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Solidarité pour les anarchistes d’Azerbaïdjan

anarchistes d'Azerbaïdjan

Nous relayons par solidarité avec les militants anarchistes arrêtés, emprisonnés et torturés en Azerbaïdjan, un appel international à « faire du bruit » pour eux entre le 28 mai et le  5 juin, devant consulats ou ambassades.

 


Les anarchistes azerbaïdjanais lancent un appel à la solidarité pour Bayram Mammadov et Qiyas Ibrahimov, des militants anarchistes détenus par les autorités azerbaïdjanaises pour avoir peint un graffiti, disant « Fuck le système» et «Joyeux jour des esclaves », sur le monument dédié à l’ancien président défunt Heydar Aliyev, en guise de protestation contre les injustices incessantes perpétrées par les élites dirigeantes.

Cela a été fait la veille de l’anniversaire de la mort de Heydar Aliyev le 10 mai 2016, annuellement célébré par le gouvernement de manière ostentatoire. Compte tenu du culte de la personnalité absolue de Aliyev, un tel acte a été sévèrement condamné par le gouvernement (sous la direction de son fils Ilham Aliyev) et les militants ont été arrêtés immédiatement. La police a placé sur eux de la drogue, évitant ainsi l’accusation pour simple motif de hooliganisme.

Ce dernier est passible d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à un an maximum (ce qui, pour le régime Aliyev est une peine « trop légère »), tandis que les charges relatives à la possession illégale d’héroïne sont passibles d’un maximum de douze ans d’emprisonnement. Le fait même que la police ait « découvert » près de trois kilos d’héroïne en possession de chacun des détenus au moment de l’arrestation atteste le fait que l’affaire a été inventée de toutes pièces (penseriez-vous qu’une personne saine d’esprit se promènerait en ville avec une telle quantité d’héroïne cachée dans les poches ?).

Le 12 mai, un tribunal a ordonné leur détention pour une période de quatre mois. Toutefois, s’ils sont reconnus coupables, ils risquent jusqu’à douze années d’emprisonnement. Bayram et Qiyas ont été sévèrement torturés avant et après l’audience au tribunal. Leur avocat Elchin Sadigov a partagé via Facebook, l’exposé détaillé de Bayram sur les tortures qu’il a endurées au 12ème Département de police de Bakou et au Centre de police de la Ville de Bakou.

Ci-dessous, la traduction de la déclaration de Bayram:

Le 10 mai 2016, aux environs de 14-15 heures, 3 personnes en tenue civile, m’ont forcé à monter à bord d’une voiture blanche du type Jeep et m’ont emmené au 12ème Département de police. On m’a amené au bureau de l’Officier en Chef. Il y avait 7-8 officiers en civil. Ils ont immédiatement commencé à me frapper à coups de poings, me gifler et me ruer de coups de pieds. Ils me demandaient pourquoi j’avais pris en photo le graffiti, qui était mon associé, et ainsi de suite. Cependant, je n’étais pas en mesure de répondre à leurs questions car j’ai perdu connaissance. On m’a amené au Centre de police de la Ville de Baku dans une voiture inconnue. J’ai été battu à nouveau et forcé de reconnaître les chefs d’accusation en matière de stupéfiants. Je leur ai dit que je n’avais jamais vu de stupéfiants de ma vie et qu’on ne peut pas m’arrêter pour avoir pris une photo. Cela les a amenés à me battre encore plus fort et exiger de moi d’accepter les charges. Ils m’ont couvert d’injures et insulté. Ils ont baissé mon pantalon et m’ont menacé avec une matraque collée à moi de façon « immorale ». Voilà pourquoi je devais accepter les charges. Et j’ai du « avouer » un témoignage tel qu’ils le voulaient.

Ensuite, on m’a emmené au bureau d’un général et on m’a dit que «si tu déposes des fleurs devant l’État et parle à AzTV, présentes tes excuses à la statue, tu seras libéré ».

J’ai refusé ça, alors ils m’ont battu à nouveau. On m’a amené au Centre de détention provisoire de Narimanov. Le 11 mai au matin, l’Officier en chef m’a ordonné de nettoyer la cour, ramasser les mégots de cigarettes. J’ai refusé et il a commencé à me frapper à coups de poing et me gifler. Je refusais toujours alors il a ordonné à ses hommes de prendre une matraque et de l’enfoncer en moi et a pris une photo. Je devais accepter à nouveau. On m’a donné un balai et une pelle, ils ont pris ma photo. Le tabassage est devenu quotidien.

Après l’audition à la cour du 12 mai, ils m’ont emmené au bureau du chef du Centre de détention provisoire. Il y avait deux personnes en civil. On m’a dit de révéler certains noms et de les rendre coupable de travailler avec moi. On m’a dit de mettre des fleurs en face de la statue, de parler à AzTV et qu’ils me libéreraient avant qu’il ne soit trop tard. Je refusais cela et ils ont téléphoné à quelqu’un à qui ils ont dit «prends soin de lui pendant quelques temps ». Ils m’ont fait descendre plusieurs étages. J’étais menotté pendant qu’ils me battaient à coups de poing, coups de pied et de matraque.

Ils ont même enchaîné mes pieds, ils ont neutralisé ma bouche pour que personne ne m’entende quand ils me battaient.

Ils ont vu que les menottes et les chaînes laissaient des marques de torture sur moi, ils m’ont alors scotché les mains et les jambes dans mon dos. Ils m’ont mis contre le sol, l’un d’entre eux m’a tenu un pieds tandis que l’autre le bastonnait. Puis ils m’ont relevé pour me relâcher d’un coup, me laissant retomber à plusieurs reprises. Après 4 ou 5 fois, les bandes ont été déchirées et cette fois ils ont commencé à m’écraser les mains avec leurs jambes. L’autre continuait de me fouetter le pied. Ensuite, ils m’ont frappé la poitrine et les genoux avec le manche d’une matraque. Je perdais connaissance et ils m’ont laissé à terre. Eux aussi étaient fatigués. Ils ont mis une feuille de papier blanc sur moi et m’ont dit que s’ils la voyait tomber, ils me battraient à nouveau. Ils l’ont fait par la suite.

Après un certain temps, ils ont exigé de moi de nettoyer les toilettes. Quand j’ai refusé ça ils ont commencé à me battre plus fort, cette fois en me filmant avec une caméra.

J’ai perdu connaissance après ça, ils m’ont réveillé en versant de l’eau sur moi. Ils m’ont emmené à ma cellule alors que j’étais pieds nus. En ce moment j’ai beaucoup d’ecchymoses sur les bras, les jambes et les genoux à cause de la torture. Des contusions ouvertes sur les mains et les poignets. J’ai toujours un traumatisme crânien. J’ai des plaies ouvertes sur les jambes aussi. La plupart du temps mon urine est sanguinolente, j’ai d’atroces douleurs à la bouche quand que je mange, ma poitrine, mes côtes, mes bras, mes jambes … chaque partie de moi me fait souffrir.

Ce n’est pas la première fois que les autorités exigent des militants en Azerbaïdjan de présenter des excuses pour leurs actes devant des monuments de Heydar Aliyev et d’y déposer des fleurs. Comme James C. Scott l’a mentionné, « Le remord, les excuses, demander pardon, et globalement, effectuer des amendes symboliques, sont un aspect bien plus fondamental dans presque tous les processus de domination, que la punition elle-même. Ce qu’offrent tous ces acteurs (à travers les excuses) est une démonstration de l’affirmation discursive par le bas, ce qui est d’autant plus utile, car elle contribue à l’impression que l’ordre symbolique est volontiers accepté par ses membres les moins favorisés. »

Les Aliyev ont appauvri la nation et exploité des personnes, ainsi que les ressources du pays pour leur propre bénéfice pendant plus de deux décennies. Pendant ce temps, ils ont été intolérants à toute dissidence politique, et ont sévèrement opprimé les dissidents, usant de leur dispositif de sécurité massif.

