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Résumé de la première session du procès des compagnons Mónica Caballero et Francisco Solar

Notons que cette enflure de juge a constamment interrompu les deux compagnons alors qu’ils faisaient leurs déclarations, utilisant la toute puissance de ceux qui décident d’envoyer en prison des milliers de personnes : « Ne nous faites pas une déclaration politique, cela ne nous intéresse pas ! » et elle a aussi menacé de sortir le public de la salle (des proches et des compagnons) si l’attitude de politisation du procès persistait.

 

Le procès venait juste de commencer lorsque l’un des avocats de la défense est intervenu pour rappeler à l’audience qu’un texte avait été présenté mettant en avant le manque d’impartialité de la part du tribunal et la demande qu’il soit changé. Une autre forme de procès a aussi été demandée, dans laquelle les accusés font leurs déclarations en dernier, après tous les témoins et experts. Face au refus du tribunal le procès a débuté par les déclarations de Francisco et Mónica, qui ont refusé de répondre aux questions du procureur et à l’accusation spécifique, répondant uniquement aux questions de leurs avocats.

Tous les deux ont affirmé les idées anarchistes, et ont nié la responsabilité de l’attaque de la Basilique del Pilar, ainsi que l’appartenance à une quelconque organisation, qui comme la littérature policière le décrit, se compose de chefs et d’une hiérarchie. Francisco a déclaré, avant d’être interrompu par la juge du tribunal Angela Murillo : « Oui je suis anarchiste parce que je comprends ce qu’est la liberté débarrassée de toute contrainte. Je crois que la liberté individuelle émerge lorsqu’il n’y a ni autorité, ni ordres ni commandements, qui ne font qu’atrophier et dégrader le comportement humain. L’État provoque la subordination et c’est à l’opposé de toute tentative de liberté ; il provoque aussi l’existence de profiteurs et d’exploiteurs ». Et au sujet des organisations il a déclaré : « elles entravent la liberté individuelle et réduisent l’initiative des personnes par des comportements établis à l’avance ». Et Mónica a déclaré : « N’importe quelle base hiérarchique est incompatible avec mon idéologie [sic] et ma manière de penser, puisque que n’importe quelle sphère de pouvoir est nuisible et entrave l’être humain ». Et en répondant à l’une des questions de son avocate elle en a profité pour réaffirmer ses liens d’affinité et de solidarité avec d’autres compagnons prisonniers.

Après les déclarations des compagnons, c’était le tour des témoins, commençant par plusieurs policiers, neuf d’entre eux, qui ont participé à l’enquête. Dans leurs déclarations ils sont tombés dans des contradictions au sujet de la collaboration et des informations fournies par l’État chilien et sur comment cela a pu amener l’enquête à se focaliser sur Mónica et Francisco. Dans ce sens, l’un des avocats de la défense a présenté comme preuve une note de presse de la Direction Générale de la Police Nationale, qui donnait des informations sur l’opération et assumait comme une réussite la collaboration entre États. Cependant, le tribunal ne l’a pas prise en compte. La méthodologie employée pour identifier les accusés a aussi été remise en question, et donc aussi la véracité de ses résultats.

À la suite, ce sont les témoins de l’explosion dans la basilique qui ont fait leurs déclarations. En premier, la femme qui a été blessée à l’oreille, a déclaré qu’alors qu’elle était en train de prier deux personnes se sont approchées d’elle et l’une d’entre elles l’a informé qu’elle devait abandonner le lieu. Cependant elle n’est même pas capable de dire s’il s’agissait de deux hommes ou d’un homme et d’une femme. Elle a seulement vu le profil d’un homme qu’elle ne pourrait pas identifier. 
Les deux autres témoins sont un gardien de sécurité et un gardien de la Basilique del Pilar, qui à part décrire le moment de l’explosion, se sont efforcés de transmettre la sensation de danger qu’ils ont ressenti. Il faut aussi dire que quelques jours avant le procès, le clergé de Saragosse s’est retiré de l’accusation.

[Traduit de l’espagnol de Publicacion Refractario.]

Source : nonfides

« l’engagement est une manière de vivre. Elle a le fantastique avantage de nous faire sujet de notre destinée. » Joëlle Aubron

« Lutter c’est vivre »

Un grand salut… Sebas

lu sur MarsInfo

En mémoire de Joëlle Aubron

Publié le 2 mars 2016 |

Il y a dix ans, le 1er mars 2006, Joëlle Aubron mourait d’un cancer. Cette combattante révolutionnaire, membre d’Action Directe, avait été arrêtée le 21 février 1987 avec trois de ses camarades. Condamnés tous les quatre à la réclusion à perpétuité, ils avaient enduré de nombreuses années de placement à l’isolement total.

Après 17 ans d’incarcération, en juin 2004, Joëlle avait pu arracher une suspension de peine en raison d’un cancer avec métastases au cerveau.

Sortie de prison, Joëlle a continué le combat militant, jusqu’au bout, et en priorité pour la libération de ses camarades toujours incarcérés à l’époque.

(…)Dans l’engagement, il y a spontanéité et décision mûrement réfléchie. La part de l’une et de l’autre est indéterminée. Elles augmentent ou diminuent en une tuyauterie communicante qui forge la détermination. L’engagement peut nous dépasser, exiger de nous bien au-delà de nos possibilités premières, de ce que l’on croit en savoir. Pour autant, avant tout, il nous porte. Il est courant de penser qu’on s’engagerait, sûr d’avoir raison. Je n’en crois rien. Je n’ai jamais pensé détenir la vérité, je me suis contentée d’espérer ne pas avoir tort.(…)
 
(…)l’engagement est une manière de vivre. Elle a le fantastique avantage de nous faire sujet de notre destinée.(…)

Le 16 décembre 2005, quelques semaines avant sa mort, elle participait à un meeting pour Georges Ibrahim Abdallah, communiste libanais incarcéré en France. Avec toute l’énergie qui lui ressemblait tant, elle a lu une déclaration de soutien signée « Les prisonniers d’action directe, Nathalie MENIGON, Georges ClPRIANl, J.Marc ROUILLAN, et Joëlle AUBRON (en suspension de peine) ».

