme crime. (M. Stirner=

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[Go Veg@n] Animaux: 70 ans après, la libération n’a toujours pas eu lieu

Il y a 70 ans, le monde découvre l’horreur des camps de la mort. Des cadavres puants et faméliques agglutinés sur le sol et dans les charniers. L’odeur des cendres, témoignage du professionnalisme macabre des ingénieurs de l’infamie. La bête humaine venait d’engendrer son propre fléau.

Mais la libération des déportés n’a pas fait disparaître les camps. Au contraire, l’injustice perdure à notre époque encore, sous une autre forme et avec une violence peu commune, dans des établissements que l’on connaît mieux sous le nom d’ »élevages » et d’ »abattoirs ». Ces lieux où l’on élève et exécute, à l’abri des regards, des milliards d’animaux à travers le monde dans une indifférence misérable.

Des « camps » pour animaux

Si l’abattage des animaux domestiqués existe depuis des millénaires, l’industrialisation et l’uniformisation des élevages a apporté une dimension nouvelle à l’injustice faite aux bêtes. Cette industrie prend son impulsion et sa forme moderne en 1865 à Chicago avec l’Union Stock Yards, complexe gigantesque concentrationnaire où l’on parque sans états d’âme une pléthore d’animaux destinés à la consommation humaine. Dans ces camps de concentration pour animaux, on élève, tue et dépèce mécaniquement des mammifères par milliers. Ce travail « à la chaîne » est à l’époque tellement révolutionnaire qu’un certain Henry Ford s’en inspire pour élaborer son modèle de production automobile. La viande devient bon marché et synonyme de réussite. Par la suite, l’activité et la demande se développent de manière fulgurante jusqu’à la production irrationnelle que l’on connaît aujourd’hui.

Les Union Stock Yards en 1947 (Source : Wikimedia Commons)

 

 

Les Union Stock Yards en 1947 (Source : Wikimedia Commons)

« Chicago nous a montré la voie; c’est dans les abattoirs de Chicago que les nazis ont appris comment gérer les corps », écrit l’écrivain J.M. Coetzee (1). La comparaison entre l’horreur des abattoirs et celle des camps de concentration n’a rien d’inepte. L’idéologie nazie faisait des Juifs des « animaux innocents » semblables aux nuisibles qu’on se devait d’exterminer afin d’ »éviter tout dégât » (2). Le Juif, ce « nuisible » devient un animal dont il faut se prémunir. Un animal à abattre, donc. Alors, on le déporte, comme l’animal en chemin vers l’abattoir, dans un de ces « wagons à bestiaux », entassé avec les autres dans une atmosphère suffocante.

Mais avant d’animaliser l’homme, il a bien fallu animaliser l’animal. La néantisation de l’individualité humaine n’est que le prolongement de la chosification des animaux. Réduire l’homme à l’animal, c’est d’abord réduire l’animal en un moins-que-rien. L’animal se transforme en idée abstraite, loin de toute définition possible. L’animal, ce n’est rien de plus que cet « étranger ». Celui qui ne peut prétendre à la même considération que celle de la classe supérieure de l’humanité. À partir de là, il n’y qu’un pas avant de chosifier l’humain en animal-étranger. Exécuter l’animal ou l’individu chosifié, ce moins-que-rien, devient presque anecdotique.

L’animal -cette individualité transformée, sous couvert de « gastronomie », en matière sanguinolente au service d’une obsession nourricière boulimique- est réifié par l’industrie de l’agroalimentaire. Bien évidemment, non pour des raisons relatives à la haine, mais au profit. Quand la mort devient rentable, elle ne connaît plus de limites. Derrière les abattoirs, on ne tue pas par idéologie de l’exécration, mais par goût du rendement. En fin de circuit, le consommateur s’y retrouve, alimenté depuis toujours par l’illusion de la « chaîne alimentaire ».

Tuer humainement?

