Archives pour mars 2014

Le chômage ou l’autogestion : quand des salariés décident de licencier leur patron

lu sur bastamag PAR PATRICK LE TRÉHONDAT 31 MARS 2014

Le chômage ou l’autogestion : quand des salariés décident de licencier leur patron arton3886-66c7c

« En 2008, le patron a décidé de fermer notre entreprise de fenêtre à Goose Island (Illinois, États-Unis) et a mis à la porte tout le monde. En 2012, nous avons décidé d’acheter l’entreprise et de licencier le patron. Nous détenons ensemble l’usine et la dirigeons démocratiquement. Voila notre histoire… », peut-on lire sur le site internet de New Era Windows, une entreprise pas comme les autres. Récit d’une reprise en main par les salariés de leur outil de travail.

Fin 2008, la crise financière et bancaire fait de nombreuses victimes. Les 250 salariés de l’entreprise Republic Windows and Doors, qui produit des portes coulissantes et des fenêtres à Goose Island, près de Chicago, ont vu le ciel leur tomber sur la tête. Ils sont licenciés, du jour au lendemain, sans préavis et au mépris des lois sociales, sans indemnités ni paiement de leur salaire. À ce moment de la crise qui secoue le capitalisme mondialisé, on estime à 500 000 le nombre de licenciements mensuels qui frappent les salariés américains. La direction de l’entreprise prétexte que la Bank of America lui a coupé le robinet des crédits. Mais les salariés soupçonnent très vite une faillite organisée pour cacher une délocalisation.

Le 5 décembre 2008, le syndicat de l’entreprise, la section 1110 de l’United Electrical Workers décide très vite une occupation du site de production. Celle-ci dure six jours et attire l’attention des médias nationaux. Le président Obama, élu un mois plus tôt, déclare que les travailleurs de Republic Windows and Doors ont raison de se battre pour leurs droits. La machine démocrate se met alors en marche : le gouverneur de l’État de l’Illinois, dans lequel se situe l’entreprise, annonce l’interdiction de toute activité financière de l’État avec la Bank of America en raison de son abandon de la société. Mais un mois plus tard, cette même banque bénéficiera de 20 milliards de dollars de renflouement du gouvernement fédéral démocrate pour la sauver de la catastrophe financière (précédemment, Republic Windows and Doors avait touché 10 millions de dollars de subventions…).

Nouvelle fermeture, mêmes méthodes

De son côté, le procureur général Lisa Madigan lance une enquête, non aboutie à ce jour, sur les violations du droit du travail dans l’entreprise. Des rassemblements militants pour dénoncer la banque prédatrice ont lieu devant les agences de la Bank of America dans une douzaine de villes. Le 10 décembre, les salariés votent la fin de l’occupation : un accord a été conclu entre le syndicat, la direction de l’entreprise, Bank of America et la banque JPMorgan Chase, selon lequel chaque travailleur recevra huit semaines de salaires plus le paiement des congés payés et l’obtention d’une couverture maladie pendant deux mois. Sous la pression de la mobilisation, la Bank of America accepte également des délais de paiement, le temps que l’entreprise trouve un repreneur. Elle rétablit momentanément les lignes de crédits à Republic Windows and Doors.

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Deux mois plus tard, un fabricant californien de fenêtres, Serious Materials (aujourd’hui Serious Energy) rachète l’entreprise pour 1,45 million de dollars et ré-ouvre le site avec pratiquement la même convention sociale pour les salariés. En avril 2009, le vice-président Joe Biden visite l’usine et rencontre la direction ainsi que les dirigeants syndicaux, se félicitant de cette issue. Parmi les investisseurs du projet de reprise figurent Mesirow Financial, une société de Chicago, qui a des liens étroits avec Rham Emmanuel (démocrate qui sera élu maire de Chicago en 2011) et qui apporte 15 millions de dollars à Serious Energy. L’avenir s’annonce radieux puisque des promesses de commandes de l’État fédéral ou de municipalités se multiplient… sans qu’aucune ne se soit matérialisée à ce jour.