En mémoire à Joëlle, ces quelques mots qu’elle nous a lus ce jour-là : « La solidarité est une arme. Elle le demeurera tant que son avancée et sa conscience révèlent le lien direct entre la libération des prisonniers et le développement du mouvement révolutionnaire. ».

A Joëlle, et aux mille coquelicots, bien rouges et noirs, qui chaque année fleurissent pour elle.

P.-S.

Merci au Désordre pour cet article en hommage à Joëlle Aubron. Vous pouvez aussi lire une interview de Joëlle ici

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 à lire aussi linter

La désinsertion

Un super article paru dans un journal que le Conseil Départemental 63 de gauche a tué

lu sur Exclusif

La décision du Conseil départemental du Puy-de-Dôme à l’égard du journal Exclusif ne m’étonne guère. Depuis ma naissance, je sais ce que valent les politiques. Ils n’agissent pas pour notre bonheur, ça se saurait et ils le feraient mal de toute manière.

Dans une société hiérarchisée, leur but ne peut être que d’accaparer le pouvoir politique. Elus, leurs fonctions sont soit régaliennes et répressives (police, justice, armée) ou de gestionnaire. Les deux assurant la paix sociale, en clair : que les pauvres se la ferment.

La gestion de la misère ne peut être que moralisatrice quand elle nous parle d’insertion. Car c’est bien à l’individu que l’on s’adresse, à lui que l’on demande de s’insérer et, donc, les tares, les défauts, les fautes se trouvent du côté de l’individu et jamais de celui de la société. Car quand ils parlent d’insertion, ces gestionnaires nous parlent d’insertion professionnelle. C’est-à-dire de nous rendre corvéables, exploitables, vendables, malléables aux interminables réajustements capitalistes, afin de produire, entres autres, des mickeys, du Mac Do’, des bombes et autres inutilités nuisibles ; mais aussi, tout comme au temps des rois, de nourrir toutes les classes parasites de la société. Capitalistes, banquiers, politiques, huissiers, préfets, flics, militaires, parlementaires, syndicats… la liste est longue de ces improductifs unis pour légitimer et maintenir ce système inégalitaire, autoritaire et écologiquement suicidaire.

Inséré à ce système et sans avoir signé de contrat avec lui, j’opterais bien pour la désinsertion volontaire, car davantage qu’insérés, nous y sommes incarcérés. Mais pour alleroù ? De par ce monde, tout est déjà détenu par une minorité de possédants ou par ses bras armés, les Etats. Partout règnent l’inégalité, l’exploitation, la domination et l’injustice, nulle part l’équité et la liberté. Dans ce monde de propriétaires, nous ne sommes que des loques à terre. Rien ne m’étonne donc du sort d’Exclusif.

Pensez-vous : faire réfléchir des pauvres ! qui vont produire une véritable information de qualité destinée aux RSAstes du Puy-de-Dôme et, de plus, livrée gratuitement à domicile. Faudrait pas exagérer, surtout quand certains articles égratignent la belle image de gauche que veut se donner le Conseil départemental. Pour éliminer ce journal de son budget insertion, cette instance de gauche ne va pas procéder franchement et directement. Elle va procéder de gauche : conventions au compte-goutte (un an, puis six mois, quatre mois… avec des périodes parfois de trois mois sans convention), sabotant ainsi le travail journalistique et la régularité de parution ; négociation pour réduire le format ; demande de numériser entièrement le journal, le noyant ainsi dans la toile Internet et privant de l’information des centaines de puydômois au RSA… et, dernier acte, l’ultimatum : crever ou nous insérer dans Puy-de-Dôme en mouvement. Ce qui a autant de sens journalistique que de mettre du porno dans Picsou magazine, si ce n’est pour en contrôler la censure. À la soumission, nous avons unanimement choisi la mort.

Incompétence, indifférence, manigance, pourrissement de situation, chantage, mépris de classe… Tout y est pour me faire réaffirmer mes convictions anarchistes. Dommage pour cette action sociale qui, à son niveau et à mon avis, a produit un travail social supérieur à n’importe quelle entreprise d’insertion – mais ça, c’est facile. Elle a aussi sorti de l’isolement des dizaines d’individus, créé des rencontres inédites, redonné une dignité à certains, ouvert l’esprit à d’autres et rendu de la confiance à tous, tout en fournissant un travail en commun d’individus d’horizons très différents mais, tous, de la même classe sociale. Mais tout cela n’est pas le but de l’insertion, qui est la totale soumission à l’ordre social. Je garderai de cette riche expérience collective un souvenir aussi joyeux qu’écœuré de la soupe aux subventions dans laquelle je crache.

DG


Si Vis Pacem Kalachnikov*

Il est un dommage collatéral inattendu des assassinats commis en France durant l’année 2015 par des fanatiques islamistes, lequel dommage — dont je ne doute pas que certains de mes ami(e)s libertaires se réjouiront comme d’un progrès moral — se fait sentir aussi bien dans les milieux radicaux, anarchistes et autonomes que dans la grande presse bourgeoise.

Je veux parler du discrédit jeté sur la haine et sur la violence.

