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Le capitalisme est malade ? Qu’il crève !

Ils sont en émois. Depuis quelques semaines tout ce que la planète compte de dirigeants, qu’ils soient politiques ou financiers, ne s’agite qu’autour d’une chose : la crise financière. L’affaire des sub-primes aux Etats-Unis a montré l’extrême fragilité (pour ne pas dire escroquerie) des institutions financières, du coup, ce qu’on appelle le marché interbancaire a été paralysé. Prises de peur, les banques ne voulaient plus se prêter entre elles. Or, ces prêts sont vitaux pour la survie d’une économie capitaliste. Sans eux, des banques se retrouvent du jour au lendemain avec leurs comptes dans le rouge, au bord du gouffre, voire carrément en faillite (Lehmann brothers). Les bourses ont chuté de manière impressionnante. Avec moins de crédits, moins d’activité économique. La récession commence à s’installer à l’échelle mondiale. Fait sans précédent, la réponse des gouvernements a été fulgurante et d’une ampleur inimaginable : des milliards ont été instantanément débloqués par tous les Etats au motif qu’il fallait empêcher une faillite généralisée du système. Les journaux vous ont déjà expliqué tout ça.

 

Si l’on décolle les yeux du guidon, ce qui saute aux yeux, c’est que, ce qu’on nous présente comme une « crise » n’est que la poursuite inexorable par le système capitaliste de sa logique mortifère. Ce n’est pas une « erreur », ce n’est pas un « malheur » dû au hasard, à un enchaînement de circonstances*1. C’est la conséquence des mécanismes économiques habituels.

Si crise il y a, c’est bien à un autre niveau. C’est une crise de confiance. Non pas chez les financiers, mais dans la population générale. Un nouveau « mur de Berlin » vient de tomber : la croyance jusque là bien ancrée dans la population que, tant bien que mal, le capitalisme pouvait faire sinon la richesse de tous du moins améliorer progressivement les conditions de vie. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les dirigeants ont travaillé l’opinion pour qu’elle accepte cette idée, qu’elle admette que le capitalisme est le seul système qui puisse garantir à la fois la liberté et la prospérité car le bonheur de quelques-uns allait in fine faire le bonheur de tous. Cette resucée de la théorie de la « main invisible » ; concept inventé par Adam Smith à la fin du 18eme siècle est le fondement du discours idéologique du capitalisme.

Certes, ce discours était déjà totalement en contradiction avec la réalité observable. Mais, malgré les guerres, les famines, la misère, l’oppression écrasante, l’exploitation éhontée dans la plus vaste partie du monde ainsi que dans nos pays une exploitation et une oppression plus feutrées, globalement, les populations d’occident adhéraient à ce mythe. Les contradictions que la crise financière à mise en évidence est en train de le faire voler en éclat ;

Les enfants africains pouvaient crever de faim et du sida, les Irakiens mourir sous les bombes, les boat people du Maghreb s’échouer sur nos côtes, personne ne considérait qu’il y avait crise et bien peu réclamaient les mesures qui s’imposaient. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. La propagande tournait à plein, les publicités vantaient des téléphones magnifiques, des voitures puissantes et désormais écologiques. Mais, dès que le portefeuille des plus riches, des gens de la finance, menace de se vider, alors là, pas d’hésitation, branle-bas de combat et mobilisation générale : il faut sauver la banque.

Difficile de démontrer plus clairement que, pour ceux qui nous dirigent, la société, c’est eux, uniquement eux. Les autres, tous les autres, nous ne sommes rien.

L’idéologie libérale est criminelle par essence

Avant d’aller plus avant, interrogeons-nous sur l’idéologie du capitalisme. Nous l’avons vu, le capitalisme se justifie moralement en diffusant la croyance que le chacun pour soi, est finalement bénéfique à la société ; une « main invisible » se chargeant de répartir les bienfaits qui découlent des différentes actions individuelles. Pour bien comprendre cette théorie basique du capitalisme, laissons la parole à son concepteur, Adam Smith : « À la vérité, son intention [au capitaliste], en général, n’est pas en cela de servir l’intérêt public, et il ne sait même pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions ; et ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus mal pour la société, que cette fin n’entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. Je n’ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette belle passion n’est pas très commune parmi les marchands, et qu’il ne faudrait pas de longs discours pour les en guérir. »*2

Dès ses débuts, le capitalisme a opposé aux notions de « solidarité », « d’entraide » et de « bien commun » le diktat suivant : il ne faut pas s’en occuper, car cela pourrait bien être néfaste. Idéologie du chacun pour soi, le libéralisme des débuts du capitalisme a connu depuis un essor mondial qui en fait aujourd’hui l’idéologie dominante à l’échelle planétaire. Il ne faut toutefois pas croire qu’elle soit uniforme. Il existe en effet toute une série de nuances (plus ou moins d’intervention étatique, de liberté, etc.) qui lui permettent de s’adapter à toutes sorte de situations. Mais le socle reste le même : la propriété privée des moyens de production, et l’initiative individuelle.

Dans cette idéologie, il n’est jamais question de ce que nous vivons tous les jours : l’exploitation éhontée des travailleurs et la répression des classes populaires. Le libéralisme refuse de reconnaître, de concevoir même, la lutte des classes. L’accepter, ce serait reconnaître que les valeurs qui sont les siennes (individualisme, …) ne sont pas adaptées au but qu’il annonce (enrichissement de tous). Par conséquent, la misère et l’exploitation sont des affaires purement individuelles pour cette idéologie. « Si tu meurs de faim, c’est de ta faute, va travailler, et tu verras que tout ira mieux ! », disent les capitalistes.

Un crime contre l’humanité à l’échelle planétaire

Lors de la crise alimentaire déclenchée ce printemps, les gouvernements ont timidement débloqué quelques millions de dollars : 200 millions pour les USA. A comparer aux 10 milliards d’euros débloqués par la seule France pour sauver ses banquiers. On voit là l’indécence de nos dirigeants : rien ou fort peu pour les pauvres qui meurent de faim, mais des sommes astronomiques pour les quelques salopards qui ont joué avec notre argent, qui ont perdu et qui maintenant viennent quémander auprès de l’Etat des sous (les nôtres) pour rembourser leurs pertes. Et l’Etat paye. Et il paye cher. Plusieurs dizaines de milliards ont déjà été débloqués pour renflouer les banques. Pendant ce temps, des gens dans les caraïbes mangent de la terre mélangée à de l’huile et du sel pour tromper leur faim. Pour eux, pas d’argent ; pas plus que pour les 18 000 enfants qui meurent chaque jour de faim. Il ne s’agit pas ici de fatalité, mais bien de choix pris par des gens qui sont responsables de ces choix, qui arbitrent entre plusieurs choix possibles. Ils ont donc choisi que notre argent (celui que nous leur versons par nos impôts indirects et directs) irait aux riches plutôt qu’à ceux qui meurent de faim, même s’ils meurent de faim suite aux décisions prises par la caste des dirigeants de la planète : destruction systématique des agricultures vivrières traditionnelles, exploitation accrue de la population locale (salaires de misères), etc.

