Archives pour juin 2016

Sur le proto-État kurde, un État comme les autres

[Texte à l’occasion du débat « Pour en finir avec l’idéologie anti-impérialiste et ses résidus », Dimanche 26 juin 2016 à 19h à La Discordia, Paris.]

 I

Dès le début, le mythe fondateur de l’État syrien fut celui d’un Etat protecteur des minorités religieuses et ethniques. Pays majoritairement sunnite, la Syrie englobe plusieurs « communautés » confessionnelles : alaouite, chiite, chrétienne, assyrienne, arménienne, etc. La famille Assad, en tant que représentante d’une minorité alaouite, était censée protéger toutes les autres et jouait la carte, à au moindre signe d’opposition, d’une guerre sectaire dans le cas de son absence.

La minorité kurde faisait exception car elle était la seule à ne pas être la bienvenue dans la famille des exclus. Après le recensement de 1962, effectué afin de « combattre l’immigration irrégulière », 20 % des kurdes habitant à l’époque en Syrie furent privés de citoyenneté. Cela faisait à peu près 100 000 personnes. En 2011, quand l’insurrection a éclaté en Syrie, le nombre de kurdes sans-papiers était environ à 300 000 selon certaines sources, montant jusqu’à 500 000 selon d’autres. Personne ne sait les chiffres exacts, mais ils étaient assez considérables pour condamner une partie de la population au travail au noir et à des conditions particulièrement misérables. Cela a joué sa part dans une autre particularité de la minorité kurde en Syrie : bien que les bureaucrates et les militaires kurdes ne cessent de parler du Kurdistan, nombreux prolétaires kurdes n’habitent plus depuis longtemps dans les territoires que ces premiers veulent contrôler. Il suffit de voir les bidonvilles sur les pentes du mont Qassiun à Damas ou le quartier de Cheikh Maqsoud d’Alep, des quartiers situés loin du territoire fantasmé du Kurdistan, et pourtant bien considérés comme des « quartiers kurdes ».

Ce mélange des « ethnies » n’était pas favorable à un séparatisme quelconque. Même dans les territoires « kurdes » au nord de la Syrie, les arabes et les minorités non-kurdes sont nombreuses, et pas seulement à cause de la politique d’arabisation menée par Hafez al-Assad, comme l’explique le chef du PYD, Salih Muslim, pour justifier les futurs massacres d’arabes dans la région « kurde » (nous reviendrons sur ce point). Ce qui explique la suite.

En mars-avril 2011, l’insurrection éclate en Syrie. Au début à Deraa, puis dans d’autres villes, « arabes », « kurdes » et autres. Durant les premiers mois, la participation kurde y est massive. Malgré la répression particulièrement violente, les manifestations, beaucoup moins « pacifiques » que les représentent les médias occidentaux, unissent non seulement les kurdes et les arabes, mais, dans quelques cas plus rares, aussi des individus venant de « communautés » traditionnellement attachées au pouvoir protecteur du régime : les alaouites, les druzes, les palestiniens et les chrétiens. Pas de revendication unitaire, à part « À bas le régime ! » qui commence à apparaître ici et là. Les raisons sociales pour se révolter sont abondantes : la brutalité des flics, la pauvreté, le service militaire, la stagnation communautaire complice du régime à tous les niveaux de la vie quotidienne, mais aussi la prolétarisation formelle pour certains kurdes et palestiniens, ces derniers habitant majoritairement dans des ghettos, anciens camps de réfugiés, comme celui de Yarmouk à Damas.

Avril 2011, Bashar al-Assad saute le pas pour acheter les prolétaires kurdes : il signe le « Décret 49 » qui accorde la citoyenneté à ceux qui sont enregistrés comme étrangers dans la région de Hasaka, ce qui concerne en grande majorité les kurdes. D’après un interlocuteur arabe, « ça n’a pas marché ». D’après un autre, kurde, « on s’en fout ».

Pendant ce temps-là, tandis que leurs « compatriotes » kurdes se battent contre les soldats et les chabiha [1] du régime aux côtés des arabes et des autres, les partis politiques kurdes, y compris le PYD, se taisent. Presque chacun d’entre eux dispose d’une milice armée, et bien entraînée dans le cas du PYD, mais même au moment où le mouvement commence à montrer les premiers signes de militarisation, ils n’engagent pas le combat. Pour cette raison, durant la période qui va d’avril 2011 à janvier 2012, la réponse à la question « les kurdes participent-ils au soulèvement ? » pouvait aussi bien être « oui » ou « non » selon l’interlocuteur.

Ce décalage qui devrait être évident même pour les parlementaristes les plus aigus, se manifeste par des conflits larvés et directs, avant et après la constitution du Rojava en novembre 2013.

Le 27 juin, 2013, par exemple, il y a eu une manifestation anti-PYD à Amuda, une ville majoritairement kurde avec une population arabe considérable. Un convoi militaire est caillassé par les manifestants, à quoi les forces de YPG répondent par des tirs à balles réelles, tuant trois personnes. La nuit d’après, environ 50 sympathisants du parti d’opposition Yekiti [2] sont détenues et tabassées dans une base des YPG.

Novembre 2015, des habitants du camp de réfugiés d’Erbil, au Kurdistan irakien, manifestent contre la conscription militaire au sein des YPG entre autre. La manifestation fut appelée par les membres du Conseil national kurde, une coalition des partis opposés au PYD, proches de Barzani. On ne veut pas faire des concessions aux geôliers que sont Barzani et ses affiliés politiques (voir l’insurrection sociale de 1991 en Irak), mais on peut constater que la façon dont le PYD s’occupe de ses opposants est identique à celle d’un État.

Rien d’étonnant à cela : maintient des institutions essentiellement coercitives comme la prison, la police, les tribunaux (« populaires »), l’armée (les YPJ et les YPG), même un équivalent de l’ignoble chabiha destiné à terroriser les manifestants dans la rue – tout est intact et même solidifié par la constitution qu’on appelle laconiquement le Contrat social. Les plaisanteries qui promettent la dissolution de la police plus tard n’annoncent rien de révolutionnaire, parce que dans de telles conditions, toute autre force de protection, même informelle, servirait inévitablement la même fonction de protection du pouvoir et du capital. Il ne manque rien à l’État du Rojava.

Pour pas mal de kurdes, cependant, la prise locale du pouvoir -ou plutôt la prise du vide laissé par le pouvoir d’Assad- au début de 2012, était une opportunité historique pour l’« auto-détermination ». Le sentiment populaire et plutôt vague d’appartenance à une nation Kurde -mille fois réinventée selon les conditions historiques- se trouve matérialisé par ceux qui se croient ses représentants, en l’occurrence le PYD. Comme l’a dit un camarade syrien, il était presque impossible pour un kurde syrien de ne pas soutenir cet événement à ce moment-là.

Pour le reste des insurgés, c’était un moment de transformation. D’abord il y avait le pur opportunisme des militaro-politiciens kurdes : quand les troupes des YPG et de l’YPJ s’emparent des régions abandonnées par l’armée syrienne, une petite partie de cette dernière reste autour des points stratégiques (dont les raffineries de pétrole proches de Qamichli). Le PYD refuse catégoriquement de chasser les troupes d’Assad. L’administration locale est désormais sous contrôle direct du PYD, mais les fonctionnaires continuent à recevoir les salaires d’État. La plupart des révoltés, des insurgés et des révolutionnaires syriens considèrent cela comme une trahison. Ensuite, la question devient « la question kurde ». Du point de vue politicien et militariste, il n’est pas possible de dire que le PYD est « avec » ou « contre » le régime d’Assad, mais il est devenu clair que la question pour ceux qui soutiennent le Rojava n’est plus sociale, mais nationale.