Nous appelons à la solidarité de nos camarades d’Europe et d’ailleurs pour Bayram et Qiyas et à protester contre leur détention illégale et la torture, devant les ambassades et consulats azerbaïdjanais de vos pays, exigeant leur libération immédiate.

 


 

Le 28 mai les anti autoritaires et anarchistes d’Istanbul on protesté devant le consulat d’Azerbaïdjan, contre le gouvernement azerbaïdjanais qui détient, torture et traque les anarchistes.

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source : kedistan.net

Sur l’idéologie anti-islamophobe

[Texte à l’occasion d’un débat au Rémouleur (Paris), le 13 juin 2016 à 19h30 avec les auteures du texte.]

Sur l’idéologie anti-islamophobe

 

Ce texte entend répondre à ceux qui, parmi les communistes libertaires, sont engagés dans un combat contre « l’islamophobie » et, à ce titre, prétendent interdire toute critique de l’islam et promouvoir une théorie de la « race sociale », dans un climat pour le moins générateur de tensions, d’accusations de racisme, et même d’attaques caractérisées.

S’il date vraisemblablement du début du siècle dernier, c’est depuis peu que le terme « islamophobie » a fait une percée fulgurante comme appellation du racisme contre « les Arabes ». On passe ainsi du racisme anti-maghrébin à l’effroi ou l’horreur suscités par la religion des musulmans. Les immigrés et leurs descendants ne seraient plus rejetés pour des raisons « ethniques » mais pour leur appartenance supposée à une culture originelle identifiée à l’une de ses dimensions : la religion musulmane – qu’ils sont pourtant nombreux à ne pas pratiquer, et ceci même lorsqu’il leur arrive d’en conserver quelques traditions devenues coutumières.

Se joue là un tour de passe-passe qui assimile la « race » à la religion en tant que matrice culturelle. On est face à une « mystification conceptuelle (…), l’assignation de tout un pan d’individus, en fonction de leur origine ou de leur apparence physique, à la catégorie de « musulmans », permettant de faire taire toute critique de l’islam, parce que celle-ci ne rentrerait plus dans la critique des religions, mais directement dans le domaine du racisme » [1] . Si Claude Guillon voit du « mépris » dans cet « antiracisme des imbéciles » [2], nous y décelons surtout ce spectre qui hante la gauche : le tiers-mondisme, idéologie qui conduit à adopter de façon acritique le parti de « l’opprimé » contre celui de « l’oppresseur ». C’est ainsi que, pendant la guerre du Vietnam, dénoncer les Américains entraînait le soutien au Viet Minh et à la politique d’Ho Chi Minh, dont les comités Vietnam scandaient le nom et brandissaient le portrait à longueur de manif ; comme aujourd’hui, défendre les Kurdes peut impliquer de soutenir le PKK et de brandir le portrait d’Oçalan. Ce qu’il s’est passé pendant la guerre d’Algérie où ceux qui, voyant dans le « colonisé » l’exploité par excellence, ont soutenu inconditionnellement le FLN, s’est reproduit face à la révolution iranienne de 79 et chez les pro-Palestiniens. Le tiers-mondisme a ainsi abandonné petit à petit le prolétariat comme sujet révolutionnaire pour lui substituer le colonisé, puis l’immigré, puis les descendants d’immigrés… et enfin les croyants. Le tiers-mondisme originel avait promu le relativisme culturel, ses successeurs ont adopté le culturalisme, qui prétend expliquer les rapports sociaux par les différences culturelles. C’est dans les années 80, avec la grande manipulation de SOS Racisme, que ce glissement est devenu une doctrine qui donnera naissance à toutes les dérives actuelles, jusqu’à assigner une identité musulmane à tous les immigrés « arabes » et leurs descendants.

Devant le constat du glissement opéré au sein de toute une partie de la gauche vers l’idéologie culturaliste, il est intéressant de pointer que celle-ci est devenue, après 1968, l’angle d’attaque d’un courant d’extrême-droite : la Nouvelle droite. Son rejet de l’immigration ne repose plus sur un racisme biologique mais sur l’idée d’assignation identitaire, basée sur une vision figée des sociétés dans des traditions anciennes, et sur la nécessité, comme garantie de paix sociale, de conserver des cultures homogènes. Selon les élucubrations des néo-droitiers, pour qui les conflits sont ethno-culturels et pas de classes, les Maghrébins, par exemple, assignés à la culture musulmane, doivent en conséquence rester dans leur pays d’origine pour vivre leurs traditions entre eux ! Au passage, Alain de Benoist, chef de file de la Nouvelle droite, défend des luttes tiers-mondistes et anti-impérialistes, et nie le caractère raciste de sa « défense de l’identité européenne ». Cette évolution du discours raciste est à l’œuvre depuis quelques années au sein d’une autre formation d’extrême-droite, en quête de respectabilité, le Front national, qui reprend en partie la rhétorique de la Nouvelle droite : le problème ce n’est plus les « immigrés » mais les « musulmans ».

C’est ainsi que l’on en vient, de bords a priori radicalement opposés, à adopter un discours identitaire qui considère que tous ceux qui ont un lien d’origine ou familial avec l’un ou l’autre pays du Maghreb (ou d’autres pays « arabes ») doivent se considérer comme musulmans, sous l’appellation aberrante de « Français d’origine musulmane ». Alors que ce n’est pas en raison de la religion qu’ils pratiquent ou qu’on leur prête qu’ils sont discriminés mais parce que ce sont des travailleurs immigrés ou issus de familles ayant immigré. Ce n’est pas l’identité qui est en jeu mais l’appartenance de classe. Cette « origine musulmane », qui fait bondir les athées d’origine maghrébine, travestit un stigmate social en stigmate culturel. L’Etat et les media ne s’y trompent pas quand ils font du « musulman », forcément islamiste (et plus ou moins modéré ou radicalisé), la nouvelle caractérisation du membre de la classe dangereuse [3].

C’est sur ces bases que l’idéologie identitaire anti-islamophobe vient s’associer, notamment chez certains marxistes, à celle de la « race sociale », chimère universitaire d’importation récente, qui tente de plaquer ici le schéma racial et communautaire de la société américaine. Cette vision « racialiste » [4] qui prétend créer une nouvelle classe de « race » ne sert en réalité qu’à masquer, voire à nier, la réalité du rapport social capitaliste : l’exploitation des prolétaires, de tous les prolétaires, quels que soient leur origine, leur couleur de peau, leur religion et leurs us et coutumes personnels. La justification en serait que le racisme aurait été indispensable au développement capitaliste parce qu’il justifierait le colonialisme. En réalité, inférioriser l’opprimé a toujours été une stratégie de pouvoir qui s’applique à tous les opprimés quelle que soit leur supposée « race ». Maintenir dans leur condition les serfs, les paysans pauvres, les esclaves puis les ouvriers, passe notamment par les empêcher de s’exprimer et d’avoir accès à l’éducation, au prétexte qu’ils seraient trop bêtes et ignares pour cela, qu’ils appartiendraient à une catégorie inférieure. Rappelons que les Anglais ont durement colonisé et pillé les Irlandais et les Russes les Ukrainiens sans avoir besoin d’une telle justification. Et, dans leur ensemble, pillage et colonisation, tout comme l’exploitation proprement dite, n’ont pas besoin de quelconque excuse.

