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Archives pour décembre 2015


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De la «radicalisation» et de son dépistage médical

Il fut un temps, pas si lointain, où l’on disait, à propos du système de répression politique en vigueur en URSS : « L’opposition est une maladie mentale ». On enfermait en effet les dissidents dans des établissements dits « psychiatriques », où ils étaient non seulement détenus, mais abrutis de médicaments. Neutralisation et diffamation pseudo-scientifique.

 

Le Conseil national français de l’ordre des médecins vient de publier un mémo, non sur l’ « opposition », mais sur la « radicalisation ».

Lisez la définition qu’adopte et cite l’Ordre des médecins.

 

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Ceci est un test.

Mais, rassurez-vous, je me considère tenu au secret quant à ses résultats.

Si vous jugez cette définition étrangement élastique, voire légèrement délirante, je suis navré d’avoir à vous dire que vous connaissez mal la société dans laquelle vous vivez.

En effet, la phrase supposée empruntée à M. Fahad Khosrokhavar — dont je ne sais rien et dont je veux tout ignorer[1] — plagie presque mot à mot la définition actuellement en vigueur du « terrorisme », et dans la doctrine de l’Union européenne et dans la législation française.

Quelque lecteur ou lectrice soucieux/se de scrupule intellectuel (et de ne pas perdre le peu d’équilibre mental qui lui reste) objectera peut-être qu’il s’agit « évidemment » de détecter la « radicalisation islamiste » d’individu(e)s au bord du « passage à l’acte » mitraillant. Je les renvoie à la même définition franco-européenne du « terrorisme », lequel terme peut désormais désigner pénalement tout espèce d’acte militant visant à « contester l’ordre établi sur le plan politique social ou culturel ».

Mais, la « violence d’action », me direz-vous ! Voilà qui est bien clair et désigne à l’évidence la violence contre les personnes.

Il n’en est rien. Les lois « antiterroristes » en vigueur en France en 2015 (et pour longtemps) permettent de qualifier, de poursuivre et de juger en conséquence (c’est-à-dire avec le minimum de garanties légales), une occupation de bâtiment ou une opération de sabotage informatique, par exemple.

Il faut vous y faire, la violence n’est plus ce qu’elle était ! Le « terrorisme » et la « radicalisation » pas davantage.

 

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Quels sont les critères requis pour la prise en compte d’un “signalement” ? [questionne judicieusement le mémo ; il s’agit ici du signalement réclamé par ou conseillé à un proched’une « personne en voie de radicalisation ou radicalisée ».]

[Réponse :]

Signes objectifs de radicalisation [Voir définition plus haut].

Implication potentielle ou avérée dans une filière djihadiste.

 

Le médecin qui reçoit des « confidences » d’un proche peut donc l’orienter vers le Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR), dont on nous précise — information de nature à lever toute réticence — que ses « écoutants » [sic] « sont des réservistes de la Police » (la « Police » avec son grand « P »…).

Lorsque le médecin constate la « radicalisation potentielle ou avérée » d’un(e) patient(e)mineur(e), il s’adressera, sans craindre de trahir le secret (puisque l’intérêt dudit mineur est en jeu), à un organisme dont je découvre l’existence et dont l’intitulé m’émerveille par sa fraîche et naïve bonhomie : la Cellule de recueil des informations préoccupantes [sic].

On comprend sans peine que les pouvoirs publics hésitent à faire à un tel organisme une publicité trop ostensible, tant nous sommes toutes et tous en situation quotidienne de recueillir une quantité quasi-illimitée d’informations extrêmement préoccupantes sur le monde tel qu’il va et le sort qui nous y est réservé… Le standard téléphonique et le site internet de la chose (en a-t-elle un ?) arriveraient rapidement à saturation, source de dépressions pour le personnel et d’incendie des circuits électriques.

La sécheresse des recommandations concernant le cas d’un(e) patient(e) majeur(e)« radicalisé ou, etc. » montre l’embarras de l’Ordre. Dans la situation où, malgré la loi et le code de déontologie médicale, le médecin se trouverait « face à un cas de conscience[2] », il est « invité » à se tourner vers le conseil régional de l’Ordre des médecins, lequel est lui-même invité — si « cas de conscience » récidivant — à consulter (si j’ose dire !) la « section Éthique et Déontologique du Conseil national ».

Laquelle « section » est invitée… Ah ! non… La section n’est pas invitée. Elle se débrouillera, la section.

Vous voilà désormais mieux informé(e)s, je m’en flatte.

Il me reste à vous souhaiter une bonne rad… continuation. Et surtout, hein, la santé !

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[1] Mais je pense qu’on a choisi son patronyme pour sa consonance arabo-persane (au moins pour les ignorants que nous sommes) : voilà un type qui doit savoir de quoi il parle !

[2] Riez ! C’est pourtant le genre de truc que personne n’aimerait rencontrer au coin d’un bois.

 

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Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 Je profite de ce billet pour rappeler aux curieux et sous-informé(e)s divers qu’ils et elles trouveront toutes informations utiles sur les principes en vigueur de la législation dite « antiterroriste » dans mon livre La Terrorisation démocratique, désormais disponible gratuitement sur ce blogue, ainsi que sur celui des éditions Libertalia.

Source : https://lignesdeforce.wordpress.com/

A propos de la grève dans le social

Voilà quelques infos sur des mouvements au niveau des associations du secteur social :
 
le conseil général annonce des coupes dans les budgets.
 