Dès novembre 2013, le chef des PYD, Salih Muslim, déclare que les arabes qui vivent dans les régions « kurdes » du fait de la politique d’arabisation de Hafez al-Assad, devront un jour partir. Le 17 mars 2016, les leaders des trois cantons déclarent que le Rojava est une région fédérale au sein de la Syrie. Mais hélas ! On ne fédère même pas les régions, on fédère les « ethnies » ! La fédération réunira non pas des entités territoriales, elle réunira les Kurdes, les Arabes, les Assyriens et les autres que le pouvoir acceptera en tant que communautés sous son joug.

Voilà donc pour le fameux dépassement du nationalisme par le PKK (et le PYD). Voilà pour le fédéralisme. Quant à la partie démocratique de ce dernier, aujourd’hui on peut déjà se référer à la base militaire française qui est en train d’être construite, nulle part ailleurs qu’à Kobané.

Le bilan : les duperies les plus banales du PYD sont avalées par un nombre immense de belles âmes comme révolutionnaires ; la contribution largement sociale à l’insurrection syrienne des prolétaires kurdes est étouffée au détriment des militaro-politiciens nationalistes ; les révolutionnaires syriens, quelle que soit leur « ethnie », sont laissés à crever aux mains des geôliers baasistes, islamistes et djihadistes.

 II

Si on parle aujourd’hui du Rojava et de son projet néo-nationaliste, ce n’est pas seulement pour critiquer les politiciens que sont Salih Muslim et sa bande. C’est pour montrer qu’avant et même en même temps que le PYD mène son projet étatique confédéral, il y a un conflit social qui ne se définit pas en termes nationaux. Bien qu’il y ait eu des drapeaux syriens aussi bien que kurdes qui furent brandis bien avant que le pouvoir kurde ne s’installe au nord de la Syrie -et ceci pouvait bien être la limite de l’insurrection syrienne si celle-ci n’aboutissait pas à une guerre civile- les individus d’origines diverses participaient aux mêmes comités révolutionnaires, aux mêmes batailles « pacifiques » (lire « non-militarisées »), telles que l’occupation émeutière de la fac d’Alep en juillet 2011, et de nombreuses autres batailles de rue qui, avec des intensités différentes, continuent jusqu’à aujourd’hui.

Bien qu’Ocalan et ses sbires aient abandonné le projet d’un État-nation indépendant pour des raisons plutôt pragmatiques, le nationalisme n’en demeure pas moins présent. En témoignent de nombreux révoltés syriens, dont certains kurdes, plutôt critiques envers le PYD, pour qui il était évident que les rojavistes ont volontairement abandonné l’insurrection dans le pays, si tant est qu’ils y participaient vraiment, au profit de la libération nationale. En témoignent aussi les déclarations de Muslim qui puent souvent comme des annonces d’une guerre civile entre les kurdes et les arabes.

N’en reste pas moins que les duperies populistes du PYD, y compris les plus grotesques, comme l’utilisation des corps de belles femmes en armes pour la publicité, sont avalées par divers anti-impérialistes occidentaux comme anti-patriarcales et révolutionnaires. Il est remarquable que les aspects les plus affreux, tels la politique interne interdisant les rapports amoureux et sexuels au sein des milices, aussi bien que la complicité factuelle entre les YPG/YPJ et Assad, et la collaboration bien établie et formelle avec les forces spéciales américaines, sont complètement passés à la trappe comme non-essentiels, cosmétiques, comme des détails pragmatiques n’impliquant rien de plus.

Le problème qu’on voit est bien le problème de l’anti-impérialisme : dès qu’une force se constitue en nation, donc en État, même si celui-ci n’est que provisoire ou fédéral, comme c’est le cas du Rojava, elle entre en rapport avec les autres États. Ce qu’on pouvait auparavant appeler « la question kurde », qui était une question d’ordre social (voir la première partie), est désormais une question d’alliances, de diplomaties, de deals entre ceux qui veulent nous écraser. Autrement dit, on passe du social à la géopolitique – et là, les bases militaires françaises, russes ou américaines ne sont jamais trop loin.

Ce qu’on appelle l’idéologie anti-impérialiste est un outil conceptuel pour justifier ce qui précède : la nation, l’État, les alliances internationales et, tôt ou tard, la répression des révoltes inévitables qui n’ont rien à voir avec une appartenance identitaire quelconque. Rien de nouveau sous le soleil quand il s’agit du Rojava : l’existence des prisons et des tribunaux, de la police, du gouvernement, le militarisme, même le pire du sexisme et du patriarcat, tout est passé par cette notion nauséabonde de progrès : donnons du temps à ceux qui construisent des cages,ils vont finir par les détruire.

Derrière cette idéologie se cache même quelque chose de plus inquiétant : un paternalisme d’ampleur. Alors qu’on a beau rejeter toute idée de nation française comme une plaisanterie pitoyable et fondamentalement étatiste, on accorde aux pauvres du lointain, les kurdes en l’occurrence, de ne pas encore « en être là », de n’avoir pas encore fait la critique du nationalisme. Dans une logique progressiste, ils sont en fait considérés comme « arriérés ». On entend exactement la même chose sur les religieux, notamment les islamistes. Mais nombreux sont ceux et celles qui en sont bien « là », et qui parfois se font torturer, violer et assassiner pour cette raison précise. L’idéologie anti-impérialiste est ce qui étouffe ces révoltes indiciblement courageuses avec un degré démesuré de paternalisme. La question que je voudrais poser est la suivante : est-ce que la notion abjecte d’une « nation opprimée » pourrait bien exister dans le vocabulaire anti-impérialiste, si « opprimée », dans ce cas, ne voulait pas également dire « stupide » ?

Dans des situations uniques comme celle de l’insurrection syrienne, tout peut basculer. C’est une qualité énorme de toute révolte d’une telle ampleur. Les sujets dont on ne discuterait jamais dans les conditions habituelles, resurgissent du néant. Les questions auxquelles même les révolutionnaires les plus naïfs répondent avec cynisme, se posent comme si tout était à construire de nouveau. Remarquable est l’ouverture d’esprit que peut créer la subversion des conditions matérielles.

Et pourtant, c’est aussi le moment préféré des anti-impérialistes pour tout repousser en arrière. Quand les identités sont en train de se craqueler, ils nous parlent de nations (ou de religions, voir l’Iran). Quand les militaires désertent, ils nous parlent de l’État.

Ce qu’on appelle l’idéologie anti-impérialiste est une représentation bêtement simpliste, binaire et campiste du monde. C’est une couverture pour éviter la contradiction – la raison pour laquelle ça ne marche que de très loin. L’exemple de la Syrie me paraît très parlant : alors que les rojavistes sont acceptés comme les nouvelles Lumières du Moyen-Orient, le reste des révolutionnaires syriens sont laissés à crever dans l’incompréhensibilité quasi-totale. « C’est la guerre civile » ou « c’est un conflit sectaire » ne sont que des façons de recouvrir les cadavres, y compris ceux des révoltés et des révolutionnaires. La vérité amère, c’est que la situation au Rojava ne se distingue point par son intelligibilité du reste de la Syrie. La différence, c’est que le Rojava rentre plus aisément dans le prêt-à-penser anti-impérialiste, grâce aux politiciens fédéralistes du PYD qui ont appris leurs leçons d’esthétique avec Rage Against the Machine et des manipulations séductrices des anti-impérialistes d’antan. La vérité amère, c’est que la situation sociale au Rojava est aussi complexe que dans le reste du monde. Ce qui veut dire également qu’il nous faudra faire nos recherches, analyser la situation, prendre des contacts et parler avec les gens si on veut se battre contre ce monde à leurs côtés. Au moins cela, plutôt que de brandir les portraits d’une nouvelle autorité anti-autoritaire.

