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[Nantes] : un manifestant incarcéré

Depuis le début du mouvement contre la « loi travail », l’État essaie d’écraser par la violence celles et ceux qui luttent.

A Paris, une université est envahie par les CRS, et les occupants passés à tabacs. A Rouen, Brest, Tours, ou Bordeaux, des facs sont fermées pour empêcher les étudiants de se réunir. A Lyon, un cortège est attaqué par la police. A Nantes, lors des manifestations des 9 et 17 mars, des dizaines de personnes ont été blessées par les policiers. Étudiant-e-s, lycéen-ne-s, retraité-e-s ont reçu des coups de matraque, des tirs de balle en caoutchouc, des tirs de grenades lacrymogènes. A chaque fois, plusieurs manifestants ont été hospitalisés.

Non seulement la police blesse en toute impunité, mais elle rafle ceux qui manifestent trop fort. Le 17 mars, pas moins de 7 personnes ont fini en Garde à Vue. Après 96 heures d’enfermement sans jugement, Gaël comparaissait ce lundi, 21 mars, alors qu’il avait été arrêté Place Graslin jeudi dernier. Les juges ont voulu en faire un exemple.

A la barre, Gaël portait des points de suture sur le visage. Son interpellation a été violente, il a reçu des coups. Pourtant, c’est lui qui était jugé pour des violences : un commissaire était tombé, et s’était blessé tout seul pendant l’arrestation. Malgré un dossier vide, le procureur a réclamé 10 mois de prison ferme, le juge a suivi : 6 mois de taule. Gaël dort en prison ce soir.

Une attaque contre l’un ou l’une d’entre nous, c’est une attaque contre tous.

Liberté pour Gaël !
Solidarité active avec tou-te-s les réprimé-e-s !

[…]

[Repris d’Indy Nantes

Face au viol : Lutter contre le sexisme, lutter contre l’Etat

Face au viol : Lutter contre le sexisme, lutter contre l’Etat

« Si tu te faisais violer tu serais bien contente de pouvoir porter plainte, non ? » Voilà le genre de phrase que j’ai pu entendre à plusieurs reprises dans des discussions où j’expliquais à des mecs que je rêve d’un monde sans flics. Même registre quand parfois j’ai exprimé mon dégoût profond de la prison : « Et qu’est-ce que tu ferais des violeurs alors ? »

 

Il semblerait que quand il s’agit de justifier ce monde sécuritaire certains commencent subitement à s’intéresser aux oppressions sexistes. S’ils s’étaient vraiment penchés sur la question, peut-être auraient-ils remarqué que les flics n’en ont pas grand-chose à foutre des plaintes pour viol. Que les juges se comportent différemment en fonction du statut social de l’agresseur. Que les flics et la justice, apparemment si nécessaires pour nous protéger, sont les mêmes qui enferment celles qui ont rendu les coups face à un mari violent.
Si vraiment les violences faites aux femmes étaient un sujet d’inquiétude pour eux, sûrement auraient-ils remarqué que ce système qui génère des flics et des taules pour « nous protéger des violeurs » est lui-même structurellement sexiste.

Les représentations véhiculées par la pub, les médias, la médecine, l’école, la culture, nous répartissent dans deux identités de genre que nous n’avons pas choisies et auxquelles nous sommes assigné-e-s, dont l’une domine l’autre. Au moment où, nourrissons, on nous a mis un bracelet rose autour du poignet, notre place dans la société a été déterminée comme femmes, séductrices hétérosexuelles et mères attention-nées au service des hommes. Désormais on peut aussi travailler si on veut, pour un salaire presque comparable à celui d’un homme, mais notre rôle principal dans la société reste d’enfanter la relève. Il suffit de s’intéresser aux conditions d’accès à l’avortement ou à la stérilisation pour s’en faire une idée. Ou encore à la stigmatisation de ceux et celles qui ne rentrent pas dans les cases. L’Etat, qui voudrait soi-disant assurer notre sécurité, participe au maintien d’un système hétéro-patriarcal, en gros un monde où les relations entre sexes reposent sur l’hétérosexualité et l’autorité masculine.

En posant la femme comme objet sexuel de l’homme, cette domination générale représente un terreau propice au viol, le rendant même acceptable dans la plupart de ses formes. La majorité des viols et des agressions sexistes est d’ailleurs commise au sein des schémas encouragés par l’Etat : le couple et la famille.

Alors il y a en a vraiment marre en tant que femme d’être instrumentalisée pour justifier des discours et des politiques répressives et sécuritaires. Après avoir été mis en place initialement pour lutter contre les crimes sexuels, le fichage ADN est désormais couramment utilisé dans des procédures judiciaires variées. La RATP fait la pub de ses caméras et agents de sécurité dans une campagne récente contre le harcèlement dans les transports. En Allemagne, des agressions sexuelles commises à Cologne par des migrants sans papiers le soir du nouvel an sont venues alimenter le racisme et justifier les politiques (anti-)migratoires. Là-bas comme ici, le pouvoir ne cherche pas à défendre les femmes des agressions sexistes mais à défendre sa propre souveraineté sur les femmes. Dans notre « civilisation occidentale » comme dans bien d’autres, la femme a toujours été un territoire, un butin de guerre à coloniser par le viol et l’esclavage domestique tout autant qu’à protéger des ennemis.

Alors, non merci, je ne recherche pas la protection de ceux-là même qui font tout pour me maintenir en position de dépendance. Ni celle des machos, ni celle de l’Etat. Et si jamais un jour, forcée par ce monde à choisir entre ma sécurité et mes convictions, je me retrouve à appeler les flics, je sais que je risque de subir en prime leur sexisme et leur répression. Alors je recherche plutôt des moyens de sortir de la dépendance, de reprendre ma vie en main. Je cherche de nouvelles manières de me construire comme individu, de me relationner avec celles et ceux qui m’entourent. Je cherche des allié-e-s, des outils, des connaissances, des savoir-faire pour sortir de l’isolement et être capable de m’auto-défendre, mettre des mots sur ce qui m’oppresse et organiser la riposte. Et quoi qu’il arrive, je ne perdrai pas de vue que combattre le sexisme n’est pas dissociable d’un combat contre toutes les autres dominations portées par l’Etat et le capitalisme. Qu’on ne pourra expérimenter la liberté qu’une fois qu’on se sera débarassé-e-s de toutes les prisons, celles en dur et celles dans nos têtes.

[Extrait de Paris sous tension, n°6, mars 2016.]

La Bourrasque n°1 – Mars/Avril 2016

La Bourrasque est un bulletin qui ne se construit depuis aucune base politique, idéologique ou morale, considérant que ce ne sont que trois facettes d’une même domination. Les textes proposés ici ne se nourrissent que de rages et de désirs. La rage contre ce monde pourri par l’autorité et le fric. Le désir de vivre des instants d’insoumission et de liberté. S’il nous tient à cœur de mieux comprendre et évoquer dans ces lignes comment s’articulent les dominations qui traversent cette société, ce n’est pas pour en être les spectateurs-trices indignéEs mais pour envisager des pratiques et des horizons offensifs contre tous les pouvoirs. Allergiques aux dogmes et aux avant-gardismes, nous ne souhaitons ni convaincre, ni persuader. Dans La Bourrasque, nous voyons plutôt un souffle qui circule de rencontres en affinités. Une rafale qui recherche les brèches du vieux monde pour s’y engouffrer et les élargir. Un peu de vent pour que le feu se propage.

labourrasque[at]riseup.net

Etatisme et code du Travail

L’annonce officielle de la loi Travail est l’occasion de levées de bouclier jusqu’au sein des milieux à prétention révolutionnaire. Elle y est présentée comme la « rupture sans précédent » avec les articles de loi fondamentaux du code du Travail qui auraient été gravés dans le marbre aux lendemains de la Libération. C’est à l’aune de telles réactions que l’on peut juger dans quelle mesure les mythes fondateurs de l’Etat, en particulier ceux relatif à l’Etat providence à la française, sont partagés par bon nombre d’individus et de cercles qui s’en prétendent pourtant les adversaires.