En février 2012, la direction de Serious Energy annonce subitement la fermeture immédiate de la société et la vente du matériel de production. Cette décision inattendue emprunte les mêmes méthodes que quatre ans plus tôt. Le 23 février 2012, les travailleurs et leur section 1110 occupent de nouveau l’entreprise pendant onze heures. Immédiatement, un réseau de mouvements plante ses tentes autour de l’entreprise pour soutenir les travailleurs, dont les militants d’Occupy Chicago alors en plein développement.

« Si personne n’achète la société, nous pouvons créer une coopérative »

Sur les 250 salariés à l’origine, dont la plupart étaient employés depuis plusieurs dizaines d’années et à 80 % d’origine hispanique, Serious Energy n’en a conservé que 75. Et seuls 38 étaient encore employés à la fermeture de 2012. Dans ce rapport de force dégradé, le syndicat négocie le maintien de 90 jours d’emploi avant la fermeture du site.

En mai 2009, Armando Robles, président de la section syndicale, et Leah Fried, un salarié de l’entreprise, ont participé à une tournée de meetings dans le pays. Ils se sont notamment rendus dans les studios de GRITtv, une télévision progressiste sur internet, où ils ont participé à un débat avec Naomi Klein et Avi Lewis qui présentaient leur film The Take sur les entreprises récupérées et autogérées en Argentine. Ces derniers leur ont présenté The Working World, une association financière non lucrative de New York qui se consacre à financer le montage de coopératives, y compris en Amérique latine. Le contact est pris, les échanges sont nombreux et intenses entre les syndicalistes et l’association. Ils aboutiront trois ans plus tard.

Lorsque la seconde fermeture est annoncée, le syndicaliste Armando Robles déclare tranquillement : « Si personne n’achète la société, nous pouvons créer une coopérative ».

Organiser la coopérative, former les salariés à la gestion

Un droit de préemption sur les machines de l’entreprise est d’abord négocié. Serious Energy accepte de les céder. Le 30 mai 2012, 22 ex-salariés de Serious Energy se constituent en coopérative et offrent à Serious Energy de racheter la société pour 1,2 million de dollars. Ils décident l’égalité de salaire dans la future entreprise, qu’ils nomment New Era Windows (« Fenêtres Nouvelle ère »). Ils s’attribuent un droit de vote égal dans les prises de décision, et s’engagent à verser chacun et chacune 1 000 dollars au capital de la société. 500 000 dollars sont apportés par The Working World.

Avec l’aide du Center for Workplace Democracy, une association de soutien au mouvement coopératif basée à Chicago, une formation à la gestion d’entreprise est dispensée aux coopérants. Les travailleurs organisent le déménagement du site de production à Chicago, ce qui permet d’économiser d’importants frais de loyer. A terme, ce sont 80 salariés qui doivent rejoindre la coopérative. « Nous avons décidé de faire la coopérative parce que nous sommes fatigués que notre vie soit entre les mains de quelqu’un d’autre », explique Melvin « Ricky » Maclin, qui popularise dans différentes villes du pays le projet de New Era Windows et encourage d’autres travailleurs à faire de même.

« Nous avons décidé de licencier le patron »

Si la majorité des coopératives aux États-Unis sont des coopératives de consommateurs (92 %, selon l’université du Wisconsin), il existe actuellement 300 coopératives de production détenues par leurs salariés. Denis Kelleher du Center for Workplace Democracy se réjouit de la naissance de New Era Windows : « Chicago a une très riche histoire de coopératives ouvrières. Au 19ème siècle, la plupart des organisations syndicales étaient engagées dans ce mouvement. Après la disparition des Knights of Labor (première organisation ouvrière américaine fondée en 1869), la plupart des coopératives succombèrent. Mais l’histoire revient. Aujourd’hui, il y a quelques coopératives à Chicago et nous voulons développer cette économie ».