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Sur le proto-État kurde, un État comme les autres
J.L. , juin 2016

Mayotte : Vengeance incendiaire à la suite d’expulsions de sans-papiers

Note d’Attaque : Chaque week-end depuis des semaines, des villageois mahorais se forment en milices et s’attaquent aux maigres moyens de survie de sans-papiers (dont la plupart viennent des Comores) en saccageant leurs baraques de fortune situées à la périphérie des villes et villages.

Ces citoyens-miliciens, “excédés par la délinquance et l’immigration de masse” qui remettent à leur sauce le slogan des racistes de la métropole (“Mayotte aux Mahorais”) reçoivent la bénédiction des flics (puisqu’ils font le boulot à leur place) et ont le soutien des maires de l’île (de tous bords confondus). Évidemment, l’État préfère voir des pauvres s’en prendre à d’autres encore plus pauvres, plutôt que de voir l’économie paralysée par une grève générale, des blocages et des sabotages, comme cela a pu émerger il y a quelques semaines. Cependant, les expulsions et pogroms anti-immigrés (que les protagonistes citoyens qualifient de “décasages”) sont pourtant qualifiées de “sauvages” par l’Etat, puisque pour une fois ces exactions ne sont pas réalisées par ses chiens de garde. Cela reste pour l’État une question de principe, qui tient à marquer une séparation entre action légale  (la sienne) et action illégale (toute autre, qu’elle soit subversive ou, comme da ce cas, réactionnaire) et que “force doit rester à la loi”. Mais, dans la pratique, État et milices citoyennes marchent main dans la main.

Ce qui se passe à Mayotte pourrait-il servir de piqûre de rappel à certaines franges de l’extrême gauche ? Ceux et celles qui, du haut de leur postes, le plus souvent dans des facs, réduisent tous les “racisés” au rôle de victimes innocentes et impuissantes. Qui réduisent ainsi des interactions sociales complexes (dont le racisme est une composante, mais seulement une) au binarisme manichéen occident-blanc-colonisateur-méchant vs. reste-du-monde-colonies-racisées-gentils. Cela en niant au passage toute issue révolutionnaire, parce que chaque individu serait figé dans des cases fixes qui empêchent de se libérer et de rencontrer des complices à partir non de quelques racines rances, mais d’une volonté de révolte partagée (on pourra lire ici une bonne réponse à l’énième tentative de racket racialiste et justicialiste sur les luttes en cours).

Voilà un petit aperçu de  ce qui se passe là-bas, où le racisme porté par des “racisés” envers d’autres pauvres (et cautionné par les institutions) assèche les vents de révolte qui soufflaient si fort il y a encore quelques semaines.

Cependant, il y a aussi quelques bonnes nouvelles : des exemples de riposte en actes au racisme, d’où qu’il vienne, sans faire appel à la justice ou à un quelconque secteur de l’État. Dernièrement, des locaux de politicards du coin ont été attaqués en représailles. Une fête populaire à la con (“la course des pneus”) a aussi été gâchée par quelques enragés. Ce sont ces quelques actes de révolte que nous tenons à relayer :

 

La 1ère France Télévision / lundi 6 Juin 2016

Représailles incendiaires contre les élus

Les élus mahorais victimes de représailles après leurs prises de position sur la crise des expulsions des étrangers.
Les élus de Mayotte, toutes appartenances politiques confondues font l’objet de menaces.  C’est une conséquence de la campagne d’expulsions en cours. Ils ont tous soutenus ce “retour à l’Etat de droit”. Aucun d’entre eux n’a condamné fermentent les méthodes musclée des villageois.
Certains même se disent prêts à mourir pour soutenir cette cause à l’instar de Bacar ALI BOTO .
Le cabinet de Maître Mansour Kamardine [à gauche sur la photo ci-dessous; à droite il s’agit de Saïd Omar Oili, président de l’association des maires de Mayotte , NdAtt.], président de la fédération « Les Républicains » du département a été attaqué a coup de cocktails-Molotovs. Il a affirmé  que cela n’a pas entamé sa détermination à soutenir la cause des mahorais qui veulent jouir de leurs biens.

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Beaucoup de personnes ont été victimes d’agressions et des voitures sont incendiées tous les soirs. Des appels aux représailles ont été lancés sur les réseaux sociaux. Les rumeurs les plus folles avaient circulé, notamment celle qui avait parlé d’une embarcation remplie d’armes en provenance d’Anjouan [île des Comores; NdAtt.]. Une fausse information qui montre cependant que qu’une panique est entrain de s’installer sur l’île. Ces menaces d’atteinte à l’intégrité physique des élus mahorais déplacent une bonne fois pour toute la crise des immigrés expulsés de Mayotte, sur le terrain politique. […]

Ibrahim Aboubacar, député Ps de Mayotte

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zinfos974 /6 juin 2016

Tous les ans, Mayotte vit au rythme d’une course originale, sans doute unique au monde, “la course de pneus“. Plus d’un millier d’enfants venus de tous les villages de l’ile rejoignent la capitale pour s’y affronter en poussant de vieux pneus usagés, encouragés par une foule très nombreuse.
Hier, la fête a été totalement gâchée par deux bandes de jeunes cagoulés qui ont attaqué les participants à coups de galets, provoquant une véritable panique. Les forces de l’ordre ont répliqué à coup de grenades lacrymogène et selon Les Nouvelles de Mayotte, “plusieurs personnes ont été blessées et trois individus ont été interpellés“.
Avec l’attaque contre “la course de pneus“, Mayotte s’enfonce un peu plus dans une situation qui tend à devenir incontrôlable. Les autorités avaient pourtant pris toutes les précautions : renforts arrivés discrètement de la Réunion en avion militaire, mobilisation de tout ce que l’île comptait de forces de l’ordre (policiers municipaux et nationaux, gendarmes mobiles…) mais ça n’a suffi à impressionner des dizaines de jeunes désoeuvrés qui ont depuis longtemps fait la démonstration qu’ils n’ont peur de rien ni de personne.
Mayotte1La veille déjà, deux bandes s’étaient affrontées en pleine ville de Mamoutzou et cette nuit, preuve que la délinquance devient de plus en plus grave, les deux gardiens d’une société ont été attaqués à coups de barres de fer, tandis que cinq voitures étaient incendiées sur le parking d’un lotissement. La propagation aux maisons avoisinantes n’a pu être évitée que grâce à l’intervention très rapide des pompiers.
[…] Plus tôt dans la semaine, un comorien d’Anjouan avait été attaqué à coup de couteau, et de plus en plus de Mahorais n’hésitent plus à parler de début de guerre civile…

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La 1ère France Télévision / dimanche 5 juin 2016

[…] Mayotte2« Il y a bien une mise à sac organisée », renchérit cette mère de famille de Mtsapéré dont la voiture a été vandalisée il y a un mois. « D’ailleurs, ce ne sont que les voitures neuves et les voitures de marques qui ont été incendiées », ajoute sa voisine. Le vandalisme et la multiplication des actes d’incivilité ne sont pas apparus avec les expulsions. Mais ils se sont amplifiés. […]

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Les patrons contraints de partir… et le tourisme morfle!