Et pourtant, le racisme existe bel et bien et le rejet du « musulman » pauvre et immigré est l’une de ses manifestations. Le discours du FN, du Bloc identitaire et de Pegida contre l’islam n’est que l’arbre qui cache la forêt : ce sont simplement des racistes qui veulent que les immigrés dégagent. L’argument culturel est sans doute plus respectable à leurs yeux que les vieilles lunes racistes basées sur des caractéristiques qui seraient innées (les Noirs sont comme ci, les Arabes comme ça…). Cette stratégie leur permet aussi de ratisser plus large, d’autant que ces mouvements exploitent à leurs fins racistes la montée réelle de l’islam radical. Si l’immigration est pour eux le fond du problème, ils se raccrochent à des arguments plus honorables tels que la défense de la laïcité ou le combat contre le sexisme. Mais, en réalité, que les immigrés (pauvres, bien sûr) soient ou non musulmans, ils sont toujours pour eux des indésirables.

Le racisme, comme la xénophobie, est un outil qu’utilisent les dominants contre les dominés. Ainsi, Fredy Perlman écrit : « les colons-envahisseurs d’Amérique du Nord avaient recours à un outil qui n’était pas, tel la guillotine, une nouvelle invention, mais qui était tout aussi mortel. Cet instrument sera plus tard nommé racisme et s’intègrera dans la pratique nationaliste (…). Les gens qui avaient abandonné leurs villages et leurs familles, qui étaient en train d’oublier leur langue et qui perdaient leur culture, qui étaient dépouillés de tout sauf de leur sociabilité, étaient manipulés afin de considérer la couleur de leur peau comme substitut à ce qu’ils avaient perdu » ; « le racisme avait été une arme parmi d’autres pour mobiliser les armées coloniales (….) et elle n’a pas supplanté les autres méthodes, elles les a plutôt complémentées » [5]. Il s’agit de créer des catégories permettant de diviser pour prévenir ou écraser les rébellions et les luttes sociales. C’est ce qu’a fait, en Algérie, le gouvernement français en 1870, en octroyant par décret (la « loi Crémieux ») la nationalité française aux « indigènes israélites », les séparant arbitrairement des « indigènes musulmans ». L’appartenance « religieuse » a également été utilisée pour écraser les luttes sociales en ex-Yougoslavie avec la fabrication d’une « nationalité musulmane » inconnue, dressant les uns contre les autres des gens qui vivaient jusque-là tous ensemble.

Les divisions raciales deviennent, logiquement, particulièrement opérantes dans les périodes de crise où le revenu s’effondre et où l’emploi vient à manquer. C’est sur ce terrain que le FN parvient à conquérir les anciens bastions ouvriers de la gauche. Et, même à l’époque du plein-emploi, le pouvoir et ses media ont toujours plus ou moins entretenu la xénophobie, encourageant la stigmatisation successive de chacune des différentes vagues de travailleurs immigrés (les « Polaks », les « Macaronis », « les Portos », etc.). La grande différence était que, dans les unités de travail, la solidarité ouvrière prévalait sur les préjugés et que tout le monde travaillait et combattait au coude à coude. Mais c’était avant….

Quant au terme « islamophobie », le problème ne réside en réalité pas dans la notion elle-même mais dans l’usage qu’en font ceux qui la manipulent. On retrouve d’ailleurs les mêmes usages manipulatoires de la notion d’antisémitisme lorsque ce terme est donné pour un équivalent de l’antisionisme et achève sa course en « judéophobie », avec l’affirmation que la critique du sionisme ne peut qu’être une attitude raciste vis-à-vis des « juifs » et non une critique du caractère colonisateur de l’Etat confessionnel qu’est Israël.

L’islam politique vise, comme le dit Claude Guillon, à faire de « l’islamophobie une arme de guerre idéologique contre l’athéisme » [6] et, plus largement, un vecteur de propagande pour la religion musulmane. Les anti-islamophobes d’extrême gauche ont des positions pour le moins ambivalentes par rapport cet islam politique. Ils prétendent ainsi interdire toute critique de la religion musulmane donnée pour une pratique raciste, dans une posture moralisatrice révélatrice d’un manque d’analyse de l’évolution de l’islam politique dans le monde depuis la révolution iranienne de 1979. Quand ils n’en viennent pas à en nier l’existence même. Face au djihadisme, nos anti-islamophobes ne se laissent pas pour autant désarçonner. Après chaque attentat commis par les djihadistes en Europe (qui s’ajoute à la longue liste de leurs forfaits, notamment sur le continent africain et au Moyen-Orient), ils s’inquiètent surtout de la recrudescence d’« islamophobie » (et aussi, à juste titre, des politiques répressives) que cela risque d’entraîner et pointent comme seul responsable l’impérialisme occidental. Ainsi, selon eux, les attentats de Paris du 13 novembre 2015 ne seraient qu’une répercussion des guerres menées par l’Etat français en Irak, en Libye, au Mali… Les intérêts de ce dernier dans les enjeux géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique sont évidents, mais insuffisants pour expliquer l’émergence et la persistance de l’Etat islamique [7] ou de Boko Haram. Ces discours permettent tant bien que mal aux anti-islamophobes de passer sous silence les implications réelles de l’islam radical dans les attentats, ici et ailleurs dans le monde, et de nier la capacité d’initiative de leurs auteurs, jusqu’à dédouaner les frères Kouachi ou Coulibaly parce qu’ils sont prolétaires et « issus de l’immigration ». On retrouve ici l’idéologie victimaire qui assigne non seulement des individus et des groupes à des identités (les femmes, les « racisés », etc.), mais aussi à des statuts figés de victimes et d’opprimés dont il ne faudrait pas critiquer les choix et les pratiques, même les plus réactionnaires. De telles postures idéologiques amènent à occulter le caractère contre-révolutionnaire de l’islam radical qui, depuis plusieurs années, connaît en Europe occidentale (sans oublier bien sûr le Maghreb et le Moyen-Orient) une progression, même s’il reste minoritaire par rapport à l’ensemble de la population qui se dit musulmane. Alors qu’il était marginal, voire quasi inexistant, l’islam radical, dont la forme la plus courante aujourd’hui est le salafisme, s’est largement répandu.

Pour ces gentils anti-islamophobes, il s’agirait tout bonnement de considérer la religion musulmane avec la plus grande bienveillance parce que ce serait la « religion des opprimés ». Ils semblent oublier que la fonction même de toute religion est le contrôle social et, en l’occurrence, l’islam politique ne cesse d’affirmer partout sa vocation à contrôler au plus près la société qu’il entend régir. Ainsi, le salafisme occupe suffisamment le terrain dans certains quartiers urbains pauvres pour pouvoir exercer un contrôle social : pendant les émeutes de 2005, les salafistes ont d’ailleurs tenté de ramener l’ordre dans certaines banlieues. L’évolution de cette tendance s’inscrit dans un contexte de crise économique, marquée par le développement du chômage de masse, d’attaques sur les salaires mais aussi de recul des politiques sociales de l’Etat. Pour les pallier, les salafistes ont su mettre en place des réseaux d’entraide économique, ce qui leur permet d’avoir une emprise sur les populations.

Ne pas perdre de vue ce rôle des religions nous semble indispensable. « Une religion est en effet un ensemble de croyances métaphysiques qui portent en elles des règles de vie bien précises, basées sur la tradition et la morale, auxquelles l’individu doit se soumettre. Il s’agit d’un rapport social, une forme de mise au pas de chaque individu et des masses dans leur ensemble. Elle recouvre en outre un rôle de justification du pouvoir, de garant de la tradition et de l’ordre établi, plus généralement d’une certaine « pacification » sociale. Cela à travers une interprétation organiciste de la société, une exaltation des hiérarchies, le refus de l’autonomie individuelle. Souvent la religion est aussi un moyen de diriger la conflictualité sociale vers des cibles fictives, ou de la brider en faisant miroiter un paradis futur. Le paradis, ce triste mensonge qui garantit la paix pour les puissants, ici et maintenant. En donnant un espoir dans la transcendance, la religion étouffe la plupart des poussées révolutionnaires des exploités ici-bas et maintenant. Le beau passage de Bakounine, “Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître” pointe précisément le fond du problème de la religion : l’idée de divinité est la base conceptuelle de l’autorité et sa contrepartie, la foi, celle de l’acceptation de la servitude » [8].