De telles réactions sont désormais récurrentes et il n’est pas nécessaire de remonter loin dans le passé pour en rappeler l’avant-dernière manifestation. Il y a trois ans à peine, le même pouvoir d’Etat présentait et faisait adopter le dernier en date de la longue liste des Accords nationaux interprofessionnels
(ANI). Le premier d’entre eux avait été signé au cours de la grève générale de Mai 68 : c’étaient les accords de Grenelle destinés à étouffer les flambées révolutionnaires en échange de concessions mineures accordées aux travailleurs salariés, présentées comme desvictoires sans pareilles par les organisateurs de la défaite, les leaders syndicalistes au premier chef. Lesquels en furent les principaux bénéficiaires, du sommet à la base de la pyramide sociale t étatiste.

En 2013, c’est la même conception catastrophiste que celle d’aujourd’hui qui prédomina. L’ANI aurait représentait l’attaque « sans précédent », menée contre les « garanties » sanctionnées dans le code du Travail, à commencer contre celles associées au contrat à durée déterminée (CDI). Ce qui revenait à blanchir les versions successives et antérieures dudit code. Or, la tendanceà démanteler les premières versions du code du Travail, spécifiques à l’époque de la gestion fordiste du travail au cours des Trente Glorieuses, période d’accumulation effrénée du capital, n’était pas nouvelle. Elle datait grosso modo des lois Auroux, en 1982, pour la bonne et unique raison que la page de la gestion en question était en train d’être tournée, par suite des
mutations profondes, y compris technologiques, que connaissait le capitalisme contemporain, mutations qui inauguraient ce que les gestionnaires appellent désormais la flexibilité du travail et l’organisation du capital en réseaux. De plus, contrairement aux idées reçues, les « garanties »
liées au CDI ne datent pas de la Libération, mais des lendemains de Mai 68, lorsqu’il devint nécessaire de bouleverser en profondeur les modes d’exploitation et de domination, mais sans provoquer de réactions générales, peut-être génératrices de poussées subversives, du côté des
premiers concernées : les prolétaires de la grande industrie. C’est pourquoi, en 1975, le gouvernement Chirac instaura l’obligation pour les employeurs, envisageant d’effectuer des « licenciements,individuels ou collectifs, fondés sur des motifs économiques, conjoncturels ou structurels,
d’obtenir l’autorisation de l’autorité administrative compétente. » Mesure étatiste qui fut saluée par tous « les partenaires sociaux », leaders syndicaux en tête, comme « sans précédent » entermes de « sauvegarde de l’emploi » et de « protection des salariés ». Les mêmes leaders firent silence sur les mesures concomitantes favorisant au maximum la multiplication des contrats àdurée déterminée (CDD) et des contrats intérimaires, y compris dans la grande industrie.

En 1986, avec la première cohabitation, dans le but de faciliter les procédures de licenciementsdans l’industrie en cours de restructuration, le même Chirac fit supprimer l’autorisation administrative, sauf pour les salariés protégés, à commencer par les délégués syndicaux. Comme d’habitude,
principaux bénéficiaires de l’histoire, à titre de pompiers sociaux. Les rappels précédents montrent déjà que le catastrophisme, la version « boule de neige » de l’évolution du capitalisme, nous prive de toute compréhension des évolutions réelles, contradictoires,par avancées et par reculs, etc. des relations d’exploitation et de domination. A lire aujourd’hui de façon caricaturale la loi Travail, comme hier le dernier ANI, avec l’idée préconçue que
« c’est de pire en pire », nombre de « révolutionnaires » sont amenés de facto à défendre le statu quo, plus exactement, les statut quo successifs. Et à jouer le rôle de claque turbulente, mais de claque quant même, des milieux et des organisations qui, à gauche de la gauche officielle, racolent
sur le terrain de refus de la loi Travail au nom de la défense du code du Travail. Comme à l’époque de la loi Aubry sur les 35 heures, par exemple, en commençant par la rejeter pour ensuite la défendre lorsque Sarkozy a parlé de la remettre en cause. Dans la tête de nos « révolutionnaires
», l’ANI, aujourd’hui partie intégrante du code du Travail, n’existe plus. Obnubilés parla loi Travail, ils l’ont déjà oublié.

Trois ans après l’ANI, voici donc venue la loi Travail, et le même scénario recommence, la même défense du code du Travail au nom des dernières modifications en cours, présentées à leur tour comme le dynamitage sans pareil de prétendues protections et garanties inscrites au fronton de
l’Etat providence à la française. La chose qui fait particulièrement crier d’indignation pas mal de « révolutionnaires », c’est l’idée que lesdites garanties et protections seraient désormais négociables,non seulement par branches, mais également par entreprises, sans tenir compte nécessairement
des articles de loi fondamentaux inscrits dans l’actuelle version du code du Travail. En d’autres termes, nous devrions être partisans de l’application du corpus général du code, stricto sensu, pour tous les salariés. Le degré d’acceptation du mythe de l’Etat protecteur des citoyens,à titre de salariés, atteint ici est insondable et il est partagé, mine de rien, non seulement par les leaders syndicaux, mais aussi par pas mal d’idéologues du Medef ! Lesquels, à moins de croire aux mythes du libéralisme, sont eux aussi des étatistes, y compris dans le domaine de la législationdu travail. Or, les articles fondamentaux du code ne parlent que du minimum général applicable et encore, à condition de faire abstraction des multiples dérogations qui furent introduitesdepuis au moins les lois Auroux et qui furent multipliées depuis lors, et parfois transformées en articles de loi. Ce qui fait que le fameux minimum a déjà été modifié, les deux dernières décenniesde plus en plus à la baisse. De plus, pas mal de conventions collectives, y compris spéci -
fiques à telle ou telle entreprise, sont aujourd’hui plus favorables que ledit minimum. Ce qui explique que l’un des principaux axes d’attaque des managers consiste depuis des années, surtout depuis le dernier ANI, à dénoncer des conventions de branches ou d’entreprises qui sont plus favorables,
par exemple en matière de temps de travail, que les articles du code du Travail. Ainsi, chez Renault, la renégociation du temps de travail a amené à aligner les 34 heures hebdomadaires sur l’article du code relatif aux 35 heures. Avec l’accord des leaders syndicaux sous le
prétexte de « sauver la compétitivité de l’entreprise sur le marché mondial ».Tel est le code réel, pas celui fantasmé par nos « révolutionnaires », code qui, à la fois, sanctionne et doit permettre d’accélérer les transformations des relations d’exploitation et de domination, plus que jamais placées sous le signe de la flexibilité. Bien entendu, la loi Travail prévoit d’étendre le champ d’application des dérogations de façon conséquente, sous conditions précises
pour quiconque a lu réellement le projet, mais en aucun cas de renverser de prétendues tables de la Loi, pures abstractions qui n’existent que sur le papier, à titre de préambules au code, n’interdisant pas de supprimer de multiples articles de lois et d’en introduire d’autres, en
règle générale des ordonnances gouvernementales transformées en lois, comme l’autorise la Constitution lorsque, dans les trois mois, les députés ne les ont pas mises en discussion. Ensuite, leur interprétation appartient aux gestionnaires du pouvoir d’Etat, parmi lesquels il faut inclure les leaders syndicaux. Car la cogestion initiée à la Libération reste l’un des piliers de la domination dans l’Hexagone.