La 1ère France Télévision / mercredi 8 juin 2016

Le climat d’insécurité qui règne à Mayotte impactera forcément l’économie. Des chefs d’entreprises ont déjà décidé de partir. A quelques semaines des vacances, ils redoutent des désistements de dernière minute. Attoumani Harouna, vice-président du comité départemental au tourisme a été lui-même victime d’agression de la part de coupeurs de route ce mercredi 8 juin à Ongojou, dans la commune de Démbéni. Le secteur du tourisme a fait de gros efforts ces dernières années pour vendre la destination Mayotte. Des investissements qui commencent à donner de bons résultats.
Les images de violences dans le département risquent donc de venir anéantir tous ses efforts.

Source: attaque

[Athènes] : Quelques mots sur l’exécution anonyme d’un dealer à Exárcheia

Il y a quelques jours dans le quartier d’Exárcheia, à Athènes, un homme de 35 ans, membre actif de la mafia albanaise et dealer connu du mouvement anarchiste pour des propos déplacés envers des compagnonnes et des attaques au couteau, a été exécuté. Touché par quatre balles, il est mort une heure plus tard à l’hôpital.

 

Cette mort intervient dans un contexte de tensions, depuis plusieurs années, entre les mafias (un règlement de compte entre mafieux avait déjà causé la mort d’un homme en 2013 à Exárcheia), mais aussi entre le mouvement anarchiste et l’Etat et ses relais mafieux, au sujet de la prolifération des drogues à Athènes, et particulièrement à Exárcheia, ou des coups de feu avaient déjà été tirés sur le Kvox occupé, et de nombreuses bagarres avaient éclatés avec les vendeurs de mort.

Dans la presse grecque (où les rapports d’autopsie ont été publiés…), les flics pretendent explorer les deux pistes : celle du règlement de compte entre mafieux, et celle d’une action anarchiste prémeditée. 
Il y a trois mois, un cortège anarchiste de 5000 personnes, parmi lesquelles plusieurs compagnons ostensiblement munis d’armes à feu, avait défilé sous forme d’avertissement dans le quartier, avec un message clair contre les dealers :

https://vimeo.com/158636834
Si les enquêteurs penchent pour l’instant pour la première hypothèse (règlement de compte entre mafieux « à 60% contre 40% », d’après la presse), ils signalent cependant que les deux armes utilisées semblent similaires à celles exhibées lors de cette manif, des tokarev, pistolets semi-automatiques, plutôt désuets.

Il serait donc à la fois imprudent et idiot d’accuser les anarchistes de cette action qui n’a (à ce jour) pas été revendiquée (en Grèce, les attaques anarchistes sont toutes revendiquées, mais dans des délais divers), et qui ne leur est pas attribuée, et pire encore, de la commenter comme on commenterait le match d’hier…
Mais ici en France, sur twitter, quelques imbéciles postant du matin au soir leurs opinions politiques hyper-radicales sur lit de grammaire alternative ou des photos de chats, ont déjà décidés d’attribuer cette attaque aux anarchistes, et la relient, on ne sait par quel miracle, à notre site, passons là-dessus, comme la caravane… Au-delà de l’indélicatesse envers nous-mêmes, au-delà d’une absence totale de prudence et de retenue (ce sont les mêmes individus qui passent leurs journées et leurs nuits à opiner sur la taille du pénis de Julien Coupat, à annoncer à grand renfort de mythomanie performative et virtuelle des meurtres, des incendies, à localiser des « camarades » dans les manifs en fournissant des informations sur leurs déplacements, leurs tenues, dans des moments d’affrontement, nous sommes certains que le renseignement raffole de ces abrutis next gen) envers les compagnons grecs, il s’agit pour ces quelques chroniqueurs live de débattre philosophiquement (en 140 mots…) sur la violence, le meurtre, la « peine de mort », et l’action directe. Un débat auquel, bien sur, ne pourront jamais participer les premiers concernés, puisque le propre d’une action clandestine est la clandestinité. Incroyable, non ? 
Sans aucune source (puisqu’il n’y en a pas !), ils affirment que l’attaque a été revendiquée, ils citent même des phrases d’un communiqué imaginaire (nous vous épargnerons la centaine de tweets du même acabit, par une quinzaine d’abrutis différents) :

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La source ? Ah non c’est vrai, on s’en fout… lolilol !
Si tu aimes le bruit de la craie sur le tableau, clique moi pour encore plus de bonheur !

Ceci étant dit, revenons au sujet qui nous intéresse. Cette manifestation répondait aussi à un contexte tendu, en fait le même, puisqu’une semaine auparavant, le 27 février, trois compagnons d’Exárcheia qui avaient demandé à trois hommes de cesser de proférer des insultes misogynes aux passantes ont été violemment attaqués au couteau au niveau de la tête. Ils ont clairement tenté de les tuer. Un compagnon souffre d’une lésion cérébrale tandis qu’un autre sera hospitalisé avec un grave traumatisme crânien. Seule l’arrivée rapide d’occupants du Kvox et d’autres anarchistes du quartier, provoquant la fuite des trois nervis de la mafia, leur ont évité la mort.

Dans ce contexte, n’importe qui avec un peu de bon sens révolutionnaire et de conséquence, comprendra que la lutte contre les dealers est aujourd’hui une question de vie ou de mort à Exárcheia, il y a des blessés graves pour en témoigner, et cela fait des années que la tension ne cesse de monter dans le quartier.

La came et ses multinationales doivent être combattues au même titre que les Etats, et autres proto-Etats (des cartels de la came en Amérique du Sud à Daesh). Loin de toute considération morale sur l’usage et la vente de drogue, qui sont bien deux choses distinctes à critiquer de façon distinctes, il faudra bien en finir avec la came et les dangers qu’elle représente, notamment du point de vue des compagnons et compagnonnes d’Athènes.
Pour le mouvement anarchiste protéiforme d’abord, qui ne saurait continuer son extension face à la montée de la consommation d’héroïne (et de pires saloperies encore) qui ravage aujourd’hui les imaginaires, les cerveaux et les corps de grandes strates de la société dans un contexte de crise économique aiguë ; avec la complicité active des forces de l’ordre qui voient la prolifération des drogues (et donc des junkies, qui font toujours de bons indicateurs de police) dans le quartier historique des anars, comme une très bonne chose. Et pour les individus qui le composent, dont la sécurité physique est incontestablement menacée par la présence de ces mafias esclavagistes qui cherchent à concurrencer le capital conventionnel sur son propre terrain économique, et l’Etat dans la mise en œuvre d’une paix sociale à coup de substances pour garantir la tranquillité des échanges.

Loin de tout hygiénisme ou de tout culte du corps sain, que l’on peut parfois retrouver sous forme de dérive légère chez quelques compagnons grecs, et loin de la pratique des quelques raids violents menés contre quelques hordes de zombies apathiques dans les rues adjacentes de l’école polytechnique ces dernières années, nous ne pouvons que souscrire à la conséquence pratique des compagnons qui ne se contentent pas de grands discours moraux et grandiloquents sur les réseaux sociaux, et qui ont décidés de passer à l’action directe contre les larbins du deal et les intérêts qu’ils défendent. La manifestation précédemment citée fait partie de cette démarche. Concernant l’exécution du dealer, nous ne nous avancerons pas sur la nature de cette attaque, bien que si elle venait à être revendiquée dans cette démarche, nous la soutiendrions sans chichi. Car un révolutionnaire n’a pas pour pratique de bavarder sur les actions des autres, profitant de l’anonymat pour mettre en place la récupération politique d’actes anonymes, pour certains, ou la condamnation inconséquente de commentateurs loin de tout enjeu révolutionnaire et visiblement, plus loin d’Athènes et du mouvement anarchiste que de Pluton, pour d’autres.