Si la foi et les interrogations métaphysiques sont affaires personnelles et si l’on peut se trouver au coude à coude dans une lutte avec quelqu’un qui se dit croyant sans que cela pose problème, nous voulons pouvoir affirmer haut et fort que nous sommes athées. Affirmer notre athéisme et critiquer toutes les religions est indissociable de nos positions politiques et nous entendons librement pratiquer tant le blasphème que la dénonciation, au minimum, des pratiques religieuses et/ou coutumières coercitives, mutilantes ou humiliantes, ainsi que du statut inférieur assigné aux femmes par toutes les religions monothéistes (pour les autres, on verra une autre fois).

Enfin, précisons que, pour nous, il n’existe que deux classes, celle du capital et celle du travail. Même si, au sein de la classe exploitée, certains sont plus exploités que d’autres en raison de leur sexe et de leur origine, ils ne constituent pas une classe, ils en sont des segments créés par le pouvoir et les exploiteurs. La pensée bourgeoise, quel que soit son supposé bord politique, trouve là un moyen de diviser le prolétariat, de stimuler la concurrence entre les travailleurs et d’endiguer ainsi les luttes sociales. Parce que toute division de la classe du travail ne fait qu’affaiblir sa capacité de lutte et que la segmenter pour mieux la diviser permet à la classe du capital, particulièrement en période de crise, de jouer sur la concurrence de tous contre tous. Ce n’est pas par l’anti-racisme qu’on combat le racisme mais par la lutte des classes. Si l’on en est au point où « Penser avec la race devient un impératif incontournable » et que « tout refus de ce vocabulaire et de ce qu’il charrie sera systématiquement considéré comme de la dénégation, voire du déni, et tombera sous le coup du dispositif accusatoire » [9], cela ferait des racistes de ceux qui, comme nous, n’adhèrent pas à cette vision. Et ça nous semble un peu fort de café !

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Mai 2016,
Flora Grim et Alexandra Pinot-Noir.

Notes

[1] Cassandre, Nos « révolutionnaires » sont des gens pieuxsur le blog de Ravage Editons.

[2] Claude Guillon, Et Dieu créa l’islamophobiesur son « blogue généraliste » Lignes de Force

[3] Louis Chevallier, grand historien bourgeois néanmoins passionnant, « Classes laborieuses, classes dangereuses », Perrin.

[4] Terme emprunté aux auteurs de « Tiens ça glisse », sur le bloghttp://racialisateursgohome.noblogs.org, qui nomment « racialisation toute analyse contribuant à développer ou à diffuser une théorie de la race »

[5] Fredy Perlman, L’Appel Constant du nationalisme in Anthologie de textes courts, Ravage Editions

[6] Claude Guillon, op. cit.

[7] Pour une analyse approfondie, voir P.J. Luizard, Le Piège Daech, La Découverte.

[8] Cassandre, op. cit.

[9] « Tiens ça glisse », cf note 4.

 

Source: nonfides

Blocage par procuration

Vu que, dans la région parisienne, en particulier à l’appel de prétendus comités d’action, pas mal d’individus en mal de causes à défendre tentent de recycler les pires comportements de souteneurs à la recherche d’improbables syndicalistes de base et de rejouer la farce des blocages par procuration (par exemple avec la CGT et SUD du côté de La Poste), il n’est pas inutile de lire ou relire le texte joint.

(reçu par mail, notons un désaccord sur le boire des coups)

 

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J’ai vécu l’enfer (citoyen) à Nuit Debout

Pour des raisons pas forcément toutes dépendantes de ma volonté, je me suis retrouvé embarqué avec Nuit Debout. Je n’avais aucune volonté de vouloir « radicaliser » la révolte des classes moyennes, mais on m’a dit que ça ne serait pas l’image que je m’en fais en tant qu’individualité révolutionnaire. Admettons.

Je me suis donc retrouvé à une occupation de Nuit Debout. Déjà, j’ai pu rentrer parce que je connaissais du monde à l’intérieur, sinon entrée interdite (au cas où les « casseurs » viennent dégrader, of course…). A l’entrée, je me fais fouiller le sac par deux vigiles… Chouette « occupation » qui a déjà des guillemets, et bientôt je vais trouver un autre terme, sachant que le chef du lieu a donné son accord.  Admettons.

En entrant, j’ai eu la joie complètement feinte de trouver plein de cadavres de bouteilles d’alcool, de hippies qui fumaient des pétards en jouant de la guitare. Plus loin, une AG (assise). Pis aussi des photographes militants. Pis un drapeau du Ché. Bon. Je sentais que j’allais avoir du mal à trouver de nouvelles personnes chouettes, outre une que je connaissais. Il s’est donc rien passé, les hippies ont fumé, bu, gratté et les autres aussi. J’ai rapidement trouvé un coin pour reposer mon cerveau las. Jusqu’à ce que tôt le matin, une horde de flics arrive pour contrôler tout le monde, et hop direction la sortie. Tremblez bourgeois, la petite bourgeoisie arrive.

Quelques temps après, je me suis retrouvé sur la vraie Nuit Debout, à la Grand’Ville. Bon. Pourquoi pas, y’avait des concerts. En fait surtout un concert d’un groupe de reggae connu des citoyens, inconnu de moi (le rastafarisme pue plus encore que le citoyennisme alors voyez…). J’ai fait un tour des stands, on m’avait dit que ce serait pas pareil… Un gigantesque drapeau palestinien (jamais vu un drapeau aussi grand). Parce que, chères compagnes, chers compagnons, et vous autres prolos, mettez-vous bien ça dans le crâne une bonne fois pour toute: le nationalisme des opprimés n’a rien avoir avec le nationalisme bourgeois, d’où d’ailleurs ce drapeau français peint sur la Place, avec un « Je suis Charlie » toujours là. Et y’avait le choix pour la Palestine: GA Abdallah, BDS, étudiants palestiniens, bouffe en soutien, le tout sur bien 30 mètres. Sinon j’ai pu voir une librairie militante qui affichait ses dons, surtout à… l’Huma. Et aussi à d’autres journaux que je connais pas mais dont le nom fait rêver: Le Patriote, La Marseillaise. D’où peut-être le fait que les rouges-bruns du PRCF diffusaient tranquilles, sans que Nuit Debout qui jure la main sur le coeur virer conspis, fachos and co ne bouge. L’Huma avait un stand aussi (oui pas de parti hein, que des journaux de partis). Stands de psys debout (du moment que y’a debout), un stand antispéciste, le moins pire peut-être. Un stand contre la Françafrique pas incroyable. Un stand écolo pro-bougie. L’Envolée. Ah pis Libertalia accompagné de stars du « milieu » qui avait un quasi chapiteau. Manquait que les antisémites et racialistes du PIR.

Bon. Passons aux commissions, entre l’oxymore « sécurité informatique », la commission « action » (ah), la commission « Jury citoyen » et son « bureau de recrutement » et surtout la commission…….. « Séparation du MEDEF et de l’Etat ». J’admet que les citoyennistes ont un talent pour se ré-inventer. A un moment, je me suis cru à une foire situationniste. Pis surtout, en ce 15 mai, un débat avec des Nuit Debout de partout, Bruxelles, Berlin, Brésil, Espagne dont c’était l’anniv’ du 15M etc etc et dont le message était quasi identique à chaque fois « Unifions les luttes citoyennes contre le néo-liberalisme ».