Le « discours de haine » — syntagme à strictement parler vide de sens — est désormais censé illustrer le comble de la malignité humaine, de la monstruosité et du recul vers la barbarie.

Non seulement l’absence de sens immédiatement perceptible — il s’agit d’un stimulus et non d’un message servant à une communication rationnelle et égalitaire — défie l’analyse, mais encore supposer un sens à cette formule entraîne mécaniquement de considérer que — exemple entre mille — le texte d’un communiqué du Medef sur la précarité de l’emploi n’est pas un « discours de haine ».

Ce point mérite un instant d’attention.

Du crétin de l’un ou l’autre genre appelé par ses fonctions de speaker ou speakerine du patronat à interpeller les politiciens et à insulter les prolétaires dans telle circonstance particulière, devrons-nous dire qu’il hait ses interlocuteurs et ceux que visent ses injures ?

Certainement, il méprise les premiers et, non moins sûrement, souffre avec difficulté l’existence des seconds (dont il ne saurait néanmoins se passer, et ça l’agace).

Mais ces sentiments, il les enrobe — on ne peut dire qu’il les dissimule : personne n’est dupe — dans une forme de politesse bourgeoise, laquelle ne peut se perpétuer qu’à la seule condition que la violence physique soit exclue de la réponse qui lui est faite.

Autrement dit : le porte-parole des patrons mérite de se faire taper à chaque fois qu’il ouvre la bouche, mais il peut entretenir le mensonge de « rapports apaisés entre partenaires sociaux » et autres répugnantes salades[2].

Ce mensonge lui-même, garanti physiquement par les gens d’armes, est une insulte supplémentaire aux oreilles de ceux et celles auxquelles il est adressé.

Il peut arriver que les mots du communiqué, soigneusement choisis par des consultants, ne se transforment pas en tir à balles réelles dans les rues. Le contraire peut arriver aussi. Tout dépend de la conjoncture, du régime et du niveau d’intensité de la guerre sociale. Pour y voir moins de « haine » que dans le geste meurtrier d’un jeune refoulé sexuel, aveuglé par des délires religieux — pardon pour ce pléonasme ! l’époque l’exige —, il faut l’acuité visuelle d’un poisson vivant dans les grandes profondeurs…

Autant le « ressentiment », moqué à juste titre par Nietzsche, me semble une impasse intellectuelle, synonyme de rancœur et de macération, autant la haine flamboyante compte et comptera — pour longtemps au moins — parmi les indispensables luminaires de la révolte et de l’action.

Que sont censés appeler, et alimenter, les « discours de haine » ?

La violence pardi !

Pas celle du cynisme politicien, du « plan social » patronal, des mensonges journalistes…

NON !

La violence.

La laide violence du poing dans la gueule. La violence du corps. Celle qui fait couler le sang et les larmes. Celle qui fait pisser et chier dans son froc qui la redoute ou l’éprouve. La violence à l’échelle humaine. Celle qui n’a ni attaché de presse ni service de sécurité.

Cette violence-là, dont je n’ai jamais été amateur fétichiste (moi, l’objecteur de conscience) a mauvaise presse — c’est bien le cas de le dire ! — jusque dans les milieux que je fréquente, pas moins sidérés que les autres par la conjonction d’une violence fanatique religieuse et de son reflet, la terrorisation démocratique poussée à la caricature.

J’en prendrai deux exemples.

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Une dizaine d’anarchistes [sic], certainement bardés de bonnes intentions, publient fin janvier 2016 une lettre ouverte au président de la République française. Souhaitant manifester leur opposition à la possibilité réinscrite dans la loi (et étendue) d’une « déchéance de nationalité », les signataires « demandent » à être eux-mêmes déchus de la nationalité française.

Le texte de la lettre est particulièrement intéressant du point de vue qui m’occupe ici en ce qu’il mélange à dessein des éléments d’un folklore résistencialiste « violent » (les FTP) et d’un autre datant de la guerre d’Algérie (une chanson de Boris Vian).

En effet, les signataires se présentent en tête de leur texte comme « Francs tireurs Partisans d’une citoyenneté mondiale », et commencent leur lettre par « M. le Président, nous vous faisons une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps. »

Ils jugent ensuite utile — et nous n’en croyons pas nos yeux ! — d’offrir à la VeRépublique un satisfecit rétrospectif :

Nous sommes nés dans ce pays, la France, par hasard. Nous n’avons choisi ni de naître, ni de naître en France. Il en va ainsi de tous les êtres humains.

Jusqu’à présent, ce non-choix ne nous posait pas de trop gros problèmes[3]. Nous aurions pu tomber plus mal.

Depuis déjà quelque temps, cependant, entre Notre-Dame-des-Landes et la condamnation de syndicalistes à de la prison ferme, nous avions quelques doutes sur votre capacité à faire rêver d’une France dite pays des droits de l’homme. Vous nous accorderez de ne même pas parler de socialisme.

Avec votre dernier tripatouillage politicard à propos de la déchéance du droit de nationalité, les choses sont claires. Vous jouez avec les allumettes.

Après cet endossement de l’ensemble de la terrorisation démocratique, de 1986 à 2016, sans même parler de la nature du système dont la République n’est que la mise en forme juridique[4], les signataires se déclarent « en situation d’insurrection » (autorisée par la constitution, il est vrai !).

Et voici la conclusion, Borisvianesque dans sa version soft :

Monsieur le président, prévenez vos gens d’armes, que nous serons lourdement armés de ces armes de destruction massive que sont l’intelligence, la non-violence, l’honneur et… l’humour. Et que nous n’hésiterons pas à tirer ! Avec ces armes là !