On peut convenir -et c’est d’ailleurs un slogan à la mode chez les tenants de l’exploitation animale- qu’il est nécessaire aujourd’hui d’ »humaniser l’élevage » en traitant les animaux avec un certain respect. Cependant, il paraît toute de même curieux de vouloir « humaniser » l’élevage lorsque notre culture n’a cessé de creuser un fossé de différences entre l’homme et l’animal afin de justifier insidieusement l’oppression de l’un sur l’autre. Rendre l’élevage plus « humain » ne serait qu’une opération de fourberie publicitaire. On peut, par ailleurs, penser comme le philosophe américain Tom Regan que « l’humanité n’est pas dans l’œil du spectateur » (3). Lorsque c’est l’oppresseur qui délimite les contours d’une exploitation dite « humaine », il y a toutes les raisons de s’interroger sur ce qui peut devenir sans encombre un simple maquignonnage antinomique.

De surcroît, quel avantage peut-il y avoir à tenter d’ »humaniser », selon des critères iniques puisque définis arbitrairement, la mise à mort d’animaux manifestant un intérêt à poursuivre leur existence sinon, et toujours, la défense des intérêts de certains individus à prolonger leur business sereinement et avec l’approbation de la société ? Finalement, cette « méconnaissance intéressée », en empruntant l’expression de Derrida (4), des intérêts des animaux satisfait pleinement une profession qui fait de la mort une activité lucrative.

D’une autre part, on peut se demander pourquoi s’ingénier à rendre l’élevage plus « humain » en s’abstenant préalablement de s’interroger sur la légitimité de s’arroger un droit de tuer sur les animaux. Pourquoi utiliser des êtres humains comme des ressources serait foncièrement indéfendable, mais traiter les animaux comme moyens serait singulièrement et étonnamment acceptable ? Cette dissociation morale ne peut s’effacer avec ce trompe-l’œil que constitue l’idée d’un élevage plus « humain ». Humaine ou non, la réification des animaux relève de l’abus de pouvoir. Leur mise à mort relève, quant à elle, de l’ »assassinat », c’est-à-dire du « meurtre avec préméditation » comme le souligne la philosophe Élisabeth de Fontenay, citée récemment dans les colonnes du quotidien Le Monde. Pourtant, la réponse à cette injustice, qui atteint aujourd’hui son apogée, serait de libérer purement et simplement les animaux du joug de leur oppression.

Pour une libération animale

Cette libération ne doit pas être entendue au sens littéral. Il ne s’agit pas, comme certains s’amusent à railler d’une manière ingénue quoique précipitée, de « relâcher » inconsciemment les animaux dans la nature. Il est question, avant toute chose, de cesser l’eugénisme, la reproduction programmée, l’insémination artificielle et, in fine, la mise à mort de milliards d’animaux à des fins productivistes. L’utilisation attentatoire d’animaux comme ressource exploitable n’a plus sa place dans nos sociétés modernes.

Il y a 70 ans, le monde découvre l’horreur des camps de la mort. Cependant, l’indignation et la honte ne nous ont rien appris sur le sort des bêtes. Bien au contraire, la condition des animaux n’a cessé de s’aggraver grâce à la virtuosité sans limites de nos zootechniciens. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons plus faire comme si nous ne savions pas. Nous devons achever cette entreprise de libération.

Source: Huffington Post

Non ! Mais genre quoi… le 14/02/15 à l’HDV (Clermont Fd)

nonmaisgenrequoi

à lire sur CLE.SQUAT

JOURNÉE à PROLONGER: NON MAIS GENRE QUOI?

LE 14 FÉVRIER 2015

à l’HOTEL DES VIL-E-S
55 avenue de l’union soviétique,
63000 Clermont-Ferrand

PROGRAMME DE LA JOURNÉE:

11H-13H : Discussion SEXUALITÉ et AUTONOMIE où seront abordés les thèmes
du respect de soi et de la contraception.

CANTINE VEGAN

14H30 : CAFE-DIJO-PROJO: Projection de courts métrages

15H00 : ET CHANGE SUR LE GENRE

17H00 : MOMENTS de NON MIXITE « NON c’est NON ». Deux groupes seront
proposés sur les thèmes de l’auto-défense verbale et physique.

18H30 : Actions de rue avec propositions de collages d’affiches,
infokiosque à roulettes et autres selon les envies de chacun-e-s.

CANTINE BUFFET

Toute la journée: PAUSES LECTURES A VOLONTÉ avec MICRO EN ACCÈS
LIBRE !!

21h00 : CONCERTS

PETRA PIED DE BICHE
vague froide d’amiens
https://petravolta.wordpress.com/petra-pied-de-biche/

FLO MEKOUYENSKI
anne sylvestre du punk, Grenoble

LAURETH SULFATE
impro trans-unisex-e, Clermont-Ferrand
sortie de leur toute nouvelle cassette

TOUT à prix libre !!!