Bref, un moment assez dur. Un tract qui se voulait révolutionnaire fustigeait les révolutionnaires qui critiquaient Nuit Debout, mouvement qui serait de rupture, qui briserait la logique de représentation… On a pas vu la même chose alors. La révolte des classes moyennes est un réel outil contre-révolutionnaire, il n’y a rien à espérer de ce mouvement. Rien. Je suis venu, j’ai vu, j’ai couru.

Citoyen-nes de tous les pays, punissez-vous.

Ernest Coeurdeuaine

[reçu par mail]

[Belgique] : Prisons en émeute, quartiers sous tension, exploités en colère – Attaquons sur tous les fronts

« On est enfermés comme des rats. L’hygiène est déplorable, ça pue dans les cellules. » Depuis le début de la grève des gardiens, qui dure depuis 13 jours, les détenus ne sortent plus de leurs cellules. Pas de douches, pas de préau, pas de visites, pas d’activités, parfois même pas de repas ni de médicaments. Il y en a qui tombent malades, qui attrapent des infections, qui pètent les plombs. Enterrés vivants, 24h sur 24, on les laisse pourrir.

 

« On est à deux doigts de l’émeute. » Partout, dans toutes les taules, c’est le même son de cloche. Les prisonniers s’apprêtent à passer à la meilleure chose qu’ils peuvent faire maintenant : défoncer les cellules et détruire les taules. Dans les prisons de Tournai, Arlon, Huy, Lantin, Andenne… des incidents ont déjà éclatés : incendies de cellules, inondations des ailes, saccages des couloirs.

« C’est du jamais vu ». Ce samedi 7 mai, une mutinerie dévastatrice a secouée la prison de Merksplas (Anvers). Des ailes entières ont été démolis et incendiés par les prisonniers insurgés. Des murs ont été rasés au sol, des grillages abattus, les sections saccagées.

C’est maintenant qu’il faut agir. Les prisons sont à deux doigts d’exploser, les quartiers infestés par les militaires et les flics grondent, la colère des exploités menace de lancer un nouvel assaut contre ce gouvernement.

C’est maintenant qu’il faut agir. Exprimez votre solidarité avec les détenus en révolte. Donnez corps et âme à votre ras-le-bol. Brisez le quotidien de résignation. Lancez un défi sublime au pouvoir : le défi de la liberté et de la solidarité.

[Belgique] : Prisons en émeute, quartiers sous tension, exploités en colère – Attaquons sur tous les fronts

[Source La Cavale.]

Un point important sur l’oppression des yeux-trop-près-l’un-de-l’autrisé.ée.s

On parle beaucoup ces temps-ci des privilèges « blanc » et « masculin ». Mais peu finalement des grands privilèges induits par de petits détails anatomiques, issus de notre patrimoine génétique dans bien des cas. Nous traiterons aujourd’hui des yeux rapprochés. Nous sommes trop nombreux encore à avoir hérité de ce trait infâme, que d’aucuns, par des préjugés puérils, voudraient affilier à des comportements négatifs, une façon d’être, des états d’âmes, et voudraient nous cantonner (j’ai mesuré l’écart entre mes yeux,et j’en suis) à ces a priori.

 

Oui, c’est vrai, les yeux rapprochés sont considérés par beaucoup de nos concitoyens comme le signe indéniable d’une intelligence redoutable, le regard serré le signe d’une acuité de pensée et de réflexion redoutable. On nous voudrait l’élite intellectuelle de ce pays.

C’est un véritable délit de faciès inconscient qui s’opère chaque jour, une discrimination invisible qui traverse chacun et chacune. Il en résulte un respect immodéré et farfelu envers nous les « yeux-trop-près-l’un-de-l’autre », respect qui nous ouvre bien des portes, nous offre pléthore d’avantages que le commun des mortels ne soupçonne même pas.

Nous avons affaire ici à un véritable racisme anti-stupidité à l’envers.

Et cela nous est à beaucoup (oui nous avons nos brebis galeuses et autres renégats) proprement insupportable. Sauf qu’il n’y avait jusqu’ici aucune solution offerte à qui souhaite humblement ne plus être dépositaire de tout ce pouvoir, octroyé si injustement par la nature.

Jusqu’ici…

Et si nous avons commencé de réagir depuis longtemps à ces vils avis « à l’emporte-pièce » rien n’y fait, les idées reçues ont la vie dure. Et ce n’est pas faute d’avoir démontré notre bêtise conceptuelle. Que voulez vous…

Premiers témoignages [1] anonymes recensés (la liste s’allonge régulièrement, et dit l’ampleur du phénomène) :

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Mr M., Marseille. « Non je n’ai pas pris un tir de flash-ball dans la tête ! Simplement jusqu’ici j’étais contraint de fermer la moitié de mes yeux en public, seule technique que j’ai trouvé pour masquer la petitesse de l’écart séparant mes yeux. Vous n’imaginez pas la souffrance au quotidien.. Mais depuis que j’ai découvert cette astuce miracle ma vie a changé, je n’ai plus l’air intelligent que j’avais avant ».
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Mlle B., Paris. « J’en étais rendue à des extrémités terribles pour afficher ma bêtise. Cette époque est révolue grâce aux jeux de lumière que j’arrive à produire sur le pourtour de mes yeux ! Mais il me reste encore cette haine de tous ceux qui me fustigeaient à longueur de temps, qu’ils viennent d’Israël ou de plus loin. Zut, ça m’a échappé, vous voyez, c’est un long chemin que je dois encore parcourir pour ne plus faire surenchère de connerie… »
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Mr S., Beauvais. « Voyez ! Voyez les poses ridicules que l’on m’obligeait à adopter. Je me pliais sottement (mais c’est tout moi ça) à l’image qu’on avait de moi. Il fallait à tout prix que je fasse ce qu’on attendait de moi. Je n’en pouvais plus. C’est l’une des pires tares qu’on puisse avoir. Et il n’y a rien à faire ! Je veux dire c’est là, c’est physique, on n’opère pas ce genre de handicap. Et vous savez quoi, les privilèges énormes qui découlent de cette apparence ne valent pas la souffrance monstrueuse qui va avec. Je me dis que finalement les vrais privilégiés c’est les autres. Ceux qui ont l’air stupides, ou normaux c’est pareil, eux ils ne savent pas leur bonheur. Maintenant je peux être con et avoir l’air con. Mais quelle joie ! »

Mais nous avons donc, et c’est l’objet de cet article, enfin trouvé la solution idéale pour vous tromper, vous, le tout-venant pétri de préjugés, ainsi nous n’aurons plus à baisser la tête sur votre passage, et enfin, tout stupides que nous sommes, nous nous fondrons agréablement parmi vous, car au fond nous SOMMES comme vous, bêtes parmi les bêtes. Et c’est sans honte que nous utiliserons ce fantastique subterfuge que nous avons la joie de présenter ici : le maquillage !

Voici la recette que nous souhaitons partager avec nos semblables. Parlez-en, twittez, partagez à fond. Revendiquons ce droit à tricher pour avoir l’air con sans souffrir :

Un point important sur l’oppression des yeux-trop-près-l’un-de-l’autrisé.ée.s

[Repris du blog de nons.stops (titre modifié).]

Pas de yeux-trop-près-l’un-de-l’autrophobie au nom des idées libertaires !

Notes

[1] La rédaction se refuse ici, toute méprisante qu’elle est pour les préjugés, à réduire les témoins qui nous ont contacté à la seule tare décrite dans cet article. Nous avons bien conscience que ces personnes en charrient plusieurs, des tares, telles l’antisémitisme, l’ultra libéralisme, la misogynie, et bien d’autres encore… Nous vous laissons, amis lecteurs, seuls juges. Pauvres de vous….

Source: nonfides

Récit du premier mai 2016 à Paris : Des anarchistes profanent le cortège libertaire

1er mai 2016. Comme chaque dimanche c’est le marché de la Place des Fêtes. Comme chaque 1er mai c’est le super-marché des organisations libertaires. Toujours la même routine, les mêmes mines résignées, les mêmes slogans tristes, les mêmes banderoles mythomanes (« Kill capitalisme », « Grêve, pillage, sabotage »). Cette année quelques individus ont décidé de briser cette routine, et l’anarchisme s’est invité au cortège libertaire.