Acte 1 : la direction générale et le syndicat SUD organisent une journée de grève lundi dernier avec présence au conseil général.
Et même que pour faire venir du monde, le temps de grève est payé. L’AG est toute pourrie avec présidence du directeur général et du délégué syndical. Pourtant, ils appellent ça un collectif.
 
Acte 2 : le conseil général confirme une réduction importante des budgets et vise notamment l’arrêt des mesures d’aides pour les mineurs isolés.
Du coup, les budgets se votant ce mardi 15 décembre, des tracts, pour faire réfléchir les élus, sont distribués au CG puis mobilisation durant le vote des budgets.
En gros, négociation…et comme on reconnait l’état défaillant et bien on en redemande encore plus…
 
En ce qui me concerne, je ne participe pas à cette mascarade.
Un adhérent de la CNT-AIT Montagne Thiernoise

De Montluçon à Clermont Ferrand contre l’Etat d’urgence

Samedi 12 novembre

des copains de la CLAB (Collectif Libertaire Auvergne Bourbonnais) diffusaient des tracts l’Etat d’urgence au marché du cenre ville de Montluçon

cliquez sur la photo pour mieux lire (clic droit -> afficher image -> +)

tract-clab001

+ d’infos MontluçonAntifa

D’autres environ 180 (dont des militants d’AL, Bloc Rouge, CARA, CGA, toto…) défilaient à Clermont Ferrand

+ d’infos CelluleAntifascisteRevolutionnaireAuvergne

Un Toto

Scoop du Pourisien] L’Archipel de l’ultra-violence ultra-libertaire intra-utérine : Entrevue avec un jeune libertaire très très radical

Scoop du Pourisien] L’Archipel de l’ultra-violence ultra-libertaire intra-utérine : Entrevue avec un jeune libertaire très très radical artoff4811-a7c26Exclusif ! Incroyable ! Vu à la TV ! A ne pas rater sur les plages ! Coup de coeur du syndicat de la magistrature ! Hashtag Etat d’Urgence ! Hashtag femmes nues et décapitation d’otages ! Avec le soutien d’Angela Davis !

Nous l’appellerons Johnny [1], beau blond poupin à capuche que nous avons rencontré dans un bar de Montreuil en marge de rassemblements aux messages ultra-violents qui nous rappellent les heures les plus sombres de notre histoire. Johnny est un jeune homme alerte, à chaque sirène de police qui passe il se retourne, concentré, interrompant nos conversations d’un geste de la main.« Nous aussi on les surveille, t’as vu ». Johnny refuse de parler aux médias, mais nous avons réussi à l’endormir en lui disant qu’il avait raison, et que la bière serait gratuite. Johnny adore qu’on lui dise qu’il a raison, Johnny adore la bière.

 

Lorsqu’il enlève sa cagoule, nous apercevons qu’il s’agit d’un rebelle aux airs de James Dean zadiste, « la fureur de vivre à prix libre ». « La cagoule c’est pour pas qu’on me reconnaisse quand je diffe des tracts, je veux pas mélanger ma vie privée et ma vie militante, pour la sécurité de ma maman ». D’emblée, il arbore des badges provocants « Nucléaire, non merci ! » ou « sois ton propre media ! » et met ses pieds sur la table, le propriétaire du bar l’apostrophe, mais Johnny ne se démonte pas et lui envoit un bras d’honneur plein de rage, de joie et de feux de la révolte avant de partir en courant, sans payer ! (Johnny ne reconnaît pas l’existence de l’argent). Nous réglerons l’addition (quatorze demi pour Johnny et un martini-olive pour notre Grand Reporter) et renouerons le contact grâce à l’application de géolocalisation de son Iphone 6, « c’est pour au cas où les shmidts y expulsent nos squats, comme ça on sait où que chacun il est pour aller plus vite ». Johnny ne peut pas nous parler de la plupart de ses activités quotidiennes, « j’ai une fiche S, chui trop un guedin, t’imagines même pas les trucs que je fais, mais je peux pas te les dire pour des raisons de culture de la sécurité, mais si tu savais, oh la la, si seulement je pouvais te raconter, lolilol, t’imagines même pas ce que les gens ils font la nuit ! Mais je peux pas t’en parler… Je sais pas si t’es pas un infiltré de Vinci. Peut être je te montrerai des vidéos sur mon Iphone… »
Pantalon troué et keffieh, certainement en hommage aux révoltes arabes de la fin des années 36-39, « ouais voilà, c’est exactement ça, solidarité avec tous les peuples palestiniens ! », nous demandons à Johnny pourquoi il porte une robe et du vernis à ongle. « C’est pour lutter contre les jouets sexistes, qui sont la base du capitalisme, du chômage et de la hausse tendancielle de la baisse tendancielle de la hausse tendancielle du taux de profit, et donc, de la lepenisation des esprits » (Johnny ne reconnaît pas l’existence du capitalisme). Mais, médusés, nous ne comprenons pas tout, « c’est normal tu peux pas comprendre, t’es cis-genré ». Notre reporter de l’extrême lui demande alors, ça veut dire quoi cis-genré ? « tu peux pas comprendre, t’es cis-sexuel ». Mais ça veut dire quoi cis-sexuel ? « Tu peux pas comprendre, t’es cis-genré »
Notre reporter réprime alors une forte envie de lui latter les dents à coups de coudes et de pisser sur son cadavre en faisant la danse comanche de la pluie, mais se reprend immédiatement et sans équivoque, avec en tête l’héritage des Grands Reporters Tintin, Albert Londres et Milou. 
En effet, notre journaliste possède deux testicules, surmontées d’un pénis, lui même relié à un corps aux courbes et aux formes de l’Oppresseur. « Comme disait Deleuze a propos des macro-corporalitées rhizomatiques-moléculaires, ce qui est n’est pas, t’as vu ! » (Johnny ne reconnaît pas l’existence de l’existence).