 

 

 

 

 

 

 

Inauguration du nouveau siège de la Banque Centrale Européenne | Francfort | 2015 Appel à la contre-attaque

Appel de la Destroika

Inauguration du nouveau siège de la Banque Centrale Européenne | Francfort | 2015
Appel à la contre-attaque

De grèves générales sans effet en journées « d’action » qui n’agissent sur aucune cible digne de ce nom, les luttes semblent partout buter sur le cadre national – au Portugal, en Espagne, en Italie, en France, en Grèce. L’échelle nationale, qui fut longtemps l’échelle par excellence de l’action politique, que ce soit pour l’État ou pour les révolutionnaires – est devenue celle de l’impuissance. Impuissance qui se retourne contre elle-même en une rage nationaliste qui, partout, gagne du terrain.

Il n’y a plus rien à faire du cadre national, et pas seulement parce qu’il va si bien à toutes les formes de réaction. Il n’y a juste plus rien à en attendre. Il est mort et enterré. L’État n’est plus bon qu’à servir la cuisine concoctée par la Troïka, cette Sainte Trinité faite du Fonds Monétaire International, de la Banque Centrale et de la Commission Européennes. Pour nous, le national n’existe plus. Il n’y a plus que du local et du mondial.

La Troïka ne se contente pas de dicter la politique d’États entiers, voire de les administrer directement, d’imposer les budgets et les régimes qui lui complaisent ; elle détermine aussi nos conditions de vie afin de nous réduire à de simples ressources humaines. Le sentiment d’être dominé, débordé et pour finir écrasé par un « moteur de l’Europe » auto-déclaré, ne cesse de se répandre en Europe, d’y devenir plus palpable.

Quiconque a un peu étudié les méthodes du FMI sait que celles-ci ne se limitent pas à une « stratégie du choc ». Le dispositif stratégique du FMI et de la Banque Mondiale comporte deux mâchoires : l’une est effectivement la brutalisation des sociétés par une restructuration économique violente, l’autre est un amortissement de ce choc par le micro-crédit, par l’incitation à monter partout de petits business, à s’intégrer même marginalement aux circuits économiques. Le but de cette double manoeuvre : faire partout, de tout et de tous, des entreprises. L’économie sociale et solidaire n’est donc pas le remède tout trouvé à la stratégie du choc, mais son complément efficace. Nous ne voulons pas une meilleure économie, sociale et solidaire, nous voulons la fin de l’économie – la fin du calcul, la fin de l’évaluation, la fin de la mesure, la fin de la mentalité comptable, en amour comme dans les ateliers.

Ce que nous vivons, c’est une destruction intentionnelle du social, une paupérisation calculée, une concentration accélérée de la richesse et du pouvoir et une instrumentalisation consciente, dans ce contexte, des ressentiments xénophobes. L’Allemagne est de toute évidence l’orchestrateur européen de cette offensive ; c’est donc elle que doivent prendre pour cible tous ceux qui entendent y répondre. Les réfugiés qui risquent leur vie, tous ceux dont les conditions d’existence sont toujours plus précaires et même feu la « classe moyenne », qui est en train de perdre, avec toute sécurité, ses dernières illusions – il est grand temps de se mettre en route, de reprendre nos vies en main, de créer des communes et de s’organiser.

Pour beaucoup de gens, c’est cela qui s’est passé sur les places de Tunis, du Caire, de Madrid, d’Istanbul et c’est encore cela qui se prolonge dans les quartiers de Thessalonique, de Rome, de Barcelone – partout où nous mettons en commun l’argent, les techniques, les savoirs et toute la vie autour de lieux partagés.