Je n’ai personnellement rien contre le sens de l’humour. D’ailleurs, certains de mes amis très proches en sont dotés ! Je ne dissimulerai pas que, moi-même, dans certaines circonstances extrêmes…

Quant à l’intelligence, pourquoi non ? Avec mesure, toutefois…

…Et sans croire, comme le plus allumé des guerriers Mau-Mau, que la chose vous immunise contre les balles (même celles en caoutchouc).

Là, c’est vous qui jouez avec les amulettes, les enfants !

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Mais laissons là nos francs tireurs d’opérette, pour nous intéresser à des révolutionnaires d’une autre envergure intellectuelle. Je veux parler d’Éric Hazan, « fondateur des Éditions La Fabrique », grand artisan de l’éradication de la lutte des classes de l’analyse historique[5] et porte-voix éditorial du parti des indigènes de la république (PIR), et de Julien Coupat, ici-même cordialement mis en boîte, mais qui préfère se définir comme « mis en examen pour terrorisme ».

Autre envergure disais-je : tribune publiée dans Libération — depuis un petit souci de communication, Tarnac snobe impitoyablement Le Monde —, citations de Kafka et Baudelaire… on sent tout de suite que les deux signataires n’ont ni les mêmes valeurs ni le même carnet d’adresse que nos « FTP ». C’est leur côté « Bordeau Chesnel ».

Le texte s’intitule « Pour un processus destituant : invitation au voyage ».

Je soupçonne une assez plate dialectique négative avec des « processus constituant » peut-être empruntés aux débris de l’autonomie universitaire italienne. Tout cela excède mes propres capacités d’intelligence ; je ne m’y attarde pas. Il s’agit, de surcroît, davantage d’un signe de reconnaissance, d’une signalétique idéologique, que d’un argument réfutable.

Je reproduis la conclusion du texte, non sans remarquer d’abord que le programme qu’elle énonce se coule tout naturellement dans le calendrier électoral (« nous avons un an et demi ») avec lequel il est supposé rompre :

Ce que nous préparons, ce n’est pas une prise d’assaut, mais un mouvement de soustraction continu, la destruction attentive, douce et méthodique de toute politique qui plane au-dessus du monde sensible.

Que de douceur décidément, en ce drôle d’hiver sans palais à prendre…

« Attentive, douce et méthodique ».

Certes, il s’agit d’une « destruction », on ne nous le cèle pas. Tout de même, voilà qui m’évoque irrésistiblement le travail de l’infirmière.

Chacun ses fantasmes, me dira-t-on ! Encore entre-t-il dans celui-ci, croyez-m’en, davantage de l’habitude du patient que de la fantaisie de l’érotomane.

Il est vrai, c’est un autre de mes défauts, que je ne suis guère globe-trotteur. Voilà peut-être qui me retient de me sentir concerné par la joyeuse invite de nos randonneurs :Allons !

Pardonnez — ou non — une trivialité qui confine à la grossièreté : aller où ? avec qui ? et pour quoi faire ?

Et surtout, me demandais-je, avec quoi dans nos besaces, chers camarades ?

Des pistolets à bouchon, de la guimauve et des alexandrins… ?

Au fait, peut-être avons-nous besoin aussi de tout cela. Et si je pensais sérieusement qu’il fût possible de construire un monde où ces ustensiles constitueront tout le nécessaire du voyageur, et de la voyageuse, sans jamais avoir à se servir d’une arme automatique, je le dirais ici avec plaisir et soulagement. Mais je n’en crois rien.

Tant pis pour qui s’autorisera de ce billet pour voir en moi le double inversé du kamikaze :

Jusqu’à preuve du contraire, je tiens qu’il est déraisonnable d’abandonner la métaphysique (sans dieu) aux fanatiques, la haine aux ignorants, et le maniement des armes de guerre à nos ennemis mortels.

Le Diable sait pourtant que j’aime voyager léger…

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[2] Pour un exemple récent, voyez les dégueulasseries de la pitoyable Cosse sur la violence de classe à Air France.

[3] Je souligne. C. G.

[4] Il s’agit du ca-pi-ta-lisme, caractérisé par l’exploitation du travail humain.

[5] Voir son histoire de la Révolution française.

 

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* Inutile de m’ensevelir sous les courriels. Je n’ignore pas que la formule latine originale  — mais dont on ignore l’origine — est « Si vis pacem para bellum » (Si tu veux la paix prépare la guerre). Peut-être ignorez-vous que Parabellum est aussi le nom d’un revolver (le Luger allemand; voir illustration ci-contre). On peut bien choisir son arme, non ?

Claude Guillon

Source : Lignes de force

[CNT-AIT Clermont-Ferrand] : Pourquoi nous avons dissous notre syndicat

« Prolétaires de tous les pays, je n’ai aucun conseil à vous donner. » Louis Scutenaire
Réuni-es le 6janvier 2016, les membres du Syndicat de Clermont-Ferrand de la CNT-AIT ont décidé à l’unanimité de dissoudre ce syndicat conservateur.
Chaque compagne-on avait ses raisons différentes mais la conclusion fut la même. En voici quelques unes sans ordre particulier.

fichier pdf dissolution

 

[Espagne] : sur le procès de Mónica et Francisco

Mercredi 3 février a été fixée la date de procès des anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar, qui devront affronter des réquisitions du procureur s’élevant à 44 ans de prison [pour chacun-e d’entre eux] pour « appartenance à une organisation terroriste, massacres, blessures et conspiration ». Le procès aura lieu au siège de l’Audiencia Nacional de San Fernando de Henares les 8, 9 et 10 mars et ils seront transféré-e-s vers des prisons madrilènes dans les jours qui viennent.