Le code du Travail n’est pas défendable, vu ce qu’il a toujours sanctionné, le travail, vu ce qu’à toujours rendu possible sa mise en oeuvre, à savoir la cogestion du travail, laquelle inclut la coercition en échange parfois de concessions plus ou moins étendues en fonction des époques, des
circonstances, des résistances, ou même des révoltes, etc. L’un de mes complices des chantiers de construction navale à Nantes, dans les années 1970, appelait le code du Travail la contrainte par corps organisée par l’Etat, qui garantissait que la domination du capital serait acceptée par
les salariés en échange de miettes. A juste titre, il appelait l’Etat providence à la française l’Etat qui organise la sécurité dans la servitude salariée, pour le plus grand bénéfice des capitalistes. Depuis des décennies, les concessions sont moindres. C’est certain. La loi Travail représente,
pour l’essentiel, des tours de vis supplémentaires. Mais il est impossible de les combattre au nom du code du Travail, ce qui revient à faire appel à l’Etat en général contre les dernières mesures préconisées par l’actuel pouvoir d’Etat. Dans de telles conditions, à supposer même que celui-ci fasse des concessions sur tel ou tel article de la loi Travail, il n’y aura pas de victoire,pas même partielle. Car l’essentiel, c’est que les premiers concernés entament la rupture avec ce qui les écrasent, y compris avec leurs propres illusions sur l’Etat et sur le travail, l’autre nom du capital. Jusqu’à preuve du contraire, ils en sont, dans leur grande majorité, bien loin.

Julius, mars 2016

https://ladiscordia.noblogs.org/files/2 … ravail.pdf

[Marseille] : Une semaine d’actions en solidarité avec la résistance à Calais

[Note : nous ne plaçons pas dans le camp de la "Résistance" mais de l'attaque, d'ailleurs les actions ci-dessous sont plutôt offensives...]

[Marseille] : Une semaine d’actions en solidarité avec la résistance à Calais

Suite aux récentes expulsions à Calais, une semaine d’actions en solidarité avec la résistance dans la « Jungle » a eu lieu à Marseille. Nombre d’individuEs et groupes ont contribué de façon anonyme aux diverses actions contenues dans ce communiqué. Toutes les cibles choisies collaborent dans la répression, l’assujettissement et la déportation de personnes migrantes et/ou sans papiers, à Calais ou ailleurs.
Ci-dessous la liste des actions telles qu’elles ont été communiquées par les personnes concernées :

 

* 500 autocollants dont “non aux expulsions- solidarité avec la résistance à calais”, “Migrants bienvenus – ramène tes potes”, “collabo – solidarité avec les sans papiers à Calais”, ainsi que divers autres en français et en anglais, distribués à travers la ville.

* Plusieurs petites actions ont eu lieu le dimanche 6 mars :
Des affiches du FN ont été détruites et des slogans pro-migration ont été tagué sur un mur à côté.
Les pneus d’un véhicule appartenant à Orange Telecom (en lien avec l’État) ont été crevés.
“Collabos aux expulsions” tagué sur 3 boîtes aux lettres de La Poste.
Un distributeur de liquide et une caméra de sécurité ont été saboté avec de la peinture à la banque BNP Paribas sur l’avenue de la Corderie – “collabo” tagué à côté du distributeur.
Le bâtiment de La Poste également tagué “collabo aux expulsions”.

* 200 affiches collées autour de Noailles, la Belle de Mai et National (1er et 3ème) avec quatre affiches différentes : “Solidarité avec les sans papiers à calais”, “Solidarité avec la résistance à calais” et “Solidarité avec les grèves de la faim à calais” (le dernière en français et anglais)

* Mercredi 9 mars tôt le matin :
Lâché de banderole disant “Solidarité avec la résistance à Calais – personne est illégal-e”.
Des slogans tagués : ” pas de papiers pas d’expulsions” ” brûle les frontières, brûle l’état” ” pas de frontières – pas d’état – pas de problèmes !” “Vinci collabo des expulsions” “non aux expulsions”

* Jeudi 10 mars à 4h30 : bâtiment de la Croix Rouge, rue Baille, 5e arrondissement. Des fenêtres explosées avec des pierres et serrures sabotées. Contre les collaborateurs ‘humanitaires’ et leurs tentatives d’adoucir la violence des frontières. Il n’y a pas d’expulsions paisible.

* Deux distributeurs des collabo LCL ont été mis hors service.
Une voiture de la métropole saboté et “calais” peint sur le toit.

* Des tagues contre six bâtiments du Groupe SOS dans le 1er, 3e et 7e : au 200 et 357 bvd national, 3 bvd grigou, 2 rue grigan (serrures également cassées), 24a rue fort notre-dame, 1 bvd charles livron.
Egalement deux bureaux de poste : 184 bvd national et place bernard de cabinet.
“collabo aux expulsions” et “solidarité avec les sans papiers à calais” et “solidarité avec la résistance à calais”

* La nuit du jeudi 10 : tagues et bombes de peinture contre 3 bâtiments de la Croix Rouge autour du boulevard Chave dans le 5e arrondissement (un magasin de charité et les bureaux). Les messages peints : “Solidarité avec Calais” et “Collabo aux expulsions”.

* Un groupe d’entre nous a décidé de faire une banderole disant “A bas toutes les frontières – Solidarité avec la résistance contre l’expulsion à Calais” en français, arabe et anglais. Nous avons pris une photo avec quelques amiEs tenant la banderole, comme geste simple pour celleux qui luttent à Calais. Ça a eu lieu vendredi.

[Reçu le 16 mars par Contrainfo (lien avec photos).]

A Calais, l’année 2016 commence comme elle s’est terminée

A Calais, l’année 2016 commence comme elle s’est terminée

A Calais, l’année 2016 commence comme elle s’est terminée : par le renforcement des mesures répressives à l’encontre des indésirables (clandestins, sans-papiers, hors-la-loi, rebelles…), par des déclarations de guerre en acte de la part du gouvernement et de sa police contre eux. Le tout avec l’appui explicite d’une frange de la population, la plus exécrable, celle qui a choisi la xénophobie comme palliatif à son existence misérable, et qui jubile de voir le gouvernement -qui n’en fait jamais assez d’habitude selon eux- lâcher la bride et se décider à utiliser les grands moyens. Et l’adhésion passive de ceux qui face à la gravité d’une situation se rangeront toujours du côté de l’Etat, exigeant de lui qu’il rétablisse l’ordre dans l’unique souci de conserver leur petit confort, leur petit chiffre d’affaire, leur petite voiture intacte, leur petite routine, leur petite tranquillité mentale qui leur permet de vivre leur vie sans prêter attention au monde qui les entoure.

 

Comme dans de nombreux endroits du monde, voilà des années qu’à Calais de plus en plus de personnes affluent pour passer en Angleterre, passer une frontière qui leur est fermée car ils ne disposent pas des documents qu’il faudrait, ils ne correspondent pas aux exigences des décrets, ils n’ont pas de diplômes ou de CV à faire valoir pour se vendre sur le marché du travail, ou au contraire parce que maintenir dans la peur du lendemain cette main d’œuvre bon marché est un bon moyen pour la domestiquer et la maintenir corvéable à merci. Des années donc qu’ils s’organisent entre eux pour survivre, dans l’attente de pouvoir tenter leur chance de franchir illégalement la frontière, de réussir à franchir les nombreux obstacles qui séparent un bout de territoire d’un autre pour qui est indésirable aux yeux de l’Etat et aux yeux du marché. Et comme dans une situation hostile, bien souvent, l’union fait la force, ils en sont venus à habiter par milliers (entre 4500 et 6000) dans un campement de fortune, une zone qui est maintenant connu sous le nom de « la Jungle ». Les flics, qui étaient coutumiers de la destruction de tentes ou de cabanes à l’époque où elles étaient isolées les unes les autres, n’osent pas rentrer dans « la jungle » pour en déloger les habitants. Et ces habitants, ne se faisant plus chasser tous les quatre matins, s’organisent désormais par petits groupes et ensemble pour pénétrer dans des camions de marchandises, pour accéder au tunnel sous la Manche ou au port.