 

Dès le départ des tags sont posés sur les murs. Le premier qui inaugura cette marche, « Ni Dieu ni maître » (suivi peu après de « Ni flics ni prophètes »), exposait dans leur totalité les idées anarchistes, sans mutilation populiste. Car oui, les idées anarchistes ne s’adaptent pas à la tête du client, et les quartiers pauvres ne sont pas épargnés par la peste religieuse (ni par les idées anarchistes anti-théistes qui s’y expriment depuis 150 ans). Un autre tag disait « Si Dieu existait il faudrait le caillasser », car non, pour nous Bakounine (et les autres) ne sert pas à fabriquer des succès d’édition ni à caler des meubles. Si certains considèrent que les idées anti-théistes sont un luxe réservé à quelques débats internes aux milieux « éclairés », et si nous gardons en tête que les opprimés souvent se forgent eux-mêmes leurs propres formes d’autorités (mafia, religion, communautarisme, machisme) en dessous des formes d’autorités qui concernent tous à des degrés divers, nous, anarchistes, sommes et resterons contre toute autorité.

Pendant que certains s’en prennent aux vitres de la bibliothèque anarchiste La Discordia (cf.Imposer l’ordre moral à coup de marteau – Communiqué de La Discordia), des anarchistes identifient clairement leurs ennemis et agissent en conséquence.

Cette fois-ci, comme toujours, certains n’ont pas suivi les conseils des casseurs respectables, et ne se sont pas limités aux banques, aux agences d’intérims et aux MacDo’. De joyeux drilles ont décidé de s’en prendre à toutes les vitrines de la domination qui se trouvaient sur leur chemin. Quand il s’agit de l’ennemi, on ne fait pas les fines bouches. Nombreuses sont d’ailleurs les personnes qui ont manifesté leur enthousiasme et leur approbation au cours de la marche où un Bouygues (constructeur de prisons), une agence SNCF (co-responsables de la déportation de sans-papiers, et « co-constructeurs » de frontières), les banques BNP Paribas, Crédit du Nord, Crédit Mutuel, CIC, une agence Money Gram, une agence immobilière, une école supérieure des métiers de la finance, de la gestion et de la comptabilité, un Franprix, un MacDo’, ont eu leurs vitres défoncées ; des panneaux publicitaires ont été saccagés, sur un hôtel Campanile ont été posé les tags « Collabo des expulsions » et « A bas les frontières » (on sait, par exemple, que ce sont les hotels Campanile, Kyriad et Première Classe, du groupe Louvre Hotels Group, qui hébergent les CRS opérant à Calais). Un bouquet garni de tags a fleuri au cours de la marche, parmi lesquels : « Nique le succès Vive l’anarchie » sur les murs de « La fabrique du succès, pépinière d’entreprises », « Ni Dieu ni maître » sur les murs d’une église, « A bas toutes les religions », « L’argent pourrit nos vies, mort au capitalisme », « Tant qu’il y aura de l’argent il n’y en aura jamais assez pour tout le monde » sur une banque, « Le travail est la pire des polices, Détruisons les 2″, « Fête du travail, Fête de l’aliénation », « Le monde du travail en ruines ou rien », « Nique les journaflics », « Ni loi ni travail, de la révolte en pagaille », « Rage, ruse, révolte »,  » Flic suicidé à moitié pardonné »…

« Travaillons à détruire le monde du travail » lisait-on sur un mur, qui plus est, notre ambition est d’en finir avec ce monde d’autorité, et cette intervention dans le cortège, à peu nombreux, montre que de petites minorités n’ont pas besoin des masses, juste de massettes.

Des anarchistes.

Récit du premier mai 2016 à Paris : Des anarchistes profanent le cortège libertaire

[Repris d’Indy Nantes.]

D’autres photos trouvées sur le net :

 

Source : nonfides

Face aux rac(ial)istes et aux cul-bénis d’extrême gauche, solidarité !

Sur un air de contre-révolution…

 

Depuis plusieurs mois et notamment les attentats de quelques fanatiques religieux du 13 novembre 2015, la bibliothèque anarchiste ‘La Discordia’, située dans le 19ème arrondissement de Paris, est prise pour cible en raison de la teneur des discussions qu’elle organise régulièrement (contre la religion dans son ensemble, y compris l’islam). Par ailleurs, les compagnons qui tiennent le local s’efforcent de porter des voix discordantes contre la nouvelle mode racialiste qui bouffe peu à peu le milieu d’extrême-gauche et libertaire en France.

 

Sous prétexte de lutter contre le racisme visant les personnes assimilées comme musulmanes, des militants théo-compatibles s’organisent entre autre aux côtés d’associations et organisations musulmanes réactionnaires (antisémites, homophobes…) pour dénoncer « l’état d’urgence ». Il existe pourtant une confusion volontaire de leur part : entre le racisme visant les individus présentés comme « musulmans » et la critique de l’ordre moral religieux d’où qu’il vienne. Ces mêmes personnes qui dénoncent ce qu’ils appellent « l’islamophobie » omettent le fait d’évoquer les persécutions et les lapidations visant les athéistes et/ou révolutionnaires dans les États où l’islam est « religion officielle », coupables aux yeux de l’ordre moral de « blasphème ». C’est bien le terme « d’ islamophobie », si chère à ces militants, que ces pouvoirs religieux emploient lorsqu’ils justifient la répression contre ces mêmes blasphémateurs. Rappelons une fois pour toute que prêtres, rabbins, imams et ayatollahs sont également les premiers à défendre l’enfer sur Terre, à maintenir toute sorte d’oppression (patriarcale, misogyne, homophobe, transphobe…) et casser toute subversion contre l’ordre établi (les émeutes de 2005 en France et les révoltes au Maghreb et en Égypte en sont des exemples frappants).

Tout ceci va de pair avec la remise au goût du jour de la théorie de la « race », qui était l’apanage de l’extrême-droite jusqu’à présent (qui n’est ni plus ni moins qu’une inversion des théories de la « race » de Gobineau de la fin du XIXème siècle). En plein « mouvement social » contre la loi « travail », des partisans de la « race » appliquent la ségrégation à l’intérieur de la lutte sur des critères biologiques, anatomiques, physiologiques, à la faculté de St-Denis (93). Pour couronner le tout, la bibliothèque anarchiste « La Discordia » a eu toutes ses vitres détruites dans la nuit du 21 avril et un « racistes » a été tagué sur la façade (quelle ironie de la part de crétins qui séparent les gens selon le taux de mélanine !). Alors qu’en ce moment même des vitrines de ce monde de fric et d’oppression tombent en miettes aux quatre coins du pays, des garants de l’ordre moral s’en prennent pour la troisième fois à des révolutionnaires qui luttent chaque jour avec le peu de moyen qu’ils ont pour tenir un lieu de diffusion et d’agitation anarchistes dans un quartier populaire de la capitale. Se taire devant ces agissements, c’est se rendre complices !

Il est plus que temps de réaffirmer notre aversion sans concession de toutes les religions, y compris celle que l’on nous présente comme « des opprimés », de leur théorie immonde qu’est celle de « la race ». Il n’y a pas de religion des opprimés, seulement des religions qui oppriment, tout comme il n’existe aucune « race » mais uniquement des racistes !

Solidarité avec la Discordia ! Pour le blasphème ! Pour l’Anarchie !

[Extrait de Seditions, n°7, Journal anarchiste apériodique de Besançon et de ses environs.]