Johnny est indigné par toutes sortes de choses. « C’est quand même fou que l’État palestinien soit pas reconnu par la France et Andorre, les sionistes, eux y zont droit à tout parce que la shoah […] Mais je suis pas antisémite, je suis abonné sur le Facebook de ’’juifs et juives révolutionnaires’’ », ou encore « nous les français, on est tous des sale racistes ». Nous lui demandons alors si il se considère lui-même comme raciste. « Je le suis forcement, inconsciemment, ou par mon apparence agressive de petit-fils de colon qui rappelle chaque jour les contrôles aux frontières aux migrants qui me croisent. De ce fait on peut dire que je suis une sale enflure de raciste de merde, je me déteste, tous les soirs je m’auto-mutile et je me tase pour contester ce que je suis : une merde humaine dont la naissance est une erreur quantique. Pas de quartier pour moi, pas de moi dans nos quartiers ».

Mais comment Johnny s’informe-t-il (lui qui ne reconnaît pas l’existence de la presse bourgeoise, « leur presse ») ? Il affirme ne s’informer « exclusivement que sur des sites libertaires et d’extrême gauche […] Au moins avec eux, on est certain de pas avoir de la propagande politique ! ».

Nous posons alors quelques questions au jeune éphèbe social et libertaire d’ultra-gauche moléculaire.

Alors que l’Etat d’Urgence commence à vous toucher vous aussi, que comptez vous faire dans cette situation ?

On serre les rangs, on assume qui on est, on regarde droit, on garde la ligne, on pêche la sardine.

Quel est votre point de vue sur les attentats de novembre à Paris ?

J’aurais préféré que Manuel Valls tire sur des patrons plutôt qu’à des terrasses de café ou peut être des frère-e-es des quartiers populaires auraient pu être touchés.

Manuel Valls ?

Ben quoi ? C’est pas lui qu’à tiré ? C’est qui, c’est Vinci ?

Daesh.

Connais pas. Y z’en ont pas parlé sur les sites où je vais.

C’est une gigantesque organisation terroriste islamiste.

Islamophobe !

Que quoi ?

Encore un amalgame entre l’islam et le terrorisme. C’est du racisme racial, bouh la gauche blanche Islamophobe ! Touche pas à mon prophète. Il ne faut pas confondre les islamistes et l’islam, c’est comme si je te confondais toi avec les islamistes, ou l’inquisition catholique avec les frères et sœurs du Vatican.

Pourquoi moi ?

Ben t’es un racisé.ée.ées non ?

Un quoi ?

Un muslim-ee-es, mais t’inquiètes ya pas de problème, don’t panik, j’aime l’islam plus que tout au monde, wallah, et si t’avais eu un nom français j’aurais pas fait l’interview avec des médias collabos blancs mon frère des quartiers populaires.

Je ne suis pas musulman et j’habite Neuilly.

Arrête tes conneries ! Sans déconner ? T’as trop une tête d’arabe racisé cis-genré et croyant !

Seul 20 % des musulmans sont arabes à travers le monde. Moi je suis athée, républicain, laïque et démocrate.

Islamophobe !

Bref… Revenons au terrorisme…

Le seul terroriste c’est l’Etat et l’impérialisme. Daesh = France = Hitlersarkobush = CIA = Coca-cola = Vinci = fasciste = Israël = Boneheads = Yves Coleman = ceux qui trient pas leurs déchets pour la planète. De l’argent il y en a dans les caisses du patronat. Pas de quartier pour les fascistes, pas de quartiers dans nos quartiers, réapproprions nous la BAC, pour un djihad de classe […]

[Las, nous coupons la parole à Johnny…]

Ne ressentez vous pas un peu de tristesse pour les victimes des attentats ?

Et toi, tu ressens de la tristesse pour mon poto qu’à pris 18 € d’amende pour outrage ? Hein ? T’étais où toi pendant le procès de mon poto affinitaire ? Là yavait aucun journaliste, ils étaient tous au Bataclan les salauds !!!!! Et pourtant on a fait un communiqué d’automedia et un événement facebook en no-mixity et tout et tout. J’en profite pour rappeler qu’il y aura une bouffe vegan en non mixité raciale et de genre et de religion et de forme de vie, il y aura de la place pour 7 personnes (puisque notre squat ne contient que 7 pièces) + une salle de prière pour nos frères et sœurs opprimés croyants des quartiers populaires (au cas où). No-gluten et No-Tav friendly, et seulement avec des produits locaux trouvés dans les poubelles de notre rue. En cas de traumatismes ou de backlash réactionnaire durant le repas, des groupes de paroles et de survivants à l’oppression publisexiste auront lieu toute la nuit. Tout sera gratuit en soutien à notre camarade et aux zapatistes, et la sécurité sera assurée par un Black Block international formé par Xavier Renou.