A ceux et celles qui déjà s’excitent de commentaires moraux sur la sacralité de la vie ou sur la « peine de mort », éteignez vos cierges et retirez les toges… La révolution ne pourra être l’œuvre que de celles et ceux qui s’attaquent et qui s’attaqueront à la domination, pas de belles opinions éclairées, pas de légitimité, pas de diner de gala au programme, et pas de programme du tout. 
La dite « peine de mort », comme la Vérité et la Justice, ne peut être dispensée que par une autorité supérieure, comme l’Etat qui en détient le monopole exclusif. Non pas deux individus à moto. Cela relève du contresens en plus de la calomnie. Penser avec le vocabulaire de l’Etat, enfermé dans ses conceptions etriquées de la vie et des rapports humains, est une perspective à laquelle nous devrions tous travailler, pour tuer le citoyen-flic dans nos têtes, qui nous souffle chaque jour : « la violence doit rester le monopole de l’Etat, la vie et l’humanité sont sacrées, ceux qui se s’approprient la violence sont forcement fous, dérangés ou barbares ». Mais les barbares ne sont ils pas précisément celles et ceux qui menacent la civilisation ?
La mort d’un humain ne recèle rien de bien réjouissant en elle-même, et les fantasmes morbides, punitifs doivent être proscrit par une éthique. Mais cela ne signifie pas se voiler la face.

La rupture avec l’existant ne pourra pas être judiciariste, et la révolution ne sera pas judiciaire [1].

Parmi les trois agresseurs armés de couteaux que nous mentionnions plus tôt, se trouvait un certain « Habibi » (pseudonyme), petit chef de 35 ans, qui avait déjà poignardé une vingtaine de personnes dans le quartier, parmi lesquelles une anarchiste qui avait publié sur Indymedia Athènes un message contre lui et son réseau mafieux. C’est lui-même, emblème de la guerre d’usure entre anarchistes et dealers, qui a été exécuté il y a quelques jours à 11h30 du matin par deux assaillants cagoulés à moto, à 100 mètres de la place d’Exárcheia, rue Themistokleous, ils ont rapidement quitté la scène après avoir tiré cinq à six balles, selon la police. Quelles que soient leurs motivations, efharisto !

Il n’y a pas d’ailleurs où guérir d’ici,
alors guerre aux dealers de faux-ailleurs.

Le 11 juin 2016,
Kathairesis
.

PS : Un rassemblement s’est tenu aujourd’hui (samedi 11 juin) à 21h sur la place principale d’Exárcheia, « contre la mafia, la répression de l’Etat, et le cannibalisme social ».

Notes

[1] Yves Coleman, qui dans son texte au titre ridicule « Camarades, votre LOI DU TALION* ne sera jamais la mienne ! » (félicitation !), dont il a retiré, nous ne savons pas quand, ni pourquoi (YC nous parle de « charité… athée »), les références à deux textes publiés sur notre site après les attentats de janvier. Un texte que nous avions ignoré, par charité… anarchiste, mais aussi parce que nous avions mieux à faire que de débattre à l’intérieur des contours de la démocratie.

Source: nonfides

La nouvelle affiche polémique de la CGT

La nouvelle affiche polémique de la CGT

Lettre ouverte à ceux qui ne voient pas de problème à marcher derrière les racialistes dans le mouvement en cours

Lettre ouverte à ceux qui ne voient pas de problème à marcher derrière les racialistes dans le mouvement en cours

[Contribution à la critique nécessaire de l’Appel à un cortège en commun contre les violences et l’impunité policière lors de la manifestation du 14 Juin 2016 contre la loi Travail, proposé et signé par divers militants du racialisme.]

« Tariq Ramadan, quelles que soient les critiques que nous puissions lui faire, fait partie de l’anti-racisme politique, pour son combat contre l’islamophobie et la Palestine […] [Tariq Ramadan est] un intellectuel musulman auquel s’identifie une grande partie des classes populaires non-blanches. » 

Houria Bouteldja, porte-parole du PIR.

« La seule haine que nous avons c’est la haine de l’injustice, c’est la haine de l’impunité policière. Je ne laisserai plus rien passer, je deviendrai comme un poison, je serai derrière eux, quel que soit le prix à payer. » 

Amal Bentounsi, porte parole d’Urgence Notre Police Assassine.

« Madame la juge, vous aimez citer le code pénal par ci et là, à mon tour de citer un article du nôtre, article 25, chapitre le combat continue : vous me trouverez en face de ceux qui pissent sur la justice. » 

Sihame Assbague, auto-porte-parole du swag.Série de propos tenus lors du « Procès de l’antiracisme politique », mauvais spectacle de stand up en forme d’éloge de la forme tribunal, à la Bourse du Travail de Saint-Denis le 25 mai 2016

« Nous allons continuer à distiller des idées progressistes, à travailler aux marges et dans les interstices, envahir le langage courant, imposer nos thèmes et nos concepts dans le débat universitaire et public. » 

Françoise Vergès et Gerty Dambury, Halte à la misogynie raciste !, 12 juin 2015.

Un petit cénacle racialiste en pleine ascension sociale et politique cherche à imposer une hégémonie politique et culturelle, et à coloniser les représentations par un discours fondé sur la notion de « race », à travers l’assignation de tous, dans le présent, le passé et le futur, à des catégories qui varient au gré des accommodements en cours, toujours guidé par la soif de pouvoir. Toujours fondées sur le revival de la « race », qu’on reconstruit politiquement plus que socialement grâce à ses avatars « racisés », « racisation », « blancs », « non-blancs », ces catégories infâmes sont des outils idéaux pour faire oublier ce qu’on fait au nom de ce qu’on prétend être, culpabiliser, faire la leçon et s’imposer par le chantage à la légitimité victimaire et identitaire en exigeant d’être vus comme l’incarnation de la banlieue, du Sud, du prolétariat, des quartiers, des victimes des violences policières, etc. selon les lieux, et les publics. Après l’échec évident de la « Marche de la dignité » en octobre dernier, qui est loin d’avoir rallié « les jeunes des quartiers populaires » ou « les prolétaires de banlieue », après le repli sur la défense du religieux et la dénonciation de « l’islamophobie », c’est maintenant au cœur du mouvement social qu’ils cherchent à normaliser leur présence et même, comme ils l’énoncent ouvertement, à prendre le « leadership » de la contestation. Cette fois, l’opération prend place dans le moment le plus public, rejoignable et conflictuel du mouvement en cours : la manifestation, via la proposition de la constitution d’un cortège lors de celle du 14 juin, et c’est autour de la très consensuelle question des « violences policières » que la proposition se formule. Par un texte assez creux, un certain nombre de signataires dont la plupart sont universitaires, habitués des plateaux télé et racialistes, appellent à « un cortège en commun pour dire Stop aux violences et à l’impunité policière. »

D’abord, ce sont les signataires de cette initiative aux allures de radicalité qui doivent nous poser question : outre divers acteurs très institutionnels avec lesquels on aimerait ne pas partager de cortège, qu’il soit de tête ou de queue, on se retrouve en bonne compagnie avec le Parti des Indigènes de la République et ses compagnons de route, les sociologues officiels Nacira Guénif et Eric Fassin,Majid Messaoudène, élu front de gauche à la mairie de Saint Denis, la MAFED, qui regroupe, depuis que le PIR l’a constituée lors de ses dix ans pour organiser la Marche de la Dignité [1], tout ce que le petit milieu racialiste compte d’égéries « racisées » et éventuellement islamistes, la Brigade Anti- Négrophobie et le Dip Social Club, qui suivent et relaient toutes les initiatives de ce petit monde. On doit aussi supporter des entrepreneurs de banlieue qui réclament leur part du gâteau, lesPas Sans Nous, et le FUIQP dont le chef de file Saïd Bouamama, en plus d’être racialiste, collabore régulièrement avec le confusionniste actif philo-négationniste Michel Collon. Tous parlent de « race » à longueur de temps et prônent un interclassisme ségrégationniste qui sépare « blancs » et « non-blancs », à travers des pratiques scandaleuses et inacceptables comme par exemple l’organisation en non-mixité « raciale » (pour leur « camps d’été décolonial » par exemple).