Mais voilà, depuis plusieurs mois les entreprises comme Eurotunnel et SNCF Réseau Ferré ont restreint l’accès au Tunnel et renforcé drastiquement son contrôle, la première embauchant une centaine de maîtres-chiens, la seconde érigeant le long des voies des barrières hautes de plusieurs mètres et surmontées de barbelés. De leur côté, les flics, plus nombreux et désormais équipés de drones, jouissent d’un décret (un joker pour les flics permis par l’instauration de l’état d’urgence) qui leur permet d’arrêter tout piéton sur la rocade menant au port, et de le refiler à leurs amis les juges qui pourront les condamner pour cela à 6 mois d’emprisonnement. Ô joie, clament en chœur le président de région (qui en appelle à l’intervention de l’armée pour main-te-nir-l’or-dre !), la maire de Calais et le préfet, réclamant la prison ou la déportation pour chaque migrant coupable d’intrusion sur les zones portuaires ou le site d’Eurotunnel (passages obligés, en l’absence de portail spatio-temporel, pour passer la frontière), d’affrontements avec la police (devenus nécessaires pour tenter de s’introduire sur les sites en question, en plus de ses éternels bienfaits), de dégradations et « d’infractions de droit commun » (saines réactions fruit de la frustration, déception, colère, désespoir, rage…). Il s’agit de mettre de l’huile dans la broyeuse judiciaire, de faire planer le couperet de la prison ou de l’expulsion (qui signifie dans le moins pire des cas que tout est à recommencer) au-dessus des têtes des migrants qui ne se comportent pas comme tous ces bureaucrates, fonctionnaires, juges, politiciens, l’attendent d’eux : en victimes.

Les rêves d’ordre et de pacification des gouvernants de tout poil ne sont pas au rendez-vous des temps à venir. Pour preuve, le 17 décembre, près d’un millier de personnes se déplacent le long de l’autoroute en direction du tunnel. Avec Noël qui approche les bouchons sont importants aux alentours du centre commercial, ils se disent alors qu’ils auront plus de possibilités de se faufiler dans un camion. La police n’est pas cet avis, s’ensuivent alors des heures d’affrontements. Rebelote le 25 décembre, 2500 personnes traversent le centre de Calais pour se rendre vers le site du tunnel sous la Manche, mais la police les repousse. Sur le chemin du retour des voitures font les frais de la frustration et de la colère : rétroviseurs et parebrises éclatés, essuie-glaces pliés. Quelques sbires en uniformes sont blessés. En ces jours obscurs où la haine la plus aveugle rejoint l’égoïsme le plus mesquin, où la soumission la plus veule prospère sur l’absence générale d’espoir d’une vie radicalement autre, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour qu’en retentissent les glapissements mi-indignés mi-intéressés de la paisible et laborieuse population qui s’est rangé du côté de l’ordre :

Les parents se sont plaints…les enfants d’une école maternelle voisine ont senti fortement les effluves de gaz lacrymogènes utilisés massivement par les forces de l’ordre : les migrants sont dangereux, les yeux de nos enfants piquent encore.

Les commerçants se sont plaints…une chose pareille à l’approche de Noël, c’est une catastrophe : les gens n’osent plus faire leurs courses dans le secteur, et leurs trajets en voiture durent 8 fois plus longtemps : les migrants ne respectent pas nos traditions, les courses de Noël c’est sacré !

Les riverains se sont plaints…des migrants ont défoncé les grillages de jardins particuliers pour passer, les enfants sont terrifiés : les migrants sont menaçants, se pourrait-il qu’un jour ces gens s’introduisent chez nous pour dévorer nos enfants ?

Les salariés du port se sont plaints…quel désastre de ne pas éloigner le centre d’hébergement autour duquel a proliféré « la jungle » (où survivent désormais 4500 êtres humains). 7500 camions de passage en moins depuis septembre : les migrants sont coûteux, ils font chuter notre chiffre d’affaire.

Les automobilistes se sont plaints… « c’est la première fois que mon rétroviseur est cassé, tout ça le jour de Noël, quel choc ! », « Mon toit est cabossé, ces énergumènes l’ont frappé à coups de bâtons, quelle violence, mais dans quel monde on vit ! ».

Les « Calaisiens en colère » (groupe aux contours flous, composé en majorité d’agents de sécurité, qui toutes les nuits entre 20h30 et 5 heures patrouille aux alentours de « la jungle », guette aux alentours de la rocade pour prévenir le passage de migrants en direction du tunnel) se sont plaints….la population Calaisienne ne les a pas encore rejoint pour combattre les migrants.

Les transporteurs se sont plaints… 36 millions d’euros de perte à cause des embouteillages ou des contrôles anti-immigration déclare un chef d’entreprise pour qui « le discours politique traite toujours le problème de Calais sous l’angle humanitaire, sans tenir compte des aspects économiques » [voir l’encadré joint à cet article ] : les 20 migrants morts dans la région depuis juin en tentant de rejoindre l’Angleterre ne se sont pas plaints, eux, pour leur chiffre d’affaire, ceux qui vivent encore non plus.

Éprouvant de larges difficultés à maintenir l’ordre à Calais face à des individus qui ne renonceront pas à poursuivre leur chemin – sur la route d’un exil qu’en grande partie ils ont été, poussés par leurs conditions de vie, contraints de prendre – vers la direction qu’ils ont choisi, l’Angleterre, l’Etat s’est contenté ces derniers mois de gérer le désordre. En deux mois 1800 personnes arrêtées à Calais ont été envoyées (via l’aéroport du Marck) en centres de rétention, ces prisons pour étrangers, aux quatre coins de la France (Nîmes, Vincennes, Marseille, Toulouse, Rouen…), dans l’objectif de les isoler et de les décourager de revenir.

Désormais, l’Etat se donne de nouveaux moyens pour poursuivre un objectif, celui qui est la condition de son existence et qui lui confère sa légitimité : imposer l’ordre à Calais -par la force, cela va sans dire. Faire la chasse aux « migrants » donc. Comme en témoignent les demandes répétées d’intervention de l’armée de la part du président de région, l’arrivée d’un véhicule blindé à roues de la gendarmerie utilisé dans les cas extrêmes pour mater des rassemblements hostiles de grande envergure (comme ce fût le cas en novembre 2005 quand une partie du territoire s’est embrasée pendant plusieurs semaines), ou encore l’envoi massif de grenades lacrymogènes au sein même du camp avec pour cible l’ensemble de ses habitants sans discrimination aucune.