Presque six ans après la construction du dit « Caso Bombas » par l’Etat chilien, pour lequel ils ont tou-te-s deux été incarcéré-e-s, jugé-e-s, condamné-e-s puis finalement relaxé-e-s, et plus de deux ans après leur arrestation dans l’Etat espagnol, Mónica et Francisco vont à nouveau se retrouver dans un tribunal, face à des juges et des procureurs. Le processus légal contre les compagnon-ne-s a mis en évidence le travail de gestion commun des Etats chilien et espagnol en matière d’antiterrorisme, accompagné de l’habituel lynchage médiatique caractéristique de ce genre d’affaires. Celle-ci a aussi été le fer de lance de l’actuel contexte répressif lancé contre les luttes, puisqu’il s’est agi de la première d’une série d’opérations antiterroristes préparées par l’Etat contre des anarchistes et des antiautoritaires ces dernières années et qui ont mené à la mise en examen une quarantaine de personnes pour terrorisme.

Face aux brutales attaques de l’Etat et à ses différentes manières d’isoler , d’intimider ou de poursuivre les luttes avec celles et ceux qui y participent, nous, anarchistes et personnes en lutte, avons la capacité d’aiguiser nos mots et nos pratiques en remettant en question leurs modèles citoyens, en trouvant notre propre abécédaire pour dépasser le langage de l’ennemi et en défendant nos luttes et nos liens tout en évitant de tomber dans des postures victimistes pour aller au-delà de la logique innocentiste et/ou culpabilisatrice. C’est en partant de là que Mónica et Francisco ont affronté l’enfermement et c’est de cette manière que nous impulsons la solidarité.

Dans la négation de l’autorité et de sa légitimité créée pour nous juger, dans la réaffirmation des idées, des pratiques et des complicités rebelles, pour l’agitation constante et la solidarité combattive. Toujours avec celles et ceux qui luttent.

Force, [Solidarité] et Liberté pour Mónica et Francisco, ainsi que toutes les personnes en lutte emprisonnées et poursuivies !
Liberté pour toutes et tous !
A bas tous les murs !

Barcelone, Février 2016

[Traduit de l’espagnol de Indy barcelone, 08 feb 2016]

Source : cettesemaine

[Crève les autoritaires] Blanqui ou l’Insurrection d’Etat

[Le Comité Invisible est blanquiste...]

Louis Auguste Blanqui (1805-1881) nous laisse au mieux un slogan et un livre. Le premier est ce Ni Dieu ni Maître qui fut le titre du journal qu’il fonda en novembre 1880, quelques mois avant sa disparition. Le second est le fascinant L’Eternité par les astres, une méditation sur l’existence de mondes parallèles et sur l’éternel retour. Un cri de bataille et un ouvrage philosophique d’astronomie : voilà tout ce qui mérite d’être retenu de Blanqui. Le reste, nous le laissons volontiers à la poubelle de l’histoire, qu’il s’agisse de ses autres journaux (comme La patrie en danger) ou de sa politique avant-gardiste et autoritaire.

Tous ne partagent pourtant pas cette conviction, à tel point que ces derniers temps, certains s’évertuent même de remettre à l’honneur ce nom qui semblait destiné à l’oubli. Sa redécouverte a été menée par les subversifs autoritaires les plus énergiques et les moins rigides, habiles dans l’art de flairer l’air du temps.

La suite ici : http://typemachine.wdfiles.com/local–files/typemachine-uitgaves/Blanqui.pdf

 

[Rennes] : Quelques images du carnaval avec rage et sans Comité Invisible

 [Notes pour aider à la compréhension : la Karnaval était appelé par le collectif ZAD de Rennes, composé surtout d'adeptes de la prose Blanquiste de Julien Coupette et compagnie, bref le fameux Comité Invisible. Nos Faux Amis ont dénoncé les attaques cf les textes plus bas]

 

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Source: attaque.noblogs.org

[Rennes] : Quelques textes sur le Karnaval et les politiciens « Invisibles »…

Rennes : Les tractations politiques, finalement, sont venues

Bien sûr, il n y aura aucune remise en question de la part de « ceux qui sont les seuls à penser la révolution ».

Car, au mieux, à bavarder avec des personnes que l’on a pu considérer un temps comme des compagnons, on aura droit à l’éternel « ce sont des individus qui ont agi de la sorte, pour moi, ce sont des camarades, cela ne signifie pas que l’on partage toujours les mêmes positions ». On se dédouane, on refuse de prendre parti contre celles et ceux qui justement, le revendiquent, ce parti de merde. Il y a un corps qui se forme : tu es dedans ou à l’extérieur, tu suis la ligne ou pas. Gare à celui ou celle qui fera un pas de travers, la vindicte des politiciens plus aguerris risque de s’abattre sur elleux. Excusez-nous de vivre, de mettre en pratique certaines théories parfois assez intéressantes quant à « des formes de vie désirables ».

Au pire, on gerbera après avoir entendu la stratégie politicienne foireuse des plus convaincu.e.s. Non, vraiment, c’est magique. L’Acipa est en train de devenir révolutionnaire. Il n’y a plus de doute. De la même manière, on entend des discours qui inquiètent fondamentalement la République, dans la bouche de certains dirigeants d’Europe Ecologie les Verts. Je pense pas que ça fonctionne ainsi. Les membres du Parti sont en train de se faire absorber par les réformistes. L’Acipa a clairement revu son attitude belliqueuse à la baisse depuis le rendu du procès. Tout le monde est lucide (sauf vous ?) sur le fait que les seul.e.s qui font le beurre en ce moment sont les personnes qui luttent contre l’aéroport. Illes récoltent les bénéfices du grabuge contre les menaces qui planent sur la Zad, mais restent des interlocuteurs tout à fait présentables vis à vis du pouvoir. Jamais, ô grand jamais, ne se mettre en danger, ne se sentir solidaire de celles et ceux qui éprouvent de la rage, qui ne s’inséreront jamais dans cette société pourrie. On en attend pas beaucoup plus des réformistes, à vrai dire.