Que préconisez vous pour enrayer la propagation du djihadisme ?

A-bro-ga-tion du C-P-E !

Et d’un point de vue géopolitique ?

Après avoir cessé la construction de projets coûteux aux contribuables et inutiles à la société civile comme le projet d’extension de l’autoroute A6 jusqu’à Frangipane-sur-Yvette (alors qu’il existe déjà une autoroute utile, elle, qui relie la prison au centre commercial) ou le barrage néo-colonial de Sivens, qui est aujourd’hui la priorité absolue de la résistance armée dans les zones de guerre de Notre-Dame-Des-Landes et Sivens pour nos camarades tritons crêtés (pour l’instant on a que des pansements, du citron cultivé par des voisins flics des Tanneries, des photos de nos blessés et du doliprane auto-réduit) il faut que la race blanche arrête de bombarder des pays libres dans le choc des civilisations qui oppresse les femmes voilées et qui veulent les empêcher d’être libre parce que le vrai féminisme aujourd’hui, le vrai courage, c’est de porter le voile contre la hogra de notre police et de notre justice qui est de moins en moins la notre à cause du racisme d’Etat. Don’t Laïk, lolilol. Sinon c’est normal que les pays libres ils nous bombardent nous les français colonisateurs de souches, même si cette fois ci il y a eu quelques innocents tués sûrement par erreur (ou par l’Etat ! Ya pas de fumée sans feu ! A qui profite le crime !), mais on fait pas d’omelette sans casser des œufs comme disait Elridge Cleaver, comme le 13 novembre quoi. Le bloom a pris cher dans sa gueule ! 
Regardez les initiales de Nicolas Sarkozy, ça fait NS, et FN, F comme fasciste et N comme nanotechnologie. Solidarité avec les ennemis de l’État Français neo-re-post-colonial, masculiniste, nano-fasciste et raciste.

Un dernier mot ?

[Il réfléchit, soudain, un halo de lumière l’enrobe chaudement]

Nous devons achever une reconnaissance affinitaire de la logique immanente inhérente à l’articulation des multiplicitées. Il est nécessaire de commencer une fois pour toute ; de ne plus rêver à nouveau d’organiser, mais de rendre manifestes les relations souterraines de nos communes au sein de chaque fenêtre brisée. Dans la réalisation de nos formes-de-vies, nous détruirons tous ceux qui voudraient nous faire renoncer à la joie insoumise des zones d’indistinction qui n’ont besoin d’aucune justification, et tous ceux qui favorisent ainsi la catastrophe qu’est l’impotentialité. Notre besoin de désirer est moins l’élaboration d’un projet que la fixation d’une ligne de fuite. A ceux qui tournent en dérision la vraie intensité immanente d’une poubelle brûlée ou d’une barricade qui n’ont besoin d’aucune justification, nous devons leur faire savoir que nous nierons la passivité compulsive, quel qu’en soit le coût. Face à ceux qui négligent de se reconnaitre dans nos conspirations de destruction, nous n’avons à offrir ni dialogue ni critique, seulement du dédain affinitaire et insurrectionnel, qui n’ont besoin d’aucune justification.

— 

Nous nous rendons compte alors qu’il ne sert à rien de poursuivre l’entretien, Johnny est bien trop con - « con est une insulte sexiste, tu dis ca parce que je suis pas cis-genré, ALERTA ! » nous rétorques-t-il. Nous abandonnons, « Police partout, justice nulle part ! », pour clore la discussion, nous endormons Johnny à coup de coudes devant le Monoprix et speed-dialons l’entrée « papa » de son Iphone 6.

Nous préférons généralement une clientèle abrutie par nos soins à coup de presse politique bourgeoise, que des abrutis de son genre au cerveau lavé par la presse politique gauchiste. Nous reconnaissons cependant en elle une sacrée concurrence qui nous inspire, après lui avoir pourtant tout appris.

Propos recueillis par Jean-Pierre Sourceprochedelenquête,
Pour le Pourisien/Aujourd’hui en Rance
Source : Jean-Pierre du Sac à Merde pour l’AFP.


[Exclusif !! URGENT !!!! ALERTA !!!!!!] Message de Pierre-Emmanuel

Je me suis fait eut par les journalistes :( Il m’avait dit qu’il était d’accord avec mes idées et qu’il me permettrait de m’exprimer librement, mais en fait, retournement de situation, je l’ai ressenti comme un viol patriarcal de mon droit le plus fondamentalement fondamental. Pour exprimer mon traumatisme, je publie une brochure sur mon expérience d’auto-survivant nommée « Dans le sable chaud, je mange des artichauts, mon dieu qu’il fait chaud dans le sable chaud » disponible sur infokiosques.net. Avec mon avocate, Maître Irène Terrel, nous allons saisir la cour européenne des droits de l’homme (dont je ne reconnais pas l’existence) pour « tentative d’islamophobie en bande organisée » et « privilège blanc sur la voie publique ».

Pas de quartier pour nos quartiers !
Une pizza achetée, un réfugié offert !
Solidarité internationale avec moi !
A bas le sable chaud !
Oh la la qu’il fait chaud !
Squatter c’est lutter !
Quiche Lorraine !

Pierre-Emmanuel de la Villardiére,
AKA MC Œdipe,
Rappeur conscient de Mandelieu-la-Napoule, 06, avec le soutien d’Angela Davis, Georges Ibrahim Abdallah et Lucio Urtubia.