Dans cette optique, l’ouverture d’un camp au cœur même de « la jungle » est l’épine dorsale de ce projet gouvernemental, projet terrifiant pour toute personne pas encore sourde aux souffrances humaines, pas encore insensible face à la froide négation de l’existence d’individus au nom d’intérêts supérieurs, et profondément convaincue de l’impossibilité pour chacun de vivre libre dans un monde fondé sur l’autorité. C’est depuis le lundi 11 janvier donc, que ce camp est désormais fonctionnel. 125 containers préfabriqués de 12 mètres de longs. L’un sur l’autre. 6 lits superposés par container. 12 places par container. 2,33m² par personne. Ni douche ni cuisine. 1500 places au total. Camp grillagé. Équipé de caméras de vidéosurveillance. Contrôle biométrique à l’entrée. Après 2 mois de propagande dans « la jungle » seules 114 personnes dites « volontaires » (il est évident que ce n’est pas la volonté qui préside à un tel choix mais bien la nécessité de survivre et ses calculs qui y accule) ont accepté de s’y rendre une fois les travaux terminés. Voilà donc ce qui s’annonce pour les temps à venir : internement dans le camp sur fond de chantage pour une partie des migrants de la jungle avec identification et enregistrement obligatoires, et déplacement forcé pour les autres (les employés de l’association La Vie Active qui gère le camp aidée par le Secours Catholique, Salam, l’Auberge des migrants et Act’Aid ont déjà commencé à convaincre de dégager 500 habitants de « la jungle »), envoi en centre de rétention et/ou expulsion pour une partie d’entre eux. Car puisque l’objectif de l’État est de prendre le contrôle total de la zone, de prendre autant que possible dans ses filets chacun de ses habitants présents et à venir (filets dont la police, les administrations comme l’OFPRA, et les associations humanitaires constituent tour à tour les différentes mailles) et de fermer totalement la frontière avec l’Angleterre, cela passe par la destruction de « la jungle », cet espace où se débrouiller pour survivre et s’organiser ensemble de manière autonome est encore possible.

Une bonne nouvelle nous parvient au moment même où nous écrivons ces lignes. Une bonne nouvelle pour chaque personne qui souhaite la destruction des frontières, et qui rappelle qu’il est toujours possible d’agir. La nuit du 15 au 16 janvier deux véhicules de chantier ont été incendiés à proximité du camp. Engins qui appartenaient à la société Sogéa qui a effectué l’installation des containers. Une bonne nouvelle qui dit aussi : qui veut lutter peut s’en donner les moyens. A Calais comme ailleurs.

Les entreprises qui collaborent à ce projet en se partageant les 20 millions d’euros du gâteau (aménagement, fonctionnement) sont notamment :

Logistic Solution : fournisseur des conteneurs La PME Logistic Solution est déjà un partenaire régulier des militaires, puisqu’elle fournit par exemple les containers du chantier sur Mururoa en association avec Sodexo Defense Services (contrat à 30 millions d’euros), et l’avait fait pour le ministère français de la Défense lors de l’exercice de certification de 5000 militaires de l’OTAN Steady fast Jazz, en Pologne (novembre 2013). C’est aussi un fournisseur de l’armée égyptienne.
Logistic Solution a commencé à livrer ses containers à Calais le 7 décembre 2015, pour une ouverture du camp prévue au mois de janvier. Elle livrait 21 containers par jour la première semaine de l’année.

ATMG : surveillance du site pendant les travaux. Habitués de la surveillance des chantiers Eiffage, Bouygues, etc.

Biro Sécurité : Dispositif biométrique du camp & surveillance du centre d’accueil de jour Jules-Ferry et de la zone « tampon » depuis mars 2015 (30 agents de sécurité et maîtres-chiens recrutés)
« C’est un marché très important pour la société, assure le Calaisien. Et qui crée de l’emploi ». Avec le nouveau camp pour 1 500 réfugiés, Biro compte recruter six nouveaux agents. L’entreprise fournit aussi à La Vie Active le dispositif d’accès biométrique sécurisé au camp humanitaire de 1 500 migrants. (La Voix du Nord, 15/12/2015)
Par ailleurs, Biro Sécurité s’enrichit de tous côtés en montant pour des transporteurs des « parkings sécurisés » en aval près de la rocade de Calais pour empêcher les migrants de monter dans les camions, et en amont comme sur l’aire d’autoroute de Saint-Laurent à Steenvoorde (Belgique, à 70 km de Calais).

Association La Vie Active : gestionnaire du camp (choisie en ocobre 2015, elle était candidate en concurrence avec La Croix rouge sur ce marché) La vie active, grosse « association d’utilité publique », gère plus de 70 établissements et sites, « dans les secteurs de la Petite enfance (crèche d’entreprises, CAMSP), l’Enfance (IEM, IME, ITEP, SESSAD), le Social (MECS, clubs de prévention, service tutélaire, CHRS, PAEJ) les Adultes handicapés (foyers de vie, SAJ, SAVS), les Personnes âgées (EHPAD, SSIAD), la Formation ».

D’autre part les hôtels Première Classe, Kyriad et Campanile de Loon Plage qui ont loué jusqu’à 180 chambres aux CRS depuis octobre, et les hôtels Quality Hôtel, Première Classe et Campanile de Armbouts-Cappel qui louent plusieurs dizaines de chambres aux CRS depuis juillet.

[Extrait de Paris sous tension, journal anarchiste sur Paris et au-delà, n°5, janvier 2016.]

Résumé des secondes et troisièmes sessions du procès des compagnons Mónica et Francisco

Tout au long de la journée de mercredi 9 mars s’est déroulée la seconde session du procès contre Mónica et Francisco, des compagnons accusés d’appartenance à une organisation terroriste, destruction, blessures et conspiration, charges pour lesquelles le parquet demande 44 ans de prison chacun.

 

Tandis que se déroulait la session dans la salle 4 de l’Audiencia Nacional, un groupe de personnes solidaires s’est rassemblé à l’extérieur, criant des slogans de soutien qui ont pu être entendu par les compagnons à l’intérieur de la salle.
Si l’audience de mardi s’est focalisée sur les déclarations de Mónica et Francisco et des témoins (policiers et témoins) que le parquet a présenté, la session de mercredi a démarré avec les témoins appelés par la défense pour passer ensuite aux déclarations des experts.

Les 4 témoins que la défense a présenté ont confirmé les déclarations qu’ils avaient donné sur le moment à la police, c’est à dire qu’aucune des caractéristiques qu’ils ont décrites ne correspondent à Mónica et Francisco.
Les témoins des experts (tous policiers) qui ont été convoqués par le parquet se sont concentrés sur plusieurs aspects :

• Le danger de l’engin explosif : les policiers qui ont fait leurs déclarations (policiers, scientifiques, démineurs) ont suivi la même ligne dans la volonté d’exagérer le danger de l’explosion et la possibilité de provoquer des blessures. Ils ont voulu appuyer scientifiquement cet argument à partir d’une étude théorique de l’impact d’un engin contenant 3 kg de poudre noire à ciel ouvert. Cet argument a été réfuté par la défense car si le dossier parle d’une charge qui ferait entre 2 et 3 kg et que le communiqué de revendication de l’action décrit l’utilisation de 2 kg de poudre, les rapports se basent sur le critère théorique de 3 kilos, ce qui nous donne une preuve des intentions de la police.

• Les analyses anthropométriques : ces rapports comparent des images de Francisco et Mónica tirées d’internet (sans savoir si elles ont été trafiquées ou pas) [NdT : d’où l’intérêt de ne pas en rendre disponible !] avec des images de la caméra de surveillance du métro de Barcelone. Ils concluent par de fortes probabilités de coïncidence en ce qui concerne Francisco, et une probabilité moindre pour Mónica. Il faut signaler aussi qu’aucune des deux personnes ayant fait ces déclarations n’a de diplôme en expertise anthropométrique. L’intervention de la défense a permis de mettre en avant la faiblesse du système informatique utilisé, qui ne peut que faire apparaître des probabilités mais ne peut pas établir des identités sans l’ombre d’un doute.