En revanche, quand ce sont des personnes qui tentent, selon certaines légendes ancestrales, de « répandre l’anarchie », qui viennent sermonner ou tabasser des individu.e.s qui sabotent un bus de l’armée, ou brisent une vitrine de banque, c’est un peu plus gênant. Oui, ce sont des attitudes de flics, il n’y a pas d’autres mots. Si d’aucun.e.s espèrent encore trouver au fond de chacun.e de vous une braise de révolutionnaire, je pense au contraire que vous n’êtes pas mes alliés. Bien évidemment, vous pourrez écrire une nouvelle page de victimisation chaque fois que vous vous ferez traiter comme vous le méritez, que vos magouilles n’aboutiront pas : « vous n’imaginez quand même pas que l’on a des arrières-pensées quand on cherche par tous les moyens possibles et imaginables de manipuler une assemblée générale au sein d’un camp dans lequel nous avons débarqué à 200 sans rien respecter ». Allez, à d’autres… Mais nous sommes nombreux.se.s à prendre la mesure. Notre défiance grandit.

Bordel, vous avez réfléchi à ce que signifie dresser une liste des gens susceptibles de se rendre à un Carnaval ? Politiquement, et peut-être philosophiquement ? Ça vous fait pas trop mal ? Non, encore une fois, vous êtes probablement un cran au-dessus. La fin justifie les moyens, n’est-ce pas ?

Je suppose que l’on aura aussi droit au couplet sur la jalousie, sur la frustration. À cela, je ne répondrai pas. Ou si, brièvement : vos théories ont le mérite d’exister[sic], mais elles ne s’appliquent à rien. Vous écrivez sur du grand vide, et tombez de haut quand il s’agit de se confronter à la vie, et non plus à une grande mascarade construite par une ministre de l’intérieur mégalomane.

Et, pour des raisons de confidentialité évidentes, je ne peux me permettre de faire une liste de toutes les trahisons vécues, que l’on a parfois lues comme des erreurs, des accidents. À un moment donné, il est nécessaire de se méfier de celles et ceux qui les commettent.

Petit questionnaire à choix multiples :

Qui a dit « c’est complètement contre-productif de casser une banque » ? 
- un flic 
- un membre du front de gauche après 3 verres de rouge et deux sandwiches merguez
- un ami à nous

Qui a dit « il ne faut surtout pas qu’ils soient au courant de la présence des gendarmes mobiles de l’autre côté, ils vont se déchaîner «  ? 
- un flic 
- un membre du front de gauche après 3 verres de rouge et deux sandwiches merguez
- un ami à nous

Qui a hué des copines qui faisaient part de l’absence totale de solidarité par rapport aux dominations de genre, dans un camp où il avait débarqué en se comportant comme à Narbonne Plage ? 
- un flic 
- un membre du front de gauche après 3 verres de rouge et deux sandwiches merguez
- un ami à nous

Qui a dit : « et vous, vous faites parti de quel groupe, de quelle ville » au moment de débarquer en manif ? 
- un flic 
- un membre du front de gauche après 3 verres de rouge et deux sandwiches merguez
- un ami à nous

[Repris d’Indy Nantes.]

 

A NOS FAUX AMIS

Indy Nantes, 9 février 2016

Samedi 6 février était organisé à Rennes un Karnaval contre l’état d’urgence et pour la victoire de la ZAD. L’appel, autonome et signé par le comité ZAD de Rennes, a attiré un bon millier de personnes venant de toute la fRance et au-delà. Après un bon gueuleton concocté par une cantine végane – à côté de la « cantine des Q de plomb » qui n’a rien trouvé de plus malin que de servir du cadavre de poule en le faisant passer pour un aliment et en annonçant fièrement avoir « égorgé les poulets eux-même » -, la manifestation a décollé vers 15h de la place du Parlement.

Le cortège, bigarré et festif, s’est élancé au rythme des nombreux pétards et fumigènes qui annoncaient la couleur de la manifestation. Rapidement, les vitrines des banques, compagnies d’assurance et agences immobilières sont attaquées à coups de marteaux, d’extincteurs et recouvertes de peinture. La relativement faible présence policière a permis aux manifestant·e·s de continuer à déambuler jusqu’à la place Charles de Gaulle, en continuant à égayer les rues. À partir de là, scindée en différents cortèges, la manifestation s’est prolongée dans plusieurs directions, poursuivie par les flics qui ont tiré des balles en caoutchouc sur les manifestant·e·s, de dos la plupart du temps. C’est dans ce contexte de dispersion qu’ont eu lieu les quelques interpellations, censées calmer les hiérarchies policières et politiques et donner une illusion de maîtrise à la fameuse opinion publique. Probablement une façon pour eux de ne pas perdre la face.

Mais derrière la joie qui nous a animé lorsque les vitrines tombaient se cache une amertume certaine, et de la colère contre des organisateurs du karnaval qui veulent se poser en leaders de révolté·e·s qui n’entendent pas se faire dicter des ordres de la sorte. Le fait que leurs injonctions n’aient pas été respectées ne doit pourtant pas nous empêcher de dénoncer des méthodes odieuses et politiciennes.