Sur leur site internet, New Era Windows, les nouveaux coopérants reviennent sur leur histoire :

« En 2008, le patron a décidé de fermer notre entreprise de fenêtre à Goose Island (Illinois, États-Unis) et a mis à la porte tout le monde. En 2012, nous avons décidé d’acheter l’entreprise et de licencier le patron. Nous détenons ensemble l’usine et la dirigeons démocratiquement. Voila notre histoire… Aujourd’hui, nous avons monté cette coopérative ensemble et nous avons décidé de l’appeler New Era, car nous espérons que cela sera une source d’inspiration sur comment on peut créer du travail en Amérique. Chacun peut participer à la construction de l’économie que nous voulons et personne ne doit être traité en élément éphémère ou juste comme un matériau brut pour le business de quelqu’un d’autre.

Nous fabriquons les meilleures fenêtres de Chicago. Elles possèdent une excellente isolation au bruit et sont très efficaces d’un point de vue énergétique, ce qui montre que l’écologie peut être permettre d’économiser de l’argent. Nos fenêtres sont les meilleures sur le marché, à un prix imbattable.

Nos ventes ont commencé en 2013. Nous participons au soutien de notre communauté, pour préserver la qualité des emplois en Amérique et renforcer notre économie. Soutenez-nous et jetez un coup d’œil sur nos fenêtres. Nous savons que vous les apprécierez et que vous recommanderez à vos amis. Si nous pouvons travailler ensemble, et nous prouvons que nous le pouvons, nous croyons fortement que l’avenir peut être bien meilleur. »

Patrick Le Tréhondat

Photo : Joel Cruz et Rafael Martines sur la ligne de production.

Cet article a été initialement publié sur le site Association Autogestion. Association Autogestion veut promouvoir la réflexion et l’éducation populaire sur la thématique de l’autogestion. Elle vise à mutualiser les expériences de façon critique sans les transformer en modèles normatifs, et à appuyer toute initiative s’inscrivant dans le sens d’un projet émancipateur.

Histoire: L’arrestation de Ravachol

lu sur aaa12

Le 30 mars 1892, à Paris, trois jours après l’attentat de la rue Clichy, Ravachol revient dans le restaurant de Very, 22 boulevard Magenta, où il avait eu une conversation sur l’anarchisme avec le garçon de salle Lhérot, le jour même de l’attentat. Lhérot faisant maintenant le lien entre ce personnage et l’attentat, envoi son patron Véry, prévenir la police. Celle-ci arrive sur les lieux et procède à l’arrestation de Ravachol qui voyant arriver les policiers tente de s’échapper. Une lutte s’engage entre Ravachol et cinq agents de police, lesquels sont secourus par des passants venus à la rescousse.

Arrestation de Ravachol.

Arrestation de Ravachol.

Finalement maîtrisé, Ravachol est embarqué dans un fiacre pour le quai des Orfèvres (Préfecture de Police). Durant le trajet il ne cesse ce crier : « A moi, les frères ! Vive l’anarchie ! Vive la dynamite ! ».

La déclaration[1] qu’il fera lors de son procès restera célèbre du fait de la rare lucidité dont il fait preuve quant à la condition des « criminels » et au pourquoi de l’existence du crime.

« Eh bien, messieurs, il n’y a plus de criminels à juger, mais les causes du crime a détruire. En créant les articles du Code, les législateurs ont oublié qu’ils n’attaquaient pas les causes mais simplement les effets, et qu’alors ils ne détruisaient aucunement le crime ; en vérité, les causes existant, toujours les effets en découleront. Toujours il y aura des criminels, car aujourd’hui vous en détruisez un, demain il y en aura dix qui naîtront. Que faut-il alors ? Détruire la misère, ce germe de crime, en assurant à chacun la satisfaction de tous les besoins ! Et combien cela est facile à réaliser ! Il suffirait d’établir la société sur de nouvelles bases où tout serait en commun, et où chacun, produisant selon ses aptitudes et ses forces, pourrait consommer selon ses besoins. »

[1] http://www.non-fides.fr/?Declaration-de-Ravachol-a-son

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Condé-Sur-Sarthe : tombeau dernier cri pour peines infinies

Extrait d’une réflexion du journal L’Envolée sur les prisons ultra-sécuritaires et les trop longues peines, les mutineries de ces derniers mois, la réponse de l’Administration Pénitentiaire d’envoyer les brigades cagoulées Eris pour mater violemment toute révolte.