Du local à Francfort

Nous n’avons pas l’intention de répéter les erreurs structurelles commises dans le mouvement antiglobalisation : les activistes professionnels, les émeutes rituelles, les slogans abstraits, vides de sens, qui viennent figer nos révoltes – voilà ce dont nous ne voulons plus. Ce n’est pas sans raison qu’un certain nombre d’entre nous, à un certain point de ce mouvement, ont décidé de s’ancrer localement, de s’arracher à l’abstraction du global, pour retrouver un peu de réalité. Dans son reflux, le mouvement antiglobalisation n’était plus qu’un enchevêtrement de réseaux qu’il nous a fallu déserter : l’air y était simplement devenu si rare que nous y étouffions. Sans nos propres lieux, sans la terre, sans une force matérielle qui se déploie à même des territoires que nous habitons pleinement, notre destin aurait été scellé : devenir des VRP de la révolution et – qui sait ? – des politiciens, des représentants ou des gestionnaires. Construire des mouvements, constituer une nouvelle gauche ne sert qu’à nourrir des illusions renouvelées.

Il est indéniable que ce que l’on appelle cavalièrement les « luttes locales » a gagné, ces dernières années, une importance inédite. Certaines d’entre elles parviennent même à fixer le tempo du conflit pour le pays entier : le Val de Suse pour l’Italie, Notre-Dame-des-Landes en France, Gamonal en Espagne, Khalkhidiki en Grèce, Lampedusa-Hamburg en Allemagne. Ces luttes, pourtant, même là où elles semblent l’emporter, ne parviennent pas à dépasser un certain seuil politique, qui permet toujours aux gouvernements de les traiter comme marginales.

Ce serait se condamner à la défaite que d’en rester là, que de nous en tenir à l’auto-centrement. Face à la guerre sociale qui nous est faite, il ne suffit pas d’aligner toutes nos « luttes locales » et de les présenter comme un front, magiquement uni par la glu de déclarations de solidarité. Comme il a fallu s’arracher, il y a dix ans, à l’abstraction du global, le moment est venu, à présent, de s’arracher à l’attraction du local ; voilà du moins la nécessité que nous éprouvons.

Nous luttons avec, derrière nous, toute la force des quartiers insoumis, des maisons occupées, des presqu’îles rebelles, des vallées en révolte. C’est tout le contraire de l’usuelle mise en réseau des luttes, qui ne sont jamais que l’alliance opportune entre diverses factions de politiciens, de représentants qui stérilisent tout à force de « négociations », et qui ne servent pour finir que leurs propres intérêts – comme toute bureaucratie, au reste. On ne représente que ce qui est absent – c’est donc notre présence en acte qu’il faut opposer à cet univers de la représentation.

Voilà pourquoi nous irons à Francfort

Plus le pillage est éhonté, plus s’approfondissent et se généralisent la soumission et la discipline, plus s’impose la nécessité de contre-attaquer – de défendre nos lieux, nos territoires, nos infrastructures et nos amitiés partout où elles sont confrontées à une attaque en règle, que celle-ci soit encore au stade de projet ou déjà en cours. Voilà pourquoi nous irons à Francfort : parce que la meilleure défense, c’est l’attaque.

Il nous faut porter nos expériences locales de mouvement sur un plan offensif plus élevé. Il se pourrait bien que la meilleure façon de vaincre les États nationaux qui nous font encore obstacle consiste à les prendre en sandwich – en nous portant directement en tant que force locale sur le plan européen. L’inauguration du nouveau siège, flambant neuf, de la Banque Centrale Européenne à Francfort nous procure enfin l’occasion de nous retrouver et de joindre toutes nos forces contre un ennemi commun tout désigné.

La différence entre cet événement et les mobilisations du mouvement antiglobalisation tient d’ores et déjà en ceci : nous ne parlons pas de donner rendez-vous à quelques dizaines de milliers d’activistes, de les mobiliser, mais d’enclencher une discussion internationale qui dépasse largement l’événement. Nous parlons de rassembler à Francfort toute la plèbe d’Europe – que ce soient les salariés au bord de la crise de nerfs, les citoyens floués, les travailleurs journaliers, les ouvriers restés sur le carreau, tous ceux qui, comme nous, veulent voir le vrai visage de l’ennemi, et le mettre en pièce.

Il s’agit de donner une juste cible à la rage diffuse qui monte partout sur le continent. Il s’agit de présenter la note pour tout ce que nous avons subi ces dernières années, de diriger notre rage contre ceux qui ont ourdi centralement, depuis le confort de leurs bureaux, leurs plans contre nous, de se soulever contre toutes les administrations qui, partout et chaque jour, les ont mis en oeuvre.