• Appartenance à une organisation terroriste : l’argumentation policière se base sur le fait de considérer la FAI-FRI, le GAC et le Commando Insurrectionnel Mateo Morral comme faisant partie d’une même organisation terroriste. Les policiers qui ont fait le rapport sur la FAI-FRI comme organisation terroriste ont signalé qu’elle est considérée comme telle dans une ordonnance européenne de 2001, mais ils ne savaient pas que depuis 2009 elle n’est plus considérée comme organisation terroriste dans la même ordonnance. De plus, ils citent dans leurs rapports plusieurs procès menés contre la FAI-FRI dans des pays européens. Suite à une question qui leur demandait les sources consultées au sujet de ces procès, ils ont répondu qu’ils les avaient obtenues à partir de sources ouvertes (internet, la presse), et non pas d’organismes officiels (tribunal, police, etc.). Afin d’établir un lien entre la FAI-FRI et les GAC ils prétendent que ces derniers ont répondu à l’appel à l’action directe, la solidarité et le soutien mutuel qu’a lancé la FAI-FRI. Afin d’ affirmer que les GAC sont une organisation terroriste la police propose l’argument de la temporalité : ils signalent que c’est à la suite du premier communiqué des GAC que se réalise la première action coordonnée dans l’État espagnol. Dans la description qu’ils font du fonctionnement des GAC ils précisent qu’il y a un leadership informel. Ils signalent aussi comme indices de l’appartenance de Mónica et Francisco à une organisation terroriste les différents communiqués internationaux de solidarité avec eux, comme par exemple ceux qui se sont réalisés à partir de l’appel à un « décembre noir » ; ils mentionnent aussi le texte solidaire de Mónica dans le livre « Mapeando el fuego » alors qu’avait lieu le procès du Caso Bombas au Chili.

Enfin, dans la session de l’après-midi l’expert médical a témoigné, en citant le cas de la femme blessée, pour laquelle il certifie principalement des séquelles psychologiques.

La journée s’est close avec les deux policiers chargés de l’expertise des empreintes digitales et de l’ADN, qui certifient n’avoir rien trouvé sur les lieux (sur les restes de l’engin explosif et sur la cabine téléphonique utilisée pour faire l’appel d’alerte à la bombe).

Jeudi sera le dernier jour du procès contre les compagnons. On s’attend à ce que la défense demande leur « remise en liberté » en attente de la sentence, qui sera rendue dans un mois.

[Traduit de l’espagnol de Publicacion Refractario.]

 

Le jeudi 10 mars a eu lieu la troisième session du procès de nos compagnons Mónica et Francisco. Ce sont principalement les plaidoyers finaux des avocats de la défense et l’accusation et du parquet qui ont été présentés.

 

Cela a débuté par les témoignages d’experts, appelés par la défense, qui ont fait un rapport sur l’étude comparative d’ADN de Francisco et Mónica extraits d’objets qu’ils ont utilisés dans leurs cellules. Dans leur rapport ils ont confirmé ce qui suit : il n’y a aucune correspondance.

La juge a ensuite demandé si les différentes parties maintenaient leurs conclusions initiales, et l’avocat de la femme blessée dans la basilique lors de l’explosion a déclaré qu’il maintenait les accusation de « dommages » et « blessures » mais qu’il retirait l’accusation d’appartenance à une organisation terroriste et de conspiration, rabaissant la demande de condamnation à 12 ans et un jour chacun et demandant une indemnisation de 102 000 euros.

Les derniers plaidoyers ont alors commencé, avec la procureur qui a maintenu les 4 charges de l’accusation écrite : appartenance à une organisation terroriste, destruction, blessures et conspiration. Elle a aussi maintenu la demande de 44 ans de prison chacun. Dans son plaidoyer elle a insisté sur le fait que dans la procédure orale et dans les rapports des renseignements la participation des compagnons dans une organisation à caractère terroriste est prouvée. Face au discrédit des experts par la défense dans les sessions précédentes, évoquant le manque de formation de ces derniers sur les thèmes qu’ils traitent dans leurs rapports, la procureur a voulu valider leurs rôles à partir de leurs connaissances techniques et pratiques. Selon cette même ligne, la procureur a continué sa plaidoirie en considérant avérée la participation de Francisco et Mónica à l’action del Pilar et à l’intention de s’attaquer au sanctuaire de Montserrat. En ce qui concerne les accusations de blessures, elle s’est appuyée sur les rapports médicaux qui décrivent les lésions auditives et les séquelles psychologiques sur la femme concernée.

L’accusation a continué en expliquant la raison du changement de ses conclusions suite à la procédure orale, signalant que si elle est d’accord avec la procureur sur le fait que les compagnons appartiennent à la FAI-FRI et aux GAC, il n’y a pas d’arguments suffisants pour considérer ces derniers comme des organisations terroristes. Un argument similaire qui a été utilisé pour justifier le retrait des accusations de destruction : elle considère que leur visite à Montserrat était dans l’intention d’attaquer cet endroit mais il n’y a pas de preuves suffisantes pour le prouver. Concernant les accusations soutenues, il est important de souligner qu’elle a modifié la figure juridique de « destructions » en « dégâts » à but terroriste.

Les derniers plaidoyers étaient ceux de la défense, qui était catégorique sur la remise en question des thèses de l’accusation. La défense a fait un long exposé que nous résumerons par les points centraux :

• Le manque d’impartialité de la section de première instance en ayant exercé des procédures qui correspondent au juge instructeur. Sur ce point la défense considère comme un signe d’impartialité le fait que c’est cette même instance qui décrétera l’élargissement de la préventive en indiquant qu’il y avait des « preuves » suffisantes pour prendre cette mesure. Ici aussi la défense remet en question le fait que des rapports policiers aient été inclus comme preuves d’expertise.

• L’absence de vérité lorsqu’il a été signalé dans l’enquête que Francisco et Mónica avaient été condamnés au Chili pour le Caso Bombas et avaient été libérés par un « vice de procédure » alors qu’ils ont été acquittés par manque de preuves.

• Le fait que l’acte d’accusation et l’écrit de l’accusation sont un « copier coller » des rapports des services de renseignement prouve qu’il y a un manque d’impartialité dans l’enquête du parquet et dans la procédure d’instruction de l’affaire.

• Par une solide documentation technique elle remet en question la rigueur du système utilisé afin d’obtenir les résultats de l’analyse anthropométrique, signalant par exemple, qu’à aucun moment les spécificités techniques du programme appliqué n’ont été clarifiées ; ni la raison de l’utilisation de ce système là et non pas d’un autre, et le fait que les résultats sont loin d’être fiables puisqu’ils ne remplissent pas le minimum des conditions techniques requises (distance de la caméra, angle, luminosité, pixels, qualité de l’image).

• La défense remet en question l’utilisation de sources « ouvertes », c’est à dire, obtenues d’internet et non vérifiées avec des sources originales.

• Elle met en avant qu’aucun témoin n’ait fait de description qui corresponde aux traits de Mónica et Francisco.

• Le concept et la pratique de la « solidarité et le soutien mutuel » sont inhérents à tout anarchiste.

• Étant donné qu’il faut au moins trois personnes pour former une organisation terroriste, l’enquête policière a eu besoin de les relier à d’autres personnes et groupes et c’est là qu’apparaissent les GAC.

• Il n’y a pas d’indices suffisants pour les relier aux GAC et en aucun cas on ne peut considérer ces derniers comme une organisation terroriste, signalant qu’il n’y a aucune action revendiquée sous ce sigle. De plus, après lecture des communiqués et du livre des GAC « Contre la démocratie », elle conclut qu’il n’y a rien dans son contenu qui puisse indiquer que c’est une organisation à finalité terroriste.