La veille de la manifestation, des organisateurs et organisatrices ont, de leur propre aveu, dressé la liste (!) des « groupes venant de loin » susceptibles d’avoir envie d’exprimer leur rage contre ce monde et son aéroport de manière conséquente. Ils et elles ont ensuite expliqué avec autoritarisme le « mot d’ordre » qui les arrangeaient bien, de la farine et de la peinture, mais pas de casse ni de projectiles. Le déroulement de la manifestation a heureusement montré tout le mépris dont leurs directives ont fait l’objet.

La joyeuse balade en ville s’est déroulée quasiment sans heurts au sein du cortège, malgré la « frustration » qu’avaient ses organisateurs de voir le peu de respect que nous avions pour leurs ordres. Malheureusement pour elleux, nous ne sommes ni dociles ni obéissant·e·s. Quelques citoyen·ne·s ont certes exprimé leur désaccord avec les personnes qui cassaient des vitrines, en les accusant, aveuglé·e·s par le discours de l’ordre, de travailler pour les flics (!), d’être contre productifs (encore heureux !), ou que ça ne servaient à rien. Nous briserons des vitrines tant qu’ils briseront nos vies, et manifestement il n’était pas nécessaire d’être masqué·e pour être de cet avis : ces quelques citoyen·ne·s militant·e·s ont souvent été rabroué·e·s par des manifestant·e·s solidaires « les banques te volent tous les jours, c’est la moindre des choses ce qu’ils font ! ». La faible présence policière a permis à quelques révolté·e·s, au-delà des sourires connivents et des éclats de joie au son des vitrines brisées, d’exprimer en actes leur haine de l’État et de ses larbins ; entre ceux qui nous empruntaient nos aérosols pour s’essayer à certaines pratiques et celles qui, encouragées par l’ambiance festive, se mettaient à lancer des projectiles sur les banques et les flics, les complicités ont été nombreuses au sein de la manifestation.

Si certains radicaux se font fort de proclamer sur le papier la nécessité de ne rien négocier avec le pouvoir, ils sont bien capables de « composer » avec des organisations par intérêt politicien. Leur théorie étonnante se résume ainsi : « si nous descendons d’un cran notre radicalité, cela permettra à des paysans, des citoyens, des organisations, de se radicaliser, et progressivement de massifier un « mouvement » qui en aurait besoin ». Alors que les exemples abondent qui décrivent exactement l’inverse de cette assertion, ils et elles sont prêt·e·s à mettre la pression sur des compagnon·ne·s pour ne pas perdre la face auprès des autres orgas de la manifestation. En effet, ils et elles s’étaient engagées auprès de celles-ci qu’il n’y ait pas de casse pendant la promenade, et ielles entendaient bien faire respecter cette loi. La question est de savoir avec qui nous voulons nous associer, et pourquoi certain·e·s privilégient la composition avec des organisation institutionnelles aux complicités spontanées qui émergent toujours des situations où certaines limites sont franchies dans le non-respect de l’ordre et des lois.
Faut-il le répéter, le fameux « contexte local » qu’on serait censé·e connaître avant d’agir est malheureusement le même où que nous allions ; de Rennes à Gaza et de Milan à Athènes, les flics, les juges et les prisons défendent l’État et le capital et nous n’accepterons pas de composer avec celleux qui s’empresseront de nous tirer dessus lorsque les luttes spécifiques qui les intéressent seront « gagnées », c’est-à-dire absorbées et récupérées. Combien seront-ielles, à EELV, à l’ACIPA et ailleurs, à défendre la ZAD lorsque le projet d’aéroport sera abandonné ? Combien reprendront à leur compte le discours du kyste à éradiquer ?

Vers la fin de la manifestation, un des disciples d’un comité pas suffisamment invisible s’en est pris violemment à un anonyme qui s’attaquait à une banque, n’hésitant pas à user de ses poings pour taire l’affront que lui et ses associé·e·s étaient en train d’essuyer depuis le début de la manif. Il fut heureusement rapidement maîtrisé. Après cette manifestation, des compagnon·ne·s ont été approchés par certain·e·s tenant·e·s de cette ligne politique incompréhensible. Après les menaces vinrent les appels à la délation, « qui a cassé les banques ? On veut juste savoir qui c’est, pour leur parler ». On ne peut qu’opposer le silence à d’aussi viles tentatives et leurs logiques policières.

Comment en sont-ils arrivés à une telle arrogance qu’ils ont prétendu pouvoir empêcher des manifestant·e·s d’exprimer leur rage sans concession contre le pouvoir et la normalité ? Au point de proférer des menaces avant et après la manifestation, mais aussi d’aller jusqu’à user de la violence pour défendre les intérêts de leurs accords politiciens ?

Nous ne nous laisserons pas impressionner par leurs manœuvres et nous continuerons à porter en actes un discours et des pratiques sans concession avec la démocratie et ses soldats.

À nos faux amis : notre détermination est intacte. Pas de compromis avec le pouvoir et ses cautions protestataires.

[Et pendant ce temps-là, peines de prisons : http://cettesemaine.info/breves/spip.php?article1448&lang=fr ]

 

[Rennes] : un carnaval moins bouffon qu’à l’ordinaire

[Pour rappel, les organisateurs -dont le Comité Zad de Rennes- avait choisi comme banderole de tête du défilé de carnaval qui suivait le banquet, l’ignoble slogan "Quand on arrive en ville", tiré du titre de Starmania chanté par Balavoine et faisant l’apologie du viol ("Qui c’est qui viole les filles/Le soir dans les parkings"... c’est le même "on" qui arrive en ville). Et comme si cela ne suffisait pas, après avoir gueulé au micro que ce carnaval devait rester strictement "militant, festif et sans violence", une partie de ces organisateurs s’est aussi permis d’embrouiller physiquement des anonymes qui ont jeté des bouteilles sur les keufs et lorsqu’ils ont commencé à attaquer des vitrines, tentant ainsi de faire respecter l’ordre de leur clownerie, un ordre pour le coup bien en adéquation avec l’état d’urgence qu’ils entendaient dénoncer symboliquement. Dont acte.]