Voir la gueule effrayée des bureaucrates et les combattre côte-à-côte est la meilleure façon de ruiner le nouveau nationalisme européen. Pas plus que le local, l’Europe n’est en soi une alternative à la ruine des États-Nations. Ce n’est pas parce que nous haïssons l’État que nous succomberons aux charmes douteux de l’Empire. Au même titre que les vieux États nationaux, l’Europe est d’un côté une fiction, de l’autre une structure de gouvernement. Nous n’avons d’affinité ni avec l’une ni avec l’autre. Nous ne voulons pas nous réapproprier l’Europe et ses institutions véreuses, nous voulons les détruire. Notre idée de la vie et du bonheur ne sont compatibles avec aucune leçon d’austérité, avec aucune éthique du renoncement, de la performance et de l’autodiscipline.

Une nouvelle internationale, l’axe de la plèbe

La réponse à la situation présente nous semble résider dans la présence sans médiation de tous ceux qui se battent, de tous ceux, en Europe, que la Troïka a rendus surnuméraires, de tous ceux qu’une résistance individuelle à la dictature de l’optimisation ne satisfait plus. Pour faire face à l’offensive en cours dans tout ce qu’elle a de millimétré, de retors, de concerté, il nous faut aussi un nouvel imaginaire, une nouvelle idée de ce que signifie « lutter ensemble ».

Rien n’est pire, en pareille situation, que de simuler l’action. Même si nous sommes conscients que nos efforts, pris séparément, ont bien souvent un caractère symbolique, nous nous reconnaissons dans chaque attaque digne de ce nom, chaque geste qui ne se contente pas de rendre visible le refus, mais qui, en outre, le rend sensible.

Ce ne sont pas les managers de mouvements et autres professionnels qui doivent se retrouver, mais les luttes elles-mêmes. Et ce pas seulement par solidarité, mais aussi dans leur propre intérêt. Comprenez-nous bien : nous savons la force et les bonnes intentions des « actions de solidarité », même si la solidarité implique une distinction confortable et douteuse entre un « nous » et un « eux ». Mais c’est cette séparation qu’il nous faut dépasser – par une commune manifestation de puissance de tous ceux qui en ont marre et qui veulent reprendre leur vie en main.

Il y a déjà eu, dans les deux dernières années à Francfort, des essais de manifestation de rue contre la politique de la Troïka, de l’Union Européenne et de l’Allemagne (Blockupy et le M31). La réaction des forces de l’ordre a été démesurée. La première année, toute action a été interdite, la ville a été mise en état de siège et bouclée pour étouffer toute velléité de protestation. L’année dernière, une grande manifestation autorisée a été interdite sur décision unilatérale de la police, devenue acteur politique à part entière et non plus simple bras de l’exécutif.

Notre expérience à Hamburg en décembre 2013 nous a montré que l’on peut agir aussi en Allemagne en plein état d’urgence, si l’on sait rester imprévisible et par là incontrôlable. Un nombre assez grand de gens dispersés dans tout une ville, et déterminés à agir, peuvent réduire à l’impuissance un gigantesque dispositif policier.

Nous voyons dans les manifestations contre l’inauguration du siège de la Banque Centrale Européenne une occasion pour les différentes luttes de se rencontrer et de décupler leur force de frappe. Notre but doit être, un peu comme dans la lutte contre les transports de déchets nucléaires Castor, de voir les différentes formes de lutte comme un enrichissement réciproque, et non comme des contradictions paralysantes.

La différence entre ce qui se prépare maintenant pour Francfort et les années précédentes, c’est qu’il ne s’agit pas de manifester à une date choisie symboliquement, mais que nous allons marcher effectivement sur la tête des puissants d’Europe qui, cette fois, seront en ville. Par ailleurs, Francfort est une métropole économique qui n’abrite pas seulement la Banque Centrale, mais toutes sortes de sièges de banques, de multinationales, d’assurances, de sociétés immobilières et de communication.

Comptez avec nous !

Ils pensent pouvoir faire leurs affaires sans nous. Ils ne voient même pas que nous sommes toujours plus nombreux à déserter leur monde de l’autovalorisation permanente, à échapper à leur manie de la mesure généralisée. Il y aura vengeance pour toute leur politique de paupérisation, de destruction, de dévaluation de tout ce qui vit. Pour toutes les humiliations dans les bureaux des administrations, pour toutes les fois où l’on nous a fait courir comme des hamsters en cage, pour toute la crainte de n’être pas assez jeunes, pas assez athlétiques, pas assez flexibles. Et parce qu’ils ne démordent pas de leur monde qui s’effondre de plus en plus visiblement, parce qu’ils ne comprennent pas d’autre langage que celui-là, nous leur disons : voici la note, vous allez payer, et cher !