Dans l’approche même du « Droit » des Etats capitalistes, les « … actes inhumains … causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale » constituent un crime contre l’humanité. La famine, l’extrême misère qui font subir des traitements inhumains à des foules de nos semblables, qui tuent dans des souffrances atroces tous les jours les plus fragiles, sont la conséquence directe de choix économiques conscients, « éclairés », de nos dirigeants. Et ils s’abstiennent de la soulager alors même qu’ils en ont parfaitement les moyens. Ce faisant, ce sont des criminels contre l’humanité.

La fin du double discours ? Parallèlement, les banques sont arrosées de milliards. Or l’idéologie libérale, de part son individualisme, devrait commander une non-intervention de l’Etat. Reprenant ce qu’ils disent aux chômeurs, aux pauvres, aux citoyens de deuxième zone, les banquiers auraient dû dire : « Si j’ai perdu ma fortune, c’est bien de ma faute, je vais travailler plus et je gagnerai plus, tout ira ainsi mieux ! ». Mais le principe selon lequel « chacun est responsable de ses actes » a été instantanément balayé, sans crise de conscience, et les plus ultra-libéraux de nos capitalistes n’ont pas été les moins rapides à venir pomper les finances publiques.

Ce fait montre bien deux choses. D’abord combien l’idéologie capitaliste est un discours creux, simplement destiné à faire accepter par les dominés l’exploitation que leur impose la classe dirigeante (en leur faisant miroiter une amélioration de leur situation, et en les culpabilisant sur leur responsabilité individuelle). Ensuite combien l’Etat est un autre outil aux mains de cette même classe. De ce point de vue, il a été amusant de suivre les réactions gouvernementales dans les différents pays européens. Aux nuances près, Sarkozy ne fait pas autre chose que Merkel qui reprend les décisions de Zapatero elles-mêmes inspirées de Berlusconi… sans oublier le FMI actuellement sous la direction d’un « grand socialiste » français. Gouvernements de « droite » (et parfois de droite extrême) et de « gauche » n’ont pas été longs pour se mettre d’accord sur l’essentiel et faire tous la même chose !

Il est aujourd’hui éclatant que la classe dominante, la bourgeoisie, tient un double discours : elle dit aux pauvres et aux travailleurs « faites des efforts, travaillez, prenez des risques, vous en retirerez du bon  » (sans dire que les pauvres qui peuvent « réussir » ainsi sont forts peu nombreux) ; et elle n’hésite pas à spolier et voler pour rattraper ses erreurs et limiter ses pertes. Cette conduite est celle du capitalisme depuis ses origines, mais aujourd’hui elle a une visibilité jamais atteinte jusqu’à présent. Jamais les capitalistes n’avaient pillé la collectivité à cette hauteur en aussi peu de temps, et de plus, dans un contexte de famine pour des millions d’humains.

Les vieux discours ne peuvent plus fonctionner, le pouvoir voit bien qu’il ne peut plus se justifier comme avant. Il parle alors de  » refonder le capitalisme « , de réformer les règles, d’introduire de la morale… Il s’agit pour lui de gagner du temps, pour qu’on oublie un peu ce qui vient de se passer. Il s’agit surtout de faire en sorte que l’enrichissement d’une minorité et l’exploitation de tous puisse continuer sans accrocs. Les réformes qui sortiront des prochains sommets internationaux ne changeront rien, parce qu’elles sont faites par ceux qui ont créé cette situation, qui en tirent à la fois d’énormes bénéfices et tout leur pouvoir. Et les plus pauvres continueront à bouffer de la terre avec de l’huile. S’il leur reste encore de l’huile.

Une seule solution, le communisme libertaire

L’échec patent du messianisme capitaliste qui nous assurait que la main invisible améliorerait le sort de tous, nous place devant une évidence : ce monde est inhumain. Il nous place également devant nos responsabilités.

Si un autre monde a toujours été envisageable, il devient aujourd’hui nécessaire. Et, ce qui accroît la possibilité d’y parvenir, le facteur nouveau qui va nous aider dans notre travail militant, c’est justement la cynique contradiction du capitalisme que la crise financière a rendu évidente, bien au-delà des cercles qui la critiquaient déjà. De plus, même s’ils y ont encore recours, faute de mieux, la critique de cette contradiction englobe pour une masse croissante de personnes les complices habituels de l’Etat : syndicalistes institutionnels, politiciens de gauche, et autres postiers trotskistes qui ne rêvent que d’être aux commandes de ce même Etat. « Tous pareil » est le constat que l’on entend déjà partout. C’est là aussi un point positif sur lequel il faut prendre appui. Car, il ne s’agit pas d’envisager un avenir lointain, une sorte de paradis sur terre précédé du « grand soir. Il s’agit simplement de remettre la solidarité de classe au centre du débat, de participer à son auto-organisation, d’arracher au pouvoir le contrôle de nos vies. Ce qui se traduit concrètement par une action quotidienne, un travail militant de fourmi, qui ne prend sens qu’en s’inscrivant clairement dans une dynamique révolutionnaire. C’est à cette résistance quotidienne à l’oppression, à cette action continue, que nous engageons chacun, là où il travaille, vit, étudie, que nous engageons chacun.

Des militants CNT-AIT, au début de la « crise »

_1- Remarquons que si le pouvoir met l’accent sur les financiers qu’il faut sauver de la ruine, il est d’une discrétion absolu sur ceux qui ont multiplié leur fortune grâce à cette même crise. Tout l’argent disparu n’a quand même pas été perdu pour tout le monde. Il n’est venu à l’idée d’aucun politicien d’en récupérer un peu pour éponger les dettes. Curieux, n’est-ce pas ? _2- Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776.

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La grève des électeurs/trices!!

    « Une chose qui m’étonne prodigieusement -j’oserai dire qu’elle me stupéfie- c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quant on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophes les plus subtiles et confondre la raison?

Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne? Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément? Nous l’attendons.

Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonné-e-s (…); je comprends tout. Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un Président de République, ou n’importe lequel parmi tout les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est à dire l’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pieds au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal péssimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô Chauvin! (…)
Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires: la protection des grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui  prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre? Eh bien! Non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des  préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours.  Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les manger. Plus bête que les bête, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit.

Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débattent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenille, si, au lieu de t’arrêter, éternel badeau, devant les lourdes duperies des programmes; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordeau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.
Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs en son pouvoir de te donner; L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient  vite déçues, ne va pas t’imginer le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera. Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est à dire qu’il ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds; et cela pourra t’amuser quelque temps. SUr le seuil de ta porte, fermée au quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

Et s’il existe, en un droit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuses des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève. »

Octave Mirbeau (1898)

 

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Appel à solidarité !

Le mois dernier le tribunal d’Aix a rendu son jugement au civil sur une

affaire qui avait concerné en juin 2006 deux militants d’AL, ainsi que

deux autres camarades.

Rappel des faits : le 1er juin 2006 des étudiant(e)s empêchaient la tenue du premier débat « université-emploi » à la fac de lettres de Marseille. Le deuxième débat, qui avait lieu à la fac de droit avait été l’occasion de violents affrontements entre étudiant-e-s refoulé-e-s à  l’entrée de l’amphi du débat et policiers, chargés d’assurer la « sécurité ». Suite à une bousculade avec la police, un de nos camarades avait été arrêté par la police et passé à tabac, puis placé en garde à vue.

Le lendemain, trois militants supplémentaires étaient victimes d’arrestations ciblées, par la brigade anticriminalité.  Lors du procès, la mobilisation des organisations syndicales et politiques avait empêché le juge de satisfaire le procureur et de faire incarcérer nos camarades.

Pourtant les condamnations au final furent lourdes : 4 mois avec sursis pour un camarade et 2 mois avec sursis pour les trois autres, ainsi que 5800 euros d’amendes. Nous vous avions sollicité à l’époque pour une première souscription afin de payer ces amendes. L’un des policiers ayant réservé ses droits à l’expertise, il les a fait valoir récemment et le tribunal d’Aix nous a recondamné à lui verser la somme de 4900 euros au titre du préjudice subi.

Bien entendu nous ne disposons pas d’une telle somme et la dynamique qui s’était engagée à l’époque et nous avait permis de rassembler de quoi payer la première amende s’est aujourd’hui éteinte. C’est pourquoi nous nous tournons à nouveau vers vous, sympathisant-e-s, militant-e-s et lecteur-ice-s d’AL. Vous pouvez adresser vos chèques à l’ordre de SIA, en inscrivant au dos « Solidarité Aix » à : Alternative libertaire, BP 295, 75921 Paris Cedex 19. 

Merci d’avance de votre solidarité, Alternative libertaire.

Par AL Montpellier – Publié dans : Communiqués de presse AL http://al-montpellier.over-blog.com/categorie-11107716.html-

CROAC : Collectif de Résistance et d’Offensive Anti-Capitaliste http://collectif.croac.free.fr/
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Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Communiqué de presse

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, l’EPR s’avère donc extrêmement dangereux.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a constitué un groupe d’experts pour analyser de façon approfondie ces documents, qui nous ont été envoyés très récemment. Voici les premiers enseignements que l’on peut en tirer, ils sont de première importance.

Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes (qui permettent de modérer, d’étouffer la réaction nucléaire). Ces modes de pilotage sont essentiellement liés à un objectif de rentabilité économique, qui implique que la puissance du réacteur puisse être adaptée à la demande électrique. Ainsi, dans le but de trouver une hypothétique justification économique à l’EPR, ses concepteurs ont fait le choix de prendre le risque très réel d’un accident nucléaire. De plus, l’essentiel des arguments en faveur de l’EPR (puissance, rendement, diminution des déchets, sûreté accrue) s’avèrent faux.

EDF et Areva ont tenté de modifier le pilotage du réacteur : ces efforts n’ont pas abouti à des parades éliminant cette classe d’accidents. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a semble-t-il été tenue à l’écart de ces questions.

Il semble donc bien que la conception de l’EPR accroisse le risque d’un accident de type Tchernobyl, qui entraînerait la destruction de l’enceinte de confinement et la dispersion massive de radionucléides dans l’atmosphère.

Les 8 et 9 mars, Paris accueille une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire. Cette conférence sera ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA. Il est scandaleux que la France continue ainsi à faire la promotion du nucléaire en général, et de l’EPR en particulier, alors même que la dangerosité de ce réacteur est aujourd’hui démontrée.
Il faut donc abandonner immédiatement la construction de l’EPR en Finlande, en France et en Chine, et annuler impérativement le projet prévu à Penly. Le meilleur moyen d’éviter l’accident nucléaire reste la sortie du nucléaire.

Le scénario accidentel en détail :

Selon les calculs d’EDF et d’Areva, le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe (i). Cette rupture provoquerait le passage du réfrigérant en-dehors de la cuve du réacteur nucléaire. La perte de réfrigérant (un type d’accident nucléaire très grave) entraînerait la rupture d’un nombre important de crayons par échauffement du combustible et des gaines (ii) et donc le relâchement de vapeur extrêmement radioactive dans l’enceinte de confinement. Il y a alors un risque important d’excursion critique qui résulterait en une explosion (iii), la puissance du réacteur EPR étant démultipliée de façon extrêmement brutale.

Suite aux éjections des grappes de commande à faible puissance (EDG), le réacteur EPR pourrait ne pas se mettre en arrêt automatique (iv). Quelle que soit la configuration des grappes de commande, l’accident d’éjection de grappe de commande entraîne un taux important de rupture du combustible (NCE) et donc un risque élevé d’excursion critique (v).

Pour plus de détails, consultez les documents confidentiels que nous révélons, divulgués par une source anonyme interne à EDF (notamment le document n°1), téléchargeables sur le site :
http://www.sortirdunucleaire.org

> Contacts presse :
- Marc Saint-Aroman – 05 61 35 11 06
- Charlotte Mijeon – 06 75 36 20 20
- Monique et Raymond Sené (physiciens nucléaires) – 01 60 10 03 49
- Steven Mitchell (médias anglophone) : 09 52 49 50 22
- Jean-Yvon Landrac (médias germanophone) – 06 87 30 41 10

> Liste des documents :

1 – Synthèse – Une technologie explosive : l’EPR (non daté – non signé)

2 – Bilan de la phase préliminaire de l’étude d’EDG FA3 et perspectives (EDF SEPTEN 05.05.2009)

3 – EPR – Gestion combustible – Lot 1 -Revue de conception du schéma de grappes FA3 du 25/10/2007

4 – EPR FA3 Synthèse de l’étude de faisabilité de l’accident d’éjection de grappe (EDF SEPTEN 09.02.07)