La nuit noire est noire de notre noire colère noire

En solidarité avec Pierre-Emmanuel, nous avons tagué « solidarité avec Pierre-Emmanuel, survivant traumatisé trahi par les médias » sur un ballon d’hélium que nous avons lancé dans le ciel par delà les nuages de la joie armée, afin de conscientiser des individus-canards en pleine migration (solidarité avec les réfugiés + antispécisme = intersectionnalité). 
Pour préserver une réputation, nous avons dessiné une bombe avec un A cerclé à coté, comme dernier (non vraiment vraiment dernier hein ! Attention !) avertissement au capitalisme financier. Nous avons aussi fait des pochoirs au sol à Barbés avec pour seul obstacle la nuit de nos désirs incontrôlables du sourire des jaunes d’œufs de nos mémoires combattives décoloniales. Tremblez. On est des oufs, on reçoit huit convoqs par jour pendant l’Etat d’Urgence.

PS : Sachez d’ores et déjà, Etat fasciste, que nous n’avons rien fait et que nous sommes innocents et que c’était juste une mauvaise période de ma vie, je me baladais, j’ai vu de la lumière et je suis rentré, pardonnez moi pour mes offenses je vous en conjure, ô liberté chérie, je crie ton nom ! En cas de non-arrestation, veuillez ignorer cela et conserver une image super radicale de notre bande affinitaire décoloniale (nous avons un racisé-ée-ées).

Collectif collectivement collectiviste « Je suis plus collectivement vénére que ton collectif ».

P.-S.

(Non Fides et l’observatoire international du radiculisme ne reconnaissent pas l’existence de cet article.)

Notes

[1] Les prénoms sont changés pour des raisons de sécurité évidente : « je veux pas que la SDAT sache que j’ai auto-réduit quatorze demis lors de ma révolte de tout à l’heure, je suis déjà hyper-fiché […] Le monde est une prison, alors mon auto-réduction au bar de tout à l’heure c’est une mutinerie avec évasion avec rage-e-es ».

Source: infokiosk.net, Indymedia Nantes, les Tanneries. Non Fides.

[vendredi 11 vers 13h à l'HDV à Clermont fd] : Cantine de soutien à La Discordia

Cantine de soutien à la bibliothèque anarchiste La Discordia (mise sur écoute, nous avions fait passer l’info), avec revues, brochures… vendredi 11 décembre à l’Hôtel des Vil-e-es, 55 avenue de l’URSS à partir de 13h. (cliquez sur l’image pour lire)

cantinevegan

 

Envolée °42 : pour en finir avec toutes les prisons, dispo à la CNT-AIT/63

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L’ENVOLÉE n°42 …journal réalisé par des ex-prisonniers ou proches de prisonniers.

Ce journal donne la parole aux prisonniers entre autres, pour enfin en finir avec toutes les prisons.

Disponible à la CNT-AIT/63 (cntait63@gmail.com, permanence tous les samedis de 16h à 19h au 2 place Poly à Clermont Fd) à 2€ (exclusivement à destination des prisonniers)

PS disponible aussi au local, des guides pour les familles de prisonniers

 

[Belgique] : Face à la guerre et l’état de siège, rompons les rangs (et pendant ce temps là…)

État de siège à Bruxelles. Des centaines de militaires postées dans la rue, des milliers de policiers sillonnent les rues de la capitale européenne. Écoles et universités sont fermées, le réseau des transports est quasiment paralysé. Les rues sont de plus en plus désertes, la peur hante les esprits. Les contrôles dans la rue se multiplient et se font avec la mitraillette sur la tempe. Si l’espace est saturé par les forces du pouvoir, les esprits le semblent également. Et c’est peut-être encore pire.

Les temps où les États européens pouvaient faire la guerre ailleurs dans le monde à coups de frappes, d’occupations, d’ouverture de nouvelles marchés, d’exploitation sauvage et de pillage des ressources tout en préservant ses territoires d’actes de guerre si peut-être pas exactement pareils, en tout cas suivant la même logique, semblent révolus. La guerre a frappé la capitale française en plein cœur, et elle ne disparaîtra pas furtivement. Et toute logique de guerre préconise de frapper dans le tas. Comme le font les États depuis leur existence, contre leurs propres sujets et contre les sujets d’autres États. Comme l’ont fait et le font tous ceux qui aspirent à conquérir le pouvoir, à imposer leur domination. Qu’elle soit islamique ou républicaine, démocratique ou dictatoriale. Car c’est en piétinant la liberté, la liberté de chaque individu, que s’installe la domination. Autorité et liberté s’excluent mutuellement.

A la guerre comme à la guerre donc. La saturation des esprits par le discours du pouvoir élimine les espaces de lutte pour l’émancipation humaine, ou les pousse en tout cas vers la marge, encore plus qu’ils l’étaient avant. La mobilisation se veut totale. Avec l’État ou avec eux – et ceux qui aspirent à toute autre chose, qui se battent contre l’oppression et l’exploitation, tous ces milliers et milliers de rebelles et de révolutionnaires qui ont été assassinés et massacrés par les États établis ou en construction, qui sont poursuivis aux quatre coins du monde, doivent se considérer désormais hors jeu. Sur l’autel du pouvoir déjà totalement trempé de sang, des milliers d’autres attendent leur tour d’être sacrifiés.