• La défense argumente que la FAI-RI ne répond à aucune structure ni organisation et que c’est une « signature » sous laquelle il y a des appels à l’action des anarchistes au niveau international. Elle insiste à nouveau sur le fait que depuis 2009 elle n’est plus considérée comme organisation terroriste par la communauté européenne.

• Sur le rapport qui traite du danger de l’engin explosif, en partant de la conviction que ce ne sont pas eux les responsables, elle signale que ceux qui ont fait cette action à la basilique n’avaient pas pour intention de blesser des personnes, vues les caractéristiques de l’engin, l’heure de l’explosion et l’alerte à la bombe faite par téléphone.

Le jugement s’est terminé par l’utilisation d’un droit à une dernière parole pour Mónica et Francisco, dont ils ont profité pour réaffirmer leurs idées anarchistes. À la suite de cela la juge a ordonné l’évacuation de la salle au milieu des cris de soutien des compagnons présents.

Nous terminons cette synthèse en citant les derniers mots des compagnons, qui reflètent la force et la cohérence de leurs convictions :

MORT À L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE !

[Traduit de l’espagnol de Publicacion Refractario.]

 

Source: nonfides

Pour en finir avec la politique et ses méthodes

Une opinion répandue veut que, depuis belle lurette, la politique ne soit pas en bonne santé. Ses électeurs n’ont plus confiance en elle, et elle semble être arrivée dans une impasse. Un processus qui va apparemment encore s’approfondir. Cependant, s’il est vrai que la politique ne possède plus le charme d’antan, démasquée qu’elle est, avec ses acteurs, par des couches toujours plus larges de population, il en reste néanmoins qui, sans répit, n’arrêtent pas d’en éviter la souhaitable destruction. Qu’on pense aux hommes et femmes d’État, ou plus en général aux puissants, des gens pour lesquels en bref la survie de la politique est d’une importance fondamentale pour qu’ils puissent conserver leur place dans la machine sociale actuelle. Au fond, ça serait absurde pour le président du Medef de se prononcer pour la destruction de la politique, étant donné que celle-ci est la condition de son privilège. Cela ne nous surprend donc pas de voir les détenteurs du pouvoir s’ériger en défense de ce qui leur permet de continuer à l’exercer. Ce qui est drôle, c’est que parmi ceux qu’on pourrait appeler les « amis de la politique », il y a des individus qui ne devraient en avoir rien à faire de l’autorité et de la marchandise : les révolutionnaires – à supposer que cette définition ait encore un sens.

 

On se retrouve souvent à écouter les discours pompeux de certains qui, exhibant leur carte de bon militant, compostée à maintes reprises lors de manifestations ou rassemblements, maintiennent fièrement qu’ils « font de la politique ». Pas comme ces fainéants, les hypercritiques qui ne font rien, qui désertent les manifestations prévisibles et contrôlables par des yeux plus ou moins institutionnels. Désolés, nous laissons cette habitude de faire acte de présence à ceux qui ont une belle mine à exhiber à la une des journaux si détestés (?), sur les photos au poste ou face aux gens. Est-ce que ces militants fardés se trompent peut-être dans leur choix linguistique en appelant « politique » ce qui, en réalité ne l’est pas ? Nous ne pensons pas. Au contraire, nous pensons qu’ils sont bien conscients de ce qu’ils disent, ou du moins nous voulons leur accorder une telle considération. S’ils parlent ainsi c’est parce que leur vision de la lutte ne vise pas à éliminer la politique, mais à l’utiliser, pendant le « processus révolutionnaire » et dans la société pour laquelle ils luttent. Du coup, ils ne se trompent pas. Ils ont choisi.
Ils pourraient objecter qu’on ne peut pas se passer de la politique, qu’il y a une grosse différence entre la politique des patrons et la leur – étant donné que les intérêts de classe sont différents – que la politique a, banalement, à voir avec les relations sociales. Nous ne partageons pas ces objections, et le pourquoi est vite dit.

La politique a comme but celui de déconnecter la pensée et l’action, par l’institution de « lieux appropriés », que ce soit le parlement, le conseil communal, le comité de quartier, l’assemblée. De cette façon, elle vise à la scission de la conscience des subversifs, en atténuant leur fougue de révolte.
La politique n’est en rien l’expression du désir et de la spontanéité humaine, mais bien une activité de calcul, de planification rationnelle de l’action selon un programme. Elle a donc pour résultat de réduire les personnes au respect de décisions prises dans des contextes régis par des délires organisationnels où la bureaucratie règne en souverain. Ici la liberté individuelle disparaît, laissant place à l’autorité de la décision prise par une majorité. Au fond, tout ce qui est « politique », dans le meilleur des cas, pue la démocratie, bourgeoise, prolétarienne ou toute directe qu’elle soit.
De plus, la politique n’existe pas sans la représentation, sans la nécessité de « couronner » des fonctionnaires et des délégués. Son ennemie mortelle est l’action directe, à travers laquelle les esprits en révolte désirent faire exploser l’aplatissement de la médiation et de la délégation dans la lutte contre l’ennemi.

De surcroît, il y a aussi ceux que l’on appelle les politicards du mouvement, c’est-à-dire ceux qui veulent donner leur valeur à des actions et des mots sur la base de l’opportunité et qui sont toujours prêts à reprocher aux compagnons l’intempestivité d’affirmations et de gestes perçus comme non adaptés à certaines circonstances. Certains parmi eux mesurent habituellement leurs actions dans la lutte sur la base du Code pénal, dans la crainte qu’une pratique cohérente puisse amener un niveau de répression exagéré, difficile à supporter et à gérer. On entend souvent dire que « les compagnons sont plus utiles dehors que dedans ». C’est vrai – et nous souhaitons que l’imprévisibilité de l’attaque sache toujours avoir le dessus sur le contrôle policier – sauf si une telle affirmation n’est qu’une excuse pour l’immobilisme et le renforcement indirect de la pacification sociale. 
D’autres politicards, dans le cas de la naissance d’un mouvement populaire, appellent les compagnons, et pas que, à se « salir les mains » parmi les gens, parce qu’il est fondamental de marcher unis, qu’il est essentiel de ne laisser personne derrière. Du coup, ils se préoccupent soigneusement d’informer la population sur les effet d’une nuisance donnée sur la vie, de participer aux assemblées des comités, d’organiser des pétitions, d’exalter uniquement, en leur donnant un relief particulier, les sabotages qui peuvent compter sur les applaudissements citoyens, etc. En faisant cela, ils montrent clairement leur visage politique, voué au compromis et à la recherche du consensus, dans l’effort constant de transformer les masses en quelque chose qu’elles ne sont pas.

La politique est cet « art » qui fait passer l’efficacité avant l’éthique, c’est pourquoi si un certain moyen peut amener à l’objectif souhaité, il est donc considéré comme inévitablement juste, indépendamment de sa nature. Par exemple, des méthodes comme la réunion entre révolutionnaires et citoyennistes – de même que l’utilisation de l’autorité dans la lutte – sont acceptés par certains sans mot dire, s’ils ont pour but la préparation de la révolution ou de l’insurrection. « Le fin justifie les moyens » n’est pas une expression de Machiavel, mais l’essence des révolutions totalitaires du XXe siècle et de leur terrorisme d’État, comme de toute mentalité politique.

Pour toutes ces raisons, nous voulons en finir avec toute manifestation de la politique, quelle qu’elle soit, de celle libérale à celle marxiste, jusqu’à celle anarchiste. Que l’individu reprenne possession des facultés de son être, pour passer à l’attaque de sa propre condition et de ce monde. La politique, justement parce qu’elle enferme l’esprit et le cœur des subversifs, est contre-révolutionnaire, tout comme ceux qui s’obstinent à en favoriser la reproduction. Détruisons-là ! Et mettons le feu à la société toute entière, qui ne peut pas exister sans elle.