5 – EPR FA3 Synthèse des voies de sortie de la problématique éjection de grappe (EDF SEPTEN 07.05.07)

6 – Note d’étude : Présentation synthétique de l’EPR (EDF SEPTEN 04.05.04)

7 – Note de présentation de la deuxième revue de projet radioprotection EPR (EDF, printemps 2004)

8- Marges disponibles pour les activités d’exploitation du REP par rapport aux risques de criticité (Hourtoulle Francis. Le 7 décembre 1999)

 


Notes : 

i cf. paragraphe 6.1.6 du document n°4

ii cf. tableau 3, document n°4

iii cf. document n°4, document n°5 partie 2, Rapport Préliminaire de Sûreté EPR 15.2.4.e

iv cf. document n°2, note 9

v cf. document n°2, note 8.2.1

Réseau « Sortir du nucléaire »
Fédération de 872 associations
agréée pour la protection de l’environnement
http://sortirdunucleaire.org/

Exigeons un vrai débat public sur le démantèlement des installations nucléaires, Signez la pétition : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/petition-debat-demantelement.html

SOLIDARIDAD ANTIFASCISTA E LIBERTARIA INTERNACIONAL!!

La semaine dernière, je me suis rendu pour la seconde fois en quelques mois à Salamanque,, en Espagne comme cette partie de la planète est appelée (frontières, frontières…) Un petit résumé de ce que j’y ai vu et/ou appris… 

Tout d’abord, les murs sont recouverts de A cerclés et autres graffitis anarchistes. Plus encore, il y a beaucoup de graffitis antifascistes: « Carlos, ni oubli ni pardon », « Antifascistes organisé-e-s »… un peu partout. Beaucoup d’autocollants antifas et d’affiches anarchistes également. Je me suis dis « enfin un endroit où la rue est à nous! ». Et bin non. J’avais fait des recherches avant de partir.J’ai trouvé qu’il existait à Salamanque un collectif antifasciste, qui avait même envoyé deux de ses militant-e-s à Toulouse pour une conférence. Mais impossible de trouver un contact. Et en me promenant en ville, je vois une petite table tenue par 3 jeunes, avec livres, tracts, CDs… et un drapeau rouge et noir CNT-AIT… Je m’y arrête (je précise que je ne parle pas espagnol, du coup un gros merci à la personne avec qui j’étais sur place!) et on discute 5m. Ils m’expliquent qu’ils tiennent régulièrement des tables, mais se font régulièrement viré-e-s par les flics, car ils ne demandent pas, logiquement, l’autorisation. Ils me précisent qu’ils sont dispos à leur local tous les soirs. Je m’y suis donc rendu un soir. En attendant, j’ai appris l’origine de tous ces graffitis antifas. Peu de temps avant mon arrivé, était organisé une manif antifa à Madrid, en commémoration de l’assassinat de Carlos, militant antifa, par un militaire, le 11 novembre 2007 (si je me rappelle bien)… Tout s’explique… De plus, deux jeunes antifascistes se sont fait agresser en centre ville par des militants du parti d’extrême droite…

Lors de mes deux passages là-bas, je me suis donc rendu au local des compagnons de la CNT/AIT. Ce dernier est assez grand, avec une très large bibliothèque. Le local est aussi celui des FIJA (descendant-e-s plus ou moins directs des FIJL lors de la Guerre d’Espagne, sauf que Libertaires est aujourd’hui remplacé par Anarchistes), et celui du collectif féministe (comme quoi non le sexisme n’est pas culturel en Espagne, et ça fait aussi taire toutes celles et ceux qui disent que les anarchistes sont les pires des machos…).

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La section salamanquaise de l’AIT est en pleine expension depuis deux ans, après un passage plus difficile à cause de la scission d’avec la CGT (équivalent ici de la CNT Vignolles). Aujourd’hui ça va beaucoup mieux, avec près de 30 militant-e-s actif-ve-s et une majorité de jeunes! La relève est assurée! Leur permanences téléphoniques au service des travailleur-euse-s est de plus en plus utile, les appelles se multiplient depuis quellques mois.  Malgrés tout, la CNT/AIT locale en est à plus de 2500e d’amendes à cause des divers graffitis « Guerre Sociale », « Occupation, Résistance », « Assassinez l’Etat » et autres A cerclés… Les jeunes communistes ne sont pas en reste et bien plus virulent-e-s que chez nous « Du travail pour tous », « No Israël »… Quand on sait que les antifascistes ont pris une amende de 350e pour avoir diffé en ville, on se dit que les gouvernements de droite comme de gauche (PS en Espagne) tentent vraiment de cadenasser tout ce qui gène et ne marche pas droit. Les compagnons de l’AIT ne font pas vraiment parti des antifascistes salamanquais car selon elles/eux le collectif est dirigé par une communiste autoritaire aux méthodes staliniennes, alors les anarchistes agissent seul-e-s (un peu dommage à mon avis, l’ennemi est commun mais bon).

 

    En ce moment, la CNT/AIT mène une large campagne pour la libération d’Amadeu Casellas, anarchiste enfermé depuis plus de 26 ans pour avoir participé à des braquages de banques pour financer la lutte des classes… Il hésite à repartir dans une 3e grève de la faim. En parlant de banque l’espagnol qui a arnaqué 700 millions (il me semble) aux banques pour leur faire payer la crise capitaliste était de passage et à rencontré les compagnons de la CNT, malheureusement le jour de mon départ… Mais comme nous le savons et le répétons, la lutte des classes a plusieurs facettes: économique, politique, étatique pour nous anarchistes, et social. Et à cet effet, nos compagnons espagnol-e-s luttent sur tous les terrains. D’abord, ils/elles essayent de sortir les jeunes de leur apathie consumériste sur le plan Bologne (la privatisation européenne des facs) et ont appelé à l’abstention sur la fac lors de l’élection du nouveau doyen, tous les candidats étants pro-Bologne. Un seul autre syndicat lutte contre Bologne, le CEA (Comité Etudiant Alternatif), syndicat « de lutte » réformiste et qui se présente aux élections (un peu SUD Etudiant-e ici je pense), composé selon les jeunes CNTistes de communistes et de socialistes en majorité. Mais les étudiant-e-s préférent boire des canons et s’amuser plutôt que de lutter pour un avenir vivable… En parlant d’alcool, lors de ma première visite j’avais emmené un petit pack de bière aux compagnons, qui m’ont gentiment fait comprendre qu’ils/elles ne buvaient quasiment jamais, encore moins en réunions, car l’alcool abrutit, est cher et fait le jeu de la classe capitaliste. Un exemple à suivre… LA CNT/AIT lutte aussi contre le projet de statue de Durruti, idée lumineuse de la CGT (qui se prétend anarchosyndicaliste, avec des délégué-e-s syndicaux, qui participe aux élections professionnelles et bosse avec SUD…). Hors, les anarchistes n’ont pas de chef, ni de modèles. Durruti n’aurait certainement pas milité à la CGT, lui qui se dévouait pour la CNT. L’anarchie et les anarchistes ne sont pas des marchandises qu’on vent ou qu’on exploite, mais ça la CGT refuse de le comprendre… Enfin, la CNT informe sur une réforme qui semble être en discussion au parlement européen (Ils/elles ont voté et puis après…) et qui voudrait nous faire bosser 65h par semaine… Bref il faut vraiment détruire ce système et ses valets…