Qui est responsable ? Faut-il rappeler où ont été produits les bombes au phosphore qui ont brûlé Fallujah, qui a livré les technologies informatiques aux services secrets des régimes d’Assad, de Sisi, qui a entraîné les pilotes qui ont bombardé Gaza ? Faut-il rappeler comment sont extraits le cobalt et le silicium pour les choses technologiques des profondeurs de l’Afrique, de comment sont produits tous les produits de consommation qu’on trouve dans les rayons des supermarchés et des magasins ? Faut-il rappeler comment le capitalisme civilisé gère ses centaines de camps de travail, de Bangladesh jusqu’en Mexique ? D’où viennent les sinistres ombres des drones qui frappent partout dans le monde ? De comment et au nom de quoi sont noyés depuis des années des milliers de personnes dans la Méditerranée ? Alors, dites-le, qui est responsable ?

Mais si nos yeux de révoltés regardent à juste raison vers le haut pour trouver la réponse, il faudrait qu’ils regardent aussi à l’intérieur de nous-mêmes. Car dans les temps à venir, et déjà dans les temps qui sont et qui étaient, c’est par notre passivité que nous sommes rendus complices de notre propre oppression. Et cette passivité n’est pas seulement l’inaction des bras, c’est aussi le projet d’abrutissement programmé depuis des décennies par le pouvoir qui nous a privé des outils pour comprendre la réalité, pour comprendre notre rage. Qui nous a privé de toute sensibilité qui ne soit pas décrété en fonction des nécessités du moment, de toute capacité de rêver. C’est de là, de ce programme de réduction de l’homme, que sortent aujourd’hui ceux qui se décident à faire des carnages, à participer au jeu de pouvoir, à massacrer eux aussi. Il serait stupide d’avoir cru que leurs carnages allaient viser les puissants et leurs structures. La guerre moderne dans le monde hypertrophié de technologie et de massacres à distance ne permet plus de telles subtilités, si jamais de telles subtilités ont pu exister dans la tête des hommes en guerre.

Dans les quartiers de Bruxelles, aujourd’hui sous occupation militaire, il faut le dire, tout a été utilisé pour faire tampon à la révolte sociale, pour faire amortisseurs de la rage contre un monde affreux et cruel. Que ce soient les cours de citoyenneté et de promotion de la démocratie (tout en larguant des bombes), que ce soient les mécanismes de contrôle offerts par la religion, que ce soit le dopage massif par les choses technologiques : tout plutôt que la révolte. Et parfois ce jeu échappe aussi des mains du pouvoir, comme cela arrive aujourd’hui. Et là arrivent les frappes dans le tas. D’autant plus si apparaît la fiction d’une récompense céleste, qui a su tenir depuis des siècles et jusqu’à aujourd’hui, des millions d’esclaves en attente de la rédemption promise sous le joug. Quelque part, les décennies que l’État belge a utilisé l’islam pour calmer les esprits, pour garder le contrôle sur les communautés des exclus, pour gérer les contradictions sociales se retournent aujourd’hui contre lui. Mais peut-être encore plus contre la possibilité et la perspective de la révolte libératrice.

Face à la militarisation de l’espace et la militarisation des esprits, face à la guerre dans laquelle les États et les aspirants-puissants nous entraînent ; et en sachant qu’on sera de plus en plus poussé vers la marge, l’effort devrait se concentrer sur le refus absolu d’entrer dans le jeu. Et ce refus implique aussi le rejet des règles qu’ils sont en train d’imposer. Ne pas faire du bruit aujourd’hui. Rester chez vous et donc dans les rangs. Céder la place aux terroristes de la démocratie et aux terroristes du califat. Qu’il sera difficile de percer cette occupation et de briser les règles de ce jeu est hors de doute. Le choix du déserteur, de celui qui refuse de faire la guerre pour les puissants, l’a toujours exposé à mille et une répressions. Mais qui sait si à la marge, on trouvera d’autres rejetés, d’autres déserteurs, d’autres exclus, d’autres sacrifiés avec qui saboter la guerre en cours et lutter, à corps perdu, pour des idées réfractaires à tout pouvoir. Qui sait si dans cette marge, dans ce coin, la fière internationale, défiant toutes les autorités, renaîtra au milieu d’un monde déchiré par la guerre civile ?

Si la dernière chose à laquelle on renoncerait maintenant, c’est justement le désir de la liberté et le rêve capable d’aiguiser notre esprit, de faire palpiter notre cœur et d’armer nos mains, il faut en même temps faire l’effort de regarder la réalité en face. Les espaces se rétrécissent, le sang coulait déjà, coule aujourd’hui et coulera davantage, le combat pour la liberté et la révolution a sans doute des temps difficiles devant lui. Les conditions dans laquelle doit se développer la lutte révolutionnaire se détériorent et après le massacre des soulèvements populaires des dernières années dans nombreux pays, vient aussi pour nous qui se trouvent sur le continent européen le moment où chacun et chacune devra affronter une question possiblement terrible en conséquences, mais riche en défis : est-ce que malgré tout, nous sommes prêts à lutter pour la liberté ?

Des anarchistes,
Bruxelles, 23 novembre 2015.


Et pendant ce temps là…

Saturation de flics, mais…

Si les quartiers de Bruxelles sont saturés de flics et de militaires au prétexte d’une « menace », un flic qui s’aventurait à Saint-Gilles s’est heurté à une dizaine de personnes traînant sur le square Jacques Franck. Il a été mis à terre et roué de coups. Avant l’arrivée de renforts, tout le monde s’est éclipsé.