Analyse du rôle des médias et de ce que nous pourrions faire pour « Que disparaisse cette idée répandue que les prisonnières et prisonniers sont des sous êtres humains à qui on peut administrer les pires des châtiments. »

En avril 2013, la prison de Condé-sur-Sarthe était inaugurée par Taubira, ministre des tribunaux et des prisons. Cette taule est le résultat de plus de douze années d’études ministérielles sur les types d’établissement censés tenir enfermés des prisonniers désignés difficiles et condamnés à de très longues peines.
Soixante-dix personnes y sont incarcérées dans deux bâtiments parfaitement hermétiques. La prison en compte trois, mais ne fonctionne pas encore à plein, elle est à un stade « expérimental ».

Tout est conçu pour que les prisonniers se croisent le moins possible et en tout petit nombre. Les activités, les promenades se font à sept, grand maximum. Cette prison dernier-cri est conçue sur le modèle d’un grand quartier d’isolement (QI), la version ultra-moderne des anciens quartiers de haute sécurité (QHS).
Depuis son ouverture, les « incidents » se succèdent pour une raison simple : elle est invivable, et les prisonniers demandent leur transfert dès leur arrivée dans ce mouroir high-tech. Le QI et le mitard sont pleins en permanence.
La nouvelle directrice de l’administration pénitentiaire (AP), Isabelle Gorce, est venue en janvier 2014, neuf mois après l’ouverture, expliquer aux matons le projet de cette prison mais trop tardivement pour leurs syndicats : l’AP a été obligée de suspendre le processus et de ne pas prévoir de nouvelles arrivées de prisonniers avant avril 2014.
Condé, tout comme Vendin-le-Vieil, sa réplique en cours d’ouverture, doivent être fermées immédiatement, c’est ce qui se dégage des premiers témoignages des prisonniers et de leurs familles.

Les mouvements des derniers mois

la suite www.paris-luttes.info

Mouvement contre l’austérité et la corruption : vers un nouveau printemps espagnol ?

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Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté contre l’austérité et le remboursement d’une dette jugée « odieuse », à Madrid le 22 mars. Trois ans après le « mouvement des indignés », collectifs citoyens, syndicats et partis de gauche ont réussi à s’unir pour « le droit à une vie digne pour tous ». La mobilisation réussira-t-elle à dépasser les dissensions et les nombreuses défiances vis-à-vis des organisations traditionnelles ? Une grève générale se prépare pour avril.

C’est une mobilisation sans précédent dans l’histoire de la démocratie espagnole. Près de deux millions de personnes, selon les organisateurs – 50 000 d’après les chiffres officiels… – ont convergé le 22 mars sur Madrid pour une « Marches pour la Dignité ». Objectif : reprendre le flambeau du formidable élan contestataire, le mouvement des « indignés », né le 15 mai 2011 sur la Puerta del Sol madrilène et tenter de contrer la politique d’austérité menée par le gouvernement conservateur.

Un mouvement social contre l’austérité

L’initiative, en préparation depuis six mois, vient d’une alliance improbable : celle de syndicats, de mouvements sociaux, de collectifs spontanés, et de partis politiques. Chacun s’était jusqu’alors tenu à une distance respectable les uns des autres. « Cette union d’organisations aussi diverses dans leurs doctrines, leurs pratiques et leurs stratégies représente un moment historique dans l’histoire de la démocratie espagnole ! », s’enthousiasme Ginès Fernández du Front civique (Frente Cívico), un collectif d’inspiration marxiste, créé récemment par l’ancien secrétaire général du PC espagnol, Julio Anguita. L’objectif de ces centaines de milliers de personnes ? Refuser de payer la dette « odieuse » de l’Espagne, de subir une coupe budgétaire de plus, de se laisser gouverner par la « troïka » (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international) et garantir à chaque citoyen les droits fondamentaux de subsistance, de travail et d’accès à un logement digne.