    Un article un peu long, mais qui j’espère informera sur les compagnons espagnol-e-s du mieux que je peux… 

 

                                                                                                                                   Un individu

 

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APPEL POUR LA LIBÉRATION DE GEORGES CIPRIANI ET JEAN-MARC ROUILLAN

Depuis plusieurs semaines, les différents comités de soutien aux militants emprisonnés font circuler une pétition appelant à la libération de Georges Cipriani et Jean Marc Rouillan (disponible ici)

Déjà mobilisé depuis plusieurs années sur Clermont-Ferrand (concerts de soutien, rassemblements, courriers, parloirs…) pour demander la libération des emprisonnés d’Action Directe, nous avons décidés de faire un tour au meeting d’Europe Ecologie organisé le 25 février dans le cadre des élections régionales pour diffuser et faire signer cette pétition.

Bien accueilli, ce fut l’occasion pour nous d’ajouter à la liste des signataires les noms de Daniel Cohn-Bendit, de Jean-Paul Besset, de Pierre Juquin et aussi d’élus locaux et régionaux membres d’Europe Écologie présents à ce meeting.

La pétition est ouverte aux militant-e-s de toutes sensibilités (anarchistes, alternatifs, écologistes…), aux représentant-e-s du monde culturel et artistique, aux citoyen-ne-s qui refusent la vengeance de l’État à l’encontre de deux hommes (dont l’un, Jean-Marc Rouillan, est gravement malade) et qui présentent toutes les garanties pour une libération immédiate.

A tous ceux épris de liberté signez la pétition !

Vacholar et AlienAtWork

voir aussi linter, le post

+ d’infos campagne de mobilisation blogsoutienad

GEORGES CIPRIANI : UNE SEMI-LIBERTE QU’IL FAUDRA ARRACHER !

 Le tribunal d’application des peines « antiterroriste » de Paris a accordé hier, 24 février, un régime de semi-liberté à Georges  Cipriani, première étape avant sa libération conditionnelle. Cette  décision a logiquement pris en compte la solidité du dossier constitué par Georges Cipriani. Mais, le parquet faisant appel de cette  décision, Georges Cipriani ne pourra quitter la prison d’Ensisheim,  comme prévu, le 16 mars. Bien que libérable depuis 2005, il n’a pas pu bénéficier du moindre jour hors de la prison et il devra encore attendre de longs mois.

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 Quand cessera donc cet acharnement contre notre camarade ? Rappelons qu’en avril 2009, Georges Cipriani avait déjà obtenu un jugement identique, lequel avait ensuite été infirmé en appel, le 20 août, sur appel du parquet.Le 21 février, Georges Cipriani entamait sa 24e année de détention  pour les actes accomplis comme militant d’Action di-recte. La veille, samedi 20 février, une centaine de personnes venues de Blois, Béziers, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lille, Paris…, mais aussi de Belgique et d’Allemagne s’étaient rassemblées devant la prison de Fresnes pour exiger la libération de Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan. Les manifestants firent le tour de la prison en criant des slogans, entre autres : « Libérez Rouillan !, Libérez Cipriani ! », « 23 ans de prison, 23 ans de résistance ! Halte au chantage au reniement, libération sans conditions ! ». Les mots d’ordre étaient accompagnés par la clameur qui montait de la prison. Un message de solidarité fut lancé à l’adresse de tous les prisonniers. Des prises de paroles terminèrent cette manifestation, rappelant la situation actuelle des camarades emprisonnés et l’échéance du 24 février (rendu de la décision du TAP pour Georges Cipriani) et annonçant la suite de la campagne pour leur  libération. Deux autres manifestations se sont déroulées le même jour > à Bordeaux et Toulouse.

Jean-Marc Rouillan se trouve en ce moment au Centre national  d’observation (CNO) de Fresnes où, durant six semaines, il doit se soumettre aux examens multiples d’ »experts » prétendant juger de sa « dangerosité ». C’est ce qu’exige en effet la loi Dati sur la « rétention de sûreté », avant l’examen de sa nouvelle demande de libération conditionnelle. Il y a deux ans, il avait pu obtenir une semi-liberté, qui n’avait duré que dix mois avant qu’il ne soit réincarcéré à plein temps sous le prétexte fallacieux de propos tenus lors d’une interview. Depuis plus d’un an, atteint d’une maladie rare et évolutive, il demeure sans soins adaptés en raison de son maintien en prison. Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan doivent être libérés !

Le Collectif « Ne laissons pas faire ! » Paris, le 25 février 2010 nlpf@samizdat.nethttp://nlpf.samizdat.net/

FAISONS DE 2010 L’ANNÉE DE LA LIBÉRATION DE GEORGES CIPRIANI ET DE  JEAN-MARC ROUILLAN !RAPPEL : Nlpf! vous invite à signer et à faire signer largement la nouvelle pétition à l’initiative des « Collectifs de soutien aux  prisonniers d’Action Directe », et à transmettre les signatures à  l’adresse mail : sout.ad@orange.fr.