Y en a marre des flics partout, des flics tout court.


[…] Deux actes de sabotage, dans la nuit du 29 novembre au 30 novembre.
Le premier était un sabotage, en quatre points différents, du réseau international des trains à haute vitesse (TGV, Thalys, Eurostar). En boutant, près de Ath dans le Hainaut, le feu aux câbles de fibre optique le long des voies ferrées, toute la circulation de ces trains est restée paralysée pendant plus d’un jour. Un jour où les délégations internationales et les ministres qui devaient se rendre à Paris pour un sommet sont restés bloqués, où les cadres d’entreprises, les eurocrates, les directeurs sont restés coincés dans la gare à regarder les écrans annonçant les suppressions de leurs trains. Ce sabotage nous montre qu’avec des moyens faciles, il est toujours possible de couper les artères du pouvoir et de ses hommes, de ses réseaux de transport et de données. Et c’est dans le désordre que cela génère que s’ouvrent des espaces qui ne sont pas saturés des discours du pouvoir, des espaces où la liberté peut prendre son envol.
Le deuxième sabotage ne visait pas moins que la caserne militaire des forces spéciales de l’armée belge et du renseignement militaire à Heverlee dans le Brabant flamand, une des plus importantes de la Belgique. Le(s) saboteur(s) y pénètrent protégés par la nuit, esquivant systèmes de contrôles et patrouilles, pour piéger cinq véhicules militaires avec des bombes incendiaires artisanales. Le système d’allumage ne semble s’être pas déclenché, mais le message ne peut être plus clair : vous occupez les rues de Bruxelles, massacrez dans différents pays du monde des gens sur ordre de l’État, semez la terreur avec vos uniformes, vos blindés et vos armes de guerre, mais vous ne serez jamais à l’abri d’un acte de sabotage. Un acte singulier a réussi à entacher, ridiculiser l’aura de l’armée et son grand maître, l’État, et cela en pleine période d’état d’urgence. Un acte qui quelque part propose à tous ceux qui sont las de leurs guerres de s’attaquer directement où elles sont produites : dans les casernes, dans les entreprises d’armement et de sécurité, dans les centres de recherche technologique. Un acte qui ne peut qu’être celui du déserteur de toutes les guerres, mais qui ne renonce pas pour autant à la guerre sociale contre la guerre du pouvoir. […]


[Repris de La Cavale.]

[Périgord] : Perquisition « pour le plaisir » chez des anarchistes

[Périgord] : Perquisition

Aux aurores, 9h du mat, un compagnon se fait réveiller par un tambourinage discret à la porte. Après un coup d’œil furtif, pour confirmer une présence malveillante, un bidasse se présente.

 

« M.X ?,gendarmerie(…),nous avons une perquisition administrative vous concernant »
Une compagnonne, présente dans la maison va voir la fille du copain.
Préparation hâtive. Pour échapper aux bidasses direction la taule d’école (…).
« C’est qui la personne qui est chez vous ? »
« J’en sais rien, elle vous dira son nom si elle veut »
La copine passe devant les merdeux.
Une dizaine à l’intérieur, la même à l’extérieur avec bijoux autour du cou pour ceux du jardin. Coup de pression facile devant une gosse de 9 ans pour obtenir l’identité de la compagnonne et se faire escorter jusqu’à l’école.
« Ça tombe bien on devait aller chez vous aussi, on ne sait pas si vous allez revenir, on vous suit jusque l’école »
La copine rassure la môme. La môme pige « T’as entendu, ils ont dit qu’ils savaient que tu les aime pas »
« Ouais, on leur fait caca dessus, ils puent trop la fesse crados »
Rires. Dépôt à l’école. Retour chez le copain.

De retour, on l’appelle par son prénom. Ça chauffe. Ils veulent partir de suite, mais elle a pas pris le café (…)
Les compagnon-nes se retrouvent au milieu des sacs à merde, impatienté-es d’en être déjà au prochain viol.
Refus de signer les papiers présentés avec le doigt insistant sur l’intitulé « qu’il existe des raisons sérieuses de penser que peuvent se trouver dans les locaux situés …., des personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste »
Illes ont des perquisitions pour les bagnoles dont une qui est un césar bon marché depuis quelques années.
Dans la maison du compagnon, numéros et adresses sur papiers sont photographiés.
Un casque, un marteau chirurgical du début du siècle et une lacrymogène sont l’objet d’un montage artistouillistique pour une photo.
Les feux d’artifices aussi « Pourquoi vous avez ça ? » « Ben parce que c’est beau »
Tous les papiers sont vérifiés.
Essai de lire deux disques durs et un ordi en vain, tout est sous ubuntu. Vérification d’une vieille tour rafistolée. Prise de photos de bouquins, VHS, CD, DVD, affiches, demandent pourquoi il y a un fascicule avec les horaires de parloirs des taules « Vous avez un service de renseignements, voyez avec »
Vraisemblablement le vieux matos les laisse perplexes.