Les insurrections des dernières années en tant de points du globe le démontrent : la révolution est parfaitement possible. Elle frappe à la porte de l’Europe – défonçons la porte !

CE QUI EST EST – CE QUI N’EST PAS, EST POSSIBLE.
(Einstürzende Neubauten)

lu sur http://destroika.noblogs.org/fr/

[Chili] : Tamara Sol condamnée à 7 ans de prison

Après une semaine de procès, en ce 4 février 2015 l’inquisition démocratique a de nouveau décidé de la vie des gens. Cette fois, la compagnonne Tamara Sol Farias Vergara a été condamnée en accord avec la thèse du parquet et les réquisitions de plusieurs années, après plus d’un an passé en détention préventive à la prison de San Miguel depuis janvier 2014 où elle avait été arrêtée après avoir tiré sur un vigile de la Banque Estado.

 

Aujourd’hui leur justice condamne Tamara à :
- 7 ans de prison ferme pour tentative d’homicide qualifié
- 61 jours et une amende de 5 UTM [à peu près 300€] pour vol [du revolver du vigile blessé. NdT]

Le tribunal a rejeté les circonstances atténuantes de « conduite antérieure irréprochable » et de « collaboration » pour sa déclaration au parquet où elle a reconnu les faits, en plus de rejeter la thèse de la défense qui signalait que Tamara ne se trouvait pas dans son état normal au moment de réaliser l’action [sic].

Durant la lecture du verdict, à l’intérieur de la salle, la famille a insulté les juges en les traitant de « fascistes » et les a accusés d’avoir mené un procès tendancieux et politique, tout en lançant des tracts avant d’être maîtrisée par les gendarmes [Ndt : suite à quoi le parquet a déclaré qu’il allait ouvrir un dossier pour menaces sur les juges et le procureur].

Il reste à attendre que la défense fasse appel, pour tenter d’obtenir un rabais de la peine ou un nouveau procès.

Rien à attendre de leur justice !
Pas de collaboration avec le lynchage social !
Liberté pour Tamara Sol !

[Traduit de l’espagnol par nos soins de Publicación Refractario.]

Choppé sur nonfides

Solidarité avec le Cleah, collectif antifasciste et antispéciste

Le CLEAH – Collectif libertaire pour l’égalité animale et humaine – lutte depuis des années pour la libération animale et contre le racisme et le fascisme dans le mouvement pour les animaux, notamment contre Brigitte Bardot et sa fondation. Diabolo, notre camarade à l’origine de ce collectif a toujours dénoncé le racisme dans la cause animale, de la FBB à Sea Shepherd. Ancien militant du Scalp, il a monté Vegan Ethik, un espace unique avec espace skatebord et skateshop, librairie, epicerie bio et vegane, tatouages, piercings, expos, soirées debats etc …

Le CLEAH avait crée des badges à l’effigie de Bardot la facho pour dénoncer son racisme et celui de sa fondation, vendu à 2€. La FBB a intenté un procès au CLEAH qu’elle a remporté et le CLEAH doit versé un dédommagement de 6000€, somme que bien sur le collectif n’a pas … Il a été mis en place un texte de soutien et la possibilité de les aider financièrement sur Le Pot Commun. Nous avons relayé leur appel sur notre blog et sur notre facebook. Nous faisons appel au soutient d’autres groupes anti fascistes, vegans ou non, afin de relayer la situation du CLEAH et leur appel au don ! Un petit mail de soutient, un peu de monnaie, bref un ptit geste de solidarité fait toujours plaisir !

L’appel au don sur Le Pot Commun

Espagne : Libération surveillée des compagnon-ne-s détenu-e-s lors de l’Opération Pandora

Le 30 janvier dans la nuit, les 7 compagnons et compagnonnes qui étaient encore en prison suite à leur arrestation le 16 décembre dans le cadre de l’Opération Pandora ont été remis-es en liberté.