[Traduit de l’italien dans Des Ruines, revue anarchiste apériodique, n°2, deStramonio, apériodique anarchiste de critique radicale, n°0, (mars 2015), Padoue.]

[Saint-Nazaire] : Nous ne sommes pas de ceux qui appellent à sauver le monde du travai

Ce tract a été distribué — et lu à la tribune syndicale — par des lycéen(ne)s lors de la manifestation de Saint-Nazaire (5 000 personnes), aujourd’hui 9 mars 2016 Les manifestant(e)s qui le distribuaient portaient une pancarte où l’on pouvait lire : « Le capitalisme, on l’engraisse sans arrêt. Quand est-ce qu’on le bouffe ? »

 

Ni futures chômeurs.euses ni futures travailleurs.euses

Si nous voulons abandonner le salariat…

C’est pour choisir enfin de gérer librement notre énergie et notre temps de vie. C’est pour agir dans nos vies selon nos aspirations et nos besoins individuels et collectifs. Par conséquent c’est fuir le travail dicté par les aspirations et les besoins des patrons, des entreprises et du marché.

Nous pensons que le travail, qu’il soit en usine ou dans des bureaux, bien ou mal payé, qu’il nécessite de longues ou de courtes durées d’étude, ne libère pas.

Au contraire, il vise plus à nous occuper l’esprit et à nous désintéresser des questions éthiques de nos vies et de nos sociétés, à nous contraindre à la survie et de fait à la consommation.

Abandonner la spécialisation

Qu’est-ce que la spécialisation ?

C’est faire toute sa vie la même chose. C’est le monopole des savoirs. C’est être chacun élite dans sa propre profession, coupé des autres savoirs et savoirs-faire, réduit par sa branche. C’est l’organisation de castes professionnelles (Caste étudiante, artistique, ouvrière, fonctionnaire, politicienne, enseignante…)

Nous voulons abandonner la spécialisation car nous croyons que chacun.e peut adopter une fonction politique, enseignante, étudiante, artistique et manuelle à la fois. Ce n’est qu’avec des individus épanouis qu’une société épanouissante peut s’organiser.

La domination à l’école comme au travail.

Qu’on soit élève, salarié.e ou professeur.e, nous subissons la hiérarchie au quotidien. Nous sommes éduqué.es à avoir peur de nos hiérarchies, du parent, du patron, du flic, etc.

Espérer un avenir meilleur c’est construire une autre organisation de vie, où le travail est un outil et non un but. C’est questionner la domination sous toutes ses formes. Car la domination est une logique de société comme peut l’être la solidarité.

Des solutions ? Les copains c’est mieux que les patrons.

Nous pensons que nous seuls pouvons prendre les décisions qui concernent nos vies. C’est pourquoi nous luttons hors des partis politiques ou des syndicats qui tenteront, dès que l’État le leur proposera, de négocier avec lui au nom des travailleurs.euses et étudiant.es. S’organiser à notre échelle avec nos copains.ines, se réapproprier nos vies, que nos passions, nos envies et nos besoins constituent nos activités principales. Que l’on trouve du sens à ce que l’on produit, à ce que l’on vit.

Nous ne sommes pas de ceux qui appellent à sauver le monde du travail.

CLV (Crew virus libertaire)
Contact : crewviruslibertaire (at) riseup.net

[Repris de Lignes de Force.]

« Loi Travail » : affrontements avec les flics, attaque du PS, de banques et de caméras, c’est parti !

Manifestation-loi Travail : incidents en cours place Bellecour

Lyon Capitale, 09/03/2016 à 16:00

Alors que la manifestation contre la loi El Khomry se passait dans le calme, des altercations avec les forces de l’ordre ont eu lieu à la Guillotière et sur la place Bellecour où des affrontements sont toujours en cours.

Au moins 7000 personnes étaient venues manifester ce jeudi à Lyon. Tout s’était passé dans le calme jusqu’à l’arrivée du cortège à Jean Macé qui devait être le lieu de dispersion du cortège. Environ 1000 personnes ont pourtant continué leur chemin en remontant l’avenue Jean Jaures vers la Guillotière. Près de la fédération PS du Rhône, des altercations ont eu lieu entre manifestants et force de l’ordre vers 15h30.

Ces derniers se sont échangés jets de projectiles et de gaz lacrymogène. Alors que la situation s’était un peu calmée, le cortège a poursuivi sa route pour retourner place Bellecour.

Sur la grande place de Lyon, la police a de nouveau utilisé des gaz lacrymogènes. La place est actuellement bouclée. De nouveaux affrontements sont en cours. Les policiers ont chargé. Un hélicoptère est sur zone. Le gaz s’est répandu sur toute la place et gène particulièrement les personnes qui s’y trouvent.


Mobilisation Loi Travail : légers débordements lors du rassemblement lycéen à Paris

France Info mercredi 9 mars 2016 12:36

Le rassemblement lycéen à l’appel de l’UNL et de la FIDL, prévu à 11 heures place de la Nation à Paris, s’est transformé en manifestation spontanée. Certains des participants ont pris de court les CRS déployés en masse sur la place, et ont pris le chemin de la place de la République où un grand rassemblement est prévu à partir de 14 heures à l’appel des syndicats.

Comme l’a constaté l’envoyée spéciale de France Info Alice Serrano sur place, les manifestants ont bloqué la circulation sur les bords de Seine. Des actes de violence ont été commis en marge de ce cortège improvisé, des jeunes cagoulés et vêtus de noir ont jetté des oeufs sur des agences bancaires, plusieurs distributeurs automatiques de billets ont été cassés à coup de matraque, une caméra de vidéo-surveillance a également été détruite. Des devantures de boutiques ont été taggées.

Parmi les manifestants se trouvent des membres de groupes de gauche radicale dont les slogans dépassent le mot d’ordre de la mobilisation initiale, demandant le retrait du projet de loi El Khomri. Des slogans hostiles à la prolongation de l’état d’urgence et plus généralement au gouvernement accusé de « ne plus être de gauche » ont également été entendus.


Niort (Deux-Sèvres) : le PS et la BAC

Dans les Deux-Sèvres, le siège de la fédération socialiste a également été prise pour cible à Niort, dans la nuit de mardi à mercredi. La devanture a été taguée. La fédération du PS a décidé de porter plainte.
(France Info mercredi 9 mars 2016 12:50)

Ce mercredi à 13 h 10 juste devant les halles de Niort, un jeune homme a été interpellé par les policiers de la brigade anti-criminalité : il est suspecté d’avoir dégradé trois véhicules de police en passant devant la préfecture, deux pneus crevés sur l’un et des tags sur les deux autres.

Un cortège s’est formé en direction de l’hôtel de ville puis du siège du Medef, rue du Petit-Banc. Les portes du site étaient fermées mais des manifestants ont escaladé les grilles pour forcer leur ouverture. Le flot des manifestants s’est répandue dans la cour aux cris de  » Ce n’est pas le Medef qui fait la loi « , un cordon de policiers empêchant une intrusion à l’intérieur des locaux.
(La Nouvelle République, 09/03/2016 13:25)


Rouen : le PS

En marge de cette mobilisation, à Rouen des manifestants s’en sont pris aux locaux du Parti socialiste de Seine-Maritime. La façade a été dégradée, de la peinture noire et des tags recouvrent l’entrée principale.
(France Info, mercredi 9 mars 2016 12:50)

Source : cettesemaine


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