Imposer l’ordre moral à coup de marteau – Communiqué de La Discordia

« Non nous ne voulons rattraper personne. Mais nous voulons marcher tout le temps, la nuit et le jour, en compagnie de l’homme, de tous les hommes. Il s’agit de ne pas étirer la caravane, car alors, chaque rang perçoit à peine celui qui le précède, et les hommes qui ne se reconnaissent plus, se rencontrent de moins en moins, se parlent de moins en moins ».
Frantz Fanon, Les damnés de la terre.


Dans la nuit du 21 avril 2016, toutes les vitres de La Discordia ont été détruites à coup de marteau. Un tag a été posé à côté : « raciste ».

C’est la troisième fois que nos locaux reçoivent ce genre de visites nocturnes :
– Communiqué de La Discordia suite à quelques dégradations
– Gribouillis gribouillas : Bis repetita placent

Cette fois ci encore, il s’agit de s’en prendre à La Discordia pour avoir vocalisé publiquement un refus révolutionnaire non-négociable des rackets politiquesreligieux comme racialistes sur l’extrême gauche depuis les attentats de 2015 à Paris. Il s’agit d’interdire une parole, de s’arroger le pouvoir de décider qui peut parler et ce qui doit être dit. Globalement, il s’agit de jeux de pouvoirs mafieux pour imposer une hégémonie politique sur une mouvance déliquescente avec les armes toujours morales de la culpabilité et du ressentiment. Et si jusque-là, tout le monde avait déjà plus ou moins exprimé son soutien suite aux deux « attaques » précédentes, mais de façon plus ou moins informelle, c’est à la solidarité que nous appelons aujourd’hui. Une solidarité publique et visible, dans laquelle chacun pourra mettre de ce qu’il est, plutôt que de se ranger derrière un même son de cloche, comme nos ennemis du jour. Nous n’appelons donc personne à se ranger derrière La Discordia ou ses perspectives anarchistes particulières, mais plutôt à élargir la question, à signifier que ce refus n’appartient pas qu’à quelques uns, mais à tous les révolutionnaires, qu’il est constitutif de toute pensée émancipatrice.

Pourquoi ces attaques ? Parce que La Discordia est un des seuls endroits publics du milieu où sont exprimées et débattues publiquement des positions anti-religieuses et d’un antiracisme conséquent (c’est-à-dire contre toute idée de « race », même issue de la gauche), et sans complaisance avec ceux qui justement, font de la complaisance un rapport total à la politique, les nouveaux démagogues. La grosse participation aux débats traitant de ces thèmes, ainsi que de nombreuses discussions avec des camarades plus ou moins proches, nous disent qu’il y a une perception diffuse que quelque chose de pernicieux est en train de trouver sa place dans le milieu « radical » français. On y croise des défenses de la religion et de la foi, on y voit des formes de séparations sur des critères biologiques et génétiques que personne n’a choisi… Ce que les dictionnaires nomment sans timidité ségrégation. Mais on voit aussi que de plus en plus de camarades s’aperçoivent de ces dangers et prennent position. Malheureusement, trop peu nombreuses sont les prises de position publiques. Cela permet à quelques illuminés de la dernière averse, qui se croient avant-garde de quelque courant identitaire pseudo-subversif, de penser que La Discordia est seule à critiquer l’idée de « race » et à porter le refus de la religion, drôle d’idée. Pour le dire franchement : on s’en prend aussi à nous à cause du silence de trop d’autres sur ces sujets.

Pourquoi cela arrive-t-il en ce moment, alors que nous sommes tous concentrés ailleurs, sur ce qui se passe dans la rue (et pas que) ? Parce que, visiblement, pour ceux qui portent les idées de race et la théophilie, celles-ci sont plus importantes que le conflit contre l’État et le Capital. Encore une fois, aucun autre signe d’attaque n’a été relevé dans le quartier cette nuit là, ni banques ni églises ni permanences politiques, juste une bibliothèque anarchiste.

Comme nous l’avions déjà souligné, c’est par la faiblesse du rapport de force que les révolutionnaires se retrouvent à attaquer l’ennemi avec des moyens comme ceux employés contre La Discordia. Parce qu’au corps à corps avec l’État, personne ne peut gagner (à moins de devenir soi-même un État ou un État en puissance). Employer des pratiques « asymétriques » contre une bibliothèque anarchiste au fonctionnement autonome est bien la plus imbécile et lâche des pratiques. Rappelons également que les révolutionnaires, lorsqu’ils ne sont pas d’accord, prennent des chemins différents, ou bien ils s’expliquent et/ou se critiquent, ils ne se mettent pas anonymement du caca dans la boite au lettre. Mais dans la décomposition actuelle des mouvances « radicales », plus rien n’étonne. Les gens qui font vivre La Discordia sont présents dans les luttes sociales, les assemblées, les moments collectifs, et n’ont jamais masqué leurs idées, au contraire. Aucune opposition ne leur a été offerte. Aucun texte, aucune accusation, pas même une insulte avec un visage et un corps pour les assumer. Cette accusation grave de racisme, qui pour la troisième fois s’exprime sur des murs et depuis un moment dans des commentaires anonymes dans le monde virtuel n’a jamais été assumée par aucun individu, groupe ou collectif dans la vraie vie, ni par la parole ni par l’écrit. La brutalité exercée contre nos locaux n’est donc que le signe d’une faiblesse et d’une lâcheté patente, et d’une absence totale de capacité à argumenter.

Pourtant, l’honnêteté est la distance la plus courte entre deux individus.

Mais comment défendre l’idée de race ou de dieu auprès d’anti-autoritaires, d’autonomes, de communistes, d’anarchistes qui, depuis des siècles, travaillent à se libérer eux-mêmes et le monde de leur joug ? Ou auprès de tout autre courant de pensée fondé sur la critique de dieu, de l’État, et des identités imaginaires. De Marx et Bakounine à Malatesta ou Fanon.
Il s’agit pour ces quelques pathologies politiques sur patte, d’éradiquer cet héritage révolutionnaire qu’ils méconnaissent, qui les dérange profondément, et qu’ils associent fallacieusement à la pseudo « race blanche » (dont ils feraient partie pour l’immense majorité, si toutefois elle existait vraiment). Alors pour contrer cet héritage, il faudrait mobiliser l’islamisme politique, les milieux associatifs communautaires et identitaires sous perfusion étatique, les filières du carriérisme universitaire et autres formes de la réaction bourgeoise et/ou conservatrice. Il s’agit pour eux de rejeter en bloc tout ce qui ressemble de prés ou de loin à une hypothèse universaliste qui remettrait en cause les petites identités en kit préfabriqués, et derrière lesquelles il faudrait que nous abolissions toute singularité et toute altérité. Quitte à s’organiser avec des partisans de feu la « manif pour tous ». La responsabilité collective est l’arme favorite de l’extrême droite et des racistes, mais encore faudrait-il s’intéresser à ses propres « idées » pour s’en rendre compte. Parce que c’est seulement à la séparation des exploités que mènent les logiques identitaires et particularistes.

Nous ne doutons pas de la sincérité de ces énergumènes sous pavillon « anti-raciste », comme nous ne doutons pas de la sincérité de leurs faux-ennemis, qui avec les mêmes mots, les mêmes méthodes, les mêmes concepts et les mêmes aspirations cherchent à atteindre les mêmes buts : la division, l’éclatement des solidarités entre des exploités qu’ils s’acharnent à délimiter, démarquer, diviser et compartimenter dans des frontières étroites, qu’elles soient physiques ou mentales, pour que jamais leurs révoltes ne se rencontrent, ou bien le cas échéant, pour qu’elles se séparent. Au profit, toujours, du pouvoir.
En changeant quelques mots-clés on s’aperçoit aisément que les discours et les valeurs de cette extrême gauche du Capital qui ne cherche qu’à gratter des miettes sont les mêmes que ceux de l’extrême droite, ils sont façonnés par la même absence d’imaginaire émancipateur, ils visent tous, par le biais notamment de la religion, de l’ethno-differentialisme, de l’homophobie ou du virilisme, à l’encasernement normatif et prescriptif de l’identité et de la communauté. C’est le Zarathoustra de Nietzsche qui conseillait : « Veux-tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui ».