Et, tant qu’on y est, pourquoi pas Eric Hazan, qui voudrait que tout le monde aime un peu certains flics [NdNF : voir ici.], éditeur du pamphlet antisémite et philo-négationniste de Houria Bouteldja ?

Pour mémoire, même si tout le monde semble convenir du caractère infâme des positions du PIR, il faut peut- être rappeler son antisémitisme, sa misogynie, sa haine des homosexuels et du métissage, son racisme structurant, qui, si on s’y penche avec un peu de conséquence, devraient empêcher non seulement sa fréquentation, mais aussi celle de ses amis et alliés, même par pétition interposée. La moue dégoûtée que beaucoup prennent tout en signant et en côtoyant semble une réaction bien légère, si l’on prend au sérieux la nature des problèmes en question…

D’autre part, alors que la violence exercée par la police est structurelle, on peut se demander ce qu’on a à gagner à séparer des pratiques policières « violentes » d’autres, « normales », qui ne le seraient pas, comme le fait la notion de « violences policières » auxquelles il s’agirait de s’opposer. Cela a-t-il vraiment un sens d’exiger que cette police qui serait la « nôtre » cesse d’« assassiner » ? Ce dont on peut être sûr, c’est que lutter pour la punition de la police n’est en aucun cas une manière de lutter contre sa force réelle et effective ni de s’organiser contre la répression qui consolide le monde de la loi travail, et plus largement contre le rôle et la fonction de la police qui est au service du même État que la justice qu’on invoque ?

S’organiser en tant que victime, peut aussi poser question, surtout quand, en fait, il s’agit plutôt de se présenter comme victime potentielle, ou qu’on est en fait « famille de victime », catégorie la plus dépolitisée qui soit, dont la valorisation fait écho à un maoïsme français éculé, datant de l’époque où certains, sur la route de la « vérité » et de la « justice », ont aussi cherché des relais de légitimité normative et familialiste.

Enfin dénoncer « l’impunité policière », c’est toujours s’inscrire dans un champ absolument judiciariste et punitif qui impliquerait que la justice réelle, convoquée par la notion « d’impunité », soit l’horizon indépassable, et se retrouver à se plaindre radicalement du fait qu’elle fonctionne décidément mal en exigeant que les coupables soient punis plus sévèrement. Que gagne-t-on à constater que la justice ne punit pas sa police, et à revendiquer plus de punition et plus de prison ? Ne s’éloigne t-on pas ainsi absolument de la perspective de « l’impunité » pour les luttes et leurs participants ?

Des conférences de presse contre l’État d’Urgence, à Nuit Debout, en passant par des pétitions dans les journaux (avec la prétention à déterminer qui serait « casseur » ou « émeutier »), des colloques comme « paroles non-blanches » dans le bâtiment occupé de la fac de Saint-Denis, la propagande de Lundi matin, pléthore de réunions publiques, meetings, interviews et autres interventions télévisuelles, pastiches ratés de procès stupides, etc., les racialistes militent pour infuser la contestation avec leur lecture en terme de « race », donc raciste, et militent toujours aussi pour eux-mêmes, afin de prendre le pouvoir dans les luttes et de s’en servir pour acquérir du pouvoir, au-delà.

Nous sommes déjà nombreux à refuser ces catégories qui contredisent toute perspective émancipatrice et révolutionnaire, à penser que lutter contre la police, en tant que telle, ce n’est pas déplorer qu’elle ne soit pas punie, à refuser ce paternalisme qui consiste à favoriser l’organisation en tant que « famille de victime » ou sous des formes communautaures et identitaires en allant jusqu’à vanter la soumission religieuse des autres, bref à refuser de se soumettre au chantage de ces quelques bourgeois « racisés » qui voudraient se faire passer pour « les jeunes des quartiers populaires » alors qu’ils en ont très visiblement passé l’âge.

Nous ne les avons pas attendu d’ailleurs pour refuser le racisme, pour nous battre ensemble, immigrés ou pas, sans ou avec papiers, chômeurs, précaires ou salarisés, en tentant de dépasser ces catégories, seul moyen de se retrouver pour en finir avec ce monde, son capitalisme et sa police.

En cortège et ailleurs, refusons de marcher derrière les racialistes !

Poursuivons la mobilisation, les luttes contre la loi travail, bientôt contre l’été et son odeur de fin de mouvement !

Quoiqu’il en soit, le mouvement n’a pas à être dirigé, et certainement pas par les porteurs de cette proposition.

Pour des perspectives révolutionnaires

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Les chemins se séparent…

crossroads@riseup.net

[Repris d’Indy Nantes.]

Ceci n’est pas une insurrection

Ceci n’est pas une insurrectionPourquoi rajouter « et son monde » ne fait rien au mouvement en cours

Je ne veux ni cracher, ni me hausser au dessus de tout ce qui se passe et ne se passe pas au cours de ce mouvement dit « contre la loi travail ». Parfois, les mots servent précisément cette fonction-là. Au final, il est vrai que dire et écrire est une mobilisation très limitée des fonctions corporelles et mentales. Il y en a d’autres qui ont autant d’importance : les bras qui font des gestes, les jambes qui savent courir, et les cœurs qui battent. Les premiers se détachent trop aisément de ces derniers et risquent ainsi de se constituer comme monde à part. Le risque, on le porte chaque fois qu’on ouvre la bouche ou qu’on se met à bouger nos petits doigts pour écrire. Et pourtant…


Quoique je me réjouis avec pas mal d’autres de quelques instants pleinement vécus au cours de ce mouvement, l’enthousiasme de certains me laisse perplexe. J’entends qu’« il y a quand-même des trucs intéressants Place de la République », parce qu’au final, c’est un endroit pour se rencontrer. J’entends qu’on est « de plus en plus nombreux », parce qu’il y a plus de monde qu’avant dans le cortège « autonome » ou « non-affilié », selon le goût de chacun. J’entends que les syndicats « se radicalisent » parce que certains de leur membres se masquent pendant les manifs. J’entends aussi qu’on est « plus combatifs » parce qu’il est devenu indispensable de ramener les lunettes de plongée et un masque aux manifs, grâce à la générosité des flics quand il s’agit du gaz lacrymogène. En plus, davantage de monde déteste la police, parce que cette dernière s’est avérée être vraiment vraiment méchante. Et pour certains, tout se résume par un « ça va péter » hurlé par quelques hooligans qui ont troqués le stade pour le « champ social ».

Je ne conteste aucune de ces observations à la fois descriptives et optimistes. Quant à la description de l’état de fait, je ne donne tort à personne. Par contre, pour les enthousiasmés, je conteste leur enthousiasme.