Les trois années qui séparent la naissance du 15-M de celle du 22-M ont montré les limites d’un mouvement citoyen dont l’énergie transformatrice s’est épuisée dans des assemblées interminables et dont l’horizontalité intégrale a conduit à l’atomisation des luttes (voir notre analyse). « Le 22 M est une avancée manifeste par rapport à un 15-M qui n’a jamais proposé d’alternative clairement définie au gouvernement actuel », explique l’économiste d’origine argentine Jorge Fonseca, professeur à l’Université autonome de Madrid et membre du comité scientifique de l’association altermondialiste Attac.

la suite : bastamag

les compagnons de la CNT Madrid

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Pour l’abstention !

de la part des compagnons de la CNT AIT 71

« Loin d’être un «non-acte» de démissionnaire, l’abstention consciente est un acte responsable de refus d’un système de domination où le droit de vote constitue l’acte public d’allégeance du plus grand nombre au pouvoir de quelques uns. L’histoire récente des social-démocraties montre combien le rituel électoral, qui devait garantir la liberté et les moyens de vie pour chacun d’entre nous, n’a fait que renforcer le pouvoir d’une caste de possédants et l’exploitation de l’immense majorité des êtres humains. Parce que nous sommes pour l’abolition de ce système autoritaire où la propriété et le profit servent de valeur morale, et parce que nous savons qu’un monde de solidarité, de partage – riche de sa diversité – est possible, nous appelons à la lutte contre le pouvoir par l’abstention et l’action directe. »

Photo

CNT-AIT : POUR L’ABSTENTION 
Propos anarcho-syndicalistes pour l’abstention et contre le capitalisme

à lire http://kropot.free.fr/CNT-abstention.htm

 

 

De la liberté

lu sur Antifascistes Anarchistes Autonomes

La notion de liberté est assez difficile à définir quand on adopte une vision déterministe de l’être humain et qu’on balaye l’idée de libre arbitre, surtout grâce à une étude plus précise de sa psyché à travers la biologie comportementale et autres neurosciences.

La chimie apporte une dimension nouvelle au codage interne. Libérés par des neurones précis en des quantités qui dépendent du nombre d’impulsions, neurotransmetteurs et hormones prennent le relais à la fois du codage connexionnel et du codage par impulsions. Leur diffusion sur de grandes distances peut avoir lieu, mais, le plus souvent, reste confinée à l’espace synaptique. Ici le neurotransmetteur excitera, là il inhibera. Des calculs deviennent possibles, qui s’enchainent d’un neurone à l’autre. Cet ensemble d’observations et de réflexions conduit non seulement à prendre en compte les mécanismes internes du comportement, mais à adopter vis-à-vis d’eux un point de vue déterministe. Rien ne s’oppose plus désormais, sur le plan théorique, à ce que les conduites de l’homme soient décrites en termes d’activités neuronales.[1]

Pour répondre à ce problème, Henri Laborit donne une définition de la liberté qui me semble tout à fait cohérente. Il s’agit de la possibilité d’effectuer des actions gratifiantes sans entraves, ces dernières étant le moteur de tout être vivant et qui assurent leur survie.

Cependant nous pouvons acquérir une (très) relative “indépendance” vis à vis de ces déterminismes en prenant connaissance de leur existence et de l’impact de ces derniers sur notre conscience, et ce toujours dans l’optique de réaliser des actions gratifiantes et donc de préserver la continuité de l’individu et de l’espèce. Mais n’acquerrons pas pour autant de libre arbitre. La connaissance d’une partie de ces déterminismes ne nous permet pas de nous déterminer “librement” et par nous seuls et est elle-même déterminée.

En réalité, ce que l’on peut appeler ’liberté’, si vraiment nous tenons à conserver ce terme, c’est l’indépendance très relative que l’homme peut acquérir en découvrant, partiellement et progressivement, les lois du déterminisme universel. Il est alors capable, mais seulement alors, d’imaginer un moyen d’utiliser ces lois au mieux de sa survie, ce qui le fait pénétrer dans un autre déterminisme, d’un autre niveau d’organisation qu’il ignorait encore.[2]

Cette définition de la liberté entre-t-elle en contradiction avec ce à quoi aspirent les anarchistes? Pas du tout, même si certains s’accrochent désespérément à une vision idéaliste de la liberté, plaçant la conscience humaine au dessus de toute influence en ignorant les mécanismes qui la façonnent. Or, pas d’action efficace sur l’être humain sans connaitre ce qui fait l’être humain.
L’anarchie donc, n’est autre que cette société où tous ont accès au bonheur, à la réalisation d’actions gratifiantes et où la continuité de l’espèce, du genre humain, est assurée.
Elle est la plus haute expression de la liberté.