Casser les vitres d’une bibliothèque anarchiste comme un enfant casse un Rubik’s Cube qu’il ne parvient pas à résoudre, par inconséquence, par défaut d’intelligence et de maturité, et dans ce cas précis, on pourra parler de débilité légère, est bien l’attaque la plus glorieuse de l’année, même pas foutue d’être revendiquée, et donc expliquée, argumentée, assumée politiquement. On préfère racler les fonds de poubelles. Aujourd’hui, les idiots du village alternatif ont encore « frappés ». Leur lâcheté n’égale que leur impuissance chronique à développer la moindre analyse sérieuse pour contrer les perspectives de révolution internationaliste qu’ils craignent en gigotant bruyamment. La lâcheté de ne pas savoir défendre ses idées face à des visages qui peuvent répondre, plutôt que des vitres, qui ne feront que coûter des centaines d’euros à quelques galériens pour qui la lutte est toujours passée avant la subsistance. Était-ce le but ? Attaquer un projet anarchiste au portefeuille ? Pomper des centaines d’euros à des chômeurs et RSAstes déjà en plein dans le viseur de la répression ? Nos ennemis communs raffolent de vos envolées, et vous confirmez que, parfois, les ennemis de nos ennemis sont aussi nos ennemis (en effet, qu’est ce que des révolutionnaires auraient encore en commun avec des philo-religieux qui pensent que l’humanité se divise en « races » ? ).

En tant que révolutionnaires, nous ne pensons pas que la violence soit une arme qui se substitue à la critique et à la parole, mais qui les accompagne habilement, avec une idée claire de qui sont les ennemis, et de quels rapports sociaux ils sont les défenseurs. Des individus qui identifient leurs ennemis de la sorte, et considèrent, en plein mouvement social qui n’arrête pas de commencer, alors que de nombreux camarades et compagnons défilent devant la justice, que l’urgence est à s’acharner sur les vitres de La Discordia, sont a minima, des ennemis absolus de l’intelligence.
L’attaque ne doit pas être employée pour combler la vacuité théorique de quelques hooligans qui ne connaissent que les fonctions reptiliennes de leurs cerveaux.
Maintenant que le roitelet est nu, tout le monde peut apprécier le spectacle racialiste et philo-religieux dans toute sa superbe, la politique du marteau pour masquer la faiblesse et l’entrain déjà mort de cette mode identitaire, passagère et déjà sur le déclin. Il serait temps de réfléchir à cette montée de l’identitarisme dans nos milieux, qu’est-ce qui a permis cela, qui et comment ? A celles et ceux qui, déconstruits parmi les déconstruits, s’échinent à répéter « check your privileges », nous leur répondons, « check your responsabilities ». De même, pour celles et ceux qui sur les « réseaux sociaux » ont parlé de nous casser la gueule, d’attaquer La Discordia au Molotov, et autres bravades virtuelles, un travail est en cours pour régler des additions salées et donner toutes leurs conséquences aux mots qui planent jusque-là sur des écrans sécurisants.

La sécurité des personnes qui, toujours plus, viennent aux débats et aux permanences de La Discordia sera bien sûr assurée de façon adaptée. Tout soutien matériel et physique est le bienvenu, et nous tenons à remercier tous les compagnons et camarades qui nous ont déjà apporté leur soutien, de différentes manières (toujours appréciées), de Paris aux quatre coins du globe, en passant par nos voisins.
Mais c’est surtout à la solidarité dans l’élaboration théorique, le fond de l’affaire, que nous appelons aujourd’hui. Le projet révolutionnaire que nous portons aux cotés de nombreux autres nécessite des prises de position claires et fortes, parfois inconfortables, parfois clivantes, et souvent minoritaires.
Que chacun et chacune, donc, de la manière qui lui semblera la plus appropriée, s’attaque aux idées de races et de Dieu partout où elles se trouvent, pour paraphraser Joseph Déjacque, « par le bras et le cœur, par la parole et la plume, par le poignard et le fusil, par l’ironie et l’imprécation, par le pillage et l’adultère, par l’empoisonnement et l’incendie ». Souvenons-nous qu’une attaque contre des révolutionnaires parce qu’ils sont révolutionnaires, est une attaque contre tous les révolutionnaires.

Quant à nous, nous ne sommes pas de ceux qui se rendent.
Ni dieu ni maître, ni race ni prophète.

On ne fait pas la contre-révolution en cassant des vitrines.Les discordistes .

https://ladiscordia.noblogs.org/
ladiscordia(at)riseup.net

Imposer l’ordre moral à coup de marteau – Communiqué de La Discordia

 

ET CE MATIN, ON M’A PARLÉ DE RACE…

Ce matin, je suis allé faire un tour voir le 1e mai. Bon il se passait rien, je discutais avec des compagnons. Je vois une « femme » (ouais je met des guillemets si ça se trouve elle est déconstruite ahah) se balader tranquillement avec une pancarte « Femme Race Classe ».

La race fait son grand retour, mais non non pas chez l’Action Française et compagnie, chez l’extrême gauche, jamais à cours d’idées de merde. Au cas où vous ne le saviez pas, l’humanité est divisée en race, les blancs (tous des connards) et les noirs (et aussi les jaunes, et aussi les métisses… et aussi… les juifs…). On nous parle de « racisé-es » (oui oui selon ta race, d’ailleurs crache ici on va prendre ton ADN voir si t’es trop blanc ou pas assez noir), de « lutte de race ». La dernière fois qu’on en a parlé, c’était… au Rwanda, là même ou toute la classe politique dit qu’il n’y a pas eu grand chose.

Sortez une bassine :

moi, j’ai envie de dire : c’est le reste de la société qu’il faut éduquer, [...] c’est le reste de la société occidentale, enfin de ce qu’on appelle, nous, les souchiens — parce qu’il faut bien leur donner un nom —, les Blancs.

ceux, qui dans la hiérarchie raciale, bénéficient du privilège d’être blancs

Il y a le clivage de classe mais aussi le clivage de race.

Dixit Mme la chef du PIR, Houria Bouteldjia, petite bourgeoise qui vient distiller son poison racialiste. Ce discours se diffuse.

En effet ce matin, je vois donc cette femme. Je l’apostrophe comme un « salopard de mâle blanc hétéronormé » qui a envie de montrer ses privilèges à la face des racisé- es » (Sérieusement, on entend des choses comme ça…). Je lui demande des explications, elle me parle de la commission féministe de je sais pas quoi qu’elle va chercher. Je lui dit que je m’en tape je parle pas à des commissions. Elle me dit c’est un livre d’Angela Davis. Ah. « Y’a pas de races ». Elle me dit que si, pour moi non mais envrai si, il y a des races. Le ton monte, on se chahute, jusqu’à ce qu’elle me dise « Petit blanc va ». Un crachat et je m’en vais.

C’est la première fois ici que je vois, que j’entends un discours racialiste, que je me fait traiter de « petit blanc » et ce, sans réactions aucune autour (merci…). On parie que je suis déjà fiché « raciste » à l’extrême gauche ?

A l’heure où la bibliothèque anarchiste La Discordia s’est fait brisée les vitrines par ces mêmes racialistes, à cause de son positionnement tout simplement… révolutionnaire. A l’heure où la conflictualité est de retour depuis quelques semaines, où les attaques s’enchaînent, les procès aussi… Non, ça on s’en fout, parlons race.

Que crèvent les racialistes et leur moral.
Une individualité anarchiste, qui ne rentre dans aucune case.


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