LES AUTRES INITIATIVES DE LA CAMPAGNE 2010 :

GRENOBLE : samedi 27 février, 19 h Projection-discussion, au Lokal autogéré, 7 rue Pierre-Dupont

PARIS : jeudi 4 mars, de 18 h à 19 h  Rassemblement mensuel devant la Direction de l’Administration  pénitentiaire, Paris 4e

DIJON : samedi 6 mars, 19 h> Projection-concert, à l’Espace autogéré des Tanneries, 15 boulevard de Chicago

BAGNOLET : dimanche 14 mars, 17 h> Projection-concert hip-hop, au Parvis de Bagnolet, 27 rue Adélaïde Lahaye

PARIS, jeudi 18 mars, 19 h 30> Projection-débat, au Centre culturel La Clef, 21 rue de la Clef, Paris 5e 

SAINT-OUEN : dimanche 21 mars, 18 h> Interventions-concert, Le Picolo, 58 rue Jules-Vallès

PARIS : samedi 27 mars Expo-vente de dessins, peintures, collages et spectacle, à l’Espace  Louise-Michel, 42 bis rue des Cascades, Paris 20e

SAINT-DENIS : lundi 5 avril> Projection-débat, à La Belle étoile, 14 allée Saint-Just

PARIS : dimanche 18 avril, 17 h> Projection-débat-concert, au CICP, 21 ter rue Voltaire

TOURS : vendredi 23 avril, 18 h face du pont de Fil

LE HAVRE : vendredi 30 avril, 19 h 30  Lecture des « Chroniques carcérales » de Jann-Marc Rouillan, à la  librairie Le Bouqui’n'oir (Informations à suivre pour Angers, Lille, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand…) 

Libération des prisonniers d’Action directe !Contact : nlpf@samizdat.net
Abonnez-vous à la newsletter Nlpf! :  http://listes.samizdat.net/sympa/subrequest/nlpf-infos

Pour être tenu au courant des initiatives : http://nlpf.samizdat.net
http://www.action-directe.net

Des nouvelles de Paul !?

Des nouvelles de Paul !? 2092523764Tiens, ça fait longtemps que je n’avais pas été voir chez Paul, enfin l’autre jour, j’avais essayé, mais leur serveur était en rade et disait des gros mots dès que je prétendais consulter les offres d’emploi.  

Bon, je reconnais que prétendre trouver une offre d’emploi intéressante chez Paul, faut être un peu beaucoup énormément crétin, mais j’assume ma crétinitude. Je regarde. Des fois que… Sait-on jamais.

Déjà quand ils s’appelaient ANPE les bougres, j’avais bien remarqué que, l’emploi étant leur métier, ils ne faisaient pas très bien la différence entre un gardien de but et un gardien de prison, un administrateur de réseaux et un administrateur de biens, un ingénieur en sécurité informatique et un vigile de supermarché, mais bon, c’est des choses qui arrivent, leur boulot c’est l’emploi, c’est pas non plus comme s’ils devaient comprendre en quoi consistent les métiers pour lesquels il sont censés faire l’agence matrimoniale, hein…

Bon, du temps ayant passé sous les ponts, je regarde aujourd’hui, ben mon gars, ça reste comme avant.

Déjà tu repères l’offre ANPE, pardon, Paul Emploi à l’emploi exclusif des MAJUSCULES, probablement parce que Paul doit être le seul organisme de France à posséder des imprimantes à chaîne n’imprimant que les majuscules, chose que j’avais été fort esbaudi de remarquer il y a quelques années, si, si, on trouvait encore des imprimantes à chaîne dans les musées, et pour les courriers de l’ANPE.

Ben je ne sais pas comment ils impriment aujourd’hui, MAIS ILS MAJUSCULENT TOUJOURS.

Bon, après, j’ai fait l’effort de chercher mon « nouveau » code ROME, vu que chez Paul, on ne saurait te trouver un emploi que si on l’affuble auparavant d’un code numérique,[1] donc bon, je dois être « M1802 » je pense…

Muni de ce code, je me lance alors audacieusement dans une recherche, si, d’après ce beau « M1802« , et cette recherche de me ramener au hasard :

  • Des postes dont le descriptif n’a visiblement rien, mais alors rien, à voir avec un « M1802«  ;
  • Des postes dont le descritptif ne permet vraiment pas de deviner s’il s’agit d’un « M1802« , d’un dompteur de morpions ou d’un pyrograveur d’allumettes, ni d’ailleurs où se situe le poste, ni du type de contrat, ni de combien c’est payé, ni même de si c’est payé, quand on y réfléchit…
  • Un poste qui semble correspondre, en CDD de 2 mois dans une entreprise de « zéro à deux salariés », dont le salaire indicatif doit correspondre à celui d’un foutebôleur de l’équipe de France, doit y avoir comme une erreur à mon avis ;
  • Et un autre poste qui est apparemment dans l’informatique quoique certainement sous un autre code « Rome » que celui sous lequel il apparaît, en CDI à temps complet (paraît-il) avec un salaire exprimé en taux horaire dont rien ne permet de savoir s’il est brut, net, ou corrigé des variations saisonnières, mais je suppose dans tous les cas de figure au vu du chiffre, quelle que soit la monnaie dans lequel il est exprimé, qu’il ferait hurler de rire une femme de ménage ;
  • Plus quelques autres postes et formations situés en « Île de France » quand tu as demandé Montpellier, ce qui est farpaitement logique.

Une fois tous ces beaux emplois trouvés, tu constates alors qu’il est impossible de postuler directement ou de contacter les entreprises en question, mais que tu peux le faire seulement via une « télécandidature » par le truchement d’un « conseiller », télécandidature qui nécessite avant tout que tu saisisses ton petit numéro de chômeur pour accéder à ton dossier

Ah t’es pas inscrit comme chômeur ? Bon, tant pis pour toi. Des boulots de cette qualité, c’est que pour les chômeurs, espèce de salopard qui voudrait retirer le pain de la bouche des chômeurs !

Bon, chez Paul, euh, ce qui est bien, c’est que plus ça change, plus rien ne change…

Le foutage de gueule élevé au rang d’oeuvre d’art – et quand tu es inscrit, tu constates aussi l’art consommé qu’ils ont de te faire perdre ton temps à toutes sortes de sessions, réunions, et autres absurdités qui ont certes l’avantage de t’empêcher de passer tes journées à boire tes allocs, mais surtout la caractéristique première de ne jamais te donner la moindre chance de trouver le moindre emploi qui corresponde de près ou de loin à tes recherches ou tes qualifications.