De la connaissance de nos déterminismes et du rôle de l’inconscient dans notre psyché à l’action de changement social, il n’y a qu’un pas.

Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change.[3]

Il s’agit d’influer sur les déterminismes des autres dans l’optique d’établir une société dans laquelle le plus possible d’individus puissent réaliser des actions gratifiantes.
Et c’est là le rôle que je donne à la propagande par le fait.[4] C’est à dire agir dans l’optique de « modifier à notre échelle leur rapport au monde », d’agir sur l’inconscient, ce qui fait la conscience des individus, pour modeler des consciences révolutionnaires.

C’est parce que nous pouvons prendre connaissance de ce qui nous détermine que l’action sociale de changement est possible.

André Volt

[1] Jean-Pierre Changeux, L’Homme Neuronal

[2] Henri Laborit, Éloge de la fuite

[3] Henri Laborit, dans Mon oncle d’Amérique

[4] http://aaa12.noblogs.org/post/2013/09/26/comment-voir-la-propagande-par-le-fait-aujourdhui/

De Toulouse à Paris: Retour sur le 22 mars antifasciste

lu sur aaa12

TOULOUSE

Nous étions donc présents à Toulouse pour cette journée d’action antifasciste internationale.[1]

Le rassemblement a débuté vers 14h place Arnaud Bernard, comme prévu. Après un temps de préparation le cortège se lance, suivit par le camion sono de la CNT. Quelques slogans contre le FN, le PS et les flics sont criés.

Environ 200 personnes.

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Les cognes sont présents devant les locaux des candidats aux élections municipales, surtout devant celui du FN, évidement.

Tout se passe bien jusqu’à la fin de la manifestation. Alors que le cortège s’arrête, deux policiers en civil se font repérer et interpeller par des manifestants. Le ton monte assez rapidement et un des deux flics gifle un manifestant avant de sortir une gazeuse et d’être rejoint par ses potes armées de matraques télescopiques.

Les deux individus en question en photo ci-dessous. Au milieu celui qui a frappé un manifestant. A droite avec une capuche bleue/grise, son collègue.

On dira ce qu'on voudra, mais y'en a qui ont la tête de l'emploi.

On dira ce qu’on voudra, mais y’en a qui ont la tête de l’emploi.

Photo de famille.

Photo de famille.

PARIS

Notre “liaison” AAA parisienne était présente à la manifestation de la capitale et nous livre son compte rendu avec quelques photos:

A Paris aussi l’appel rassembla.
Nous étions quelques centaines regroupés Place de la République sous différentes bannières : La Fédération Anarchiste, la CNT, le NPA, le Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Alternative Libertaire, Coordination papiers 75, entre autres étaient là, ainsi que divers autres groupes et personnes indépendantes (pas mal de gens venus en petits groupes et quelques personnes avec des gosses) ou non (j’ai compté un maoïste tractant, quelques autres cocos et repéré des antifascistes antispécistes et une bonne dose de punks parmi la foule). Tout ce beau monde se mit en route sous un ciel un peu nuageux bien que clair, direction Ménilmontant. Quelques tags furent distribués en route sur les murs et sur un Subway, quelques tracts et autocollants furent distribués deçi delà en chemin dans la joie et la bonne humeur. Le cortège était encadré par de discrets flics en civil puis au bout d’une heure, par une trentaine de CRS nous suivant à bonne distance. Quelques-uns d’entre eux sont intervenus lorsqu’une benne de chantier prit le feu non loin de Stalingrad, notre destination finale après Ménilmontant, sans doute allumé par une des fusées éclairantes allumées en cours de route. Mis à part ça, rien de très sensationnel, les gens discutaient et chantaient des slogans antiracistes et antifascistes, devant les passants qui s’arrêtaient un moment pour prendre une photo de la manifestation. Une fois arrivés à Stalingrad, sous l’œil de quelques caméras vues en début de parcours, la foule se dispersa peu à peu.