Trouvant des balles, un sursaut de bonheur se lit comme sur la gueule d’un minot devant les cadeaux d’un enfoiré barbu à l’heure de l’escroquerie de noël.
Ce fut furtif.
« Air soft ? » « Non pistolet à plomb » « C’est où » « Ben continuez votre travail »
Quelques niais-es demandent si c’est légal « oui oui (agacé) »(…)

Direction chez la compagnonne pour le deuxième viol matinal. Refus de monter avec elleux, empoignage, mise dans la bagnole. Emballée c’est pesé comme chez l’épicier.
« On a été assez patient avec vous »
Dans la bagnole, ça s’échange des phrases pour faire comprendre, avec la subtilité légendaire qui leur colle aux fèces que les téléphones étaient sur écoute.
Heureusement, elle a lu les guides pratiques et est restée prudente.
Arrivé-es en bas de l’immeuble, cerclé par les keufs aux même bijoux, le voisinage reste perplexe.
Après qu’elle leur ai ouvert, le protocole reste similaire.
« C’est bien chez vous, si il y a des personnes gna gna gna gna gna gna… »
Ca fouille et trifouille.
Des papiers CAF et pôle emploi sont pris en photo, dont un diplôme sur des manœuvres frauduleuses aux prestations.Réflexions et soupirs. L’ingratitude de la non reconnaissance d’un dur labeur.
Deux magnétophones à K7 sont saisis. Illes lui demandent comment ça fonctionnent, finissent par comprendre l’astuce des boutons. Illes s’étonnent que de tels vestiges se trouvent encore en état fonctionnel.
Un argentique est saisi également.
Bouquins, brochures, affiches sont pris en photo.
Un listing est fait des outils, avec prise de numéro de série.
Montrant un montage de fil du compteur à fusible jusqu’à deux batteries illes s’interrogent.
« C’est quoi ? » « mon électrac, vous êtes chez une pauvre »
Silence, photos.
Placard fouillé avec photo des vêtements et des chaussures.
Une petite frayeur dans la chambre les prend à la vue d’un gode ; illes sont là pour terrorisme religieux.
Quand ils croient tenir un vrai bout de gras à grailler, tout retombe.
Quel dommage.
« C’est quoi la clef ? » « Ben le double » « Ça fonctionne pas »
« Regardez bien » après la démonstration, l’ agacement. Mais c’était pas
super facile non plus.

Sur le retour chez le compagnon :
« Vous avez un téléphone » Vu la réflexion sur le téléphone à l’aller, c’est l’heure de la vengeance. « Non » Le keuf sort alors le haut de la pensée léniniste, pensant faire un tacle phénoménal. « La confiance n’exclut pas le contrôle » Il fouille son sac en sort un téléphone réparé au scotch. « Et ça ? » Il doit se dire que Lénine avait bien raison, le bougre, et fait faire une fouille au corps en guise de punition.
Chez le compagnon, des vestiges des années Mitterrand sont sorties, comme une veste sncf.
« C’est quoi ? »
« J’ai dû travailler, il y a longtemps »
Silence, Photo
Le tel du compagnon, véritable ruine d’arrière génération suscite autant de dépit.
« J’ai pas de matos pour lire les magnétos et tout, ça sert à rien de les prendre » (le bouton du mode lecture était un peu dur à enclencher) le même technicien éclairé matte les tels, vite fait sans les brancher à sa valoche high tech.
La voiture à haut pouvoir allergène semble gêner le plus vaillant d’entre eux.
Apparemment les poils de nos compagnons le dérange.
Dans le garage ils se gaussent à la vue de matos chirurgical des années 60.
Les outils sont répertoriés et pris en photo.
Illes ressortent.
Les compagnon-nes finissent par leur dire « en tous cas c’est fini, on votera plus à gauche »
Faute du droit qu’illes n’ont pas encore d’utiliser leurs jouets à ce moment précis, illes nous flinguent des yeux.
Finissent par s’enterrer dans leur pathétisme en demandant au technicien si illes doivent prendre un bouquin sur l’anarchisme en Tunisie.
Il ne daigne même pas répondre. Le bouquin est reposé.
« Eh monsieur c’est quoi déjà votre phrase sur la confiance ? »
Reflingage de regard et pas de réponse.
Toute la merde repart pour éviter de bouffer sur les heures de repas du midi.
Le moment du viol collectif s’achève.

Ni peur, ni surprise, mais encore plus de haine

des anarchistes old school.

[Reçu par mail, à ne pas confondre avec les gentils maraîchers perquisitionnés du même jour en Dordogne.] source nonfides

Vichy Pirate

Repris du super blog du poto Virlo

vu sur leschaussettesdelarchiduchesse

Vichy Pirate

Vichy Pirate vichy%2Bpirate
« Une chose est de désigner la machine totalitaire, une autre de lui accorder si vite une victoire définitive et sans partage. Le monde est-il aussi totalement asservi que l’ont rêvé – que le projettent, le programment et veulent nous l’imposer – nos actuels « conseillers perfides » ? Le postuler, c’est justement donner créance à ce que leur machine veut nous faire croire. C’est ne voir que la nuit noire ou l’aveuglante lumière des projecteurs. C’est agir en vaincus : c’est être convaincus que la machine accomplit son travail sans reste ni résistance. C’est ne voir que du tout. C’est donc ne pas voir l’espace, fût-il interstitiel, intermittent, nomade, improbablement situé, des ouvertures, des possibles, des lueurs, des malgré tout. »
 
Georges Didi-Huberman « Survivance des lucioles »

Publié par

[63] Cycle du Cinéma Déviant Acte II, mercredi 9 décembre

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