Tiens, la dernière fois que j’étais chômiste, pour être sûrs que j’avais vraiment les qualifications que je prétendais avoir (des fois que, hein…), ces braves gens m’envoyèrent de force passer une journée à faire un « bilan » chez un sous-traitant privé – de daube mais pour qui le chômeur semblait être un gibier fort rentable – « bilan » qu’ils m’avaient vendu en m’expliquant à quel point son résultat leur permettrait de me proposer pile-poil le boulot exactement fait pour ma pomme… Enfin quand ils auraient reçu le résultat, c’est-à-dire 2 mois après que j’aie fait ledit « bilan« , imaginez si mon impatience fut vive ! …et quand ils me reconvoquèrent 2 mois plus tard ce fut pour me dire qu’ils avaient bien trace dans leur système informatique que j’avais effectivement fait ce « bilan » et obtenu d’excellents résultat, mais que le dossier de mes résultats détaillés s’était perdu et que donc ils n’avaient qu’une ligne de titre en MAJUSCULES dans leur système pour prouver que j’y étais bien allé et avais eu de bons résultats mais lesquels, mystère – mais que si je voulais refaire le bilan, on pouvait faire une demande, pas de problème… Mais que non, un budget formation, y’avait pas, et d’autant moins que mes supposés bons résultats montraient que je n’avais pas besoin de formation dans ma branche, que de toute manière le conseil général ne finançait pas, mais que si je voulais une formation de maître d’hôtel, par contre, ça pouvait se faire… Comment ? Je ne voulais pas « maître d’hôtel«  ? Finalement ils me confièrent aux bons soins d’une « assoce » d’accompagnemment pour chômeurs dépressifs, qui avait l’avantage majeur que pendant que j’était censé être chez cette assoce, au moins, je n’étais plus convoqué chez Paul, ce qu’effectivement je trouvais déprimant.

Arghhhh…

Bon, chez Paul, on dirait que ça n’a pas trop chanché…

 

Notes

[1]Pour ceux qui croient encore aux vertues du travail, même que quand j’étais petit, à l’ANPE, ils avaient beaucoup de mal à me trouver du boulot, vu que le code ROME de mon boulot n’existait pas encore, et que dans ces conditions, hein, comment-veux-tu trouver un boulot qui n’a pas de code ?

 

Swâmi Petaramesh

Les cafards galonnés ou le retour des miliciens revanchards

Les cafards galonnés ou le retour des miliciens revanchards gcwri06rNous avons appris récemment, grâce à la presse régionale, qu’un certain nombre de blaireaux [Manière de dire car un blaireau est infiniment plus respectable qu'une raclure de bidet qui rêve d'être justicier] en Creuse et dans d’autres départements étaient devenus officiers de la « réserve citoyenne de la gendarmerie » !
Kesaco la « réserve citoyenne de la gendarmerie » ?

Il s’agit d’un corps de création récente (2001), qui jusqu’ici a fait peu de bruit et dont nous n’avons pas entendu parler, y compris dans la presse contestataire.

Cette réserve vient compléter la réserve « opérationnelle », là où se retrouvent tous les militaires qui ne sont pas morts à la guerre, ceux que Boris Vian décrivait ainsi: « Le combattant qui ne s’est pas fait tuer garde en lui-même une mentalité de raté ; il aura à coeur de compenser cette déficience et contribuera donc à préparer la suivante ; or, comment voulez-vous qu’il la prépare bien, puisqu’il s’est tiré de la précédente et que, par conséquent, du point de vue de la guerre, il est disqualifié ? »

Voici comment est définie cette réserve dans les textes officiels [Tous les textes en italiques sont issus des sites officiels de l'Etat et de la gendarmerie.]

La réserve citoyenne est la deuxième composante des réserves après la réserve opérationnelle. Elle est composée d’anciens militaires d’active ou de réserve ainsi que de volontaires recrutés dans la société civile. Les réservistes citoyens sont des bénévoles agréés par l’autorité qui mènent des actions visant à faire connaître la gendarmerie. Sous certaines conditions, les réservistes citoyens peuvent fournir un renfort nécessaire à la réserve opérationnelle.

Analogue à la réserve opérationnelle, la réserve citoyenne n’assure toutefois pas de mission en temps de paix. Sa vocation est alors davantage d’entretenir l’esprit de défense et de renforcer le lien armée-nation.

Mobilisable en cas de besoin, elle peut fournir des renforts à la réserve opérationnelle.

En fonction des besoins des forces armées, l’autorité militaire peut faire appel aux volontaires de la réserve citoyenne pour, avec leur accord, les affecter dans la réserve opérationnelle.

L’actuelle réserve citoyenne sera transformée en « volontariat de la sécurité nationale » afin de permettre à ses volontaires de contribuer à l’encadrement de la journée d’appel de préparation à la défense, aux actions de rayonnement des armées, à la politique de mémoire et à celle de sécurité nationale. Ils pourront également être sollicités en cas de crise grave sur le territoire national.

« Ils pourront également être sollicités en cas de crise grave sur le territoire national. »

Vous avez bien lu, il ne s’agit pas de défendre le merveilleux territoire de « notre » glorieuse nation contre l’invasion des hordes sauvages d’ennemis étrangers. Non, il s’agit de crise grave sur le territoire national. De toutes façons, les compétences de la gendarmerie se limitent au territoire national, c’est l’armée de l’intérieur, celle qui brise les grèves et mate les révoltes. Nous voici donc dotés d’une milice civile, paramilitaire, prête à aider les uniformes à rétablir l’ordre.

Alors comme ça, y’en a des qui n’ont jamais fait leur service et qui sont tellement frustrés, qui rêvent tellement d’épouser la Grande Muette, qu’ils sont volontaires pour renforcer le lien « armée-nation » et à l’occasion casser du contestataire ! Je savais avoir à supporter des concitoyens, mais cons à ce point j’imaginais pas, le « citoyennisme » poussé à cette extrémité, chapeau !

Prenez la peine d’aller sur leur site Internet, les débats sont de haute tenue: l’uniforme des réservistes citoyens doit-il ressembler à celui des réservistes opérationnels ? Ben non mon couillon, y en a qui sont des vrais des durs des tatoués et d’autres qui sont rien que des militaires d’opérette !

Au premier degré, ce désir d’avenir et de galons qui habite certains obsessionnels de l’ordre établi peut prêter à sourire, voire à se foutre franchement de leur gueule, mais à y bien réfléchir ça donne plutôt des frissons dans le dos. Il s’agit d’une pierre de plus dans la construction d’une société hyper-sécurisée, on met en place des milices dormantes, prêtes à se réveiller au premier coup de clairon, en même temps que la police ouvre des sites Internet dédiés à la délation, où chacun peut dénoncer son voisin sans être obligé d’écrire une lettre anonyme en capitale d’imprimerie pour cacher son écriture, qu’on puce les gamins avec des GPS et que le bracelet électronique voit son utilisation s’élargir sans limites.

Tout se passe comme si pour atteindre le « Meilleur des mondes » décrit par Aldous HUXLEY, où la domination de quelques-uns sur le plus grand nombre est gravée dans l’ADN suite à des manipulations génétiques, il fallait que l’on passe par une phase du style « 1984″ de George ORWELL, âge d’or du contrôle policier.

Comment se débarrasser des armées, des polices et des nations ?

Patrick FAURE
(article paru dans Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire.)