 

Un jour avant, le Jury d’Instruction 3 de l’Audience National a fait tomber le secret d’instruction, et pour ce qu’on en sait jusqu’à présent, à travers ce qu’ont diffusé les Mossos d’Esquadra sur leur page web au sein d’un communiqué de presse, on y trouve des accusations telles qu’appartenance aux GAC, des attaques de banques, des envois de colis piégés (un à l’archevêque de Pampelune, un à un membre de la congrégation fasciste Légionnaires du Christ, à Madrid, et d’autres à des entreprises italiennes), tandis « qu’on les relie » par ailleurs, toujours selon la police, aux attaques explosives contre la cathédrale de la Almudena à Madrid (7 février 2013) et contre la basilique du Pilar à Saragosse (2 octobre 2013), ce dernier fait ayant mené à l’accusation et la mise en prison préventive de nos compagnon-ne-s Mónica et Francisco.

Le communiqué policier s’achève sur un victorieux « selon les enquêteurs, la structure des GAC/FAI-FRI est désarticulée en Catalogne, principal bastion de cette organisation criminelle à finalités terroristes contre l’État espagnol ». Ce que ne reconnaissent pas (et ne reconnaîtrons jamais) ces serviteurs du pouvoir, c’est qu’ils cherchaient, à travers cette opération, à générer de la peur chez tou-te-s les autres compagnons et compagnonnes, ce qui n’a pas seulement échoué, mais qui, nous pourrions l’affirmer sans aucun doute, a généré l’effet inverse.

Sans nul doute, leur remise en liberté et le fait de les réaccueillir parmi nous est une occasion à célébrer, autant parce qu’ils et elles ne sont plus enfermé-e-s que parce qu’ils et elles sont de nouveau parmi nous pour lutter coude à coude contre ce monde de merde. Mais c’est une « célébration » qui ne peut rester que partielle, parce que les accusations restent en place, tout comme les mesures de contrôle judiciaire (obligation de signer 3 fois par semaine, retrait de passeport, etc.), et que Mónica et Francisco sont toujours dedans… pour ne pas parler de tou-te-s les compas qui risquent différentes peines de prisons dans différentes affaires et celles et ceux qui ont déjà été condamné-e-s.

Jusqu’à ce que tou-te-s soient libres !

[Repris de Contrainfo.]

TGI de Montpellier : solidarité avec les trois inculpés pour récupération de nourriture périmée

Le 27 mai 2014, un groupe de 3 personnes a récupéré des sacs de nourriture dans les poubelles du supermarché « Intermarché Frontignan ». La nourriture ainsi récupérée était « périmée » de quelques jours, quelques heures parfois, mais ne présentait aucun danger à la consommation. Ces denrées ayant perdu leur valeur monétaire (mais pas nutritionnelle !), elles étaient destinées à être jetées.

Ils ont été arrêtés par la Brigade Anti-Criminalité (BAC) en sortant du parking du magasin, et ont ensuite passé 12h en garde à vue au commissariat de Sète pour avoir « frauduleusement soustrait des denrées périssables avec date dépassée ». Pour ce motif, et alors que Intermarché n’a pas porté plainte, ils seront poursuivis devant la justice. 

Quel mal y a-t-il à récupérer des « déchets » dans les poubelles pour nourrir ceux qui ont faim ?

La pauvreté est peu à peu criminalisée, cette histoire en est un exemple flagrant.

Le gâchis, ces tonnes de victuailles jetées et la consommation à outrance doivent nous faire réfléchir : jusqu’à quand la planète et les humains qui la peuplent pourront tenir à ce rythme-là ?
La société de consommation dans laquelle nous vivons, où le gaspillage devient la norme, devrait se poser les bonnes questions !

Savoir qui doit être jugé : ne seraient-ce pas les dirigeants (politiques, financiers, juges, flics, agro-alimentaires…) ?