Parce que, tout comme pour la parole et l’écriture, beaucoup de ce qui est gagné en forme, est aussi perdu en contenu, et il serait une erreur de penser que l’un pourrait remplacer l’autre. Aujourd’hui, par exemple, une grosse partie de la discussion tourne (toujours) autour de la question de la casse. Et je ne parle pas des ennemis tels Le MondeLibération, RT, Figaro et tous les autres qui sont bien célèbres. Je parle des sources « militantes », souvent dédiées à la justification des pratiques dites radicales. Ça part dans tous les sens : on casse et on s’affronte aux flics, parce que les jeunes, ils en ont marre, ou bien ils sont jeunes, vous ne comprenez pas, ou bien ils n’étaient pas comme ça avant que la police n’ait montré ce dont elle est capable, ou bien ils détestent l’avenir misérable qui leur est promis, ou bien… On cherche des phrases courtes et économiques pour justifier ce que les gens font avec leurs propres motifs, comme si ces derniers étaient rendus clairs seulement par le biais des tactiques elles-mêmes. Des motifs qui ne sont souvent ni brefs, ni forcement économiques. De plus, les motifs sont complexes, parfois évasifs. Comment peut-on expliquer une telle chose, de quelque côté que ce soit, d’une manière si proche de celle des sociologues ? Ces derniers au moins cherchent des correspondances arbitraires qui leurs conviennent statistiquement, alors que pour ceux qui veulent à tout prix justifier une méthode de lutte tout est déjà clair dans la forme.

Mais ces courtes justifications, pourquoi les cherche-t-on ? Pour convaincre que les temps difficiles exigent des mesures proportionnelles à la difficulté ? Ne retombe-t-on pas comme ça sur le même débat fatiguant sur « la violence » et « la non-violence », quoique dans un vocabulaire un peu plus branché et mieux adapté à l’époque ?

Allons, ne nous fatiguons pas. Mais comme on a commencé par la casse, parlons d’elle, mais cette fois, pas pour la justifier. Début avril de cette année, suite à un blocage dans le cadre du mouvement dit contre la loi travail, quelques lycéens de l’affreux lycée Léonard de Vinci à Levallois-Perret mettent le feu aux poubelles. Le feu endommage la cage. Presque deux mois plus tard, 47 lycéens sont convoqués à la Sûreté Territoriale, plusieurs sont placés en garde à vue. Il y a des initiatives de soutien, trouver des avocats, donner des conseils, soutenir les accusés, etc. Tout cela est important, évidemment. Mais pourquoi les lycéens ont-ils fait ça ?

Certains expliquent que les lycéens étaient très très énervés parce que les autorités de l’abrutissement institutionnel ne leur ont pas donné le permis d’aller manifester. Mais en fait, quoique je ne m’interrogerai pas sur les « véritables » motivations des auteurs, espérons inconnues, de ce que des milliards d’enfants partout rêvent de voir arriver, je poserai ceci comme une hypothèse très probable : le fait de mettre le feu à son école a plus à voir avec l’école qu’avec la loi travail. Plus précisément, cela a quelque chose à voir avec une manifestation bien concrète de ce monde autoritaire et marchand, que les enfants et les adolescents subissent quotidiennement. Certains d’entre eux se saisissent des conditions favorables et donnent forme à leur dégoût.

Bien que le mouvement en cours soit souvent présenté non seulement « contre la loi travail », mais aussi contre « son monde », peu d’autres aspects de ce dernier sont invoqués. Allant jusqu’au point où certains protègent une boutique Emmaüs, collabo de la machine à expulser déjà attaqué en tant que tel, de ses assaillants, comme ce fut le cas pendant la manifestation du 26 mai dernier. Mais bien que certains peuvent ignorer ce qu’est Emmaüs, tout le monde sait ce qu’est l’école. C’est une institution qui est possiblement plus essentielle au « monde de la loi travail » que la loi maudite elle-même.

Et pourtant, les solidaires des lycéens défendent ces derniers seulement en tant qu’accusés et non en tant qu’écoliers qui détestent l’école au-delà de toute considération juridique sur leur « culpabilité » ou « innocence ». Certes, le travail technique est important. Mais si c’est dans le cadre du mouvement contre la loi travail et son monde qu’on est solidaires avec les lycéens, comment est-ce possible que cet aspect de son monde, l’école, soit laissé intact au profit de la question des accusés ?

Voilà d’où provient ma langueur. Malgré les tactiques, très belles, parfois moins, et malgré les manifestations de plus en plus masquées, le « et son monde » de ce mouvement me paraît de plus en plus brouillé. Parce qu’en regardant ailleurs -dans les cafés, dans les rues, dans les transports en commun, au travail- avec des exceptions notables, la conversation tourne autour de la casse, les manifs, les nuits de boue, les « violences policières » parfois… Bref, des points techniques, comme s’il n’y avait que ça. Certains sont contre, d’autres pour, la plupart s’en foutent. Très peu semblent toucher l’essentiel et la raison pour laquelle nous sortons de chez nous, seul ou en groupe, le jour ou la nuit, manif ou pas, pour donner un peu de cohérence à notre dégoût de cette société marchande et autoritaire : l’incompatibilité de la vie qui nous est imposée et de celle qu’on veut vivre, celle qui serait digne de son nom.

Peu importe que les gens éprouvent de la sympathie pour les gestes, même les plus « radicaux ». Qu’on soit plus nombreux ou pas dans les cortèges « autonomes », qu’on soit plus masqués que jamais, les actes minoritaires de révolte ne cherchent pas des adeptes. Ils cherchent à contribuer à la tension sociale afin de polariser ce monde d’un côté, et que la vie ne soit pas que de la merde de l’autre. Si on « s’énerve », si on « déborde », si on casse tout simplement, ce n’est pas parce cette loi nous empêchera de réussir dans cette société ; c’est parce que la moindre perspective d’y réussir va à l’encontre de tout ce qui rend la vie digne d’être vécue : la beauté, la passion, le bonheur, la liberté – ne les mesurons pas.

Pourtant, accordons-le, il y a des brèches qui s’ouvrent dans le contexte de ce mouvement. Il y a des moments de rupture. Tout cela existait avant et existera après. Continuons donc de les chercher et continuons d’y contribuer. Mais continuons de telle façon que lorsque ce mouvement mourra -et il va certainement mourir- des brèches ne cessent de s’ouvrir et que la rupture continue de pointer son nez là où personne ne l’attend. Si un jour on arrive à relier tout cela ensemble, peut-être qu’on fera face à une possibilité réelle de subversion de cette invivable société.

J.L. 
1er juin, 2016.
Source: nonfides

Solidarité pour les anarchistes d’Azerbaïdjan

anarchistes d'Azerbaïdjan

Nous relayons par solidarité avec les militants anarchistes arrêtés, emprisonnés et torturés en Azerbaïdjan, un appel international à « faire du bruit » pour eux entre le 28 mai et le  5 juin, devant consulats ou ambassades.

 


Les anarchistes azerbaïdjanais lancent un appel à la solidarité pour Bayram Mammadov et Qiyas Ibrahimov, des militants anarchistes détenus par les autorités azerbaïdjanaises pour avoir peint un graffiti, disant « Fuck le système» et «Joyeux jour des esclaves », sur le monument dédié à l’ancien président défunt Heydar Aliyev, en guise de protestation contre les injustices incessantes perpétrées par les élites dirigeantes.