Rennes. Nombreuses dégradations lors du carnaval des opposants à NDDL

Le Télégramme, 7 février 2016

Hier, à Rennes, la nouvelle mobilisation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44) a donné lieu à un défilé de carnaval au cours duquel de nombreuses dégradations ont été commises dans les rues du centre-ville. La journée avait pourtant bien débuté. Les opposants de l’aéroport de NDDL, entre 700 et 1.000 personnes, s’étaient donné rendez-vous place du Parlement-de-Bretagne pour un banquet à l’appel de l’association Copain 35, du Collectif 35 contre NDDL et du comité Zad de Rennes qui appelait, lui, à dénoncer également l’état d’urgence à travers un défilé de carnaval dans le centre-ville.

Cinq interpellations

Derrière une banderole « Quand on arrive en ville ! », c’est finalement vers 15 h que le défilé a démarré, rythmé par les percussions d’une batucada. « On veut porter l’enjeu de la lutte de NDDL de manière positive et joyeuse et tourner en dérision le projet », expliquait Camille, du comité Zad de Rennes. Mais la déambulation festive a finalement pris une tournure plus violente.

Aux jets de peinture et de farine ont succédé des tags sur les murs et des bris de vitrines ou de mobiliers urbains. Une agence immobilière et une banque ont, notamment, vu leurs devantures voler en éclats. Les forces de l’ordre, qui ont essuyé des jets de peinture et de divers projectiles dont des boules de pétanque, ont fait usage de gaz lacrymogène et ont chargé les manifestants pour éviter de plus amples débordements. Deux fonctionnaires ont été légèrement blessés lors de ces échauffourées. Les derniers manifestants ont été dispersés vers 17 h 30.

Au total, cinq personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour des violences ou des dégradations. En fin de journée, la maire de Rennes, Nathalie Appéré, a condamné « avec la plus grande fermeté les actes de violence et de vandalisme perpétrés ».


Carnaval anti-aéroport à Rennes. Trois manifestants jugés demain

Ouest France, 07/02/2016 à 19:38

Samedi après-midi, des heurts ont éclaté lors du carnaval anti-aéroport. Lorsque les manifestants – plus de 800 personnes – ont défilé dans les rues, des casseurs ont commis des dégradations sur les bâtiments et les vitrines des commerces. Les policiers ont alors chargé pour disperser la foule.

Au total, 80 grenades de gaz lacrymogènes et 30 balles de défense ont été tirées [dont beaucoup dans le dos]. Vers 17 h 30, le calme est revenu en ville.

Suites judiciaires ?

Cinq manifestants ont été interpellés au cours de l’après-midi : certains pour violences envers les forces de l’ordre, d’autres pour dégradations.

Ce dimanche, deux d’entre eux ont été remis en liberté. La garde à vue se poursuit pour les trois autres. « Ils seront déférés demain lundi, en vue d’une comparution immédiate devant le tribunal pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique« , indique t-on au parquet de Rennes.


Rennes : lourd bilan après le carnaval anti-aéroport qui a dégénéré

07/02/2016 | 18:53

Au lendemain du carnaval anti aéroport Notre-Dame-Des-Landes à Rennes, l’heure est au bilan. La manifestation, qui a dégénéré, a laissé de nombreux stigmates dans le centre-ville. La maire en appelle « à une décision claire et rapide au plus haut niveau de l’Etat » sur le projet d’aéroport.

Ce dimanche matin, les premiers nettoyages avaient commencé dans l’hyper-centre dont certaines rues ont été défigurées après le passage des casseurs. Pas de repos dominical pour Thierry Guillaume. Le propriétaire de ce commerce est venu nettoyer les tags sur sa vitrine. Samedi après-midi, il était dans sa boutique lorsqu’il s’est fait surprendre par les manifestants.

« J’ai juste eu le temps de baisser le rideau pour éviter la casse », précise le commerçant. « C’est incompréhensible ! », rajoute-t-il.

Des cibles privilégiées

Les casseurs avaient bien choisi leurs cibles : des banques, des compagnies d’assurances, des agences immobilieres ou des agences de voyages. Alors que la manifestation anti-aéroport se voulait festive, elle a très vite dégénéré, des échauffourées opposants forces de l’ordre et manifestants en plusieurs points du centre-ville. Des heurts qui ont duré plus d’une heure et demie mais qui par chance n’ont pas fait de blessés . 5 personnes ont été interpellées.

La maire de Rennes scandalisée

Ce dimanche, la maire de Rennes, venue constater les dégâts, ne cachait pas sa colère : « Le centre-ville a littéralement été saccagé. Le préjudice pour les commerces et pour la ville est considérable« . Et d’ajouter : « Il y a plusieurs dizaines de milliers d’euros de dégâts et ça suffit. Je considère qu’il appartient désormais à l’Etat et au Président de la République de s’exprimer clairement sur ce projet d’aéroport Notre-Dame-Des-Landes« .

Le travail de nettoyage et de remise en état des commerces devrait durer plusieurs jours.

[Rennes] : un carnaval moins bouffon qu’à l’ordinaire 1-270-f935c-1b6102-189-26b62-689583-129-f2a47-77cd84-79-57045-633fc5-75-498a1-bb31a6-57-d1e70-f24fa7-46-61b66-1c95e8-36-5b104-b97778-37-ae69e-77ebb9-26-f8567-c9dad

 

Source: cettesemaine


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