Nous appelons toutes personnes, collectifs (formels ou non) qui trouvent cette situation ahurissante et intolérable à venir témoigner leurs soutiens aux 3 inculpés le mardi 3 février 2015, lors de l’audience de 14H au TGI de Montpellier

A cette occasion, nous partagerons ensemble une soupe

Collectif de soutien, janvier 2015

Espagne : Le juge ordonne la remise en liberté de tous les prisonniers de l’Opération Pandora

Javier Gómez Bermúdez communique aux avocats qu’aujourd’hui seront signées les ordonnances de remise en liberté conditionnelle sous caution de 3.000 euros des sept compagnon/nes incarcéré/es (quatre autres compagnon/nes avaient déjà été libéré/es sous contrôle judiciaire quelques jours après les perquisitions de décembre 2014). En plus des cautions (tout de même 21 000 euros en tout), le juge a rajouté trois pointages hebdomadaires au comico et la confiscation du passeport. Enfin, il a commencé à définir dans son ordonnance de remise en liberté des rôles en attribuant par exemple au compagnon arrêté à Madrid celui de « leader », notamment parce qu’à son domicile a été retrouvée une facture de l’impression de 287 exemplaires du livre édité par les GAC, « Contre la démocratie ».

 

Arrêtées le 16 décembre, elles sortiront de prison aujourd’hui. Elles auront passé un mois et demi derrière les barreaux après que les Mossos d’Esquadra aient pris d’assaut leurs domiciles dans le cadre d’une macro opération du nom de Pandora qui, selon le conseiller de l’Intérieur Ramón Espadaler, avait pour objectif la désarticulation d’une présumée organisation de “terrorisme anarchiste”. Des sources judiciaires ont confirmé la libération immédiate qui, coïncidence, tombe le jour où le département de presse des Mossos d’Esquadra a émis un communiqué dans lequel sont détaillées les accusations contre les personnes arrêtées.

Dans leur communiqué, les Mossos accusent les arrêtés de faire partie du “groupe criminel” nommé GAC, qui, selon eux, “ adhèrerait aux postulats de l’organisation terroriste FAI/FRI”, ainsi que d’avoir posé des engins explosifs le 10 avril 2013 contre des DAB de La Caixa à Barcelone et de la BBVA à Madrid. Les Mossos affirment aussi leur relation avec les godemichés-piégés reçus par l’archevêque de Pampelune, Francisco Pérez, et par le directeur d’un centre éducatif lié aux Légionnaires du Christ à Madrid le 21 décembre 2012, revendiqués par la FAI/FRI. Ils les relient également avec des lettres explosives du même genre envoyées le 6 septembre 2013 à une entreprise italienne avec un siège en Catalogne et avec une autre lettre “contenant une imitation d’engin explosif » reçue par une entreprise de Valence. Dans un seul de ces cas une personne a été blessée : la lettre envoyée au directeur du centre éducatif a explosé dans le bureau de Poste, blessant légèrement une des employées. Les Mossos imputent également aux GAC les engins explosifs des 7 février et 2 octobre 2013 contre la cathédrale de l’Almudena à Madrid et la basilique del Pilar à Saragosse, non pas revendiqués FAI/FRI mais respectivement par le « Comando Insurreccionalista Mateo Morral » et le « Comando Insurreccional Mateo Morral » (Francisco et Monica sont incarcérés depuis novembre 2013, accusés de cette dernière attaque).

Malgré la volonté de la police catalane de garder secret le dossier et les actes jusqu’au 22 février, hier le juge a soudain changé de critères et refusé de prolonger l’enquête. Il a aussi mis fin à la détention des sept personnes emprisonnées. Il est prévu qu’elles puissent quitter cet après-midi les geôles des centres pénitentiaires de Estremera, Soto del Real, Aranjuez et Valdemoro, tous situés dans la périphérie de Madrid.

Les démonstrations de solidarité avec les compagnon/nes n’ont pas cessé depuis décembre. Le jour même des perquisitions et arrestations, une manifestation de plus de 3.000 personnes avait parcouru les rues du quartier de Gràcia et, en pleines fêtes de Noël, plus de 1.500 personnes traversèrent le centre de Barcelone et le paseo de Gràcia derrière une banderole où l’on pouvait lire “Le Terroriste c’est celui qui nous condamne à une vie de misère, pas qui se rebelle”. A Madrid, des centaines de personnes avaient aussi participé à une manifestation spontanée le jour même. Les appels en solidarité avec les arrêtés de l’Opération Pandora se sont répétés à Valence, Gérone, Tarragone, Salamanque et Valladolid, entre autres villes. Des attaques solidaires ont également été menées dans plusieurs pays.

[Synthèse de la presse espagnole complétée pour la liste d’attaque avec le rapport des Mossos en catalan par Brèves du Désordre.]


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