Cela a été fait la veille de l’anniversaire de la mort de Heydar Aliyev le 10 mai 2016, annuellement célébré par le gouvernement de manière ostentatoire. Compte tenu du culte de la personnalité absolue de Aliyev, un tel acte a été sévèrement condamné par le gouvernement (sous la direction de son fils Ilham Aliyev) et les militants ont été arrêtés immédiatement. La police a placé sur eux de la drogue, évitant ainsi l’accusation pour simple motif de hooliganisme.

Ce dernier est passible d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à un an maximum (ce qui, pour le régime Aliyev est une peine « trop légère »), tandis que les charges relatives à la possession illégale d’héroïne sont passibles d’un maximum de douze ans d’emprisonnement. Le fait même que la police ait « découvert » près de trois kilos d’héroïne en possession de chacun des détenus au moment de l’arrestation atteste le fait que l’affaire a été inventée de toutes pièces (penseriez-vous qu’une personne saine d’esprit se promènerait en ville avec une telle quantité d’héroïne cachée dans les poches ?).

Le 12 mai, un tribunal a ordonné leur détention pour une période de quatre mois. Toutefois, s’ils sont reconnus coupables, ils risquent jusqu’à douze années d’emprisonnement. Bayram et Qiyas ont été sévèrement torturés avant et après l’audience au tribunal. Leur avocat Elchin Sadigov a partagé via Facebook, l’exposé détaillé de Bayram sur les tortures qu’il a endurées au 12ème Département de police de Bakou et au Centre de police de la Ville de Bakou.

Ci-dessous, la traduction de la déclaration de Bayram:

Le 10 mai 2016, aux environs de 14-15 heures, 3 personnes en tenue civile, m’ont forcé à monter à bord d’une voiture blanche du type Jeep et m’ont emmené au 12ème Département de police. On m’a amené au bureau de l’Officier en Chef. Il y avait 7-8 officiers en civil. Ils ont immédiatement commencé à me frapper à coups de poings, me gifler et me ruer de coups de pieds. Ils me demandaient pourquoi j’avais pris en photo le graffiti, qui était mon associé, et ainsi de suite. Cependant, je n’étais pas en mesure de répondre à leurs questions car j’ai perdu connaissance. On m’a amené au Centre de police de la Ville de Baku dans une voiture inconnue. J’ai été battu à nouveau et forcé de reconnaître les chefs d’accusation en matière de stupéfiants. Je leur ai dit que je n’avais jamais vu de stupéfiants de ma vie et qu’on ne peut pas m’arrêter pour avoir pris une photo. Cela les a amenés à me battre encore plus fort et exiger de moi d’accepter les charges. Ils m’ont couvert d’injures et insulté. Ils ont baissé mon pantalon et m’ont menacé avec une matraque collée à moi de façon « immorale ». Voilà pourquoi je devais accepter les charges. Et j’ai du « avouer » un témoignage tel qu’ils le voulaient.

Ensuite, on m’a emmené au bureau d’un général et on m’a dit que «si tu déposes des fleurs devant l’État et parle à AzTV, présentes tes excuses à la statue, tu seras libéré ».

J’ai refusé ça, alors ils m’ont battu à nouveau. On m’a amené au Centre de détention provisoire de Narimanov. Le 11 mai au matin, l’Officier en chef m’a ordonné de nettoyer la cour, ramasser les mégots de cigarettes. J’ai refusé et il a commencé à me frapper à coups de poing et me gifler. Je refusais toujours alors il a ordonné à ses hommes de prendre une matraque et de l’enfoncer en moi et a pris une photo. Je devais accepter à nouveau. On m’a donné un balai et une pelle, ils ont pris ma photo. Le tabassage est devenu quotidien.

Après l’audition à la cour du 12 mai, ils m’ont emmené au bureau du chef du Centre de détention provisoire. Il y avait deux personnes en civil. On m’a dit de révéler certains noms et de les rendre coupable de travailler avec moi. On m’a dit de mettre des fleurs en face de la statue, de parler à AzTV et qu’ils me libéreraient avant qu’il ne soit trop tard. Je refusais cela et ils ont téléphoné à quelqu’un à qui ils ont dit «prends soin de lui pendant quelques temps ». Ils m’ont fait descendre plusieurs étages. J’étais menotté pendant qu’ils me battaient à coups de poing, coups de pied et de matraque.

Ils ont même enchaîné mes pieds, ils ont neutralisé ma bouche pour que personne ne m’entende quand ils me battaient.

Ils ont vu que les menottes et les chaînes laissaient des marques de torture sur moi, ils m’ont alors scotché les mains et les jambes dans mon dos. Ils m’ont mis contre le sol, l’un d’entre eux m’a tenu un pieds tandis que l’autre le bastonnait. Puis ils m’ont relevé pour me relâcher d’un coup, me laissant retomber à plusieurs reprises. Après 4 ou 5 fois, les bandes ont été déchirées et cette fois ils ont commencé à m’écraser les mains avec leurs jambes. L’autre continuait de me fouetter le pied. Ensuite, ils m’ont frappé la poitrine et les genoux avec le manche d’une matraque. Je perdais connaissance et ils m’ont laissé à terre. Eux aussi étaient fatigués. Ils ont mis une feuille de papier blanc sur moi et m’ont dit que s’ils la voyait tomber, ils me battraient à nouveau. Ils l’ont fait par la suite.

Après un certain temps, ils ont exigé de moi de nettoyer les toilettes. Quand j’ai refusé ça ils ont commencé à me battre plus fort, cette fois en me filmant avec une caméra.

J’ai perdu connaissance après ça, ils m’ont réveillé en versant de l’eau sur moi. Ils m’ont emmené à ma cellule alors que j’étais pieds nus. En ce moment j’ai beaucoup d’ecchymoses sur les bras, les jambes et les genoux à cause de la torture. Des contusions ouvertes sur les mains et les poignets. J’ai toujours un traumatisme crânien. J’ai des plaies ouvertes sur les jambes aussi. La plupart du temps mon urine est sanguinolente, j’ai d’atroces douleurs à la bouche quand que je mange, ma poitrine, mes côtes, mes bras, mes jambes … chaque partie de moi me fait souffrir.

Ce n’est pas la première fois que les autorités exigent des militants en Azerbaïdjan de présenter des excuses pour leurs actes devant des monuments de Heydar Aliyev et d’y déposer des fleurs. Comme James C. Scott l’a mentionné, « Le remord, les excuses, demander pardon, et globalement, effectuer des amendes symboliques, sont un aspect bien plus fondamental dans presque tous les processus de domination, que la punition elle-même. Ce qu’offrent tous ces acteurs (à travers les excuses) est une démonstration de l’affirmation discursive par le bas, ce qui est d’autant plus utile, car elle contribue à l’impression que l’ordre symbolique est volontiers accepté par ses membres les moins favorisés. »

Les Aliyev ont appauvri la nation et exploité des personnes, ainsi que les ressources du pays pour leur propre bénéfice pendant plus de deux décennies. Pendant ce temps, ils ont été intolérants à toute dissidence politique, et ont sévèrement opprimé les dissidents, usant de leur dispositif de sécurité massif.

Nous appelons à la solidarité de nos camarades d’Europe et d’ailleurs pour Bayram et Qiyas et à protester contre leur détention illégale et la torture, devant les ambassades et consulats azerbaïdjanais de vos pays, exigeant leur libération immédiate.

 


 

Le 28 mai les anti autoritaires et anarchistes d’Istanbul on protesté devant le consulat d’Azerbaïdjan, contre le gouvernement azerbaïdjanais qui détient, torture et traque les anarchistes.

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source : kedistan.net



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