Z.

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[1] http://aaa12.noblogs.org/post/2014/03/18/manifestation-du-22-mars-a-toulouse/
http://aaa12.noblogs.org/post/2014/03/17/22-mars-combat-antifasciste-international/

Retour sur la soirée du 14 mars sur l’abolition de la prison (Clermont Ferrand)

Vendredi 14 mars, la CNT-AIT 63 recevait Jean Marc Rouillan, le collectif l’Envolée et Papillon de Saint Etienne au café-lecture des Augustes dans le cadre d’une soirée sur l’abolition de la prison.

 

Tout d’abord nous tenons à remercier fraternellement le « poto » Jean Marc Rouillan, les copines et copains de L’envolée et Papillon (de Saint Etienne) de leur présence à cette soirée sans oublier le café des Augustes de nous avoir accueilli mais aussi le nombreux public présent. En effet le café lecture était plein comme un œuf.

La soirée débute par la présentation des intervenant-es. 

La CNT-AIT, en tant que syndicat anarchosyndicaliste, se pose en abolitionniste de la prison, qui ne peut aller que de pair avec l’abolition du capitalisme. Ce n’est pas nouveau : la CGT-SR, notre ancêtre, l’était également. L’Envolée est un journal de critique sociale, qui parait quatre fois par an. Il publie les lettres de prisonnier-es, est réalisé par des ex-prisonnier-es ou des proches de prisonnier-es.  L’émission Papillon a pour but de participer à la critique du monde carcéral et aux luttes contre les prisons, en partageant points de vue et infos sur la taule et les enfermements, en donnant la parole en priorité aux détenu-e-s et à leurs proches, notamment ceux et celles qui luttent… Illes souhaitent faire le lien entre l’intérieur et l’extérieur des lieux d’enfermement, faire circuler infos et idées, dehors, et entre les prisons… Jean Marc Rouillan, ancien détenu, emprisonné pendant près de 28 ans, abolitionniste et ancien militant d’Action Directe. 

Nous (Perlinpipin et Pitufo) étions également intervenants en tant que militants CNT-AIT et abolitionnistes : l’un d’entre nous l’est devenu suite aux contacts et visites à Georges Cipriani (ex militant d’Action Directe). 

La soirée fut centrée sur 2 sujets: l’histoire de l’enfermement et l’abolition non seulement de la prison, mais de toute forme d’enfermement. Les différent-es intervenant-es ont chacun-e retracé l’historie de la prison vieille seulement de 2 siècles. Car oui, la prison n’a pas toujours existée. L’enfermement est toujours relié à un système de domination. Le cachot lors du féodalisme, le bagne lors du colonialisme, et aujourd’hui on est gâté-es : la taule, les camps pour personnes en situation d’étrangismes (CRA ouverts par PS-PCF) et les HP… Et comme l’a précisé une personne du public, on vit l’enfermement depuis l’enfance : école, famille, travail (on parle de « boîte »…). 

Jean Marc comme Perlinpipin ont rappelé que la question de l’abolition de la prison est essentielle dans un processus révolutionnaire de destruction de capitalisme. Cette entame permit aux nombreux public, près de 60 personnes, de réagir. A noter que la moitié des personnes présentes n’étaient pas des militant-es, ce qui ajoute au succès d’une telle soirée. C’est ainsi que nous avons pu entendre au moins 2 témoignages d’ex-taulards retraçant leur expérience et précisant bien qua la prison est une machine à broyer l’individu… Le débat s’est poursuivi sur la déshumanisation de la prison par l’intermédiaire de l’enfermement individuel du détenu le coupant de tout lien social. A ce sujet afin de mieux appréhender le quotidien des prisons, nous vous conseillons la lecture notamment de « Clairvaux, instants damnés » de Régis Schleicher ou encore « Chroniques carcérales » de Jean Marc Rouillan. 