Intervention libertaire au meeting du NPA (« Ils/elles ont voté et puis après… »)

Jeudi 11 février se tenait le meeting électoraliste du NPA 63, avec la présence de leur avant-garde éclairée, Olivier Besancenot. Salle comble, la révolution est en marche… Nous (Gr. Cheïtanov, A.L., Gr. Abel Paz de la F.A., et les compagnons autonomes)avions décidé d’intervenir pour leur rapeller, alors que la première priorité actuelle du NPA est les élections, qu’un des leurs mais aussi beaucoup d’autres meurent dans les geôles capitalistes…

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Mais avant, petit résumé du meeting. Nous aurions évidemment souhaité une intervention directe, mais c’était impossible pour diverses raisons dont celle-ci: le meeting est bien encadré, aucun débordement possible… On décide alors de cogestionner et d’aller voir Besancenot (on s’en est remis) qui nous dit de demander au boss local, Alain Laffont. Il est d’accord pour qu’on intervienne rapidement à la fin du meeting… On s’est donc tapé 1h30 de discours réformistes (non abattre le capitalisme ne passe pas par augmenter les salaires, le plein emploi et la gratuité des services publics…). On notera qu’on était suivis de près par un ou deux « militants » tout le long du meeting. Besancenot est acclamé après un premier « Bonsoir ». Son discours est certes plein d’entrain mais c’est pas folichon. Il termine par dire qu’il faut s’unir, entre anticapitalistes, communistes et socialistes libertaires (cette dernière qualification nous été adressé, accompagnée d’un regard fixé sur nous…). Déjà le NPA n’est pas communiste. Mais bon c’est pas le débat. Son discours terminé, ovationné, on dirait qu’on nous a oublié… Pourtant les deux SO nous suivent toujours depuis un petit moment… On leur fait signe et enfin on peut causer. Une dizaine de militants libertaires passent donc à la tribune, déployant deux banderoles « Liberté pour les camarades d’Action Directe » et « Feu à toutes les prisons! Capitalisme=Terrorisme ». Deux d’entre nous ont lu le texte qui suit:

« Pendant que certain-e-s préparent tranquillement les élections, en sachant pertinemment que c’est une des nombreuses facettes de la paix sociale, des militant-e-s révolutionnaires crèvent en tôle. Qu’ils/elles se nomment Mumia, Leonard, Jann-Marc, George pour les plus connus ou Tadej, les deux Ivan, Sanja, Ratibor et Nikola en Serbie,camarades de l’Association Internationale des Travailleurs dont personne ne parle, Amadeu Casellas, en cabane depuis 26 ans bientôt, les compagnons grecs… La liste est bien trop longue. Toutes et tous ont un point commun. Une lutte acharnée, symbole de l’action directe  face au capitalisme. Mais il semble qu’il soit trop dur de se prononcer pour leur libération immédiate. C’est sûr que cela ne rempli pas les urnes… Le NPA constitué, on assiste à différentes tentatives de s’allier aux libertaires… Ce qui est impossible aujourd’hui, nous le savons bien. Nous avons fait le deuil du mythe de l’Etat ouvrier.

Nous ne sommes pas des terroristes, ni des assassins. Nous ne sommes pas venu-e-s ici pour polémiquer. Nous pensons avoir un ennemi commun. Un ennemi qu’il faut abattre. Le capitalisme, et son frère jumeau, le fascisme. Simplement, nous aimerions qu’au lieu de débattre à la télé, de faire la une des journaux à la botte du pouvoir, vous désertiez les urnes et occupiez la rue. Nous sommes venu-e-s clamer que tout-e-s les camarades encageôlé-e-s doivent sortir de suite. Vous devez dire et proclamer qu’en ces jours de totalitarisme prégnant tout un chacun peut se retrouver enfermé pour avoir pensé, comme les camarades du Tarnac! Mais revenons un peu sur celui qui est aussi, normalement, votre camarade. Jann-Marc Rouillan souffre d’une maladie orpheline et va mourir dans de brefs délais s’il ne reçoit pas de soins. L’Etat, bras armée du capitalisme, lui interdit de se soigner décemment… Jean Marc a récemment adhéré au NPA, votre parti. Il est de votre devoir d’exiger sa libération immédiate, et pas seulement du bout des lèvres… En tant qu’anarchistes, nous soutenons tout-e-s les prisonniers, en tant que communistes il nous semble de votre devoir d’en faire autant… Il est grand temps de nous rejoindre…

Nous refusons systématiquement la collaboration de classe, et si nous sommes présent-e-s c’est pour avoir votre avis, pour que vous preniez position Le capitalisme en est à sa septième crise comme on nous dit. Mais personne ne semble prêt à l’abattre. Celles et ceux qui luttent corps et âmes nous sont arraché-e-s et mis-e-s au trou. Aujourd’hui, nous vous posons une question: qu’est-ce qui est le plus urgent? Faire 5% ou sortir les camarades des geôles capitalistes? Seriez vous déjà dans votre prison, sous votre protection aléatoire de consensus avec l’élite?

Le capitalisme est malade? Qu’il crève!Feu à toutes les prisons, feu aux centres de rétentions, feu au capitalisme, feu à l’Etat! Aujourd’hui c’est eux demain ce sera vous, nous emprisonnés! On n’abat pas le capitalisme avec les armes qu’il nous donne, les urnes! »

Avant de le lire, Laffont glisse « Vous allez pas lire tout ça quand même ». Pendant la lecture, on entend de la part des intervenant-e-s derrière nous « C’est faux » « C’est des conneries » « Ils font chier »… On aura quand même droit à quelques applaudissements (moins que les autres intervenant-e-s quand même faut pas abuser). Peu de réactions positives, à part quelques militants qui nous demandent ou signer pour sortir George et Jann-Marc (y’a aussi les autres mais bon…). De son côté, RESF a du batailler pour intervenir. Les questions ne sont pas poses directement mais écrites par l’assistance au début puis lues à Besancenot depuis la tribune… Dans un meeting « anticapitaliste » c’est grave. On reconnaitra que LO ne fait pas pareil. Mais Besancenot doit rentrer et vu qu’il neige… Dès qu’il se lève le meeting s’arrête… Dommage on se marrait bien. On pensait pas un tel culte voué au porte parole mais bon… Le fait est là, les électoralistes ne peuvent soutenir réellementles prisonnier-e-s. La destruction du capitalisme passe par la destruction de l’Etat, des frontières, de l’argent, des prisons… Les réformistes sont nos ennemi-e-s de classe. Libérez les innocent-e-s. Les coupables aussi.

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« Ce n’est pas dans la forme du pouvoir mais dans le pouvoir lui-même que réside le mal. »R.Rocker

 

Des anarchistes, organisés ou autonomes


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