Les copines de Papillon et de l’Envolée ont présenté leur manière de lutter avec les prisonnier-es : écrire, aller aux procès, abonnements au journal, visites, et « sons contre les prisons » : des concerts avec prise de paroles retransmis en direct. La soirée n’a évidemment pas suivi le cours linéaire que nous avions prévu (ce qui ne peut que renforcer notre anarchisme…). Une question a lancé une discussion sur la future prison de Riom. 

Après la pause, nous avons parlé de la nécessité d’abolir la prison, comme tout enfermement. La prison est un outil de l’Etat afin de dissuader quiconque voudrait se révolter. Sans projet abolitionniste, pas de projet révolutionnaire. 

Nous avons du clôturer la soirée après 3h d’échanges. Les diverses tables de presse (l’Envolée, livres de Jean-Marc, CNT-AIT, et une anticarcérale) ont permis aux personnes présentes de repartir avec de la lecture. Encore un grand merci à Jean-Marc, l’Envolée, Papillon d’être venu-es, aux Augustes pour l’accueil. A noter qu’un journaliste de Radio Campus (émission Coupe-Gorge) a enregistré toute la soirée, qu’il en soit remercié. Si vous souhaitez recevoir l’enregistrement, ou le journal l’Envolée (nous lançons une diffusion locale), contactez-nous (cntait63@gmail.com) ! 

Feu à toutes prisons.

 

Perlinpipin et Pitufo.

 

Arrivé des bulletins de vote

bulletin de vote

La peche à la ligne !

La peche à la ligne !

Dimanche prochain, y’a des élections…
Les bergers bleus, roses, verts, rouges… appelent leurs ouailles à se déplacer aux ur(inoirs)ns pour que ça change ou pas d’ailleurs parce que faut pas déconner, y’en a marre. Houla ça sent la poudre, les barricades?
Ayant grandi au lait de vache et aux patates dans le bocage, je sais que lorsqu’un mouton se barre du pré, tous les autres suivent béatement…
Certains d’entre nous dimanche avant ou après la messe suivant les cas vont se diriger vers le sacro-saint bureau de vote pour faire leur devoir de citoyen qu’on me dirait et ajouterai « Diantre tu ne votes point, malheur à toi » (ça fleure bon l’éducation judéo-chértienne ça)
Les murs de nos villes et de nos campagnes à défauts de parler sont recouverts d’affiches nausébondes en papier généralement non recyclé avec de la colle remplie de composés organiques volatiles (hum, c’est bon ça !)

Et ben dimanche, y’a un truc super important, ça fera 2 semaines que la pêche est ouverte !

Et oui, l’occasion pour nous d’apprendre, réapprendre notre environnement (faune et flore), de découvrir les joies de la nature, d’échanger avec d’autres (techniques, discussions inter-générationnelles…) mais aussi de constater l’etat de nos rivières, de nos étangs, le manque de poisson, conséquences d’une agriculture industrielle et intensive, d’une pollution industrielle, de notre comportement, du capitalisme quoi, tout ça pour du profit… le tout défendu par des bergers bleus (travailler plus… pour polluer plus en toute sécurité), roses (y faut de la croissance pour que les gens consomment… et… polluent…) mais aussi rouges (certains sont encore pro- nucléaires…), quelques fois verts (certains bobos…).

Ben je comprends pas et je veux pas comprendre qu’on manque de reve, d’imagination.

Imaginons nous, l’espace d’un instant au bord d’une rivière avec d’autres compagnons, que certains décident de ramasser les détritus, d’autres de faire un feu pour faire griller des poissons, d’autres fassent découvrir la faune et la flore… qu’on discute ensemble à un autre monde, d’imaginer d’autres moyens d’échanges (fédéralisme, recyclage des déchets devenus matière première contre d’autres matières premières, école bonaventure…), d’inventer les circuits courts (petite coopérative alimentaire de producteurs, autosuffisance énergétique…) pour court-circuiter ce système pourri et ne pas l’aménager, d’être enfin acteur de nos vies et non la remettre à d’autres qui ne font que la détruire.

Dimanche tous à la peche !

Perlipinpin


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